BELLUM PATRONUM


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I went missing on the inside, alone with every version of myself that's died (Jawhar)
résistant au gouvernement rosier
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résistant au gouvernement rosier

Répartition : 30/05/2015
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Message I went missing on the inside, alone with every version of myself that's died (Jawhar)
par Adrian Y. Silva, Dim 29 Jan - 5:07 (#)
alone with every version of myself that's died
jawhar & adrian

Les jours passent, tous plus longs et ennuyeux les uns que les autres. Je me sens de plus en plus à l’étroit dans cette chambre que je suis encore obligé de partager, je tourne en rond dans ce manoir que je finis par connaître par cœur. Je passe quasiment toutes mes journées dehors malgré la météo pas toujours clémente de cette île d’Irlande, en plein hiver. Il faut dire que les îles n’échappent pas à leurs stéréotypes, et il pleut en permanence. Ça ne me dérange pas particulièrement, sachant que je peux toujours utiliser un sort pour que les gouttes ne m’atteignent pas, mais la grisaille commence à jouer sur mon moral qui n’est déjà pas au beau fixe. J’ai de plus en plus de mal à être patient avec les anciens rescapés et le personnel du manoir. Il n’y a pas de raison particulière, je suis juste tout le temps sur les nerfs à force de ne pas trouver de moment où je peux être seul, tranquille, et me reposer dans le silence. Il y a des gens partout ici, et c’est bien normal pour faire tourner un endroit pareil, mais ce n’est pas pour autant que je réussis à me calmer. Je passe le plus clair de mon temps dehors ou au deuxième étage, entre la volière, la bibliothèque et l’observatoire en fonction des personnes présentes. Je me réveille aux aurores et vais me coucher lorsque minuit est passé, dans l’espoir de ne pas avoir à croiser ceux qui partagent ma chambre. Si je n’ai rien de spécial contre Daphné, je n’ai vraiment pas envie de voir Wolfe, je ne peux pas poser les yeux sur lui sans que mon corps ne se rappelle des privations qu’il a subi dans le complexe. J’ai parfois l’impression d’avoir des réflexes d’animal sauvage, et c’est peut-être le cas. Il faut dire que je ne fais aucun effort pour agir sur moi et j’évite le plus possible le psychomage de l’endroit. Je sais que je ne le devrais pas, qu’après une expérience pareille la pire chose à faire est de me refermer sur moi-même, mais je ne trouve rien à lui dire. Lorsque je suis en face de ce guérisseur, je n’arrive qu’à mentir, à dire que tout va bien et que mon état s’améliore. Je ne crois pas qu’il soit dupe, mais je n’arrive pas à parler de mes problèmes. J’ai l’impression que ça me dévoilerait beaucoup trop, que ça révélerait les trop nombreuses faiblesses que je traîne derrière moi. Et ce n’est pas son prétendu secret médical qui me fera me détendre. Ce que je lui dis sera gravé dans son esprit, et quiconque doté des mêmes pouvoirs que moi pourrait un jour tomber dessus. Ça ne marche que chez les moldus, là où les pensées sont un lieu inviolable que personne ne peut voir. Ici, c’est bien différent. Et il m’est impossible de ne pas penser au pire, depuis que je suis arrivé ici. Je suis déjà impressionné que le secret de cet endroit est encore conservé, mais bon.
Je peux comprendre ceux qui ont décidé de partir plutôt que de rester ici. La majorité a tout de même choisie de rester, ce qui est un choix qui fait simplement appel à notre bon sens, au final. J’ai l’impression d’être tel un lion en cage, à grogner et à tourner en rond sans trouver quoi que ce soit à faire. Lire des livres, ça va bien deux minutes. Je m’efforce de récupérer mes capacités magiques également, lorsque personne ne se trouve dans la salle d’entraînement. Je n’ai pas envie qu’on me voit en train de galérer à faire des sorts que j’aurais pu faire sans même réfléchir quelques mois plutôt. C’est à cause de cette fierté mal placée qu’on ne me verra jamais participer aux entraînements communs, que je préfère snober et faire croire que je n’en ai pas besoin. Je n’ai absolument pas besoin qu’on m’entraîne, qu’on me dise comment faire, et je n’ai pas envie de me retrouver du même côté que ces élèves à peine sortis de l’adolescence. On m’a déjà pris quasiment tout ce que j’avais, et si ma dignité a pris un sale coup à cause de ça, je ne veux pas faire en sorte de passer pour encore plus incapable que je ne le suis. Parfois j’aimerais pouvoir aller en parler à Kai, qui en tant qu’Auror, désormais en fuite devrait pouvoir comprendre exactement ce que je ressens, mais il est parti après les fêtes de Noël. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi. Si je me sens enchaîné ici, je suis certain que ce serait pareil dehors. Je n’ai pas la force de courir les routes et d’échapper sans arrêt aux autorités, ma maison est probablement surveillée et je n’ai plus rien. Je ne sais pas comment se débrouillent les fugitifs, mais entre l’école buissonnière, et un lit, trois repas par jour et la protection de l’Ordre, mon choix est vite fait. C’est comme devoir choisir entre un rhume et la peste. Et de toute façon, Swan me tuerait, et ça se comprend. Je me sens coupable de tout ce qu’il a dû endurer pour me sortir du complexe, et je ne le remercierais pas en disparaissant une nouvelle fois. Son absence me frustre, mais il y a cette gêne entre nous deux lorsque nous sommes face à face, qui m’agace tout autant. Je ne sais pas ce que j’attends de lui, mais savoir qu’il ne peut pas passer au manoir quand il veut me fait grincer des dents. C’est l’une des seules personnes à qui je fais totalement confiance, ici comme ailleurs. Si on m’avait dit cela il y a un an, j’aurais simplement ris au nez de cette personne. Il faut dire que cette situation est tellement absurde. J’étais persuadé de le détester, et maintenant son absence m’est difficilement tolérable. Ce n’est pas un problème auquel je pense trop souvent cela dit, de peur de trouver des réponses à mes questions, mais des réponses encore plus effrayantes que les questionnements auxquels elles répondent.
Cela doit bien faire deux heures que je déambule à l’extérieur du domaine. Je finis par me faire une raison et me décider à rentrer, avant d’attraper la grippe ou une autre connerie du genre, il ne manquerait plus que ça. J’arrête le sort repoussant la pluie en rentrant, et me dirige sans réfléchir vers le salon. Il n’est pas vide, évidemment, mais il n’est pas non plus trop rempli. Je jette un regard vers les gens présents, et repère assez vite une silhouette que je connais, et qui ne fait pas partie des sacs d’os sortis du complexe. Je me dirige vers Jawhar et je prends place dans un fauteuil trop confortable, duquel j’aurais probablement du mal à ressortir. « Salut. » Simple, sobre. Il y a longtemps que l’égyptien et moi n’avons pas pu parler, je m’en rends compte maintenant qu’il est juste en face de moi. Il y a un an, nos rôles étaient inversés, je devais veiller sur lui et j’étais celui qui l’avait trouvé après ses années de captivité. Face à ce qu’il a vécu, ces quelques mois que nous avons subis doivent lui paraître comme une promenade de santé. Après tout, ils se sont simplement attaqués à nos esprits, alors que Jawhar a été brisé sur tous les plans. Les seules corrections physiques que j’ai pu avoir ont été lorsque je m’en prenais aux scientifiques du complexe, et encore. Leurs punitions étaient surtout faites de privations diverses et variées. « Tu attends quelqu’un ? » Je n’ai pas envie de l’accaparer s’il doit parler avec quelqu’un, une personne dont il est plus proche que moi. J’aimerais qu’il ait de bonnes nouvelles du monde extérieur, de Poudlard où il exerce toujours son métier. Mais je sais que les chances sont très faibles pour qu’il soit porteur de telles nouvelles.


Fair to say he’s led a hard life
Supposing what he says in his sleep ain’t no lie. “I went missing on the inside, alone with every version of myself that's died. I fight to get you out of my head, but where I'm most exposed is where you make your bed, 'Cause who I've been and who I'm not we're all the same. This will only take a lifetime to bury me as deep as troubled is your mind, I'm sinking deeper into your head, I'm the lie you live in, every thought you dread.


Dernière édition par Adrian Y. Silva le Dim 26 Mar - 9:21, édité 1 fois
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Message Re: I went missing on the inside, alone with every version of myself that's died (Jawhar)
par Jawhar A. Shafiq, Dim 26 Mar - 8:32 (#)
he can’t remember how to breathe without remembering how hollow his bones have become, his skin a gravestone. He was born with death on his tongue, grew black in his lungs, and even then, he was whole, as whole as he would ever be, as whole as he would ever hope to be with his cells only held together with the dust. ✻✻✻Il ne pensait qu’à son visage, incapable de le sortir de son crâne. Ses yeux amusés, son sourire angélique et mutin, ses cheveux si sauvages qu’il avait toujours adoré, son rire déployé, et tous ces petits instants dont il se rappelait avec affection. Puis, il y avait eu ces images, que son esprit lui envoyait, celles des corps rapprochés sous un drap, des sourires en coin, des murmures. Ivy avait été une des nombreuses erreurs de l’égyptien, mais une qu’il n’arrivait pas à regretter. Il avait été fiancé – par ses grands parents, parce que ses parents étaient soient morts soient incapables de prononcer un seul mot à son égard- à la sœur d’Ivy, mais c’était cette dernière qui l’avait attiré. Maître des runes, et intime connaisseur des rituels anciens, Jawhar ne pouvait décrire cette attirance qu’en tant qu’alchimie, simple et pure. Il n’y avait pas eu de sentiment, parce que le Jawhar de l’époque était trop cruel et trop enfantin pour avoir de réelles émotions qui n’étaient pas de la colère. Il n’y avait jamais eu besoin de sentiment en réalité, car ils avaient été sur la même longueur d’onde à chaque instant. Puis il avait disparu de sa vie comme il avait disparu de la vie des autres. Il avait été déclaré mort si mois après sa capture ; et tout lien possible entre les Shacklebolt et les Shafiq avait été rompu. Jawhar été revenu d’entre les morts, comme si Anubis l’avait retiré des griffes de la Grande Dévoreuse pour marcher encore une fois sous les yeux attendries d’Hathor. Il n’avait pas revu Ivy, parce qu’il était trop brisé, et qu’il n’aimait plus ce corps fissuré et qu’il ne pouvait plus l’exposer comme il l’avait tant fait. Puis, c’était elle qui avait disparu, puis qui avait été considérée comme morte. Et il l’avait tiré du complexe, et Jawhar trouvait cela d’une beauté ironique ; peut-être que ce n’était pas de l’alchimie ; peut-être était-ce un sort bien plus ancien, qui reliait leur vie l’une à l’autre et qu’ils ne pouvaient pas mourir sans s’être au moins dit au revoir.
Ivy était là, au manoir, et il ne savait pas vraiment comment agir. Ivy faisait parti de ceux qui avaient apprécié l’ancien Jawhar, au sourire arrogant et à la démarche princière. Il n’était plus ce même homme, ou peut-être que si, mais si profondément enfermé dans un sarcophage d’os et de chaires brûlées, qu’il n’osait même plus respirer. Jawhar avait eu deux vies ; et il n’osait toujours pas rapprocher les deux. Il avait vu l’effet de sa disparition sur sa sœur, et il savait qu’il ne pouvait pas faire comme si de rien n’était.
Puis, arriva un homme que Jawhar qualifiait d’ami, sachant en réalité que le terme ne décrivait pas à quel point leur relation était aussi complexe. Adrian était là, depuis l’arrivée du nouvel homme qu’il était. Adrian était là, d’une manière ou d’une autre, et Jawhar s’était attaché à cet homme d’une façon qui l’avait étonné. Il lui avait demandé des choses impossibles, il l’avait frappé, il l’avait insulté, et Adrian avait été là, lui renvoyant chaque blessure, pour lui montrer qu’il ne pouvait pas agir comme cela pendant encore longtemps. Adrian était plus qu’un ami, il était un soutien, et quand il avait disparu, le monde de Jawhar avait été ébranlé. Cela avait été égoiste de sa part, mais il avait cru que le mexicain serait toujours à ses côtés, parce qu’il avait toujours été là quand l’égyptien avait eu besoin de lui. Et lorsque Jawhar avait découvert qu’Adrian était bien en vie mais prisonnier d’un complexe, il s’en était voulu, comme si l’auror avait été enfermé uniquement parce que lui même l’avait été. Cela était stupide, il le reconnaissait volontiers, mais Jawhar avait appris très tôt que plus aucune logique ne s’appliquait à ce qu’il ressentait et pensait de sa capture. Il n’était pas encore entier, et ne le serait sûrement jamais.
Venir au Manoir ne l’amusait guère peu. Les disparus ne lui renvoyaient rien de bon, et Jawhar avait toujours eu ce défaut de regarder ses problèmes avant ceux des autres. Il voulait les secouer pour leur dire que ce qu’ils avaient vécu n’était rien, et qu’au moins si leur esprit leur échappait, il leur restait leur corps. Celui de Jawhar ne lui avait plus appartenu après la première torture physique. Il avait été un objet, un souffre douleur, un squelette qu’il détestait car il n’y avait pas pire douleur. En réalité, il y avait bien pire. Il y avait eu la mort d’Haydar, d’Ali, leurs corps qu’il avait eu à enterrer, à creuser la terre avec ses ongles jusqu’à ce que son sang recouvre leurs corps. Alors s’il avait de la peine et de la compréhension pour Adrian et Ivy, il n’en avait que très peu pour les autres, parce qu’il n’était pas proche d’eux, et n’arrivait pas à se faire douleur d’empathie.  « Tu attends quelqu’un ? » Jawhar lui envoya un sourire au dessus de la cigarette qu’il portait à ses lèvres, le dos contre la fenêtre entrebâillée. « Uniquement ton beau visage. » Il passa une main dans ses cheveux avant de perdre son regard dans la vision de l’eau qui s’entendait devant lui. « Et ton sourire. Il me fait tellement d’effet, que je l’attend depuis au moins trois minutes. Tu m’en fais un ? Si tu veux, je te paye avec un sourire en retour, et on m’en a dit le plus grand bien. » Il ne voulait pas être sérieux ; parce qu’ils avaient passé trop de temps à l’être, et que le plus grand bien qu’ils pouvaient se faire était d’oublier, l’espace d’un instant, qu’ils étaient brisés.



i wonder how long you’ve been undone look at those teeth, those eyes, those bones, you’ve never been anything but sharp teeth and lies and hands that never stopped shaking. you can’t breathe, how can you with knives in your lungs, with your own nails tearing away at your flesh, i don’t know anymore if you’re searching for the edge of the unknown where your heart and ribcage settle or if there is anything left to tie back together
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Répartition : 30/05/2015
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Message Re: I went missing on the inside, alone with every version of myself that's died (Jawhar)
par Adrian Y. Silva, Mer 5 Juil - 9:20 (#)
alone with every version of myself that's died
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Nos rôles ont été inversés ces derniers temps. C’est ce qui me vient à l’esprit lorsque je pose les yeux sur Jawhar, lorsque je me rappelle dans quel état je l’ai récupéré lorsqu’il a été lui-même emprisonné et torturé. Et c’est là que je me rappelle, que je me dis que je n’ai pas le droit de faire une telle comparaison. Que si j’ai perdu quelques kilos et presque la raison dans ce complexe, mais je n’en tirerais aucune cicatrice physique. Jawhar lui, s’est retrouvé avec la cage thoracique explosée et plus de balafres qu’il ne pouvait en compter. Mais d’un côté, comparer ces expériences est stupide, personne ne réagit de la même façon, et ce n’est pas un concours. Mais il y a toujours cette petite voix, qui me dit que je ne devrais pas faire comme si c’était vraiment quelque chose d’important alors qu’il a vécu pire. Et je sais que ça n’a pas de sens, que c’est idiot. Ce n’est pas comme si je pouvais m’en empêcher.
A l’époque, je devais m’occuper de l’égyptien. L’aider à refaire ses papiers, à venir le voir à l’hôpital. A aller bien plus loin que ce que l’on me demandait de faire. Il est devenu vite évident que je ne faisais pas tout ça juste parce qu’on me le demandait. Je m’étais attaché à Jawhar, je voulais qu’il aille mieux, j’essayais de faire ce que je pouvais lorsqu’il avait ces périodes où ses yeux devenaient fous, où son esprit revenait à l’époque de sa capture. En aucun cas je ne peux lui demander de faire la même chose pour moi, mais j’aimerais bien qu’il puisse le faire. Je ne sais pas si c’est seulement possible. Je n’ai pas de blessures physiques à soigner, si ce n’est quelques hématomes de quand je refusais d’obéir. Ils n’ont jamais utilisé la violence physique comme élément de torture. Ils se contentaient d’agir sur notre esprit, et j’ai honte lorsque je me dis qu’ils ont bien réussi sur moi. Sur quelqu’un qui a eu des années de fonction en tant qu’Auror, quelqu’un qui était censé résister à ce genre de pression, et pourtant ils n’ont eu aucun mal au long de ces quelques mois, aucun mal à briser mon esprit, à faire en sorte que je sois encore en train de recoller les morceaux maintenant, et pour sûrement encore de longs mois. Plus j’y pense et moins je comprends. Qu’est-ce qui leur est passé par la tête ? A quoi leurs résultats vont bien pouvoir leur servir, est-ce que ça valait tellement de gâcher la vie d’autant de gens, d’enfants ? Quand on y réfléchit, cette guerre n’a aucun fondement crédible… Juste à cause de quelque chose d’aussi flou, invisible et inutile que le statut de sang… Ils se croient tout-puissants, comme si leur prétendue pureté leur permettait de détruire des vies. Mais d’un côté, je crois que je me sens capable de leur faire subir la même chose si l’occasion se présentait. C’est peut-être de l’hypocrisie. Mais nous, contrairement à eux, ne leur avons rien fait. Nous n’avons rien demandé, tandis que de leur côté… Ils l’auraient bien mérité.
« Uniquement ton beau visage. » Répond l’égyptien lorsque je lui demande s’il attend quelqu’un. Je lui réponds simplement en levant ostensiblement les yeux au ciel. Il devrait arrêter, un jour je risquerais de mal prendre le fait que ce ne soit qu’une plaisanterie. « Et ton sourire. Il me fait tellement d’effet, que je l’attend depuis au moins trois minutes. Tu m’en fais un ? Si tu veux, je te paye avec un sourire en retour, et on m’en a dit le plus grand bien. » Quel idiot. Sa tirade réussit quand même à me faire étirer un léger sourire, mais qui sonne tout de même faux, et qui me paraît étrange. Je ne sais même pas à quand remonte le dernier, ou le précédent éclat de rire. Sûrement avant tout ça. Je détourne la tête, gêné, aussi parce que je n’ai pas envie de voir que ses idioties ont eu l’effet escompté. « Arrête tes bêtises, » est la seule chose que je réussis à lui répondre, avec un soupir. Ça fait du bien de pouvoir agir comme si de rien n’était, comme si nous étions simplement en pause à Poudlard, à nous croiser dans les couloirs. Lui sait mieux que personne comment je me sens et ce qui doit être fait, et s’apitoyer sur mon sort sera probablement la dernière chose qu’il fera. Il me bousculera, m’emmerdera jusqu’à ce que j’oublie mon humeur noire. Je me sens toujours stupide, cela dit, comme si j’aurais dû me remettre plus vite, comme si j’aurais dû arrêter il y a bien longtemps de faire ces cauchemars. « Un jour je vais finir par te prendre au mot, tu rigoleras moins. » Je lance avec un haussement d’épaules. Il sait parfaitement que c’est faux, que ce genre de choses ne risque pas d’arriver de sitôt entre nous – non pas que Jawhar n’est pas attirant, il ne le sait que trop bien, mais notre relation est bien éloignée de ce genre de futilités. J’espère juste le mettre mal à l’aise, que cet air trop sûr de lui quitte ne serait-ce que pour une seconde son visage, mais je sais que c’est une entreprise bien plus compliquée qu’il n’y paraît.
Je ne sais pas quoi lui dire. Je reste silencieux, quelques secondes de trop. Je n’ai jamais été doué pour faire la discussion, surtout pas lorsque mon esprit est aussi embrouillé. « Tu veux pas m’emmener boire un verre, là ? Londres me paraît être le paradis. » Je bougonne, ayant encore l’impression d’être comme un lion en cage. Un animal sauvage, qu’on aurait sorti de sa cellule pour le mettre dans un enclos, un peu plus grand, avec un aperçu de liberté, mais rien de plus. Je sais que je passe pour le dernier des ingrats, mais j’aimerais pouvoir récupérer mon indépendance. Ça m’énerve de dépendre de qui que ce soit, surtout alors que ma santé n’est vraiment pas à son paroxysme.


Fair to say he’s led a hard life
Supposing what he says in his sleep ain’t no lie. “I went missing on the inside, alone with every version of myself that's died. I fight to get you out of my head, but where I'm most exposed is where you make your bed, 'Cause who I've been and who I'm not we're all the same. This will only take a lifetime to bury me as deep as troubled is your mind, I'm sinking deeper into your head, I'm the lie you live in, every thought you dread.
 

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