BELLUM PATRONUM


Version 28
Une nouvelle version a été installée sur le forum, accompagnée de son lot de nouveautés.
Vous pouvez la commenter ici.
Limite des sang-purs
Les sang-pur au nom inventé sont limités aux familles d'origine étrangère.
Merci de vous rediriger vers les familles de la saga ou les familles de membres pour le reste.
équilibre des groupes
En créant votre personnage, merci de considérer jouer un élève de Poudlard, dont les nombres sont réduits.
Si vous préférez jouer un adulte, considérez jouer un mangemort, dont nous manquons également.

my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
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mischief managed
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Répartition : 07/09/2017
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Message my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Bonnie B. Boston, Jeu 7 Sep - 20:56 (#)
Bonnie Billie Bianca
Boston
ft. Katheryn Winnick
sang-mêlée déclarée depuis peu
44 ans
Célibataire
Bisxuelle assumée et revendiquée
Médicomage à Sainte-Mangouste
patronus
Ordre du Phénix
crédit images
À propos
Nom: Boston. C'est sans doute étonnant de connaître une personne possédant le nom d'une ville des Etats-Unis. Ca n'est absolument pas une blague comme beaucoup le pense lorsque Bonnie a le malheur de se présenter. Ce nom de famille a été donné à Bonnie le jour où on l'a retrouvée sur les marches d'un orphelinat de la ville portant le même nom. Lors du procès-verbal, il semblerait que l'une des femmes présente semblait avoir un certain humour douteux. Cependant, Billie ne s'est pas toujours appelée par son nom de famille de jeune fille. Mariée pendant près de dix ans à Earl Clifford, elle a donc aussi porté son nom. Mais suite au décès de celui-ci, elle a souhaité reprendre son nom de jeune fille. Elle aurait pu tout aussi bien porter le nom de Warren ou Harper si ses parents n’avaient pas décidé de l’abandonner à sa naissance. Pour Bonnie, féministe à ses heures perdues, ce n’est cependant pas une option. Quand bien même a-t-elle découvert ses racines, elle sait qu’elle ne prendra jamais le patronyme Warren pour la simple et bonne raison que le simple fait de porter son nom actuel rappelle à ses parents biologiques leur erreur. Elle est née Boston, elle le restera jusqu’à sa mort. Prénom: Bonnie Billie Bianca. Là encore, la femme qui a décidé de lui donner ces prénoms a aussi fait preuve de son humour douteux. Bonnie au fur et à mesure des années, s'est accommodée au fait de posséder une identité composée simplement de B. Bonnie, son premier prénom, se trouve faire référence au célèbre couple Bonnie & Clyde. Peu avant de trouver le nourrisson qu'était Bonnie, la maîtresse de l'orphelinat lisait un article les concernant et s'en est donc inspirée pour la petite. Vient ensuite le prénom Billie. Prénom masculin, elle l'a toujours préféré au premier bien qu’elle ait toujours aimé le côté sanglant de son premier prénom qui fait souvent écho à sa personnalité. Enfin arrive le doux prénom Bianca. Elle n'a su que récemment le pourquoi de ce prénom aux douces consonances. Il s'agissait en réalité du prénom qu'aurait donné la femme qui l’a baptisée si elle avait eu une fille. Preuve d'amour ? Bonnie n'en sait rien d’autant plus qu’elle a souvent causé des problèmes à l’orphelinat durant son enfance et son adolescence. Toujours est-il que cet enchaînement de B lui a souvent valut des moqueries et encore aujourd'hui, même malgré qu'elle soit depuis longtemps sortie de la cour de récréation, c'est sous le surnom moqueur de « BB » (à prononcer comme le mot bébé) que certains l'appellent. Certains, cependant, n’hésitent pas à l’appeler  B. pour aller plus vite et il n’est d’ailleurs pas rare que Bonnie signe ses lettres avec ce surnom caractéristique.
Âge et Date de Naissance: 44 ans, née le 1er janvier 1939. C'est dans la ville de Boston que Bonnie a vu le jour. Tout de suite après sa naissance c'est dans ce vent d'hiver glacial en ce début d'année qu'on a retrouvé le nourrisson dans l'un des orphelinats de la ville, abandonnée par des parents bien trop jeunes pour subir le fardeau qu'elle représentait. Nature du sang: C’est là où les choses se compliquent. Pendant plus de 43 ans, Bonnie Boston pensait que son sang n’avait rien de pur. En tant qu’orpheline, elle a vécu dans l’ignorance complet de ses véritables origines et était par défaut considérée comme née-moldue vu qu'on ne pouvait remonter dans son arbre généalogique.. Si elle s’en est accommodée avec le temps, finissant par se construire comme elle le souhaitait, elle a finalement appris il y a environ un an la vérité concernant son passé et ses parents. Tous deux américains et de sang-mêlé, cela en fait d’elle une sang-mêlée. Concrètement cette nouvelle n’a rien changé à la vision des choses de Bonnie toujours attachée au monde moldu (ou Non-Maj’ comme disent les américains) et se considérant toujours comme née-moldue. Etant une américaine qui se respecte, elle se fiche pas mal de cette question bien qu’elle soit souvent sujette à des remarques. Cependant, suite à son retour en Angleterre, Bonnie a dû mettre son statut de sang à jour pour éviter de perdre un travail qu'elle venait à peine d'avoir. Aujourd'hui, elle est plus ou moins à l'abris grâce à son sang mais pour elle, ceci n'a aucune importance.   Situation familiale: Orpheline serait la première chose qui pourrait la caractériser. Erreur de la nature dans le ventre de sa mère alors à peine âgée de 16 ans, Veronica Harper, sous la pression de ses parents conservateurs et pour lesquels un enfant hors mariage est une aberration, a abandonné sa fille à peine née devant un orphelinat en plein Boston. Son père, Hector Warren, 17 ans, n’a jamais récupéré sa fille pour les mêmes raisons que celle qu’il considérait comme la femme de sa vie. C’est donc dans les bras d’Anna Weston, directrice de l’orphelinat que le bébé s’est fait baptisée sous le prénom de Bonnie Billie Bianca Boston. Ainsi donc, Bonnie a vécu toute sa vie dans l’orphelinat entrecoupée par des passages dans certaines familles d’accueil. Enfant quelque peu difficile et peut-être même un peu (beaucoup) délinquante, elle n’a cependant pas fait long feu dans ces familles, se considérant souvent comme une étrangère, une pièce rapportée ou ne voulant tout simplement de cet amour qu’elle n’a longtemps pas pensé mérité. C’est notamment par le biais de différentes fugues qu’elle a vite découvert le monde de la rue. Les choses ont fait que rapidement, elle a fini par arrêter d’être placée en famille d’accueil. C’est seulement peu après sa découverte de pouvoir et sa première rentrée dans l’école Nord-américaine d’Ilvermony que Bonnie a trouvé une sorte de famille en Leviathan Faust. C’est cependant à l’âge de 30 ans qu’elle épousa Earl Clifford, devenant ainsi Madame Bonnie Clifford. Leur mariage dura 11 ans. Onze ans de pur bonheur et vers ses 41 ans, c’est le cœur léger et suintant de bonheur qu’elle lui annonça qu’elle était enfin enceinte de lui. Cependant leur bonheur fut de courte durée. Earl Clifford fut tué à Belize en 1979. Bonnie parvint pas à le sauver. Dévastée par le chagrin, elle perdit l’enfant peu après et abandonna tout pour commence rune année solitaire à faire le tour du monde. C’est finalement à la rentrée 1980 que Bonnie Boston a fait son entrée à Poudlard, veuve, déprimée. Bien qu’aujourd’hui Bonnie soit toujours veuve, elle a cependant fini par se relever de cette épreuve. Ayant adopté une petite fille du nom de Feng Faust-Boston avec Leviathan en janvier 1982, elle se retrouve à vivre avec celui-ci. Concernant sa vie amoureuse, Bonnie Boston, après la mort de Earl a entretenu une relation avec la belle Astrid de Breteuil malgré le fait qu'elles soient deux femmes dans un monde machiste et mysogyne. Elle a d'ailleurs vécu un temps avec elle à Pré-Au-Lard avant de devoir partir de Poudlard et de l'Angleterre ce qui les a obligé à rompre d'un commun accord. Bonnie a aussi récemment appris ses origines et notamment qu’elle était liée aux Warren. Demi-sœur de Quinn Warren par leur père, elle a aussi fait la connaissance de sa petite sœur, Isabel Harper qui est aussi la fille de Veronica et Hector. Si cette nouvelle l’a parfaitement bouleversée, elle qui n’avait plus aucun espoir de mettre un nom sur ses origines, elle sait cependant qu’elle va devoir prendre en compte cette nouvelle information pour finir de construire son identité. Miroir du Rised: Son Miroir du Risèd aussi, suite à la fin du deuil de son mari a changé. Ce n’est plus celui-ci avec une petite fille blonde comme les blés qu’elle verrait si elle devait se retrouver en face de ce miroir, mais ce serait Earl qui s’y trouverait tenant la main de Feng. Si Bonnie a vécu des épreuves plus dures les unes que les autres, elle peut aisément dire que la seule personne qui manquerait à son bonheur est son mari décédé réuni avec sa fille adoptive. Epouvantard: Si à une époque Bonnie Boston se targuait de n’avoir peur de rien, aujourd’hui elle saurait avouer avec humilité que sa plus grande peur réside dans le fait de voir ce petit bonheur qu’elle s’est fait, ce cocon doux et chaleureux disparaitre voire être anéantit. Son épouvantard se matérialiserait donc sous la forme du corps sans vie de sa fille, Feng qui à elle toute seule représente toutes les batailles, tous les combats que Bonnie Boston serait prête à affronter pour le bonheur et la sécurité de sa fille.  Composition de la baguette magique: Bonnie possède eu deux baguette magique. La première était composée d'un crin de licorne et avait été sculptée dans un bois de cornouiller et faisait une longueur de 19 cm. La particularité des baguettes de cornouiller est qu’elles sont particulièrement malicieuses, ce qui faisait écho au caractère de l’américaine, mais elles produisent aussi des bruits lorsque l’on jette certains sortilèges. Cependant, suite au traumatisme de la mort de son mari, la baguette magique de Bonnie n'a plus fonctionné. La raison est principalement dû au fait que le crin de licorne, fidèle à sa propriétaire fut pris de mélancolie et mourut. Bonnie fut donc contrainte de changer de baguette magique et ce fut une toute autre baguette qui l’a choisi : de la même taille que la précédente, c'est une baguette en bois d'aubépine et possédant une plume de phénix. La plume de phénix donne une baguette qui accorde difficilement son allégeance ce qui se rapproche du changement intervenant dans le caractère de Bonnie. L'aubépine est un bois considéré comme contradictoire qui est en accord avec l'état mental de la femme : conflictuel et en plein tournant. Elle est cependant capable d'exécuter des sortilèges de soins parfaitement mais selon son humeur qui est changeante en ce moment, il lui arrive que sa baguette fasse l'inverse de ce qu'elle demande ce qui lui pose souvent problème dans la vie de tous les jours. Cependant, suite à une réparation, sa première baguette fonctionne à nouveau et Bonnie se retrouve possesseur de deux baguettes magiques. Si celle avec la plume de phénix se retrouve plus obéissante depuis que certains changements sont intervenus dans la vie de Bonnie, ce n’est que depuis peu que Bonnie s’est décidée à réutiliser son ancienne baguette magique. Cependant, sa baguette d’usage est celle avec la plume de phénix.    Emploi: C'est à Ilvermony dans la maison des Wampus que Bonnie commença ses études. Elève brillante, populaire et sociable, elle finit bien vite par se faire une place au sein de cet établissement d'exception. Elle y rencontra d'ailleurs Leviathan Faust avec qui elle devint inséparable. C'est dans le cursus de Médecine qu'elle se retrouva. Douée, elle fut l'une des meilleures gradées de sa promotion et obtint le diplôme de médicomagie. L'année après la fin de ses études elle rentra à dans le plus prestigieux hôpital des US où Leviathan se trouvait. Cependant, elle se fit virer à l'âge de 30 ans pour diverses raisons. Après son mariage avec Earl, elle s'engagea dans « l'armée » sorcière des USA pour être médicomage de terrain. C'était elle qui soutenait les aurors et donnait les premiers soins souvent en plein champ de bataille. Seulement après l'attaque de Belize qui marqua la disparition de son mari, elle démissionna et se prit une année sabbatique à voyager dans le monde entier. Elle est cependant devenue l'infirmière de Poudlard entre septembre 1980 et septembre 1982. Si tout semblait aller, les derniers changements à Poudlard ont rendu son travail compliqué : ne supportant pas la différence de traitement influgés aux étudiants, Leviathan a cependant mis fin à ses souffrances et ses envies de meurtres en l'obligeant à prendre un poste à l'hôpital de Boston (celui où elle avait été virée des années auparavant). La mort dans l'âme, malgré la disparition de sa demi-soeur, elle décida de partir avec Feng pour leur sécurité. Reprenant son rôle de médicomage dans le service des urgences, elle a récemment tout abandonné pour retourner en Angleterre, décidée de jouer un rôle dans cette guerre, surtout depuis que sa fille, Feng, a vu apparaitre ses pouvoirs magiques et donc son patronus. Aujourd'hui, Bonnie est médicomage à Sainte Mangouste dans le département des Accidents Matériels qui fait aussi office d'urgences. Elle se retrouve dans l'hôpital où son meilleur ami est devenu directeur. Cependant, suite à son retour en Angleterre en juillet dernier, Bonnie a intégré l’Ordre du Phénix dans le plus grand secret. C’est elle notamment qui vient de temps en temps à Pré-Au-Lard (où elle a une maison) et à Godric’s Hollow non seulement pour faire son job de médicomage mais aussi pour y donner des fournitures médicales qu’elle aurait discrètement piqué à Sainte Mangouste. En tant qu’infiltre à Sainte Mangouste, Bonnie a aussi pu donner des coups de mains à des fugitifs en les cachant chez elle et les transférant ensuite directement dans les villages des résistants mais aussi sur le camp des fugitifs.Animal de compagnie: De toute sa vie, Bonnie n'a jamais eu de réel animal de compagnie. Mais c'est finalement suite à la mort d'Earl qu'elle a décidé d'adopter un poisson rouge considérant que si elle pouvait s'occuper d'un animal c'est que les choses n'étaient pas totalement perdues pour elle. Cependant à cause de l'accident de train, le poisson rouge est décédé (le sac plastique plein d'eau dans lequel il était, s'est retrouvé écrasé par une valise). Bornée et peinée, Bonnie n'a pas souhaité reprendre d'animal de compagnie. Le destin a cependant fait en sorte de la faire plier car c'est il y a peu qu'elle s'est retrouvé avec un chaton (pas de race, un bâtard) qui a dévasté ses appartements lorsqu'elle était infirmière à Poudlard. Il avait la tête coincé dans une boîte de thon. Elle ne l’a cependant pas nommé contrairement à feu Nemo (le poisson) et l’interpelle souvent « Chaton » ou « Patate ». Il se trouve aussi qu'elle est allergique aux poils de chat. Ce chat a fini par la suivre à Pré-Au-Lard et se trouve à présent aux bons soins de la jeune Feng aux Etats-Unis, qui semble s’en être fait un ami fidèle et bienveillant.
Caractère
Elle en a traversé des guerres, des drames, des tempêtes.
Elle en a vécu des malheurs, supporté des accidents, transcendé le temps.
Elle a vécu.

Et au final, elle vit encore Bonnie.

Parce que survivre ça fait partie de son ADN. Parce que vivre est une nécessité. Abandonner, se laisser aller ne fait plus partie de ses options. Parce que c’est une battante, toujours en action, toujours à bouger, toujours à hurler le plus fort pour se faire entendre et parce qu’elle ne sait pas se faire entendre autrement non plus.

Parce que Bonnie Boston était une enfant abandonnée.
Parce que Bonnie Boston c’est toujours battu pour vivre et survivre.

C’est dans entre les murs de l’orphelinat qu’elle a appris à marquer son territoire et récupérer par la force ce qui était à elle, à protéger son territoire et en venir aux mains si on ne la respectait.
C’est entre les murs de l’orphelinat qu’elle a compris qu’elle ne pouvait compter que sur elle.
C’est dans la rue qu’elle a compris l’importance du mot survivre.
C’est en voyant ses compagnons abandonnés qu’elle a vu que le malheur peut frapper tout le monde.
C’est, en les voyant se faire adopter et pas elle, qu’elle a compris que le monde était injuste et qu’elle devait se forger sa propre identité.

Parce qu’elle revient de loin Bonnie. Parce que c’est sur les marches d’un orphelinat bostonien qu’on l’a abandonnée et c’est sur ses mêmes marches qu’elle s’est jurée de se forger sa propre identité, de se faire sa propre famille, de sortir de tout ça.

Mais elle ne le nie pas et ne l’a jamais nié : elle leur en voulait. A la terre entière. A ces parents pas capables de l’assumer pour x raisons. A ses amis, orphelins tout comme elle, qui se faisaient adopter. A ces familles d’accueil qui l’exposaient comme un trophé.

A elle-même parce qu’elle refusait de céder.

Alors, certains ont connu la Bonnie adolescente, celle qui, n’en faisait qu’à sa tête, celle qui était libre comme le vent, sauvage et aventurière. Celle qui n’aimait pas les parents et encore moins les enfants, qui détournait la tête lorsqu’elle voyait, sur le quai d’une gare des enfants se faire embrasser par leurs parents.

Mais le temps a passé et elle a compris que si elle voulait avancer, elle ne devait pas regarder en arrière.

Elle devait choisir sa famille. Elle devait faire en sorte de les garder.

Alors elle les a choisis, un par un, Leviathan, Earl, Feng. Et elle s’est battue, comme toujours pour eux, mais aussi et surtout pour elle. Alors elle se bat encore pour eux, mais aussi pour elle.

Et puis elle a grandi Bonnie. Toujours grande gueule, toujours libérée, toujours courageuse à foncer tête baisser dans le danger. Ce sont ses amis, ses proches qui lui ont donné la bonne direction.

C’est l’inconscience de Leviathan qui lui a forgé cette sagesse.
C’est l’univers de l’orphelinat qui lui a donné sa débrouillardise et son tempérament de feu.
C’est la douceur d’Earl qui lui a donné sa force de combattre.
C’est l’innocence de Feng qui lui fait mener tous les combats pour le futur de sa fille.

Parce que Bonnie c’est une guerrière, une amazone avec ses cheveux tressés et ses flèches, un sein coupé mais sa féminité toujours affirmée. C’est la femme qui ne recule devant aucun combat. Celle qui, n’abandonne pas et ira toujours au bout de sa mission. Celle qui guérira gentils ou méchants parce qu’elle ne fait pas de différence accordant trop d’importance à la vie en général.

Elle est après tout la gardienne de la vie, celle qui se dresse entre la vie et la mort et qui rafistole les gens. Elle n’a pas de jugement à avoir sur les actions des gens, ça n’est pas son rôle quand bien même parfois, égoïstement ou impulsivement elle le fait.

Mais ce serait se tromper que de dire que Bonnie Boston est la bonté incarnée. Non, Bonnie possède son caractère, parfois difficile, souvent chiant. Elle râle, elle crie, elle s’exprimer maladroitement. Elle est égoïste et pas forcément gentille, pas forcément méchante non plus. Elle ne fait aucun effort. Elle est après tout elle-même et si ça ne vous convient pas, tant pis pour vous.

Elle est elle, avant tout.
Ne change pas pour les autres.
Certainement pas pour les hommes.

Parce qu’elle est du genre castratrice Bonnie, ne se laisse pas faire, répond toujours surtout quand il s’agit d’un homme en face d’elle. Parce qu’elle est du genre à aller brûler ses soutiens gorges en place public et à embrasser sa copine devant une assemblée d’hommes. Parce qu’elle mène ses combats Bonnie.

Parce qu’elle a plus de couilles que beaucoup d’hommes.

Elle est aussi vulgaire Bonnie. Elle se fiche de son apparence, de sa façon de parler et elle exprimer sa colère agressive quand on la fait chier. Elle surenchérit et parle mal… Mais elle est dôté d’un humour un peu scabreux, un peu rentre dedans, un peu gauche. Mais pas moins drôle.

Parce qu’elle sait s’amuser Bonnie. Parce qu’elle a fait la bringue, couché comme elle le voulait, où elle le voulait avec qui elle le voulait. Parce qu’elle a fait des bêtises, volé des trucs, entré en infractions dans des maisons. Parce qu’elle sait se contrôler et profiter de la vie.

Et du haut de ses 44 ans, elle continue à faire la fête, à aimer, à s’amuser et à vivre, se sentant toujours jeune. Se sentant toujours belle. Se sentant toujours désirable.

Mais Bonnie ce n’est pas que l’amazone, la fêtarde, la râleuse, la chiante, la vulgaire, la féministe, l’abadonnée.

Bonnie c’est aussi une femme qui a perdu son mari. Celle qui a perdu sa moitié brutalement alors qu’ils construisaient une famille. Celle qui n’en est pas sortir indemne et a mis du temps à se relever, à avancer. Celle qui a combattut la dépression après avoir tout perdu. Celle qui, s’est relevée mais qui, parfois, porte toujours les stigmates de ses malheurs.

Bonnie c’est cette femme loyale jusqu’au bout. Celle qui fait des promesses et qui les tient. Celle qui jure protection et fidélité jusqu’à sa mort. Celle qui n’oubliera jamais celui qui lui a fait goûté pendant plus de dix ans au véritable amour.

Bonnie c’est la femme droite dans son boulot, éthique et concernée. Qui se défonce pour sauver la vie des autres, qui se donne pour tenter d’empêcher la mort de frapper.

Bonnie c’est aussi et avant tout une mère. Mère de la petite Feng, 6 ans, adoptée par Leviathan et elle. Celle qui serait capable de soulever des montagnes pour sa fille, celle qui a choisi sa famille et peu importe les « on dira ».

Bonnie c’est celle aussi qui a découvert l’identité de ses parents à l’âge de 43 ans à cause du destin. Celle qui a mis longtemps avant de prendre une décision sur ce qu’elle voulait faire mais qui, au final, a choisi sa fille et pas ses parents qu’elle ne considère d’ailleurs pas comme tel.

Bonnie c’est avant tout une personne humaine avec ses qualités et ses défauts qui cherche toujours à se battre et à avancer, Amazone aux cheveux de blés, mère aux bras d’aciers, sœur au tempérament de feu, médicomage à la langue acérée.
Patronus
Bien que Bonnie a eu la chance (ou la malchance) de ne pas avoir un patronus corporel, elle a déjà eu dans sa vie plusieurs patronus. Changements radicaux aux grès des évènements de sa vie, plus ou moins grave, la biche qui lui avait été attribuée suite à la mort de son mari et la perte de son enfant a récemment laissé place à une lionne d’Asie. L’arrivée de sa fille dans sa vie, sa nouvelle maison avec son meilleur ami ainsi que son nouveau combat ont considérablement fait mûrir et changer l’américaine qui a enfin accepté de faire le deuil de son mari. Force et équilibre retourné, sitôt un fini, un autre apparait : la découverte des parents adoptifs de Bonnie fut un choc mais renforça encore cette lionne qui lui va particulièrement bien. Mère, sœur, meilleure amie, copine, fille. Elle est tout ceci et bien plus à la fois. Si la lionne d’Asie fait partie des félins rares actuellement à cause des différentes chasses et prises de territoire, il n’en reste pas moins qu’elle caractérise à merveille la quinquagénaire. Déterminée à protéger sa famille, son petit cocon du monde extérieur, elle est aussi celle qui défend ceux qu’elle aime et qui se montre plus que maternelle avec sa fille et qui apprend aussi à être maternelle avec cette nouvelle famille qui a récemment fait son apparition. Et puis elle doit l’avouer : l’idée de revoir un félin plutôt que cette biche symbole de tant de malheur est un soulagement qui lui donne le sourire aux lèvres. Longtemps, elle n'a pas maitrisé le sortilège à cause notamment de son état d'esprit trop faible. Aujourd'hui il n'en ai rien et est parfaitement capable d'exécuter un Expecto Patronum comme il se doit.
Pseudo et âge: Guimauve, 22 ans roll Où as-tu trouvé le forum ? Question trop compliquée sorry athanaditnon
Personnage: Inventée dead As-tu un autre compte sur BP ? HOHOHOHOHOHOHOHOHHO il parait HOHOHOHOHOHOHOHOHHO Présence: Autant que je peux dead Une remarque ? Chou


Our bonfire heart

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BLACK PUMPKIN


Dernière édition par Bonnie B. Boston le Dim 17 Sep - 12:26, édité 7 fois
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Bonnie B. Boston, Jeu 7 Sep - 20:56 (#)
Histoire
Happiness can be found even in the darkest of times
Elle était si petite, si minuscule.
Elle était si minuscule, là dans ses bras.

On avait réussi à l’endormir et maintenant, Veronica Harper pouvait considérer le visage de cet enfant qui était le sien.

Elle avait son nez, probablement ses yeux, mais ce qui la frappait le plus c’était la ressemblance avec Hector.

Et son cœur se gonfle alors.

« Veronica, donne-la-moi. »

Cette voix était dure, inflexible. La voix de sa mère.

Elle resserre le bébé contre elle. Non, elle ne voulait pas. Non, c’était tout ce qui lui restait d’Hector, elle ne voulait pas qu’on lui retire l’enfant.

« Je serais capable de l’élever maman. »
« Non, tu n’es qu’une gamine de seize ans qui ne sait pas ce que c’est d’élever un bébé. »
« Maman, je… »
« Cet enfant est une erreur et tu t’en rendras compte. Si tu l’élèves, nous refuserons de te donner le sou. Peu importe tes supplications ou les siennes. »

Les yeux de l’adolescente blonde se remplissent de larmes.

Elle ne voulait pas abandonner l’enfant. Mais, elle ne voulait pas perdre ses parents non plus. Vivre dans la rue. Sans protection.

Elle n’avait que seize ans. Elle ne pouvait pas commencer la vie comme ça… Elle n’avait que seize ans.

« Elle sera dans une bonne famille ? »

Parce que c’était tout ce qui lui importait dans le fond, que son enfant parte avec de bonnes bases et peut-être que plus tard, elle pourrait…

Le visage autoritaire et froid de sa mère lui fait face et elle tend les bras pour récupérer le nourrisson qui dort :

« Si Merlin le veut. »

Il n’y avait dans cette phrase aucun réconfort, aucune espèce d’empathie. Véronica comprenait alors que sa mère n’éprouvait strictement rien pour sa petite fille. Pourquoi le ferait-elle d’ailleurs ? C’était un enfant conçu hors mariage. Une erreur. Elle n’avait pas à l’aimer. Elle ne devait pas l’aimer.

Véronica ferme les yeux.
Elle est épuisée.
Des heures d’accouchement.
Des heures à souffrir.

Et puis finalement la libération… Tout du moins l’avait-elle cru.
Ils en avaient parlé cent fois pourtant mais elle avait toujours espéré que quand ses parents verraient l’enfant, ils changeraient peut-être d’avis. Elle s’était trompée et elle ne pouvait maintenant plus qu’espérer que le destin soit favorable à sa fille sans nom.

Elle tend l’enfant à sa mère et celle-ci sort de la pièce.
La porte se referme.
Et Véronica Harper fond en larmes.

******

Meredith Harper serre l’enfant contre ses bras. Ce matin de 1er janvier 1939, il faisait doux et pourtant il pleuvait. Boston vivait encore. On célébrait tant bien que mal la nouvelle année alors que la guerre menaçait.

Meredith Harper rencontrait des jeunes hommes dans la rue, pas très sobres mais tentant de se convaincre qu’ils ne partiront pas en guerre. Après tout, la guerre était sur l’Ancien Monde. Ca ne les regardait pas.

Meredith Harper tournait dans les rues et savait parfaitement où elle allait, tenant toujours le nourrisson dans ses bras. Ce bébé qu’elle ne voulait pas regarder, qui la dégoûtait.

Un bébé du péché.
Et de sa propre fille en plus.
La honte, cet enfant leur apportait la honte.

Alors cet enfant devait disparaitre d’une façon ou d’une autre. Véronica s’en remettrait et Véronica ne reverrait jamais le père de son enfant car dans quelques heures, ils avaient décidé de quitter les Etats-Unis pour venir vivre en Angleterre.

Loin de ces pourritures de Warren.

Meredith Harper voit enfin la bâtisse qu’elle avait repéré des semaines auparavant. Elle ne paie pas de mine, semble même quelconque et cela ne la dérange pas. Il y a écrit « orphelinat » dessus et ça lui suffit.

Elle s’arrête finalement monte les quelques marches pour finalement venir sonner à la porte. Elle attend, un peu impatiemment, impatiente de se débarrasser de sa honte, de cette chose.

Et puis finalement la délivrance, la porte s’ouvre et une femme d’un certain âge apparait. Elle a les traits durs et un chignon parfaitement fait, ses vêtements sont sobres.

« Bonjour… » commença la femme.
« Tenez, débarrassez-moi de ça et faites comme bon vous semble. » l’interrompt Meredith, intransigeante et froide.

Elle lui met le bébé dans les bras et la femme, hébétée, la récupère délicatement.

Elle n’a pas le temps de dire quoique ce soit que Meredith Harper est déjà partie.

******

Anna Weston resta pantoise et interdite.

Elle en avait vu des familles déchirées, des enfants abandonnés, des drames et des situations qui lui avait serré le cœur.

Mais cette fois-ci, c’était différent.
Cette fois-ci, elle venait d’être témoin d’un évènement qui lui brisait le cœur.

Elle tenait le bébé toujours endormi dans ses bras, observant alors toujours l’endroit où cette femme aux traits si durs et si résolus se trouvaient quelques instants auparavant.

Comment pareille chose avait-elle pu être possible ?
Comment ce bébé avait-il pu, à la seconde où il était arrivé en ce monde être si détesté ?

Anna ne comprenait pas mais elle savait maintenant que ce bébé était maintenant de son ressort et de sa responsabilité. Alors saisissant son manteau, elle se dirigea vers le commissariat pour le procès-verbal.

On avait l’habitude de l’y voir ici à vrai dire. Combien de fois avait-elle dû venir ici faire des procès-verbaux ou récupérer des gamins de son orphelinats qui avaient fait, elle ne savait quelle connerie ? Alors quand on la vit avec le nourrisson entre ses mains, un certain silence s’abattit dans le commissariat.

Il fallait maintenant remplir les papiers pour donner une identité à cet enfant, une existence là où ses propres parents ne lui avait laissé aucune chance.

« Vous voulez lui donner quoi comme prénom, m’dame ? » lui demanda le policier qui était en charge de l’affaire.

Elle réfléchit. Elle commençait à devenir à court de prénom avec le temps mais elle devait malgré tout faire ce qu’elle avait à faire. Elle se rendit compte qu’elle ne savait pas le sexe de celui-ci et vérifiant quelques instants, elle finit par arrêter son choix, presque instantanément :

« Mettez en premier prénom, Bonnie. »

Bonnie, comme Bonnie Parker, la criminelle si célèbre qu’elle en éclipserait son compagnon et amant, Clyde Barrow.

« Mettez en deuxième prénom, Billie. »

Billie, parce qu’elle aimait bien Billie. Ca avait du caractère et elle ne doutait pas que cet enfant qui commençait si mal dans la vie en aurait aussi.

« Enfin, mettez Bianca. Ce sera son troisième prénom. »

Son cœur battait plus fort alors qu’elle tenait toujours le bébé contre elle. Bianca. Bianca, douce Bianca. Echo de son passé à elle. Si on n’avait pas aimé cet enfant dès sa naissance, alors elle se chargerait de l’aimer pour tout le monde.

« Eh bah, vous comptez lui mettre un nom de famille en B aussi ? » fit le policier.

Elle ne lui répondit pas tout de suite mais en réfléchissant à ce qu’elle venait de dire et de la première partie de l’identité de l’enfant qu’elle avait établi, elle se dit que ça n’était pas une mauvaise idée.

« Boston fera l’affaire. Elle est bien née ici après tout. »

L’homme hausse les épaules comme si ça lui était égal. Il finit de remplir le papier, en fait un duplicata et finalement le temps à Anna Weston qui s’en saisit. Elle sort finalement de l’orphelinat et à peine a-t-elle mis les pieds dehors que le bébé s’éveille enfin.

Anna sourit et berce doucement l’enfant.

« Bienvenue sur Terre, Bonnie Boston. »

******

« RENDS-MOI MON JOUET EUGENE OU JE TE FRAPPE ! » hurle la petite fille aux cheveux couleurs de blés.

Elle est furieuse.
Une vraie furie avec ses tresses blondes et sa jupe tâchée.

Il était chiant cet Eugène. Il se prenait pour le plus fort parce qu’il avait deux ans de plus qu’elle. Il lui piquait toujours ses affaires et refusait de les lui rendre et elle en avait marre.

C’était la quatrième fois cette semaine et elle avait beau tenter du mieux qu’elle pouvait de trouver toutes les cachettes possibles et inimaginables, il arrivait toujours les trouver.

Plusieurs fois elle avait voulu se battre avec lui. Elle se fichait bien que ce soit un garçon. C’était SES affaires. C’était à ELLE. Pas à LUI. Mais à chaque fois, le petit Serguei à la peau d’ébène était là et la retenait avec son calme olympien.

Elle l’aimait bien Serguei, il était aussi bizarre qu’elle. Et puis elle aimait son rire. Il avait une grosse voix quand il riait. On aurait dit un adulte malgré sa hauteur de trois pommes du haut de ses sept ans.

Elle le voit ricaner Eugène. Il est grand, Eugène. Neuf ans et moche. Il a une bouche en canard et déjà des carries. C’est pas la faute d’Anna, elle faisait tout son possible pour qu’il se lave les dents.

« Toi ? Me frapper ? T’es une fille. Ca frappe pas les filles. »

Ca frappe pas les filles ? Ah ouais ?

Elle se jeta alors sur lui, hors d’elle et vient lui asséner des coups de pieds comme une folle furieuse. Surpris, il peina à la retenir et finit par tomber au sol alors qu’elle continuait à lui donner des coups de pieds.

« Bonnie ! Arrête ! »

Elle sent que Serguei la tire en arrière et elle continue de se débattre comme une petite démone et donner des coups de pieds dans les airs. Serguei l’éloigne d’Eugène et la remet sur pieds. Ses tresses étaient toutes défaites et elle était rouge de colère. Elle se rendit compte qu’elle n’avait pas récupéré le jouet, petite figurine en bois qu’Eugène avait toujours dans la main.

Le garçon était lui aussi furieux et hurla :

« EH BAH TIENS TON JOUET ! »

Et sans attendre, il balança la figurine en bois par la fenêtre de la cuisine dans laquelle ils se trouvaient. Bonnie se mit à crier de rage et son regard se porta alors sur le gâteau d’anniversaire qui avait été mis sur la table, trop haute pour elle.

C’était son gâteau d’anniversaire à elle.

Mais sans sa figurine en bois que lui avait gentiment donné Anna, ça n’était plus un anniversaire.

Serrant les poings, elle sentit toute sa colère l’envahir et soudainement le gâteau s’éleva tout seul dans les airs pour se projeter contre Eugène qui se le prit en pleine tête.

Silence dans la salle.
Et puis le restant de gâteau qui n’avait pas atterrit sur le visage du garçon tomba mollement par terre.

Bonnie, Serguei et Eugène restèrent silencieux, surpris, ébahis et ne comprenant pas ce qu’il venait de se passer.

Et puis, un fou rire.
Bonnie et Serguei éclatèrent de rire là où Eugène, pleurant à chaude larme.

« Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Oh mon dieu, Eugène ! » Anna venait de débarquer, alertée par les bruits probablement se précipita sur Eugène qui s’exclamait déjà en pointant la petite fille blonde aux yeux bleus du doigt :

« C’est sa fauuuuuuuuuteeeee ! »
« Bonnie, qu’est-ce que tu as fait encore ?! »

Ce fut les éclats de rire de Bonnie et de Serguei qui se tenaient les côtes qu’Anna Weston eu pour toute réponse.

******

Elle aurait dû pourtant être habituée.
Il y avait des adoptions tous les jours ici.
Il y en avait eu hier, il y en aurait demain.
Et comme prévu, il y en avait eu une aujourd’hui.

Elle avait toujours regardé les autres partir avec une certaine amertume parce qu’elle ne comprenait pas pourquoi les autres se faisaient adopter et pas elle.

Mais cette fois-ci, c’était différent. Ca n’était pas de l’amertume qu’elle ressentait, c’était bel et bien de la colère.

Une colère beaucoup trop importante pour une petite fille de neuf ans.
Une colère qui pourtant serait sa fondation pendant une longue période encore.

Cette fois-ci, c’était Serguei qui se faisait adopter.
Serguei, son ami de toujours.
Serguei, son meilleur ami d’enfance.
Serguei, à la peau d’ébène et au rire d’homme.

Serguei s’en allait et elle ne pouvait pas le supporter. Il était son seul allié ici. Celui avec qui elle jouait et riait et qui, était sorcier tout comme elle. Anna le leur avait dit bien sûr quand elle avait compris qu’ils l’étaient tous les deux. Et si Anna était au courant, c’était parce qu’elle était une cracmole. Beaucoup d’enfants nés-non maj comme elle les appelait étaient passés par là.

Il fallait croire que Serguei et Bonnie étaient aussi des nés-non maj même si Bonnie ne comprenait pas trop ce que cela voulait dire.

Elle avait cru qu’ils iraient tous les deux à Ilvermony et qu’ils seraient amis pour la vie.

Elle s’était trompée.
Il allait partir et elle ne savait pas si elle allait le revoir un jour.

Alors elle restait dans son lit, les bras croisés et le regard droit sur le plafond. Elle avait pleuré parce qu’elle était en colère, parce qu’elle perdait un ami et qu’elle se retrouvait, encore une fois toute seule.

On toque à la porte de sa chambre mais elle ne dit rien. Elle parfaitement que c’est Serguei qui vient lui dire au revoir. Il entre dans la pièce d’ailleurs.

Elle l’ignore.

« Bonnie ? »

Elle ne répond pas. Elle ne veut pas le voir. Elle se fiche de ce qu’il va dire. Il n’est plus son ami.

Elle le déteste parce que lui, il a une famille et pas elle.

« Bonnie, je m’en vais. Mes… parents viennent me récupérer. »

Elle ne répond toujours pas, les dents serrées et se retourne dans son lit pour lui tourner le dos. Elle sent que le lit s’affaisse légèrement. Serguei s’était assis au bord du lit et prenait soin de ne pas la toucher.

« Je suis venu te dire au revoir… »

Il n’a pas le temps de finir sa phrase qu’elle explose. Prise d’un accès de rage, les larmes lui brouillant la vue elle se redresse et se met à le frapper et le pousser violemment du lit en hurlant :

« DEGAGE ! JE VEUX PAS DE TES ADIEUX ! DEGAGE JE VEUX PLUS TE VOIR ! »

Elle avait sauté du lit et pleurait à chaudes larmes, les poings serrés et fixant un Serguei passablement choqué par sa réaction.

« Dégage ! Et bon débarras ! »
« Bonnie, je… »
« Sort de ma chambre je t’ai dis ! Ou je t’y traîne moi-même ! »

Elle tape du pied et pleure toujours et elle voit le visage de Serguei se teinter d’une tristesse infinie. Il reste muet de surprise et de tristesse devant sa colère à elle et ne bouge pas, peut-être trop pétrifié, peut-être trop choqué, mais surtout le cœur brisé.

Il la regarde toujours et elle a l’impression de lire de la pitié dans son regard.
Ca l’énerve encore plus.
Elle le déteste.
Elle les détestait tous.

« DEGAGE ! »

Mais il ne bouge pas. Il reste immobile au sol jusqu’à ce qu’elle lui balance son oreiller à la figure. Ce fut à cet instant-là qu’il se décida à se lever et sans un mot, sortit quelque chose de sa poche trouée.

Elle ne regarde pas ce qu’il dépose sur son lit. Elle s’en fiche. Elle veut juste qu’il parte, qu’il la laisse tranquille, que lui aussi l’abandonne comme c’était le cas de tout le monde.

Il se tourne de nouveau vers elle et semble vouloir lui dire quelque chose mais rien ne sort et ses yeux se remplissent de larmes.

« Au revoir. »

Il se détourne d’elle et sort sans un mot. La porte se referme et elle est seule. Avec elle-même, avec sa colère, avec sa tristesse.

Son regard clair se pose sur ce qu’il avait déposé sur son lit.
C’était la petite figurine en bois que deux ans auparavant Eugène avait balancé par la fenêtre de la cuisine.

Elle sent ses dernières barrières se briser et dans un torrent de larmes, elle se saisit de la petite figurine et s’enroule dans son lit, inconsolable et le cœur brisé.

******

Elle observait les deux statues de ses yeux bleus, un brin ébahi, un brin dubitative.

Ils étaient deux, un homme et une femme.

Elle ne connaissait pas leur prénom mais elle en jugea, du haut de ses onze ans qu’ils étaient importants pour l’école.

Elle avait du mal à y croire d’ailleurs : Ilvermony. Elle était à Ilvermony. Elle était une sorcière et elle allait passer sa cérémonie de répartition.

Un homme était venu tout lui expliquer en présence d’Anna et elle avait écouté un peu ennuyée sans comprendre.

Et ça allait lui apporter quoi d’être une sorcière hein ?
Elle allait pas se faire adopter pour autant.

Et ce n’était clairement pas ces deux statues qui allaient l’adopter aussi.

« Ils lui ont fait de sacrés boobs. »

Elle tourne la tête et observe le garçon qui la dépasse d’une tête. Son regard clair se plante sur lui et le dévisage sans ménagement.

Il est sérieux ?

« Toi en tout cas, t’as pas l’air d’avoir la lumière à tous les étages si c’est tout ce que tu penses en voyant les statues. » s’entendit-elle lui répondre.

Il tourne la tête vers elle et un sourire se forme sur ses lèvres. On dirait qu’il la prend de haut celui-là.

« De toi à moi, je crois que mon Qi surpasse le tien avec trois chiffres en plus. Donc ce serait plutôt toi qui n’a pas la lumière à tous les étages. »

Elle le regarde. Longuement. Un peu dépité. Il a déjà des boutons sur le visage. Et elle elle n’a pas de boobs encore.

« Eh bah dis donc, t’es pas un modèle de sociabilité toi. Mais t’as raison, j’ai pas un QI à trois chiffres mais en tout cas, je suis pas un crétin comme toi. »

Elle se détourne de lui en haussant les épaules pour suivre la foule d’élèves de première année qui allaient à leur répartition. Elle le sentait qu’il la suivait et elle se demanda un instant si son intervention était une façon de se faire des amis ou s’il était vraiment stupide.

Un QI plus gros le sien.
Mais qu’est-ce qu’elle s’en fichait, bon sang.

« Et alors, le géni ? Tu t’appelles comment ? »
« Leviathan Faust, et toi ? »

Elle le regarde de côté et se demande ce qu’il a à vouloir lui détailler son nom complet. Comme si ça devait lui évoquer quelque chose.

« Bonnie Boston. »
« T’as pas démarré fort dans la vie toi, avec un patronyme pareil. »
« Et toi, t’as pas démarré fort pour te faire des amis. »

Elle s’arrête alors de marcher.
Le regarde.
Et part en fou rire.

Elle ne sait pas bien pourquoi, ni comment. Mais il la faisait rire avec son air nonchalant et ses boutons sur le visage. Ils forment un drôle de couple.

Mais elle se rend compte qu’elle l’aime bien, ce Leviathan.

******

Les portes s’ouvrent et elle entend les exclamations, les ovations et les applaudissements de l’école entière. Son balai à la main, en tête du petit groupe aux couleurs de sa maison, la blonde à la tresse s’avance d’un pas décider sur le milieu du terrain de Quidditch.

C’était la finale du tournoi des quatre maisons et l’équipe des Womatou, équipe exclusivement féminine et dont elle était la capitaine, devait affronter les Oiseaux-Tonnerres.

Et l’occasion avait été trop belle.
Elles n’avaient pas pu résister.
Telles des Amazones et probablement au grand effarement de la moitié des professeurs de Poudlard, les membres de l’équipe des Womatou avait décidé de se maquiller les yeux, ressemblant à des guerrières.

On n’avait pu rien leur dire bien sûr. Elles ne faisaient cela que pour la provocation et pour effrayer un peu, elles devaient bien l’avouer.

Et ça l’amusait, elle, Bonnie Boston, alors qu’elle arrivait à la hauteur du capitaine de l’équipe des Oiseaux-Tonnerres.

Earl Clifford était bien plus grand qu’elle et pourtant, de ces boucles brunes lui affichait un sourire qui aurait pu la faire fondre si les circonstances étaient différentes.

Mais elle n’était pas là pour flirter avec lui quand bien même, leur petit jeu s’était initié depuis quelques temps déjà.
Elle était là pour gagner.
Elle était là pour faire gagner son équipe et elle le ferait.

Ils se serrent la main et elle s’apprêta à le relâcher lorsque le jeune homme, du même âge qu’elle, s’adressa à elle :

« J’ai promis à Leviathan de pas trop te faire mal. »

Elle rit d’un rire plein d’ironie et sauvage, elle lui répond, du tac au tac :

« Moi, je ne lui ai rien promis. Bonne chance Clifford. »

Elle se sépare de lui et vient reprendre sa place auprès de ses coéquipières.

Elle enfourche son balai.
Attend le signal.

****

Elle fait vriller son balai sur la gauche et fonce sur le Cognard qui va droit sur un des membres de son équipe. D’un geste fluide et puissant, elle vient frapper de sa batte pour contrer le coup et protéger sa coéquipière qui possédait le Souaffle.

Elle touche un membre de l’équipe adverse et sans attendre, elle se déplace de nouveau dans les airs.

« ET DIX POINTS POUR LES WOMATOU !!!!! »

Une ovation dans le public mais Bonnie n’a pas le temps de se féliciter intérieurement de ce point de plus marqué.

Elle n’a même pas le temps de comprendre ce qui lui arrive.

Le Cognard la frappe sur la tête et elle tombe de son balais.

Et c’est le noir complet.

****

Sa tête la lance. Pourtant, elle recommence à prendre conscience de ce qui se passe autour d’elle. Petit à petit, ses sens s’éveillent et elle comprend alors que quelqu’un lui tient la main.

L’autre main semble chaude et beaucoup plus grande que la sienne.
Une main d’homme.
Ou de jeune homme, peu importait.

Elle sent sa respiration se faire plus normale et moins hachée et un mal de tête horrible la saisir. Elle entrouvre les yeux et elle voit alors avec surprise qu’il se tient à seulement quelques centimètres de son propre visage.

Elle le repousse d’un mouvement brusque et hurle :

« Je peux savoir ce que tu fous Earl ?! »

Elle gémit aussitôt et porte une main à sa tête. Elle se rend alors compte qu’on la lui bandé et qu’elle doit avoir une commotion cérébrale. Son regard clair se repose sur celui, sombre d’Earl Clifford qui s’est alors reculé, visiblement embarrassé.

Il lui lâche la main.

« Je… Désolé, Bonnie. Je ne pensais pas que tu allais te réveiller tout de suite. »
« Qu’est-ce que tu fous là ? »

Elle est agressive mais en réalité, elle se rend compte qu’elle est plus agacée qu’en colère. Elle ne comprend pas ce qu’il fiche là. Elle ne sait pas ce qu’elle fait là non plus. Elle en déduisait simplement que le match était terminé et elle n’avait aucune idée de si son équipe avait gagné ou pas…

Et lui qui tentait de l’embrasser…

Mais, what the fuck ?

« J’ai attendu que tu te réveilles en fait. Je… C’est moi qui ait envoyé le Cognard mais je ne pensais pas que… »
« Que j’allais finir à l’infirmerie et ne pas terminer le match ? C’est tellement gentil de ta part… Et t’es aussi venu m’annoncer que mon équipe a perdu c’est ça ? » l’interrompte-t-elle.

Il reste silencieux un moment et puis finit par lui répondre :

« Vous avez gagné. Et je suis venu te voir parce que je m’en veux. Je ne voulais pas te blesser… Je suis désolé. »

Elle s’apprêta à lui répondre quelque chose d’agressif mais en voyant son visage, si calme, si sérieux, elle se rendit compte que ce serait injuste de sa part. Il était sérieux dans ses excuses et il semblait avoir attendu là depuis un moment de toute évidence.

Elle se rendit compte que si son équipe n’était pas là à ses côtés, c’est qu’elles devaient forcément fêter ça et elle se doutait que ses coéquipières amèneraient la fête jusqu’à elle.

Mais quelque chose la chiffonnait.

« J’accepte tes excuses. Mais… »

Elle marqua une pause avant de finalement reprendre :

« Tu faisais quoi juste avant que je me réveille ? pourquoi t’étais au-dessus de moi comme ça ? On aurait dit que… »
« Je voulais t’embrasser. » avoua-t-il.

Elle reste pantoise, surprise par son aveu et ne sachant pas quoi faire de cette information. Le silence sembla s’étirer légèrement entre eux. Lui, ne savait probablement pas quoi faire ou dire, ayant probablement peur qu’elle réagisse mal.

Elle aurait pu.
Elle aurait dû.

Mais ça n’était pas du tout ce qu’elle avait envie de faire.

« Sache que déjà, si tu veux m’embrasser, tu me le demandes. Ou sinon je t’en fous une. »

Elle le vit se mettre à sourire. Ca n’était pas un sourire moqueur. Il était peut-être un peu amusé.
« Très bien. Ca me va. Donc, Bonnie Boston, puis-je vous embrasser ? »
« Pourquoi ? »
« Pourquoi quoi ? »
« Pourquoi tu veux m’embrasser ? »

Silence.

« Parce que je crois que je suis tombé amoureux de toi. »

*****

Elle tournait dans ses bras.
Elle tournait encore et encore.
Et le monde entier pouvait bien s’écrouler autour d’eux, elle n’en avait rien à faire. Ils pouvaient être les derniers sur terre qu’elle serait toujours heureuse.
Elle n’aurait jamais pensé qu’une seule personne puisse lui déclencher autant de sentiments.
Elle n’aurait jamais cru qu’un seul être au monde lui apporte la joie, le réconfort et la faiblesse.
Elle n’aurait jamais cru qu’elle puisse aimer si fort.

C’était indescriptible.

Ils avaient mis 15 ans à se chercher, puis, 15 autres années à se retrouver. Maintenant, elle était là, dans ses bras. Maintenant, elle virevoltait aux grés de la danse. Et elle dansait parfaitement pour une fois, ne faisait pas l’imbécile, ne faisait pas exprès de se tromper dans ses pas et arrivaient même à être un peu gracieuse.

Et elle le voyait dans ses yeux, il était fier d’elle, et il était amoureux.
Et il était heureux et c’était tout ce qui comptait réellement. Elle dansait dans sa robe blanche, ses cheveux blonds ondulés virevoltant au fur et à mesure des pas.

Elle ne voyait que lui.
Elle ne sentait que lui.
Elle n’avait d’yeux que pour lui.

Et elle sentait cet amour. Elle sentait cet amour qui l’inondait, qui prenait chaque parcelle de sa peau, chaque cellule de son corps.
Et il dansait comme il l’avait toujours fait : avec cette élégance d’aristocrate, de garçon de bonne famille d’où il venait. Avec cette élégance si différente de sa brutalité à elle. Il riait aussi et elle le sentait si ému de la savoir sienne.
Elle sentait qu’il enfermait ses bras sur son corps à elle pour la protéger. La protéger des dangers du monde mais aussi, que leur bulle ne se brise pas. La protéger comme un mari se devait de le faire envers sa femme. Et même-si elle n’arrivait pas à refermer ses bras sur son corps à lui, elle savait du fond de son âme et de ses tripes qu’elle en ferait de même avec lui.

Parce qu’ils n’étaient plus qu’un maintenant.
Parce qu’ils étaient enfin mari et femme.

La musique s’arrêta mais elle ne se détacha pas de lui, se rapproche plutôt. Approchant sa bouche de son oreille, elle vint lui glisser quelques mots avec douceur et tendresse, puis, déposa un baiser sur sa joue avant de se détourner, malicieuse et le pas aérien  par ce trop-plein d’amour. Sa robe blanche virevolta avec elle et elle se balada parmi les tables des invités.
Plusieurs fois on vint lui parler et après quelques mots, elle finissait par reprendre sa route, se dirigeant vers une table bien précise.

Il était là, riant aux éclats auprès de cette femme qui avait déjà un certain âge et pourtant qui semblait jeune, si belle dans sa façon de se comporter. Elle les regarda un instant, un sourire amusée sur les lèvres, puis, plus elle s’approchait, plus elle distinguait les éclats de discussion entre Leviathan Faust et Alice de Breteuil :

« Mais mon cher Leviathan, c’est moi qui ait attrapé le bouquet de Bonnie, ça veut dire que je vais devoir bientôt me trouver chaussure à mon pied. Toi et moi ça peut faire l’affaire non ? On n’a plus besoin de se marier par amour à mon âge ! »
« J’imagine que ça fera très plaisir à votre fils de savoir ça Alice ! »

Ne l’ayant pas entendu arrivé, les deux adultes se retournèrent et un sourire absolument resplendissant illumina le visage d’Alice de Breteuil, femme de prestige qui avait dispensé quelques conférences sympathiques au Merlin’s Staff du temps où Bonnie y était. Elle s’était rapidement faite remarquée par Leviathan et puis par Bonnie qui était souvent fourrée avec Leviathan.

« Oh ma chérie ! Tu sais que tu ferais bander le plus homosexuel des gays ? »
« Merci Alice ! Ce compliment me fait chaud au cœur. »

Elle éclata de rire, suivit de près par les deux autres. Après quelques paroles, Bonnie finit par demander :

« Alice, puis-je t’emprunter mon témoin pour une danse ? »
« Bien sûr, Bonnie. Ne faisons pas attendre la mariée ! Moi en attendant, je vais tenter d’aller trouver un jeune intriguant pour le convaincre d’être mon époux ! »

Et sous le regard amusé de Bonnie qui savait pertinemment qu’elle plaisantait mais qui savait aussi qu’Alice de Breteuil serait capable de vendre un tapis à quelqu’un qui n’en voudrait même pas, la vieille et noble dame se leva et se fondit parmi les invités.

Bonnie se tourna ensuite vers Leviathan et lui prit la main pour le tirer vers la piste de danse en lui disant mi-sérieuse, mi-menaçante :

« Toi et moi, faut qu’on parle ! »

Ils finirent par se retrouver sur la piste de danse et sans attendre, tournoyèrent au rythme de la musique.

« Si vous avez un gosse Earl et toi, vous l’appellerez Leviathan ? »

Bonnie se mit à rire devant l’absurdité de sa demande avant de répondre :
« Ouais et si c’est une fille on l’appellera Leviathana. Je suis sûre qu’Earl va a-do-rer. »
« C’est beau Leviathana. »
« Pour parler d’autre chose que d’enfants, c’est sérieux la paire de menotte comme cadeau de mariage ? »
« Je me suis dis que ça pourrait mettre du piquant dans votre couple. »
« Comme-ci on avait besoin d’une paire de menotte pour mettre du piquant dans notre couple. »

Elle se mit de nouveau à rire, se sentant légère et ayant envie de rire.

« Bonnie ? Il est tant qu’on y aille. »

Tournant la tête vers Earl qui regardait avec un sourire amusé la scène. Bonnie laissa les deux hommes s’étreindre dans une embrassade plus que virile puis, Earl se tourna vers elle et glissant son bras au niveau de sa hanche, la maintint contre lui alors qu’ils se glissaient hors de la salle où les invités continuaient de faire la fête sans eux.

Discrètement, à peine arriver dehors, Earl lui demanda en lui chuchotant à l’oreille :
« Tu les as ? »
« Pour qui tu me prends ? Bien sûr que je les ai ! »
Ils échangèrent une œillade complice et cette fois-ci, main dans la main, l’air espiègles, ils se pressèrent le pas pour se diriger vers les voitures garées dans l’allée…

Tout du moins le peu qu’il y avait.

Si Bonnie connaissait beaucoup de monde moldu, elle n’avait invité à son propre mariage peu de monde alors qu’Earl, sang-mêlé de son état avait invité sa mère et plein d’amis à lui et qu’ils avaient en commun. Mais il y avait une voiture, un peu particulière qui se démarquait des autres.

Bonnie lâcha la main d’Earl alors que celui-ci lui demandait :

« Tu penses qu’il s’en est rendu compte ? »

Un sourire lui parcourt les lèvres alors qu’elle lui demande alors qu’elle arrive au niveau de la voiture :

« Je te propose de me redemander ça dans cinq petites minutes. »

Elle lui balança les clefs de la voiture qu’il attrapa. La voiture se déverrouilla et elle monta sur le siège passager, évitant de froisser sa robe. Il en fit de même sur le siège conducteur.

« Je suppose que tes cours de conduite avec de voitures volées vont prendre tout leur intérêt maintenant. »
« Je suis sûre que tu vas très bien te débrouiller mon Amour. »

Elle passe une main sur sa joue rasée dans un geste tendre avant de rajouter sur un ton plus sérieux :

« Rend-moi fière Clyde. »
« Toujours ma Bonnie »

Il démarre la voiture et finit par la faire rouler. Faisant le tour du parking, ils finirent par s’arrêter devant l’entrée de la salle des fêtes. Regardant l’heure, Bonnie finit par dire :

« Dix gallions qu’il arrive dans les 30 prochaines secondes. »
« Pari tenu. »

Et les jeunes mariés regardèrent alors la porte d’entrée et l’heure en même temps. Après quelques secondes où rien ne se passa, la porte finit par s’ouvrir et Leviathan Faust sortit et se dirigea vers eux :

« Bonnie ! »

Ouvrant la vitre, Bonnie se pencha sur celle-ci et un sourire moqueur sur les lèvres lui répondit en lui faisant un clin d’œil malicieux :

« Merci Levi pour notre magnifique cadeau de mariage ! Ca me fait chaud au cœur ! T’es vraiment un témoin génial ! »

Earl se mit à rire et Bonnie le suivit devant l’air de Leviathan. La blonde finit par reprendre :

« Profite bien de la fin de soirée. Je t’enverrais des nouvelles bientôt et t’enverrais une photo de ton cadeau qu’on aura bien sûr, bichonné comme il se doit…. Oh et à mon avis, tu devrais te proposer auprès d’Alice, t’es riche et elle m’a l’air désespérée la pauvre. Vous feriez un couple du tonnerre tous les deux ! »
« C’est quoi cette histoire avec Alice ? »
« Je t’expliquerais sur la route. »
« Hey, Levi, je veux tout savoir hein. »

Riants de bon cœur, elle envoya un baiser du bout des doigts à son meilleur ami avant d’entendre la voiture démarrer et Earl appuya sur l’accélérateur pour prendre de la vitesse. Quittant sans plus de cérémonie les lieux, le couple de jeune marié roula encore et encore.
Tournant le bouton de la radio, la musique Shine on you Crazy Diamonds des Pink Floyd résonna dans l’habitacle alors que Bonnie venait une nouvelle fois caresser la joue de son mari.

« Tu peux dormir un peu si tu veux, je te réveillerais quand on sera arrivé. » « Tu ne veux toujours pas me dire où on va ? »
« Allez dors Bonnie. »

Lui accordant une petite moue contrariée la blonde finit par s’affaler dans le siège conducteur et, se laissant bercer par les intonations des Pink Floyd, elle s’endormit, un sourire aux lèvres.

Heureuse et amoureuse.

*****

Elle a l’impression d’être sur un petit nuage.
Elle a l’impression que le monde entier semble lui sourire.

Depuis combien de temps déjà espéraient-ils que ça se produise ?

Dix ans de mariage depuis peu et ils avaient attendus, patientés se disant qu’ils y arriveraient. Ils savaient que d’autres solutions existaient, qu’ils auraient pu y trouver une alternative. Mais ils avaient toujours voulu que les choses soient faites naturellement.

Elle s’était d’abord inquiétée que ce soit elle le problème. Après tout, cela se pouvait n’est-ce pas ? On ne savait pas d’où elle venait, si ça se trouvait sa mère était une camée et elle avait eu des malformations. Mais après des examens poussés on avait décrété que ça n’était pas sa faute à elle.

Bonnie était parfaitement fertile.

Puis, on s’était attardé sur Earl et le résultat était tombé : c’était lui le problème.

Dire que cette nouvelle lui avait mis un coup dans sa masculinité était peu dire mais Bonnie avait été suffisamment intelligente pour lui faire comprendre que non, elle ne renoncerait pas et qu’elle se fichait de savoir si ça mettrait un ou dix ans. Ils y arriveraient, elle en était persuadée.

Et elle avait eu raison.
Elle était enceinte.

D’après les médecins, elle l’était depuis deux petites semaines.
En sortant de la salle d’examen, elle avait couru comme une folle dans ses bras, pleurant, riant et s’exclamant qu’ils avaient réussis. Il avait dû la calmer avant de comprendre de quoi elle parlait et c’était finalement lui qui, les larmes aux yeux avait ri à son tour comme un fou et l’avait porté pour la faire tournoyer.

Ils avaient passés la journée à faire l’école buissonnière en cherchant des noms d’enfants et ce soir-là, assis tous les deux dans le canapé, une coupe de champagne pour lui et un jus d’orange pour elle, ils essayaient de se mettre d’accord en se disputant gentiment :

« Moi, je dis, on devrait suivre la ligne des B. »
« La ligne des B ? C’est quoi ? »
« Bah oui, comme toi. T’as que des B dans ton identité. Là, on pourrait faire pareil mais avec des C vu que sont non de famille ça va être Clifford. »

Elle tourne la tête vers lui et le regarde longuement, blasée, puis remarque son sourire amusé et le voit ensuite éclater de rire :

« C’est ça, fous toi de moi ! Tu sais pas à quel point ça a été lourd pour mon enfance d’avoir des prénoms en B ! » s’exclama-t-elle, jouant la comédie de l’enfant au bord des larmes.
« Non, par contre je sais que c’était de se faire appeler Earl Grey à tout bout de champs. »

Fou rire de Bonnie qui manque de renverser son verre, suivit d’Earl riant aux éclats. Le silence finit par retomber et ils se remirent à la recherche de prénoms des deux sexes, ne sachant pas encore quel serait celui de l’enfant qu’elle portait. Les prénoms anglais passèrent tous sans qu’ils n’en trouvèrent de corrects, puis, ce fut des prénoms aux consonances latines et enfin, pour le fun, ils finirent par se battre sur des prénoms slaves.

« Moi je dis, on devrait l’appeler si c’est une fille Leviathana Melchiorette Faustine Clifford et si c’est un garçon Leviathan Mephastophilius Faust Junior Clifford. Leviathan sera absolument comblé. Je suis sûre qu’il essaierait de nous voler notre gosse tellement il en serait fou. » déclara-t-elle sérieuse, en fermant le livre des prénoms qu’elle avait emprunté. Earl s’étouffa dans sa coupe de champagne et finit par lui répondre :

« T’es sérieuse là ? »

Mais Bonnie n’eut pas le temps de rajouter quoique ce soit que les lumières de leur appartement se mirent à grésiller un instant et soudain, un immense lynx argenté apparut dans la pièce.

« Besoin de renforts... Attaque au camp de Belize... Beaucoup de blessés… Morts potentiels… Alerte à toutes les unités… »

Et le lynx se dissipa immédiatement après que le message fut délivré. Bonnie et Earl restèrent un long moment à regarder l’endroit où l’entité magique se trouvait encore quelques secondes auparavant quand soudainement, Bonnie se leva soudainement en alerte :

« Il faut y aller. Leviathan s’y trouve et… »
« Tu rêves là, tu vas rester là Bonnie. Je refuse qu’il t’arrive… Qu’il vous arrive quoique ce soit… »
« Tu veux que je reste terrée ici sous prétexte que je porte notre enfant alors que son potentiel futur parrain est sans doute sur le point de se faire assassiné ? Et puis quoi encore Earl ! »
« Bonnie, je ne peux pas prendre le risque que… »
« Bordel Earl. LACHE MOI ! »

Elle émit un mouvement trop brusque qui fit valser la table basse du séjour. Manquant de tomber, elle se rattrapa de justesse au meuble juste à côté alors qu’Earl, soudainement paniqué de la voir se faire mal avait déjà amorcé un geste pour la rattraper. Il ne posa cependant pas ses mains sur elle qu’elle se le repoussait violemment, hors d’elle, ne cachant nullement son indignation devant ce qu’il lui demandait :

« Et quel putain d’exemple je donnerais à notre enfant si je reste en arrière hein ? Maman est une lâche qui préfère sauver sa peau que d’aller aider et sauver des gens ? »
« Il ne s’agit pas de ça Bonnie… C’est de l’enfant… »
« Pour ton information, je suis médicomage et je crois encore savoir ce qui est bien de faire pour l’enfant ou pas. C’est encore une période à risque mais je refuse de rester en arrière et de prendre le risque de voir un enfant grandir sans son père. Alors maintenant tu arrêtes, on prend nos affaires et je viens que tu le veuilles ou non. C’est clair ? »

Ils se fixèrent longuement alors que le silence retombait dans la pièce.

Elle savait ce qu’il pensait : il n’était pas d’accord, il était en colère et il savait aussi qu’il ne pourrait pas l’arrêter.

Après un long moment à s’observer et se défier en silence, il finit par capituler mais d’une voix qui se voulait autoritaire et tendue :

« Tu viens, mais tu écoutes TOUT ce que je te dis, sinon je te fais revenir illico presto et je t’assommerais si tu résistes. Est-ce que c’est clair Bonnie ? »
« Parfaitement, Earl. »

Et sans attendre davantage devant la situation qui devenait de plus en plus pressante, ils se déplacèrent dans la pièce pour se préparer à aller affronter le chaos de Belize.

****

Ils étaient arrivés en bas de leur immeuble New Yorkais en moins de 5 minutes et, prenant la main d’Earl, ils finirent par transplaner sans plus attendre jusqu’au camp de vacances. Elle fut immédiatement saisie par le désordre des lieux.

Les gens courraient de partout et elle savait déjà que la situation pour beaucoup était dramatique. On voyait des cabanons en feu s’effondrer, des enfants terrorisés courir dans tous les sens et un peu plus loin….

« Tu aurais dû m’écouter et rester à la maison… BORDEL DE MERDE ! »

Elle sursauta en le voyant ses traits fermés et ses poings serrés mais elle reposa son regard sur les individus un peu plus loin.

Des Mangemorts.
Des personnes qui la voulaient morte parce qu’elle avait un sang indigne.

« J’y suis, j’y reste Earl, tu ne me feras pas changer d’avis et c’est pas une bande de clampins au goût vestimentaire douteux qui vont me faire peur, tu peux me croire… Maintenant, si tu n’y vois pas d’inconvénient, on va faire notre boulot. »

Et sans attendre sa réponse, elle s’avança vers les hommes et femmes encapuchonnés au loin. Elle n’avait pas peur.

Elle était loin d’être effrayée.
Mourir ?
Elle s’en fichait.
Tant que lui survivait.

Sauf que son instinct de survie lui soufflait qu’à présent, elle n’était plus la seule dans l’équation. Il y avait cet être qui grandissait dans son corps, qui était sa chaire et son sang et elle devait malgré tout, prendre soin d’elle plus que jamais. Sauf que c’était plus fort qu’elle. Elle ne pouvait pas rester là à rien faire, attendre son mari rentrer ou ne pas rentrer, connaître la mort de Leviathan Faust ou le voir, lui aussi arriver sain et sauf.

Elle ne pouvait pas laisser ces gosses mourir de leurs blessures.

Bonnie Clifford avait toujours été sur le terrain, même lorsqu’elle se trouvait aux urgences au Merlin’s Staff de Boston, elle y était. Son métier était tout aussi à risque que celui de son mari et elle savait exactement à quoi elle s’était engagée lorsqu’elle avait signé son contrat de mariage et de travail.

Elle avait prononcé des vœux et elle les respecterait.

Peut-être n’avait-elle jamais joué à la loyale mais sur les points qui lui tenaient réellement à cœur, elle y mettait un point d’honneur et aujourd’hui encore, elle le ferait. Même-si c’était mettre sa vie en danger. Même-si c’était prendre le risque de perdre l’enfant.

Elle avait pris sa décision.

Le premier élève qu’elle trouva au sol semblait s’être évanoui. Elle s’assura qu’il n’avait pas de plaies ouvertes et jugea qu’il était bon de le laisser là à faire le mort : c’était souvent plus utile que de prendre la fuite, personne ne faisait attention à vous.
Mais bientôt, elle se releva et failli se prendre un élève qui saignait abondamment. Le mettant légèrement à l’écart des éclairs multicolores, elle ne prit pas la peine de lui parler et lui banda la tête en un rien de temps avant de l’aider à se mettre à l’abri en courant à travers la forêt. Sans attendre davantage, elle se tourna de nouveau vers les Mangemorts et les aurors qui s’affrontaient.

Et c’est alors que tout se passa très vite.

L’un d’entre eux, encapuchonné, jeta un sortilège à un auror qui le renvoya. N’étant pas assez rapide pour le contrer, le Mangemort en question s’effondra au sol.

Et le sang de Bonnie ne fit qu’un tour.

Elle se mit à courir droit sur le Mangemort en question tout en entendant son mari hurler :

« MAIS QU’EST-CE QUE TU FOUS ?! »

Elle l’entendait déjà râler.

Elle savait déjà ce qu’il pensait aussi : il s’agissait d’un Mangemort, quelqu’un qui lui en voulait à elle pour des raisons plus que futiles, qui la voulait morte et elle, elle se précipitait dessus pour le sauver.

Peut-être qu’il aurait raison : elle était folle.

Mais une seule pensée lui traversait l’esprit à cet instant très précis : même-si ce Mangemort avait des idées abominables, il n’en restait pas moins un être humain, un sorcier qu’elle devait sauver.

Elle ne faisait, après tout que jouer son rôle n’est-ce pas ?

Il n’y avait aucune noblesse dans son geste, juste un devoir. Elle se jeta à terre pour éviter un sortilège et finit par parvenir jusqu’au corps inerte. Sans ménagement et ignorant les sortilèges et les cris qui fusaient autour d’elle, elle retira le masque de l’individu… qui se trouvait être une femme d’une beauté renversante.

Blonde aux yeux bleus, ses traits étaient fins et comme ça on n’aurait jamais pensé qu’elle puisse commettre des atrocités pareilles. Mais Bonnie n’eut pas le loisir de se pencher davantage sur la beauté de l’allemande inconsciente car les choses devenaient de plus en plus rapides autour d’elle. Elle entendait à peine Earl lui hurler dessus de partir. N’obéissant pas, elle se concentra sur la femme et tenta de prendre son pouls.

Rien.

Il y avait toujours un espoir.

Bonnie sans réfléchir d’avantage aux options qui s’offraient à elle commença un massage cardiaque. Beaucoup riaient de ses façons moldues de faire, mais ils n’avaient pour la plupart, pas compris qu’elle arrivait à sauver des vies comme ça.

La magie ne faisait pas de miracles après tout.

Mais plus elle faisait le massage cardiaque et envoyait de l’air dans les poumons de la femme, plus elle rendait compte que ça ne servait à rien.
Le sort qu’elle avait reçu avait dû la tuer sur le coup.

Mais alors qu’elle essayait une dernière fois de relancer le cœur de la femme, elle entendit un cri.

Son cri.

Tournant brutalement la tête, elle le vit s’effondrer à son tour tout en interceptant un sortilège.

«  Earl ! » s’entendit-elle hurler alors qu’elle laissait la morte pour courir à toutes vitesses sur son mari qui se retrouvait à genoux.

Plusieurs aurors essayèrent de les couvrir et Bonnie arriva à relever Earl qui était déjà livide. Comprenant que son état était grave, elle le déplaça pour l’écarter des zones de combats.

Elle le sentait faiblir.

Elle le sentait lui échapper et elle n’aimait pas ça. Arrivant à une distance suffisante, elle finit par le poser par terre le sentant faiblir au niveau des jambes. Déposant sa tête délicatement sur le sol, elle finit par regarder là où le sortilège l’avait atteint… Elle blêmit en découvrant l’ampleur des dégâts. Il était touché à l’abdomen et il souffrait le martyr. Elle toucha sur une zone près du ventre pour voir jusqu’où le sort s’étendait mais à peine effleura-t-elle la zone qu’elle l’entendit hurler de douleur.

Le verdict tomba : le sortilège avait pour effet résonnance dans son corps.

« Il faut t’évacuer Earl… »
« Bonnie, je…. Ne … peux pas…. »
« Allez tu vas te relever, tu peux le faire… »

Elle essaya de lui saisir les épaules pour le relever mais dans un geste rapide, il s’empara de ses mains.
Posant son regard dans le sien, il lui répondit :

« C’est terminé Bonnie, tu le sais aussi bien que moi… Le sortilège va continuer son ascension et… »
« Arrête de raconter des conneries, je peux te …. »
« Bonnie, on est en infériorité numérique et les renforts ne vont pas arrivés tout de suite… Je veux que tu partes… » répondit-il en grimaçant de douleur.

Secouant la tête négativement et arrachant ses poignets de ses mains, elle se concentra davantage sur la blessure qu’il avait et qui se propageait.

« Je ne te laisserais pas ici Earl… »
« Tu avais promis de m’écouter… »
« BORDEL EARL J’AI DIS QUE JE NE TE LAISSERAIS PAS ICI ! »

Les larmes coulant sur ses joues à cause de l’énervement et du stress, Bonnie se pencha de nouveau sur son mari avant de sortir sa baguette pour tenter quelque chose. Il y avait bien un moyen de ralentir les effets.

Mais elle ne le vit pas agir, pas plus qu’elle ne le vit pointer sa baguette sur elle.

Elle n’entendit que ces mots :

« Pardon Bon’ mais tu m’y obliges… Impero. »

Elle ouvrit grands les yeux mais n’eut pas le temps d’éviter le sortilège qu’il lui lançait. Se le prenant en pleine tête, elle resta quelques instants, désorientée, murmurant en pleurant :

« Earl… Qu’est ce que tu fais… Qu’est ce que tu fais … »
« Je veux que tu cours te cacher. Ces gens te veulent et je ne te laisserais pas… Je t’aime Bonnie Clifford et tu sais pourquoi je le fais même-si, je le sais, tu es furieuse contre moi… Maintenant va te cacher. »

Elle essaya de résister.
Elle essaya de tout son cœur mais dans l’état actuel où elle était, elle ne parvint pas à ses fins et c’est, toujours pleurant qu’elle l’abandonna et partit à son tour en courant dans la forêt.

Plus elle s’éloignait, moins elle entendait les cris et les sortilèges.
Plus elle s’éloignait, plus elle savait qu’il perdait des forces.

Il avait rassemblé toutes ses forces dans ce sortilège-là pour la sauver.

Parce qu’ils le savaient tous les deux : le sortilège qu’il avait reçu n’arrêterait pas de se propager encore et encore jusqu’à ce que mort s’en suive.
Et ils savaient, lui comme elle, qu’une fois que se serait fait, elle se jetterait dans la mêlée en colère, désespérée et en mission suicidaire.

Alors elle le savait, il avait fait ça pour elle dans un dernier élan d’amour, dans un dernier geste d’un mari à sa femme.

Elle courrait à en perdre haleine.
Elle courait en pleurant, ne faisant pas attention aux branches des arbres qui la griffaient, ne faisant plus attention à son souffle qui se faisait saccadé. Elle ne pouvait que continuer d’obéir au sortilège jusqu’à ce qu’il décide de l’arrêter ou alors que…

Elle s’interdit cette pensée et continua de courir.

Earl était fort, il allait s’en sortir.
Il s’en sortait toujours.
Elle avait confiance en lui.
Et elle avait cet espoir fou qu’elle s’était trompé dans son diagnostic.

Après tout, elle était elle-même en état de stress parce qu’elle s’inquiétait pour lui. Alors elle aurait très bien pu faire une erreur ?

Tu le sais parfaitement que tu ne t’es pas trompée…

Et les sanglots reprirent alors qu’elle courrait encore et encore. Et puis, quelques minutes plus tard, ou peut-être des heures plus tard ?, elle sentit les effets de l’impérium s’arrêter d’un seul coup.
Tombant alors de fatigue, elle atterrit sur la terre mouillée et les épines piquantes des pins sauvages. Le souffle court, elle essayait tant bien que mal de reprendre sa respiration… Mais les larmes la reprirent. Le sort c’était arrêté et elle savait.

Earl Clifford était mort et son dernier geste avant de mourir avait été de la sauver.

******

Elle sentit cette violente douleur dans le bas de son ventre. Comme des aiguilles qu’on enfonçait encore et encore et qui, ne voulait pas ressortir.

Dans son sommeil, elle s’agite. Ne comprend pas ce qui se passe et sent son corps la réveiller violemment. Elle se plie dans le lit et se tient le ventre, sentant sa respiration se faire plus rapide et plus courte.

Elle sent Leviathan bouger dans le lit et elle se rend compte qu’elle l’a réveillé.

Mais elle s’en fiche, ce qui l’inquiète, c’est la douleur. Cette douleur est son ennemie et ça n’a rien à voir avec celle qu’elle éprouve depuis qu’Earl est…

Elle sent une plainte lui venir lorsqu’elle comprend ce qui se passe et elle sort du lit pour se mettre à courir vers la salle de bain. Refermant brutalement la porte derrière elle, la blonde d’une quarantaine d’année se tient toujours le ventre et voit avec des yeux écarquillés et paniqués qu’elle saignait.

Elle s’était mise à saigner le jour où on l’enterrait.

« Non, non, non, non… »

Elle s’entendait à peine.
Elle se voyait à peine.
Tout ce qu’elle ressentait c’était cette douleur et ce sang qui coulait entre ses jambes.

Elle était en train de faire une fausse couche.

« Bonnie ? Est-ce que ça va ? »

La voix de Leviathan, encore endormie, se faisait entendre à travers la porte de la salle de bain.

« Bonnie ? »

Elle se tourne alors vers lui et se rend compte qu’il est dans la pièce, son regard fixé sur les saignements qui ont taché son pyjama.

« Sors de là. Dégage. DEGAGE ! » hurle-t-elle sentant les larmes dévaler ses joues.

Elle le repousse. Mais elle se sent si faible, elle se sent tellement désespérée, et triste, et mal, qu’elle se rend compte qu’elle est dans ses bras.

Et qu’elle pleure toutes les larmes de son corps la perte de la dernière chose qui la raccrochait à Earl Clifford.

*****

Ils étaient nombreux.
Plus nombreux qu’elle ne l’aurait pensé en réalité.
Tous vêtus de noir.
Tous regroupé autour de cette tombe ouverte.

L’assemblée faisait face à la tombe ouverte d’Earl Clifford. Elle se tenait à côté de Leviathan, lui tenant la main. De l’autre côté, Irma, sa belle-mère pleurait silencieusement la mort de son seul et unique fils.

Elle n’avait pas osé s’avancer vers elle en arrivant.
Elle n’avait osé de rien et pourtant la femme à la peau hâlée s’était approchée d’elle pour lui poser une main sur le ventre et s’apprêtant lui dire quelque chose.

Bonnie avait posé sa main sur celle d’Irma Clifford et d’un regard rempli de larme, elle avait fait un mouvement de tête que celle-ci avait parfaitement compris.

La main d’Irma avait tremblé sur son ventre mais la femme s’était rapproché d’elle pour la prendre dans ses bras et lui souffler :

Tu seras toujours de la famille, Bonnie.

Elles étaient restées elles ne savaient combien de temps dans les bras l’une de l’autre, pleurant silencieusement.

Puis, la cérémonie avait commencé. Les sorciers, collègues, amis, connaissances et autres d’Earl Clifford étaient tous présents et Bonnie remarqua même Serguei ainsi que leurs amis proches dans la foule. Elle ne leur adressa pas un sourire et se contenta de s’asseoir à moitié là, à moitié ailleurs sur le siège qui lui était destiné.

On avait chanté l’hymne américain sorcier. Des représentants du MACUSA, en réalité, tous les membres de leur escouade avaient revêtu leur uniforme pour finalement tirer en l’air avec leur baguette trois fois en l’hommage de leur coéquipier mort sur le champ de bataille.

Trois coups.
Trois coups qui avaient résonné dans son cœur.
Trois coups qui le lui avait un peu plus fendu.

Elle regardait la femme plier le drapeau du MACUSA et d’un geste souple mais droit se tourner vers elle et le lui remettre, le visage fermer, sans un mot.

Bonnie Clifford regarde le drapeau plié longuement.

Earl Clifford était mort dans l’exercice de ses fonctions et tout ce qui lui restait de lui n’était pas le bébé qu’elle avait perdu le matin même de la cérémonie…

Mais ce stupide drapeau.


Our bonfire heart

You like the spark • People like us we don’t need that much just someone that starts starts the spark in our bonfire hearts
BLACK PUMPKIN


Dernière édition par Bonnie B. Boston le Sam 16 Sep - 10:54, édité 13 fois
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mischief managed
mischief managed

Répartition : 07/09/2017
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Bonnie B. Boston, Jeu 7 Sep - 20:56 (#)
Histoire
Happiness can be found even in the darkest of times

Ca avait été la meilleure solution, elle en était encore persuadée.

Partir pour revenir peut-être un jour, quand ça irait mieux.

Elle avait vendu leur appartement.
Elle avait laissé les vieux meubles chez Leviathan.
Elle avait pris son argent.
Elle était monté dans le premier vol pour une destination au hasard.

Et elle avait entamé son exile.

C’était la meilleure chose à faire.
C’était la meilleure chose pour ne pas revoir ces lieux communs, ceux où qu’elle avait foulé main dans la main avec Earl, ceux où elle avait mangé une glace, ceux où ils s’étaient embrassés, ceux où ils avaient vécu.

Ceux où l’empreinte invisible d’Earl Clifford était encore bel et bien présente.

Alors elle était partie, loin de tout ça. Le plus loin possible. Pensant qu’elle échapperait au deuil.

Il n’en était définitivement rien.
Elle s’enfonçait encore plus en réalité.

Elle recevait de temps en temps des hiboux d’Irma, Leviathan, de leurs amis, mais elle n’y répondait pas.

Elle ne voulait pas de leur pitié.
Elle voulait qu’on la laisse tranquille.

Et elle se retrouvait après, elle ne savait combien de temps de voyages, en Afrique du Sud. Elle perdait la notion du temps mais savait que cela faisait moins, beaucoup moins d’un an qu’on avait enterré Earl et qu’elle était partie.

Alors elle se retrouvait en Afrique du Sud et rentrait dans ce bar de blancs. Tout était moldu ici. Elle ne souhaitait pas rencontrer de sorcier, elle voulait simplement retourner à sa source rien de plus. Alors il lui semblait qu’aller boire un peu ici, parce qu’il faisait chaud et qu’elle avait soif était une bonne solution.

Elle était en short et en débardeur, son sac panda qui contenait toute ses affaires sur ses épaules. Elle s’approcha du bar et commanda une bière de son accent américain. Ce fut à cet instant qu’elle la remarqua.

Elle irradiait à côté d’elle.
Elle irradiait de tristesse.
Elle irradiait de beauté.

Ses cheveux blonds qui semblaient doux. Sa robe de sorcière particulière. Ses bracelets bizarres. Ses deux yeux bleus semblables à des océans infinis. Ses lèvres rosées.

Cette tristesse dans son regard.
Cette communion de leurs deux âmes et leur regard qui s’échangeait.

Bonnie reste un instant, silencieuse, ne sachant pas trop quoi faire, ne comprenant pas trop ce qui se passait.

Puis, elle parle :

« Tu attends quelqu’un ? »
« Oui, mais je crois que cette personne ne viendra pas malheureusement. »

Sa voix était claire. Sa voix était douce. Sa voix était vibrante.

Bonnie sentait son cœur chavirer et se remplir d’émotions.

« Ca te dérange si… » commença-t-elle.
« Bien sûr, que tu peux rester avec moi. » l’interrompit la femme, comme si elle avait lu dans ses pensées.

Elle s’assit alors à côté d’elle et récupère la bière qu’on lui a servie. Son regard se focalise de nouveau sur la femme d’une quarantaine d’année à ses côtés. Elle a cette impression surréaliste qu’elle ne peut pas trop la regarder parce qu’elle irradie trop.

Comme le soleil.

« Tu es ici depuis longtemps ? A Johannesburg, je veux dire. »
« Un peu trop longtemps oui. Et toi ? »
« Je viens juste d’arriver. »

Silence.

« Tu viens ici en vacances ? »

Elle la regarde. Son regard se teinta de tristesse et elle finit par répondre :

« On va dire ça oui. Et toi ? Tu es là pour les vacances ou pour le travail ou… ? »
« Non… Je suis ici pour avoir des réponses. »


Bonnie ne comprit pas réellement à quoi la blonde faisait référence et sentit qu’elle ne voulait rien savoir. Probablement parce que sa présence l’apaiser et qu’elle avait envie de parler de toute autre chose que de leurs problèmes.

Probablement parce qu’elle se sentait bien, là, avec elle, sans même expliquer pourquoi.

« Tu comptes quitter bientôt Johannesburg ? »

La blonde reste un instant silencieuse, puis finit par lui répondre d’une voix basse :

« Je ne sais pas. »

Nouveau silence. Et Bonnie Boston se rend compte qu’elle est soulagée. Parce que « je ne sais pas » est un espoir qu’elle restera. Parce que je ne sais pas est peut-être une promesse qu’elles se cotoyeront plus… ou pas du tout.

« Au fait, je ne t’ai pas demandé. Comment t’appelles-tu ? Moi c’est Bonnie. »

Un sourire se dessine sur les lèvres de la femme aux manières douces et au regard ailleurs et elle tend la main à l’américaine en lui soufflant d’une voix envoutante :

« Astrid. »


******

Combien de temps ?
Trois mois.
Trois mois que la bulle s’était formée pour former un espace étanche envers le malheur, la tristesse et tout ce qui pourrait leur nuire.

Trois mois où chaque matin, elle s’était réveillée aux côtés de l’anglaise, adoptée française.
Trois qu’elle avait embrassé ses lèvres, caressé son corps, retrouvé un semblant de vie dans cette tornade de deuil.

Trois mois qu’elle vivait à Johannesburg avec Astrid de Breteuil.

Et tout avait été parfait. Tout avait respiré cette sorte d’accalmie dans la tempête. Comme si elles étaient dans l’œil du cyclone et qu’elles avaient cette parenthèse pour les abriter.

Cette parenthèse qui durait depuis trois mois maintenant.

Et tous les matins, elle s’était qu’elle l’aimait. Elle en avait oublié son deuil. Elle avait rangé Earl dans une boîte dans sa tête et elle s’était simplement laissée aller.

Mais ce matin-là, il lui semblait que tout reprenait sa place.
Il lui semblait que le chaos s’abattait de nouveau sur elle.

Elle n’éprouvait plus la même paix en regardant Astrid dormir. Elle n’éprouvait plus l’envie de la réveiller, de l’embrasser ou de la caresser. Ca n’avait rien à voir avec Astrid.

En réalité, c’était elle, Bonnie Boston.

Son regard se porte alors sur sa baguette magique.
Ce n’était plus qu’un morceau de bois mort.
Ce n’était plus rien depuis maintenant une journée et elle sentait que son cœur était mort alors que le crin de licorne avait décidé de s’éteindre.

Le verdict était tombé lorsqu’elle avait amené sa baguette à un fabricant de Johannesburg.

Elle n’en avait pas dormi de la nuit.
Elle avait beaucoup réfléchi.
Elle avait observé le corps endormi d’Astrid, elle, si paisible.

Et puis le jour était arrivé.
Et sa décision avait été prise.
Le paradis avait trop duré.
Merlin avait décidé de la punir parce qu’elle…

Parce qu’elle avait oublié Earl en se laissant aller avec Astrid.
En s’autorisant à être heureuse avec Astrid.

Alors la mort dans l’âme, le cœur en miette et sachant pertinemment qu’elle allait briser celui de l’anglaise, elle rassemble ses affaires dans son sac sans un bruit pour ne pas la réveiller.

Elle ne voulait pas lui dire adieu.
Elle ne voulait pas des au revoir en pleurs, des explications qu’elle devait donner… Alors que toutes les deux s’étaient parfaitement tues pendant ces trois derniers mois sur leur passé et leur souffrance.

Ca aurait été trop dur.

Et elle ne pouvait plus perdre de temps, son deuil n’était pas terminé.

Alors, elle avait ramassé ses affaires alors qu’Astrid dormait. Elle s’était habillée, avait glissé sa baguette morte dans la poche de sa sa veste en cuir et avant de passer le seuil de la porte, elle s’était arrêtée, soudainement indécise.

Elle avait su que si elle faisait ce qu’elle avait l’intention de faire, si elle fuyait, elle retournerait à ce qu’elle avait connu.
A cette tristesse qui l’étouffait de toute part.
Elle ne sourirait plus.
Elle ne rirait plus.
Et elle ne reverrait sans doute plus jamais cette femme qu’elle aimait.

Et Bonnie avait passé le pas de la porte sans se retourner en passant que ça n’était que justice pour avoir trahi Earl.
Que c’était sa punition à elle, son fardeau et elle l’acceptait.

*****

Elle regarde la lettre à l’écriture fine et distinguée. 9 ¾. Elle devait se rendre à la voie 9 ¾ et Bonnie n’avait strictement aucune idée d’où pouvait se trouver cette voie Elle avait pourtant cherché depuis un moment maintenant mais impossible de la trouver.

Elle commençait à sentir l’agacement la saisir.
Il était presque l’heure et elle allait rater le Poudlard Express si ça continuait.
Sans doute aurait-elle dû envoyer une lettre à Leviathan pour qu’ils se retrouvent quelque part.
Sauf qu’elle avait eu envie de lui faire la surprise.

Il n’avait aucune idée d’où elle pouvait bien se trouver à présent malgré le fait qu’il l’ait harcelé de hiboux pour qu’elle se bouge les fesses à son tour pour faire quelque chose d’utile à sa vie.

Un an déjà qu’Earl était six pieds sous terre.
Un an qu’elle errait sur la planète changeant constamment d’endroit aux grés de ses envies.
Année sabbatique qui lui avait fait du bien, tout du moins, cherchait-elle à s’en persuader.

Elle avait finalement cédé devant les missives de plus en plus pressantes de son ami qui commençait à vrai totalement délirer. Comme le fait de la retrouver et de la ramener illico presto pour qu’elle arrête ses conneries…

Un sourire amusé et moqueur se dessina sur ses lèvres à cette pensée.

C’était plutôt elle qui lui aurait botté les fesses mais enfin… Enfin, elle avait finalement reconnu qu’il avait raison. Si Earl aujourd’hui était mort et enterré, elle se doutait qu’il n’aurait sans doute pas souhaité qu’elle gaspille son talent et son énergie.

Alors elle s’était rendue à Poudlard et avait postulé en tant qu’infirmière.

Elle qui était d’habitude dans les champs de combat avait décidé qu’elle prendrait sa retraite à Poudlard. Et elle se retrouvait donc ici, à la gare de King Cross en essayant de trouver son chemin. Remettant son sac à dos en forme de panda pour tout bagage, elle finit par se diriger vers une famille qui semblait particulièrement pressée :

« Allez les enfants ! Vous allez rater le Poudlard Express ! »

Apparemment, elle avait la réponse à ses questions et elle suivit la petite famille.

Ce fut avec stupéfaction qu’elle les vit courir et disparaitre à travers le mur. S’arrêtant, elle resta un instant dubitative et méfiante. Après quelques minutes à regarder attentivement le mur et à en faire le tour, elle se rendit compte qu’elle devait sûrement être là la fameuse entrée sur la voix 9 ¾. Un sourire moqueur sur les lèvres, elle s’adresse au poisson rouge dans le sac plastique qu’elle avait dans la main :

« Nemo, ça te dit de te prendre un mur toi aussi ? »

Celui-ci tournait indifféremment dans son eau et Billie soupira.
Elle se mit finalement en marche et quelques secondes plus tard se retrouva sur le quai où le Poudlard Express fumait déjà.

Une foule impressionnante se tassait là.

Parents et enfants, tous s’étaient donné rendez-vous pour la rentrée. Bonnie cependant, ne souhaita pas s’attarder, ayant soudainement mal au cœur en voyant tout cet amour et ces au-revoir entre parents et enfants.

C’est donc sans ménagement qu’elle finit par trouver une cabine où deux élèves s’y trouvaient déjà. Ces deux dits élèves la regardèrent bizarrement et Bonnie demanda alors :

« Voussavezoùsetrouvelecompartimentdesprofs ? »

Les deux étudiants la regardèrent avec des yeux ronds, n’ayant visiblement pas compris ce qu’elle venait de dire. Bonnie, agacée parce qu’elle avait l’impression de parler correctement, insista toujours à la même vitesse et avec son accent américain incompréhensible.

Sans avoir de réponses, elle finit par s’agacer et tendit son poisson à un étudiant :

« Je te le confis. »

Puis, elle se détourna et s’allongea sur la banquette pour dormir.

*****
Le train était parti depuis maintenant un bon moment et surplombait un pont et Bonnie dormait toujours quand soudainement, le train fut pris de secousses violentes. Réveillée par les secousses, elle vit les deux étudiants qui discutaient depuis un moment à voix basse se retrouvés projetés contre elle et les deux valises leur appartenant leur venir dessus.

Bonnie sentit son souffle se couper à l’instant où l’une des valises la percuta.

Ne comprenant pas ce qui se passait, elle se releva cependant rapidement non sans ressentir une douleur dans sa jambe. Les deux étudiants ne semblaient pas blessés, les relevant cependant, elle leur demanda :

« C’est normal ces secousses ? »

Les deux étudiants lui répondirent que non et la blonde comprit que quelque chose n’allait pas. Ne s’affolant pas pour autant, elle alla relever les valises et…. Se rendit compte que son poisson était mort, écrasé.

« Nemo… » murmura-t-elle, sentant les larmes lui monter aux yeux.

Puis, se fut la colère qui la saisit et sans attendre, elle sortit en trombe de sa cabine et s’écria agressivement :

« Putain mais il a appris à conduire où le chauffeur de ce… »

Et elle s’interrompit.

Le chaos était tout autour d’elle.

Un groupe d’étudiant, visiblement tous de la même maison semblaient paniqués. Des étudiants, blessés ou pas sortaient affolés des compartiments.

Bientôt, elle comprit que le wagon 4 dans lequel elle se trouvait s’était détaché et qu’ils étaient sur le pont…

Et qu’il y avait un autre problème aussi.

Ne voulant pas le croire en premier lieu, elle se dirigea donc vers la fin du wagon 4 au moment même où Leviathan sortait de son compartiment.

« Il se passe quoi Leviathan ? Tu n’as rien ? »

Et n’attendant pas sa réponse, elle le prit dans ses bras. Après cet échange, elle se tourna vers le cinquième wagon et déglutit. La situation était incroyable. Le wagon 5 était suspendu dans le vide et menaçait d’entrainer le leur. Des étudiants se trouvaient dans le wagon et il fallait les sortir de là.

« Je vais en bas Leviathan, aider ceux qui ont besoin... » murmura-t-elle et avant qu’il n’est pu l’arrêter, elle se laissa glisser sur le sol qui avait un angle bien particulier. Elle s’arrêta finalement aux derniers compartiments, et rentra dans l’un d’entre eux.

Deux étudiants était évanouis et l’un d’entre eux saignait abondamment.

Bonnie se dirigea vers eux et s’assit à ses côtés. Vérifiant le pouls, elle constata qu’il était vivant mais assommé. Ne prenant pas plus de gants, elle le réveilla avec des gifles au visage.

« Qu’est ce qui se passe… Aaaargh ! »

Elle lisait la panique sur son visage et elle le vit alors bouger. Il fallait justement qu’il évite.
Sans attendre, elle s’affaira sur lui, ne prenant pas le temps de répondre à ses questions : elle ne pouvait pas perdre du temps avec ça, d’autres étudiants avaient besoin de son aide. Elle ne vint donc pas le rassurer, de toute façon la situation était très loin d’être sécurisante.

S’attaquant à sa jambe qui saignait, elle sortir de son sac en forme de panda, des bandages et une potion qu’elle lui versa dessus. Il n’avait rien de bien grave, juste une plaie ouverte mais avec un désinfectant tout irait bien. Elle le banda sans plus attendre et passa à l’autre.

C’est fini pour lui. constata-t-elle.

Son cou avait un angle qu’il n’aurait pas dû avoir. Une horrible sensation lui parvint alors au niveau de son abdomen.

Elle avait envie d’hurler.
Elle avait envie de pleurer.
Elle était révoltée.
Qu’est ce qui avait provoqué ça ?
Qu’aurait-elle pu faire pour sauver ce gosse ?
Il avait quoi 12 ans ?

Avant que l’émotion ne la saisisse d’avantage, elle se détourna sur corps et s’apprêta à sortir quand la voix de l’autre étudiant, affolé, s’écria :

« Mais qu’est ce que vous faites ! Mon ami !... »
« Je ne peux rien faire pour lui je suis désolée. »

Elle posa son regard sur l’étudiant.
Le cœur serré, elle osa à peine l’observer, ne sachant que trop bien ce qui pouvait se passer dans sa tête. Il hurla, lui demande de faire quelque chose.

Bonnie se dirigea finalement vers lui et posa ses mains sur les épaules du garçon tout en plongeant son regard dans le sien :

« Il est mort. Maintenant, si tu ne veux pas le suivre dans les limbes, je te conseille de sortir d’ici… ou tout du moins d’essayer… »

Elle savait que ça ne changerait rien, qu’il continuerait de crier et de s’indigner. Mais elle ne pouvait rien faire pour son camarade et elle sortir du compartiment sans plus attendre.

Plus le temps passait, plus Bonnie se disait que la situation était catastrophique.

Elle voyait les blessés et même les morts se multiplier et elle pleurait de l’intérieur, ne montrant pas que tout cela la chamboulait énormément. Elle ne perdait cependant pas de temps, retrouvant ses réflexes qu’elle pensait avoir perdu avec le temps, son cerveau réfléchissant à toute vitesse.

Elle sentait même presque l’adrénaline la saisir et elle ne pouvait s’empêcher de penser que finalement, elle aimait cette sensation.

Bonnie continuait malgré tout d’avancer dans les wagons en sachant que Leviathan était en train de s’occuper des wagons du haut. Elle remontait doucement, difficilement mais sûrement vers lui, essayant au maximum de s’occuper des blessés et d’inciter les gens valides à essayer de sortir par la corde qui avait été lancée.

Bonnie entendit plus tard que les aurors étaient venus à leurs secours et commençaient à faire sortir le plus calmement possible les étudiants.

Certains aurors se retrouvaient dans le wagon suspendu et aidaient les étudiants qui pouvaient encore bouger à sortir.

Bonnie quant à elle, rentra dans un des compartiments qu’elle n’avait pas encore fait et tomba sur une étudiante de onze ans, la tête en sang.

Elle semblait totalement hébétée par la situation et Bonnie, sans attendre, se dirigea vers elle.

« Qu’est-ce que si se passe ? »

Bonnie se pencha vers la fille et essaya de mesurer les blessures que celle-ci avait sans rien lui dire dans un premier temps. Puis, voyant la petite fille fondre en larme et se plaindre de sa jambe, Bonnie constata avec horreur que celle-ci était broyée et inutilisable.

« Hey, ma chérie… » commença-t-elle d’un ton qui se voulait rassurant.
«  Il faut sortir de là ! On n’a plus le temps, le wagon va tomber ! » s’écria un auror plus haut.
« Je veux voir mon papa et ma maman… » pleura encore la jeune fille et Bonnie posa une main sur l’épaule de la petite fille pour lui dire d’un ton encore rassurant :

« Calme-toi d’accord ? Je te promets qu’on va sortir de là et que tu retrouveras tes parents… Mais pour l’instant j’ai besoin que tu m’aides et que tu sois forte, d’accord ? »

La petite acquiesça de la tête et Bonnie continua.

« Je ne peux pas te déplacer toute seule mais je vais remonter pendant cinq minutes pour aller chercher quelqu’un qui pourrait m’aider, d’accord ? Je te promets que je reviendrais. »

Le petite reste silencieuse et Bonnie lui adresse un sourire rassurant avant de quitter le compartiment tant bien que mal et de remonter.

Un des aurors la prit par le bras pour la sortir violemment du train et s’exclama :

« Le train va tomber, sortez ! »
« il y a encore une petite fille dedans. Elle a une commotion cérébrale sévère, saigne abondamment et sa jambe est totalement inutilisable. Il me faut de l’aider pour la remonter…. »
« C’est trop tard. »

Elle s’apprêta à lui répondre violement mais elle n’eut jamais le temps de dire quoique ce soit ;

Le wagon bougeait et glissait le long de la voie pour finalement tomber dans le vide sous les yeux horrifiés des survivants.
Bonnie regarda le train tomber dans le vide.
Et les voix qui hurlaient finirent par s’arrêter quelques mètres plus bas au même moment où Bonnie Boston ratait un battement de cœur.
Parmi ces voix, celui de la petite fille qu’elle n’avait pas pu sauver.

*****

La chaleur qui envahissait Boston en cette fin de journée était épouvante. Bonnie Boston ne s’en étonnait toujours pas malgré le fait que cela faisait à présent trois ans qu’elle n’y avait plus mis les pieds.

Cela avait un goût particulier de revenir ici.

Elle reconnaissait les coins de rues, les endroits. Tout était rempli de souvenir qu’elle se remémorait avec une certaine nostalgie.
Il lui semblait qu’à une époque, elle n’aurait pas pu y mettre les pieds.
Il lui semblait que tout ce dont elle se souvenait de cet endroit, cette ville qui l’avait vue grandir, voler, aimer, détester, se marier aussi et perdre tout ce qu’elle avait.

Cette ville qui remplissait son cœur d’un certain amour aussi.

Elle ne pouvait pas le nier, Bonnie Boston aimait sa ville en bonne américaine qu’elle était. Mais une certaine tristesse s’emparait d’elle alors qu’elle passait le petit portail du cimetière.

C’était malgré tout douloureux tout cela mais la douleur n’était plus aussi vive. Ce n’était qu’un rappel de tout ce qu’elle avait vécu, un rappel qu’elle n’était pas sortie indemne de tout ça et qu’elle n’oublierait jamais.

Son regard clair se posait sur les lieux.

L’herbe y était coupée fraichement, verte malgré la canicule qui avait lieu. Elle était toujours étonnée de voir que les lieux de culte ou les cimetières étaient aussi préservés. Les tombes, fleuries, blanches ou plus foncées, plus extravagantes ou simples se tenaient là, éternelles alors que les corps avaient pourris et disparus depuis bien longtemps.

Elle s’avançait dans les allées du cimetière et plus elle s’approchait de l’endroit, plus elle se rendait compte que le calme se faisait en elle. Elle se souvenait qu’à une époque, elle aurait eu le cœur en miette, les larmes aux yeux et aurait probablement fait demi-tour. Ce temps semblait pourtant révolu alors que le deuil de son mari était fait.
La tombe était parfaite, blanche, pure et simple.
Aussi simple que lui.

Elle se rappelait d’un Leviathan qui avait voulu lui faire une tombe extravagante. Un sourire se dessine sur ses lèvres alors qu’elle s’arrête devant celle-ci. Elle ne savait plus réellement ce qui s’était passé pour qu’il accepte enfin de ne pas le faire.

Peut-être qu’Irma, la mère d’Earl était aussi intervenue mais il semblait fantasque et impensable pour Bonnie Clifford de lui donner une telle tombe.

Earl Clifford avait été un homme d’une simplicité exemplaire, totalement en contraste avec l’extravagance de celui qu’il considérait comme son frère. Alors il avait cette tombe, aussi simple et représentative de la personne qu’il était et alors que son regard lisait les mots sur la tombe blanche, elle se pencha sur celle-ci et s’assit sur le sol.

« Bonjour Clyde. »

Sa voix était douce, calme, alors qu’un sourire désolé se dessinait sur ses lèvres.

« Je suis désolée, je sais que j’aurais dû passer plus tôt. Mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? »

Elle ne savait pas s’il l’entendait.

Bonnie Boston ne croyait pas à un quelconque dieu, pas plus qu’elle ne croyait à un paradis quelconque ou un enfer. Il n’y avait d’après elle pas de vie après la mort.

Pas plus qu’il n’y avait de sens véritable à leur vie.

Les choses arrivaient à cause de leurs choix. Des choix qui se voulaient les moins pire possibles. Elle ne savait pas non plus s’il l’entendait.
A vrai dire, s’il devait être quelque part il n’était autre que dans son cœur qu’elle avait rafistolé tant bien que mal.

Alors il s’agissait d’une discussion entre elle et elle.
Une discussion qui lui était attribuée pour faire le point.
Pour finir de faire la paix aussi.

Elle ne doutait pas que de son vivant, Earl aurait été compréhensif.

Elle était enfin là.

Elle était enfin prête.

« Tu me manques, tu sais. Tu me manques énormément. »

Sa voix se brisa un instant alors qu’elle ferma un instant les yeux, se remémorant avec quelques difficultés ses caresses, ses baisers, ses sourires. Et le visage d’Astrid se transposa à celui d’Earl alors qu’elle rouvrit les yeux.

« Je voulais te dire que beaucoup de choses se sont passées depuis mon départ. J’ai finalement fait la paix. Avec moi. Avec… tout ça. »

Elle se mit à rire doucement avant de s’entendre dire, les larmes aux yeux.

« Oui, je ne suis plus aussi bornée que tu peux le penser… »

Elle rit encore avant de finalement reprendre plus sérieusement.

« Levi et moi avons un enfant. Enfin, comme tu te doutes, pas réellement comme tu l’entends. Mais… Feng est une enfant adorable. Tu l’aurais adorée tu sais. Et nous avons décidé de lui donner ton deuxième prénom, Remy. »

Elle sourit de nouveau avant de reprendre.

« Je sais que ce n’est pas ce dont tu aurais rêvé mais… C’est déjà un petit bout de bonheur, tu ne crois pas ? »

Silence.

« Je… Je crois que je suis heureuse Earl. Oh, c’est encore compliqué, tu sais. Rien n’est facile. Mais… je suis heureuse et… »

Elle posa son regard sur ses mains avant de reprendre, presque gênée.

« Je suis amoureuse. »

Elle se vit se tordre les mains.

A une époque, elle n’aurait jamais accepté ses sentiments.
A une époque, elle aurait nié en bloc.

Pourtant, les sentiments qu’elle éprouvait pour Astrid étaient bien là et Bonnie ne se voyait pas nier de nouveau. Cela ne lui faisait à vrai dire plus mal de le penser. Elle savait qu’Earl aurait toujours sa place et qu’elle lui était liée à jamais. Mais elle avait envie d’un signe, elle avait aussi envie de bénédiction.

« C’est débile n’est-ce pas ? Je cherche à ce que tu me répondes alors que je ne pense pas que tu puisses le faire… Je sais que je n’ai rien à me reprocher et que la vie continue mais… J’aurais aimé ton avis malgré tout. Et je continuerais de t’aimer malgré tout… »

Le silence retomba alors qu’elle s’arrêtait finalement dans ses pensées.

Et puis, finalement, dans le silence, elle sentit une brise légère passer au niveau de sa nuque qui lui donna la chair de poule.

Elle se rappela alors qu’il l’embrassait sur la nuque de temps en temps de son vivant et alors qu’elle fermait les yeux un sourire se dessina sur ses lèvres.

Earl Clifford parmi les morts, peu importe qu’il existe un quelconque dieu ou pas, lui donnait sa bénédiction.

Alors qu’elle quittait le cimetière, le sourire aux lèvres, des larmes de bonheur dans les yeux, elle s’arrêta finalement, respira un bon coup avec cette idée qu’il était peut-être temps, une bonne fois pour toute d’avoir droit à un petit peu de bonheur.

******

« Bonjour. Excusez-moi ? »

L’homme s’arrête et la regarde, étonné. Elle brandit une photo sous son nez et lui demande :

« Est-ce que vous avez vu cette jeune fille ? »

L’homme lui répond qu’il est désolé mais qu’il ne l’a jamais vu et repart. Bonnie Boston le regarde s’en aller en soupirant, un brin agacée et désespérée. Son regard est attiré quelques instants par Astrid qui elle aussi, brandit une photo, différente de la sienne cependant, mais dont la question était toujours la même :

Est-ce que vous avez vu cette jeune fille ?

Elle sent le désespoir s’emparer de sa compagne et Bonnie range alors la photo de Quinn Warren, sa demi-sœur disparue depuis presque un mois, dans sa poche, pour se diriger vers Astrid.

Elles sont désespérées.
Elles ne savent plus que penser de tout ça.

Charlie, la fille d’Astrid a disparu et il en allait de même pour Quinn. Cela faisait un moment qu’on entendait parler des disparitions, mais ni l’une, ni l’autre n’avait pensé que tout ceci les toucherait directement.

Elles s’étaient lourdement trompées de toute évidence.

Alors, tous les week-end depuis la disparition des deux jeunes filles, elles partaient dans les rues de Londres pour tenter de trouver une trace de leurs proches.

Sans succès.

« Astrid ? » demanda Bonnie alors que la blonde se tournait vers elle.

Et Bonnie lut dans son visage tout le désespoir qu’elle éprouvait. Charlie était son unique enfant et le dernier membre de sa famille. Bonnie comprenait. Si on lui arrachait Feng….

« Allez, viens, on rentre. »

Elle lui saisit sa main et la tire. Elle sait que sa compagne ne voulait pas partir. Elle sait qu’elle voulait continuer à chercher encore et encore. Astrid avait abandonné son poste à Poudlard depuis la disparition de sa fille et passait ses journées à chercher encore et encore ; Quant à elle, Bonnie, malgré le début de rentrer chaotique à Poudlard, elle avait décidé de garder son poste d’infirmière et ne s’afferait que les week-end et les soirées. Elle devait continuer à s’occuper l’esprit, sans quoi elle savait qu’elle allait devenir folle.

Et elle devait s’occuper de Feng.

Mais malgré ses efforts, elle culpabilisait. Cela faisait quelques temps maintenant qu’elle était au courant de son lien de parenté avec Quinn et elle se sentait désespérée. Les choses la touchait plus qu’elle ne l’avait bien voulu et si les parents de sa demi-sœur ne faisaient rien, elle, elle était résolue à retrouver sa demi-sœur sachant pertinnement que sa disparition n’avait rien, strictement rien de normal.

Mais ce jour-là, elles faisaient encore chou blanc et il était temps de rentrer, de se reposer, de tenter de se rassurer.

Transplanant, les deux femmes arrivèrent à Pré-Au-Lard, devant leur maisonnette et Bonnie décida de laisser Astrid rentrer chez elles, pendant qu’elle allait récupérer Feng chez Leviathan et elle.

Dix minutes plus tard, elle était dans l’immense maison qu’ils avaient acheté et fut surprise de ne pas voir arriver Feng pour lui sauter dans les bras.

Son cœur se mit à battre plus vite et elle eut peur un instant…

« Bonnie ? »

La voix de Leviathan, calme et sereine, la rassura alors. Elle sut au son de sa voix qu’il était à l’abris chez eux et que Feng allait bien.

« Oui, c’est moi. » lui répondit-elle sans entrain.

En réalité, il comprenait trop bien dans quel était d’esprit elle était vu qu’il la connaissait depuis trop longtemps.

Elle le voit lui tendre un verre d’alcool et elle le prend, le bois, ou plutôt l’engloutit sans ménagement, sans même se dévêtir, se laissant tomber sur le canapé en face de son meilleur ami.

Elle repose le verre.

Il parle :

« Demain, tu pars aux Etats-Unis avec Feng. »
« Quoi ? »

Elle ne comprend pas. Elle n’a pas saisie le sens de sa phrase parce qu’elle était trop surréaliste par rapport au contexte.

Partir ?
Aux Etats-Unis ?
Pourquoi ?

Mais elle n’eut pas besoin de le lui demander alors que son regard se posait sur celui de son meilleur ami.

Elle venait de parfaitement comprendre ce qu’il venait de lui dire.

« Tu rêves. J’ai un boulot ici. J’ai ma vie ici. Je dois retrouver Quinn et… »
« Tu n’as pas le choix. C’est pour ton bien. Votre bien. »

Elle se met à éclater de rire. Un rire amer. Un rire mauvais. Un rire rempli d’amertume.

Elle savait exactement ce qu’il était en train de faire. Il l’écartait. Il tentait de la protéger à sa manière.

Ce qui était drôle parce que c’était toujours elle qui le protégeait.

« Depuis quand c’est ton rôle de me protéger ? »

Il se met à rire et elle a envie de le gifler.
Puis, il se tait.
Puis, c’est le silence.
Puis, c’est la colère.

*****

C’était un appel du destin, elle en était persuadée.
C’était son karma peut-être ou quelque chose qui y ressemblait.

Bonnie Boston n’était pas du genre à croire qu’un Dieu venait tirer les ficelles de tout le monde mais cela faisait trop de coïncidences pour ne pas que ce soit suspicieux.

Feng Remy Faust-Boston avait hérité de ses pouvoirs magiques la veille de la bataille de Godric’s Hollow.

Bonnie avait assisté à la scène. Il n’y avait pas eu de joie la concernant. Il n’y avait pas eu de bonheur et de fierté.

Il n’y avait eu que de la peur.
De la crainte.

Et cette crainte et cette peur s’étaient amplifiées lorsqu’elle avait remarqué qu’une substance magique, une essence se formait aux côtés de la petite fille aux traits asiatiques.

Un guépard.
Un guépard comme son papa il y a des années.
Un guépard en guise de patronus qui lui rappelait l’épée de Damoclès qui restait suspendue au-dessus de la nuque de la petite fille.

Feng avait explosé de joie. La mère de Leviathan aussi et elle était aussi persuadée que ce serait le cas pour Leviathan.

Mais pas elle.
Pas elle qui savait parfaitement ce que cela signifiait.
Pas elle qui savait qu’au Royaume-Uni, la guerre des patronus ne faisaient que commencer.

Cinq mois. Cinq longs mois qu’elle avait dû retourner aux Etats-Unis.
Cinq longs mois qu’elle avait dit au revoir à Astrid, la mort dans l’âme.
Quelques mois seulement qu’elle avait compris ce qui était arrivé à Quinn, à tous ces enfants disparus.

Et maintenant Feng, Feng qui avait eu ses pouvoirs, montré ses premiers signes de magie.

Elle avait essayé d’être heureuse pour sa fille. Après tout, Feng était épargnée de ce qui se passait sur le vieux continent et elle était à l’abris ici. D’autant plus que Sid, parce que Feng avait voulu l’appeler Sid, était un guépard magnifique et visible très en accord avec la petite Feng.

En soit, Bonnie était contente pour sa fille.
Mais le fait de voir le guépard aux côtés de celle-ci lui rappelait qu’elle n’était pas au bon endroit.

Ce matin-là, le matin de la bataille de Godric’s Hollow, elle préparait, comme tous les matins, son café pour partir au travail par la suite.

Elle observait, pensive, le liquide couler dans sa tasse au moment même où elle sentit une présence derrière-elle.

« Bonjour Bonnie. »

La voix était douce. La voix était calme. La voix était reconnaissable d’entre milles. Bonnie se retourna pour faire face à la femme. La mère de Leviathan Faust avait toujours été particulièrement belle et Bonnie regrettait parfois que la sagesse de celle-ci n’ait pas déteint de son fils.

« Bonjour, tu as bien dormi ? »
« Comme un loire, merci. Toi, en revanche, je n’ai l’impression que ça n’a pas été trop le cas ? »
« J’ai fais tant de bruit que ça ? »
« Disons simplement qu’une vieille femme comme moi ne fait pas des nuits forcément complètes. »

Les deux femmes se sourient.

« Qu’est-ce qui te préoccupe ? »

La question était simple et pourtant, Bonnie Boston se rendait compte qu’elle avait du mal à y répondre.

Beaucoup de choses, fut la première chose qu’elle voulut répondre mais elle savait que c’était insuffisant.

Après quelques secondes de silence, elle finit par soupirer et répondre calmement :

« Hormis le fait que je me fais chier ici ? Je ne suis pas là-bas. Ma fille a eu ses pouvoirs magiques mais je n’en suis pas satisfaite. Avec ce qui se passe… je crois que j’aurais aimé qu’elle n’en ait tout simplement pas… »

La main de la femme se pose sur son épaule et d’une voix toujours aussi calme lui répond :

« Tu es une lionne Bonnie Boston. Tu es une guerrière et cette situation ne te va pas. Leviathan a ses raisons, raisons que tu as parfaitement comprises, pour te renvoyer ici mais… »

Elle s’arrête, pensive à son tour.

« Agis comme une lionne pas comme lui le voudrait. Feng est une petite fille intelligente qui comprendra parfaitement tes choix et tes envies, tout comme elle comprend la décision de son père de rester là-bas. Et puis, elle sera en sécurité ici. »

Un instant Bonnie Boston se laissa aller par cette idée. Retourner en Angleterre, retrouver ceux qui comptaient pour elle. Se battre pour l’avenir de sa fille.

Ca avait du sens.

Mais elle se rendait compte qu’elle ne pouvait plus se lancer tête baisser. Un être comptait sur elle. Sa fille, Feng, n’était pas à laisser derrière. Et elle ne voulait certainement pas que celle-ci se considère comme abandonnée…

Sa réflexion s’arrête lorsqu’elle entend des battements d’ailes et un hibou, qu’elle ne reconnait pas se pose sur la table de la cuisine devant elle pour lui présenter sa patte. Les sourcils froncés, la blonde finit par retirer la lettre et le volatile s’envole à nouveau.

Elle brise le sceau de la lettre, parcourt l’écriture fine qu’elle ne reconnait que trop bien.
Relève la tête.
Son regard croise celui de la mère de Leviathan.

Elles n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre.
Bonnie Boston a pris sa décision.



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Dernière édition par Bonnie B. Boston le Dim 17 Sep - 12:20, édité 6 fois
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Bonnie B. Boston, Jeu 7 Sep - 20:56 (#)
+3 parce que je me suis fais avoir avec Greer roll


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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Leviathan M. Faust, Jeu 7 Sep - 20:57 (#)
BONNIE BOSTON OENFIDNJDKFI

je suis tellement contente de la revoir Twisted Twisted Twisted mes feels vont pas y survivre dead
je te pardonne ton manque de respect dans ton profil parce que je suis trop contente de revoir le plus beau brotp du monde roll bothan et le miroir double sens heh bothan, des bouteilles d'alcool et des papiers d'adoption heh sainte mangouste va finir par exploser i swear

t'es trop belle bonne en katherine Robert47cm


he has never tolerated the world around him
and it ate away at his skin, just as he did the same to its people. ✻ there are whispers of him, that he is as devouring as the promises made upon his name, they say there was never a heart pumping against his rib cage, there has never been any mercy in those eyes of his. However, few know that they are not truly wrong, his heart has long since slipped through the hollow spaces between his bones, melted into the sands as the earth above the underworld swallowed the blood of pallas.
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par O. Jill Peverell, Jeu 7 Sep - 21:11 (#)
MMMMMAIIIIIIIIS GEEEEEEENRE +3. Re-bienvenue Yeah!
Chou Chou Chou
On a besoin d'une infirmière :(
Perv !


No pain no gain
It's the moment of truth, and the moment to lie. The moment to live and the moment to die. The moment to fight. I do believe in the light. Raise your hands into the sky. When the fight will be done, when the war will be won, lift your hands toward the sun and always remember those you lost.©️ sweet peach

 
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Kai D. Blumenthal, Jeu 7 Sep - 21:44 (#)
Re bienvenue Brille ça fait plaisir de revoir Bonnie hihi


you said that your heart
was no longer soft
but even flowers can grow out from the cracks of stones.
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Nollaig S. Rowe, Jeu 7 Sep - 22:44 (#)
BONNIE :( :(
même si j'avais pas de liens avec elle, whatever, je la trouvais tellement badass comme personnage jaredditoui cette fois-ci je penserais à venir te réclamer un lien Daengelo
rebienvenue avec cette bombe Nih Chou


la vie est belle

c'était pourtant si clair de finir avec toi, ton sang est le mien, on ne fera plus qu'un. et nous serions invincibles, réussir au moins ça. nous voulions tous les possibles, aussi loin que l'on pourra. la vie est belle aussi cruelle que ça, elle nous ressemble parfois. moi, j'étais né pour n'être qu'avec toi. nous, on y aurait cru, seuls et tristes à la fois. tout ne finira pas juste ici, on y aurait vu que nos sourires et nos joies.


Dernière édition par Nollaig S. Rowe le Dim 10 Sep - 12:28, édité 1 fois
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Hella Ingherneils, Jeu 7 Sep - 22:59 (#)
rebienvenue Chou hate de pouvoir de nouveau suivre ses aventures hihi


❝ i've become so numb, i can't feel you there ❞ i'm tired of being what you want me to be, feeling so faithless, lost under the surface, i don't know what you're expecting of me, put under the pressure of walking in your shoes, caught in the undertow, just caught in the undertow.

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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Ayden M. Sassine, Jeu 7 Sep - 23:46 (#)
Oh ouiii, rebienvenue GAGA



L'OMBRE NE PEUT ÉTEINDRE LE FEU

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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Quinn L. Warren, Ven 8 Sep - 8:49 (#)
ma grande soeur Chou j'ai hâte de continuer leurs aventures à ces deux là, et d'avoir mal à mes feels Han! Han!

chotem.Chou love



MY HEART IS SAFE WITH YOU

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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Eachan Reid, Ven 8 Sep - 8:54 (#)
(re)bienvenue chez toi Chou j'exige un lien avec Eachan roll roll pour qu'ils se plaignent de Levi
Bon courage pour cette longue fiche SCREAMING


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AVENTURIER DE L'INCONNU, AVANT TU RIAIS DE L'INCONNU, AVANT TU RIAIS DU TEMPS QUI PASSE ET PUIS LE TEMPS EST PASSÉ. dans ta tête ça tourne pas rond, tes pensées sont des ellipses. le système te permet de voler mais c'est pas des ailes, c'est des hélices. contrôle-toi ou fais-toi contrôler. on peut être libre ou prisonnier de ses vices et si les enfants décident de prendre le relais les suivants subiront des années de sévices.

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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Delliha A. McLeod, Sam 9 Sep - 17:09 (#)
Citation :
Célibataire, mère deux enfants, Feng 6 ans et Leviathan Faust, 44 ans.

JE SUIS MORTE HOHOHOHOHOHOHOHOHHO Comme Levi prend cher Nih

j'ai hate de vous relire ensemble et noooo, faites pas exploser Ste Mangouste wuuuuut SCREAMING

rebienvenue à toi Chou J'ai hate de rp avec BB Nih et puis grave toujours aussi bonne cette blonde Cry




    heiress of extremists
    The extremes mark the border beyond which life ends, and the passion for extremism, in art as in politics, is a disguised desire for death.

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résistante au gouvernement rosier
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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par Léliana B. Kennedy, Sam 9 Sep - 19:41 (#)
JE REVEUX NOTRE LIEN AVEC RYAN GNOE hihi et Ethan aussi ça va de soi roll
rebienvenue chez toi Chou
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élève de Gryffondor
élève de Gryffondor

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Message Re: my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)
par P. Murphy Prewett, Dim 10 Sep - 9:05 (#)
Han! Chou Re-bienvenue à toi Daengelo


Encore un rêve
C'était à nouveau la valse des sourires. Etonnant comme parfois on prend des résolutions, on se dit que tout sera ainsi dorénavant, et il suffit d'un mouvement infime des lèvres pour casser l'assurance d'une certitude qui paraissait éternelle.
© ZIGGY STARDUST. - David Foenkinos
 

my love is like a soldier, loyal till i die (bonnie)

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