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i can’t keep you safe, but perhaps i can still keep you alive (freyja)
Résistante au gouvernement rosier
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Résistante au gouvernement rosier

Répartition : 01/03/2015
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Message i can’t keep you safe, but perhaps i can still keep you alive (freyja)
par H. Thorun Mortensen, Mer 8 Fév - 10:43 (#)
SOL & MANI + there is nothing more i can tell you about stardust and early graves and dead things in museums that you do not already hear echoing in your ears at night. but dear one, perhaps with my brittle bones and shaking shoulders and feeble feet with my footsteps behind you like the echo of a staggering heart i can remind you, just for a moment, of the tender vulnerability of your own heart

Je poussai la porte de ma chambre, mes cheveux mouillés par la pluie collant à mon front. Je m’arrêtai un long moment, mes yeux trouvant sans difficulté la forme allongée de ma sœur, malgré l’absence de lumière. Je m’étais habitué aux ambiances sombres, et il m’était devenu facile de suivre les indications de Thorin qui me précédait dans la pièce. Je souris, soulagée de voir ma sœur présente. J’avais eu peur toute la nuit de la voir disparaître, de me réveiller –alors que je n’avais pas pu fermer l’œil- seule, encore une fois, dans cette pièce froide et cruelle. J’avais attendu qu’elle soit endormie pour me blottir dans un coin de la pièce. Kili m’avait dit que je devais arrêter de lui mentir, que je ne pouvais pas cacher la vérité à ma sœur. Mais je ne savais pas quoi lui dire. Lui apprendre que mon patronus n’était pas qu’une seule entité mais plusieurs, lui avouer que je ne dormais plus dans un lit, lui dire que je trouvais plus de réconfort en la présence de mon ancien geôlier que dans ce qui aurait été le père de ma fille. Freyja avait souffert de mon absence, autant que moi de notre séparation. Nous nous étions retrouvée, et je ne voulais pas mettre plus de distance entre nos corps déjà trop différents pour me satisfaire. Mais ces révélations que je n’avais pas la force de lui faire m’avaient tenu éveillée et j’avais finalement cédé. J’étais sorti discrètement, avec cette élégance de mouvement qui m’avait toujours caractérisé, pour observer les premiers rayons de soleil toucher la roche froide de l’île. C’était devenu une habitude de me lever tôt – ou de m’extirper de mon lit après une nuit sans repos- pour capter l’énergie solaire qui montait doucement dans le ciel. Je me ressourçais auprès de l’astre qui m’était le plus proche, pour redevenir moi-même un geste après l’autre. Je souriais en même temps que mon visage prenait les rayons, et je surpassais les cauchemars et les habitudes morbides que nous avions tous pris afin de retrouver lentement le chemin vers une normalité que j’avais oublié. Je parlais pendant de longues minutes avec Gandalf, et j’apprenais différentes versions de sa personne, les acceptant tous dans l’énorme plaine de mon torse. Je me reconstruisais en même temps que sa propre explosion. Il était comme une étoile, il avait du explosé, et comme ces dernières, il avait aidé à la formation d’autres étoiles. Tant pis si je ne pouvais toujours pas lui parler comme les autres ; je n’avais pas besoin de ce moyen tant que je restais proche de lui. Tant pis si je le voyais se découper pour remplir les fissures de mon âme, tant pis si je perdais le fil. Je voulais juste le sentir à mes côtés, écouter ses remarques discontinues et ses silences. Je voulais uniquement savoir qu’il n’allait plus souffrir, que je n’étais pas seulement un moyen de lui faire exécuter les ordres. Nous n’étions qu’une seule et même personne, pas un moyen de faire souffrir l’autre.
« Elle a souffert à cause de nous également. » Je posai mes yeux sur le loup sombre qui se trouvait, allongé, à côté du lit de Freyja, ses yeux jaunes fixés sur ma sœur. Je me mordis la lèvre en observant longuement le corps que je connaissais par cœur parce que je le voyais tous les matins en me regardant dans le miroir. Elle dormait paisiblement et je haïssais cette jalousie qui me prenait les tripes quand mes yeux tombèrent sur son visage à peine marqué par des cernes. Ce même sentiment me prenait lorsque je voyais Lyall, et je me demandais à quel point les expériences m’avaient changé, car je n’étais pas sensée être capable d’avoir de tels sentiments. Je les aimais. Freyja plus que tout, elle était moi, une autre partie de moi, une meilleure, une moins souillée, une entière. Elle méritait mieux qu’une partie d’elle-même qui lui mentait, qui la jalousait, et qui ne lui ressemblait plus.
Elle méritait mieux que cela, mais j’étais toujours plus près de la victoire quand j’étais à ses côtés.
J’étais de nouveau moi avec elle.
Et je volais ce sentiment dès que je le pouvais, comme un parasite. Nous avions toujours tout échangé, et pour la première fois de ma vie j’avais l’impression d’avoir une relation à sens unique avec elle, où je prenais tout et elle me regardait faire avec un sourire aimant. Je voulais lui donner tout en retour, mais je n’avais plus rien.
Je me glissais dans le lit, appuyant ma tête contre mes mains sur le matelas et la regardai un long moment. Je levai la tête pour d’une main, pousser une mèche brune qui lui barrait le visage, et j’examinai avec attention toutes les émotions qui passèrent sur son visage alors que mon mouvement la réveilla. « Tu sais que les lions dorment vingt heures par jour ? » Je souris, approchant mon visage pour appuyer mon nez contre le sien avant de reculer. « Un terrier de blaireaux peut aller jusqu’à trois mètres de profondeur. Tu penses qu’il existe un dragon qui puisse vivre sous terre ? » Je restai sur le côté, attendant comme toujours sa réponse. Elle était le cerveau et moi le corps. Mais en ces moments de réfugiés, elle était les deux, alors je me cramponnais à ces jeux de questions-réponses que nous faisions enfant, comme pour croire que nous étions de nouveau des jeunes jumelles de quinze ans, loin des morts et des pleurs. « Dis, tu veux qu’on aille faire croire aux autres que je suis toi et toi moi ? » demandai-je en me relevant d’un coup, mes deux mains posées contre le matelas afin de supporter mon poids, malgré mes os saillants sous ma peau tirée et blanche.
Je voulais croire que je pouvais être sa jumelle, même encore maintenant.
(c) cosmic dust




with one glance into her eyes, you'd think you were returning home

there is a fire there, in her eyes, but it holds no malice or pain, it’s flames belong on firewood, it’s warmth fogging the windows of a living room, flickering to the beat of laughter and sighs. she is the warming of one’s heart and the widening of their soul, and she is the one that whispers to the people of this world that they deserve something to call their own, and to know that it will not always be beautiful.
 

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