BELLUM PATRONUM


Version 29
Une nouvelle version a été installée sur le forum, accompagnée de son lot de nouveautés.
Vous pouvez la commenter ici.
Limite des sang-purs
Les sang-pur au nom inventé sont limités aux familles d'origine étrangère.
Merci de vous rediriger vers les familles de la saga ou les familles de membres pour le reste.
équilibre des groupes
En créant votre personnage, merci de considérer jouer un élève de Poudlard, dont les nombres sont réduits.
Si vous préférez jouer un adulte, considérez jouer un mangemort, dont nous manquons également.

a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
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Message a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Niamh K. Black, Ven 8 Sep - 15:59 (#)
Un craquement dans l’immobilité nocturne de l’immeuble. Des murmures, des gémissements, des grognements. Des plaintes. Des ordres. Une porte s’ouvre, se referme, puis, le calme et le silence à nouveau, comme si tout cette agitation n’avait été que les résidus d’un rêve. Replongez sans crainte dans votre sommeil insouciants, voisins. Il n’y a plus rien à faire cette nuit.

Un corps qu’on pousse plus qu’on ne dépose sur le canapé. Qu’on ordonne à l’immobilité, juste un instant. Qu’on implore au silence, juste le temps de… Juste le temps de retrouver ses esprits. Juste le temps d’étouffer ce tremblement qui agite ses mains.

- Expelliarmus.

Juste au cas.

Une bouilloire qu’on met sur le feu. Des potions qui volent à travers la pièce. Une missive, griffonnée sur un bout de parchemin arraché, une missive qu’on ne signe pas mais qu’on envoie dans l’épaisseur de la nuit accompagnée d’une plume de Caligula.

La hyène garde Jill. Il lui faudrait sortir de l’appartement si elle veut transplaner à nouveau.
La hyène est plus petite que le léopard, mais sa mâchoire est plus puissante. Pourront en témoigner tous ces élèves victimes du moyen d’intimidation préféré de Niamh depuis l’apparition des patronus : laisser Caligula tenir doucement, mais fermement l’un d’eux dans sa gueule béante et le laisser s’agiter jusqu’à ce qu’il réalise qu’il n’a pas la force de briser l’étreinte, pendant que Niamh parle doucement à son sorcier à l’attention dissipée.

Juste au cas.

Caligula garde Jill et Niamh grimace à chaque fois qu’elle se rend dans une pièce adjacente, tirant un peu sur leur lien de proximité. Chaque pas supplémentaire devient comme un coup en plein plexus solaire, mais elle a besoin de bouger. Elle a besoin d’aller chercher elle-même les choses dont elle a besoin. La magie ne suffirait pas à canaliser son énergie chaotique.

Niamh est agitée. Elle a rarement été si agitée. Elle ressent encore dans son corps les micro électrochocs de l’adrénaline. Elle a encore dans la tête des flashs de lumière, les échos des cris. Les corps abîmés et les cadavres ne l’émeuvent plus depuis un moment; la mort des autres, de tous ces inconnus, est chose courante. Mais dans l’environnement aseptisé de Sainte-Mangouste, là où il est normal de mourir, non pas dans le village sorcier si souvent visité. Non pas lorsqu’elle reconnait ces visages.

Niamh est dans un état épouvantable. Sa robe est tâchée, déchirée. Il y a du sang sur son visage. Il y a du sang sur ses mains. Il y a du sang qui s’accroche sous ses ongles, mêlé à la terre et à la poussière. Niamh est dans un état épouvantable, mais Jill est dans un état
encore pire.

-Beau bordel que vous avez fait là.

Niamh ne la regarde même pas. Elle imagine sa fureur. Nul doute qu’elle n’apprécie pas les nobles intentions de son amie. Nous dirons que c’est réciproque, en ce moment.
Niamh s’approche de Jill, un chiffon propre, de l’eau et trois flacons en main.

-Tu bois ça.

C’est la médicomage qui parle. Elle est sourde aux récriminations et aux plaintes de Jill, pour le moment, prête a la stupéfier si elle résiste. Elle partira si elle le désire, juste… juste pas maintenant…. Pas dans cet état… Elle lui tend un des flacons et se met à nettoyer ses blessures. Elle ouvre le deuxième flacon et taponne un onguent crème dans les plaies les plus moches.

-Pas de cicatrices avec ça.

Pas de traces de la bataille. Pas de souvenir physiques des prémisses d’une guerre civile dans laquelle elle s’était lancée tête première.

Niamh essaie de se concentrer sur sa tâche. Nettoyer et panser les blessures. S’assurer qu’il n’y ait rien d’autre, pas de traumatismes, de commotions. Tâter ses os. Sentir son pouls. Sentir la vie vibrer sous sa peau. Niamh essaie de se concentrer, mais sa respiration n’est pas régulière. Ses yeux sont pleins d’eau. Elle les essuie du revers de sa manche sale, un peu rageuse. Elle ouvre le troisième flacon, en prend une grande gorgée. C’est du whisky pur feu.

Sa main tremble encore.

C’est la première fois qu’elle revoit Jill depuis qu’elle a été enlevée.

Il est toujours risqué de revoir les êtres aimés. Ils disparaissent des cœurs et des esprits, peu à peu, au fur et à mesure qu’on les laisse s’éloigner de nos vies. Ils deviennent des souvenirs nostalgiques. Inoffensifs. Mais cela ne faisait pas encore assez longtemps pour qu’elle oublie toute l’affection qu’elle avait porté – qu’elle portait toujours – à la sorcière. La blessure était vive. Elle aurait voulu la serrer dans ses bras. Elle aurait voulu lui casser un bras.

C’était de leur faute… s’ils ne l’avaient pas kidnapper… pourquoi, pourquoi au juste? Pour menacer les autres enfants, les autres sang pur? Pour leur réitérer de manière violente tous les risques inhérents à la trahison de sa famille? Comme s’ils ne savaient pas, déjà…
C’était de la faute aux disciples. C’était de la faute aux Gryffondors. C’était de la faute aux né-moldus. C’était de sa faute, aussi.

- Quel foutu gâchis.

Transformer la douleur en rage froide. Canaliser sa tristesse en frustration. C’était plus facile à gérer. Parce qu’ensuite… parce qu’ensuite, elle n’avait aucune idée de ce qui allait se passer. Elle n’avait rien planifié. Elle avait agi sur un coup de tête. Ça avait été une très mauvaise idée. Ça ne lui allait pas du tout, d’être impulsive.


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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par O. Jill Peverell, Dim 10 Sep - 9:12 (#)
a serie of unfortunate events
Niamh, Cassiopéia & Jill

Ain't got no place to call a home. Only chains and broken bones. ✻✻✻ Le bruit du carnage disparut. La scène aussi. Deux sorcières se matérialisent devant la porte d'un appartement. Si elles s'étaient vues ainsi quelques années plus tôt, elles vous auraient dit que la photo est truquée. Sales. Elles sont sales. Blanchies par la poussières. Noircies par les gravats. Ensanglantées, l'une semble porter l'autre et la pousse vers l'intérieur. Jill n'a pas le temps d'objecter que la porte se verrouille derrière elle. Elle pousse un cri d'indignation confus, repousse son agresseur dans des gestes qui n'ont décidément rien de gracieux. Elle perd l'équilibre et se retint de tomber à l'aide des meubles. Ses paupières sont lourdes. Elle aussi. La sorcière sent sa conscience lui échapper un instant. Un battement de cil. Elle se sent glisser sur un canapé. La pièce est petite mais richement décorée. Difficile à voir dans la pénombre. Sa bouche est sèche. Sèche d'amertume. Que fait-elle ici ? Elle hurle sa question tandis que Niamh s'éloigne, la laissant avec Caligula. La douleur lui répond. Telle une flèche elle irradie sa cage thoracique. Falco grogne. Désarmée, blessée, elle aussi grogne comme un animal sauvage. Sa robe déchirée dissimule les stigmates sur son corps mais son visage, son visage ne trompe pas. Vidée de son énergie elle tente de se lever pour hurler ses questions avec plus de force. Mais elle n'en a pas vraiment. La hyène ne bouge pas. Le regard pétri de morgue elle la dévisage.

Instable, sa tête dodeline d'avant en arrière. Son buste aussi. La nausée la reprend et elle se demande une seconde si elle ne ferait pas mieux de vomir sur ce beau tapis. Que fait-elle ici de toute façon ? Dans quelle mission s'est encore lancée Niamh. Niamh. Qu'elle n'a pas revu depuis des lustres. Qui l'arrache des rues éventrées de Pré-Au-Lard sans sommation. Que faisait-elle là ? Sonnée par son envol contre non pas un simple gabion mais une large surface dure couramment nommée mur de pierre, les vertiges ne l'ont pas vraiment quitté. Meurtrie, un sentiment de peur détestable raidi ses muscles. Il est hors de question qu'elle soit baladée d'un côté à l'autre du pays sans son consentement. Qu'on la kidnappe. Qu'on la séquestre. Elle a déjà donné. Lorsqu'elle se laisse lourdement tomber sur le canapé un gémissement de douleur s'échappe. Niamh revient. Elle s'approche. Silencieuse. Jill la fixe d'un regard noir. Elle est furieuse et Niamh le sait. « C'est grotesque ! » ne peut-elle s'empêcher de pester à voix haute. La sorcière ne semble pas animée par le désir de débattre des moyens qu'elle emploie. « Beau bordel que vous avez fait là. » Exaspérée Jill en rajoute une couche. Elle n'est plus très certaine d'être vraiment elle-même. Trop faible pour se défendre. Invalide. « Tu bois ça. » Jill regarde le flocon d'un air suspect avant de s'emparer. Elle le vide d'un trait. Grimace quand la déglutition lui tire un trait de douleur. Sa main tremble lorsqu'elle la porte à ses côtes douloureuses.

Elle revoit le Mangemort.
Ses propos incohérents.
Une admonestation en règle.
Un vent de fureur.
Elle revoit Déipyle.

Par Merlin Déipyle à Pré-Au-Lard ! Comment pouvait-elle cautionner les actes de Ministère ? Elle qui avait assisté aux premières loges à leur technique d'assaut barbare. Son propre fils aurait pu se retrouver en face d'elle ! Certes, ce n'était guère du goût d'Éliandre. Le Ministère de la Magie allait se retrouver avec une véritable guerre civile sur les bras, ce n'était qu'une question de temps. Jill, qui n'avait jamais été une anarchiste, était terrifiée par cette idée. Elle qui avait tout sacrifié pour suivre la voie qu'elle voulait, voilà que tout finissait définitivement par s'effondrer. Falco l'avait prévenue. Elle goûterait les conséquences de ses actes bien des années après avoir pris ces décisions. Elles allaient impacter son existence toute entière. Sa vie. Son quotidien. Elle devrait vivre avec ses choix. Ses peines. Ses remords. La sorcière cligne des yeux et des images se succèdent.

Un sort.
Beaucoup de sorts.
Le sort.
Le mur.
La douleur.
Niamh.

Sans s'arrêter sur le goût de fiante de dragon de la potion, elle continue. « C'est de loin le pire de tes plans. Me kidnapper ? VRAIMENT ? » « Il semblerait que ça soit la nouvelle mode. » enchaîne Falco d'un ton accusateur, impatient de connaître la suite. Il reste confiant malgré tout. Niamh est beaucoup de choses mais stupide, certainement pas. Tout est analysé, mesuré, calculé. Le hasard n'a pas sa place dans son existence. Ni dans ses actes. Elle ne leur fera pas de mal. Mais quelqu'un d'autre pourrait. Alors que les doigts agiles de Niamh parcourent les plaies unes à unes nettoyées, Jill se retient d'une énième bravade. Hors de question qu'on ne lui applique pas cet onguent. La sorcière n'a pas l'intention d'être défigurée -
partiellement ou même microscopiquement - mais son infirmière ne laisserait jamais arriver une telle abomination. Elle s'interroge sur cette confiance qu'elle peut lui accorder. S'il y avait vraiment eu urgence, la plus verte des Serpentarde l'aurait briefée dès son arrivée. Non, décidément ce rapt est étrange. Elle doit en apprendre plus et se débarrasser du bourdonnement intensif qui grouille dans sa caboche. Elle a chaud. Puis froid. Peut-être est-ce une fébricule qui pointe le bout de son nez, ou plus probablement son corps qui prend pleinement conscience de la charge d'adrénaline qu'il a reçu depuis son arrivée à Pré-Au-Lard. Les pensées confuses, Jill lutte pour garder la tête froide. En vain. Le coeur perdu, les nerfs à vif elle siffle, grogne, maudit la pustule la plus crasseuse de la plus laide des goules. Niamh marche sur sa patience en lambeaux. Elle ne lui répond toujours pas. Ne la regarde pas. Un frisson met l'ancienne Gryffondor au supplice lorsqu'il parcourt son dos. Peu habituée à devoir endurer la douleur, le complexe ayant été son seul terrain d'entraînement, elle lâche un râle douloureux. « Donne moi ça. » articule la sorcière la mâchoire serrée. Jill n'est pas assez amochée pour ne pas avoir reconnu l'odeur de l'alcool. Le breuvage lui arrache une grimace mais la brûlure qu'il crée dans sa gorge est la bienvenue. Un moyen comme un autre de détourner la douleur vers un autre endroit. Trop faible pour ne serait-ce qu'imaginer employer son don, la rouge et or est bien emmerdée devant le cruel manque d'information.

Elle défie Niamh du regard une énième fois. Cherche à provoquer une réaction. Où est sa baguette ? « C'est quoi le plan ? Tu me rafistoles et on me renvoie dans un trou ? » sa voix vibre d'une colère qu'elle ne cherche pas à cacher. « Pourquoi tu as transplané ! Des gens comptent sur nous, d'autres combattent et meurent, on a pas le loisir de disparaître quand ça nous chante. Ramène moi là bas je n'ai rien à faire ici ! » N'ayant pas été entravée magiquement, Jill se doutait bien qu'elle ne pouvait transplaner jusque là bas. Etant donné sa maigre forme physique, elle se serait probablement désartibulée avant de faire quoi que ce soit. Elle haïssait cette sensation d'inutilité. De s'être fait avoir. De ne pas savoir le fin fond de cette énième magouille.  

✻✻✻
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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Niamh K. Black, Mar 12 Sep - 20:25 (#)
Jill retrouve ses esprits. Jill parvient à se redresser. Jill se met à parler. C’est une bonne chose, elle va mieux, les potions de Niamh sont d’une efficacité remarquable. C’est aussi une très, très mauvaise chose.

« C'est de loin le pire de tes plans. Me kidnapper ? VRAIMENT ? »

Niamh tente de l’ignorer.

- Te kidnapper ou TE SAUVER LA VIE, question de sémantique je suppose.

Niamh échoue.

Elle aurait probablement mieux fait de la stupéfixier. Ca n’aurait rien régler au fond, mais elle se serait au moins tenue tranquille le temps que son corps récupère – et le temps que Niamh récupère également. Le temps qu’elle puisse penser à nouveau. Planifier à nouveau. Calculer à nouveau. Arrêter ce foutu tremblement ridicule. Peut-être qu’elle aurait mieux fait de la stupéfixier, de la soigner, puis de la renvoyer aux abords de Godric’s Hollow avec une note « à ranimer » avec un P.S . sur son état de santé et la médication à prendre. À quoi d’autre s’attendait-elle? À un brin de reconnaissance, un tantinet de soulagement, une once de bonheur de la voir?

C’était une bonne chose : Niamh parvenait ainsi à transformer sa panique et sa tristesse et sa douleur en rage. C’était une bonne chose parce que c’était plus facile à évacuer. C,était aussi, encore une fois, une très très mauvaise chose.

Respirer. Garder son calme. Retrouver son calme. Respirer.

Jill grogne, boude, s’empare de l’alcool. C’était à prévoir, Jill n’acceptait pas facilement qu’on décide de quoique ce soit pour elle. Elle avait toujours eu tendance à réagir plutôt violemment quand on l’obligeait à quoique ce soit. C’était à prévoir, mais Niamh n’avait rien prévu, nous venons de vous le dire, et dans son état, elle était encore moins d’humeur à gérer les crises de son amie.

Jill la regarde, la fixe, se crispe. Puis explose.

« C'est quoi le plan ? Tu me rafistoles et on me renvoie dans un trou ? Pourquoi tu as transplané ! Des gens comptent sur nous, d'autres combattent et meurent, on a pas le loisir de disparaître quand ça nous chante. Ramène moi là bas je n'ai rien à faire ici ! »

Niamh cesse de marcher. Niamh serre sa baguette fort, si fort. Ses jointures sont blanches. Il y a une énergie en elle qui demande à sortir, qui demande à détruire, et elle n’est pas certaine de savoir exactement comment la canaliser. Elle n’est pas certaine que de la canaliser avec la magie soit une bonne chose. Des étincelles sortent de sa baguette, comme si elle aussi l’incitait à s’en servir. Elle a besoin de détruire quelque chose et elle essaie fort de penser à autre chose que Jill.

Caligula cesse de regarder Falco. Son attention se porte sur Niamh. Il recule, légèrement. Il se baisse, un peu. Lui qui se délecte habituellement du chaos sent qu’il a perdu le contrôle sur sa sorcière.

-Qu’est ce que j’étais censée faire? Te laisser crever sous les débris? Mais oui, bien sûr, je pouvais bien le faire, les sang purs sont tous des monstres égoïstes. Sauf toi. Évidemment. Toi, tu renverses le monde pour son bien. Ou attendre à tes côtés que tes révolutionnaires d’amis règlent mon compte?

Il y a de l’amertume dans ses paroles, vous l’auriez deviné. Envers la trahison de son amie, envers le mouvement des résistants. Ce n’est pas tout, mais c’est suffisant, pour l’instant. La liste est longue, il y aura d’autres gens sur qui déverser toute sa hargne bientôt.

-T’étais pas en état de faire quoique ce soit, idiote. SI tu gueules si bien, c’est a cause de ma potion. Retournes-y, vas-y, marche, que dis-je, titube! parmi les décombres et contemple les dégâts, va expliquer aux habitants du village que c’est pour leur bien que vous avez détruits leurs maisons et tuez leurs voisins.

Tout son corps tremble maintenant. Elle ne saurait même pas comment expliquer toute cette rage. Elle n’arriverait surement pas, dans des temps normaux, a la justifier par la peur de perdre son amie ou de l’inquiétude de tous ces derniers mois ou de la découverte de son aversion grandissante pour le meurtre, a expliquer comment la mort d’inconnus peut la mettre dans de tels états, on ne la croirait pas, de toute façon, sauf peut-être ceux qui la voit travailler d’arrache-pied pour sauver chaque foutue vie qu’ils s’entêtent à foutre en l’air.

NIamh se retourne et fait voler en éclat la table de cuisine en verre. Le verre forme maintenant des tas de sables scintillant sur le tapis emeraude. Voilà qui est mieux. Heureusement que son appartement est magiquement insonorisé.

1, 2, 3 secondes.

Son ton se calme.

-C’était finit, de toute façon. Vos adversaires s’étaient mis à transplaner massivement quand nous sommes parties. Soit contente que ce soit moi qui t’aie ramassé.

Les tremblements se sont calmés, aussi.

-Tu penses vraiment que j’vais te livrer aux autorités?

NIamh n’est pas blessée, elle est hautaine. Elle regarde maintenant Jill avec dégoût. A du mal à croire qu’elle ait risqué sa vie pour elle. C’est l’histoire du véritasérum encore et encore. Niamh n’aura jamais sa confiance.

Elle a bien fait de ne pas s’attarder avec cette bande de sauvages dégénérés.


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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par O. Jill Peverell, Jeu 14 Sep - 8:56 (#)
a serie of unfortunate events
Niamh, Cassiopéia & Jill

Ain't got no place to call a home. Only chains and broken bones. ✻✻✻ Lui sauver la vie ? Et que croyait-elle, qu’elle allait lui dire merci ? Merci de lui avoir sauvé la vie ? Un ricanement mauvais s’échappa d’entre ses lèvres. Ok, elle ne maîtrisait pas tout à fait la situation de laquelle l’avait tirée Niamh mais à moitié inconsciente au sol, personne ne prêtait plus attention à elle.  Elle se fondait dans la masse de corps inertes. Aucun sorcier normalement constitué n’aurait perdu son temps à lancer des sorts sur des cadavres. De ce fait, elle n’était pas plus en danger que le Ministre de la Magie qui, au même moment, sirotait un Whisky Pur Malt de plus de 15 ans dans son cabinet moltoné de cuir. Jill détestait l’impuissance.  Sa mollesse lui faisait horreur. Sa faiblesse l’abhorrait.  L’alcool lui fait moins de bien qu’elle ne l’aurait imaginé pourtant il est plus que le bienvenu. Alors que Niamh commence à s’éloigner, l’ancienne Gryffondor s’insurge. Sa place n’est pas ici.  Son amie n’avait pas à agir ainsi, sans son consentement. Et pour quel but ? Lui sauver la vie ? Alors qu’elle n’était plus en danger direct ? Jill bouillonne littéralement. Niamh de même. Elle la voit se stopper. Tenter de maîtriser sa fureur. Sans plans, sans idées pour la suite les deux sorcières sont les victimes de leurs émotions. Elles se heurtent aux incompréhensions qu’elles ont l’une de l’autre.  Que faire ? Niamh ne lui laisse pas le temps d’en rajouter une couche, elle se retourne et  contrôle de moins en moins tant son ton que son vocabulaire. « Sauf toi. » L’idée la heurte de plein fouet. Ses yeux s’ouvrent plus larges que des soucoupes. Elle balbutie. « Sauf moi ? » « Évidemment. Toi, tu renverses le monde pour son bien. Ou attendre à tes côtés que tes révolutionnaires d’amis règlent mon compte? » Elle ne tient plus et explose une deuxième fois, se relevant – un peu trop vite - en hurlant. Littéralement. « JE suis un monstre d’égoïsme ! Comme toi ! Ca m’est égal, je le sais et je l’assume ! Si je veux renverser le monde  » la rage est à son paroxysme mais la douleur est telle qu’elle ne peut plus se permettre d’hurler. Portant une main à ses côtes douloureuses, elle reprend dans une grimace,  d’un ton toujours aussi déterminé quoique bien moins volumineux. « Si j’œuvre contre ce gouvernement c’est parce qu’il est liberticide. C’est ça que tu veux toi ? » Elle voudrait continuer mais cela lui demande trop d’énergie. Elle a soif. Mal. Elle ne comprend pas. Peut-être ne le souhaite t-elle pas.

« J’aurais pu continuer à me battre sans ton intervention ! On a vécu pire que ça. » Niamh ne tient plus. « T’étais pas en état de faire quoique ce soit, idiote. SI tu gueules si bien, c’est à cause de ma potion. Retournes-y, vas-y, marche, que dis-je, titube! Parmi les décombres et contemple les dégâts, va expliquer aux habitants du village que c’est pour leur bien que vous avez détruits leurs maisons et tuez leurs voisins. » Sous l’impulsion de la colère ses muscles se raidissent. La sorcière sature. Cette conversation n’a aucun sens, elle voudrait transplaner loin d’ici. Falco se tait. Il sait que quelque part, Jill est heureuse de voir Niamh en bonne santé. Il sait qu’un jour, elle lui sera reconnaissante de l’avoir tirée des décombres. En attendant … il ne perçoit que sa rage, sa frustration et sa fatigue. A ce rythme elle s’effondrera dans quelques minutes.  Et encore … La jeune femme sent le goût métallique du sang lui mouiller les lèvres et réprime difficilement une toux. Elle n’a jamais vu Niamh dans cet état et quelque part, cela lui plaît. C’est une victoire que faire sortir son amie de ses gonds. Du jamais vu. Du grand art. « Si tu crois que me suis rendue à Pré-Au-Lard pour tuer les habitants t’es aussi idiote que je peux soi-disant l’être. ! » rumine t-elle avec force. Impossible que Jill se taxe elle-même d’idiote. Elle a beau être extenuée, il y a des limites à tout, surtout devant le mur d’arrogance que les deux jeunes femmes ont entretenu toute la vie. « Eux ils sont pris entre deux feu. Entre un Gouvernement qui s’en tape assez de leurs vies et de leurs familles pour commencer un affrontement en pleine rue ! » Elle n'a pas le courage de défendre ses positions et surtout, elle ne s’attarde pas sur le plus important.

Elle ne dira pas que si elle n’est pas venue pour tuer les habitants, elle fera en sorte de ne tuer que ceux qui s’opposent à elle. Il faut avouer qu’elle n’a pas tué beaucoup jusque là. Pour quelque uns, elle l’ignore. Une mauvaise chute. La combinaison de deux sortilèges qui atterrissent sur un même individu. Il existe des centaines de possibilités et il est certain qu’elle n’amortira pas la chute d’un combattant ennemi sous prétexte qu’il y risque sa vie. Elle aussi la risque. Ils la risquent tous. Elle les déteste assez pour ne pas regretter la mort de ceux qu’elle a volontairement – et en pleine conscience –  provoqué.  Elle les déteste tellement qu’elle n’a plus peur de faire certaines choses. De certains mots. De certains sorts. La douleur qui danse au bout de sa baguette. Quelle sensation plus grisante on se le demande. Elle s’est délectée de la souffrance qu’elle avait causé. La première fois, elle voulait simplement tester. Ce rush de puissance qu'elle avait ressent l'avait rapidement effrayée mais quelle sensation ! Chaque affliction qu'elle envoyait représentait sa vengeance. Un tout petit peu. Et elle était loin d'avoir fini. Jill avait toujours eu du respect pour la vie. La vie de ceux qui se respectent. Consciente que Niamh finirait par penser qu'elle avait perdu la tête, la sorcière eu la présence d'esprit de clarifier la situation. « J'ai pas l'intention de mourir. » Je ne suis pas assez bête pour me faire tuer. La colère a beau fourmiller en elle, ses forces l'abandonnent. « Ni là bas, ni ici ... ni ailleurs. » rajoute t-elle d'une voix acide ne sachant pas réellement ce que Niamh lui réserve. Peut-être ne cherchait-elle qu'à la protéger. Elle la rafistole et la laisse s'en aller ? « J'en doute. » Si c'est la solution qui les arrangent le plus, il est effectivement peu probable que cela se passe ainsi. « A ce propos, comment procède t-on ? Je me repose et je repars ? Je suis fatiguée et je ne me sens pas bien. » Laisse moi partir.

Elle sait qu'elle n'est pas en position de négocier. La sorcière tient à peine debout et s'est vue confisquée sa baguette. Elle sait pourtant qu'elle reverra Niamh. Ses paupières sont lourdes. Le canapé un peu trop confortable. Comme pour la réchauffer, Falco prend lui aussi position sur ce joli sofa et se pose au plus près de sa sorcière glacée. Qu'importe ce qu'elle le réserve. Ils sont vivants. Ils sont tous les deux. « C’était fini, de toute façon. Vos adversaires s’étaient mis à transplaner massivement quand nous sommes parties. Soit contente que ce soit moi qui t’aie ramassé. » Par Merlin elle a manqué le retrait de l'ennemi ! La victoire ! « Il y en aura d'autres. » Le patronus se veut rassurant. Un silence s'installe et les sorcières se dévisagent durement. « Tu penses vraiment que j’vais te livrer aux autorités ? » Un mince sourire s'étire sur les lèvres de la Gryffondor, laissant apparaître ses dents tachées de sang. Jill tente de mettre toute la force qu'il lui reste dans son propos. « Non. » Elle sait que la colère est mauvaise conseillère. Elle sait qu'elle ne pense pas correctement pourtant, quelle que soit la situation, elle n'imagine pas son amie la livrer à ses cervelles de goules. Non, Niamh est plus intelligente que ça ce qui ne la rassure guère. Que cache t-elle sous ses bonnes intentions ? Elle ne fait jamais rien gratuitement. Et elle a bien raison mais ... « Soit tu m'assommes soit tu me renvoies la bas. Je ne te suis d'aucune utilité dans cet état. »

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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Cassiopeia H. Beurk, Jeu 14 Sep - 9:49 (#)
Leurs deux corps se matérialisent à l’arrière du manoir immense des Beurk. Elle gémit de douleur, portant la main à son ventre.

Elle a mal partout. Elle s’est peut-être cassée quelque chose. Elle n’en sait rien.

Mais elle vibre de colère.

La nuit est toujours là et pas un bruit aux alentours. Même le manoir est silencieux. Toutes les lumières y sont éteintes et elle ne voit pas très bien à cause de la pénombre et de sa vision en deux tons.

Elle sent le bras de Déipyle se refermer davantage sur elle. Elle sent que dans sa prise, ferme, mais douce, il y a un léger tremblement.

Elle a peur.
Elles ont peur.

Et elles n’ont pas besoin de se parler pour savoir ce qui les tracassent.

Ils avaient perdu. Encore une fois. Mais cette fois-ci, c’était différent. Ils avaient perdu un endroit important, un endroit qu’ils ne pouvaient pas se permettre de perdre tout du moins. Et leur Seigneur….

Leur Seigneur allait probablement les rappeler tôt ou tard.
Cassiopeia Beurk savait déjà qu’il ne serait pas content.
Cassiopeia Beurk savait que tous ses fidèles allaient le craindre et avoir peur que…

Elle ferme les yeux. La douleur revient et elle entend Déipyle lui parler. Elles avancent vers l’arrière du manoir. Cassiopeia n’avait pas retiré son masque mais elle sentait que ça la démangeait.

Elle avait envie de le balancer ce masque.
Elle avait envie de le jeter loin de sa vue.
Elle n’en était pas digne ce soir-là. Comme tous les autres qui le portaient d’ailleurs.

Et elle avait honte… Si honte…

La porte s’ouvre mais elle arrête Déipyle. La raison semblait lui être revenue malgré la colère qui déformait ses traits et se fut d’un geste qui se voulait presque gracieux qu’elle retira son masque. Elle s’appuya quelques instants sur Déipyle avant de lui déclarer :

« Retourne auprès de ton mari et ton fils. Tout va bien. »

C’était faux.
Elle n’allait pas bien.
Elle était en colère.
Elle était blessée autant physiquement que moralement.
Mais elle ne pouvait pas se permettre d’accaparer Déipyle. Pas ce soir, pas avec cette rage et une crise qu’elle sentait venir. Si elle savait qu’elle comptait tout pour son amie et amante, elle savait aussi que son mari et son fils étaient sa raison de vivre.

Elle ne savait pas ce qu’il en était d’Eliandre mais elle se doutait que Charon avait dû se trouver sur le champ de bataille tout comme elles.

Alors, elle ravala son envie de lui dire de rester, de penser ses blessures et elle décida de la renvoyer auprès de sa famille.

Sa légitime famille.

Elle se détourne d’elle et marche alors d’un pas maladroit dans le manoir. Elle savait qu’elles se reverraient bien assez tôt. Elle ne se faisait pas de soucis pour cela.

« Maîtresse Beurk, laissez-moi vous dévêtir. »

Thalys.
Elle ne l’avait pas entendu arrivé et elle se doutait qu’il avait veillé toute la nuit. Elle lui donne alors le masque et commence à retirer sa robe noire, autre déguisement de son camp.

La douleur lui donne les larmes aux yeux.
Elle sent qu’elle a des égratignures de partout et qu’elle saigne à certains endroits. Elle se demande aussi si elle n’a pas une côte cassée à cause des débris qui lui sont tombés dessus…

Et à cette pensée elle sent la rage la saisir de nouveau.
Octavia Jill Peverell.
Sale gosse.

Elle finit par se débarrasser de sa robe et la jette à l’elfe de maison sans un mot avant de finalement se diriger vers un des fauteuils. Elle s’y assoit en gémissant encore et sent la nauser la saisir.

Elle respire.
Elle tente de se calmer.
Mais son cœur bat trop fort.

Ses pensées vont trop vites. La bataille. Jill. Déipyle. Leur défaite. Alekseev…

Alekseev.
Elle n’a aucune idée d’où il peut bien se trouver et elle se redresse alors subitement. Elle se sent alors mal mais aussitôt, elle se rend compte qu’un verre de Whiskey Pur Feu s’envole dans les airs pour arriver jusqu’à elle. Thalys encore.

Elle s’en saisit et le vide presque instantanément. Elle a soif. Elle meurt de soif et le liquide lui fait du bien un temps… Mais ne pense pas ses plaies.

Un bruissement d’aile.
Elle ne le voit pas mais elle le sent alors que son troisième œil s’ouvrait subtilement. Elle tourne la tête vers la fenêtre et reconnait la présence du volatile avant même de le voir. Elle se lève alors et ouvre la fenêtre, défait la lettre attachée et fait tomber la plume de vautour…

Ses yeux se posent sur la lettre griffonnée et chiffonée.

Son cœur s’arrête.
Niamh.

« Oh par Merlin, pas elle. »

Le tremblement parcourt sa main et petit à petit saisit tout son corps. Cette lettre venait de Niamh mais ça n’était certainement pas dans son habitude de griffonner des choses comme ça… Une pensée horrible la saisit et elle eut peur qu’elle se soit retrouvée sur le champ de bataille et qu’elle soit blessée…

Le ton de sa lettre n’arrivait pas à la rassurer.
Et Cassiopeia Beurk ne perdit pas une seule seconde sentant la panique la saisir encore plus.

Si une de ces sales vermines avait touché un cheveu de sa nièce…
Oh, elle allait faire un massacre.
Elle allait les broyer, les torturer encore et encore.

On ne touchait pas aux Black.
On ne touchait certainement pas à Niamh Black, l’avenir de la famille.

Elle en oublie son mal de tout et sortit en trombe du petit salon pour sortir de nouveau du manoir et transplana sans attendre.

Ses pieds heurtèrent violemment le sol et elle sentit qu’elle avait de nouveau la nausée. Se retenant à un mur, elle resta un instant à reprendre ses émotions avant de finalement s’avancer droit sur l’appartement de Niamh.

Il y avait de la lumière ce qui signifiait qu’elle était là.
Mais avec qui ?
Dans quel état ?

Cassiopeia sortit sa baguette et décida que les politesses n’étaient plus de mises. Elle ouvrit la porte de l’appartement violemment d’un coup de baguette magique.

« Niamh ?! »

Sa voix était claire et vibrait de tant d’émotions qu’elle avait du mal à faire le tri dans sa tête. Elle s’avança dans le petit couleur.

Et ce fut là qu’elle la vit.

« Niamh, est-ce que tu vas bien ? Par Merlin, mais dans quel état tu… »

Elle s’arrête.
Son regard est passé sur une autre personne.
Une personne qui n’a rien à faire ici.
Une personne qu’elle avait envie d’étrangler sur place.

« Toi. »

Le ton de sa voix change.
Le ton de sa voix vibre.
De colère.
De rage.

De haine.

« Sale petite ingrate ! »

Et alors sans qu’elle n’arrive à se retenir davantage, elle se précipite sur Octavia et d’une violence qu’elle ne s’y connaissait pas, elle la gifle.

La gifle raisonne dans la pièce.
La gifle raisonne dans son cœur et dans sa tête.

Et cet acte qui témoignait de toute la colère et de toute la rage de Cassiopeia sembla la choquer elle-même.

« Comment as-tu seulement osé ?! TA PROPRE FAMILLE ! »

Elle hurle.
Elle hurle parce qu’elle est en colère.
Elle hurle parce qu’elle est indignée.
Elle hurle alors que ce n’est pas d’elle d’habitude.

Son visage ne montre plus de la douceur. Son visage ne montre plus que de la haine et de la colère à l’égard de cette enfant qu’elle a un jour considéré comme sa propre fille.





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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Niamh K. Black, Lun 18 Sep - 19:17 (#)
La conversation entre les deux sorcières n’allait nulle part, et pourtant, l’une comme l’autre étaient incapables de cesser de relancer le bal. Trop de choses à se dire depuis trop longtemps, trop de fureur contenue qui trouvait à présent son bouc émissaire dans la présence de l’autre.

« Si j’œuvre contre ce gouvernement c’est parce qu’il est liberticide. C’est ça que tu veux toi ? »

Non. Oui. Sa liberté a elle n’était que très peu entravée, c,était vrai. C’était vrai qu’elle préférait les nés-moldus à distance, cela simplifiait sa garde. C’était aussi vrai qu’elle ne portait pas les nouveaux décrets du gouvernement dans son cœur. Ce n’était pas une raison pour tout faire exploser. Ou l’était-ce?  Un geste de la main, un air irrité, elle chassa la question.

« Si tu crois que me suis rendue à Pré-Au-Lard pour tuer les habitants t’es aussi idiote que je peux soi-disant l’être. »

NIamh croyait s’être calmée, mais elle sautait sur toute nouvelle protestation de Jill avec tellement de vigueur, d’impatience, et de hargne qu’on voyait bien que c’était faux.

-Mais qu’est-ce qu’on en a rien à foutre de vos intentions! Y’a que le résultat qui compte, et le résultat est…

Ridicule. Atroce. Stérile.

Peut-être ne parlait-elle pas que des résistants. Derrière leur bonne volonté, ils s’apparentaient bel et bien à des terroristes. Ils endossaient violemment l’étiquette que leur avait donné le gouvernement. Ils gambadaient joyeusement dans la voie que celui-ci leur avait ouvert. Du grand art. Bref. Non, peut-être que Niamh ne parlait pas que des résistants. Peut-être visait-elle son propre monde à elle qui s’entredétruisait chaque jour sous le couvert de bons principes. Bons principes, mauvaises méthodes. Elle en avait plus que marre du couvert des bonnes intentions. C’était son discours de rébellion, dix ans trop tard, c’était là le discours qu’elle n’endosserait jamais publiquement, jamais aussi directement.

« Eux ils sont pris entre deux feu. Entre un Gouvernement qui s’en tape assez de leurs vies et de leurs familles pour commencer un affrontement en pleine rue ! »

-Comme si aviez la vie des autres a cœur, vous.

Eux. Nous. Un fossé, et rien de ce qui est de l’autre côté ne vallait la peine qu’on s’y attarde.

« J'ai pas l'intention de mourir. »

-Comme si on allait te demander ton avis.

L’arrogance. L’impression d’invincibilité. Foutus, sales Gryffondor. Foutus imbéciles.

« Soit tu m'assommes soit tu me renvoies la bas. Je ne te suis d'aucune utilité dans cet état. »

Lasse. Épuisée. Angoissée. Enragée.

Et la terrible morsure de la réalisation qu’on ne comptera jamais assez dans la balance à ses yeux. Pas comme l’autre impur pour qui elle avait tout foutu en l’air

Niamh leva sa baguette vers Jill.

Elle ne pouvait pas l’assommer. Jill s’était cogné la tête trop durement, elle ne pouvait pas dormir, pas maintenant, c’était trop dangereux. Elle ne pouvait pas non plus la laisser partir. Pas dans cet état, elle allait finir par tituber, vomir, peut-être se recogner la tête dans sa chute, qui sait où elle atterrirait? Avait-elle seulement la force de transplaner?

Et ce fut à ce moment que la porte s’ouvrit avec fracas.

Cassiopeia.

Niamh avait oublié le hibou qu’elle lui avait griffonné en toute hâte.

Son cœur se remit à battre plus vite.

Elle ne croyait pas que c’était possible.

Caligula sortit de sa cachette, la tête basse, mais déterminé à défendre sa sorcière.

Contre qui, ce n’est pas encore clair.

Mais il n’aimait pas la tournure que prenaient les évènements.

Cassiopeia non plus n’était pas dans son état normal. Même si ses vêtements étaient propres, même si elle ne portait pas les traces de sang et de poussière qui s’accrochaient encore à la peau et aux cheveux des deux autres jeunes femmes, sa démarche clochait, son corps grinçait et brûlait à chaque mouvement. Le lien était facile à faire. Bien sûr, bien sûr, comment n’avait-elle pu ne pas y penser? Comment n’avait-elle pas considéré le fait que Cassiopeia s’était très certainement retrouvée sur le même champ de bataille que Jill?

Pourquoi avait-elle écrit à sa tante? Une vieille habitude? Elle aurait dû écrire à Ryan, elle aurait dû chercher le réconfort auprès de Caesar. Des membres de sa famille moins impliqués. Pas son frère, pas Zéphyr, surtout pas Zéphyr. Par Merlin….Elle aurait dû tout régler toute seule. Maintenant, elle n’avait fait que ramener le champ de bataille dans son salon. À l’abris des regards, ils pourraient tous s’entretuer ou se pardonner, s’ils le désiraient, personne ne se rendrait compte de quoi que ce soit.

Qu’est-ce que Siv dirait? Pourquoi avait-elle aperçu Jill avait d’apercevoir Alekseev? Nul doute qu’il s’était trouvé lui aussi là-bas, même dans son état.

« Princesse, pense, par pitié. Calme toi. »

Première intervention de Caligula. Bien plus timide et doux qu’à l’habitude. Pense. Pense à ton avenir, pense à Caesar, pense à Electre, pense à Louka, pense à ceux que tu ne peux pas décevoir. Que tu n'as pas le droit de decevoir.

Il y avait quelque chose dans le regard de Niamh. Un brin de folie, peut-être. Était-ce familial? Était-ce la même lueur qu’on pouvait trouver au fond de la pupille de Cassio?

Son énergie était plus dissipée.

Niamh avait peur. Niamh était terrorisée.

Elle avait peur pour elle. Elle avait peur pour Jill. Elle avait l’amère sensation que la soirée finirait mal pour l’une d’entre elle.

-Cassio je…

Sa voix tremblait maintenant au même rythme que son corps. Niamh avait de nouveau huit ans, niamh était à nouveau une enfant effrayée devant la réalisation qu’on venait de voir clair dans son jeu et qu’elle devait se justifier le plus rapidement possible, qu’elle devait convaincre de sa rigueur morale le plus rapidement possible. Or, voilà qu’elle arrivait au moment où il ne lui restait plus aucune explication, plus aucun mensonge qui ne lui déplaisait pas d’une façon ou d’une autre.

Il lui semblait qu’il ne lui restait plus que deux options possibles. Un choix qu’elle avait tout fait pour éviter, pour repousser.
Peut-être que finalement, elle n’aurait d’autres choix que de livrer Jill aux autorités, si elle ne parvenait pas à calmer Cassio.

La gifle résonnait encore quand la voix de Niamh se perdit dans le chaos de l’appartement, dans le rugissement de Jill.

Elle tenait toujours sa baguette toujours pointée sur Jill.


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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par O. Jill Peverell, Mer 20 Sep - 10:56 (#)
a serie of unfortunate events
Niamh, Cassiopéia & Jill

Ain't got no place to call a home. Only chains and broken bones. ✻✻✻ Jill n'avait plus le moindre moyen de défense. Son corps épuisé ne répondait pratiquement plus aux sollicitations musculaires de son cerveau qui peinait déjà à lui offrir une pensée correcte. Il y a quelques temps la sorcière aurait eu le courage d'opposer sa vision à son amie. Hier encore elle aurait eu ce courage. Mais aujourd'hui, maintenant, il n'y avait plus d'équilibre. Niamh l'avait kidnappée Quel autre nom pouvait-on associer à son acte si ce n'est celui ci ? Elle ne semblait pas belliqueuse et l'avait même soignée d'emblée. Un défaut professionnel sans doute, pourtant cela alarmait Jill. L'ambivalence n'avait jamais été la signature de la Serpentarde, bien au contraire. Tout cela n'avait pas le moindre sens. En réalité c'était terrifiant. Falco ne disait rien mais ne perdait pas une miette de la scène. Il scrutait tour à tour Caligula, Niamh et Jill. Lui aussi ne savait quoi faire. Sa sorcière n'était pas en mesure de transplaner. De se défendre. A peine arrivait-elle à répondre. Le patronus aurait donné cher pour connaître l'issue de cette situation. A l'entente des propos de son amie Niamh répliqua avec vigueur. Bien sur qu'elle n'avait rien à faire de leurs intentions ; cela ne la concernait pas. Elles continuèrent d'échanger, imperméables à ce que l'autre pouvait penser. Négatives. Froides. Exténuées. Lorsque Niamh leva à nouveau sa baguette vers elle, Jill eut un hoquet de protestation. Une lueur de défi brilla dans ses yeux clairs mais au fond, elle redoutait la suite. Cela ne ressemblait pas à la Serpentarde. Quelque chose clochait. Malgré sa fatigue sa voix résonnait de colère. Elle pouvait lire l'hésitation dans le regard de son amie et ne le supportait pas. Comment en étaient-elles arrivées là ? « Qu’est ce que tu attends. VAS Y ! » cracha t-elle.

Jill aurait voulu que Niamh reste près d'elle. Comme elle l'avait depuis aussi longtemps que leurs mémoires puissent remonter. Douce et incisive, pleine de malices et de conseils avisés. Comme elles l'avaient toujours fait. Qu'elles rient aux éclats. Parlent éthique médicale. Débattent de l'infériorité chronique des Gobelins. Voilà presque 18 mois qu'elle avait choisi une autre voie pour son quotidien et, à sa plus grande tristesse, la jeune femme n'arrivait pas à lâcher les vestiges de sa jeunesse. Ces personnes autour desquelles elle s'était construite. Celles qui avaient rythmées son enfance de leurs sourires. Niamh était encore plus que cela. Elle était toujours sortie du lot. Qu'importe ses manigances face aux autres, elles avaient été des amies fidèles. Miss Black s'était toujours montrée digne de confiance. Au delà des mots. Jusqu'à ... jusqu'à ce que la paranoïa s'insinue au plus profond des fibres de l'être de sa têtue d'amie. Jusqu'à ce que le monde de Jill s'écroule réellement sous ses yeux. Tour à tour, menaces, filatures et enlèvement avaient fini par prouver à la sorcière que ses choix avaient de bien plus terribles conséquences qu'elle ne l'avait redouté. Au delà de ses propres actions, la société s'écroulait, exacerbant les conséquences de son choix le plus terrible ; celui d'arpenter un autre chemin. Sa vision du monde avait changé. Elle ne s'émerveillait plus devant la vie et ses mystères pour ne se focaliser que sur les noirceurs de l'âme de chacun. La sienne y compris. Elle avait eu si peur. S'était battue avec la rage du désespoir. Cela ne faisait qu'un an et demi et pourtant, il lui semblait qu'elle n'en pouvait plus de ces querelles sans fin. Le quotidien n'était plus qu'un amas de monstruosités. Qui voulait donc vivre dans un tel monde ? La guerre. Un concept bien théorique qu'elle avait découvert sans trop le vouloir. La peur. L'incertitude de voir le lendemain. La seule issue possible était représentée par la mort. Le caractère définitif de ce concept ne lui plaisait guère. Pourtant, ils tombaient tous comme des mouches autour d'elle. Peut-être serait-ce bientôt son tour. Peut-être était-ce son tour. Aujourd'hui. « Que je me transforme en basilic si c'est pour aujourd'hui ! » tempêta Falco avec fureur comme écho aux pensées de sa sorcière. Tout comme elle, il ne s'était pas réellement senti concerné par la mort. Pas depuis le Complexe.

La baguette de Niamh resta immobile un moment. Comme le bras de la demoiselle. Et probablement comme son cerveau. Qu’allait-elle faire ? Elle ne semblait pas le savoir. Non loin de là une porte claqua avec fracas. Une voix retentit dans la pièce. Une voix qu’elle connaissait très bien. Une question. Cassiopéia Beurk avançait comme si elle possédait les lieux. Elle s’enquit rapidement de sa nièce avant que ses yeux ne se posent sur Jill. « Toi. » Cassie reprit sa route, droit sur le bébé, la petite fille, la jeune femme qu’elle avait vu grandir. Elle semblait en proie à une rare fureur et l’espace d’une seconde, la Gryffondor se sentit vaguement visée. Peut-être était-ce dû à la marche militaire de celle qu’elle avait toujours considérée comme sa tante, droit sur elle. « Sale petite ingrate ! » La violence de ses propos choqua Jill qui grimaça en se levant. Elle ne pensait même plus au sang qui faisait briller ses lèvres. Ses cheveux en bataille, sa robe grisâtre de poussière. Comment allait-elle expliquer cela ? Le cerveau à plein régime Jill réfléchissait. « Qu’est ce q… » Cassie ne lui laissa pas le temps de finir. La gifle résonna si fort dans la pièce que la jeune femme se mua en statue de marbre, non sans lâcher un hoquet de stupéfaction. Jamais Cassiopéia n’avait levé la main sur elle. Le poil de Falco se dressa en une seconde et le patronus rugit avec vigueur. Jill, elle, ne pouvait réagir. Pétrifiée par la violence de cette scène incompréhensible. La grande brune reprenait déjà. Bouillante. « Comment as-tu seulement osé ?! TA PROPRE FAMILLE ! » Un ange passa. Ou peut-être deux. Que se passait-il ?

La joue douloureuse, Jill se massa la mâchoire, les yeux exorbités. Cassie hurlait comme une possédée mais ses mots ne trouvaient pas écho dans l'esprit de son interlocutrice. Niamh s’était également pétrifiée et la jeune femme su a cet instant que la situation lui avait échappée. Le regard des deux amies se croisa. Jill n’aurait pu dire si Niamh avait détourné le regard. Ce moment lui paraissait irréel et la colère qui s’agitait en elle ne pouvait décemment être déployée sur Cassiopéia. « Quelle est cette folie ! » Sortie de son mutisme, elle s’était exprimé avec autant de force qu’elle le pouvait encore. Son regard allait et venait de Cassie à Niamh. Le malaise était palpable. Il envahissait la pièce, presque visible. La sorcière reporta ses yeux clairs sur la Serpentarde qui n’avait pas lâché sa baguette. « Niamh, que se passe t-il ? » Jill tentait de maîtriser sa colère. Tout simplement pour ne pas amplifier le malaise face à Cassiopéia. Il y avait des choses qu’elle ne pouvait pas savoir. Qu’il ne fallait jamais qu’elle apprenne. A aucun prix. Comme à son habitude, Falco comprit avant elle. La situation déjà alarmante venait de tourner à la catastrophe. « Elle sait Jill. Elle sait. »

Le déclic ne se fit qu'aux dires de son patronus.
Son visage arbora une expression claire d'effroi.
Ses mains se mirent à trembler.
Sa voix se mua en murmure.

« Qu'as-tu fais ... »

Ses yeux s'étaient perdus dans ceux de Casisopéia. Elle ne pouvait plus regarder ailleurs. Le temps sembla tourner au ralentit. Pendant une seconde, elle pensa qu'elle allait mourir.

De honte.
De mépris.
Sous la violence.

✻✻✻
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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Cassiopeia H. Beurk, Jeu 28 Sep - 17:14 (#)
Elle le savait dans le fond : cette histoire prenait une tournure qu’elle n’aimait pas.

Gifler Jill Peverell ne faisait pas partie de son programme.
Débarquer chez Niamh non plus.

Mais la colère qu’elle éprouvait, ce sentiment de trahison ne l’aidait pas à faire en sorte que cette confrontation prenne une tournure plus calme.

Elle était déchaînée.
Elle avait honte.
Elle était en colère.
Et pire encore, elle se sentait souillée.

Souillée par cette enfant qui n’en faisait qu’à sa tête.
Souillée par cette autre enfant qui semblait lui cacher bien des choses.

Jill Peverell était irrécupérable mais elle ne laisserait pas le même sort arriver à Niamh Black. Pourtant cette constatation lui brûlait le cœur, le réduisait en poussière.

Elle avait aimé Jill comme une fille. Elle avait été après tout l’enfant de Serafina et elle l’avait toujours traité avec respect et considération. Mais cette fois-ci…

Cette fois-ci les choses avaient dérapées.

Etait-ce sa faute à elle ? De ne pas avoir sorti Jill du Complexe dès l’instant où elle l’avait vue ? De ne pas avoir été plus virulente dès le début des combats avec elle ?

Devait-elle seulement s’en vouloir que les choses en soient arriver là ?

Cassiopeia avait déjà la réponse même si elle ne lui plaisait pas : Non. Jill Peverell avait fait ses choix, déshonorant sa famille, déshonorant sa mère, déshonorant tous les principes qu’on lui avait inculqué… Et elle faisait maintenant face aux conséquences de ses actes.

Et Cassiopeia Beurk s’assurerait aussi que ce soit bel et bien le cas et que Jill Peverel se rappelle à jamais ses erreurs.

« Quelle est cette folie ! »

Jill Peverell était choquée, autant que Niamh, autant qu’elle-même probablement. Son regard passe d’une Black à une ancienne Black avec cette même expression.

Cassiopeia ne voit Niamh se faire plus petite mais elle le sent.

« Niamh, que se passe t-il ? »
« Ne la regarde pas ! Par Merlin, ne t’adresse même pas à elle ou je te promets que ce n’est pas une gifle que tu vas recevoir cette fois-ci ! »

Sa voix tremble de colère.
Sa voix vibre d’une puissance qu’elle ne s’y connait plus.

Elle est hors d’elle. Hors d’elle que cette sotte, cette traître ose s’adresser à Niamh de la sorte.

Niamh n’y était pour rien.
Niamh n’avait fait que ce qu’elle pensait être juste.
Niamh avait agis correctement.

C’était Jill qui devait se retourner la question à elle-même. C’était à elle d’assumer les conséquences de ses actes. Pas Niamh. Certainement pas Niamh.

Jamais Niamh.

« Ta propre famille… Je n’arrive toujours pas à y croire… » dit-elle, plus pour elle-même que pour les deux autres.

Et alors elle se met à faire les cents pas, tente de maîtriser cette colère qui pourtant emporte tout, détruit tout en elle et lui fait faire n’importe quoi.

Un rire lui échappe. Un rire mauvais, un rire qui n’avait rien de gentil.

Un rire avec une pointe de déception.

« Et dire que je t’ai aidée… J’ai fait en sorte que ton calvaire soit plus léger… »

Elle s’arrête et se met à rire de nouveau, nerveusement.

« Je t’ai même fait passé de la nourriture en douce ! »

Rire de nouveau.

« Mais quelle idiote ! Quelle idiote ! »

Son visage se déforme de nouveau par la colère et cette fois-ci elle s’approche de Jill pour lui saisir brutalement le menton et le relever pour qu’elle la regarde dans les yeux.

« Et toi tu oses attaquer ta famille. Euphrasie, ta propre marraine, celle qui t’as pratiquement élevée… Euphrasie qui a honte, si honte de toi… Qui t’as protégée, choyée, nourrie… »

Elle lâche alors brutalement le menton de Jill et se recule, cette fois-ci avec dégoût, mettant le plus de distance possible entre elles et se rapprochant de Niamh.

« Si ta pauvre mère te voyait… Ta pauvre mère qui a tant sacrifié pour toi… »

Ca n’était qu’un murmure plein d’émotions et de colère vibrante.

Serafina.

Serafina qui n’avait pas vue son enfant depuis trop longtemps, cette même enfant qui avait fuit de chez elle pour vivre avec un moins que rien, un insecte qu’elle aurait pu écraser en un claquement de doigts…

« Si tu n’étais pas la fille de ta mère, je te jure que j’aurais… »

Elle ne termine pas sa phrase.
Elle n’en a pas la force.
Parce que s’en est trop pour elle.
Parce qu’elle est à bout.

Sa main se glisse inconsciemment dans celle de Niamh et elle la serre. Elle la serre pour se rappeler qu’elle est là, bien vivante, bien présente. Elle la serre parce que ça la calme et ça la raisonne.

Et elle respire profondément et finalement lâche d’une voix glacée :

« Niamh a bien fait de te ramener ici, de m’appeler. »

Elle s’arrête se tourne vers Niamh et vient lui caresser les cheveux quelques instants, devenant d’une douceur presque effrayante avant de remettre une mèche de cheveux blonde derrière l’oreille de sa nièce.

Puis, elle reprend cette fois-ci en posant un regard dur et haineux à l’égard de Jill :

« Tu t’es laissée empoisonner l’esprit par ces impurs. Je te promets que nous allons rétablir l’ordre des choses et que tu vas subir les conséquences de tes actes Octavia Peverel. »





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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Niamh K. Black, Mar 3 Oct - 17:25 (#)
« Qu’est ce que tu attends. VAS Y ! »

Qu’est-ce qu’elle attendait? Elle attendait d’avoir la certitude des gestes qu’elle s’apprêtait à poser. Elle attendait de savoir quel sort, exactement, elle voulait destiner à sa vieille amie. Elle attendait que les choses prennent d’elles-mêmes une tournure qu’elle n’aurait pas le choix de suivre. Elle attendait que tout devienne naturel, inévitable. Elle attendait que le temps passe et fasse doucement pencher la balance de ses choix, sans qu’elle n’ait à intervenir d’abord.

« Niamh, que se passe t-il ? »

« Ne la regarde pas ! Par Merlin, ne t’adresse même pas à elle ou je te promets que ce n’est pas une gifle que tu vas recevoir cette fois-ci ! »


La colère de Cassiopeia était plus violente que la sienne, et avec raison. Niamh et Jill ne s’étaient jamais affrontées directement, physiquement. Elles n’avaient encore jamais mis directement, par leur propre action, la vie de l’autre en danger. Jamais, mis à part peut-être ce soir.

La colère de Cassiopeia rappelait à Niamh qu’elle aurait peut-être pu perdre sa tante, perdre Alekseev, perdre sa famille. Elle aurait pu tout perdre parce que Octavia Peverell en avait décidé ainsi. Elle aurait même pu être la prochaine, lorsque son esprit torturé et paranoïaque aurait décidé une fois de plus que Niamh était l’avatar de toutes ses misères.

La colère de Cassiopeia était un terreau fertile dont se nourrissait Caligula pour redonner courage à sa Splendide. Elles n’étaient pas responsables. Cassiopeia n’était pas responsable de l’enlèvement de Jill en octobre dernier. Elle aussi n’avait eu d’autre choix que d’agir en fonction de l’inévitable. Elle aussi avait tenté de diminuer les impacts sur la vie de celle qui leur était si chère.

Jill parle. Jill croise son regard. Niamh le soutient. Niamh le détourne.

« Qu'as-tu fais ... »

- L’inévitable.

Sa voix manque de conviction.

C’est Caligula qui ajoute, qui précise, sachant qu’elle écoute. « Rappelle-toi, au sang pur allumé. Tu as dit : ‘’ Tu fais ce que tu veux. Comme moi ce fais ce que je veux’’ »

Ce sont des phrases vides, mais on aurait déjà pu y lire le prélude à la soirée, l’inévitable collision de leurs deux mondes. Il aurait probablement fallu agir à l’époque. Il aurait probablement fallu tué Ezra alors qu’il était encore temps.

Ce sont des phrases vides, mais elles ne s’écoutent plus. Elles savent toutes deux qu’il est maintenant trop tard, qu’elles sont toutes les deux allées trop loin.

Puis, la main de Cassiopeia dans la sienne. Toute sa force, toute sa chaleur. Sa main dans ses cheveux, contre sa joue. Toute sa douceur, toute sa détermination.

Cassiopeia dit: « Niamh a bien fait de te ramener ici, de m’appeler. »

Petite créature sensible, petite boule d’amour-propre. Niamh avait toujours mieux réagit aux démonstrations d’affection qu’aux menaces, il avait toujours été plus facile de lui faire la leçon sous le visage de la déception que celui de la colère. Aussi était-elle, en ce moment, soudainement infiniment plus réceptive à l’approbation de Cassiopeia à son égard qu’à la quête de justice de Jill.

Niamh regagna courage, ou peut-être était-ce Caligula qui prit la décision devant l’inertie temporaire de sa précieuse. Cassio était là pour elle. Elle se devait d’être là pour Cassio. La famille demeurerait toujours plus précieuse que toute forme d’amitié. On ne remplacait pas la famille, on se faisait d’autres amis. On tissait d’autres souvenirs.

Caligula tenait la baguette de Jill entre ses dents. NIamh l’avait fait tomber de sa poche, mais nous ne saurions dire si c’était véritablement un accident passé inaperçu ou un geste volontaire et calculé. Nous n’oserions pas lui prêter des intentions qu’elle n’avait pas, par exemple, l’intention de rendre furtivement à Jill sa baguette pour qu’elle puisse avoir une chance de s’enfuir. Ce genre d’intention aux conséquences fâcheuses.

Alors, donc, Caligula se transforme en vautour (l’appartement a de très hauts plafonds, il est important que vous considériez également l’aspect vertical de la scène). Il se pose sur les épaules de sa Splendide, comme à chaque fois qu’ils voulaient se donner de l’importance, de la prestance, et une de ses serres présente la baguette de la traître à Cassio. Les jeux sont faits.

Niamh est soudainement fière. Elle se tient droit aux côtés de sa tante, de son alliée de toujours dans la maison des Black, et son regard tantôt désespéré se teinte de la même hargne qui teinte celui de Cassiopeia. Elle se tient droite et fière pour accentuer la solitude de Jill, pour qu’elle sente une fois de plus le terrible isolement dans lequel elle s’était jetée.

Il était plus facile d’haïr que de pleurer.

Lorsqu’elle s’adresse à Jill, sa voix est douce. De la même douceur que la main de Cassio contre son visage. De la même douceur que la voix de sa propre mère, une vingtaine d’années de cela, lorsqu’elle leur avait annoncé, enfonçant sa tête et celle de Lakhshan contre son corps chaud et réconfortant qu’Angus ne reviendrait pas, qu’Angus n’avait jamais été leur frère, qu’Angus n’existait pas.

- Tu n’existes plus.

Il était plus difficile de rayer les êtres chers avant d’avoir bâtis des royaumes de souvenirs avec eux. Il était sage de bannir ceux qui s’éloignaient du droit chemin le plus rapidement possible.

Pour le bien de tous.

Voyez le dégât causé par sa grandeur d’âme, par son ouverture d’esprit, par leurs décisions de s’attacher à quelqu’un forcément indigne de confiance par l’alliance de son caractère et de ses fréquentations.

Elle se tourna vers Cassiopeia.

-Ils sont irrationnels quand ils aiment. Ils ne leur restent plus rien que ça, et leur désespoir. Brisez les uns à un.

Les serres de Caligula s’enfoncèrent dans sa peau, non pas, comme à l’habitude, pour exprimer son désaccord ou son agacement, mais cette fois-ci, pour l’aider à retenir un torrent.

Il était plus facile d’haïr que d’aimer.

Elle n’avait qu’une envie : qu’elles partent. Qu’elles disparaissent et que le soleil lave ce cauchemars de ses rayons aveuglants.


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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par O. Jill Peverell, Mer 4 Oct - 14:28 (#)
a serie of unfortunate events
Niamh, Cassiopéia & Jill

Ain't got no place to call a home. Only chains and broken bones. ✻✻✻ Lorsqu’elle eut l’affront d’interroger Niamh sur la tournure que prenaient les évènements, Cassiopéia se fit plus tranchante qu’elle ne l’avait jamais été. La jeune Serpentarde lui répondit dans un murmure qui n’avait rien de réconfortant. L’inévitable ? Les pensées de Jill se bousculaient, toutes plus douloureuses les unes que l’autres. Plus douloureuses encore que ses côtes qui se remettaient doucement en place. Elle voulait comprendre, comprendre pourquoi Niamh avait agit de la sorte. L’inévitable. La voix de Caligula s’impose sournoisement dans son esprit comme si uacune barrière ne l’empêchait d’écouter. Peut-être le contact visuel aide. Son estomac se serre alors que les mots vibrent à travers tout son être. Ses propres mots. « Tu fais ce que tu veux. Comme moi ce fais ce que je veux’ » Jill ne peut s’empêcher de repenser à leur dernière rencontre, lorsqu’elle avait prononcé cela. L’inévitable, elles l’avaient abordé. Mais l’inévitable, Jill le repoussait. Elle l’avait toujours repoussé. L’inévitable pouvait-il se produire si tôt ?

Jill n’avait jamais vu Cassie dans cet état.
La rage suintait par tous les pores de sa peau.
De la fumée semblait s’élever autour de son corps.
Elle bouillonnait si fort que c’en était palpable.

La sorcière se fit sèchement réprimander pour sa simple prise de parole. Au delà du choc et de la violence qu’on lui communiquait, Jill sentit la tristesse l’envahir. La colère grondait quelque part non loin mais la sorcière ressentait à l’instant trop de choses pour ne serait-ce que lui laisser la place. Sa mâchoire se serrait. Elle se serait mordue la langue pour être sûre qu’elle ne rêvait pas. Elle se serait mordue la langue si Cassie ne l’avait pas giflée quelques secondes plus tôt. Peut-être avait-elle cru rêver la scène. Cassie répétait inlassablement la même chose. « Ta propre famille… Je n’arrive toujours pas à y croire… » Elle faisait franchement peur. Jill savait qu’elle avait toutes les compétences pour se montrer sous son plus mauvais jour. Elle se souvenait d’ailleurs de ce jour, avec Niamh, où elles s’étaient éclipsées d’une des pièces du Manoir en riant aux éclats, laissant Cassiopéia passer le savon de sa vie à l’un de ses collaborateurs. Ou était-ce un ami ? Elles n’avaient jamais cherché à le savoir, statuant sur le fait qu’il valait mieux se trouver du côté de Cassie.

Aujourd’hui était décidemment le mauvais jour.
Aujourd’hui était l’inévitable.

La bouche ouverte sous le choc de tout ce qu’on lui reprochait, Jill accusait le coup, silencieuse. Il était inutile de couper Cassie dans son élocution enflammée. Elle avait atteint un degré de rage tel que tout ce qui pourrait sortir de la bouche de l’ancienne Gryffondor ne servirait à rien. Qui plus est, Jill n’avait aucune envie de s’en prendre une autre.

Privée de sa baguette.
Privée de sa dignité.
Elle attendait.

La suite lui paraissait de plus en plus floue. Incertaine. Il lui sembla qu’une fois que Cassie en aurait fini avec elle, on la livrerait sans d’autres formes de procès au Ministère. Elle retournerait dans le trou duquel on l’avait extirpée quelques mois plus tôt. « Et dire que je t’ai aidée… J’ai fait en sorte que ton calvaire soit plus léger… » Elle serre les poings si fort que ses phalanges en blanchissent. « Je t’ai même fait passé de la nourriture en douce ! » Elle voudrait hurler. Hurler de douleur et de tristesse. Lorsque la sorcière s’approche brutalement de Jill, cette dernière effectue un mouvement de recul. Pas assez loin pour empêcher Cassie de lui agripper le menton. Pas assez loin pour l’empêcher de cracher son venin. « Et toi tu oses attaquer ta famille. Euphrasie, ta propre marraine, celle qui t’as pratiquement élevée… Euphrasie qui a honte, si honte de toi… Qui t’as protégée, choyée, nourrie… » C’en est trop.

Les larmes brillent dans ses yeux.
Elles brillent de colère.
D’insubordination.
De défi.

Sa voix gronde, outrée de telles accusations. S’il y a des chefs qu’elle ne peut consciemment nier, celui là n’en fait pas partie. « C’est faux ! Jamais je n’ai voulu lui faire du mal, je voulais simplement l’éloigner. Elle sait que je ne lui ferais jamais de mal. » Son regard si clair oscille entre Niamh et Cassiopéia. Elle ne voit aucune échappatoire. Elle se sent seule. Elle est seule. Seule contre tous. Seule dans son désespoir. Seule dans son indignation. Vraiment ? La fureur électrise son corps. La seule personne dont elle ignorait l’identité au moment des faits se dresse cruellement face à elle. Jamais Jill n’aurait pu imaginer une telle horreur. Le visage défiguré par la colère de Cassie lui semble soudainement hideux alors qu’elle la revoit masquée de la tête aux pieds des habits de la mort. Elle se met à murmurer. A invoquer Serafina. Merlin soit louée sa mère n’est pas dans les environs. « Si tu n’étais pas la fille de ta mère, je te jure que j’aurais… »  Falco feule, menaçant. Pas plus que sa sorcière, il ne supporte pas être traité de la sorte. Certes elle savait dans quoi elle s’engageait mais les conséquences lui paraissent soudainement trop cruelles. Elles lui sautent à la gorge et Jill sent l’abime se creuser tandis que Cassiopéia attrape la main de Niamh. Elles se tiennent là, unies dans leur désapprobation, rejetant toute leur morgue sur la jeune femme à la tenue poussiéreuse.

Elle voit Caligula s’envoler, accentuant un peu plus sa mise a terre. Elle voit sa baguette glisser de ses serres aux doigts graciles de Cassie. Cassie, qui réconforte Niamh dans sa prise de décision. Cassie qui réconforte la trahison de son amie. Elle est perdue.

« Tu t’es laissée empoisonner l’esprit par ces impurs. Je te promets que nous allons rétablir l’ordre des choses et que tu vas subir les conséquences de tes actes Octavia Peverell. » Qu’encourt-elle pour sa défection ? Quelles sont ces conséquences qu’on lui jette en plein visage sans les nommer ? La sorcière pose ses yeux sur Niamh dont elle cherche le soutien, malgré tout. Le couperet tombe. Sec, malgré la douceur de la voix. « Tu n’existes plus. » Sa bouche exprime une seconde toute l’étendue de son incrédulité. Les mots meurent dans sa gorge avant même qu’elle n’ait pu les formuler à voix haute. Le monde semble s’écrouler. Falco se serre un peu plus à ses jambes. Elle n’est pas seule. Jill explose. « C’est trop facile ! » Ses yeux se font un peu plus brillant. Sa voix vibre sous le coup de l’émotion et une veine palpite sur son front tendu. Sa mâchoire lui fait mal. Son corps entier semble se disloquer, retenu par la seule colère qui l’agite. Elle l’ignore mais bientôt, bientôt, elle ne pourra plus encaisser. Les limites sont déjà depuis longtemps atteintes. Jill tire sur la corde, encore. « Vous. » Se regard ne glisse pas même sur sa baguette qu’elle sait hors de portée. Perdue. Elle s’attend à tout instant que Cassie la brise sous ses yeux, elle qui sait combien elle lui importe. « Vous qui vous dissimulez sous un masque et pourquoi ? N’avez-vous pas le courage d’assumer vos actes ? Et en plus vous avez le culot de venir me reprocher des actes, des actes que vous exagérez sciemment ! » Bien entendu, Jill parle de l’évocation de son « attaque » sur sa marraine. Jamais elle n’aurait pu vouloir le moindre mal à Euphrasie. En revanche, le mangemort à ses côtés avait retenu toute son attention. Si seulement elle avait su ! Que peut-elle reprocher à Cassie si ce n'est cela ? Son manque d'ouverture ? Sa vision étriquée du monde ? A quoi bon se lancer dans un tel débat.

Ses yeux glissent sur Niamh, ulcérés. Elle n’a plus la force d’être triste bien que le chagrin lui noue la gorge. Lui broie la poitrine. « Et toi… Toi qui me ramènes ici, toi qui me soignes. Toi qui me livre. Toi en qui j’avais confiance, Niamh. Je n’oublierai pas. » une larme coule sa joue. Transparente.

Niamh se détourne comme elle peut. Niamh se retranche derrière ses défenses. Elle voudrait la secouer, la secouer si fort que les remparts qu’elle a érigés autour d’elle se disloquent. Comment peut-elle la traiter de la sorte ! « Ils sont irrationnels quand ils aiment. Ils ne leur restent plus rien que ça, et leur désespoir. Brisez les uns à un. » La violence reprend. Etait-elle seulement partie pour quelques secondes ? Les larmes coulent à présent. Multiples. Sans jamais tarir. La jeune femme ne cherche plus à les taire. Elles sont trop nombreuses.  Jill éclate d’un rire fou. Excédée.

Ses nerfs lâchent.

Elle balaye d’un revers de main le vase qui se dresse à sa portée. Elle aurait voulu le jeter contre un mur, le briser en mille morceaux et hurler, hurler toute l’étendue de son mal-être. Ou leur jeter au visage. Mais la violence à leur encontre n’engendrerait rien. Rien si ce n’est une entrave supplémentaire. Certainement pas. Le bruit de la porcelaine qui se fend au sol ne parvient pas à couvrir le brouhaha de ses pensées. « Est-ce qu’il reste vraiment quelque chose à briser Niamh ? Ne penses-tu pas avoir achevé le travail ? Tu as bien préparé ton coup ! Tu peux être fière de toi, vraiment. Tu m’as prise pour une imbécile et moi j’ai marché. » Ses mains entourent son visage. Elle tente de se reprendre. De garder pour elle la violence de ses émotions. Ses mains tremblent de rage. Comment avait-elle pu se laisser embarquer dans une telle situation ? Comment pouvait-elle y mettre fin ? Est-il possible de mentir sous véritasérum ? Leur dernière rencontre lui laisse un goût amer. Comment par Merlin Niamh avait-elle réussi à détourner la véracité de ses réponses. Impossible. Etait-ce elle même qui s'était bornée à poser les mauvaises questions ? Elle qui s'en était allée satisfaite du Sang-Pur allumé. Qu'avait-elle donc loupé ?

✻✻✻
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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Cassiopeia H. Beurk, Lun 9 Oct - 20:32 (#)
« C’est faux ! Jamais je n’ai voulu lui faire du mal, je voulais simplement l’éloigner. Elle sait que je ne lui ferais jamais de mal. »

Non, justement, il était bien là le problème : Euphrasie ne savait pas, ne savait plus. Euphrasie tout comme Cassiopeia avait perdu totalement foi en Octavia.

Pourtant, c’était probablement celle qui avait essayé le plus possible de protéger Octavia. Beaucoup plus qu’elle, Cassiopeia qui avait été, par la force des choses, sa tortionnaire d’une manière ou d’une autre.

Jill Peverell, du temps où elle se retrouvait au Complexe avait été probablement la seule personne de cet endroit qui l’avait fait réfléchir à deux fois à ce qu’elle faisait. Lorsqu’elle avait découvert que Jill était belle et bien présente dans les locaux, elle avait frémi.

Elle avait vu Octavia grandir après tout.
Elle l’avait vue évoluée, elle l’avait aimée.

Et puis était arrivé le moment où elle se rendait compte qu’elle ne pouvait rien faire pour elle, pire encore, elle devait réunir Serafina et Euphrasie pour leur expliquer la situation.

Ca avait été probablement les quelques heures les plus dures de sa vie depuis l’enfermement d’Elijah.

Elle avait affronté la colère, la déception. Dire qu’elles en étaient venues aux baguettes aurait pu être vraie… Si Euphrasie n’avait pas fait tampon entre Serafina et elle-même. Mais toutes étaient d’accord : Cassiopeia autant qu’elles toutes, amies de toujours et pour toujours, ne pouvaient rien faire pour cette enfant.

Il avait été dur d’abandonner Octavia à son sort.
Il avait été dur de la voir dépérir, d’entendre ses cris, de la voir passer de salle de test en salle de test.

Pourtant Cassiopeia s’était persuadée qu’elle ne pouvait rien y faire parce qu’elle avait des ordres et qu’elle les suivait. Octavia avait fait ses choix bien avant d’être enfermée. Octavia avait déjà décidé de son avenir et au final, avait déjà décidée qu’on l’enfermerait.

Ca n’était pas elle, Cassiopeia, qui avait été la tortionnaire d’Octavia.
C’était Octavia qui s’était elle-même infligée cette souffrance.

Cassiopeia n’avait strictement rien à se reprocher : elle n’était qu’une victime de plus dans les choix d’Octavia et en observant l’état désastreux de la belle Niamh, ses cheveux d’or recouverts de poussière et de sang, sa robe de sorcière déchirée et du sang qui probablement la tâchait, Cassiopeia se rendait compte que Niamh était elle aussi une victime de plus d’Octavia.

Qui d’autre serait-il bon d’ajouter à cette liste ?
Serafina, Euphrasie, Niamh, Alekseev… Et elle perdait le compte.
Elle perdait le compte alors qu’elle sentit la baguette magique de l’ancienne Gryffondor tomber dans sa main que Caligula, seigneur de ces lieux et plus majestueux que jamais, scellant une bonne fois pour toute le sort d’Octavia, venait de lui donner.

Ses doigts se referment sur la baguette et elle la glisse dans sa poche sans aucune cérémonie. Il est déplaisant de subtiliser une baguette d’une sang-pure, d’autant plus une Peverell mais Octavia Peverell n’en était plus digne.

Aux yeux de Cassiopeia, il n’existait plus d’Octavia Peverell.
Elle était morte à partir du moment où le sortilège qu’elle avait lancé avait failli toucher Euphrasie.

Et Niamh, véritable Black et honneur pour sa famille, tellement aux antipodes d’Octavia lance le couperet final, qui verrouille la porte du destin sur Octavia :

« Tu n’existes plus. »

Elle n’est pas satisfaite Cassiopeia. Tout ceci la déçoit en réalité. Tout ceci lui fait mal, au fond. Et Octavia ne semble pas s’arrêter dans sa chute à présent plus haute que jamais :

« C’est trop facile ! »

Octavia est en colère mais Cassiopeia se rend compte qu’elle n’éprouve plus de colère envers elle. Cassiopeia se rend compte que celle qui s’époumone, celle qui se tient là n’est qu’une étrangère.

Ce n’est pas la petite fille qu’elle a vu grandir.
Ce n’est pas l’adolescente qu’elle a encouragée.
Ce n’est pas la fille tant aimée de Serafina Lestrange.

« Vous qui vous dissimulez sous un masque et pourquoi ? N’avez-vous pas le courage d’assumer vos actes ? Et en plus vous avez le culot de venir me reprocher des actes, des actes que vous exagérez sciemment ! »

Ses mots ne l’atteignent pas. Ses mots ne lui font rien. Elle n’a en face d’elle qu’une étrangère, une fille qui a l’apparence d’Octavia Peverell mais qui n’est pas la Octavia Peverell qu’elle a aimé et connue.

« Tradition et respect. Ces masques sont un rituel, font partis d’une tradition, d’un système parfait. Mais il est inutile de continuer de discutailler avec vous. Vous semblez avoir oublié ce que respect, traditions et gratitudes veulent dire et je ne suis pas votre mère pour vous refaire votre éducation jeune fille. »

Son ton est froid. Son ton est sec et le détachement par l’utilisation, voulue, de la deuxième personne du pluriel est d’autant plus violent. Il marque parfaitement ce que Cassiopeia pense : Octavia est morte et c’est une étrangère qui se trouve dans cette pièce.

Une étrangère qui s’adresse à sa nièce comme si elle avait vécu la pire des trahisons alors que c’est en réalité trahi elle-même. Une étrangère qui laisse couler une larme unique sur son doux visage.

Une larme de crocodile.
Une larme qui ne fait ni chaud, ni froid à Cassiopeia Beurk.

« Ils sont irrationnels quand ils aiment. Ils ne leur restent plus rien que ça, et leur désespoir. Brisez les uns à un. »

Cassiopeia tourne la tête vers Niamh et lui adresse un sourire et un signe de tête humble. C’était là toute l’idéologie du Seigneur après tout : les briser un à un pour purifier le monde de leur lumière. La bénédiction de Niamh rendait l’espoir plus vivace pour Cassiopeia. Un espoir de finalement, lui offrir un monde meilleur à elle, un monde dont elle serait digne.

Pas comme Octavia qui était une des nombreuses pertes à déplorer dans cette guerre.
Mais on la pleurerait fièrement, en se battant pour un monde où la vraie Octavia aurait brillé.

Le bruit de la porcelaine qui explose, la surprise, sa baguette qui se lève et le regard de Cassiopeia qui se pose sur Octavia en colère.

« Est-ce qu’il reste vraiment quelque chose à briser Niamh ? Ne penses-tu pas avoir achevé le travail ? Tu as bien préparé ton coup ! Tu peux être fière de toi, vraiment. Tu m’as prise pour une imbécile et moi j’ai marché. »

Cassiopeia ne sait pas à quoi Octavia fait référence. Elle s’en fiche. Ce qu’elle sait en revanche, c’est que son geste était intolérable. Son geste démontrait encore une fois qu’elle était dangereuse pour eux, pour elle et surtout pour ceux qu’elle aimait.

« Il suffit ! Cuisant ! »

Sa baguette s’était dirigée sur Falco et le sortilège atteignit alors le patronus. Cassiopeia n’avait aucune espèce d’émotion à voir l’animal souffrir.

Elle n’avait aucune pitié maintenant qu’Octavia agissait de la sorte.

Sa baguette se baissa alors et elle siffla pourtant d’une froideur et impassibilité qui rendait son propos effrayant :

« Vous n’êtes plus digne de vous et votre comportement, inacceptable et inapproprié vous porte préjudice. Si vous ne voulez pas que la sentence soit pire, je vous conseille de vous calmer. La prochaine fois, ce ne sera pas lui que je toucherai. »

Elle garde le silence quelques secondes avant de se tourner vers Niamh et de lui dire, d’une voix qui montrait toute l’affection qu’elle pouvait avoir :

« Ma chère, nous n’allons pas te déranger plus longtemps. Nous allons te laisser te changer et enlever tout ce sang et cette poussière qui te donne une mine affreuse. Si jamais tu te rends compte que tu es blessée, bien que je ne doute point de tes talents en médicomagie, fais-moi plaisir et va à Sainte Mangouste… »

Elle lui caresse doucement la joue avant de souffler doucement :

« Je suis vraiment désolée que tu aies assistée à une telle scène. »

Puis, elle se tourna vers Octavia et levant sa baguette, toute trace d’affection ayant disparu, elle lui intima alors, sèche et froide :

« Je vous conseille de n’opposer aucune résistance et de sagement me suivre. Ce sera bien plus agréable pour tout le monde…. Et il serait dommage de traiter la chair et le sang de Serafina Lestrange comme une sang-de-bourbe ou tout impur… »

Elle lui fit un mouvement de la tête pour lui indiquer de se lever, prête à la ligoter et à agir si, Octavia Peverell, ou ce qu’il en restait, avait une idée stupide en tête.





All resistance wearing thin, nowhere to run from all of this havoc, nowhere to hide from all of this madness. — Madness  (Ruelle).
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Message Re: a serie of unfortunate events - Niamh, Jill et cie
par Niamh K. Black, Mar 7 Nov - 22:21 (#)
Elle essayait de rester droite, comme si sa posture détenait le pouvoir de la faire se sentir mieux, comme si elle pouvait élever son humeur en redressant sa colonne. Elle se tenait droite et tentait de regarder au loin, plus loin que Jill, au-delà de Jill, dans l’espoir que son regard passerait au-delà des souvenirs qui tentaient de la tourmenter, de la ramener à elle, à leurs jeux, à leur complicité, à leur amitié. De ces fois où c’était elles contre le monde. Elles, invincibles, contre le monde.

Elles n’avaient pas su résister au monde. Le monde les avait brisées, le monde les avalaient doucement.

Elle essayait de l’oublier, de la détester, de la reléguer au rang de souvenir doux-amer, mais Jill existait en ce moment avec tant de fureur et de violence et de désespoir et de rage et de larmes que Niamh avait plus de mal qu’elle ne l’aurait cru à nier son existence.

Ne pas frémir. Ne pas flancher. Ne pas bouger. Ne pas penser.

Elle aurait pu… Elle aurait pu attaquer Cassio. Se retourner, elle aussi contre sa famille. Permettre, dans un dernier élan d’amour, à Jill de s’échapper, de retrouver les siens, pas ceux avec qui elle a grandi, pas ceux qui l’ont aimé depuis le premier jour, mais ceux qu’elle a choisi, ceux qui l’ont choisi. Elle aurait pu stupéfixier Cassio, lui lancer un enchantement, se casser le nez et feindre d’avoir été attaquée, de pas n’avoir pu rattraper Jill. Elle aurait même pu se stupéfixier elle-même, et attendre que Dylan les retrouve toutes deux dans un état pas possible. Elle aurait pu feindre la rage. Elle aurait pu faire semblant de vouloir lancer une chasse à cette traître, elle aurait pu faire semblant de vouloir détruire le monde, elle aussi. On l’aurait cru. On aurait peut-être eu un doute, on aurait peut-être trouvé des inconsistances dans l’histoire, mais on y aurait finalement cru. C’aurait été le retour du statut quo : on lui ferait confiance, mais avec réserve, une fois de plus.

Caligula s’insurgeait contre cette idée, lui susurrait à l’esprit que tout irait bien, que tout cela était réellement inévitable. Caligula protégeait sa sorcière. Caligula lui montrait le chemin le plus sauf à prendre. Il fixait Falco, l’accusant silencieusement de ne pas avoir été à la hauteur de sa tâche de patronus, d’avoir laissé dériver sa sorcière, d’être le responsable de cette tragédie.

La voix de Jill résonna une fois de plus dans l’appartement.

. « C’est faux ! Jamais je n’ai voulu lui faire du mal, je voulais simplement l’éloigner. Elle sait que je ne lui ferais jamais de mal. »

Niamh ne savait plus rien. La paranoïa de Jill l’atteignait finalement. Elle avait tout aussi peur de Jill que de Cassio, elle avait peur de leur fureur, de leur impulsivité. Sauf qu’une lui offrait plus d’alliés que l’autre. Et Caligula lui disait qu’elle avait raison, et Cassiopeia lui disait qu’elle avait raison, et Niamh n’avait jamais été particulièrement brave.

Jill se retourna vers elle, repassa à son cas, accusant les critiques et les attaques de tous les côtés, n’en manquant pas une.

« C’est trop facile ! »

- C’est la chose la plus difficile que j’aie jamais eu a dire...

Mais ce n’était qu’un murmure, peut-être n’as-tu pas entendu. Elle ne sentait pas qu’elle arriverait à parler plus fort. Sa voix mourrait dans sa gorge, ses mots s’écroulaient contre sa langue.

" -Et toi… Toi qui me ramènes ici, toi qui me soignes. Toi qui me livre. Toi en qui j’avais confiance, Niamh. Je n’oublierai pas. »

-Tu n’as jamais eu confiance!

C’était trop fort. Elle claqua. Elle céda. C’était vif et mordant et mourrait à la fois.

Il y avait des sanglots dans sa voix. Elle se mordit la lettre, serra ses poings. Caligula serra ses serres, juste un peu plus, juste un peu plus fort.

Peut-être Jill lui avait-elle déjà fait confiance, mais cette confiance s’était peu à peu effritée, probablement dans la haute tour des rouges et or, probablement parmi toutes ces langues sales, ces impurs renfrognés au sens de la justice aussi peu objectif que le leur. Le fait est qu’entre maintenant et le moment où elle l’avait ramené du champ-de-bataille, il n’y avait pas eu plus ou moins de confiance. Elle ne lui faisait déjà plus confiance quand elle avait caché sa relation avec l’autre. Elle ne lui faisait déjà plus confiance quand elle était prête à l’accuser de sa chute.

Et Niamh l’avait encore sur le cœur.

« Est-ce qu’il reste vraiment quelque chose à briser Niamh ? Ne penses-tu pas avoir achevé le travail ? Tu as bien préparé ton coup ! Tu peux être fière de toi, vraiment. Tu m’as prise pour une imbécile et moi j’ai marché.'

Toujours des accusations de manigances. Il fallait qu’il en soit ainsi. Elles allaient se dire aurevoir, adieu peut-être, en blâmant l’autre, en accusant l’autre, en méprisant la part de l’autre qui était pourtant si bien refléter en elles.

Caligula battit violemment des ailes lorsque Falco fut touché par le sort de Cassiopeia. Cette fois, ce fut Niamh qui dût le retenir, de quoi, nous ne sommes pas certains. Leurs cœurs battaient à l’unisson, leur respiration était haletante. Ils avaient cru être de ceux qui n’avaient pas froid aux yeux, de ceux qui n’avaient pas peur d’un peu de violence et de cruauté, de ceux qui ne cédaient pas, de ceux intouchables, imprenables.

Peut-être étaient-ils fatigués.

Peut-être était-ce Jill.

Peut-être était-elle le miroir de leurs possibles.

Elle n’entendit plus vraiment sa tante quand elle lui parla. Quand elle lui caressa la joue. Elle méprisait le monde entier. Elle voulait dormir. Elle voulait partir. Elle voulait… elle voulait remonter le temps, ne jamais être allée à Pré-au-Lard. Et pourtant, elle ne bougeait pas, alors que Cassiopeia traitait Jill avec froideur et détachement, alors qu’elle la sommait probablement de la suivre. Elle savait que Jill résisterait. Elle ne voulait pas assister à la scène, et pourtant, se refusait à partir avant qu’elles ne soient plus là, incapable de bouger tant que le dénouement ne serait pas scellé par quelqu’un d’autre qu’elle, le regard fixé sur Jill.

Elle n'arriva pas à retenir ses larmes silencieuses.



 

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