BELLUM PATRONUM


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some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
BELLUM PATRONUM ::  :: Nox
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par Invité, Mer 17 Mai - 21:58 (#)

i know as the night goes on, you might end up with someone. so why do i bite my tongue ? oh, i wanna know ya. i'm lookin' around the room. – C'est d’un pas décidé qu’elle passe les frontières de l’école.
Sans se poser trop de question.
Sans réfléchir.
Elle s’en va.
Loin.

C’est aujourd’hui. Ce jour-ci est un nouveau jour. Comme un nouveau départ qui s’annonce. Enfin. Pas réellement, mais elle l’attendait. Elle l’attendait avec impatience, se concentrant sur les dates défilées sous ses yeux. Depuis la réception de cette lettre en compagnie d’un hibou de la volière, le temps semblait long. Le temps semblait s’être arrêté. La terre semblait s’être immobilisée. La fameuse écriture d’encre noire lui avait, à la foi, retourné le cœur et donné l’agréable sensation de ressentir un profond soulagement. Le soulagement de savoir que, malgré tout, elle était encore là. Parmi eux, nous. Parmi les mortels. Le soulagement de savoir qu’elle allait bien, même si Jaine ne percute pas encore les souffrances émises durant cette absence. Elle lui avait manqué. Affreusement manqué. Sa voix, ses rires, ses histoires. À ses yeux, cette jeune fille a quasi la même importance que son frère jumeau. Il y a des êtres envers qui on s’attache et qu’on considère, tôt ou tard, comme sa propre famille. Cette jeune fille en fait partie. Elle ne le sait peut-être pas. Peut-être pas encore. Peu importe. Son blason ? Charlotte De Breteuil. Mais Charlie lui allait divinement bien.

Un léger sourire se dessine. Elle a hâte. Hâte de la retrouver. Hâte de la serrer à nouveau dans ses bras. Hâte de la revoir, de l’entendre à nouveau parler. Hâte qu’elles puissent reprendre leurs habitudes. Les escapades les nuits d’été, contemplant le firmament sous le ciel voilé. Les rigolades autour d’un chocolat chaud durant l’hiver. Les commérages sur la maison la plus redoutable de Poudlard. Elle a hâte, oui.

Les yeux tombent sur la lettre. Jaine la relit pour la énième fois. Ses mains tremblent. Le parchemin se chiffonne. Sa tête ne la suit pas vraiment. Pour cause, le soir de la fête à la vieille brasserie résonne encore. La musique continue de jouer dans son crâne. L’estomac qui refuse de se dénouer. La simple soirée a fini en une discothèque party, chose à laquelle la jeune fille y a pris goût. Passant une main sur son front, elle longe le chemin qui ondoie la forêt. Son patronus la suit, sa forme de fennec des sables. Par chance, elle évite la balafre d’une branche mal placée. Jaine est ailleurs. Dans un autre monde que celui-ci. Jaine ne fait que suivre ses pas, perdant peu à peu le contrôle de son corps. Elle se laisse guider par ses sens. Un peu trop, même. C’est à peine si n’a pas pu se rattraper à temps, sur un vieux tronc débroussaillé, après avoir trébuché sur un animal sauvage débusqué par les pas. Lequel, elle l’ignore. Et, pendant un court instant, elle est persuadée qu’il s’agissait d’un patronus. Qu’elle se fait suivre. Sans attendre plus longtemps, elle active le pas. Personne ne doit savoir. Personne ne doit savoir qu’elle a fui de l’école. Personne ne doit savoir à qui appartient la lettre entre ses doigts. De plus, personne ne doit savoir l’identité de la personne qu’elle va rejoindre. Personne. Elle met sa main au feu, en disant que Charlie lui en voudrait si cela vient à arriver.

Jaine se pince les lèvres.
Son cœur manque de louper des battements.
C’est à peine si elle ne vient pas à courir.

En peu de temps, la jeune fille se retrouve au pied du saule pleureur. Dans toute sa splendeur, toute sa courtisanesque, il se met à battre des branches. Il est connu pour avoir frappé les élèves les plus hardis qui se pointent à ses racines. Il est connu pour sa violence sans remords. Elle savait que la tâche ne va pas être aussi simple que cela puisse paraître. Jaine déglutit. Mais elle a besoin de le défier. Elle le sent. Elle en a envie, à vrai dire. Car à l’intérieur de la cabane abandonnée, elle se montrera.

La baguette se redresse.
Camaïe se plie sous sa forme de poussière d’étoiles.
Pour la première fois, elle se sent prise d’un élan de bravoure.
Pour la première fois, depuis longtemps.

Sans un mot, sans un son, elle s’élance dans le petit espace. L’espace qui sert de chemin secret, menant à l’intérieur de la maisonnette. La chute est dure, douloureuse. Ses mains raflent le sol. Ses habits se salissent. Son pull épais se salit, les freluches attrapant toute la poussière terreuse.

Une dernière roulade.
Puis elle arrive.
Le pétrichor, suite aux averses de midi, n’amuse plus son odorat.

Les lattes de bois grincent sous son poids. Les murs tremblent. Jaine se prend dans la figure les dépouilles sur l’étagère au-dessus de l’entrée. Chatouillement au nez, elle éternue. Camaïe reprend sa forme de canidé. Son museau se frotte contre le bras de la sorcière.

« Ça va, ça va. Je vais bien. »

D’un hochement de tête, elle se relève. Tant bien que mal, elle se relève. Elle hésite, ne serait-ce qu’une seconde, d’appeler sa chère amie. Quelques pas en avant, et cette dernière apparaît timidement. En temps normal, Jaine lui sauterait dessus. Elle la prendrait dans ses bras, serrant légèrement son étreinte. Elle serait heureuse, le sourire remonté jusqu’aux oreilles. Mais, cette fois-ci, c’est étrange. Rien ne paraît « normal », comme à son habitude. Charlie n’a pas l’air dans son assiette. La blonde paraît faible, éteinte, exténuée. Ses cheveux d’or n’ont plus ces vagues d’ondulation. Son visage est creusé. Les cernes sous les yeux. Sa poitrine abîmée. La peau sur les os.

« Charlie, » soupire-t-elle, plus que surprise.
Un choc. Un choc qui peine à passer. Jaine ne sait pas quoi dire. Jaine ne sait pas quoi faire, comment réagir. Elle a peur de vexer son amie. Peur de dire une chose de travers et de la perde une seconde fois. Rien qu’à cette idée, ça lui dégoûte. Un dégoût profond. Ses doigts frêles se serrent sur le parchemin. Et elle le lâche.

« Qu’est-ce qu’ils t’on fait ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu as l’air... »

La Zabini ne termine pas sa phrase. Elle ne souhaite pas la terminer, ne trouvant pas le mot adéquat. La stupéfaction prend le dessus sur tout. La voix flanche à plusieurs reprises. Les mains se mettent à trembler. C’en est trop. Le mal qu’elle avait enduré ces derniers mois à Poudlard ne font pas le poids face aux cicatrices, aux marques de la française. Jaine se sent ridicule d’avoir osé se plaindre pour si peu. De dire que la vie en cours était devenue insupportable. D’avoir cédé aux caprices pour se faire entendre. Non, tout ce qu’elle avait enduré ne vaut rien à côté des expériences tourmentées de Charlie. Elle se sent comme une scélérate, à son égard.

La basanée s’autorise un pas en avant. En direction de la fugitive. Sans trop la brusquer. Jaine s’attend à des retrouvailles sincères et remplie de cet amour non réciproque. Elle ne l’avoue pas, mais Charlie reste toujours aussi attirante que le premier jour. Ça n’a pas changé.

« Excuse-moi, je voulais pas commencer par te poser des questions. Ce serait déplacé de ma part. »
Son regard, il s’abaisse. Là, en direction du sol souillé. Elle hésite à affronter celui de la blonde. Parce que, même si Jaine est heureuse de la revoir ici, elle sait aussi que la raison de ce rendez-vous n’est pas un hasard.


Dernière édition par K. Jaine Zabini le Lun 4 Sep - 22:10, édité 2 fois
Charlie de Breteuil
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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Charlie de Breteuil, Jeu 18 Mai - 16:16 (#)
Some flames burn so bright that nothing can ever stop them
EXORDIUM.
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L’odeur du pétrichor lui saisissait les narines alors qu’elle regardait le firmament anglais aux nuages noirs. Elle entendait la mer au loin et un instant, elle tenta de se concentrer sur ces éléments de calme et de sérénité.

En vain.

Elle sentait son cœur battre à la chamade. Elle sentait ses mains trembler parce qu’elle avait froid, parce qu’elle avait peur. Parce qu’elle avait mal aussi. Elle avait cette bile au fond de la gorge, bile qui remontait encore et encore depuis plusieurs jours maintenant.

Depuis qu’elle avait réalisé que les Zabini faisaient partie des Disciples, ses tortionnaires.

Ces scélérats qui avaient failli la tuer, qui avaient voulu lui arracher Voltaire. Qui les avait brisés.

Elle n’avait pas dormi de la nuit. En réalité, ses rêves rares en ce moment et le peu où elle rêvait, c’était les images déchirantes du Complexe qui lui revenaient en tête. Des souvenirs atroces qui la marquaient terriblement, créant des balafres invisible sur sa peau mais aussi sans son esprit. Ces souvenirs qui ondoyaient sans cesse jusqu’à elle depuis qu’elle avait compris l’implication des Zabini et hier soir, il lui avait été impossible de fermer l’œil.

Parce qu’elle mourrait de peur Charlie.
Parce qu’elle n’était pas sûre que ce qu’elle comptait faire était une bonne idée.
Parce qu’elle avait peur d’avoir, encore une fois, le cœur brisé.

Alors, elle hésitait encore. Elle restait là, sur la côte anglaise quelque part en Angleterre à regarder le vide. Elle s’était prise la pluie quelques instants plus tôt et était trempée mais ce froid-là ne semblait pas la saisir immédiatement. En réalité, le froid qu’elle ressentait était celui que son cœur avait engréné pour ne pas saigner. C’était la politique de l’autruche comme elle aimait si bien l’appeler. Une politique qui lui permettait cependant d’avoir du recul sur les choses.

Sauf que ses sentiments, son cœur, ses émotions étaient beaucoup trop impliquées dans l’affaire.
Alors elle paniquait intérieurement.

Elle sentait Voltaire s’agiter lui aussi. Elle le sentait énervé, en colère contre celle qu’ils étaient censés rencontrer. Elle le sentait aux aguets aussi parce que lui comme elle savait qu’aller à la Cabane Hurlante était loin d’être judicieux. Mais ils n’avaient pas le choix s’ils souhaitaient voir Jaine Zabini pour lui demander des explications.

« Il faut qu’on y aller Voltaire. » dit-elle dans un soupire.
« D’accord. » lui répondit-il les dents serrées.

Elle attendit qu’il fut accroché à la freluche de son vêtement auquel il avait l’habitude de s’accrocher sous sa forme d’écureuil et en un crac sonore elle transplana. Malheureusement son atterrissage ne se passage pas comme prévu et n’ayant pas anticipé les changements de la nature, elle se prit une branche dans la tête. Se massant le visage, elle se décala de la branche pour finalement voir l’austère cabane se dresser devant elle. S’assurant qu’il n’y avait personne et voyant le ciel s’assombrir, Charlotte tenta alors de jeter un lumos avec sa baguette. Rien ne se produisit cependant.

« Mais enfin c’est pas possible ! Cette baguette n’est même pas capable de jeter un sortilège basique correctement ! » s’exclama-t-elle avant de se taire subitement, se rappelant qu’elle n’était pas dans un endroit sûr pour laisser éclater sa colère.

Se décidant à bouger, elle se mélangea les pieds et trébucha en évitant d’écraser un écureuil gris qui passait par là. Confuse, elle s’exclama, persuadée qu’il s’agissait de son patronus :

« Voltaire… Fait attention… »
« Charlie, je suis toujours sur toi, ce n’était qu’un écureuil lambda. » répondit calmement Voltaire et Charlotte de Breteuil sentit le rouge lui monter aux joues. Elle n’était décidément pas dans son assiette.

Se relevant, elle finit par se diriger, rapide et agile vers la cabane hurlante. Cependant, sur le chemin, elle eut comme la sensation d’être observée. Sentant un frisson la parcourir, elle se dépêcha de rentrer dans la cabane Hurlante persuadée d’être suivie avant de se rendre compte qu’il s’agissait simplement de son ombre. Le cœur battant, elle eut envie de se mettre à pleurer lorsqu’une fois à l’abris, elle se rendit compte de son erreur. S’asseyant un instant sur le sol poussiéreux de la cabane qui à une époque qui lui sembla lointaine avait été transformé en discothèque, elle tenta de réprimer un sanglot.

« Charlie, sshh ça va aller. Calme-toi. » tenta de la réconforter Voltaire.

Après quelques instants à tenter de reprendre ses esprits, Charlie finit par se relever et décida d’attendre ici son rendez-vous. Elle espérait que personne ne viendrait la débusquer ici.  Elle espérait aussi que Jaine viendrait.

L’attente ne faisait pourtant que de commencer.

La sorcière restait là, à observer les lieux, à tenter de ce souvenir des moments qu’elle avait pu passer ici. Avec Klaus. Avec sa mère aussi qu’elle avait habillée et coiffée pour le dernier bal masqué. Une boule de tristesse se forma alors au creu de son ventre mais Charlie n’y songea bientôt plus : quelqu’un venait de rentrer dans la cabane hurlante. Sur le qui-vive, la blonde avait sorti sa baguette. Le cœur battant, elle attendit un bruit, une indication que ce soit bien Jaine.

Et elle entendit le son de sa voix.

Son cœur ratta un battement, elle baissa sa baguette et apparut doucement dans le champ de vision de la Zabini.

Son cœur se mit à battre plus fort.

L’émotion la saisit alors qu’elle observait la belle jeune fille qui lui faisait face.

« Charlie »

Sa voix était réelle. Elle était réelle. Elle était là, en chair et en os. Elle était là, bel et bien vivante et apparemment en bonne santé.

« Qu’est-ce qu’ils t’on fait ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu as l’air... »
« Morte ? » s’entendit-elle rire avec un rire jaune.

Elle était consciente qu’il s’agissait autant d’un choc pour Jaine que pour elle-même. Le contraste était saisissant : Jaine semblait en bonne santé et plutôt en forme avec des vêtements à sa taille quoique un peu crasseux. Elle, Charlie était aimaigrie, fatiguée, le teint terne et des vêtements qui n’étaient pas les siens et qui ne lui allaient pas. Bien loin du standing qu’elle était habituée à montrer. Bien loin de la Charlie qu’elle avait connue et son ironie était encore plus saisissant elle qui, d’habitude faisait preuve de tact.

Elle la voit s’approcher mais elle, elle ne bouge pas. Jaine semble ne pas vouloir l’effrayer. Jaine, toujours fidèle à elle-même, toujours douce et bienveillante semblait avoir à faire à un animal blessé et apeuré. Et c’était exactement ce que ressentait en cet instant Charlotte de Breteuil.

« Excuse-moi, je voulais pas commencer par te poser des questions. Ce serait déplacé de ma part. »
« Ce n’est pas grave. Je sais que… j’ai changé. » répondit-elle simplement mais d’une voix quelque peu détachée.

A vrai dire, elle ne se sentait pas bien en la présence de Jaine. Elle sentait se malaise. Elle sentait cette bile qui remontait le long de son estomac. Elle sentait qu’elle recommençait à se mettre à trembler. Elle se sentait hostile envers Jaine et avec raison.

« Tu ne t’es pas fait suivre ? Tu as bien fait attention ? » lui demanda-t-elle, évitant de répondre à ses questions. Aucune chaleur ne traversait son regard ou son expression. En réalité, elle mourrait d’envie de fondre en larmes. Mais intérieurement, elle mourrait d’envie de prendre Jaine dans ses bras et de s’y sentir en sécurité.





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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Invité, Mar 23 Mai - 22:59 (#)

i know as the night goes on, you might end up with someone. so why do i bite my tongue ? oh, i wanna know ya. i'm lookin' around the room. – Balafrée. Partout. Des balafres jonchent sur le visage de Charlie de Breteuil. Sur le corps de Charlie. Jusqu’au bout des ongles. Jusqu’au dernier fil de ses vêtements abimés. Elle est méconnaissable. La Charlie que la basanée eu connu dans le passé ne semble plus faire partie de ce monde. Celui-ci, celui des mortels. La Charlie, celle qui rayonne comme un soleil, nous a quitté, laissant derrière elle ce corps meurtri, macabre et blessé sous des multiples tortures. Jaine n’en revient toujours pas. Jaine ne s’y fait pas. C’est bien trop difficile à voir. Difficile à encaisser.

« Morte ? »

Un rire jaune s’échappe de sa bouche.
Mais Jaine ne rit pas.
Elle n’a pas envie de rire. Elle n’a plus envie.

Ses iris divaguent et se posent en direction du sol. Il est dur de trouver ses mots. Surtout dans ces moments particuliers. Ceux qui n’ont rien à voir avec des retrouvailles tant attendues et aimées. Il est dur d’engager la conversation, sans avoir crainte des réactions. Sans se prendre la foudre. Il est dur de regarder dans les yeux de la personne et d’essayer de se convaincre le contraire. De se dire que, non, nous ne sommes pas coupables. De se dire que nous ne l’avons pas défendue, que nous n’avons pas cherché à la protéger, mais qu’après tout nous n’y sommes pour rien. Ce n’est pas nous. Ce sont eux, les coupables. Les scélérats. C’est de leur unique faute.

Et, pourtant, c’est faux. Faux. Le mot fait écho dans le crâne de la jeune fille. Elle se sent coupable. Elle se sent coupable de ça, de ne pas avoir su anticiper la chose. Coupable d’être la fille d’un homme partageant les mêmes idéaux que les méchants. Mais ça, Jaine ne le dit pas. Jaine le garde pour elle. Elle ne veut pas raviver la flamme alors qu’elle vient tout juste de s’affaiblir avec les dernières nouvelles du gouvernement. Ou grâce, au gouvernement. Peu importe, Zabini s’est débarrassée de ses bourreaux.

« Ce n’est pas grave. Je sais que... j’ai changé. Tu ne t’es pas suivre ? Tu as bien fait attention ? »

Elle ferait attention à n’importe quoi pour toi, Charlotte.

Personne ne s’est décidé à la suivre. Mis à part, peut-être, l’animal débusqué de son terrier tantôt et qui doit certainement être encore en train d’ondoyer la forêt, paniqué. Jaine répond seulement de la tête. Une réponse négative. Elle est sûre d’elle. Sûre de son geste. Par précaution, elle jette un coup d’œil en direction d’une fenêtre. Un carreau est brisé.

« J’ai bien fait attention, » lâche-t-elle en se tournant vers son amie.

Jaine se racle la gorge. Enfin, elle se met à bouger. Sa baguette se range à moitié dans son pantalon. Une main dépoussière les freluches de son pull encore imbibés. Le mal de tête causé par la discothèque précédente semble s’apaiser. Et l’odeur du pétrichor a fini par habituer son nez.

« Est-ce que... tu en sais un peu plus sur le complot envers les né-moldus par le gouvernement ? »

Est-ce quelqu’un possède une réponse à tous ces mystères, déjà ? Est-ce quelqu’un est derrière tout ça ? Est-ce que, encore une fois, sa famille peut être l’objet de cette révolution ? Tant de question, pour si peu de réponse. Jaine sait que sa question n’est pas la mieux placée. Encore moins à l’égard de Charlie. Mais Charlie a plus de réponse qu’elle. Charlie sait des choses que les autres ne savent pas. Elle est la seule personne de son entourage que la serdaigle a pu voir et communiqué. La seule. Et elle en a besoin. Elle a besoin de percer les énigmes.


Dernière édition par K. Jaine Zabini le Dim 4 Juin - 18:47, édité 1 fois
Charlie de Breteuil
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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Charlie de Breteuil, Ven 2 Juin - 10:50 (#)
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C’était vrai, la Charlie que Jaine Zabini avait connue était morte et remorte, enterrée au Complexe, son corps sous enterré sous une taumuche. Son corps pourrissant de l’intérieur par la peur, par la paranoïa. Par tout ce qui faisait qu’elle en était là aujourd’hui. A moitié vivante. A moitié morte. Une morte vivante au cœur brisé notamment parce celle qui lui faisait face qui était suffisamment à l’abris de tout ça pour se tresser les cheveux avec un tressoir d’or. Elle, la Zabini qui l’avait probablement trahie dans le processus. Elle qui pensait qu’elle pourrait continuer pour toujours à vivre paisiblement au bras de sa chère amie. Cette chère et tendre amie qui pourtant, indirectement, la tuait un peu plus.

« Tu sais, « pour toujours », c’est un temps très très long. Et le temps a une façon bien à lui de changer les choses... » s’entendit-elle penser, se rappelant cette phrase d’un film moldu dont elle avait oublié le nom.

Tout devenait tellement ironique. Tout devenait affreusement bizarre. L’ennemi se transformait parfois en ami. La chère et tendre amie devenait son bourreau. Et dans tout ça, Charlotte de Breteuil avançait le cœur meurtrie se répétant sans cesse cette phrase : « [/b]Ce qui compte c’est pas le nombre de coups que tu peux donner, mais c’est le nombre que tu peux encaisser et continuer à avancer.[/b] » sortie d’un gâte-papier de plus. Phrase pourtant qui avait un écho tout particulier chez elle en cet instant.

« J’ai bien fait attention, » lui confirma Jaine.

Cependant Charlie restait sur ses gardes, ne sachant pas si elle devait faire confiance à Jaine. Perdue, encore et toujours. Perdue dans ce malaise qui se faisait de plus en plus grand que ce soit pour elle-même ou pour la Serdaigle. Elles semblaient en perdre toutes les deux leur sémantique. Dans d’autres circonstances, leurs retrouvailles auraient pu être joyeuses, avec des larmes de joies, des sourires, leurs mains qui se touchaient comme avant de part ce côté tactile qui leur était si chère à toutes les deux, des papillons dans le ventre, le bonheur au creux de leur cœur.

Il n’en était rien.
Il n’en serait jamais ainsi.

« Est-ce que... tu en sais un peu plus sur le complot envers les né-moldus par le gouvernement ? »

Elle se sent se raidir. Elle sent ses poings se fermer. Elle se sent presque immédiatement dans la défensive, le cœur un peu plus lacéré par cette phrase qu’elle pensait pourtant surréaliste. Pensait-elle réellement ce qu’elle venait de dire ? Avait-elle si facilement retourné sa veste ? Ou jouait-elle à un jeu ? Elle sentait Voltaire qui tentait de l’apaiser intérieurement. Elle sentait le volatile se rapprocher d’elle, refusant de s’approcher du fennec des sables alors qu’autrefois, changeant de forme, il l’aurait probablement fait.

« Parce que tu crois vraiment toutes ces débilités que peut écrire le gouvernement Jaine ? »

Sa voix tremblait de colère. Sa voix tremblait de peine.

« Ou alors joues-tu ton rôle jusqu’au bout alors que tu sais parfaitement ce qui se passe ? »

Elle ne quitta pas la Serdaigle des yeux, restant où elle était, baguette toujours à la main et le visage soudaine remplis de tristesse et de colère. Elle ne se cachait pas devant Jaine. Elle ne l’avait en réalité jamais fait car elle s’était toujours reconnue en elle.

Tu es sûrement morte, parce que je ne sais plus ce que je ressens. pensa-t-elle à l’égard de Jaine. Son cœur s’éteignant un peu plus à l’évocation de cette énième phrase de film.

« Que les nés-moldus n’ont strictement rien à avoir là-dedans. » reprit-elle finalement, prenant son temps pour marquer chacune de ses phrases, pour ne pas la quitter des yeux. « Qu’au contraire, ils sont des victimes comme j’ai pu l’être et que je le suis encore. »

Son cœur battait plus vite et elle sentait un malaise la saisir. Elle avait envie d’hurler. Tout ceci n’était que mensonge. Tout ceci n’était que de la poudre aux yeux pour tenter de changer un monde qui se voulait diversifié et si beau à sa manière. Si hideux aussi comme elle en avait été le témoin si privilégier.

« Et que ta famille est impliquée dans tout ce qui se passe. De ces mensonges qu’on raconte… mais aussi de mon enlèvement et de ma torture pendant plus d’un mois. »

Les mots étaient tombés. Des mots qui faisaient atrocement mal. Des mots qui, évoqués à haute voix lui donnait envie de pleurer. Et les larmes, elle dut les retenir pour ne pas qu’elles dévalent ses joues creuses et blanches.

« Est-ce que tu joues un rôle Jaine ? Est-ce que tu savais ? Parce que si c’est le cas… Si c’est le cas…. »

Trop tard, les larmes dévalent ses joues et elle sent qu’elle ne s’arrêtera pas si tôt de pleurer. Elle sent son cœur se lacérer un peu plus et soudainement la vue de la Serdaigle lui devient insupportable. Sa présence est de trop, le fait même qu’elle respire semblait être une nuisance pour elle. Et soudainement, Jaine Zabini devenait un être hostile, une étrangère, une nuisible, une scélérate. Et soudainement, le cœur de Charlotte de Breteuil, autrefois si aimant, se remplissait de haine pour Jaine.





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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Invité, Dim 4 Juin - 21:51 (#)

i know as the night goes on, you might end up with someone. so why do i bite my tongue ? oh, i wanna know ya. i'm lookin' around the room. – La jeune fille l’a deviné, elle l’a anticipé. Elle le savait. Elle savait que sa question, qui n’a pourtant pas un fond méchant à son égard, allait tirer sur les nerfs de la De Breteuil. Il est clair que ce n’est pas la plus délicate. Ce n’est pas non plus le meilleur moment pour ça. Mais Jaine est maladroite. Elle l’a toujours été. Une caractéristique qui fait d’elle ce à quoi elle ressemble de nos jours. Elle ne fait pas attention, elle ne prend pas en compte les critères qui l’entourent. Et combien de fois s’est-elle fait taillader psychiquement pour moins que ça. Jaine a l’habitude. Peut-être pas assez, finalement.

Son cœur s’emballe.
Sa respiration se coupe.

Voyant le visage de son amie s’endurcir, la basanée frôle du bout de ses doigts sa baguette en bois d’acacia. Oui, elle a peur. Peur comme jamais. Peur comme si elle vient à se retrouver face à celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Il est dur pour elle de cacher sa peine, ses ressentis. Le fennec, de nature calme, vient à balancer ses oreilles en arrières. La queue s’installe entre ses pattes. Des jappements à moitié étouffés s’échappent. Ils ont peur. Une première depuis longtemps. Charlie garde son arme à la main. La colère peut nous faire faire n’importe quoi. Nous ne sommes jamais trop prudents. Même si Jaine sait que son amie ne serait pas capable de faire ça. Elle l’espère.

« Parce que tu crois vraiment toutes ces débilités que peut écrire le gouvernement Jaine ? Ou alors joues-tu un rôle jusqu’au bout alors que tu sais parfaitement ce qui se passe ? »

Charlie a la voix tremblante. Son être entier tremble. Il tremble de terreur, mais à la foi de rancœur. Les prunelles de la bleue et argent s’écarquillent. Sous ces mots, un sous-entendu en particulier ne se cache pas. Elle le connait, celui-ci. Ce n’est pas comme s’il fut inventé par un gâte-papier, prônant sa réticence envers ceux qui ne veulent pas ressembler aux autres. Jaine a longtemps craint que ce jour-là arrive. Que sa façon d’être, que ses mots, ses promesses ne deviennent que parole. Qu’un mensonge. Elle n’a pas hérité de la meilleure famille et elle le sait. Mais elle a fini par vivre avec, prouvant qu’ils ne sont pas tous pareils. Avec tout ce qui se passe, tout ce qu’elle endure, sa sémantique vient à se corrompre.

« Que les nés-moldus n’ont strictement rien à voir là-dedans. Qu’au contraire, ils sont des victimes comme j’ai pu l’être et que je le suis encore. »

Jaine a le cœur qui se serre, la gorge qui se noue. Elle vient à reculer d’un pas, gênée par le regard intensif de Charlie. La situation, pourtant partie d’une bonne intention, vire peu à peu au vinaigre. Et pour rien au monde la basanée n’oserait lever sa baguette en direction de la française. De celle pour qui son cœur répond.

« Charlie, calme-toi... je... »
Elle n’a pas le temps. Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase avant que la rouge et or reprenne de plus belle. Elle a besoin de s’exprimer, d’hurler, de pleurer. Jaine, impuissante face à ça, prête à se faufiler dans la première taumuche qu’elle croise.

« Et que ta famille est impliquée dans tout ce qui se passe. De ces mensonges qu’on raconte... mais aussi de mon enlèvement et de ma torture pendant plus d’un mois. Est-ce que tu joues un rôle Jaine ? Est-ce que tu savais ? Parce que si c’est le cas... Si c’est le cas... »

Ce ne sont pas les larmes de Charlie qui la blessent. Pas cette fois. Mais les mots. Cette accusation. Comment Jaine aurait-elle pu être au courant ? Comme Jaine aurait osé faire de son amie un macchabée ? C’en est trop. Trop pour elle, trop pour la fugitive.

« J’étais persuadée que tu ne viennes jamais à penser ça de moi... » Sa voix aussi tremble. « Comment est-ce que j’aurais pu être au courant, Charlie ? Sincèrement. Moi qui suis tout le temps à Poudlard, qui n’a pas de contact avec sa famille... »

Ses lèvres se pincent. Sa baguette s’extirpe de sa cachette, mais reste le long du corps de la sorcière. Le fennec se laisse emporter par la poussière, laissant sa forme de python regius. Le serpent siffle, à en glacer les échines. Leur lien bouillonne, tout comme leur esprit. Ils sortent du contrôle d’eux même. Ensemble.

« Tu es blessante, vraiment. C’était pour ça ce rendez-vous soudain ? Cette lettre sortie de nul part ? Pour que tu viennes me cracher dessus en me rappelant que je ne suis qu’une pauvre Zabini, victime de la nature que portent ses parents ? »

La famille reste la famille. Jaine est en devoir de les défendre, malgré les différends. Parfois c’est injuste. Parfois il vaut mieux se taire que de jouer l’avocat du diable. Mais il s’agit de son père, de sa mère. De ceux qui lui ont permis de connaître le monde magique et d’y grandir. Une seconde fois, la jeune fille se retrouve le cul entre deux chaises. Elle sort la lettre d’une de ses poches avant de la tendre à Charlie.

« Tu me déçois... »
Charlie de Breteuil
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par Charlie de Breteuil, Mar 13 Juin - 11:38 (#)
Some flames burn so bright that nothing can ever stop them
EXORDIUM.
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Les larmes devenaient incontrôlables aussi bien que son cœur, brisé par cette révélation. Elle n’agissait plus raisonnablement car Jaine Zabini comptait et avait toujours compté. C’était une trahison à ses yeux, une trahison qui lui brisait le cœur bien plus qu’elle ne l’aurait jamais pensé. Malgré la distance, malgré tout ce qui s’était passé, Jaine Zabini la touchait en plein cœur et jamais Charlotte de Breteuil ne remettait en question la participation des Zabini dans son kidnapping et ses mois de torture.

Elle savait ce qu’elle avait vu.
Elle savait ce qu’elle avait expérimenté.

Et savoir qu’un Zabini avait pu la torturer ou participer de près ou de loin à cette ignominie, c’était comme si Jaine, elle-même l’avait fait. Alors, il n’y avait plus aucune confiance, plus aucune douceur sur son visage.

Elle n’était plus que vulnérabilité.
Elle n’était plus que tristesse.

Elle n’était plus qu’un électron libre, destructeur et électrisant sous les émotions qui s’emboitaient et se désassemblaient dans son crâne. Pour la première fois depuis qu’elle était sortie du Complexe, Charlotte de Breteuil n’arrivait pas à faire la part des choses entre ce qui devait être dit, diplomatiquement et ce qu’elle avait sur le cœur. Elle avait tellement mis de barrière pour tenter d’agir le plus raisonnablement possible et la simple présence de Jaine faisait voler en éclat tout ce qu’elle avait tenté de faire pour ne pas craquer.

« Charlie, calme-toi... je... »

Elle avait raison, elle devait se calmer. Elle avait raison, elle devait respirer un bon coup, fermer les yeux, se concentrer pour essayer de démêler le vrai du faux, pour savoir si elle pouvait faire confiance à sa chère et tendre amie. Un instant, elle essaya de superposer ses souvenirs avec Jaine et ce qu’elle pensait réellement de Jaine actuellement. Elle essayait de superposer ces heures à rire et à s’amuser, le regard malicieux, l’air tendre et doux et ce visage qui revenait sans cesse. Ce visage si familier vu qu’il était parent à celui de Jaine. Ce visage neutre, froid qui l’avait torturé dans le moindre remord, sans la moindre empathie et compassion.

Et son cœur se brisa de nouveau.
Et les larmes continuèrent de couler sur ses joues.

La présence de Voltaire se voulait rassurante, mais lui-même, profondément silencieux semblait être tendu. Leur rencontre ou leurs retrouvailles n’auraient jamais dû se passer de la sorte. La tension dans laquelle la pièce était plongée, probablement parce que Charlie donnait l’air qu’elle était plus instable et à fleur de peau qu’à l’accoutumé semblait déteindre sur Jaine. Elle la vit se raidir et baguette à la main. Elle vit son visage s’assombrir alors qu’elle avait fini de parler et aussitôt, la réplique fusa :

« J’étais persuadée que tu ne viennes jamais à penser ça de moi... »

La voix est tremblante. L’incompréhension du côté de Jaine est entière.

« Comment est-ce que j’aurais pu être au courant, Charlie ? Sincèrement. Moi qui suis tout le temps à Poudlard, qui n’a pas de contact avec sa famille... »

Elle n’en savait rien. Il y avait un tas de façon d’être au courant de ce genre de choses. Les Disciples n’existaient que depuis certes, pas très longtemps mais tout ce qui avait été mis en place pour kidnapper et torturer ne sortait pas de nulle part. Tout avait été planifié, méticuleusement planifié et cela semblait particulièrement dingue que Jaine Zabini ne soit au courant de rien alors qu’un membre de sa famille (et qui sait, peut-être plusieurs même ?) était pourtant un des acteurs principaux dans cette histoire.

« Tu es blessante, vraiment. C’était pour ça ce rendez-vous soudain ? Cette lettre sortie de nul part ? Pour que tu viennes me cracher dessus en me rappelant que je ne suis qu’une pauvre Zabini, victime de la nature que portent ses parents ? »

Evidemment, Charlie comprenait parfaitement la réaction de Jaine. La famille. Un grand sujet qui avait fait coulé beaucoup de discussion entre elles. Un sujet qui revenait souvent et qui avait, dans ce contexte actuel, une importance capitale. Les gens étaient jugés par leur nom, elle-même en avait été la preuve en se faisant enfermer et torturer. Jaine n’y échappait pas. Jaine devait sûrement penser que, dans son discours désarticulé et presque incohérent, elle la jugeait. C’était à la fois vrai et faux. En réalité, Charlie ne savait pas quoi penser de tout ça. Elle était plus que jamais perdue.

« Tu me déçois... »

Elle ne saisit pas la lettre mais sa baguette se baisse bien qu’elle la possède toujours à la main. Les mots la frappent en pleine figure et elle reste quelques instants à dévisager Jaine, se demandant comment en étaient-elles arrivées là. Les larmes de Charlie s’étaient quelque peu tari. Jaine ne la croyait pas. Jaine ne supportait pas les accusations qu’elle pouvait faire sur sa famille et sur elle.

« Tu aurais probablement fait pareil si ça avait été le cas inverse. » souffla Voltaire qui tentait probablement de la raisonner pour ne pas qu’elle craque totalement.

Charlie essaya alors de reprendre le contrôle d’elle-même et elle respira plus profondément, tentant, un instant, d’oublier la présence de Jaine et tout ce que cette présence pouvait bien signifier. Puis, finalement, après un silence qui semblait s’éterniser, elle finit par ouvrir le sac qu’elle avait pris avec elle et en sortir un journal. Elle le tendit à Jaine, montrant par la même occasion le visage d’un des membres de sa famille avant d’expliquer :

« Parce que je t’ai déjà menti ? Dis-moi, Jaine, quand est-ce que je t’ai déjà menti ? »

Elle avait planté son regard dans le sien. Puis, elle reprit :

« J’ai été torturée pendant plus d’un mois parce un membre de ta famille Jaine. Un mois sans voir la lumière du jour. Un mois à hurler alors qu’on tuait encore et encore Voltaire. Un mois à voir ce visage encore et encore. »

Elle sentit son cœur s’accélérer à l’évocation de ces pénibles souvenirs. Elle sentait qu’elle allait repartir dans une crise de larme et tenta de se maîtriser, la voix tremblante et remplie de larmes :

« Alors qu’est-ce que je suis censée penser Jaine ? Tu peux continuer de nier les faits, tu peux penser que je suis une menteuse, et si c’est vraiment ce que tu penses de moi… » Elle s’arrête se mit à rire jaune en secouant la tête avant de reprendre sans terminer sa phrase : « Au final, ce n’est que ma parole contre la sienne. Mais tu sais aussi bien que moi que je n’ai pas disparue volontairement. Tu sais aussi pour qui ta famille penche et qu’il y a une chance qu’ils soient mêlées à tout ça. »

Elle s’arrête, l’observant. Elles étaient toutes les deux blessées, elles étaient toutes les deux à vif avec cette histoire et quelque part, peut être par égoïsme, Charlie voulait que Jaine soit autant blessé qu’elle avait pu l’être en découvrant le visage du Zabini, en mettant un nom sur ce visage qu’elle avait côtoyé pendant plus d’un mois.

« Je ne sais plus quoi penser Jaine. Je ne sais plus… ce qui est vrai, ce qui est faux… si je dois te faire confiance ou pas… »

Sa respiration se fait difficile et sa voix se brise avant qu’elle n’achève :

« … Si je te connais réellement… »

Et elle se mord la lèvre, s’empêchant ainsi de pleurer de nouveau.




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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Invité, Ven 4 Aoû - 20:41 (#)

i know as the night goes on, you might end up with someone. so why do i bite my tongue ? oh, i wanna know ya. i'm lookin' around the room. – Jaine Zabini cligne subtilement des yeux encore embrumés par les émotions. L’angoisse, la peur. La trahison. Cependant elle ne baisse pas la garde de son bras, aussi tendu qu’un arc. La lettre valse sur le bout des doigts. Cette même lettre qui a tant joué d’elle. Qui a su faire basculer la joie à une tristesse impardonnable. Cette même lettre qu’elle a soigneusement gardé pendant des jours, des mois, à l’abri de toute curiosité mal placée. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce qu’elle perde de son importance. Jusqu’à ce qu’elle valle une poignée de larmes. La lettre t’est rendue, Charlie. Et malgré la réaction inexistante de la lionne rouge et or, Jaine continue de lui tendre ce parchemin. Ce fichu parchemin.

Il ne s’agit maintenant plus d’une amitié brisée.
Mais d’un amour écorché vif.
D’un visage effacé, inconnu face à elle.

Puis la blonde extrait un vieux journal de son sac. Quelques pigments ancrés semblent effacés. L’effluve du vieux papier lui chatouille les narines. L’image floue d’un sorcier s’anime. Charlie le lui tend, à son tour. Mais la basanée n’en veut pas. Elle n’en n’a jamais voulu, terrifiée à l’idée de ce qu’elle pourrait découvrir à l’intérieur. Et, de toute façon, Jaine est au courant. Au courant que sa famille n’a pas été bénie par les plus grands sorciers appréciés. Que sa famille ne mérite pas des applaudissements, et qu’elle non plus par conséquent. Qu’elle ne mérite probablement la confiance de personne. Qu’elle devrait peut-être se mettre à obéir, à écouter un peu plus son père et d’hériter de la marque des Ténèbres à son tour. Mais ces accusations se portent sur ce qu’elle tient le plus au monde, sa famille. Sur ses parents. Sur ses sœurs et son frère, Oshane. Son allié depuis toujours et combien savent à quel point elle l’aime. À quel point Jaine pourrait se sacrifier pour lui. Il compte énormément. Plus que Charlie, dorénavant.

« Parce que je t’ai déjà menti ? Dis-moi, Jaine, quand est-ce que je t’ai déjà menti ? J’ai été torturée pendant plus d’un mois par un membre de ta famille Jaine. Un mois sans voir la lumière du jour. Un mois à hurler alors qu’on tuait encore et encore Voltaire. Un mois à voir ce visage encore et encore. »

Pour une jeune fille de nature calme et douce, elle sent ses muscles se raidir. Son visage se décomposer. Le moteur de son corps flanché, dégageant de fortes douleurs. La bleue et argent n’a plus d’excuse, certes. Et pourtant elle refuse d’y croire. Elle refuse de s’imaginer un avenir loin de sa famille ou, pire encore, un avenir beaucoup trop proche d’eux. Sans aucune échappatoire.

Son cœur se serre un peu plus.
Sa respiration devient irrégulière.

« Alors qu’est-ce je suis censée penser Jaine ? Tu peux continuer de nier les faits, tu peux penser que je suis une menteuse, et si c’est vraiment ce que tu penses de moi... Au final, ce n’est que ma parole contre la sienne. Mais tu sais aussi bien que moi que je n’ai pas disparue volontairement. Tu sais aussi pour qui ta famille penche et qu’il y a une chance qu’ils soient mêlés à tout ça. »

Le rire jaune fait écho entre les murs de bois. Il fait écho à l’intérieur du crâne de la dernière des Zabini. Il a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Prise de court, envahit par la panique et la corruption, elle n’attend pas que Charlie reprenne sa respiration après ses mots.

« Ferme-la ! »
Le python s’agite à nouveau, au même rythme que sa sorcière. La lettre en forme de boule tombe au sol. Déchirée, broyée par les doigts frêles.

« Je ne sais plus quoi penser Jaine. Je ne sais plus... ce qui est vrai, ce qui est faux... si je dois te faire confiance ou pas... si je te connais réellement... »

En réalité, elle ne le sait pas non plus. Elle ne sait plus. Elle ne veut plus chercher à se battre contre les faits. Elle s’expliquera devant la cour au ministère, défendant la chose qui l’aime et qui la malmène à la foi.

« Ferme-la Charlie... » se laisse-t-elle susurrer. « Je veux plus savoir. Je veux plus rien entendre... Je... »

Jaine glisse ses mains sur le haut de la tête. Désemparée. Bousculée. Perdue. Elle ne sait pas trop comment définir la sensation, l’émotion qui l’habite actuellement. Elle passe outre les larmes de son amie, lui tournant le dos à faire les cent pas.

Puis elle se reprend un minimum.

« Écoute... tu penses ce que tu veux. J’arrive à un point où je me fiche de tout, où je me fiche de la gueule de tout le monde. J’ignore quoi te dire de plus... Un désolé ? Ça ne suffit pas. Mes mots ne te suffisent plus. Je ne sais pas, Charlie... »

Elle avale une grande bouffée d’air.
« Je pense que je devrais y aller... Je suis désolée que ça se termine ainsi... »

Son regard dévisage à plusieurs reprises le minois de la résistante. Jaine n’ose plus la regarder droit dans les yeux. Elle n’a plus cette force, ce courage.
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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Charlie de Breteuil, Jeu 24 Aoû - 15:26 (#)
Le parchemin qu’elle avait écrit tombe au sol au même moment où son cœur à elle se brise.

Comment en sont-elles arrivées là ?
Qui a fauté ?
Qui a fait le faux pas ?
Etait-ce elle qui avait agis sur une impulsion, cherchant à démêler la vérité du reste ?
Ou était-ce Jaine qui refusait de la croire après tout ce qu’elles avaient vécu ?

Elle se rendait compte que c’était probablement de leur faute à toutes les deux et, en cet instant, elle se rendait compte qu’elles ne pouvaient plus revenir en arrière.

Quelque chose entre elles était brisé, définitivement et irrémédiablement et Charlie se demandait pourquoi cette situation la touchait autant.

Peut-être parce que, si ça avait été quelqu’un d’autre, si elles n’étaient pas elles, n’avaient pas passés des heures ensemble à parler, à s’aimer à leur manière, peut-être que ça n’aurait eu aucune espèce d’importance.

Mais c’était Jaine.
C’était Jaine dont il s’agissait et malgré le fait qu’elle soit totalement perdue, en colère et terriblement déraisonnable, Charlotte ne pouvait pas être insensible à la situation.

Alors les larmes coulaient.
Alors son cœur se brisait.
Même si elle ne comprenait pas que ça n’avait pas la même portée que pour Jaine.

« Ferme-la ! »

Elle sursaute, surprise et interdite. Il est loin le temps où elles se parlaient calmement. Ce visage qu’elle a en face d’elle est dans le déni, refusant de regarder la réalité en face, se voilant la face aussi lâchement. Jaine, après tout, n’était pas une Gryffondor. Jaine aimait sa famille et trouverait tous les prétextes du monde pour les défendre.

Quitte à ne pas la croire à elle.
Quitte à la rayer de sa vie.

Et Charlie avait cette conviction que c’était exactement ce qui était en train de se passer. Et cette vérité lui faisait atrocement mal.

Mais prise soudain d’une certaine colère à l’égard de l’aveuglement volontaire de Jaine, elle continue quand même. Si Jaine ne voulait pas faire d’effort, elle non plus n’en ferait pas. Pourtant, malgré les larmes, malgré sa peine et sa colère, les mots qui sortent de sa bouche sont conciliants, presque trop doux. Un rappel qu’à une époque, elle aurait probablement calmé la situation à sa manière.

« Ferme-la Charlie... Je veux plus savoir. Je veux plus rien entendre... Je... »

Non, bien sûr qu’elle ne voulait pas savoir. Parce que c’était trop dur hein. Parce que ça lui faisait trop mal. Pourtant en cet instant, Charlie l’enviait. Si elle avait eu simplement à affronter cette vérité là, elle aurait été totalement différente aujourd’hui.

Le monde aurait été différent.
Les rôles inversés probablement.

Mais elle l’enviait terriblement et elle constatait que sa réaction, le fait qu’elle commence à s’énerver ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle se rendait même compte qu’au final, elle n’en éprouvait aucun remord, comme-si le fait de se retrouver dans cette situation actuelle faisait qu’elle avait envie que le monde entier paie. Même Jaine, sa tendre Jaine.

Jaine semble perdue, bouleversée.
Jaine est perdue, bouleversée.

Tout comme elle, d’ailleurs.

Mais Charlie ne dit rien, attend, attend de voir ce que Jaine va lui dire, intimement convaincue que celle-ci continuerait de ne pas vouloir entendre cette vérité et poutant, ayant cet espoir que Jaine s’adoucisse.

« Écoute... tu penses ce que tu veux. J’arrive à un point où je me fiche de tout, où je me fiche de la gueule de tout le monde. J’ignore quoi te dire de plus... Un désolé ? Ça ne suffit pas. Mes mots ne te suffisent plus. Je ne sais pas, Charlie... »

Elle avait raison. Aucune parole de réconfort ne suffirait. Aucun geste doux et agréable. Rien ne pouvait être réparé, le mal était déjà fait. Il n’y avait plus rien à faire si ce n’est attendre que la colère et la tristesse ne passe.

«  Je pense que je devrais y aller... Je suis désolée que ça se termine ainsi... »

Elle a cette impression qu’une douche froide la saisit et son visage se décompose. Jaine n’ose même plus la regarder dans les yeux, comme si elle n’assumait pas. Comme si elle avait trop honte de leurs deux réactions.

Charlie serre les points.
Charlie sent qu’elle s’énerve.

« Charlie, calme-toi tu… » tente de la calmer Voltaire.

Elle ne l’écoute pas, elle ne l’écoute plus. Il n’y a que cette colère face à cette lâcheté la plus totale.

« Dis-le moi en me regardant en face Jaine. Arrête de faire ta lâche parce que la vérité est trop dure à entendre ou même à dire. »

Elle n’est pas sûre que ce qu’elle dit est une bonne chose. Ce qu’elle sait en revanche c’est qu’elle en a marre de l’attitude de son amie. Ou ex-amie. Peu importait.

« Assume Jaine et dis-le moi en me regardant dans les yeux tout comme je t’ai dis que ta famille, que tu veuillez l’entendre ou pas, est responsable de ce qui m’est arrivée. »

Elle se rend compte qu’elle serre le journal fort entre ses doigts et qu’elle tremble de colère. Elle ne supporte plus ce genre de comportement. Parce qu’il n’y a plus de raison de se voiler la face.

Elle jette le journal aux pieds de Jaine pour qu’elle voit le visage du membre de sa famille. Elle veut qu’elle sache, elle veut qu’elle voit et qu’elle culpabilise pour son comportement.

C’était injuste de sa part.
Mais c’était la raison pour laquelle Charlie était venue après tout.

« Regarde-le bien et redis-moi ça en face une bonne fois pour toute. Je ne te poserais plus de problèmes. On pourra dire que, comme ton oncle ou qui sais-je le voulais, je n’aurais jamais existé de ta vie. »

Et elle attend.
Elle attend.
La regarde dans les yeux.
Et elle attend.




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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Invité, Lun 4 Sep - 21:55 (#)

i know as the night goes on, you might end up with someone. so why do i bite my tongue ? oh, i wanna know ya. i'm lookin' around the room. – La culpabilité submerge son être tout entier. Ce sentiment, cette blessure, plus d’une fois l’adolescente l’a ressenti. Jaine a honte. Elle a trop honte, comme le pense Charlie. Trop honte de ce qu’elle est, de ce qu’elle devient, de ce qu’elle sera. Elle a peur d’être à nouveau sous l’emprise d’un filet du diable qui, sans remords, l’attirera jusqu’au fond du trou. Peur d’être à nouveau dans cette bulle imaginaire, d’être à nouveau isolée du monde réel. Peur d’être à nouveau pointée du doigt, d’être l’enfant cruel qu’on associe à une famille cruelle. Elle refuse. Elle ne veut pas, elle ne veut plus. Ça la rend faible. Cette force qui l’habitait autrefois semble, aujourd’hui, disparue. Comme si elle n’avait jamais été là. Comme si elle n’a jamais su tenir tête à quelqu’un. Son corps ne tient plus, menaçant de s’effondrer à n’importe quel moment.

Une main se pose sur le ventre tordu par l’angoisse. Bouffé par la terreur. Englouti par la stupéfaction. Les lèvres se pincent vaguement, jusqu’à même mordiller l’inférieure avec douceur. Mais le regard ne se redresse pas. Au contraire, il fixe un point mort sur le sol. Il devient vitreux, sans émotion. Sans espoir, sans cette petite flamme qui représente pourtant bien la jeune fille. Elle ne se sent pas bien et, si elle le pouvait en se laissant aller, elle vomirait sur le vieux planché craquelant. Les derniers mots prononcés sombrent dans un silence de plomb. Ni l’une, ni l’autre ne se remet à parler. Le visage de la lionne se décompose. Il se raidit et Jaine n’a pas besoin de le voir pour le savoir.

« Dis-le-moi en me regardant en face Jaine. Arrête de faire ta lâche parce que la vérité est trop dure à entendre ou même à dire, » termine-t-elle par siffler. Le visage de la sang-mêlée se durcit, ses yeux s’humidifient encore plus. « Assume Jaine et dis-le-moi en me regardant dans les yeux tout comme je t’ai dit que ta famille, que tu veuilles entendre ou pas, est responsable de ce qui m’est arrivée. »

Et Charlie a été courageuse.
Elle a été courageuse de l’avoir fait.
Elle a été courageuse d’avoir brisé les doutes, les vérités de son amie.

Tout vient à se perdre. On ne sait plus qui croire. On ne sait plus qui écouter. On ne sait plus en qui avoir confiance. Sauf que Jaine n’a plus une once de confiance envers la survivante du complexe. Elle qui, pourtant, aurait décroché la lune pour la voir rire et sourire. Elle qui aurait fait n’importe quoi, absolument n’importe quoi, pour continuer à lui plaire. Pour essayer de lui plaire. Jamais elle n’aurait mis les paroles de son amie en doute. Jamais elle n’a pensé à une embuscade, une trahison de sa part.  Et elle espérait la même chose de son amie. Elle espérait que sa parole ne soit jamais mise en doute. Elle espérait que la française vienne à la croire, ne serait-ce qu’un minimum. Elle espérait que Charlie sache qu’elle n’avait rien à voir là-dedans, qu’elle n’avait pas pris part aux enlèvements et que rien, rien de tout ça ne soit parvenu jusqu’à ses oreilles.

Mais il est trop tard.
Mais il est déjà trop tard.

Le journal est jeté aux pieds de la Zabini. Cette dernière passe une manche sous le nez, puis écarquille du mieux qu’elle peut ses iris. Une photo anime la première page. Une photo d’un visage connu pour elle. Connu dans sa famille du côté paternel. Les vérités sont là. Jaine ne peut nier les faits. Elle ne peut contester.

« Regarde-le bien et redis-moi ça en face une bonne fois pour toute. Je ne te poserais plus de problèmes. On pourra dire que, comme ton oncle ou qui sais-je le voulais, je n’aurais jamais existé de ta vie. »

Les lèvres se pincent encore plus. Quelques larmes fondent le long des joues pourpres. Puis elle relève le regard, affrontant celui de Charlie. Il se plante. Jaine va le faire. Jaine va lui dire, en face, yeux dans les yeux, pour la dernière fois.

« Je vais te dire deux choses en face et le plus sincèrement possible, » se laisse-t-elle dire, parfois hésitante entre deux mots. « La première, c’est que ma famille n’y est peut-être pas pour rien finalement... Mais je refuse de te voir m’accuser, moi. Ma personne. Je veux pas t’entendre dire que je suis coupable, que j’ai tout planifié et que j’ai pris un grand plaisir à te voir souffrir... Je n’en savais rien, Charlie. Je peux te le jurer... »

Elle peine à respirer.
Elle peine à trouver ses mots.
Elle peine à avaler sa salive.

La boule d’anxiété au fond de sa gorge grandit un peu plus, défiant les minutes qui passent. La chaleur enveloppe son corps qui ne supporte plus ce pull en laine. Il étouffe. Il est épuisé, brisé.

Puis la basanée hume à nouveau l’air frais.
« La deuxième, c’est que tu m’as terriblement manqué... Tu n’imagines pas la joie sur mon visage quand j’ai reçu cette fichue lettre. Je me suis tellement inquiétée pour toi... est-ce que tu comprends ? »

Jaine avance d’un pas, mais s’arrête. Elle a pourtant envie de prendre dans ses bras cette fille perdue. Elle en a envie, mais s’abstient. C’en serait trop pour elles.

« Juste parce que j’espère continuer à être gentille... » D’un geste fluide, elle retire ledit pull en laine. Son bras se tend, suspendant en équilibre le col du vêtement au bout de son doigt. Durant quelques secondes, il balance dans le vide avant de tomber au sol. Mais Jaine ne le ramasse pas. Elle n’a pas envie. Elle ne veut plus le voir, tout comme Charlie de Breteuil.

Tandis qu’elle recule en direction d’une porte, son regard ne fuit plus celui de la lionne.

« Juste parce que je t’ai aimé Charlie, que je continue à t’aimer et que j’ai été stupide de croire à beaucoup de choses. »
Charlie de Breteuil
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Message Re: some flames burn so bright that nothing can ever stop them – (jailie)
par Charlie de Breteuil, Mar 5 Sep - 16:33 (#)
La colère, elle ne peut pas l’éviter.
La colère est un subterfuge pour éviter de penser à la tristesse.
A ce cœur qui se brisait alors que son regard se posait sur Jaine.

La colère qu’elle ressentait était une facilité, indéniablement.

Pourtant, cette colère était un sentiment vrai, un sentiment profond. Un sentiment qui montrait son ras-le-bol et qui montrait qu’elle n’était plus d’accord avec la vision des choses de Jaine.

Jaine qui se mentait à elle-même.
Jaine qui n’osait pas assumer.
Jaine qui ne la regardait pas dans les yeux.

Mais avait-elle seulement envie de savoir ?
Avait-elle seulement envie que les mots soient dits et répétés ?

Au fond d’elle, elle avait cette peur qui lui bouffait les tripes. Elle ne voulait pas perdre de Jaine. Elle avait déjà perdu trop de monde. Elle avait déjà suffisamment souffert de la perte matérielle des autres pour perdre quelqu’un d’autre.

Mais elle décidait de faire un choix. Elle avait risqué sa vie et elle risquait sa vie pour venir ici. Elle était venue avec ses doutes parce que c’était ce que le gouvernement faisait : il faisait douter tout le monde, retournait des familles les unes contre les autres, entretuait des amants et détruisait des amitiés. Elle s’était jurée que ça n’arriverait pas.

Elle se rendait cependant compte que c’était inévitable parce que Jaine ne voulait pas ouvrir les yeux.
Parce qu’elle avait elle-même peur aussi que Jaine soit, d’une façon ou d’une autre liée à tout cela.

Alors quand les larmes de la jeune fille coulent sur ses joues couleur caramel, Charlie ne bouge pas, ne fait rien. D’habitude elle serait venue la serrer dans ses bras et aurait tentée de la consoler. D’habitude elle se serait excusée, peinée et triste aussi, et dans le fond, elle en mourrait d’envie mais…

Elle ne pouvait pas accepter que Jaine agisse de la sorte.
Elle ne pouvait pas accepter que Jaine soit lâche.

Elle avait besoin de sa force pour être forte.
Elle avait besoin de son courage pour être courageuse.
Elle avait besoin d’elle à ses côtés et non pas contre elle.

« Je vais te dire deux choses en face et le plus sincèrement possible. »
« Charlie, tu sais que tu ne veux pas entendre ça…[/i] » tenta d’intervenir Voltaire mais Jaine reprenait déjà :

« La première, c’est que ma famille n’y est peut-être pas pour rien finalement... Mais je refuse de te voir m’accuser, moi. Ma personne. Je veux pas t’entendre dire que je suis coupable, que j’ai tout planifié et que j’ai pris un grand plaisir à te voir souffrir... Je n’en savais rien, Charlie. Je peux te le jurer... »

Son cœur bat vite, elle sent qu’elle va fondre en larme. L’entendre de sa bouche, l’entendre vraiment et non pas cette explication de tout à l’heure, ce déni lui faisait chaud au cœur. Elle la croyait, inévitablement. Jaine n’avait aucune raison de mentir et l’entendre prononcer ces mots lui rappelait qu’elle avait été peut)être stupide de penser que Jaine soit mêlée à tout cela.

Mais Jaine continue :

« La deuxième, c’est que tu m’as terriblement manqué... Tu n’imagines pas la joie sur mon visage quand j’ai reçu cette fichue lettre. Je me suis tellement inquiétée pour toi... est-ce que tu comprends ? »

Les larmes tombent, dévalent ses joues.

Si elle savait à quel point ça avait été réciproque.
Si elle savait à quel point elle aussi s’était inquiétée, avait eu la peur au ventre de la voir débarquer au Complexe ou apprendre dans la rubrique nécrologie qu’elle n’était plus de ce monde.

Tout lui avait manqué chez Jaine et pourtant, malgré cela, elle était incapable de prononcer les mots et de faire de même.

Parce que tout était bloqué dans sa tête.
Parce que la Charlie d’avant n’était plus réellement là.

Le pull tombe par terre, négligé, comme un chiffon qu’on jetterait. Jaine ne prend même pas le temps de le ramasser… Et puis avant de passer le pas de la porte de la cabane hurlante, celle-ci achève, crevant le cœur de Charlie :

« Juste parce que je t’ai aimé Charlie, que je continue à t’aimer et que j’ai été stupide de croire à beaucoup de choses. »

Et elle fond en larmes, à la fois choquée et à bout alors que la porte se referme sur Jaine Zabini, peut-être pour toujours.




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She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
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