BELLUM PATRONUM


Version 28
Une nouvelle version a été installée sur le forum, accompagnée de son lot de nouveautés.
Vous pouvez la commenter ici.
Limite des sang-purs
Les sang-pur au nom inventé sont limités aux familles d'origine étrangère.
Merci de vous rediriger vers les familles de la saga ou les familles de membres pour le reste.
équilibre des groupes
En créant votre personnage, merci de considérer jouer un élève de Poudlard, dont les nombres sont réduits.
Si vous préférez jouer un adulte, considérez jouer un mangemort, dont nous manquons également.

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résistante au gouvernement rosier
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par O. Jill Peverell, Ven 22 Sep - 16:42 (#)
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Alekseev & Jill

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ « 32. 33. 34. 35. 36. 37. » Jill tourna les talons et repartit dans l’autre sens. « 1. 2. 3. » La sorcière tournait tel un rat dans sa cage. Littéralement. Il lui semblait des jours qu’elle était ici. Son monde s’écroulait. Niamh l’avait kidnappée. Livrée à Cassiopeia. Cette dernière l’avait giflée. Avait reconnu son appartenance aux ténèbres de ce monde. L’avait reniée. Dès le début, Jill avait pensé que Cassie allait la livrer. A qui ? Tout le monde sauf aux bonnes personnes. Elle hésitait encore. Serait-ce les autorités ? Serait-ce sa génitrice ? Elle ne savait quelle issue représentait la plus grande catastrophe. Sa vie ne semblait plus lui appartenir. Elle avait disparu en plein affrontement. Personne ne savait où elle avait pu aller et elle n’était pas en mesure de communiquer avec le monde extérieur. Sa baguette était probablement brisée, quelque part dans l’appartement de Niamh. Pour la deuxième fois de son existence, Jill était démunie. Elle ne pouvait compter sur personne ici. La situation était désastreuse. Elle avait songé à une prise de conscience de son amie - pouvait-elle encore l’appeler ainsi ? - Miss Black pour lui porter secours. Voilà qui était terriblement peu probable. « Quelqu’un finira bien par pousser la porte. » l’avait rassuré Falco. Oh oui et quel individu ? Jill ne savait laquelle de l’impuissance, l’attente et l’angoisse était la pire des sensations. Probablement la combinaison des trois. Sa tête lui avait fait si mal qu’elle prenait une pause. Plus de questions. Voilà dix fois qu’elle refaisait le tour de la chambre. Elle ignorait combien de temps s’était passé depuis son départ de chez Niamh mais une chose restait sûre, la nuit était passée. Bien loin d’être reposant, son sommeil avait été ponctué de cauchemars et plusieurs fois elle s’était éveillée en proie à la douleur.

Cassiopéia l’avait arrachée de l’appartement de sa nièce, inconsciente. Pourtant rien n’aurait pu lui dissimuler l’endroit où elle s’était réveillée. Lourdement meublée, cette pièce n’était ni la plus belle ni la plus laide des pièces du Manoir Beurk. Le simple toucher des flanelles lui aurait indiqué le lieu. L’odeur écrasante du bois. Elle se remémora des longues parties de cache-cache qu’elle avait pu faire dans ce lieu. Dans ces chambres et ces salons avenants. Elle avait presque sourit en ce souvenant ô combien elle aimait jouer des tours à son cousin le plus jeune. Cette teigne. Seul Thalys avait troublé sa quiétude avec un plateau repas. Frugal mais efficace. Elle n’avait pas faim. Lorsqu’au bout de trente minutes à s’ignorer Jill lui avait ordonné de décamper,  Thalys lui avait répondu qu’il avait pour ordre de ne pas partir tant qu’elle n’aurait pas mangé. Sa politesse ne lui avait pas fait gagner grand-chose. Furieuse, la jeune femme s’était remise à hurler. Ses propos n’étaient pas pour l’elfe mais bien pour Cassiopéia qui, elle s’en doutait, ne devait pas se trouver trop loin. Dans un geste de rage – ou peut-être était-ce du désespoir pur – Jill avait envoyé l’assiette s’écraser contre la porte. Malheureusement pour elle il l’intercepta magiquement ce qui ne fit qu’accroitre sa fureur. Elle avait beau lui poser des questions, ses réponses restaient invariables. « Je l’ignore Miss, je ne suis qu’un humble elfe au service des Beuurrk. » Sa voix trainante l’exaspérait tout autant que sa présence. Elle aurait voulu qu’il disparaisse dans un claquement de doigts. Bien qu’il représentait son unique porte de sortie, la jeune femme savait l’entreprise vaine. Thalys ne trahirait jamais sa maitresse pour elle.

Lasse, elle s’était recroquevillée sur le lit. Avait daigné croquer dans du raisin. Avait pesé le pour et le contre de sa situation et s’était interrogée sur les dessins les plus intimes de ceux qui avaient croisé son chemin depuis hier. Pas grand monde à vrai dire. Plus le temps passait, plus Jill s’attendait de voir débarquer sa mère. La simple idée suffisait à la plonger dans l’angoisse. allait-elle finir ? Qu’attendait Cassie pour la relâcher ? « Je crains que cela ne soit pas à l’ordre du jour… » Lorsque Jill eut fini la moitié de l’assiette, Thalys accepta enfin de quitter la pièce. Cela faisait plusieurs heures qu’il attendait et Jill était ravie d’avoir pu le soustraire à Cassie. Elle n’avait aucune envie de lui faciliter la tâcher, quelle qu’elle soit. Elle était propre, bien habillée, les plaies commençaient même à se refermer. Niamh avait fait du bon boulot et sa potion plus encore. Jill n’avait plus mal aux côtes mais son visage, ses bras et l’ensemble de son corps, portaient encore les stigmates des combats. Plaies fines. Ecchymoses. Bleus, jaunes. Un œil avisé ne le manquerait pas pourtant les manches les dissimulaient. En ne pouvait en revanche masquer la lueur sauvage qui brillait au fond de ses pupilles. Elle se sentait telle un animal enchaîné.

Malgré cela, les attentions de Cassiopéia à son égard prouvaient bien que, malgré ses dires, elle n’en avait pas fini avec elle. Rien de rassurant en soit. Lorsque la porte s’ouvrit à nouveau, Jill était sûre que cette femme anciennement chère à son cœur se trouvait dans l’entrebâillement. Dans un bruissement de soie elle ré-ajusta sa robe de chambre - elle n’avait pas voulu se vêtir des ces vêtements qui jonchaient encore le sol – prête à reprendre les hostilités. Plus que tout elle voulait savoir ce sort qu’on lui réservait. Falco lui emboîta le pas alors que l’obstacle obstruant sa liberté s’ouvrait dans un grincement lugubre.

Elle s’arrêta net.
Oublia peut-être de respirer.
Interloquée.

La jeune femme le dévisagea. « C’est impossible. » Jill se ressaisit aussitôt, la langue acérée. « Est-ce tout cela que vous avez pour me tourmenter ? Ne faites dont vous rien sans l’aide de la magie noire ? » gronda t’elle ulcérée par ce nouveau tour. Lorsque son patronus recula subitement derrière elle, Jill fut prise d’un sentiment d’effroi. Elle quitta les prunelles du jeune homme pour descendre le long de son bras. Une petite main dans la sienne. Elle n'avait pu y croire. Ses jambes menaçaient de céder lorsqu’elle énonça d’une voix blanche, les yeux brillants d’émotion. « Electre ? » La tête de l’enfant se souleva pour l’inonder de son regard. Quel âge avait-elle ? Deux ans ? Non à peine. D’un pas timide la petite fille pénétra dans la pièce calme. La lumière fit briller ses cheveux blonds tandis qu’elle avançait l’œil curieux. Elle semblait connaître les lieux et ne s’émerveilla pas devant l’immense baldaquin qui trônait au beau milieu de la pièce. Pas plus que devant les lourds rideaux de velours vert. Non, elle ne regardait que celle qui obstruait la pièce. Elle fixait tranquillement  une nouveauté de ses yeux amandes. Jill s’accroupit et se vit offrir un sourire. Electre s’approcha dans cri enthousiaste. Confiante. La jeune femme ne pouvait détacher son regard de ce spectacle. Elle ne le voulait pas non plus. Le pouvait-elle seulement ? Parfaitement silencieux il observait la scène, comme lui seul savait le faire. Jill salua la dernière splendide venue d’une famille rongée par le temps et plus encore tandis que Falco approchait. En vérité il se sentait écrasant face à ce petit être. Haute comme 3 pommes. Elle lui arrivait probablement à la gueule. Par peur de l’effrayer le léopard s’assit pour observer la scène. Au contraire de sa sorcière, Falco avait prit son temps pour le détailler. Bien qu’elle ne vit pas par ses yeux elle pouvait aisément dire à quel point il était troublé. Plus qu’une sensation une certitude. Elle pouvait ressentir son patronus jusque dans sa chair la plus profonde.  

Jill leva rapidement les yeux pour s’assurer qu’il restait tranquille. La perspective nette de ses traits si proches lui arracha un frisson. La sorcière se sentit impuissante lorsqu’elle fixa le jaguar qui se tenait face à elle. Si seulement avait-elle mangé un peu plus, sûrement aurait-elle eu plus de succès pour percer ce masque. « Bien sûr qu’ils parlent. Si tu étais moins orgueilleuse aussi. A quoi bon, vraiment ! » cracha son aptronus sans ménagement. Le comportement de Jill l'insupportait. Elle avait cruellement besoin de foncer dans le tas. Prendre du recul sur ses émotions ? Néant. La sorcière se consumait par le feu depuis 24h et rien ne semblait pouvoir arrêter l’infernale combustion. La moindre contrariété l’emportait dans la colère et elle flirtait avec la crise nerfs. « Tu es sans espoir. » Bien sûr ce mot n’avait pas la même résonance selon les bouches desquelles elles provenaient. Elle reporta ses yeux sur Electre et lui ouvrit les bras sans malice. La petite fille se jeta avec joie sur elle. Bien sûr, elle ne pouvait se souvenir d’eux. Jill en avait conscience mais cela lui était égal. La curiosité de tous valait bien qu’on s’y attarde, surtout celle d’un si minuscule rayon de soleil. Alors qu’Electre fixait les étranges yeux bleus qui lui faisaient face, la sorcière entonna. « Bonjour Electre. Tu sais que je suis vraiment heureuse te voir ? Tu es magnifique. » Elle caressa les mèches dorées de l’enfant et continua d’un ton calme. « C’est toi qui t’occupais de ton papa ? Je ne pouvais plus le trouver. Tu sais Electre, j’ai vraiment cru qu’il ne reviendrait jamais. On a eu très peur. » La petite ne l’écoutait plus et fixait Falco d’un air peut être plus enthousiaste qu’elle n’aurait du. Sûrement trouvait-elle dans cette forme quelque chose de familier. Le pelage moucheté ? Ou serait-ce cette apparence douce ? Ses crocs aiguisés ? « En attendant tu as plus peur qu’une petite fille d’un an ! » « Elle n’a pas qu’un an ! » « Elle n’a pas beaucoup plus, trouillard ! » Un rire léger s’échappèrent de la bouche des deux sorcières. Que ce soit sa forme ou son courage, tout semblait amusant. Loin de leur en tenir rigueur, Falco bailla en exhibant toute la longueur de ses crocs. Electre en fut d’autant plus amusée. Cette petite semblait décidemment née avec de biens bonnes dispositions. Etrange n’est-ce pas ?

Jill murmura quelques mots à l’oreille intéressée de l’enfant avant de la déposer à terre. Son regard cherchant le sien. Elle le trouva sans problème. Évidemment. Il lui semblait tout particulièrement qu’il n’aurait pas plus être vivant. Sans doute lui offrit-elle le sourire le plus sincère qu’elle lui ai alors adressé. Le choc passé, elle observait avec bonheur s’envoler un voile sur son coeur. Jill était réellement heureuse. Pour une poignée de secondes magnifiques. Une paix l’envahissait, chassant d’un coup ses démons les plus obscurs. La vérité était belle. « Bonsoir Alekseev. » Ses yeux agiles capturèrent l’unique lumière qui provenait de la seule fenêtre ornant cette chambre. « Ou serait-ce bonjour ? Je n’ai pas eu le plaisir de sortir pour vérifier par moi-même. » Elle n’était pas nerveuse. Subjuguée seulement. Irritée sans doute. Jill soupira longuement. « J’ai vraiment cru que je ne te reverrais jamais tu sais. » Elle était pâle. Si pâle que ses yeux rougis n’en ressortaient que mieux. Pâle à en faire peur. Le rouge avait déserté ses joues une fois que les pleurs avaient cessés. Son sang s’était évaporé. Elle se sentait prête à s’envoler. Une ancre aux pieds. Elle aurait voulu se trouver partout si ce n’est qu’ici et pourtant, elle ne pouvait bouger le moindre muscle. Elle souriait simplement. Le cœur lourd et pourtant si soulagée. « Que s’est-il passé ? » Probablement n’en gardait-il aucun souvenir. L’explosion ? L’effondrement ? Il lui sembla impossible d’avoir pu s’en sortir et pourtant, il se tenait bien là. Écrasant de calme, il maîtrisait parfaitement la situation.

✻✻✻
CODES ©️ LITTLE WOLF.


No pain no gain
It's the moment of truth, and the moment to lie. The moment to live and the moment to die. The moment to fight. I do believe in the light. Raise your hands into the sky. When the fight will be done, when the war will be won, lift your hands toward the sun and always remember those you lost.©️ sweet peach

 
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employé du ministère de la magie
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Message Re: Save yourself
par Alekseev S. Gaunt, Ven 22 Sep - 19:22 (#)
J’attrapais l’une de ces énièmes sucreries trônant sur l’immense table basse ornée de sculptures étonnantes. Elles étaient croquantes, enrobées de chocolat, possédant un cœur fondant. Un goût délicat qui fondait sous la langue, qui semblait apaiser un instant, juste quelques secondes, l’amertume qui régnait dans ma bouche. De véritables petites tentations posées là. Elles attendaient simplement que je m’y acharne dessus. Et tous les petits papiers que j’abandonnais sur le bois disparaissaient peu après. Ces elfes de maisons ne faisaient qu’entretenir le cercle vicieux dans lequel je me traînais silencieusement.

Le manoir était silencieux.

Myfanwy vaquait à ses occupations ailleurs. Cassiopeia aussi et je ne doutais pas de la retrouver bien vite, en étonnante compagnie.
Les cris de la traître à son sang n’étaient pas audibles, incapable de perturber la sérénité factice de ce tableau de vie.

J’observais simplement Electra assise sur le grand tapis trônant face au feu de la cheminée. Elle jouait, presque discrète, presque silencieuse. Ses légers rires n’étaient qu’éphémères et les microscopiques grognements de son patronus aussi. Kaiser était allongé à leurs côtés, laissant les deux petits animaux le grimper parfois. A chaque fois que ma fille posait ses doigts contre le pelage du jaguar, je sentais un frémissement glacial me prendre. Mais elle était ma fille. Elle ne voulait aucun mal. Je désirais ce contact, tout comme j’étais capable de ressentir ce qui habitait son cœur minuscule. Les enfants étaient des choses si étonnantes. Microscopiques, si pure. Electre dégageait une aura si pure, si puissante et à la fois si crédule et naïve. Semblable à un mouvement qui se répétait sans cesse, comme un cycle inéluctable. J’époussais alors ces ondes pour mieux la ressentir. Elle et moi sans aucun secret, sans aucune différenciation. Je la sentais, comme elle me sentait. Il n’y a bien que ce petit monstre qui était capable de toucher Kaiser… Elle, ou sa marraine, Niamh Black, qui s’y tentait autrefois.

Il n’y avait rien à y comprendre.

A vrai dire, je ne préférais rien comprendre, ni même poser des mots sur ce qu’il était en train de se passer. Niamh avait retrouvé Jill Peverell. La Black avait demandé de l’aide à sa tante, qui était aussi ma propre marraine. C’était bien cet élément que je peinais un instant à comprendre. Pourquoi ? Si Cassiopeia avait simplement été tentée de me livrer l’ancienne Gryffondor, je ne saurais me résoudre à faire une telle chose à Serafina Lestrange. Je savais que ma marraine semblait simplement se battre face à ses engagements moraux et ce qu’elle semblait être juste. Mais ce choix ne m’appartenait pas. Pire encore, je serais incapable de l’assumer si cela devait remonter aux oreilles de cette mère humiliée par les erreurs de sa fille… Nous tangions simplement à la recherche d’un équilibre depuis si longtemps perdu.

Un vague sourire se glissait sur mes lèvres.

Cet équilibre serait bientôt retrouvé. Je ne doutais pas que Serafina Lestrange prendrait les bonnes décisions. Une famille veille toujours sur les siens. Une mère veille toujours sur ses enfants, quand bien même ceux-ci sont loins et ne le font pas. Peut-être que tout allait pouvoir entrer en ordre. Peut-être que Niamh et moi, peut-être que Cassiopeia, Déipyle et Serafina pourraient retrouver la Jill d’autrefois. La Jill respectable et raisonnable. La jeune femme impétueuse et arrogante, compétitrice et mauvaise perdante, à la répartie si acerble qu’elle en était si drôle parfois. Une femme pleine de caractère qui s’était laissée dévorer par des idées sombres et dangereuses.  

Je n’arrivais pas à comprendre comment cela pouvait être possible.

Les obstacles étaient si nombreux.

Ce n’étaient que des épreuves pour tester notre valeur et notre volonté.

Comment pouvait-elle s’être autant éloignée de la lumière et de la vérité ? Comment pouvait-elle se battre de l’autre côté de l’histoire ?

Les souvenirs et les paroles de Cassiopeia Beurk me revinrent en mémoire, m’arrachant un frémissement.

Je reposais mon regard sur Electre Gaunt avant de me redresser doucement. A mon image, le jaguar en fit autant, faisant gentiment tomber le bébé lynx sur le tapis. Mais il roule et se redresse rapidement, comme sa jeune maîtresse, qui est un moins souple que lui. Je m’approchais et l’attrapais doucement dans mes bras. « Papaaaa….Papapa…. » Un léger sourire se glissait sur mes lèvres alors que j’accueillais ses petits bras autour de ma nuque. Je déposais un baiser contre sa tempe avant de souffler tout bas : « Tu es bien calme Princesse, aujourd’hui… » Peut-être était-ce parce que je l’étais aussi. Trop grave. Trop préoccupé. Je soupirais intérieurement avant de traverser le manoir pour trouver la chambre où était enfermé Jill Peverell.

Lentement, je déposais la petite princesse au sol, laissant sa petite main se glisser contre la mienne. Elle fit mine de frapper à la porte, si faiblement, que cela n’en était pas audible. La petite princesse apprenait déjà les bonnes manières. Mais il n’y avait nul besoin d’être si respectueux avec une traître à son sang, envers une personne que l’on tenait captive et qui n’avait que faire de toute cette bienséance.

D’un mouvement léger de la main, la porte s’ouvrait.

Lentement, j’entrais avec la petite demoiselle, si petite, qui avançait lentement avec ses petits pieds. Le matou suivait, tout aussi curieux et excité qu’elle.

Derrière nous, la porte se refermait, l’enchantement opérant de nouveau.

« Est-ce tout cela que vous avez pour me tourmenter ? Ne faites dont vous rien sans l’aide la magie noire ? »

J’haussais un sourcil. Mais je restais muet.

« Electre ? »

La dénommée se reconnue, et fut si fière que cette inconnue connaisse son prénom. Je ne souriais pas, contrairement à elle. Si elle porta un instant ses doigts contre ses lèvres, elle me jeta un regard comme pour savoir si elle pouvait. J’hochais légèrement la tête, alors que mon bras la suivit sur ses premiers pas, avant que nos doigts se relâchent pour la laisser traverser ces quelques mètres et rejoindre les bras tendus de la sorcière. « Bonjour Electre. Tu sais que je suis vraiment heureuse de te voir ? » Je baissais mon regard sur la scène qui était simplement risible. Pathétique. Tu semblais t’accrocher à un vain espoir. Tu ne faisais plus parti de ce monde. J’étais face à une triste réalité. Tu ne serais jamais là pour influencer Electre, ni pour lui communiquer ta grande passion pour le Quidditch. « Tu es magnifique. » La petite blonde semble comprendre ce que tu lui dis. Elle est toute sourire, bien trop habituée à ce qu’on lui répète sans cesse. Curieuse, elle pose ses doigts contre la joue ou les cheveux de Jill. « C’est toi qui t’occupais de ton papa ? Je ne pouvais plus le trouver. » J’haussais à peine un sourcil. Mais le mot papa semble réveiller ma petite merveille. Elle me jette un regard en répétant cette syllabe à tue-tête, parce qu’elle comprenait de qui tu parlais. « Tu sais Electre, j’ai vraiment cru qu’il ne reviendrait jamais. On a eu très peur. » Qui avait eu peur ? C’était la seule question que je me posais à cet instant. A qui pensais-tu ? Niamh ? Parce que Niamh avait garder contact avec toi, pendant tout ce temps ? Ceci méritait éclaircissement.

Electre semblait soudainement intéressé par Falco, figé à leurs côtés. Curieuse, elle échappait quelques bruits d’enfant, en glissant ses doigts dans sa bouche, bavant un peu. Elle frappa dans ses mains en voyant la panthère bailler. Elle était si curieuse de cet animal ressemblant à Kaiser et son petit chat.
Alors que la petite princesse retrouvait le sol sous ses pieds, elle tendit une main vers Falco, prête à s’avancer vers lui. Mais ce fut le léger grondement réprobateur du jaguar qui attira son attention. Il n’y avait que lui qui s’était approché, là où j’étais resté immobile. La petite poupée sembla hésiter, avant de venir s’accrocher au jaguar. Si je frémissais de nouveau, cela sembla être un signal fort pour le bébé lynx qui échappa un couinement avant de venir tenter de grimper sur le félin, à son tour. La petite fille finie assise sur le sol, à papouiller le lynx, alors que Kaiser posa son regard un instant sur Falco. Fut un temps, eux aussi étaient proches. Mais ce temps était somme tout révolu.

« Bonsoir Alekseev. » Mes yeux clairs, dont l’un étonnamment laiteux, s’arrachèrent de ce spectacle attendrissant pour se poser sur toi. « Ou serait-ce bonjour ? Je n’ai pas eu le plaisir de sortir pour vérifier par moi-même. » Et je n’allais pas te donner le plaisir de te renseigner sur l’heure qu’il était, ni même le temps que tu étais ici. C’était beaucoup trop tôt pour que tu ai réellement perdu la notion du temps, sans doute.  « J’ai vraiment cru que je ne te reverrais jamais, tu sais. » J’avalais légèrement ma salive. Je souvais tout bas, de cette voix rauque, abîmée par les flammes et les hurlements : « Il n’y avait sans doute aucune raison pour que nos chemins puissent se recroiser, Octavia. » Doux. Etrangement doux. Je ne suis qu’animé par la méfiance et la curisioté. La déception et l’incompréhension étaient toujours belles et biens présentes, toujours lorsqu’il était question de toi. « Que s’est-il passé ? » Un sourire amusé, un sourire malsain vint tordre mes lèvres. Observe-les, ces lèvres. Ce sourire qui se déforme à un rictus. Sur cette moitié de visage qui semble être un peu plus tendue que l’autre. Parfaitement lisse, mais tendue. Elle me tiraille et ce sourire est presque douloureux, comme les précédents. Ta question était pourtant bien trop vague.

Lentement, je m’approchais commençant à grignoter ton espace vitale, peut-être même ton espace intime. Délicatement, mes doigts vinrent frôler ta mâchoire. Moi aussi je te détaillais, comme si tu n’étais pas humaine, pas de ce monde-ci. « Précise ton interrogation… » Ce n’est qu’un murmure perdu entre les légers rires, si innocents de ma fille, derrière nous.

Moi aussi, je me posais un tas de question.

Je croisais ton regard un instant, avant de plisser légèrement les yeux. Peut-être qu’à cette distance voyais-tu cette peau trop lisse, rougie, sous le col de ma chemise. Cette peau dévorée par les flammes. « Comment as-tu… » Ma voix s’éteind un instant. Mon index te faisait légèrement relevé la tête vers moi, avant de rompre tout contact. « … renoncer à ta famille, tes amis et toute ta vie… ? » J’étais curieux. Avide de savoir comment l’on pouvait arriver à une telle hérésie… « Comment un amour peut-il te pousser à de telles choses… ? » Ils semblent si éphémères, les amours de cet autre monde dans lequel tu te glisses. Comment pouvais-tu être sûre que cet homme était-il sérieux ? Assez sérieux et honnête pour mériter de tels sacrifiques ? « Comment un homme peut-il avoir plus de valeur que nous tous réunis, Octavia… ? » Je ne comprenais pas. Je ne sentais que la tristesse et l’incompréhension. Ce n’était qu’un murmure. Je suis fatigué de voir Niamh faire semblant de prétendre que tout allait bien, fatigué de voir ces adultes murmurer ton prénom comme si il était devenu une insulte.

Tu étais une traitre à ton sang.

Et je ne comprenais pas comment cela était possible.

Je n’aurais jamais cru cela possible, pourtant, cela faisait longtemps maintenant que cette réalité était devenu la notre.


Dernière édition par Alekseev S. Gaunt le Sam 23 Sep - 10:10, édité 1 fois
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Message Re: Save yourself
par O. Jill Peverell, Sam 23 Sep - 3:18 (#)
save yourself
Alekseev & Jill

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ Le son de sa voix vint annihiler les derniers restes du deuil qu’elle avait porté à bras le corps. Son timbre était trop chaud, trop suave pour ne pas lui appartenir. Dans ses yeux brillaient cette lueur de l’homme en terrain conquis. Il n’était pas là en ami. Elle le savait. Il était tellement facile de se laisser bercer par l’illusion de bonheur d’un mort cher revenu à la vie. Elle n’en revenait d’ailleurs toujours pas mais ne pouvait s’offrir le luxe de rester bouche bée pendant dix minutes. Et c’est bien plus dont elle avait besoin. Un instant elle se demanda si elle pourrait raconter à quelqu’un ce qui se passait sous ses yeux. Parler avec un mort. Allait-elle sortir entière de ce carnage qui avait viré en catastrophe en une petite seconde ? Allait-elle vraiment pouvoir partager sa stupeur, sa joie ? Il ne prit pas la peine de la saluer. Elle accusa sa douceur avec calme, trop au fait de ce ton en demie teinte qu’il savait dissimuler dans ses paroles les plus douces. Elle n’était pas d’accord et l’affirma avec simplicité. Quelque chose qui dénotait de son attitude plutôt cavalière de l’après-midi. Sa voix semblait flotter, irréelle. Dénuée de toute cette passion qui la caractérisait tant elle semblait lisse. Trop lisse. Elle constata avec amertume qu’Alekseev savait encore sourire de cette manière. Ce sourire infect de contrôle absolu. A l’évidence il ne le perdrait jamais. Son prénom résonne dans la pièce telle une vie antérieure. Se souvenait-elle de son enfance ? Bien entendu. Certains souvenirs étaient inscrits à jamais dans sa mémoire récemment éprouvée. « Permet moi de ne pas partager ton avis. » Bien sûr que lui vivant, leurs chemins se seraient croisés à nouveau. Que croyait-il ? Que l’on se débarrassait des objets encombrants du passé d’un claquement de doigt ? Il était pourtant le mieux placé pour savoir que non… La sensation d’échange était étrange et elle fut presque attristée de devoir le contredire aussi tôt. Jill restait persuadée que si elle avait appris qu’il n’était pas mort, elle aurait su que leurs chemins se croiseraient à nouveau. L’entendre dire le contraire la blessa plus qu’elle ne le laissa paraître. Elle se doutait que ce n’était là que le début. Que se disait-il dans les salons à propos de sa cuisante défection ? Quelle honte s’était réellement abattue sur sa mère ? Ces questions elles se les étaient posées des centaines de fois mais aujourd’hui, chacune d’entre elles prenaient un tout nouveau sens. Cruel. Ce n’était pas une raison  pour prendre la mouche à la première de ses attaques pernicieuses. Elle voulait lui dire qu'elle était heureuse de le savoir en vie. Quel l'avait pleuré. Des jours durant. Avec ou sans Greer. Le voir ainsi rendait son terrible malheur futile. Elle ne pouvait cesser de s'émerveiller devant la puissance que les sentiments éveillaient en elle, taisant l'une des pires de sensations ; le deuil. Lorsqu'il s'avança, encore, et encore un peu plus, elle su que la partie s’annonçait délicate. Alekseev n'était réellement pas là en ami. Qui l'aurait cru de toute manière ? Qu’il allait revenir du royaume des morts pour se ranger de son côté ? Maintenant que tout l’amour et la passion dévorante qui l’avaient consumé s’étaient envolés ?

Elle tressaillit lorsqu'elle sentit ses doigts sur son visage. Décrocha ses prunelles de celles dérangeantes du jeune homme. Elle n'aimait pas cet air. Intrusif, arrogant, vicieux. Jill se sentit un instant si faible qu'elle en eu la nausée. Elle se sentait telle une proie prise au piège et cela ne lui plaisait pas le moins du monde. Falco observait l'intrusion d'un œil inquisiteur, certain qu’il ne leur ferait pas de cadeaux. Et c'était bien peu dire. Le visage de Jill s'était mu en une expression moins douce mais il était absolument hors de question qu'elle perde son calme. Pas maintenant. Pas devant lui. Elle sentait que Falco ne l'en sentait pas capable. Pour cela elle aurait dû s'emmurer dans une tour d'insensibilité et à ce stade, cela lui était proprement impossible. Non loin de là Electre s'esclaffe. La voix du jeune homme si proche se fait pressente. « Précise ton interrogation… » Que cherche t-il et surtout, pourquoi ? Elle s'interroge sur ce qu'il aimerait vraiment retirer d'elle comme information. Quelle est la raison de cette venue ? « Il y a toujours une raison. » Les questions creuses n’avaient jamais été l’apanage du jeune homme. Leur regard se croisa à nouveau et un étrange sentiment de malaise l’envahit. « Concentre toi. » le réprime sèchement Falco. Alekseev avait parfaitement compris le sens de sa question. Pour une raison pas si obscure, Jill eut l’impression qu’il allait s’arranger le monopole des questions. « Un grand classique ! Ne te laisse pas déstabiliser. » rassurait le patronus d’un ton étrangement paternel. En effet, l’ancien Serpentard était terriblement à l’aise une fois son ascendance assurée sur sa victime. Refusant ce statut potentiel la sorcière le laissa pourtant faire. S’il voulait croire en son pouvoir à cet instant, grand bien lui fasse. Ca n’était qu’une impression pour lui faire plaisir. « Comment as-tu… » La désagréable impression qu’il allait lui sauter à la gorge survient. Il la détaille de ses yeux froids. Elle s’étonne du voile qui couvre l’un deux et s’interroge sur l’accident. Etait-ce le fruit de cet horrible incident ? La scène de Greer, chancelante, lui racontant les faits s’impose dans son crâne. Une explosion et un éboulement. Ne devrait-il pas porter plus de stigmates ? Sans doute devrait-elle regarder ses mains mais pour l’instant, hors de question de regarder ailleurs qu’au fond de ses pupilles. Lorsqu’il lâche subitement son étreinte elle relève le menton d’un air fier. Jill s’est toujours bien tenue. Ou presque. Elle sait sur le bout de doigts l’angle entre ses épaules et son épine dorsale.  Bien droite, le visage haut, menton levé. La sorcière repense à son ancien professeur d’étiquette, ce drôle d’énergumène gras comme un citron et à l’haleine si repoussante.

Qui croit-il être pour la rejeter ainsi ? Pour l’écraser de toute sa morgue et de son foutu orgueil. Il sait pourtant qui se trouve en face de lui. Il la connaît. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Il connaît ses faiblesses, son arrogance et sa flamme. Il sait où frapper, quand et comment. Jamais Jill n’avait réussi tel prouesse, elle qui ne raffolait pas des interactions humaines. Si elle en comprenait toute l’importance, les mystères du raffinement de l’art du la conversation lui échappaient quelque peu. Elle savait mener sa barque mais, bien qu’elle refusait de l’admettre, ne faisait pas le poids contre la maëstria d’Alekseev. Le glas tombe sans appel. « … renoncer à ta famille, tes amis et toute ta vie… ? » La jeune femme est lasse de cette question. Ne peut-il simplement pas commencer par le fait qu’il est heureux de la voir ? A l’évidence non elle Jill se retint de poser la question, trop effrayée de la réponse. « Quelle originalité. » lâche t-elle d’un ton faussement teinté de déception. En réalité, elle est déçue. Déçue qu’il démarre si vite les hostilités. Reconnaissante de lui avoir emmenée Electre mas déçue de ses intentions. « Il me semble pourtant que c’est vous tous qui renoncez à moi. » Son cœur s’est calmé et pourtant, il reste douloureux d’amertume. La situation n’a rien de drôle et elle-même n’en n’est pas amusée. Elle le provoque à sa manière voilà tout. Une façon de lui rappeler qu’elle n’est pas dupe, contre tout attente. Le silence s’installe par moment, léger, salvateur. « Comment un amour peut-il te pousser à de telles choses… ? » Oh Alekseev si tu savais… Elle le toise malgré ses presque vingt centimètres de moins que lui. Falco ne dit rien et pourtant, Jill sentait qu’il faisait de son mieux pour rester maître de ses émotions. Ils bouillaient du même feu ardent. « Tu n’es pas près à entendre la réponse et de toute façon, je doute que tu la comprenne. » Son ton ne s’envole pas et elle continue d’énoncer d’une voix trop calme. Ses yeux se posent sur Electre un instant. « Que ne ferions-nous pas par amour ? » Elle sourit vaguement. Greer. Cassie la protégeant envers et contre tout dans les entrailles du Complexe. Sa marraine venant en personne la mettre en garde. Alekseev pousse l’interrogation plus loin et Jill se fige. « Comment un homme peut-il avoir plus de valeur que nous tous réunis, Octavia… ? » Un homme ? Son ancien ami se restreignait-il dans son vocabulaire ? Cette neutralité faisait tâche mais Jill n'en fit rien paraître. La sorcière était en réalité outrée qu'il amène le sujet de la sorte. Qu'il ose insinuer de telles inepties. N'avait-il pas eu les échos de ses deux cent précédentes réponses à ces questions ? N'avait-il pas vu Cassiopeia ? Voilà un cadeau qu'elle ne lui fera pas. Elle ne lui concédera en aucun cas ce terrain. Pourtant tout est question de diplomatie et elle doit bien vite reprendre, autrement le malaise ne se ferait que trop ressentir.

Pourquoi, pourquoi tout est toujours question de valeur ? Ses yeux se froncent.« Quelle drôle d’idée… Pour quelles raisons penses-tu que cela dût être une compétition ? » Ne pouvaient-ils tous s’aimer équitablement ? A l’évidence des 24h passées, non. Mise au banc par une paire d’êtres si chers à son cœur, la jeune femme découvrait avec effroi toute l’étendue de ce qu’elle avait cherché à fuir tout ce temps. Les conséquences de ses actes, en chair et en os. La déception était incroyablement dure à gérer. Jill était fait pour briller, pas pour rester à l’ombre dans un placard. Elle l’avait toujours su. Choyée et protégée, la sorcière avait chuté de son piédestal. Son sourire s’illumina alors qu’Electre s’avançait à nouveau vers elle, Falco évitant de justesse qu’elle marche sur son imposante queue. Le petit être se refugia contre les jambes de son père et Jill, qui avait perdu son sourire à mesure qu’Electre se montrait de dos, profita de cette absence d’attention pour reprendre le fil de la discussion. Contrairement à Alekseev, elle était animée par biens d’autres questions. La première d’entre tout restait bien sür la plus importante ; quand allait-elle sortir ? Pourquoi était-elle ici et qu’attendait Cassie pour la jeter en pâture aux lions représentaient les deux suivantes. Une autre lui brûlait les lèvres. Que faisait-il ici ?  « Qui t’as donc prévenu que je croupissais par ici ? Aurais-tu croisé Niamh par hasard ? Comme si me kidnapper » ce mot lui échappa avec une colère difficilement contenue tandis que ses yeux étincelaient sous l’outrage qu’elle avait pu lui faire. Rompant à son immobilisme la sorcière effectua quelques pas tout en continuant sa phrase. « allait pouvoir résoudre le moindre problème. » Cette mascarade n’avait que trop durée et pourtant, tous lui refusaient les réponses les plus élémentaires.

Le bonheur de retrouver Alekseev s’enfouissait sous une tonne de problèmes tous plus urgents les uns que les autres, l’image d’une impasse se répétant inlassablement dans sa tête. « J’imagine que tu es bien pris. » reprit-elle d'un ton plus léger, faisant courir ses doigts sur les poussiéreux volumes que contenait la maigre - et unique - bibliothèque de la pièce. Pour une fois les livres ne l'intéressaient guère, elle souhaitait juste bouger. S'éloigner un peu de lui. En réalité sa question n'en avait rien d'une. C'était une affirmation. Le jeune homme était toujours pris. Toujours. Il exécrait l’ennui et se trouvait en permanence de quoi remplir ses journées. Sans doute s’était-il tourné vers ce à quoi il employait son temps avant l’horrible accident. « Comment occupes-tu tes journées ces temps ci ? » Elle s'avança plus près de lui pour lui chuchoter d'un ton lugubre. « A cheval entre les séances chez le psychomage et les recherches sur la torture des adolescents ? Je t’imagines mal quitter le Ministère, amnésique ou pas. » Ces propos n’avaient rien de tendres et pourtant, elle avait remis ses distances, lui tournant le dos en se dirigeant vers ce qui avait été un petit meuble de bar sculpté de bois. Les bouteilles avaient été enlevées alors qu'elle était inconsciente, elle avait déjà vérifié. On aurait presque pu douter qu’elle ait réellement quelque chose à cirer des réponses d'Alekseev. Pourtant, ce ton ne servait qu’à mettre de la distance entre elle et ce qui se précipitait trop vite pour qu’elle ne le comprenne parfaitement. Bien sûr que ces réponses lui importaient. Avait-il suivi le même chemin que sa marraine ? Cette idée lui fit froid dans la dos tandis qu'elle reposait ses yeux glacés sur lui. Ses pensées voguaient vers des lieux auxquels elle évitait à tout prix de penser. S'était-il rendu utile aux Disciples ? Quels secrets dissimulait-il sous ce masque de marbre ? Jill aurait souhaité lui arracher pour mieux le briser à terre. Et tout dévoiler. Les mettre sur un pied d'égalité.

Il lui était difficile de savoir qui rejetait qui tant l'étendue de leurs fautes lui semblait infinie.

✻✻✻
CODES ©️ LITTLE WOLF.


No pain no gain
It's the moment of truth, and the moment to lie. The moment to live and the moment to die. The moment to fight. I do believe in the light. Raise your hands into the sky. When the fight will be done, when the war will be won, lift your hands toward the sun and always remember those you lost.©️ sweet peach

 
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Message Re: Save yourself
par Alekseev S. Gaunt, Sam 23 Sep - 11:40 (#)
« Permet moi de ne pas partager ton avis. » J’hochais simplement la tête, t’accordant parfaitement le fait de ne pas partager ma position, à ce sujet. Elle n’était pas absolue.

Plus par habitude, qu’envie, plus par mécanisme de défense, mon aura se déployait lentement. Curieuse, elle venait trouver les limites de la tienne, pour l’épouser lentement. Tu étais faible, elle était désolément courte, fine, proche de ton être. Ce n’était pas le souvenir que j’avais de cette sorcière rayonnante et prête à conquérir le monde de son ambition effrénée…. Cette constatation me peinait plus qu’elle ne me contentait de constater que je n’aurai probablement pas grande difficulté à pouvoir me glisser lentement et sournoisement dans les contrées mystiques de tes pensées.
Est-ce que cet homme était déjà dans ton sillage lorsque nous étions ensemble ? Est-ce qu’à cette époque-là, tu lutais déjà contre tes envies malsaines ? Est-ce tes proches auraient pu y changer quelque chose ? Tant de questions qui nous taraudait tous l’esprit. « Où crois-tu que nous nous serions croisés, Jill… ? » Un murmure. Je penchais légèrement la tête sur le côté. Il n’y avait que douceur et un brin de tristesse sur mon visage difficilement expressif depuis mon retour, depuis les nombreuses opérations sur ma peau. Ce n’était pourtant qu’une question de temps, disait-il.
Où pouvions-nous nous croiser, dans cette version-ci de ton histoire ? Au Ministère. Au tribunal. En prison. Ou même sur un champ en bataille. Etait-ce une manière enviable pour que nos chemins se recroisent ? Non. Pas pour moi. Alors je préférais autant dire, penser et préférer que nos chemins ne se recroiseront pas. Ta mort ne m’appartenait pas. Pas la tienne.

Cette caresse sur ton derme de satin qui avait perdu de son éclat, ce regard échangé était simplement la clef. La clef de ton esprit. Tel un serpent tapis dans l’ombre je m’hissais le long de ta colonne vertébrale avant de pénétrer ta conscience. Je percevais tant de chose à la fois, si nombreuses et confuses. J’entendais des murmures et surtout je ressentais des choses. Doucement, la tristesse se lisait sur mon visage et lentement je vins déposer un baiser sur ton front. Maladroit, délicat, mais présent. Je soufflais tout bas, tant t’observer… je soufflais tout bas une vérité qui n’était à admettre : « Je suis tout de même heureux de te voir en dépit de ces tristes circonstances… Une émotion des plus égoïstes, je l’admet. »

Et puis nos voguons vers un autre sujet. Nous nous écartons, pourtant rien n’est brisé. Te connaître semblait me faciliter la tâche bien plus que je ne le pensais. Provoquer des émotions pour en saisir les couleurs et les panaches. Pouvoir mieux te comprendre et te déchiffrer. « Quelle originalité. » Par que mes questions sont trop directes. Je te juge dans ce questionnement. Sans doute. Je n’en savais rien. « Ce n’était guère un jugement, cette fois-ci… Je suis simplement confus sur toutes ces questions… »  J’inspirais lentement, j’inspirais assez fort pour être entendu. « Il me semble pourtant que c’est vous tous qui renoncer à moi. » Je fronçais les sourcils et pensais à ta mère, pensais à Niamh, pensait à Cassiopeia. Qui t’avait abandonné, si ce n’est moi, peut-être ? Et quelques uns de tes amis qui n’en étaient pas ? « Pourquoi penses-tu cela ? … » Encore une fois, je ne comprenais pas ce qui t’amenait à croire cela. Etais-tu en train de formuler que nous n’aurions pas dû te laisser autant de choix, d’ouverture ? Tant de liberté ? Non, je devais délirer. Octavia Peverell était une une passionnée sauvage qui tenait bien trop à sa liberté.

Oh Alekseev si tu savais… De quoi parle-t-elle ? Le grondement de Kaiser raisonne dans mon esprit. « Tu n’es pas prêt à entendre la réponse et de toute façon, je doute que tu la comprennes. »  J’haussais légèrement un sourcil et je soufflais tout bas : « Et j’imagine que de ce fait, c’est moi qui renonce à tenter de te comprendre ? » J’étais amer, mes lèvres se pinçant une nouvelle fois. Nos chemins se sont séparés depuis longtemps maintenant. Tu as évolué et j’en ai fais autant. Et voir enfin, de mes propres yeux à quel point un fossé nous sépare m’attriste. Niamh avait peut-être raison. Tu n’avais pas envie d’être aidée, tu n’avais pas envie d’être comprise. Tu te complaisais dans cette situation et visiblement tu n’avais pas envie que je comprenne. Pas moi. Quelqu’un d’autre peut-être, mais pas moi. Pourquoi ?  « Que ne ferions-nous pas par amour ? » Je sentais mon sang se glacer. Je te fixais. J’avais soudainement peur pour Electre. Une paranoïa toujours présente, mais parfois apaisée. Je n’osais pas suivre ton regard, tentant simplement de comprendre les traits de ton visage fatigué. J’avais besoin de savoir. Pour protéger les personnes que l’on pouvait encore préserver. Pour protéger ma fille de ce monde qui ne voudrait jamais d’elle. « Quelle drôle d’idée… » J’inclinais légèrement la tête et te détaillais à nouveau. « Pour quelles raisons penses-tu que cela dû être une compétition ? » Aucune certainement. Mais si ce n’était pas une compétition, alors il n’y avait aucune raison à penser qu’ils étaient fautifs dans cette histoire. Que tu avais simplement fait ton choix et que rien de ce qu’ils auraient pu faire, aurait changé l’histoire… Est-ce que ta mère en pensait autant ? Est-ce que tes tantes en pensait autant ? Mon regard se détournait un instant, tentant de comprendre, tentant de saisir ce que je ne semblais pas percevoir. « Je ne sais pas… J’imagine que l’on s’est tous dit et répété que nous n’avions pas fait assez… A un moment donné… Ou durant tous ces moments passés à tes cotés. » Un murmure de nouveau. Un murmure d’émotion. Je reposais mon regard sur toi. Peut-être était-il brillant. Je n’en savais rien. Mais Electre était soudainement calme. « Dans une vaine tentative, je songe que tu devais avancer tel un funambule aveugle… Dépouillé de toutes certitudes que ces… sacrifices – peu importe le nom que tu leur donne – étaient mérités… Tu me souffles l’amour comme raison… Mais n’est-ce pas ceci aussi qui te liait à tes amis et ta famille, Jill ? Et quand sera-t-il si cet homme vient à tomber au combat, trop jeune ? Cet amour saura-t-il toujours supporter ta réalité et ta position ? » Etait-ce seulement l’amour, ou étais-tu porté par d’autres maux ? Des idées différentes ? Comment avaient-elles prit possession de toi ?  « Un jour, peut-être te tenais-tu face à une décision à prendre… Lui, ou… tout le reste. Etait-ce l’envie d’être libre de vivre ce que tu désirais qui t’as alors animé ? … Ou d’autres choses dont je ne suis censé comprendre ? »

Lentement Electre était revenue se glisser entre nous. Je la sentais s’accrocher à ma jambe. Je reculais légèrement pour l’attraper, dans une grimace douloureuse. De nouveau à ton hauteur, elle nicha son visage contre mon cou, avant de t’épier, les doigts à la bouche. « Qui t’as donc prévenu que je croupissais par ici ? Aurais-tu croisé Niamh par hasard ? Comme si me kidnapper… allait pouvoir résoudre le moindre problème. » Je caressais lentement les mèches blondes de la petite, qui semblait être perturbée par ta colère, apeurée par ta voix. Je murmurais tout bas pour la rassurer alors que je répondais en t’observant t’éloigner : « Je doute que croupir soit le terme exacte… Je ne te vois guère enchaînée dans les cachots de la demeure… » Pourtant ils étaient si nombreux. La pièce était loin d’être humide. Tu avais de la nourriture. Un lit plus que confortable. Une chambre assez grande pour te permettre de marcher. Tu étais retenue, certes… Mais l’on avait vu pire. « Je n’ai pas vu Niamh. » Je te laissais en venir à tes propres conclusions.

Doucement j’entendais frapper derrière nous. Un léger sourire se glissa sur mes lèvres et je me détournais, m’éloignais de toi alors que tu me parlais. J’ouvrais la porte et Bedelia se tenait dans l’encadrement. Je lui confiais doucement Electre, laissant son patronus se faufiler entre nos jambes avant de refermer la porte. L’enchantement était toujours actif. Il n’y avait que toi qui ne pouvait l’ouvrir. Le mécanisme ne répondait pas et pire encore tu pourrais t’en brûler les paumes. Astucieux, n’est-ce pas ? « Comment occupes-tu tes journées ces temps-ci ? » Je revenais dans la pièce, plus calme, plus rassuré. « A cheval entre les séances chez le psychomage et les recherches sur la torture des adolescents ? Je t’imagine mal quitter le Ministère, amnésique ou pas. » Les insinuations étaient grotesques. Pire encore je ne comprenais pas ce que tu étais en train de dire. Je te fixais sans rien dire, m’appuyant contre un vieux meuble. Je croisais les bras et t’observais. « Je ne suis pas responsable de ta situation, Jill… Inutile de t’adresser à moi de la sorte et de t’abaisser à de telles insinuations. » Penses-tu qu’elle croit que l’accident t’as rendu amnésique ? Pourquoi le serais-je ? « Et oui… Comme toute personne responsable dans ce monde, je travaille. Et je suis toujours au Ministère. » Je fronçais les sourcils. Que voulais-tu savoir à la fin ? Je fixais le seul quelques secondes avant de souffler : « Je me souviens… De l’odeur du gaz… Et de l’explosion. » Rien que d’y repenser, j’avais la sensation que mes si nombreuses cicatrices se mettaient à toutes me démanger et me brûler à la fois. « C’est sans doute grâce à la magie que je suis parvenu à survivre à la chute… Ensuite, c’est Kaiser qui est responsable du reste. »  Mon regard s’était assombrit. « Que désires-tu savoir de plus ? Par quelles aptitudes je survécus ? » Un rire m’échappais, alors que je me redresse en m’approchant un peu à toi. « Je pensai à ma famille…. Si fort…  » Mes dents étaient serrées. « Même à toi, sombre idiote chérissant le songe de sa famille lui tourna le dos, alors que ce ne sont qu’aberrations ! Ne penses-tu pas que nous nous avons conjecturés des moyens loufoques avec Niamh pour te faire revenir ? .. Tu… Tu es juste partie ! » Je fronçais les sourcils en levant la main. « Et tu nous reproches de renoncer à toi ?! D’être égoïste et de penser à nos vies, à nos familles, nos responsabilités ? Qu’aurions-nous dû faire ? J’ai appris la vérité, toute la vérité de la bouche personnes nous étant étrangères… dans les commérages des réceptions… Et l’on me demandait comment je vivais la chose ? Mais comment toi, vivais-tu la chose ?! Bien, j’ose l’espérer ! »

J’échappais soudainement un soupire, glissant ma main dévorée par les flammes contre mon visage. Je m’éloignais doucement, sentant l’amertume revenir envahir et pourrir ma bouche.

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Message Re: Save yourself
par O. Jill Peverell, Jeu 28 Sep - 13:01 (#)
save yourself
Alekseev & Jill

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ Alekseev ne s’offusqua pas de leur désaccord et ils continuèrent de discuter calmement. C’était bien le dernier de leur soucis compte tenu de l’abysse qui les séparaient aujourd’hui. Jamais elle n’aurait pensé perdre l’amitié du jeune homme, surtout avec ce qu’il avait traversé avec Greer. Pourtant, les choses étaient différentes maintenant. La simplicité avec laquelle leur situation individuelle s’était détériorée faisait peur à analyser. Se pouvait-il que cela soit pire ? A y regarder, Alekseev avait été le plus épargné. Il avait certes subit des dommages physiques dans l’explosion et dans son errance mais dans le fond, qu’était-ce par rapport à la torture psychique ? Qu’était-ce face à la bataille interne qui déchirait psyché et vie quotidienne ? Envies profondes et moralité ? Éducation et devoir ? Se pouvait-il qu’il regagne ses souvenirs ? Le cas échéant, serait-ce une bonne chose ? Assurément pas. Etranger dans son propre corps … tout cela était si déroutant. « Partout, nul part … le lieu importe peu. Crois-tu que l’on puisse se débarrasser aussi facilement de moi ? » Elle le pensait, tout comme elle songeait avec angoisse à, justement, où allaient-ils se débarrasser d’elle une fois qu’ils auraient compris qu’il n’y avait plus rien à faire. Qu’elle était définitivement perdue dans des idéaux qu’ils ne comprenaient guère. Pire, qu’ils haïssaient. Elle repensa à Cassie. La chassa loin de son esprit lorsqu’Alekseev lui avoua le bonheur, quoique teinté de nuances elle n’en doutait guère, de la voir en ce jour. Il ne pouvait pas comprendre quel bonheur c’était pour elle et cela la gênait, pourtant il était impensable d’évoquer la réalité de son accident

Sa mort.

Elle aurait voulu lui sauter au cou. Lui exprimer ô combien elle avait souffert de sa disparition. Lui murmurer à l’oreille que Greer l’attendait et qu’elle pouvait le mener à elle. Lui avouer que son amie la plus chère l’aimait toujours. Qu’elle l’avait retrouvée proche de la dépression, en proie à tellement de démons qu’elle avait secrètement veillé sa première nuit. Juste au cas où. Lorsque l’ancien Serpentard s’approcha d’elle pour la questionner sur ses motivations, Jill ne dissimula pas sa déception. Evidemment qu’il voulait savoir. Comme eux tous ! La sorcière était bien déterminée à ne plus se justifier. Pourquoi ? Pour nourrir un peu plus leur haine ? Leur incompréhension ? Leur désespoir face à son impossible rédemption ? Il lui confia l’étendue de sa confusion sur le sujet et pour la première fois, il lui sembla perdu. « Pourquoi penses-tu cela ? … » Douce naïveté. Elle esquissa un vague sourire, voguant sur les abimes de sa mémoire. « Te rappelles-tu de cette petite terreur aux cheveux dorées, qui exigeait des gâteaux de pâte à sucre ensorcelée à 9h du matin, ici même, durant la Coupe du Monde de Quidditch de 66 ? De sa colère lorsque tu n’as pas voulu l’emmener à Poudlard durant ta première rentrée ? De ces retenues que tu lui as infligé car elle traînait trop tard dans les couloirs ? De son envie de te battre en duel malgré ta maitrise supérieure de la magie ? Te rappelles-tu de la première bièraubeurre que tu lui as acheté ? De la première fois que tu l’as embrassée ? De ta fierté à la voir réussir ? Rappelle toi ! Ne suis-je pas la même personne, Alekseev ? Ne suis-je pas celle que vous avez vu grandir ? Celle que vous avez connu toute votre vie ? » Cassiopéia, riant aux éclats se matérialisa dans son esprit. L’image vacilla pour laisser place au Mangemort qu’elle avait voulu attaquer, la veille, qui lui hurla dessus. Cassiopéia. Jill se sentait meurtrie par cette révélation qui l’avait plus choquée qu’elle n’avait bien voulu l’admettre. Les aimait-elle réellement toujours, tous autant qu’ils étaient ? Malgré les trahisons. Malgré leurs opinions moyenâgeuses ? Pouvait-elle seulement leur tourner le dos à jamais ? Il lui sembla qu’ils étaient plus proches de ce point qu’elle mais ne se voilait-elle pas la face, tout simplement ?

Lorsqu’il enchaîna en évoquant Ezra par son simple statut d’homme, elle sut que la conversation prenait une autre ampleur. Comment pouvait-il le dépouiller de son identité de la sorte, ne s’embêtant pas même à prononcer son prénom ? « Sans doute a t-il peur qu’il ne lui brûle les lèvres. » grogna Falco en écho à ses pensées les plus profondes. Lorsqu’elle le questionna sur jusqu’où pouvait-on aller par amour, Alekseev se mit à la fixer étrangement. Ca n’était pas une menace et Jill pensa furtivement qu’il s’était peut-être trompé sur la signification de ses propos. Ou pensait-il à quelque chose de particulier ? La sorcière tenta d’user de son don pour percevoir des bribes de conversations de Kaiser mais rien ne filtra. Son impuissance la rendait malade. Ils continuèrent d’échanger leurs interrogations. Il lui semblait sincère alors que, sans doute, lui semblait-elle définitivement perdue. « Je ne sais pas… J’imagine que l’on s’est tous dit et répété que nous n’avions pas fait assez… A un moment donné… Ou durant tous ces moments passés à tes cotés. » La jeune femme fronça les sourcils. Était-il en train d’avouer qu’ils pensaient que tout cela était de leur fait ? « Que peut-on faire face à l’essence même des choses... » Que pouvait-elle donc lui dire ? Que tout cela n’était pas leur faute ? Que voulait-il entendre, qu’elle assumait être née avec une tare ? Bien que la sorcière ne le vit pas ainsi, oui, elle l’assumait. Elle n’était que le fruit de ses parents. Son père, bien qu’absent, l’avait toujours soutenue dans ses choix. Sa mère ne voyait pas les choses de la même façon et chacune d’elles le déplorait sincèrement. Alekseev continuait pourtant. Il avait raison d’une certaine manière. Oui, elle avait tout à fait avancé comme un funambule.

Les mains liées.
Les yeux bandés.

Ils étaient si peu à comprendre la nature même de sa personnalité. De sa personnalité déviante comme on lui avait soufflé. Elle revit Thaddeus, Eren. Cassie. « Tu me souffles l’amour comme raison… Mais n’est-ce pas ceci aussi qui te liait à tes amis et ta famille, Jill ? » Pourquoi employait-il le passé ? « Je n’ai pas renoncé à l’amour que je vous porte. » affirma t-elle d’une voix douce. Triste. Sûrement renonceraient-ils bientôt. Et qu’adviendrait-elle, reniée par les siens ? Amputée de leur amour. De leur affection. Rayée des conversations, son nom serait bientôt effacé. Elle ne serait plus personne. Une plaie béante que l’on dissimulerait sous une éternité de non-dits. De honte. Tous, ils lui disaient qu’elle avait volontairement provoqué sa chute. Que c’était de sa faute. « Et quand sera-t-il si cet homme vient à tomber au combat, trop jeune ? Cet amour saura-t-il toujours supporter ta réalité et ta position ? » Une lueur de défi brilla sauvagement dans ses prunelles glacées. Pourquoi choisissait-il ces mots précis ? Pourquoi évoquait-il la mort d’Ezra ? « Doucement… » murmura le patronus qui ne sentait que trop bien la moutarde monter au nez de Jill. Alekseev la connaissait bien assez pour savoir qu’elle ne supportait pas les menaces. Il y a une semaine, elle serait montée au créneau. Aujourd’hui, elle ne serra que les poings et la mâchoire en prenant une profonde inspiration. Assez pour que cela n’ait pas grand-chose de discret. Rien d’étonnant non plus. Qu'importe ses efforts, on ne luttait pas contre sa nature profonde. La sorcière ne pouvait évidemment s'empêcher d'objecter. Elle lutta contre des demie-teintes de violence qui parcouraient sa voix. Tenta de les maitriser au mieux, en vain. Elle ne criait pas, non, mais sa voix n'avait plus rien de doux. « Comment oses-tu le menacer... » Que pouvait-elle faire de plus ? Lui hurler dessus et fragiliser sa position plus encore ? Elle se rappelait fort bien que personne ne l’avait briefée sur ce qui allait lui advenir, aussi pensait-elle que son sort n’avait pas encore été décidé. L’image de sa mère, menaçante, s’immisça dans son esprit. Où était-elle ? Qu’attendait Serafina Lestrange pour se montrer… Comme toute femme raffinée, la sorcière soignait ses entrées. Et comme elle était, elle attendrait probablement le moment où sa fille serait le plus vulnérable. Ou bien n’avait-elle pas été prévenue de sa présence. Une chose bien improbable. Cassiopéia en avait fini avec elle. Elle s’était montrée limpide.

« Un jour, peut-être te tenais-tu face à une décision à prendre… Lui, ou… tout le reste. Etait-ce l’envie d’être libre de vivre ce que tu désirais qui t’as alors animé ? … Ou d’autres choses dont je ne suis censé comprendre ? » Alekseev, comme à son habitude, retournait ses propres mots contre elle. Il était un orateur habile et la sorcière ne le savait que trop bien. Il jouait avec ses émotions, plus qu’elle ne saurait jamais le faire. Une seconde la rage lui tordait l’estomac. L’autre la tristesse l’envahissait. « Ne le laisse pas jouer avec ta tête. Concentre toi. » siffla à nouveau le léopard sur ses gardes. Jill le fit taire d’un regard. Elle comprenait sa méfiance mais dans l’absolu, elle ne pouvait pas lutter contre le sorcier et les réprimandes de Falco commençaient à lui taper sur les nerfs. Elle était seule. Fatiguée. Son patronus l’avait parfaitement compris mais contrairement à elle, il sentait que quelque chose clochait. Quoi ? Il n’aurait su le dire. Une étrange impression. Quelque chose d’invisible mais de bien présent. « J’ai toujours refusé de faire un choix. » C’est faux, d’une manière ou d’une autre ce choix était fait mais était-ce vraiment un choix ? Elle s’était enfuie. Elle les avait peiné. Mais qu’en était-il d’elle ? De ce qu’elle souhaitait ? Aurait-elle pu vivre avec elle-même à leurs côtés ? Comment aurait-elle pu se regarder dans le miroir avec les récents évènements ? Le jeune homme avait pourtant compris la force qui l’animait. « Comment aurais-je pu choisir ? Jamais. » Son regard se fit furtif un instant, avant de revenir se planter dans celui du jeune père. Sa gorge se serrait. Elle n’avait jamais dit cela à personne. Pas même à Greer. Sa voix s’était muée en murmure délicat. « Tu me connais Alekseev… Bien sûr que j’ai choisi la liberté. Je me suis choisi moi. » Pouvait-elle être plus honnête ? Non. Elle se racla la gorge, chassant toutes les pensées qui hantaient son esprit.

Vivre enchaînée à une maison.
À un statut.
Épouser un homme qu’elle n’aime pas.
Partager son corps.
Partager ses enfants.
Assister aux exactions du Gouvernement.
Ivre de haine.
Ne rien faire.
Regarder ses amis mourir les uns après les autres.
Sachant qu’elle n’avait rien fait.
Ivre de tristesse.

Comment aurait-elle pu ? Jamais. Comment faisaient-ils, tous… Jill, comme toujours, peinait à maitriser sa colère. Sa voix vibrait lorsqu’elle demanda au jeune homme s’il n’avait pas croisé cette chère Miss Black. Elle avait volontairement changé de sujet, trop peu à l’aise de devoir discuter ses choix avec Alekseev. Lui plus qu’un autre aurait du comprendre. Il ne le pouvait plus, elle le savait et cette simple pensée lui nouait la gorge. Elle avait envie de pleurer. De rage. De frustration. De fatigue. Ses nerfs lâchaient doucement. La sorcière n’avait même pas remarqué que son timbre effrayait la petite précieuse. Non, Jill marchait dans la pièce, écoutant Alekseev souligner à quel point son sort n’était pas tant à plaindre. Certes elle n’avait pas été jetée dans les cachots mais quoi encore ? Cassie avait beau lui avoir jeté en plein visage toute l’étendue de sa déception, Mrs Beurk avait néanmoins respecté la statut de la jeune femme. Jeter la dernière descendante au sang si pur d’une des plus anciennes familles de leur société britannique ? Elle n’en n’était pas à ce point. Peut-être allait-il finir par arriver, que pouvait en savoir Jill… « Je n’ai pas vu Niamh. » Elle siffla avec impatience. « Comment as-tu su que j’étais là dans ce cas ? Qu’est-tu venu chercher ? » Elle se retourna d’un coup lorsqu’elle entendit frapper à la porte. Son cœur rata un bond. Son temps était-il déjà écoulé ? Elle ne vit que cet affreux elfe emmener Electre. La sorcière murmura tout bas, la voix emplie de mépris. « Comment peux-tu laisser une telle créature toucher ta fille… » Elle n’avait jamais éprouvé la moindre sympathie envers les elfes. Envers toutes les créatures d’ailleurs. Son esprit glissa vers la pire des ignominies qui errait peut-être à l’instant même dans la demeure. Falco grogna avec dégoût dans son esprit et Jill du se retourner à nouveau pour dissimuler la vague de déconsidération qui l’envahissait. Myfanwy était bien la dernière des personnes qu’elle aurait voulu croiser. Ou était-ce sa mère ? Elle était perdue. « C’est la domestique… » Un rapide coup d’œil dans l’entrebâillement de la porte qui se fermait laissa apparaître une main adulte humaine. Effectivement le patronus avait raison. La sorcière grommela de mauvaise grâce. « Mmh non, j’ai cru que c’était Thalys… Je me disais bien aussi. »

Coincée dans son irrévérence Jill attaqua Alekseev de front. Le jeune homme la corrigea avec patience tandis qu’il croisait nonchalamment les bras sur sa poitrine. Oh certes il avait raison, il n’était pas responsable de son malheur. Mais si ses souvenirs étaient demeurés vivaces, lui aussi souffrirait à cet instant. Elle lui en voulait presque de s’en sortir si facilement. Contre toute attente le jeune homme choisit de répondre aux interrogations de la plus Gryffondor de sa famille. Une énième casserole qu’elle se devait de porter. Lorsqu’il évoqua son travail au Ministère Falco rugit soudainement et Jill dévisagea son ami avec dégoût. « Comment peux-tu endosser de tels ordres. » siffla t-elle tout bas. Alekseev la dévisagea un instant et repris, les yeux incertains. « Je me souviens… De l’odeur du gaz… Et de l’explosion. » Que lui dissimulait-il ? Se souvenait-il du visage de Greer qui défendait la vie de ses parents et la sienne, bec et ongles ? Se souvenait-il de sa défaite ? Et qu’avait-il ressenti à cet instant … à part la douleur. Voilà qui était bien le moindre de la justice. « Ca suffit ! » la voix de Falco avait tonné dans son esprit. Il savait que la sorcière allait pousser les questions, loin, de plus en plus loin. Pourquoi devait-elle souffrir seule ? Pourquoi avait-il droit à la tranquillité et pas elle ? « Je sais ce que tu cherches à faire. C’est cruel Jill. » « D’aussi beaux souvenirs peuvent-ils vraiment l’être ? » Bien sûr. Sa jalousie la rendait malade.

Elle aurait voulu lui insuffler le doute.
Semer le chaos dans ce bel esprit déjà éprouvé.
Elle aurait souhaité qu’il souffre autant qu’elle souffrait.
Et qu’il comprenne comme il l’avait un jour comprise.

Elle le laissait continuer. Le regardait s’embourber dans ses interrogations. Il ne savait pas où elle voulait en venir mais le savait-elle seulement ? « Je pensai à ma famille…. Si fort… » Elle ricana. Mauvaise. « De quelle famille parles-tu …» Etait-ce de cette timbrée de Lyra ? De sa merveilleuse petite fille ? Alekseev était le dernier descendant sain de sa famille. Dans le fond Ingram Peverell avait toujours eu raison. Les Gaunt étaient malades. Sauf Alekseev. Dernier représentant sensé... Quelle famille… L’insinuation ne sembla pas lui plaire et le jeune homme haussa le ton. « Même à toi, sombre idiote chérissant le songe de sa famille lui tournant le dos, alors que ce ne sont qu’aberrations ! Ne penses-tu pas que nous nous avons conjecturés des moyens loufoques avec Niamh pour te faire revenir ? .. Tu… Tu es juste partie ! » Forcément, Greer effacée de sa tête il ne pouvait plus s’accrocher à leur souvenir. Jill éclata avec colère. « A moi ? Tu pensais à MOI ? » Elle l’écouta reprendre, la voix vibrante d’agacement. « Mais comment toi, vivais-tu la chose ?! Bien, j’ose l’espérer ! » Incapable de tenir calmement elle se mit à faire les cent pas dans la pièce. « Mais comment toi, vivais-tu la chose ?! Bien, j’ose l’espérer ! » Ses mains tremblaient de colère et elle perdit le peu de couleur qui lui restait. Ses doigts malmenèrent ses joues un instant avant qu’elle se mette à lui répondre d’une voix sans âme. L’injustice de la situation lui sautait à la gorge. « PARDON ? Bien ? Tu penses que j’étais BIEN ? » Elle explosait littéralement. Comment pouvait-il insinuer cela ? « Quand était-ce ? Quand j’étais seule dans mon lit en proie à toute la détresse du monde ? Seule. Effrayée. Quand je redoutais de croiser Thadd dans les couloirs ? Oh lui avait bien compris l’étendue de ma peur ! Quand étais-je bien ? Quand je pensais à Ezra ? Quand je savais que je transgressais tout ce qu’on m’a appris ? Quand je savais trahir les miens ? A quel moment étais-je bien Alekseev ? » Elle se revoyait prostrée, pleurer des torrents de larmes seule sur son lit. Seule. Elle se revoyait si terrifiée qu’elle n’osait plus rentrer chez elle. Elle revivait si intensément sa douleur que son crâne menaçait d’exploser. Les larmes coulaient désormais sur ses joues pâles.

« Où étais-tu lorsque je croupissais au Complexe ! Sais-tu seulement ce que c’est ou le Ministère ne se donne t-il pas même la peine de vous briefer ! » Jill ne savait pas réellement si le Gouvernement était au courant de ce qui se passait au Complexe. Elle soupçonnait les Disciples de s’être infiltrés à des postes clés mais il lui semblait difficile que le Ministre en personne n’en sache rien. Oh cela ne serait pas la première fois que ce fils de gobelin de Rosier dissimula des informations à son personnel. Elle le haïssait. « Où étais-tu lorsque je m’évanouissais sous la douleur ? Lorsqu’ils faisaient disparaître Falco encore, encore et ENCORE ! Lorsque je voulais mourir. Où étais-tu Alekseev ? Cochais-tu les cases en face des noms de tous ces sorciers enlevés ? Ou peut-être allais-tu les chercher toi-même ? OÙ ETAIS-TU ! » tonna t-elle une fois de plus. Peut-être mélangeait-elle tout. Peut-être était-elle jalouse de lui et de son calme plat. Lui qui n’était pas assailli par l’horreur de ses souvenirs. Par cette passion qui avait un jour était la sienne. Lui qui avait le loisir de s’offrir de la paix. De la paix ! Au nom de quoi avait-il le droit d’être en paix avec lui-même ! Elle tremblait de rage dans son corps si frêle. Elle le fixait à nouveau, crachant toute la peur, la haine et la colère qu’elle avait retenue pendant tant d’années. « Comment oses-tu me parler de la sorte ! Après tout ce que j’ai enduré. Comment peux-tu croire qu’à un moment ou à un autre prendre ces décisions fut facile ? Que je l’ai bien vécu ? Comment peux-tu croire que je me sentais BIEN ! En accord avec moi-même. Je vis déchirée entre des principes qu’on nous inflige. Je vis dans la peur du lendemain, dans la peur de ce que mère m’infligera si elle me retrouve. A quel moment ais-je bien vécu ce qui m’est arrivé… » Ce qui nous est arrivé aurait-été plus exact mais elle ne pouvait décemment lui dire. Lui avouer qu’il lui était arrivé la même chose. Pendu aux lèvres de Greer, incapable de se débarrasser de son fantôme enfoui dans les recoins de sa chair. Incapable de la rejeter alors que cette relation malsaine trahissait tous les principes de son éducation. Qu’avaient-ils donc fait par amour ? Quel mal s’étaient-ils infligés, encore, encore et encore ?

Ils étaient les victimes du sentiment le plus humain.
Le plus beau.
Le plus destructeur.

Les larmes coulaient toujours sans qu’elle ne puisse rien y faire. Falco montrait les crocs en grondant tout bas. Ils se sentaient mal. Si mal que Jill menaçait de s’évanouir. Une bouffée de chaleur envahit son corps et soudain, son ouïe sembla sombrer. Son corps n’était plus qu’un vulgaire amas de chiffons. Ses jambes ne pouvaient plus la soutenir et dans un effort de volonté, la sorcière avança mollement jusqu’au lit qui trônait dans la pièce. Elle s’assit, vidée de toutes ses forces. Ses lèvres sèches hurlaient leur envie de boire. Son visage fantomatique semblait sombrer dans l’inconscience. Elle cligna difficilement des yeux, si difficilement qu’elle cru ne jamais pouvoir les rouvrir. Les jambes battant dans le vide elle laissa choir son dos sur le matelas, les mains encadrant son visage. Elle était prête. Prête à recevoir, une nouvelle, toute l’étendue de la colère, de la déception et de la honte de tous ceux qu’elle avait pendant longtemps considéré comme étant ses plus proches, ses seuls amis. Sa famille. Jill était si faible qu’elle ne pouvait plus repousser leur haine. Elle l’absorbait alors, toujours plus forte. Sa voix s’était faite faible. Presque un murmure. « Vas y. Dis le. » Falco avait sauté sur le lit, inquiet, sa tête jouxtant celle de sa sorcière. Dis le qu’elle est faible. Dépravée. Que c’est une honte ambulante. Que jamais elle n’aurait du naître si c’est pour infliger tant de malheurs à ceux qui l’aiment. Dis le. Elle ne t’en voudra pas. Dis le que c’est de sa faute. Elle le sait maintenant.

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CODES ©️ LITTLE WOLF.



No pain no gain
It's the moment of truth, and the moment to lie. The moment to live and the moment to die. The moment to fight. I do believe in the light. Raise your hands into the sky. When the fight will be done, when the war will be won, lift your hands toward the sun and always remember those you lost.©️ sweet peach

 
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employé du ministère de la magie
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Message Re: Save yourself
par Alekseev S. Gaunt, Dim 1 Oct - 18:42 (#)
« Partout, nulle part… le lieu importe peu. Crois-tu que l’on puisse se débarrasser aussi facilement de moi ? » Je n’étais que surprise. Les impurs avaient de toute évidence corrompue tes pensées. Ces années à te torturer l’esprit entre ton éducation et ta véritable éducation avaient sembler puiser sa force dans une haine que nous ne méritions pas. J’étais triste et déçu de constater à quel point tu pouvais nous imaginer mauvais. « Nous n’avons jamais désiré nous débarrasser de toi. » Je l’affirmais sans mal. Serafina Lestrange n’avait jamais affirmé te renier. Et si le patriarche Lestrange ne l’avait jamais fais, ce n’était que par pur respect face à la colère et les derniers espoirs de ta propre mère qui défendait corps et âme sa progéniture. Tu n’imaginais pas la chance que tu possédais. Tu es partie. Tu nous as abandonné. Pas l’inverse.

Tu commençais alors à parler de ton passé. De notre passé. Lentement, je voyais les souvenirs s’inscrire dans ton crâne, faisant écho à ceux que je possédais moi-même, même ceux que j’avais oublié. « De sa colère lorsque tu n’as pas voulu l’emmener à Poudlard durant ta première année ? » Un sourire triste, un sourire nostalgique et pourtant amusé se glissait sur mes lèvres. Bien sûr que je me souvenais de cette colère qui t’avait habité, de cette fougue qui te possédait, alors que je tentais sans y parvenir, de t’expliquer que je ne pouvais pas. Je me souvenais des sourires de ta mère, des sourires de ma marraine avant qu’elles ne te calment lentement. Je me souviens que tu m’avais fais la tête longtemps, jusqu’à ce que je t’offre l’une de mes écharpe vert et argent lors des premières vacances. Je me souviens de cet air fier que tu avais pris, à te balader avec même pendant les repas, n’écoutant pas les légères remontrances de ton père… Qui n’appréciait probablement par que tu portes les couleurs de Salazar Serpentard. « Te rappelles-tu de la première bièraubeurre que tu lui as acheté ? » Je reposais mon regard sur toi, sans comprendre ce que tu cherchais à me faire comprendre. Bien sûr que je m’en souvenais. « De la première fois que tu l’as embrassée ? » Tu étais cruelle. J’avalais ma salive avant de détourner le regard. « De ta fierté à la voir réussir ? » J’étais au courant de tout cela. « Je me souviens clairement aussi de ta manière de me larguer. » Détail parmi tant d’autres après toutes ces années. Mais je reposais mon regard sur toi. « Ne suis-je pas la même personne, Alekseev ? Ne suis-je pas celle que vous avez vu grandir ? Celle que vous avez connu toute votre vie ? » J’étais étonné. Je te fixais avant de répondre : « Ai-je dis l’inverse ? Evidemment que tu portes toutes ces personnes, ce passé, en toi. Je n’ai jamais songé à son contraire. Pourtant, cela n’empêche guère que nous ignorons où tu as pu puiser toute cette force pour… » Nous tourner le dos. A ton passé. Ton éducation. Ta famille. Toutes ces choses si importantes. Tu ne semblais pas comprendre ce qui nous troublait et visiblement j’étais face à ta mauvaise foi, à moins que tu sois soudainement atteinte de surdité.

« Je n’ai pas renoncé à l’amour que je vous porte. » Ce fut à mon tour d’échapper un léger fruit emplit de dédain. « Où est-il ? » Je reposais mon regard sur toi. Je n’y croyais pas. Ce n’était que des mots pour te donner bonne conscience. Je ne voyais autant amour de ta part à mon égard. Mais sûrement étais-je trop égoïste. Où était ton amour pour ta mère que tu avais si longtemps fuis et évité ? Où était ton amour pour nos marraines dont tu semblais avoir attenté les vies ? Ce n’était que mensonge. Tu n’étais qu’aveuglement. J’étais inquiet face à l’aveuglement inouïe dont tu semblais faire face. C’était glaçant.

« Comment oses-tu le menacer… » Je fronçais les sourcils. Je sentais depuis quelques longues secondes tes émotions violentes s’animer. Je m’exclamais alors soudainement : « Mais pour qui me prends-tu !? Je ne menace personne, pauvre idiote ! » J’étais fatiguée de tenter de voguer vers toi pour être constamment repoussé. Je sentais la colère m’agiter, je sentais la tristesse m’empoigner. Tu n’étais plus la jeune fille que j’appréciais. Tu avais perdu l’esprit. Tu étais quelqu’un d’autre qui me brisait le cœur, qui ne semblait plus rien comprendre. Tu n’étais que colère et méfiance. Tu n’étais que colère et défiance. Je détournais le regard en glissant ma main sur mon visage. « J’ai toujours refusé de faire un choix. » Pourtant, le résultat était loin d’une absence de choix. Je m’appuyais contre la table plus loin dans la pièce, ayant besoin d’être retenu, ayant besoin de creuser la distance entre nous. « Comment aurais-je pu choisir ? Jamais. » Je sentais l’émotion me gagner et je croisais les bras. Mon regard glissait sur toi avant de s’arrêter sur tes pieds. Pudique, je restais muet tentant simplement de contrôler ces émotions étranges qui me prenaient. J’avais la sensation que mon corps, mon cœur entier supportaient tant d’émotions que l’on m’avait dérobé. Je sentais la peur me prendre soudainement, une tristesse infinie qui déchirait mes nerfs. « Tu me connais Alekseev… Bien sûr que j’ai choisi la liberté. Je me suis choisi moi. » Un léger sourire se glissait sur mes lèvres. Cela semblait honnête et logique. Que l’on te marie de force à quelqu’un était loin d’être ce que tu désirais. « Tu es une Peverell, Jill… Tu aurais pu briser tes fiançailles sans effort… » Tu aurais pu attendre que cet amour insensé et impur s’efface. Tu aurais pu le combattre et t’attacher à un autre homme. Comme tout le monde. Comme moi. Tu n’aimais pas ta femme. Pourtant la sensation était persistante, d’avoir perdu quelqu’un que j’aimais terriblement. Toi, évidemment, mais quelqu’un d’autre aussi. « Tu aurais pu.. faire tant de choses, de grandes choses... Le monde aurait manger dans ta main. » Parce que tu étais une Peverell. Là où l’on t’avait regardé avec respect et admiration, l’on m’avait observé avec peur et dégoût. J’avais longtemps envié ta position, jusqu’à ce que tu m’accordes ta présence d’enfant, ton amitié. Tu avais toi aussi, aidé à mon intégration dans ce monde, malgré les pensées de ton père. Malgré ses insultes face à mes intentions ou le sincère attachement que j’avais pu te porter.

Le sujet changeait volontairement. La discussion n’était pas terminé, mais l’émotion était palpable, nos larmes aussi. Je n’avais pas envie de pleurer aujourd’hui, encore moins pour une amie perdue qui devait assumer ses choix. « Comment as-tu su que j’étais là dans ce cas ? Qu’es-tu venu chercher ? » Je soupirais vaguement avant de souffler, en serrant Electre dans mes bras. « Ta perspicacité n’est plus ce qu’elle était…. Et je voulais simplement te voir. » J’haussais les épaules. « Etonnant n’est-ce pas ? »  J’étais railleur, à l’image de ta colère et de ta défiante perpétuelle depuis le début.

Bientôt, Electre partait. J’ignorais tes paroles alors que tu semblais réaliser ton erreur. Comme si j’allais laisser un elfe toucher le fruit de mes entrailles.

Bientôt, je te donnais les réponses que tu semblais désirer vouloir à mon égard. J’observais le dégoût s’inscrire sur ton visage. « Comment peux-tu endosser de tels ordres. » Je préférais à mon tour dévier de sujet. Il n’était pas question de nos positions politiques, n’est-ce pas ? Qu’allais-tu pouvoir m’hurler si tu voyais la marque sur mon avant bras ? Que pourrais-je te répondre, si ce n’est des souvenirs cruels comme tu avais pu le faire ?

Je soudainement de l’agitation dans ton âme. Tout du moins, une agitation différente. J’inspirais lentement. Le visage de la sang-de-bourbe se glissait dans tes pensées puis le mienne. Evidemment que tu avais toujours contact avec elle… ta chère… très chère meilleure amie. Probablement étais-tu l’une des seules sang-pure à avoir continué à la cotoyer après son aveu.
Puis je sentais une envie de douleur. De la douleur. D’aussi beaux souvenirs peuvent-ils vraiment l’être ? Je percevais tes mots sans les comprendre. Je sentais une envie cruelle et une terrible jalousie t’envahir. Des émotions que je ne comprenais pas à cet instant présent, alors que je te parlais de mon accident. Pourquoi alliais-tu de telles émotions alors que tu semblais penser à Greer ?

Le calme semblait lentement disparaître.

Dépecé par la force de nos mots.

Enflammé par nos colères et nos rancœurs trop longtemps retenues.

« Tu penses que j’étais bien ? » Je restais inerte et t’observais. Lentement, mon visage se refermait. La bouche close, je t’écoutais. « Quand était-ce ? » Tu énumérais tant de situation. « Quand je savais trahir les miens ? » Donc, tu en avais au moins conscience. Tu n’étais pas si désespérée et sotte à ce point. « A quel moment étais-je bien Alekseev ? » J’haussais les épaules. Assez bien pour t’installer avec ton petit-ami. Assez bien pour partir en escapade. Assez bien pour trahir ta famille. Qu’en savais-je… « Où étais-tu lorsque je croupissais au Complexe ! » Je sentais mon corps se crisper. Mon regard s’assombrit tandis que mes mâchoires se crispaient. « Sais-tu seulement ce que c’est ou le Ministère ne se donne-t-il pas même la peine de vous briefer ? » Je me souviens d’avoir trié de nombreux dossiers. Je me souviens d’avoir posé le tien sur une pile. Toi, qui semblait possédait un don lié aux patronus. Toi qui devait être de toute évidence capable d’entendre les patronus. « Ou étais-tu lorsque je m’évanouissais sous la douleur ? » Je levais mon regard un instant vers un élément inerte de la pièce. Non, je ne savais pas pourquoi l’on m’avait demandé de trier ces dossiers. Mais aujourd’hui, je savais où ils avaient fini. J’ignorais si je ressentais une vague forme de culpabilité… Sûrement n’était-ce pas le cas. « Lorsque je voulais mourir. » Tout aurait été si simple, si tu étais morte là bas. Serafina Lestrange aurait causé la mort de ton bourreau, mais elle se serait rapidement retrouvée bloqué. On ne pouvait pas être éternellement compréhensif à vos égards à toutes les deux. « Cochais-tu les cases en face des noms de tous ces sorciers enlevés ? Ou peut-être allais-tu les chercher toi-même ? OU ETAIS-TU ? » Je demeurais muet. Je n’allais décidément pas te donner des arguments supplémentaires pour hurler dans cette chambre. Tu as fais tes choix, tu devais les assumer, à présent. Si tu as fini dans ce Complexe c’est parce que tu étais une traître à ton sang. Tu es une traître. Et quoique puisse penser ou faire ta mère à ton égard, tu le demeurais. « Comment oses-tu me parler de la sorte ! (…) Comment peux-tu croire que je me sentais BIEN ! (…) A quel moment ai-je bien vécu ce qui m’est arrivé… » Je n’en savais rien. Comment pouvais-tu faire autant de sacrifice, tourner le dos aux tiens, si cela ne t’avait pas apporté un minimum de bien être ou de paix ? Ou bien courrais-tu après un espoir vain… pauvre toi.

Mais soudainement, ta voix semblait trembler. Je sentais surtout ton aura se faner un peu plus. Je bougeais lentement pour m’approcher de toi, inquiet. En te voyant perdre pied, si pâle, je vins te rejoindre sur le lit. Je t’observais sans rien dire et glissais le bout de mes doigts contre ta joue. « Il faut que tu manges. » A ces quelques mots un plateau de mets sucrés, bien que sommaires prit place à tes côtés. Je t’y encourageais silencieusement. Tu n’étais pas invincible, contrairement à ce que tu semblais bien vouloir croire.

« Je n’ignore pas que nos positions et nos choix sont drastiquement opposés, Jill… Et je doute qu’il soit nécessaire que le sujet soit réellement soulevé. Nul ne saurait me faire changer d’avis et j’ose espérer que… » Je me tais pourtant. Que quoi ? Que l’on arrive à te faire raisonner ? Je fis un léger signe négatif de la tête. « Tu as fais tes choix… Tu as choisi ta liberté. Il est probablement honorable que tu n’ai pas cherché à nous en faire part, afin de nous protéger sans doute et te protéger toi avec… Je persiste néanmoins à croire que c’est cet isolement qui n’a fait que pourrir ce qui siège en ton cœur… »   J’essayais peut-être d’être un tant soit peu compréhensif à ton égard. A ta situation. « Mais cela ne pardonnera nullement ton appartenance à l’Ordre… Ni même d’avoir tenter de tuer nos marraines, Jill. Tu ne mérites pas l’amour de Niamh, ni même nos clémences… Nous nous accrochons à un souvenir qui est mort. » Je t’observais. Mes paroles étaient douces et pourtant pleine d’un sens si fort et affreux. « Ton histoire n’est que l’œuvre de tes décisions. Et ton futur ne m’appartient pas… » Ni même à toi, probablement.

Je me redressais lentement, attristé par cette réalité.

Niamh avait raison à ton propos.


 

Save yourself

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