BELLUM PATRONUM


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Only a shadow (ft. Papi Kai)
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habitant de londres
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Répartition : 09/09/2017
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Message Only a shadow (ft. Papi Kai)
par Aaron Avery, Jeu 14 Sep - 21:01 (#)
La perte de Leigh pèse sur la famille Avery. Si bien que la demeure d’Aaron elle-même semble en porter le deuil, comme transformée par le chagrin de ses habitants. Plongée dans le silence, la résidence ne semble pas abriter la moindre vie. Seul le bois des murs grince parfois timidement, en rappelant l’éloquence de douloureuses lamentations. Les cadres drapés de noir n’animent plus les couloirs. Le repas froid, délaissé au bout de la table du salon, trahit l’absence des domestiques. Les pièces sont vides. Rien ne bouge. Les pendules de la grande horloge elles-mêmes semblent sur le point de s’arrêter, comme si tout est en suspens.

On pourrait croire l’endroit abandonné. Pourtant, tout est à sa place. Bien que désertée, la maison est impeccable. Il n’y a qu’une pièce qui se distingue des autres. Isolé du reste du foyer, le bureau abrite le maître des lieux. Blottit dans un coin, Aaron a poussé un fauteuil pour se réfugier dans la pénombre, comme un animal blessé. Autour de lui règne un chaos inhabituel, vestige d’un moment de colère passagère. Toutes sortes d’émotions écrasent le cœur du sorcier depuis le décès soudain de sa petite sœur.

Les funérailles ont pris fin dans la matinée, et l’aîné a aussitôt quitté les lieux en transplanant. Un geste imprudent, vu l’état dans lequel les évènements l’ont mis. Mais plutôt risquer la désartibulation que de rester une seconde de plus dans ce cimetière de malheur. Il a laissé père et amis derrière lui. Après avoir essuyé la douleur d’une tristesse qui lui semblait éternelle, c’est la fureur qui l’a pris aux tripes en fin de cérémonie. Bouillonnante, ravageuse, elle l’a frappé sans prévenir. Dans ce moment de rage terrible, il a révoqué tous ceux qui étaient venus partager un mot ou un geste affectueux pour lui. Même son elfe de maison s’est trouvé envoyé à l’autre bout de la ville. Aaron est à fleur de peau. Profondément irritable, il ne saurait tolérer la moindre présence.

Certains dirons qu’il se punit lui-même, qu’il culpabilise de ne pas avoir été assez fort ou assez présent pour protéger sa petite sœur. D’autres affirmeront qu’il rumine déjà sa vengeance pour celui qui a osé s’en prendre aussi violemment à sa famille. La vérité surtout, c’est qu’Aaron est simplement piégé dans les souvenirs des moments partagés avec Leigh. Il sourit parfois, mais regrette souvent. Il y a trop de choses qu’il n’a pas eu le temps de dire à cette petite tête blonde qui lui manque plus que prévu.

Entre ses doigts, il tient encore négligemment une photo rare, sur laquelle sa sœur daigne sourire. Il y jette un dernier regard, et ses yeux ne laissent plus couler de larmes. Ces derniers jours, il a déjà trop pleuré. A la place, il échappe un long soupir, comme un dernier souffle, et le silence répond à nouveau à la solitude du sorcier alors qu’il ferme les yeux. Après le désespoir, la rage, et la douleur de la perte, c’est la fatigue qui l’étreint enfin. Il laisse son esprit faiblir. La photo échappe au bout de ses doigts et virevolte. Elle n’a cependant pas le temps de toucher le sol que la sonnerie retentit lourdement dans toute la maison.

Aaron sursaute et se fige. Pendant un court instant, il se retient même de respirer. Il fait le mort, prétend qu’il n’est pas là, ou déjà endormi. Il ne veut voir personne, il a pourtant été clair. Mais après un moment de suspens, la sonnerie retentit à nouveau. Un second soupir échappe au sorcier, de déception cette fois. Son message silencieux n’est visiblement pas assez clair.

Alors il marche d’un pas terriblement lent jusqu’à la porte d’entrée. En traversant le salon, il tente de mettre de l’ordre dans ses idées, de trouver quoi dire, ne serait-ce qu’une phrase bateau. Quand il pose enfin les yeux sur la porte, l’effort lui semble insurmontable. Il a la désagréable impression que chaque pas qui lui reste à faire draine un peu plus ses forces. Lorsqu’il pose enfin la main sur la poignée, il est épuisé. Il ouvre pourtant. Sans avoir trouvé quoi dire, mais qu’importe. Aujourd’hui, c’est comme si plus rien n’a d’importance.

Aaron relève péniblement les yeux vers ce visiteur importun. Le geste semble durer des heures, alors qu’il détaille l’intru des pieds à la tête, jusqu’à croiser ce regard d’un bleu profond. Ce regard, qui lui fait l’effet d’un choc électrique. Il est obligé de s’agripper un peu plus au rebord de sa porte alors qu’il se sent faiblir en reconnaissant le fantôme de son mentor disparu. Plusieurs expressions passent sur le visage de l’aîné endeuillé. La surprise, la peur, l’incompréhension, la colère, la joie, la tristesse. Tout s’emmêle. Et lorsqu’enfin il tente de parler, il est incapable de prononcer le moindre son.

Frustré, il fronce les sourcils et secoue la tête. « Tu…tu… » Le sorcier fait un pas en arrière alors que la fin de sa phrase est bloquée par un hoquet de surprise. Après des semaines de recherche, Aaron a finalement renoncé à son mentor, déclaré mort peu de temps après. Il ne peut tout simplement pas se tenir là, face à lui. Aaron songe qu’il devient fou. Il devrait peut-être rappeler quelqu’un à lui finalement, avant de perdre complètement pieds. Oui mais qui ?

Qui ? Il se répète cette question un millier de fois en quelques secondes. Elle frappe dans son cerveau qui réfléchit trop vite pour mettre du sens dans ses idées. Lui qui affiche d’habitude un sang-froid à toute épreuve, semble en proie à une panique incontrôlable. Qui appeler à l’aide ? Leigh aurait su quoi faire. Leigh aurait su, mais Leigh n’est plus là. Outré et terrifié par cette apparition soudaine, Aaron ravale son sanglot et empoigne sa baguette qu’il pointe vers ce fantôme du passé. Comme toujours lorsque quelque chose lui échappe, il répond par la force. « Tu ne peux pas être là ! » Il parvient enfin à prononcer, en criant à moitié.
 

Only a shadow (ft. Papi Kai)

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