BELLUM PATRONUM


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You're not safe because of the absence of immediate danger
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Message You're not safe because of the absence of immediate danger
par O. Jill Peverell, Sam 17 Déc - 21:03 (#)
You're not safe because of the absence of immediate danger
Jill & Quinn

Down in the valley on a foggy little rock stood a pretty little demon blowing his top. Fire in his eyes and smoke from his head, you gotta be real cool to hear the words he said. ✻✻✻ Peut-être était-il un peu tard ce qui aurait expliqué l'aspect désert du manoir. Pourtant, dans cette clique d'une trentaine de personnes, les insomnies étaient monnaie courante. Chacun se laissait vivre en paix. Chacun respectait la liberté de l'autre. Chacun s'aidait si besoin il y avait. Des anciens disparus était né un tissu de solidarité, fin mais solide. Ils n'avaient pas besoin de parler, tous se comprenaient dans l'ensemble. Du moins la plupart. Ils étaient pourtant passés d'une prison à une autre mais Jill se gardait bien de le dire. Et s'interdisait presque de le penser. Elle s'y sentait étrangement en sécurité, comme si le temps suspendu lui laissait le loisir de n'en faire, pour quelques temps, qu'à sa guise. Elle vivait dans une bulle de réconfort depuis leurs miraculeuse échappée de ces infâmes geôles high tech. Elle vivait dans le confort d'un beau Manoir. Un qui lui rappelait parfois d'où elle venait. La sorcière n'aimait pas plein de choses en ces lieux. Bien qu'elle n'ai rien à leur reprocher, il y avait déjà trop de monde. Alors cherchait-elle résolument un endroit où canaliser son besoin de solitude. La nourriture était loin d'être succulente. Elle devait partager sa chambre avec quelqu'un. Sa baguette n'était plus et Ezra ne pouvait pas l'aider. Il lui en avait déjà procuré une autre mais elle n'en faisait qu'à sa tête. Elle ne savait pas où joindre Greer. Avait interdiction de rentrer chez elle. Ne savait strictement pas de quoi serait fait le futur. Jill était perdue et s'y complaisait nettement. Car elle était vivante avant tout. Vivante et en bonne santé, du moins si on excluait les quelques cauchemars, sueurs nocturnes et la difficulté partielle de maitriser son don. Elle n'y comprenait rien, sa légianimancie ne lui posait plus vraiment de problèmes, sauf fatigue extrême ou beuverie avancée. Quoiqu'elle en dise, son comportement n'aidait pas. Jill était d'un lunatisme frappant ces derniers jours. La faute à le pleine lune ? Son humeur s'engageait quotidiennement sur un fastidieux chemin de montagnes russes et rien ne semblait pouvoir l'en écarter. A la fois heureuse d'être sortie. Effrayée que cela recommence. Impatiente de rentrer chez elle. Angoissée de sortir de l'île. Reconnaissante d'avoir été secourue. Mais surtout, terriblement en colère.

Sa voix était basse. Sèche. Pour la quatrième fois l'ordre claquait comme un fouet. « Reducto » Pour la quatrième fois la baguette sifflait, fumait et projetait des étincelles bleues tandis que le mannequin situé à 10 mètres ne bougeait pas d'un pouce. Crin de licorne et bois de cèdre, on se demandait presque comment quelqu'un pouvait manier cette véritable bouse de dragon. Plus Jill s'entêtait, plus cette maudite baguette produisait de piètres résultats. L'envie de la briser en une centaines de morceaux lui trottait de plus en plus dans la tête. La sorcière refusait l'idée qu'on lui résiste. Elle avait désespérément besoin d'une baguette. Ne pouvait pas vivre sans. On aurait presque pu croire que la fumée lui sortait des oreilles. Falco voletait dans tous les sens en poussant des cris aigus. Il trouvait qu'elle perdait son temps. Mieux valait retourner dehors et se dégourdir les plumes. Comme hier. « Vient on se caaaaaaaasse ! » Il n'en démordait pas. Elle non plus. Sans bouger d'un pouce, faisant tous les efforts du monde pour garder son sang froid, Jill attrapa la bouteille qui traînait à ses pieds pour prendre une large rasade de rhum-groseille. La sorcière soutint le regard de son patronus qui la malmenait du coin de l'oeil et, dans une énième provocation, en reprit une deuxième. Ezra avait eu la déférence de lui ramener une baguette avant de s'éclipser à nouveau sans dire un mot. Elle ne savait pas où il était, ce qu'il faisait, à quel danger il s'exposait et cela ne lui plaisait guère. Mais peut-être pas autant que le refus d'obtempérer de sa nouvelle baguette. La sorcière s'éclaircit la gorge. « C'est reparti. » Elle ne bougerai pas d'un pouce avant d'avoir réussi le moindre sort. Sa seule source de normalité lui faisait défaut et dans un quotidien où plus rien n'avait de sens, l'avenir encore moins, la perte de sa baguette se faisait ressentir comme un gouffre abyssal.

« REDUCTOOOO ! » hurla t-elle alors que ses nerfs la lâchaient complètement. La suite fut assez floue. La baguette lui échappa des mains dans un jeyser d'étincelles, la cible subit une explosion retentissante et la sorcière fut éjectée, retombant sur les fesses deux bons mètres plus loin sous un tonnerre de rire de son patronus. Cela ne la fit qu'enrager davantage. « PAR MERLIIIIIIN ! » La jeune femme se releva tant bien que mal, cherchant des yeux cet infâme bout de bois qui n'avait plus que quelques secondes d'espérance de vie. « RAS-LE-BOL DE CETTE MERDE ! » Merlin soit loué le rhum-groseille n'avait pas été touché. Cela aurait été un comble. Goguenard, Falco se roulait sur le sol tandis que Jill continuait d'hurler l'étendue de sa frustration sur la pauvre baguette d'un ton incendiaire.

✻✻✻
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Message Re: You're not safe because of the absence of immediate danger
par Quinn L. Warren, Jeu 2 Mar - 7:42 (#)
Les journées étaient bien longues au manoir, elles se suivaient et se ressemblaient toutes sans exception. Au milieu de tout cela, je ne savais plus vraiment quoi faire de ma peau. De toute façon, je n'avais pas suffisamment d'énergie pour faire quoi que ce soit. Je me sentais inerte, aussi lourde que si j'avais été faite de plomb et non de chair et de sang. Même mon propre corps ne m'appartenait plus. Je me sentais vide, désincarnée. Morte. J'en étais sûre, une partie de moi était morte dans ce complexe. Mon âme s'était morcelée davantage, si toutefois une telle chose était possible. Un vide sidéra m'habitait, un vide qui absorbait toutes les maigres émotions que je pourrais éventuellement ressentir. Lorsque j'ai commencé à me reconnecter tout doucement avec la réalité, j'avais ressenti un sursaut de colère mais c'était le calme plat depuis, encéphalogramme plat. Je retournais à ma léthargie en moins de temps qu'il faut pour le dire. Quand je n'étais pas affalée dans mon lit, aussi vivante qu'une poupée de chiffon, je déambulais dans les couloirs du manoir, hagarde, sans vraiment savoir où aller. À quoi bon ? On m'avait tout pris, ma liberté, ma vie, mon âme, l'étincelle qu'il y avait jadis en moi s'était définitivement éteinte. Plus rien ne me faisait vibrer, m'indigner ou même m'émerveiller, je ne ressentais plus rien. Ce n'était pas la première fois que je côtoyais tout ce vide. J'ai déjà eu l'occasion de le contempler, et je voyais mes propres abysses me fixer en retour. Pourquoi aujourd'hui serait-il différent des autres jours ? Je n'existais pas. On ne faisait pas attention à moi et je ne faisais pas attention aux autres. Je n'étais pas capable de quoi que ce soit d'autre, à part témoigner une profonde indifférence. J'avais du mal à réaliser que j'étais libre, enfin, presque. Libre, mais pas tout à fait prête à retrouver mon ancienne vie. Ça ne sera jamais pareil, il fallait que je me fasse une raison. Je pensais à Fergus, à sa visite de l'autre fois. Ses mots résonnaient encore dans ma tête, par intermittence, comme un enregistrement qui tournait en boucle. Je me souvenais d'avoir été émue par ses mots, mais j'avais été incapable d'y répondre et ça me torturait l'esprit. Au moins mes tergiversations sentimentales me détournaient-elles des horreurs que j'avais vécues là bas, pour un temps. J'y pensais même souvent. Est-ce que je l'aimais encore ? Bien sûr que je l'aimais encore, comment pourrait-il en être autrement ? Oui mais voilà, pourquoi mon cœur ne battait plus comme avant lorsque je pensais à lui, pourquoi je ne ressentais plus ces papillons dans le creux de mon ventre ? Morte. J'étais morte et mon âme hantait encore les lieux. C'était la seule explication possible à tout ce qui se passait.

Pourtant, quand je voulais attraper un objet, mes doigts se refermaient dessus, ils ne passaient pas à travers. Je pouvais toucher, sentir les choses sous la pulpe de mes doigts. Je pouvais me plaindre quand l'étiquette d'un vêtement me grattait. Tiens, encore un truc qui avait changé. Ces vêtements étaient terriblement impersonnels. Pour un peu, j'aurais envoyé un hibou à mes copines de dortoir restées au château pour leur demander de m'envoyer mes affaires. De toute façon, je n'étais même pas sûre que nos affaires étaient restées en état, elles avaient dû être réexpédiées à nos familles respectives. Je me demandais alors ce qui se passait quand nous n'avions pas de familles. Ils flanquaient le tout à la poubelle ? Ils autorisaient les autres à prendre ce qui leur plaisait ? Putain, c'est quand même à peine croyable. Le monde était en train de se désagréger autour de nous, et je n'avais rien d'autre de mieux à faire que de penser à quelques babioles. Ce qui, en soi, était parfaitement futile. Tout ça pour dire que plus rien ne me paraissait familier, malgré tous les efforts déployés par l'Ordre pour que nous ayons un endroit où il faisait bon vivre, un endroit cosy, qui pourrait éventuellement devenir un foyer. La vérité, c'est que je n'avais jamais vraiment eu chez moi. À aucune occasion je m'étais réellement sentie à ma place. Bien des fois, j'avais songé à retourner en Amérique une fois que ce cauchemar prendra fin, mais je ne m'en sentais pas capable. Je ne pouvais pas me résoudre à tout abandonner, encore une fois. Alors, je restais. Je m'enlisais dans ce quotidien trop morne, à guetter le moindre souffle de vie sans trop vraiment y croire. Sans trop savoir comment j'avais atterri là, j'étais arrivée à la salle d'entraînement. Ça aussi, c'était une vaste blague. Vu mon niveau déplorable en sortilèges et autres charmes offensifs, ces séances étaient une véritable torture. J'avais l'impression d'être un citron que l'on pressait jusqu'à en tirer la dernière goutte de jus. Sauf que j'étais désespérément aride, vide, et qu'il n'y avait définitivement rien à en tirer. Autre nouveauté dont je me serais bien passée, c'était cette baguette inconnue qu'on m'avait refourguée pour que je ne reste pas désarmée. Tu parles. Pour ce que ça a servi, l'autre fois...Baguette ou pas, ça ne m'a pas empêchée de me faire enlever malgré tout. Je m'attardai toutefois en ces lieux, parce que j'entendais des bruits – des noms d'incantations, plus précisément. Quelqu'un essayait visiblement de jeter un sort sans succès. Cela ne me paraissait pas absurde dans la mesure où nous avons tous été affaiblis par notre séjour en Enfer. Après quelques courts instants de réflexion, je reconnus la voix de Jill et cette fois j'entrai pour de bon dans la pièce.

« Jill ? » interrogeai-je doucement, la voix rauque à force de garder le silence – je n'étais plus vraiment habituée à avoir des interactions sociales. « Tout va bien ? J'ai entendu...comme une explosion »

Non, visiblement, ça n'allait pas. Jill était debout, les poings sur les hanches et une expression furibonde marquait ses traits fatigués. Elle non plus, n'avait pas fière allure. Comment pourrions nous récupérer aussi vite de toute façon ? Là bas, ils nous avaient affaiblis jusqu'à nous repousser dans nos derniers retranchements. Je jetai un coup d'oeil à son patronus. Il ne semblait pas très fringant non plus. Quant à Milord, il était parti vadrouiller je ne sais où dans le domaine. J'étais donc seule. Non seulement le lien physique était rompu grâce à l'oblation, mais en plus, au complexe, ils ont presque réussi à briser le lien psychique. À présent, je ne communiquais plus du tout avec lui. Je laissai échapper un profond soupir tandis que je me glissai prudemment à ses côtés.

« Je suis d'accord avec toi. » renchéris-je en songeant aux derniers mots qu'elle avait hurlé. « Toute cette situation...C'est vraiment la merde. » Mes lèvres se tordirent en une légère moue circonspecte. « Tu essayais de jeter un sort ? Moi non plus, je n'arrive à rien avec cette putain de baguette. Déjà que je n'y arrivais pas en temps normal, mais là, c'est encore pire. »

Peut-être qu'elle s'en foutait, peut-être qu'elle n'avait pas envie de m'entendre raconter ma vie. Je songeai à feu ma baguette, restée entre les mains de ces monstres, très vraisemblablement détruite. Cette baguette était l'un des derniers morceaux d'Amérique que j'avais emportés avec moi en Angleterre, et même ça ils me l'ont pris. Je serrai les poings. Même ça, ils me l'ont pris. J'avais subitement comme l'envie de tout cramer.



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Message Re: You're not safe because of the absence of immediate danger
par O. Jill Peverell, Dim 5 Mar - 17:33 (#)
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Down in the valley on a foggy little rock stood a pretty little demon blowing his top. Fire in his eyes and smoke from his head, you gotta be real cool to hear the words he said. ✻✻✻ La frustration lui piquait les yeux et lui brûlait la gorge. Octavia Peverell n'avait jamais aimé la frustration. Non seulement elle n'avait jamais su la supporter mais elle ne savait pas non plus comment la gérer. Malgré le repos qu'elle s'octroyait à Earystane Bay en compagnie de ses compagnons de cellule, son corps semblait crier à l'épuisement. Elle n'était plus capable de lancer le moindre sort. La faute à pas de chance ? Que nenni, la faute à cette baguette merdique qui lui pourrissait la soirée. Ou la semaine. Ou carrément la vie. L'ancienne Gryffondor se souvenait encore de ce fameux jour béni chez Ollivander's où le célèbre fabricant lui avait vendu l'amour de sa vie. 27,2 centimètres, taillée dans le respectable bois de sorbier. Prétendu protecteur, destiné au personnes à l'esprit clair et au coeur pur. Un bois rendu capricieux par une ventricule de coeur de dragon fantasque. Souple au lever, Jill affectionnait tout particulièrement sa baguette qu'elle avait toujours trouvé parfaitement efficace et dont elle ne se séparait pour ainsi dire jamais. La perte de sa baguette sonnait comme le glas de l'innocence. Si elle avait certes perdu son innocence depuis un certain temps, c'est bien sa vie qui prenait un tournant très particulier. L'un de ces tournants qu'elle n'avait pas envisagé et ce, malgré une très large vision de tout ce qui pouvait lui arriver. Elle qui aurait mis sa main à couper qu'Ezra était en danger de disparition, et bien non, c'est elle qui avait fini par s'évanouir dans la nature. Et se réveiller, marquée, le corps endolori et la psychée un poil vacante. Jill tentait au mieux de ne pas repenser à son séjour au complexe mais ses cauchemars semblaient ne connaître que cette voie. Elle en avait perdu le sommeil, sa joie de vivre et le peu de patience qu'elle arrivait à rassembler en temps normal. Falco ne parlait plus beaucoup, tout autant choqué par ce qu'ils avaient vécu. Meurtri par les expériences à répétition. Tous les anciens disparus étaient à mettre dans le même panier. Ils étaient vides. Une simple coquille, une enveloppe dont il n'y avait plus rien à tirer. On leur avait conseillé le repos, on leur avait dit de prendre le temps qu'il leur fallait. Tant de gentillesse était le premier témoin d'attention qu'elle avait ressenti depuis des semaines de noirceur. Cependant elle enrageait. Bouclée sur cette putain d'île balayée par des vents glacés. Incapable de produire la moindre magie digne de ce nom. Cette putain de baguette ne l'écoutait pas. Il fallait qu'elle se barre. Mais elle allait d'abord finir cette bouteille.

Dans son dos une voix se fit entendre. Une voix qu'elle connaissait. Une voix qui l'avait accompagnée, parmi tant d'autres, durant ces longues semaines de détention. Une voix à laquelle elle n'avait jamais vraiment prêté attention avant. Une voix timbrée de cet accent reconnaissable parmi tous les élèves de Poudlard. Les élèves d'origine étrangère n'étaient pas uniques dans la célèbre école de sorcellerie britannique, simplement rares. Jill avait toujours trouvé cela une bonne chose. Il était important de se trouver au contact de personnes issues d'une autre culture et même si elle n'en avait jamais parlé à Quinn faute de timing, la Gryffondor était ravie que l'américaine n'ai pas étudié à Ilvermorny. Poudlard était cent fois mieux à n'en pas douter. La meilleure école de sorcellerie du monde si on lui demandait son avis. Mais personne n'en avait rien à foutre. Lorsqu'elle entendit son nom, Jill se contenta de grogner. Elle n'était définitivement pas d'humeur à socialiser. La seule chose qui lui importait était de réussir un sort pour s'entraîner à exploser des mannequins. Elle s'était promise que le prochain Disciple qui lui passerait sous le nez allait vivre un très, très mauvais quart d'heure. Quelle genre de personnes effectuait de telles expériences ! « Tout va bien ? J'ai entendu...comme une explosion » Que pouvait-elle bien lui répondre. Elle n'allait pas lui crier dessus, Quinn n'y était définitivement pour rien. « T'inquiète, c'est ma nullité qui fait des étincelles. » répondit la blondinette d'un ton tout aussi mauvais qu'elle regardait la baguette qui trainait au sol et dont elle ne s'emmerda pas à ramasser. Falco s'était arrêté de rire et s'était rapidement perché sur l'épaule de sa sorcière. La venue d'un être humain, quel qu'il soit, le rendait suspicieux. Seul Ezra semblait échapper à la règle. Une dérangée du bocal prête à exploser et un piaf paranoïaque, pour sûr qu'ils faisaient la pair ces deux là. Quinn ne semblait pas là pour l'embêter plus qu'autre chose, elle semblait simplement s'être inquiétée en entendant du bruit. Il faut dire qu'ils étaient tous devenus un peu parano ces temps çi.

Jill eut presque un sourire en entendant les mots de sa visiteuse. La Gryffondor n'avait jamais été nulle en magie, bien au contraire, et cette situation d'impuissance lui faisait ressentir les pires des émotions. Elle n'arrivait plus à positiver. D'ailleurs elle n'arrivait plus à voir le bon coté des choses tout court. Toutes les minutes de la journée étaient un supplice de plus. Moins envahissant et moins ardent que le Complexe, mais tout de même. Elle se sentait encore prisonnière. Prisonnière de la situation. Prisonnière de l'Ordre. Prisonnière d'elle-même. Si cela continuait ainsi, la jeune femme savait qu'elle allait devenir dingue. « Ou alcoolique. » Effectivement, Jill n'avait pas lésiné sur l'alcool depuis leur arrivée sur ce rocher puant. En vérité, l'alcool était la seule chose capable de l'assommer entièrement. L'assommer pour jouir d'un sommeil lourd, agité, mais sans rêves. Sans cauchemars. Enfin ... presque. Cela dépendait de la quantité ingérée. « Je t'aurais bien donné un petit cours mais là on risque surtout de mettre le feu au Manoir. » Non pas que cela ne lui plairait pas... Jill savait parfaitement que le Manoir était le seul endroit où elle pouvait se sentir en relative sécurité. Elle le détestait pourtant. Elle détestait tout. Et elle-même tout particulièrement. Avalant une rasade d'alcool brûlant au goulot, la sorcière tendit la bouteille à son acolyte. « T'en veux ? On peut trinquer à toutes les bécasses qui se sont fait pincer par ces trolls en blouse blanche. Ou ... » elle en reprit une autre goulée « à nos baguettes qui ne reposeront jamais en paix. » Déjà passablement éméchée Jill se tenait pourtant fermement campée sur ses deux jambes. Elle semblait presque avoir développé une résistance à l'éthanol. Enfin ça c'était en théorie. La bouteille était loin d'être finie et, si Ezra ne se pointait pas, personne ne lui enlèverait. Elle pouvait donc bien en partager. « De toute façon je les emmerde tous ces connards. » Et c'était peur dire. La sorcière, qui s'était rapprochée de Quinn durant leur enlèvement, ne la connaissait pourtant pas assez pour prévoir son comportement. Dans un souci de l'inciter à aller dans son sens et sûrement parce qu'elle ne pouvait plus supporter la compagnie de ces mielleux qui lui répétait en boucle qu'elle finirait pas aller mieux, elle rajouta. « A moins que les amerlocks ne tiennent pas le coup ? »

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Message Re: You're not safe because of the absence of immediate danger
par Quinn L. Warren, Lun 15 Mai - 20:04 (#)
You're not safe because of the absence of immediate danger
Quinn & Jill
And the days go by like a strand in the wind. In the web that is my own I begin again; Said to my friend, baby nothin' else mattered

Prétendre que je m’inquiétais réellement pour ma camarade aurait été un mensonge. C’était la curiosité qui m’avait incitée à venir voir ce qui se passait. J’avais entendu du bruit et j’étais entrée c’était aussi simple que ça. Mon séjour au complexe n’avait en rien altéré ma curiosité légendaire. C’était mon instinct de journaliste qui reprenait le dessus, à moins que je sois une fouille-merde par nature et que le journalisme n’avait rien à voir là dedans. Il faut dire que j’avais le chic pour découvrir des secrets que leurs détenteurs pensaient pourtant bien gardés, aussi loin que je me souvienne, j’avais toujours eu ce talent pour écouter aux portes et déterrer les squelettes des placards bien malgré moi. Aujourd’hui c’était différent. Il y avait autre chose dans mon regard, la rage avait enflé dans mon cœur et je savais que je ne passerai pas à autre chose tant que je ne saurai pas. Comme bon nombre d’autres disparus, j’avais besoin de réponses, de savoir pourquoi nous et pas d’autres personnes. Ces questions tournaient également en boucle dans ma tête. J’étais de plus en plus persuadée que je ne trouverais pas mes réponses ici. L’idée d’un départ commençait à germer dans ma tête, même si c’était insensé, même si je risquais ma peau en mettant ne serait-ce qu’un orteil dehors. Pourtant, sur le long terme, la simple idée de rester ici m’était insupportable. Je me sentais presque coupable de désirer m’en aller alors que tout était fait pour que nous nous sentions  comme a la maison. C’était ca le problème. Cette façon qu’ils avaient de nous traiter comme des petites choses fragiles était horripilante. Leur prévenance était étouffante. Ces murs m’avaient tout l’air d’une prison. Tout transpirait la fausseté et l’hypocrisie. Cet endroit n’était qu’une imposture, un simulacre de bonheur.  

Je restai figée quelques instants, comme choquée par ma propre colère. J’avais l’habitude de me sentir tellement inerte, tellement vide que l’intensité de mes émotions, même négatives, continuaient à me surprendre. Je savais que j’avais la haine chevillée au corps, qu’il n’y avait que la rancœur qui me faisait me sentir vivante, mais je ne pensais pas que c’était à ce point là. J’aurais pu utiliser cette formidable énergie pour faire quelque chose d’utile mais je restais plantée là, les bras ballants, à déambuler dans les couloirs et salles du domaine sans même commencer à chercher ces réponses que je réclamais pourtant à corps et à cris. Pour l’heure, cependant, je n’avais pas le  courage de me lancer dans une telle entreprise. J’avais envie de rien et là se trouvait le nœud du problème. J’aurais pu rebondir sur les premiers mots que prononça Jill, me lamenter avec elle sur notre sort peu enviable, j’aurais pu mais je n’ai rien fait. Je me suis simplement contentée d’opiner du chef, les bras croisés sur ma poitrine, mon regard indifférent scrutant la silhouette de la sorcière colérique sans même la voir. La colère était retombée comme un soufflet, il n’en restait plus rien, si ce n’est qu’une profonde indifférence. Comme je le disais plus tôt, ce n’était qu’un sursaut . Je ne savais pas exactement ce que je cherchais aux côtés de Jill, mais cette indécision ne m’empêcha pas de m’incruster dans sa séance d’entraînement sans même chercher à savoir si elle voulait réellement de la compagnie  - on retrouvait là mon côté sans gêne. Si encore je m’excusais mais même pas. Je m’imposais. Point. Je me mordillai la lèvre inférieure lorsque Jill me dit qu’elle m’aurait bien donné un cours, mais qu’elle risquait de foutre le feu au Manoir.  J’accueillis sa remarque avec un haussement d’épaule désabusé. L’idée ne manquait certes pas de charme mais je ne voulais plus entendre parler de magie pour le moment. J’esquissai toutefois un petit sourire en coin lorsqu’elle but une longue rasade sur sa bouteille avant de me la donner.  

« ça c’est un langage que je connais. » renchéris-je avec un enthousiasme feint. Puis, je levai la bouteille, trinquant avec elle en l’honneur de…je ne sais trop quoi au juste. « à notre captivité, consentie cette fois. »  

Je bus à mon tour, directement au goulot. C’était une très mauvaise idée, mais je préférais être bourrée et en colère que sobre et déprimée. Heureusement, Jill semblait être du même avis. Le regard que je lui lançai alors semblait signifier T’inquiètes, je ne dirai rien . De toute façon, qui étais-je pour lui faire la morale, surtout sur ce point ? Je n’étais que trop bien placée pour savoir que chacun dealait avec ses problèmes comme il le pouvait. En la matière, il n’y avait pas de bonne ou mauvaise façon de faire. Il n’y avait que des solutions, et si celle de Jill consistait à se bourrer la gueule à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et bien soit. J’étais même presque soulagée de savoir que je n’étais pas la seule à procéder de cette manière. Après tout , bien avant tout ce merdier, j’étais censée récupérer d’une tentative de suicide. Je me mordillai une nouvelle fois la lèvre inférieure, avant de rendre la bouteille à Jill. Machinalement, mes doigts effleuraient les cicatrices que je portais aux poignets, avant de rabattre brutalement ma manche. Si Jill avait remarqué quoi que ce soit, cependant, elle n’en montra rien. Toutefois, je m’esclaffai franchement lorsqu’elle affirma haut et fort qu’elle emmerdait tous ces connards.

« Tu m’ôtes les mots de la bouche. » gloussai-je en reprenant la bouteille une fois qu’elle se fut servie. « Je dirais même que je n’ai qu’une hâte c’est de me tirer d’ici. De toute façon ils ne peuvent pas nous retenir contre notre gré, parce qu’ils ne vaudraient pas mieux qu’eux. »

Par eux , j’entendais surtout les Disciples de Shacklebolt, ou peu importe comment ils se faisaient appeler maintenant. A mes yeux, ils n’étaient guère autre chose que des truands qui profitaient de leur toute nouvelle notoriété pour faire des coups en douce. L’esprit légèrement échauffé par l’alcool et par la rage, je m’efforçais de rester sobre dans mes propos. Si je commençais à me lancer dans une diatribe contre eux, je n’avais pas fini de rager. Alors, je me taisais, je me faisais violence. Je ne disais rien, mais je n’en pensais pas moins. Je n’avais parlé à personne de mon désir de vengeance, de leur faire mordre la poussière. Je n’étais qu’une pauvre étudiante, une gamine paumée au tempérament suicidaire mais j’avais la niaque, l’envie de découdre. J’étais déterminée à enquêter, de fouiller les moindres recoins afin de les ébranler par mes mots acérés. Je m’y voyais déjà. Un beau projet, mais irréalisable dans l’immédiat et un poil trop prétentieux. Lorsque Jill sous-entendit que nous autres américains étions des petites natures, mes yeux s’écarquillèrent et mes lèvres vinrent former un o parfaitement offusqué.  

« Tu rigoles ! » éructai-je, la voix rauque, les poings sur les hanches dans une parfaite imitation de la Peverell. « N’inverse pas les rôles, s’il te plaît. Je vous ai toujours trouvés coincés, vous autres sujets de Sa Majesté la Reine. » Puis, voyant qu’elle avait toujours la bouteille avec elle : « Tu abandonnes maintenant ? C’est nul, il n’y a même pas de challenge. »  

Je m’esclaffai encore une fois, ravie de mon propre humour. Ce n’était rien d’autre qu’une provocation, mais j’étais déterminée à défendre ma fierté d’américaine coûte que coûte. Cette petite joute s’annonçait fort divertissante et je n’en étais même pas désolée, parce que j’estimais que nous avions parfaitement le droit de nous amuser malgré ce qui s’était passé.      
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Message Re: You're not safe because of the absence of immediate danger
par O. Jill Peverell, Mar 16 Mai - 16:37 (#)
You're not safe because of the absence of immediate danger
Jill & Quinn

Down in the valley on a foggy little rock stood a pretty little demon blowing his top. Fire in his eyes and smoke from his head, you gotta be real cool to hear the words he said. ✻✻✻ Ezra lui avait répété cent fois qu'être simplement vivante valait bien tous les sacrifices. Oui, elle était vivante. Ils étaient tous vivants. Ou presque. Elles se souvenait des mines hagardes, des balafres, des teints blafards et des regards morts de tous les disparus qui l'entouraient. De la détresse de Charlie. De son propre abandon à l'espoir d'être secourue. De toute la déception, de l'angoisse permanente et de l'infecte douleur des expérimentations. Oui, Jill avait eu peur de mourir. Elle avait eu peur de perdre Falco tellement de fois qu'elle avait arrêté de compter. A chaque fois que son esprit la conduisait malgré elle aux souvenirs du Complexe elle se revoyait prostrée sur son lit, fixant le mur lisse blanchâtre sans même le voir, tenant son patronus entre ses bras faibles, ne s'autorisant même plus à songer à l'éternel firmament qu'elle pensait ne plus avoir l'occasion de contempler. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même et haïssait cette image. Cette faiblesse. Aujourd'hui qu'elle avait tout le loisir d'y repenser, elle aurait voulu oublier. Elle avait pourtant demandé à Ezra de le faire après lui avoir longuement expliqué ce qu'ils avaient subis. Il avait refusé. Elle lui en voulait et cela n'avait que pour effet d'attiser sa monstrueuse colère. Et cette baguette aussi efficace que de la bouse de centaure n'avait décidément rien pour lui remonter le moral. Alors elle oubliait à sa propre manière. Tentait de se défaire de sa fureur du mieux qu'elle pouvait. Heureusement Quinn ne semblait pas skatter pour lui faire la morale. Bien mal l'en aurait pris et l'ancienne Gryffondor, bien qu'elle ne la connaissait pas outre mesure, ne lui prêtait pas un tel comportement. Quinn ne s'était jamais illustrée en amoureuse du règlement et cela suffisait amplement pour partager la bouteille. A cela s'ajoutait qu'elles sortaient du même enfer. Et cela justifiait tout. Il n'y avait qu'à les regarder, pâles, maigrelettes, habillées de vulgaires nippes d'occasion bien loin de leur robes de sorcier habituelles, capes en soie et autres freluches du même genre ; elles faisaient peine à voir.

Les deux jeunes femmes trinquèrent pour la première fois, si cyniques qu'elles en étaient presque toxiques. Il ne fallait pas être bien intelligent pour comprendre que Quinn exécrait cet endroit au moins autant qu'elle. Cette idée rassurait un peu l'ex rouge et or qui se disait alors qu'elle n'était pas timbrée. Ou alors ... l'étaient-elles toutes les deux ? Le rhum-groseille finirait bien par trouver réponse à cette question car, semblait-il, les deux rescapées avaient pour ambition de terminer la bouteille. L'américaine ne refusait pas la moindre gorgée, au grand plaisir de l'anglaise qui s'était trouvé un compagnon momentané de beuverie. Il était toujours plus médicinal d'exciser ses démons à plusieurs plutôt que seul. Jill acquiesça les dires de sa camarade quant à un parallèle entre l'Ordre et les Disciples. Oui, ils ne pouvaient pas les garder içi. « Cela ne les empêchent pourtant pas de nous cloîtrer içi... » Elle avait croisé un de ses anciens professeur qui lui avait assuré que c'était pour leur protection. Elle le croyait, sincèrement, mais ne pouvait calmer sa fureur. Alors elle s'isolait, tentait au mieux de se défouler et buvait sans doute un peu trop. Jill n'avait jamais su gérer ses excès d'émotions et ce n'est pas après un drame pareil qu'elle allait faire des progrès.

Lorsque l'ex étudiante - d'affiliation anglaise sur plus de générations que pouvaient contenir dix rouleaux de parchemins et au véritable pétrichor dans les veines - piqua son homologue américaine sur son ascendance, cette dernière vu immédiatement rouge. « Tu rigoles ! »  Un rire rauque, presque mauvais s'échappa d'entre ses lèvres décharnées à la vue du visage de Quinn. Jill n'avait pas ri depuis longtemps et il aurait été curieux que celui si s'apparente plus à un son cristallin. Trop de mauvais flux coulaient en elle. Trop de rancoeur. Trop de colère. Ce n'est pas que la sorcière n'avait jamais aimé les américains. Elle qui avait grandi dans le plus traditionnalisme des familles sorcières anglaises, son jugement était automatiquement biaisé. Evidemment qu'elle voyait les anglais d'un meilleur oeil. « Ils n'ont pas de scientifiques fous qui enlèvent les gens au moins ... » lança Falco, faisant écho aux propres pensées de sa sorcière. « Parce que t'es américain maintenant ? On en sait rien. » répliqua la jeune femme d'un ton agressif. Autant dire que ce n'était vraiment pas le moment de la faire chier. Heureuse d'un peu d'animation, Quinn continuait également d'engrener leur petite lutte insignifiante en évoquant la Reine. Nouveau sourire. Nouvelle rasade. Nouvelle provocation. « Non tu confonds avec la Cour Français de Sa Majesty* » rajouta la blonde au s'inclinant dans une révérence, le visage ridiculement courtisanesque. Ah les français et leur Cour. La sorcière trouvait cela insupportable bien que cela n'était que le reflet de leur propre société aristocratique, un souverain en moins. « D'ailleurs je pense qu'ils sont encore pires que vous. Avec toutes les manières ridicules... » rajouta t-elle en agrippant la bouteille des mains de Quinn - qui la regardait d'un drôle d'air sûrement en train de se dire que la Gryffondor avait définitivement laissé son cervelet au Complexe - pour boire une nouvelle rasade. Suivie d'un HIPS particulièrement indigeste, la sorcière grimaça et la tendit à sa comparse. Ce scélérat d'alcool allait finir par lui faire rendre son dîner. Avait-elle seulement dîné ? Elle ne s'en souvenait plus. Mais en parlant de ridicule !

« Je ne supporterai pas cette marque une seconde de plus. » lança Jill en se désintéressant de leur discussion et titubant jusqu'à sa baguette. Relevant ses cheveux, la sorcière la pointa sur la marque qui ornait son cou. « Fini[HIPS]te » s'exclama t-elle dans un merveilleux hoquet avant de tomber à la renverse dans un jeyser d'étincelles, sa baguette sautant de ses mains pour lui frapper la joue dans sa course. « Haaaaaaa putain ... » gémit-elle de douleur avant de hoqueter à nouveau sous l'hilarité complète de son patronus. « Ca t'apprendra à faire des stupidités alors que t'es pas foutue de lancer le moindre sort de base. Et passablement éméchée en plus ! » « Mais ta gueule toi » rétorqua t-elle d'une voix faible en lançant un regard éreinté à la panthère qui semblait presque sourire de ses malheurs.  « Elle va te prendre pour une imbécile avec tes conneries. » Au point où elle en était, de désespoir et d'alcoolémie, il faut dire que peu de choses relevaient encore de l'importance. Toute son impuissance lui sautait à la gorge. Elle était nulle. Nulle de s'être fait enlevée. Nulle d'avoir perdu espoir. Nulle de ne pas arriver à produire la moindre magie correcte. La sorcière soupira avec force, se massant le cou. « PFFFF je me désespère. Tu crois qu'on va crever avec cette maudite marque ? » « Mais ressaisis-toi un peu ! »

✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.


* en français, au fort accent britannique


No pain no gain
It's the moment of truth, and the moment to lie. The moment to live and the moment to die. The moment to fight. I do believe in the light. Raise your hands into the sky. When the fight will be done, when the war will be won, lift your hands toward the sun and always remember those you lost.© sweet peach

 
Spoiler:
 
résistante au Gouvernement rosier
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résistante au Gouvernement rosier

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Message Re: You're not safe because of the absence of immediate danger
par Quinn L. Warren, Mar 11 Juil - 19:17 (#)
You're not safe because of the absence of immediate danger
Quinn & Jill
And the days go by like a strand in the wind. In the web that is my own I begin again; Said to my friend, baby nothin' else mattered

L’alcool fruité et sucré excitait mes papilles gustatives, tandis que mes joues se teintaient d’un beau rouge cerise. L’ivresse montait à chaque gorgée mais ça n’avait pas d’importance, je n’aspirais à rien d’autre de toute façon. Peut-être même que c’était l’objectif, d’être bourrée rapidement et bien comme il faut. Ça faisait trop longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de boire jusqu’à oublier qui j’étais et ce que je faisais ici. Il fallait dire que ces temps-ci nous n’étions pas d’humeur à faire la fête. A Poudlard ce n’était pas bien différent. Certes, ils avaient connu nettement moins de traumatismes que nous, mais les règles se durcissaient de façon drastique et les élèves restés là-bas étaient plus ou moins confinés entre ces murs. A croire que l’herbe était toujours plus verte chez le voisin, et quand on creusait un peu on s’apercevait que la réalité était nettement moins glamour. Nous ne sommes pas seuls ne cessaient- ils de répéter à longueur de temps, comme pour se donner bonne conscience. Ils nous offraient un soutien factice, très protocolaire en fin de compte, sans réelle personnalisation. Le soutien, la solidarité, il fallait aller la chercher ailleurs. Une bonne copine, une bouteille et c’est parti, il n’y avait pas besoin d’en faire des caisses. Nous le regretterons sans doute demain matin, quand nous aurons une épouvantable gueule de bois, mais si c’était le prix à payer pour pouvoir profiter de quelques heures de répit, alors j’étais prête à le payer, ce n’était que peu de choses à côté de ce que j’avais vécu ces derniers mois.

Alors, quand Jill se mit à ricaner face à ma soudaine fougue, ce fut comme une petite victoire. Aucune de nous n’avait ri ces dernières semaines - comment nous le pourrions, puisqu’ils s’étaient échinés à détruire la moindre étincelle de bonheur que nous étions susceptibles de ressentir au nom de leurs expériences sordides – mais je fus tout de même tentée de l’imiter. Je n’étais pas encore capable de rire à gorge déployée mais mes lèvres ne s’étaient pas totalement engourdies à force de ne plus sourire. Alors je souris, même si c’était un sourire timide, un peu fané, un peu tordu, mais c’était un sourire quand même et il était destiné à mon amie. Quoique, tout bien considéré , c’était une amie en carton car elle osait critiquer les américains et je soutenais mordicus qu’un véritable ami ne se risquerait JAMAIS à critiquer mon pays d’origine – question de solidarité, vous voyez ? Peut-être que Jill était mon amie, finalement, car elle avait détourné son attention pour cracher sur les français, imitant leur accent à la perfection. Ce n’était pas bien de se moquer mais ça défoulait et nous avions besoin de nous défouler, de nous vider la tête, de penser à autre chose même si c’est pour une poignée de secondes. Nos amis français en faisaient donc les frais, de même que leurs manières que Jill trouvait absolument ridicules. Je pinçai les lèvres, songeuse, avant de dévoiler une partie de mes secrets.

« Tu sais que j’ai de lointaines origines françaises ? » lançai-je à Jill d’un ton moqueur. Puis, je fis de grands gestes, comme pour illustrer mon propos. «  Il y a eux, et il y a moi. Le gène de l’évolution et du raffinement a dû se perdre au fil des générations. »

Quand on voyait mon si peu de manières, on pouvait légitimement se demander par quel miracle j’avais pu avoir des ancêtres français. C’était peut-être dû au fait que mes ancêtres eux-mêmes étaient des expatriés, il n’y avait pas d’autre explication possible. Quoiqu’il en soit, nous amuser aux dépends des autres avait quelque chose de rafraîchissant. C’était toujours mieux que de se lamenter sur son sort. Pourtant, l’ombre de nos souvenirs pénibles planait toujours au-dessus de nos têtes, le traumatisme n’était jamais loin. J’écarquillai les yeux lorsque Jill parla de la marque que le Ministère nous avait obligé à porter. Mon expression devint carrément horrifiée lorsque Jill pointa sa baguette sur son propre cou afin de prononcer un contre-sort qui fut interrompu par un hoquet. S’ensuivit un juron et un autre hoquet

« Oh mon dieu Jill tu vas bien ? »  demandai-je à l’ancienne Gryffondor en me précipitant à côté d’elle pour vérifier si elle était encore en un seul morceau. « Bon sang mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête ? » Puis, confisquant sa baguette, je décrétai : « Tu peux boire autant que tu veux et je t’accompagnerais volontiers mais la magie c’est fini pour aujourd’hui. »

C’était d’ailleurs mieux pour tout le monde. Au moins ne risquerait-elle pas de foutre le feu à la pièce ou que sais-je d’autre. Tant qu’à faire je ne voulais pas cramer vive peu de temps après être sortie de ce putain de complexe Mon regard s’assombrit considérablement lorsqu’elle justifia son acte insensé par la présence de cette marque qui la dérangeait beaucoup. Je soupirai longuement avant de me mordiller la lèvre inférieure.

« Moi non plus je ne l’aime pas beaucoup, cette marque. » Euphémisme. « Comme tous les autres j’ai fini par accepter cette merde parce que je pensais qu’elle allait nous protéger mais tout ça c’est des conneries. » En réalité c’était même tout le contraire. « Dès le début ça puait, cette histoire de marque, après tout on ne sanctionne pas les gens qui n’en veulent pas sans aucune raison. Je ne sais pas si on va crever avec parce que ce n’est pas un tatouage ordinaire qu’on peut enlever comme ça. Si cette saloperie pouvait être retirée à l’aide d’un simple sort, ça se saurait, plus beaucoup de monde ne la porterait. »

Après tout, non seulement ils pouvaient nous pister avec, où que nous soyons, mais en plus cette marque était vraiment moche. Machinalement, je me frottai la nuque, là où ma propre marque se trouvait, gravée dans ma chair. Je retirai ma main prestement comme si je venais de me brûler. Pour être tout à fait honnête, j'avais déjà songé à plusieurs façons de retirer ce symbole odieux, et la plupart incluaient des objets pointus et coupants, mais bizarrement, je doutais que Jill soit particulièrement réceptive à ces façons de faire. Si d'aventure, elle l'était, c'est que nous étions encore plus déglinguées que nous le pensions, elle pour accepter cette idée merdique, et moi, pour l'avoir proposée.      
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MY HEART IS SAFE WITH YOU

I'm living in a daydream, nothing that could faze me now, i'm caught up in a daydream, nothing that could wake me now © signature by anaëlle.
 

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