BELLUM PATRONUM


Version 29
Une nouvelle version a été installée sur le forum, accompagnée de son lot de nouveautés.
Vous pouvez la commenter ici.
Limite des sang-purs
Les sang-pur au nom inventé sont limités aux familles d'origine étrangère.
Merci de vous rediriger vers les familles de la saga ou les familles de membres pour le reste.
équilibre des groupes
En créant votre personnage, merci de considérer jouer un élève de Poudlard, dont les nombres sont réduits.
Si vous préférez jouer un adulte, considérez jouer un mangemort, dont nous manquons également.

Save yourself
résistante au gouvernement rosier
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résistante au gouvernement rosier

Répartition : 11/04/2015
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par O. Jill Peverell, Ven 22 Sep - 16:42 (#)
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Alekseev & Jill

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ « 32. 33. 34. 35. 36. 37. » Jill tourna les talons et repartit dans l’autre sens. « 1. 2. 3. » La sorcière tournait tel un rat dans sa cage. Littéralement. Il lui semblait des jours qu’elle était ici. Son monde s’écroulait. Niamh l’avait kidnappée. Livrée à Cassiopeia. Cette dernière l’avait giflée. Avait reconnu son appartenance aux ténèbres de ce monde. L’avait reniée. Dès le début, Jill avait pensé que Cassie allait la livrer. A qui ? Tout le monde sauf aux bonnes personnes. Elle hésitait encore. Serait-ce les autorités ? Serait-ce sa génitrice ? Elle ne savait quelle issue représentait la plus grande catastrophe. Sa vie ne semblait plus lui appartenir. Elle avait disparu en plein affrontement. Personne ne savait où elle avait pu aller et elle n’était pas en mesure de communiquer avec le monde extérieur. Sa baguette était probablement brisée, quelque part dans l’appartement de Niamh. Pour la deuxième fois de son existence, Jill était démunie. Elle ne pouvait compter sur personne ici. La situation était désastreuse. Elle avait songé à une prise de conscience de son amie - pouvait-elle encore l’appeler ainsi ? - Miss Black pour lui porter secours. Voilà qui était terriblement peu probable. « Quelqu’un finira bien par pousser la porte. » l’avait rassuré Falco. Oh oui et quel individu ? Jill ne savait laquelle de l’impuissance, l’attente et l’angoisse était la pire des sensations. Probablement la combinaison des trois. Sa tête lui avait fait si mal qu’elle prenait une pause. Plus de questions. Voilà dix fois qu’elle refaisait le tour de la chambre. Elle ignorait combien de temps s’était passé depuis son départ de chez Niamh mais une chose restait sûre, la nuit était passée. Bien loin d’être reposant, son sommeil avait été ponctué de cauchemars et plusieurs fois elle s’était éveillée en proie à la douleur.

Cassiopéia l’avait arrachée de l’appartement de sa nièce, inconsciente. Pourtant rien n’aurait pu lui dissimuler l’endroit où elle s’était réveillée. Lourdement meublée, cette pièce n’était ni la plus belle ni la plus laide des pièces du Manoir Beurk. Le simple toucher des flanelles lui aurait indiqué le lieu. L’odeur écrasante du bois. Elle se remémora des longues parties de cache-cache qu’elle avait pu faire dans ce lieu. Dans ces chambres et ces salons avenants. Elle avait presque sourit en ce souvenant ô combien elle aimait jouer des tours à son cousin le plus jeune. Cette teigne. Seul Thalys avait troublé sa quiétude avec un plateau repas. Frugal mais efficace. Elle n’avait pas faim. Lorsqu’au bout de trente minutes à s’ignorer Jill lui avait ordonné de décamper,  Thalys lui avait répondu qu’il avait pour ordre de ne pas partir tant qu’elle n’aurait pas mangé. Sa politesse ne lui avait pas fait gagner grand-chose. Furieuse, la jeune femme s’était remise à hurler. Ses propos n’étaient pas pour l’elfe mais bien pour Cassiopéia qui, elle s’en doutait, ne devait pas se trouver trop loin. Dans un geste de rage – ou peut-être était-ce du désespoir pur – Jill avait envoyé l’assiette s’écraser contre la porte. Malheureusement pour elle il l’intercepta magiquement ce qui ne fit qu’accroitre sa fureur. Elle avait beau lui poser des questions, ses réponses restaient invariables. « Je l’ignore Miss, je ne suis qu’un humble elfe au service des Beuurrk. » Sa voix trainante l’exaspérait tout autant que sa présence. Elle aurait voulu qu’il disparaisse dans un claquement de doigts. Bien qu’il représentait son unique porte de sortie, la jeune femme savait l’entreprise vaine. Thalys ne trahirait jamais sa maitresse pour elle.

Lasse, elle s’était recroquevillée sur le lit. Avait daigné croquer dans du raisin. Avait pesé le pour et le contre de sa situation et s’était interrogée sur les dessins les plus intimes de ceux qui avaient croisé son chemin depuis hier. Pas grand monde à vrai dire. Plus le temps passait, plus Jill s’attendait de voir débarquer sa mère. La simple idée suffisait à la plonger dans l’angoisse. allait-elle finir ? Qu’attendait Cassie pour la relâcher ? « Je crains que cela ne soit pas à l’ordre du jour… » Lorsque Jill eut fini la moitié de l’assiette, Thalys accepta enfin de quitter la pièce. Cela faisait plusieurs heures qu’il attendait et Jill était ravie d’avoir pu le soustraire à Cassie. Elle n’avait aucune envie de lui faciliter la tâcher, quelle qu’elle soit. Elle était propre, bien habillée, les plaies commençaient même à se refermer. Niamh avait fait du bon boulot et sa potion plus encore. Jill n’avait plus mal aux côtes mais son visage, ses bras et l’ensemble de son corps, portaient encore les stigmates des combats. Plaies fines. Ecchymoses. Bleus, jaunes. Un œil avisé ne le manquerait pas pourtant les manches les dissimulaient. En ne pouvait en revanche masquer la lueur sauvage qui brillait au fond de ses pupilles. Elle se sentait telle un animal enchaîné.

Malgré cela, les attentions de Cassiopéia à son égard prouvaient bien que, malgré ses dires, elle n’en avait pas fini avec elle. Rien de rassurant en soit. Lorsque la porte s’ouvrit à nouveau, Jill était sûre que cette femme anciennement chère à son cœur se trouvait dans l’entrebâillement. Dans un bruissement de soie elle ré-ajusta sa robe de chambre - elle n’avait pas voulu se vêtir des ces vêtements qui jonchaient encore le sol – prête à reprendre les hostilités. Plus que tout elle voulait savoir ce sort qu’on lui réservait. Falco lui emboîta le pas alors que l’obstacle obstruant sa liberté s’ouvrait dans un grincement lugubre.

Elle s’arrêta net.
Oublia peut-être de respirer.
Interloquée.

La jeune femme le dévisagea. « C’est impossible. » Jill se ressaisit aussitôt, la langue acérée. « Est-ce tout cela que vous avez pour me tourmenter ? Ne faites dont vous rien sans l’aide de la magie noire ? » gronda t’elle ulcérée par ce nouveau tour. Lorsque son patronus recula subitement derrière elle, Jill fut prise d’un sentiment d’effroi. Elle quitta les prunelles du jeune homme pour descendre le long de son bras. Une petite main dans la sienne. Elle n'avait pu y croire. Ses jambes menaçaient de céder lorsqu’elle énonça d’une voix blanche, les yeux brillants d’émotion. « Electre ? » La tête de l’enfant se souleva pour l’inonder de son regard. Quel âge avait-elle ? Deux ans ? Non à peine. D’un pas timide la petite fille pénétra dans la pièce calme. La lumière fit briller ses cheveux blonds tandis qu’elle avançait l’œil curieux. Elle semblait connaître les lieux et ne s’émerveilla pas devant l’immense baldaquin qui trônait au beau milieu de la pièce. Pas plus que devant les lourds rideaux de velours vert. Non, elle ne regardait que celle qui obstruait la pièce. Elle fixait tranquillement  une nouveauté de ses yeux amandes. Jill s’accroupit et se vit offrir un sourire. Electre s’approcha dans cri enthousiaste. Confiante. La jeune femme ne pouvait détacher son regard de ce spectacle. Elle ne le voulait pas non plus. Le pouvait-elle seulement ? Parfaitement silencieux il observait la scène, comme lui seul savait le faire. Jill salua la dernière splendide venue d’une famille rongée par le temps et plus encore tandis que Falco approchait. En vérité il se sentait écrasant face à ce petit être. Haute comme 3 pommes. Elle lui arrivait probablement à la gueule. Par peur de l’effrayer le léopard s’assit pour observer la scène. Au contraire de sa sorcière, Falco avait prit son temps pour le détailler. Bien qu’elle ne vit pas par ses yeux elle pouvait aisément dire à quel point il était troublé. Plus qu’une sensation une certitude. Elle pouvait ressentir son patronus jusque dans sa chair la plus profonde.  

Jill leva rapidement les yeux pour s’assurer qu’il restait tranquille. La perspective nette de ses traits si proches lui arracha un frisson. La sorcière se sentit impuissante lorsqu’elle fixa le jaguar qui se tenait face à elle. Si seulement avait-elle mangé un peu plus, sûrement aurait-elle eu plus de succès pour percer ce masque. « Bien sûr qu’ils parlent. Si tu étais moins orgueilleuse aussi. A quoi bon, vraiment ! » cracha son aptronus sans ménagement. Le comportement de Jill l'insupportait. Elle avait cruellement besoin de foncer dans le tas. Prendre du recul sur ses émotions ? Néant. La sorcière se consumait par le feu depuis 24h et rien ne semblait pouvoir arrêter l’infernale combustion. La moindre contrariété l’emportait dans la colère et elle flirtait avec la crise nerfs. « Tu es sans espoir. » Bien sûr ce mot n’avait pas la même résonance selon les bouches desquelles elles provenaient. Elle reporta ses yeux sur Electre et lui ouvrit les bras sans malice. La petite fille se jeta avec joie sur elle. Bien sûr, elle ne pouvait se souvenir d’eux. Jill en avait conscience mais cela lui était égal. La curiosité de tous valait bien qu’on s’y attarde, surtout celle d’un si minuscule rayon de soleil. Alors qu’Electre fixait les étranges yeux bleus qui lui faisaient face, la sorcière entonna. « Bonjour Electre. Tu sais que je suis vraiment heureuse te voir ? Tu es magnifique. » Elle caressa les mèches dorées de l’enfant et continua d’un ton calme. « C’est toi qui t’occupais de ton papa ? Je ne pouvais plus le trouver. Tu sais Electre, j’ai vraiment cru qu’il ne reviendrait jamais. On a eu très peur. » La petite ne l’écoutait plus et fixait Falco d’un air peut être plus enthousiaste qu’elle n’aurait du. Sûrement trouvait-elle dans cette forme quelque chose de familier. Le pelage moucheté ? Ou serait-ce cette apparence douce ? Ses crocs aiguisés ? « En attendant tu as plus peur qu’une petite fille d’un an ! » « Elle n’a pas qu’un an ! » « Elle n’a pas beaucoup plus, trouillard ! » Un rire léger s’échappèrent de la bouche des deux sorcières. Que ce soit sa forme ou son courage, tout semblait amusant. Loin de leur en tenir rigueur, Falco bailla en exhibant toute la longueur de ses crocs. Electre en fut d’autant plus amusée. Cette petite semblait décidemment née avec de biens bonnes dispositions. Etrange n’est-ce pas ?

Jill murmura quelques mots à l’oreille intéressée de l’enfant avant de la déposer à terre. Son regard cherchant le sien. Elle le trouva sans problème. Évidemment. Il lui semblait tout particulièrement qu’il n’aurait pas plus être vivant. Sans doute lui offrit-elle le sourire le plus sincère qu’elle lui ai alors adressé. Le choc passé, elle observait avec bonheur s’envoler un voile sur son coeur. Jill était réellement heureuse. Pour une poignée de secondes magnifiques. Une paix l’envahissait, chassant d’un coup ses démons les plus obscurs. La vérité était belle. « Bonsoir Alekseev. » Ses yeux agiles capturèrent l’unique lumière qui provenait de la seule fenêtre ornant cette chambre. « Ou serait-ce bonjour ? Je n’ai pas eu le plaisir de sortir pour vérifier par moi-même. » Elle n’était pas nerveuse. Subjuguée seulement. Irritée sans doute. Jill soupira longuement. « J’ai vraiment cru que je ne te reverrais jamais tu sais. » Elle était pâle. Si pâle que ses yeux rougis n’en ressortaient que mieux. Pâle à en faire peur. Le rouge avait déserté ses joues une fois que les pleurs avaient cessés. Son sang s’était évaporé. Elle se sentait prête à s’envoler. Une ancre aux pieds. Elle aurait voulu se trouver partout si ce n’est qu’ici et pourtant, elle ne pouvait bouger le moindre muscle. Elle souriait simplement. Le cœur lourd et pourtant si soulagée. « Que s’est-il passé ? » Probablement n’en gardait-il aucun souvenir. L’explosion ? L’effondrement ? Il lui sembla impossible d’avoir pu s’en sortir et pourtant, il se tenait bien là. Écrasant de calme, il maîtrisait parfaitement la situation.

✻✻✻
CODES ©️ LITTLE WOLF.


employé du ministère de la magie
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Message Re: Save yourself
par Alekseev S. Gaunt, Ven 22 Sep - 19:22 (#)
J’attrapais l’une de ces énièmes sucreries trônant sur l’immense table basse ornée de sculptures étonnantes. Elles étaient croquantes, enrobées de chocolat, possédant un cœur fondant. Un goût délicat qui fondait sous la langue, qui semblait apaiser un instant, juste quelques secondes, l’amertume qui régnait dans ma bouche. De véritables petites tentations posées là. Elles attendaient simplement que je m’y acharne dessus. Et tous les petits papiers que j’abandonnais sur le bois disparaissaient peu après. Ces elfes de maisons ne faisaient qu’entretenir le cercle vicieux dans lequel je me traînais silencieusement.

Le manoir était silencieux.

Myfanwy vaquait à ses occupations ailleurs. Cassiopeia aussi et je ne doutais pas de la retrouver bien vite, en étonnante compagnie.
Les cris de la traître à son sang n’étaient pas audibles, incapable de perturber la sérénité factice de ce tableau de vie.

J’observais simplement Electra assise sur le grand tapis trônant face au feu de la cheminée. Elle jouait, presque discrète, presque silencieuse. Ses légers rires n’étaient qu’éphémères et les microscopiques grognements de son patronus aussi. Kaiser était allongé à leurs côtés, laissant les deux petits animaux le grimper parfois. A chaque fois que ma fille posait ses doigts contre le pelage du jaguar, je sentais un frémissement glacial me prendre. Mais elle était ma fille. Elle ne voulait aucun mal. Je désirais ce contact, tout comme j’étais capable de ressentir ce qui habitait son cœur minuscule. Les enfants étaient des choses si étonnantes. Microscopiques, si pure. Electre dégageait une aura si pure, si puissante et à la fois si crédule et naïve. Semblable à un mouvement qui se répétait sans cesse, comme un cycle inéluctable. J’époussais alors ces ondes pour mieux la ressentir. Elle et moi sans aucun secret, sans aucune différenciation. Je la sentais, comme elle me sentait. Il n’y a bien que ce petit monstre qui était capable de toucher Kaiser… Elle, ou sa marraine, Niamh Black, qui s’y tentait autrefois.

Il n’y avait rien à y comprendre.

A vrai dire, je ne préférais rien comprendre, ni même poser des mots sur ce qu’il était en train de se passer. Niamh avait retrouvé Jill Peverell. La Black avait demandé de l’aide à sa tante, qui était aussi ma propre marraine. C’était bien cet élément que je peinais un instant à comprendre. Pourquoi ? Si Cassiopeia avait simplement été tentée de me livrer l’ancienne Gryffondor, je ne saurais me résoudre à faire une telle chose à Serafina Lestrange. Je savais que ma marraine semblait simplement se battre face à ses engagements moraux et ce qu’elle semblait être juste. Mais ce choix ne m’appartenait pas. Pire encore, je serais incapable de l’assumer si cela devait remonter aux oreilles de cette mère humiliée par les erreurs de sa fille… Nous tangions simplement à la recherche d’un équilibre depuis si longtemps perdu.

Un vague sourire se glissait sur mes lèvres.

Cet équilibre serait bientôt retrouvé. Je ne doutais pas que Serafina Lestrange prendrait les bonnes décisions. Une famille veille toujours sur les siens. Une mère veille toujours sur ses enfants, quand bien même ceux-ci sont loins et ne le font pas. Peut-être que tout allait pouvoir entrer en ordre. Peut-être que Niamh et moi, peut-être que Cassiopeia, Déipyle et Serafina pourraient retrouver la Jill d’autrefois. La Jill respectable et raisonnable. La jeune femme impétueuse et arrogante, compétitrice et mauvaise perdante, à la répartie si acerble qu’elle en était si drôle parfois. Une femme pleine de caractère qui s’était laissée dévorer par des idées sombres et dangereuses.  

Je n’arrivais pas à comprendre comment cela pouvait être possible.

Les obstacles étaient si nombreux.

Ce n’étaient que des épreuves pour tester notre valeur et notre volonté.

Comment pouvait-elle s’être autant éloignée de la lumière et de la vérité ? Comment pouvait-elle se battre de l’autre côté de l’histoire ?

Les souvenirs et les paroles de Cassiopeia Beurk me revinrent en mémoire, m’arrachant un frémissement.

Je reposais mon regard sur Electre Gaunt avant de me redresser doucement. A mon image, le jaguar en fit autant, faisant gentiment tomber le bébé lynx sur le tapis. Mais il roule et se redresse rapidement, comme sa jeune maîtresse, qui est un moins souple que lui. Je m’approchais et l’attrapais doucement dans mes bras. « Papaaaa….Papapa…. » Un léger sourire se glissait sur mes lèvres alors que j’accueillais ses petits bras autour de ma nuque. Je déposais un baiser contre sa tempe avant de souffler tout bas : « Tu es bien calme Princesse, aujourd’hui… » Peut-être était-ce parce que je l’étais aussi. Trop grave. Trop préoccupé. Je soupirais intérieurement avant de traverser le manoir pour trouver la chambre où était enfermé Jill Peverell.

Lentement, je déposais la petite princesse au sol, laissant sa petite main se glisser contre la mienne. Elle fit mine de frapper à la porte, si faiblement, que cela n’en était pas audible. La petite princesse apprenait déjà les bonnes manières. Mais il n’y avait nul besoin d’être si respectueux avec une traître à son sang, envers une personne que l’on tenait captive et qui n’avait que faire de toute cette bienséance.

D’un mouvement léger de la main, la porte s’ouvrait.

Lentement, j’entrais avec la petite demoiselle, si petite, qui avançait lentement avec ses petits pieds. Le matou suivait, tout aussi curieux et excité qu’elle.

Derrière nous, la porte se refermait, l’enchantement opérant de nouveau.

« Est-ce tout cela que vous avez pour me tourmenter ? Ne faites dont vous rien sans l’aide la magie noire ? »

J’haussais un sourcil. Mais je restais muet.

« Electre ? »

La dénommée se reconnue, et fut si fière que cette inconnue connaisse son prénom. Je ne souriais pas, contrairement à elle. Si elle porta un instant ses doigts contre ses lèvres, elle me jeta un regard comme pour savoir si elle pouvait. J’hochais légèrement la tête, alors que mon bras la suivit sur ses premiers pas, avant que nos doigts se relâchent pour la laisser traverser ces quelques mètres et rejoindre les bras tendus de la sorcière. « Bonjour Electre. Tu sais que je suis vraiment heureuse de te voir ? » Je baissais mon regard sur la scène qui était simplement risible. Pathétique. Tu semblais t’accrocher à un vain espoir. Tu ne faisais plus parti de ce monde. J’étais face à une triste réalité. Tu ne serais jamais là pour influencer Electre, ni pour lui communiquer ta grande passion pour le Quidditch. « Tu es magnifique. » La petite blonde semble comprendre ce que tu lui dis. Elle est toute sourire, bien trop habituée à ce qu’on lui répète sans cesse. Curieuse, elle pose ses doigts contre la joue ou les cheveux de Jill. « C’est toi qui t’occupais de ton papa ? Je ne pouvais plus le trouver. » J’haussais à peine un sourcil. Mais le mot papa semble réveiller ma petite merveille. Elle me jette un regard en répétant cette syllabe à tue-tête, parce qu’elle comprenait de qui tu parlais. « Tu sais Electre, j’ai vraiment cru qu’il ne reviendrait jamais. On a eu très peur. » Qui avait eu peur ? C’était la seule question que je me posais à cet instant. A qui pensais-tu ? Niamh ? Parce que Niamh avait garder contact avec toi, pendant tout ce temps ? Ceci méritait éclaircissement.

Electre semblait soudainement intéressé par Falco, figé à leurs côtés. Curieuse, elle échappait quelques bruits d’enfant, en glissant ses doigts dans sa bouche, bavant un peu. Elle frappa dans ses mains en voyant la panthère bailler. Elle était si curieuse de cet animal ressemblant à Kaiser et son petit chat.
Alors que la petite princesse retrouvait le sol sous ses pieds, elle tendit une main vers Falco, prête à s’avancer vers lui. Mais ce fut le léger grondement réprobateur du jaguar qui attira son attention. Il n’y avait que lui qui s’était approché, là où j’étais resté immobile. La petite poupée sembla hésiter, avant de venir s’accrocher au jaguar. Si je frémissais de nouveau, cela sembla être un signal fort pour le bébé lynx qui échappa un couinement avant de venir tenter de grimper sur le félin, à son tour. La petite fille finie assise sur le sol, à papouiller le lynx, alors que Kaiser posa son regard un instant sur Falco. Fut un temps, eux aussi étaient proches. Mais ce temps était somme tout révolu.

« Bonsoir Alekseev. » Mes yeux clairs, dont l’un étonnamment laiteux, s’arrachèrent de ce spectacle attendrissant pour se poser sur toi. « Ou serait-ce bonjour ? Je n’ai pas eu le plaisir de sortir pour vérifier par moi-même. » Et je n’allais pas te donner le plaisir de te renseigner sur l’heure qu’il était, ni même le temps que tu étais ici. C’était beaucoup trop tôt pour que tu ai réellement perdu la notion du temps, sans doute.  « J’ai vraiment cru que je ne te reverrais jamais, tu sais. » J’avalais légèrement ma salive. Je souvais tout bas, de cette voix rauque, abîmée par les flammes et les hurlements : « Il n’y avait sans doute aucune raison pour que nos chemins puissent se recroiser, Octavia. » Doux. Etrangement doux. Je ne suis qu’animé par la méfiance et la curisioté. La déception et l’incompréhension étaient toujours belles et biens présentes, toujours lorsqu’il était question de toi. « Que s’est-il passé ? » Un sourire amusé, un sourire malsain vint tordre mes lèvres. Observe-les, ces lèvres. Ce sourire qui se déforme à un rictus. Sur cette moitié de visage qui semble être un peu plus tendue que l’autre. Parfaitement lisse, mais tendue. Elle me tiraille et ce sourire est presque douloureux, comme les précédents. Ta question était pourtant bien trop vague.

Lentement, je m’approchais commençant à grignoter ton espace vitale, peut-être même ton espace intime. Délicatement, mes doigts vinrent frôler ta mâchoire. Moi aussi je te détaillais, comme si tu n’étais pas humaine, pas de ce monde-ci. « Précise ton interrogation… » Ce n’est qu’un murmure perdu entre les légers rires, si innocents de ma fille, derrière nous.

Moi aussi, je me posais un tas de question.

Je croisais ton regard un instant, avant de plisser légèrement les yeux. Peut-être qu’à cette distance voyais-tu cette peau trop lisse, rougie, sous le col de ma chemise. Cette peau dévorée par les flammes. « Comment as-tu… » Ma voix s’éteind un instant. Mon index te faisait légèrement relevé la tête vers moi, avant de rompre tout contact. « … renoncer à ta famille, tes amis et toute ta vie… ? » J’étais curieux. Avide de savoir comment l’on pouvait arriver à une telle hérésie… « Comment un amour peut-il te pousser à de telles choses… ? » Ils semblent si éphémères, les amours de cet autre monde dans lequel tu te glisses. Comment pouvais-tu être sûre que cet homme était-il sérieux ? Assez sérieux et honnête pour mériter de tels sacrifiques ? « Comment un homme peut-il avoir plus de valeur que nous tous réunis, Octavia… ? » Je ne comprenais pas. Je ne sentais que la tristesse et l’incompréhension. Ce n’était qu’un murmure. Je suis fatigué de voir Niamh faire semblant de prétendre que tout allait bien, fatigué de voir ces adultes murmurer ton prénom comme si il était devenu une insulte.

Tu étais une traitre à ton sang.

Et je ne comprenais pas comment cela était possible.

Je n’aurais jamais cru cela possible, pourtant, cela faisait longtemps maintenant que cette réalité était devenu la notre.


    Take me to hell
    There’s darkness in all of us. Some are just better at hiding it than others.


Dernière édition par Alekseev S. Gaunt le Sam 23 Sep - 10:10, édité 1 fois
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Message Re: Save yourself
par O. Jill Peverell, Sam 23 Sep - 3:18 (#)
save yourself
Alekseev & Jill

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ Le son de sa voix vint annihiler les derniers restes du deuil qu’elle avait porté à bras le corps. Son timbre était trop chaud, trop suave pour ne pas lui appartenir. Dans ses yeux brillaient cette lueur de l’homme en terrain conquis. Il n’était pas là en ami. Elle le savait. Il était tellement facile de se laisser bercer par l’illusion de bonheur d’un mort cher revenu à la vie. Elle n’en revenait d’ailleurs toujours pas mais ne pouvait s’offrir le luxe de rester bouche bée pendant dix minutes. Et c’est bien plus dont elle avait besoin. Un instant elle se demanda si elle pourrait raconter à quelqu’un ce qui se passait sous ses yeux. Parler avec un mort. Allait-elle sortir entière de ce carnage qui avait viré en catastrophe en une petite seconde ? Allait-elle vraiment pouvoir partager sa stupeur, sa joie ? Il ne prit pas la peine de la saluer. Elle accusa sa douceur avec calme, trop au fait de ce ton en demie teinte qu’il savait dissimuler dans ses paroles les plus douces. Elle n’était pas d’accord et l’affirma avec simplicité. Quelque chose qui dénotait de son attitude plutôt cavalière de l’après-midi. Sa voix semblait flotter, irréelle. Dénuée de toute cette passion qui la caractérisait tant elle semblait lisse. Trop lisse. Elle constata avec amertume qu’Alekseev savait encore sourire de cette manière. Ce sourire infect de contrôle absolu. A l’évidence il ne le perdrait jamais. Son prénom résonne dans la pièce telle une vie antérieure. Se souvenait-elle de son enfance ? Bien entendu. Certains souvenirs étaient inscrits à jamais dans sa mémoire récemment éprouvée. « Permet moi de ne pas partager ton avis. » Bien sûr que lui vivant, leurs chemins se seraient croisés à nouveau. Que croyait-il ? Que l’on se débarrassait des objets encombrants du passé d’un claquement de doigt ? Il était pourtant le mieux placé pour savoir que non… La sensation d’échange était étrange et elle fut presque attristée de devoir le contredire aussi tôt. Jill restait persuadée que si elle avait appris qu’il n’était pas mort, elle aurait su que leurs chemins se croiseraient à nouveau. L’entendre dire le contraire la blessa plus qu’elle ne le laissa paraître. Elle se doutait que ce n’était là que le début. Que se disait-il dans les salons à propos de sa cuisante défection ? Quelle honte s’était réellement abattue sur sa mère ? Ces questions elles se les étaient posées des centaines de fois mais aujourd’hui, chacune d’entre elles prenaient un tout nouveau sens. Cruel. Ce n’était pas une raison  pour prendre la mouche à la première de ses attaques pernicieuses. Elle voulait lui dire qu'elle était heureuse de le savoir en vie. Quel l'avait pleuré. Des jours durant. Avec ou sans Greer. Le voir ainsi rendait son terrible malheur futile. Elle ne pouvait cesser de s'émerveiller devant la puissance que les sentiments éveillaient en elle, taisant l'une des pires de sensations ; le deuil. Lorsqu'il s'avança, encore, et encore un peu plus, elle su que la partie s’annonçait délicate. Alekseev n'était réellement pas là en ami. Qui l'aurait cru de toute manière ? Qu’il allait revenir du royaume des morts pour se ranger de son côté ? Maintenant que tout l’amour et la passion dévorante qui l’avaient consumé s’étaient envolés ?

Elle tressaillit lorsqu'elle sentit ses doigts sur son visage. Décrocha ses prunelles de celles dérangeantes du jeune homme. Elle n'aimait pas cet air. Intrusif, arrogant, vicieux. Jill se sentit un instant si faible qu'elle en eu la nausée. Elle se sentait telle une proie prise au piège et cela ne lui plaisait pas le moins du monde. Falco observait l'intrusion d'un œil inquisiteur, certain qu’il ne leur ferait pas de cadeaux. Et c'était bien peu dire. Le visage de Jill s'était mu en une expression moins douce mais il était absolument hors de question qu'elle perde son calme. Pas maintenant. Pas devant lui. Elle sentait que Falco ne l'en sentait pas capable. Pour cela elle aurait dû s'emmurer dans une tour d'insensibilité et à ce stade, cela lui était proprement impossible. Non loin de là Electre s'esclaffe. La voix du jeune homme si proche se fait pressente. « Précise ton interrogation… » Que cherche t-il et surtout, pourquoi ? Elle s'interroge sur ce qu'il aimerait vraiment retirer d'elle comme information. Quelle est la raison de cette venue ? « Il y a toujours une raison. » Les questions creuses n’avaient jamais été l’apanage du jeune homme. Leur regard se croisa à nouveau et un étrange sentiment de malaise l’envahit. « Concentre toi. » le réprime sèchement Falco. Alekseev avait parfaitement compris le sens de sa question. Pour une raison pas si obscure, Jill eut l’impression qu’il allait s’arranger le monopole des questions. « Un grand classique ! Ne te laisse pas déstabiliser. » rassurait le patronus d’un ton étrangement paternel. En effet, l’ancien Serpentard était terriblement à l’aise une fois son ascendance assurée sur sa victime. Refusant ce statut potentiel la sorcière le laissa pourtant faire. S’il voulait croire en son pouvoir à cet instant, grand bien lui fasse. Ca n’était qu’une impression pour lui faire plaisir. « Comment as-tu… » La désagréable impression qu’il allait lui sauter à la gorge survient. Il la détaille de ses yeux froids. Elle s’étonne du voile qui couvre l’un deux et s’interroge sur l’accident. Etait-ce le fruit de cet horrible incident ? La scène de Greer, chancelante, lui racontant les faits s’impose dans son crâne. Une explosion et un éboulement. Ne devrait-il pas porter plus de stigmates ? Sans doute devrait-elle regarder ses mains mais pour l’instant, hors de question de regarder ailleurs qu’au fond de ses pupilles. Lorsqu’il lâche subitement son étreinte elle relève le menton d’un air fier. Jill s’est toujours bien tenue. Ou presque. Elle sait sur le bout de doigts l’angle entre ses épaules et son épine dorsale.  Bien droite, le visage haut, menton levé. La sorcière repense à son ancien professeur d’étiquette, ce drôle d’énergumène gras comme un citron et à l’haleine si repoussante.

Qui croit-il être pour la rejeter ainsi ? Pour l’écraser de toute sa morgue et de son foutu orgueil. Il sait pourtant qui se trouve en face de lui. Il la connaît. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Il connaît ses faiblesses, son arrogance et sa flamme. Il sait où frapper, quand et comment. Jamais Jill n’avait réussi tel prouesse, elle qui ne raffolait pas des interactions humaines. Si elle en comprenait toute l’importance, les mystères du raffinement de l’art du la conversation lui échappaient quelque peu. Elle savait mener sa barque mais, bien qu’elle refusait de l’admettre, ne faisait pas le poids contre la maëstria d’Alekseev. Le glas tombe sans appel. « … renoncer à ta famille, tes amis et toute ta vie… ? » La jeune femme est lasse de cette question. Ne peut-il simplement pas commencer par le fait qu’il est heureux de la voir ? A l’évidence non elle Jill se retint de poser la question, trop effrayée de la réponse. « Quelle originalité. » lâche t-elle d’un ton faussement teinté de déception. En réalité, elle est déçue. Déçue qu’il démarre si vite les hostilités. Reconnaissante de lui avoir emmenée Electre mas déçue de ses intentions. « Il me semble pourtant que c’est vous tous qui renoncez à moi. » Son cœur s’est calmé et pourtant, il reste douloureux d’amertume. La situation n’a rien de drôle et elle-même n’en n’est pas amusée. Elle le provoque à sa manière voilà tout. Une façon de lui rappeler qu’elle n’est pas dupe, contre tout attente. Le silence s’installe par moment, léger, salvateur. « Comment un amour peut-il te pousser à de telles choses… ? » Oh Alekseev si tu savais… Elle le toise malgré ses presque vingt centimètres de moins que lui. Falco ne dit rien et pourtant, Jill sentait qu’il faisait de son mieux pour rester maître de ses émotions. Ils bouillaient du même feu ardent. « Tu n’es pas près à entendre la réponse et de toute façon, je doute que tu la comprenne. » Son ton ne s’envole pas et elle continue d’énoncer d’une voix trop calme. Ses yeux se posent sur Electre un instant. « Que ne ferions-nous pas par amour ? » Elle sourit vaguement. Greer. Cassie la protégeant envers et contre tout dans les entrailles du Complexe. Sa marraine venant en personne la mettre en garde. Alekseev pousse l’interrogation plus loin et Jill se fige. « Comment un homme peut-il avoir plus de valeur que nous tous réunis, Octavia… ? » Un homme ? Son ancien ami se restreignait-il dans son vocabulaire ? Cette neutralité faisait tâche mais Jill n'en fit rien paraître. La sorcière était en réalité outrée qu'il amène le sujet de la sorte. Qu'il ose insinuer de telles inepties. N'avait-il pas eu les échos de ses deux cent précédentes réponses à ces questions ? N'avait-il pas vu Cassiopeia ? Voilà un cadeau qu'elle ne lui fera pas. Elle ne lui concédera en aucun cas ce terrain. Pourtant tout est question de diplomatie et elle doit bien vite reprendre, autrement le malaise ne se ferait que trop ressentir.

Pourquoi, pourquoi tout est toujours question de valeur ? Ses yeux se froncent.« Quelle drôle d’idée… Pour quelles raisons penses-tu que cela dût être une compétition ? » Ne pouvaient-ils tous s’aimer équitablement ? A l’évidence des 24h passées, non. Mise au banc par une paire d’êtres si chers à son cœur, la jeune femme découvrait avec effroi toute l’étendue de ce qu’elle avait cherché à fuir tout ce temps. Les conséquences de ses actes, en chair et en os. La déception était incroyablement dure à gérer. Jill était fait pour briller, pas pour rester à l’ombre dans un placard. Elle l’avait toujours su. Choyée et protégée, la sorcière avait chuté de son piédestal. Son sourire s’illumina alors qu’Electre s’avançait à nouveau vers elle, Falco évitant de justesse qu’elle marche sur son imposante queue. Le petit être se refugia contre les jambes de son père et Jill, qui avait perdu son sourire à mesure qu’Electre se montrait de dos, profita de cette absence d’attention pour reprendre le fil de la discussion. Contrairement à Alekseev, elle était animée par biens d’autres questions. La première d’entre tout restait bien sür la plus importante ; quand allait-elle sortir ? Pourquoi était-elle ici et qu’attendait Cassie pour la jeter en pâture aux lions représentaient les deux suivantes. Une autre lui brûlait les lèvres. Que faisait-il ici ?  « Qui t’as donc prévenu que je croupissais par ici ? Aurais-tu croisé Niamh par hasard ? Comme si me kidnapper » ce mot lui échappa avec une colère difficilement contenue tandis que ses yeux étincelaient sous l’outrage qu’elle avait pu lui faire. Rompant à son immobilisme la sorcière effectua quelques pas tout en continuant sa phrase. « allait pouvoir résoudre le moindre problème. » Cette mascarade n’avait que trop durée et pourtant, tous lui refusaient les réponses les plus élémentaires.

Le bonheur de retrouver Alekseev s’enfouissait sous une tonne de problèmes tous plus urgents les uns que les autres, l’image d’une impasse se répétant inlassablement dans sa tête. « J’imagine que tu es bien pris. » reprit-elle d'un ton plus léger, faisant courir ses doigts sur les poussiéreux volumes que contenait la maigre - et unique - bibliothèque de la pièce. Pour une fois les livres ne l'intéressaient guère, elle souhaitait juste bouger. S'éloigner un peu de lui. En réalité sa question n'en avait rien d'une. C'était une affirmation. Le jeune homme était toujours pris. Toujours. Il exécrait l’ennui et se trouvait en permanence de quoi remplir ses journées. Sans doute s’était-il tourné vers ce à quoi il employait son temps avant l’horrible accident. « Comment occupes-tu tes journées ces temps ci ? » Elle s'avança plus près de lui pour lui chuchoter d'un ton lugubre. « A cheval entre les séances chez le psychomage et les recherches sur la torture des adolescents ? Je t’imagines mal quitter le Ministère, amnésique ou pas. » Ces propos n’avaient rien de tendres et pourtant, elle avait remis ses distances, lui tournant le dos en se dirigeant vers ce qui avait été un petit meuble de bar sculpté de bois. Les bouteilles avaient été enlevées alors qu'elle était inconsciente, elle avait déjà vérifié. On aurait presque pu douter qu’elle ait réellement quelque chose à cirer des réponses d'Alekseev. Pourtant, ce ton ne servait qu’à mettre de la distance entre elle et ce qui se précipitait trop vite pour qu’elle ne le comprenne parfaitement. Bien sûr que ces réponses lui importaient. Avait-il suivi le même chemin que sa marraine ? Cette idée lui fit froid dans la dos tandis qu'elle reposait ses yeux glacés sur lui. Ses pensées voguaient vers des lieux auxquels elle évitait à tout prix de penser. S'était-il rendu utile aux Disciples ? Quels secrets dissimulait-il sous ce masque de marbre ? Jill aurait souhaité lui arracher pour mieux le briser à terre. Et tout dévoiler. Les mettre sur un pied d'égalité.

Il lui était difficile de savoir qui rejetait qui tant l'étendue de leurs fautes lui semblait infinie.

✻✻✻
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Message Re: Save yourself
par Alekseev S. Gaunt, Sam 23 Sep - 11:40 (#)
« Permet moi de ne pas partager ton avis. » J’hochais simplement la tête, t’accordant parfaitement le fait de ne pas partager ma position, à ce sujet. Elle n’était pas absolue.

Plus par habitude, qu’envie, plus par mécanisme de défense, mon aura se déployait lentement. Curieuse, elle venait trouver les limites de la tienne, pour l’épouser lentement. Tu étais faible, elle était désolément courte, fine, proche de ton être. Ce n’était pas le souvenir que j’avais de cette sorcière rayonnante et prête à conquérir le monde de son ambition effrénée…. Cette constatation me peinait plus qu’elle ne me contentait de constater que je n’aurai probablement pas grande difficulté à pouvoir me glisser lentement et sournoisement dans les contrées mystiques de tes pensées.
Est-ce que cet homme était déjà dans ton sillage lorsque nous étions ensemble ? Est-ce qu’à cette époque-là, tu lutais déjà contre tes envies malsaines ? Est-ce tes proches auraient pu y changer quelque chose ? Tant de questions qui nous taraudait tous l’esprit. « Où crois-tu que nous nous serions croisés, Jill… ? » Un murmure. Je penchais légèrement la tête sur le côté. Il n’y avait que douceur et un brin de tristesse sur mon visage difficilement expressif depuis mon retour, depuis les nombreuses opérations sur ma peau. Ce n’était pourtant qu’une question de temps, disait-il.
Où pouvions-nous nous croiser, dans cette version-ci de ton histoire ? Au Ministère. Au tribunal. En prison. Ou même sur un champ en bataille. Etait-ce une manière enviable pour que nos chemins se recroisent ? Non. Pas pour moi. Alors je préférais autant dire, penser et préférer que nos chemins ne se recroiseront pas. Ta mort ne m’appartenait pas. Pas la tienne.

Cette caresse sur ton derme de satin qui avait perdu de son éclat, ce regard échangé était simplement la clef. La clef de ton esprit. Tel un serpent tapis dans l’ombre je m’hissais le long de ta colonne vertébrale avant de pénétrer ta conscience. Je percevais tant de chose à la fois, si nombreuses et confuses. J’entendais des murmures et surtout je ressentais des choses. Doucement, la tristesse se lisait sur mon visage et lentement je vins déposer un baiser sur ton front. Maladroit, délicat, mais présent. Je soufflais tout bas, tant t’observer… je soufflais tout bas une vérité qui n’était à admettre : « Je suis tout de même heureux de te voir en dépit de ces tristes circonstances… Une émotion des plus égoïstes, je l’admet. »

Et puis nos voguons vers un autre sujet. Nous nous écartons, pourtant rien n’est brisé. Te connaître semblait me faciliter la tâche bien plus que je ne le pensais. Provoquer des émotions pour en saisir les couleurs et les panaches. Pouvoir mieux te comprendre et te déchiffrer. « Quelle originalité. » Par que mes questions sont trop directes. Je te juge dans ce questionnement. Sans doute. Je n’en savais rien. « Ce n’était guère un jugement, cette fois-ci… Je suis simplement confus sur toutes ces questions… »  J’inspirais lentement, j’inspirais assez fort pour être entendu. « Il me semble pourtant que c’est vous tous qui renoncer à moi. » Je fronçais les sourcils et pensais à ta mère, pensais à Niamh, pensait à Cassiopeia. Qui t’avait abandonné, si ce n’est moi, peut-être ? Et quelques uns de tes amis qui n’en étaient pas ? « Pourquoi penses-tu cela ? … » Encore une fois, je ne comprenais pas ce qui t’amenait à croire cela. Etais-tu en train de formuler que nous n’aurions pas dû te laisser autant de choix, d’ouverture ? Tant de liberté ? Non, je devais délirer. Octavia Peverell était une une passionnée sauvage qui tenait bien trop à sa liberté.

Oh Alekseev si tu savais… De quoi parle-t-elle ? Le grondement de Kaiser raisonne dans mon esprit. « Tu n’es pas prêt à entendre la réponse et de toute façon, je doute que tu la comprennes. »  J’haussais légèrement un sourcil et je soufflais tout bas : « Et j’imagine que de ce fait, c’est moi qui renonce à tenter de te comprendre ? » J’étais amer, mes lèvres se pinçant une nouvelle fois. Nos chemins se sont séparés depuis longtemps maintenant. Tu as évolué et j’en ai fais autant. Et voir enfin, de mes propres yeux à quel point un fossé nous sépare m’attriste. Niamh avait peut-être raison. Tu n’avais pas envie d’être aidée, tu n’avais pas envie d’être comprise. Tu te complaisais dans cette situation et visiblement tu n’avais pas envie que je comprenne. Pas moi. Quelqu’un d’autre peut-être, mais pas moi. Pourquoi ?  « Que ne ferions-nous pas par amour ? » Je sentais mon sang se glacer. Je te fixais. J’avais soudainement peur pour Electre. Une paranoïa toujours présente, mais parfois apaisée. Je n’osais pas suivre ton regard, tentant simplement de comprendre les traits de ton visage fatigué. J’avais besoin de savoir. Pour protéger les personnes que l’on pouvait encore préserver. Pour protéger ma fille de ce monde qui ne voudrait jamais d’elle. « Quelle drôle d’idée… » J’inclinais légèrement la tête et te détaillais à nouveau. « Pour quelles raisons penses-tu que cela dû être une compétition ? » Aucune certainement. Mais si ce n’était pas une compétition, alors il n’y avait aucune raison à penser qu’ils étaient fautifs dans cette histoire. Que tu avais simplement fait ton choix et que rien de ce qu’ils auraient pu faire, aurait changé l’histoire… Est-ce que ta mère en pensait autant ? Est-ce que tes tantes en pensait autant ? Mon regard se détournait un instant, tentant de comprendre, tentant de saisir ce que je ne semblais pas percevoir. « Je ne sais pas… J’imagine que l’on s’est tous dit et répété que nous n’avions pas fait assez… A un moment donné… Ou durant tous ces moments passés à tes cotés. » Un murmure de nouveau. Un murmure d’émotion. Je reposais mon regard sur toi. Peut-être était-il brillant. Je n’en savais rien. Mais Electre était soudainement calme. « Dans une vaine tentative, je songe que tu devais avancer tel un funambule aveugle… Dépouillé de toutes certitudes que ces… sacrifices – peu importe le nom que tu leur donne – étaient mérités… Tu me souffles l’amour comme raison… Mais n’est-ce pas ceci aussi qui te liait à tes amis et ta famille, Jill ? Et quand sera-t-il si cet homme vient à tomber au combat, trop jeune ? Cet amour saura-t-il toujours supporter ta réalité et ta position ? » Etait-ce seulement l’amour, ou étais-tu porté par d’autres maux ? Des idées différentes ? Comment avaient-elles prit possession de toi ?  « Un jour, peut-être te tenais-tu face à une décision à prendre… Lui, ou… tout le reste. Etait-ce l’envie d’être libre de vivre ce que tu désirais qui t’as alors animé ? … Ou d’autres choses dont je ne suis censé comprendre ? »

Lentement Electre était revenue se glisser entre nous. Je la sentais s’accrocher à ma jambe. Je reculais légèrement pour l’attraper, dans une grimace douloureuse. De nouveau à ton hauteur, elle nicha son visage contre mon cou, avant de t’épier, les doigts à la bouche. « Qui t’as donc prévenu que je croupissais par ici ? Aurais-tu croisé Niamh par hasard ? Comme si me kidnapper… allait pouvoir résoudre le moindre problème. » Je caressais lentement les mèches blondes de la petite, qui semblait être perturbée par ta colère, apeurée par ta voix. Je murmurais tout bas pour la rassurer alors que je répondais en t’observant t’éloigner : « Je doute que croupir soit le terme exacte… Je ne te vois guère enchaînée dans les cachots de la demeure… » Pourtant ils étaient si nombreux. La pièce était loin d’être humide. Tu avais de la nourriture. Un lit plus que confortable. Une chambre assez grande pour te permettre de marcher. Tu étais retenue, certes… Mais l’on avait vu pire. « Je n’ai pas vu Niamh. » Je te laissais en venir à tes propres conclusions.

Doucement j’entendais frapper derrière nous. Un léger sourire se glissa sur mes lèvres et je me détournais, m’éloignais de toi alors que tu me parlais. J’ouvrais la porte et Bedelia se tenait dans l’encadrement. Je lui confiais doucement Electre, laissant son patronus se faufiler entre nos jambes avant de refermer la porte. L’enchantement était toujours actif. Il n’y avait que toi qui ne pouvait l’ouvrir. Le mécanisme ne répondait pas et pire encore tu pourrais t’en brûler les paumes. Astucieux, n’est-ce pas ? « Comment occupes-tu tes journées ces temps-ci ? » Je revenais dans la pièce, plus calme, plus rassuré. « A cheval entre les séances chez le psychomage et les recherches sur la torture des adolescents ? Je t’imagine mal quitter le Ministère, amnésique ou pas. » Les insinuations étaient grotesques. Pire encore je ne comprenais pas ce que tu étais en train de dire. Je te fixais sans rien dire, m’appuyant contre un vieux meuble. Je croisais les bras et t’observais. « Je ne suis pas responsable de ta situation, Jill… Inutile de t’adresser à moi de la sorte et de t’abaisser à de telles insinuations. » Penses-tu qu’elle croit que l’accident t’as rendu amnésique ? Pourquoi le serais-je ? « Et oui… Comme toute personne responsable dans ce monde, je travaille. Et je suis toujours au Ministère. » Je fronçais les sourcils. Que voulais-tu savoir à la fin ? Je fixais le seul quelques secondes avant de souffler : « Je me souviens… De l’odeur du gaz… Et de l’explosion. » Rien que d’y repenser, j’avais la sensation que mes si nombreuses cicatrices se mettaient à toutes me démanger et me brûler à la fois. « C’est sans doute grâce à la magie que je suis parvenu à survivre à la chute… Ensuite, c’est Kaiser qui est responsable du reste. »  Mon regard s’était assombrit. « Que désires-tu savoir de plus ? Par quelles aptitudes je survécus ? » Un rire m’échappais, alors que je me redresse en m’approchant un peu à toi. « Je pensai à ma famille…. Si fort…  » Mes dents étaient serrées. « Même à toi, sombre idiote chérissant le songe de sa famille lui tourna le dos, alors que ce ne sont qu’aberrations ! Ne penses-tu pas que nous nous avons conjecturés des moyens loufoques avec Niamh pour te faire revenir ? .. Tu… Tu es juste partie ! » Je fronçais les sourcils en levant la main. « Et tu nous reproches de renoncer à toi ?! D’être égoïste et de penser à nos vies, à nos familles, nos responsabilités ? Qu’aurions-nous dû faire ? J’ai appris la vérité, toute la vérité de la bouche personnes nous étant étrangères… dans les commérages des réceptions… Et l’on me demandait comment je vivais la chose ? Mais comment toi, vivais-tu la chose ?! Bien, j’ose l’espérer ! »

J’échappais soudainement un soupire, glissant ma main dévorée par les flammes contre mon visage. Je m’éloignais doucement, sentant l’amertume revenir envahir et pourrir ma bouche.



    Take me to hell
    There’s darkness in all of us. Some are just better at hiding it than others.
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Message Re: Save yourself
par O. Jill Peverell, Jeu 28 Sep - 13:01 (#)
save yourself
Alekseev & Jill

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ Alekseev ne s’offusqua pas de leur désaccord et ils continuèrent de discuter calmement. C’était bien le dernier de leur soucis compte tenu de l’abysse qui les séparaient aujourd’hui. Jamais elle n’aurait pensé perdre l’amitié du jeune homme, surtout avec ce qu’il avait traversé avec Greer. Pourtant, les choses étaient différentes maintenant. La simplicité avec laquelle leur situation individuelle s’était détériorée faisait peur à analyser. Se pouvait-il que cela soit pire ? A y regarder, Alekseev avait été le plus épargné. Il avait certes subit des dommages physiques dans l’explosion et dans son errance mais dans le fond, qu’était-ce par rapport à la torture psychique ? Qu’était-ce face à la bataille interne qui déchirait psyché et vie quotidienne ? Envies profondes et moralité ? Éducation et devoir ? Se pouvait-il qu’il regagne ses souvenirs ? Le cas échéant, serait-ce une bonne chose ? Assurément pas. Etranger dans son propre corps … tout cela était si déroutant. « Partout, nul part … le lieu importe peu. Crois-tu que l’on puisse se débarrasser aussi facilement de moi ? » Elle le pensait, tout comme elle songeait avec angoisse à, justement, où allaient-ils se débarrasser d’elle une fois qu’ils auraient compris qu’il n’y avait plus rien à faire. Qu’elle était définitivement perdue dans des idéaux qu’ils ne comprenaient guère. Pire, qu’ils haïssaient. Elle repensa à Cassie. La chassa loin de son esprit lorsqu’Alekseev lui avoua le bonheur, quoique teinté de nuances elle n’en doutait guère, de la voir en ce jour. Il ne pouvait pas comprendre quel bonheur c’était pour elle et cela la gênait, pourtant il était impensable d’évoquer la réalité de son accident

Sa mort.

Elle aurait voulu lui sauter au cou. Lui exprimer ô combien elle avait souffert de sa disparition. Lui murmurer à l’oreille que Greer l’attendait et qu’elle pouvait le mener à elle. Lui avouer que son amie la plus chère l’aimait toujours. Qu’elle l’avait retrouvée proche de la dépression, en proie à tellement de démons qu’elle avait secrètement veillé sa première nuit. Juste au cas où. Lorsque l’ancien Serpentard s’approcha d’elle pour la questionner sur ses motivations, Jill ne dissimula pas sa déception. Evidemment qu’il voulait savoir. Comme eux tous ! La sorcière était bien déterminée à ne plus se justifier. Pourquoi ? Pour nourrir un peu plus leur haine ? Leur incompréhension ? Leur désespoir face à son impossible rédemption ? Il lui confia l’étendue de sa confusion sur le sujet et pour la première fois, il lui sembla perdu. « Pourquoi penses-tu cela ? … » Douce naïveté. Elle esquissa un vague sourire, voguant sur les abimes de sa mémoire. « Te rappelles-tu de cette petite terreur aux cheveux dorées, qui exigeait des gâteaux de pâte à sucre ensorcelée à 9h du matin, ici même, durant la Coupe du Monde de Quidditch de 66 ? De sa colère lorsque tu n’as pas voulu l’emmener à Poudlard durant ta première rentrée ? De ces retenues que tu lui as infligé car elle traînait trop tard dans les couloirs ? De son envie de te battre en duel malgré ta maitrise supérieure de la magie ? Te rappelles-tu de la première bièraubeurre que tu lui as acheté ? De la première fois que tu l’as embrassée ? De ta fierté à la voir réussir ? Rappelle toi ! Ne suis-je pas la même personne, Alekseev ? Ne suis-je pas celle que vous avez vu grandir ? Celle que vous avez connu toute votre vie ? » Cassiopéia, riant aux éclats se matérialisa dans son esprit. L’image vacilla pour laisser place au Mangemort qu’elle avait voulu attaquer, la veille, qui lui hurla dessus. Cassiopéia. Jill se sentait meurtrie par cette révélation qui l’avait plus choquée qu’elle n’avait bien voulu l’admettre. Les aimait-elle réellement toujours, tous autant qu’ils étaient ? Malgré les trahisons. Malgré leurs opinions moyenâgeuses ? Pouvait-elle seulement leur tourner le dos à jamais ? Il lui sembla qu’ils étaient plus proches de ce point qu’elle mais ne se voilait-elle pas la face, tout simplement ?

Lorsqu’il enchaîna en évoquant Ezra par son simple statut d’homme, elle sut que la conversation prenait une autre ampleur. Comment pouvait-il le dépouiller de son identité de la sorte, ne s’embêtant pas même à prononcer son prénom ? « Sans doute a t-il peur qu’il ne lui brûle les lèvres. » grogna Falco en écho à ses pensées les plus profondes. Lorsqu’elle le questionna sur jusqu’où pouvait-on aller par amour, Alekseev se mit à la fixer étrangement. Ca n’était pas une menace et Jill pensa furtivement qu’il s’était peut-être trompé sur la signification de ses propos. Ou pensait-il à quelque chose de particulier ? La sorcière tenta d’user de son don pour percevoir des bribes de conversations de Kaiser mais rien ne filtra. Son impuissance la rendait malade. Ils continuèrent d’échanger leurs interrogations. Il lui semblait sincère alors que, sans doute, lui semblait-elle définitivement perdue. « Je ne sais pas… J’imagine que l’on s’est tous dit et répété que nous n’avions pas fait assez… A un moment donné… Ou durant tous ces moments passés à tes cotés. » La jeune femme fronça les sourcils. Était-il en train d’avouer qu’ils pensaient que tout cela était de leur fait ? « Que peut-on faire face à l’essence même des choses... » Que pouvait-elle donc lui dire ? Que tout cela n’était pas leur faute ? Que voulait-il entendre, qu’elle assumait être née avec une tare ? Bien que la sorcière ne le vit pas ainsi, oui, elle l’assumait. Elle n’était que le fruit de ses parents. Son père, bien qu’absent, l’avait toujours soutenue dans ses choix. Sa mère ne voyait pas les choses de la même façon et chacune d’elles le déplorait sincèrement. Alekseev continuait pourtant. Il avait raison d’une certaine manière. Oui, elle avait tout à fait avancé comme un funambule.

Les mains liées.
Les yeux bandés.

Ils étaient si peu à comprendre la nature même de sa personnalité. De sa personnalité déviante comme on lui avait soufflé. Elle revit Thaddeus, Eren. Cassie. « Tu me souffles l’amour comme raison… Mais n’est-ce pas ceci aussi qui te liait à tes amis et ta famille, Jill ? » Pourquoi employait-il le passé ? « Je n’ai pas renoncé à l’amour que je vous porte. » affirma t-elle d’une voix douce. Triste. Sûrement renonceraient-ils bientôt. Et qu’adviendrait-elle, reniée par les siens ? Amputée de leur amour. De leur affection. Rayée des conversations, son nom serait bientôt effacé. Elle ne serait plus personne. Une plaie béante que l’on dissimulerait sous une éternité de non-dits. De honte. Tous, ils lui disaient qu’elle avait volontairement provoqué sa chute. Que c’était de sa faute. « Et quand sera-t-il si cet homme vient à tomber au combat, trop jeune ? Cet amour saura-t-il toujours supporter ta réalité et ta position ? » Une lueur de défi brilla sauvagement dans ses prunelles glacées. Pourquoi choisissait-il ces mots précis ? Pourquoi évoquait-il la mort d’Ezra ? « Doucement… » murmura le patronus qui ne sentait que trop bien la moutarde monter au nez de Jill. Alekseev la connaissait bien assez pour savoir qu’elle ne supportait pas les menaces. Il y a une semaine, elle serait montée au créneau. Aujourd’hui, elle ne serra que les poings et la mâchoire en prenant une profonde inspiration. Assez pour que cela n’ait pas grand-chose de discret. Rien d’étonnant non plus. Qu'importe ses efforts, on ne luttait pas contre sa nature profonde. La sorcière ne pouvait évidemment s'empêcher d'objecter. Elle lutta contre des demie-teintes de violence qui parcouraient sa voix. Tenta de les maitriser au mieux, en vain. Elle ne criait pas, non, mais sa voix n'avait plus rien de doux. « Comment oses-tu le menacer... » Que pouvait-elle faire de plus ? Lui hurler dessus et fragiliser sa position plus encore ? Elle se rappelait fort bien que personne ne l’avait briefée sur ce qui allait lui advenir, aussi pensait-elle que son sort n’avait pas encore été décidé. L’image de sa mère, menaçante, s’immisça dans son esprit. Où était-elle ? Qu’attendait Serafina Lestrange pour se montrer… Comme toute femme raffinée, la sorcière soignait ses entrées. Et comme elle était, elle attendrait probablement le moment où sa fille serait le plus vulnérable. Ou bien n’avait-elle pas été prévenue de sa présence. Une chose bien improbable. Cassiopéia en avait fini avec elle. Elle s’était montrée limpide.

« Un jour, peut-être te tenais-tu face à une décision à prendre… Lui, ou… tout le reste. Etait-ce l’envie d’être libre de vivre ce que tu désirais qui t’as alors animé ? … Ou d’autres choses dont je ne suis censé comprendre ? » Alekseev, comme à son habitude, retournait ses propres mots contre elle. Il était un orateur habile et la sorcière ne le savait que trop bien. Il jouait avec ses émotions, plus qu’elle ne saurait jamais le faire. Une seconde la rage lui tordait l’estomac. L’autre la tristesse l’envahissait. « Ne le laisse pas jouer avec ta tête. Concentre toi. » siffla à nouveau le léopard sur ses gardes. Jill le fit taire d’un regard. Elle comprenait sa méfiance mais dans l’absolu, elle ne pouvait pas lutter contre le sorcier et les réprimandes de Falco commençaient à lui taper sur les nerfs. Elle était seule. Fatiguée. Son patronus l’avait parfaitement compris mais contrairement à elle, il sentait que quelque chose clochait. Quoi ? Il n’aurait su le dire. Une étrange impression. Quelque chose d’invisible mais de bien présent. « J’ai toujours refusé de faire un choix. » C’est faux, d’une manière ou d’une autre ce choix était fait mais était-ce vraiment un choix ? Elle s’était enfuie. Elle les avait peiné. Mais qu’en était-il d’elle ? De ce qu’elle souhaitait ? Aurait-elle pu vivre avec elle-même à leurs côtés ? Comment aurait-elle pu se regarder dans le miroir avec les récents évènements ? Le jeune homme avait pourtant compris la force qui l’animait. « Comment aurais-je pu choisir ? Jamais. » Son regard se fit furtif un instant, avant de revenir se planter dans celui du jeune père. Sa gorge se serrait. Elle n’avait jamais dit cela à personne. Pas même à Greer. Sa voix s’était muée en murmure délicat. « Tu me connais Alekseev… Bien sûr que j’ai choisi la liberté. Je me suis choisi moi. » Pouvait-elle être plus honnête ? Non. Elle se racla la gorge, chassant toutes les pensées qui hantaient son esprit.

Vivre enchaînée à une maison.
À un statut.
Épouser un homme qu’elle n’aime pas.
Partager son corps.
Partager ses enfants.
Assister aux exactions du Gouvernement.
Ivre de haine.
Ne rien faire.
Regarder ses amis mourir les uns après les autres.
Sachant qu’elle n’avait rien fait.
Ivre de tristesse.

Comment aurait-elle pu ? Jamais. Comment faisaient-ils, tous… Jill, comme toujours, peinait à maitriser sa colère. Sa voix vibrait lorsqu’elle demanda au jeune homme s’il n’avait pas croisé cette chère Miss Black. Elle avait volontairement changé de sujet, trop peu à l’aise de devoir discuter ses choix avec Alekseev. Lui plus qu’un autre aurait du comprendre. Il ne le pouvait plus, elle le savait et cette simple pensée lui nouait la gorge. Elle avait envie de pleurer. De rage. De frustration. De fatigue. Ses nerfs lâchaient doucement. La sorcière n’avait même pas remarqué que son timbre effrayait la petite précieuse. Non, Jill marchait dans la pièce, écoutant Alekseev souligner à quel point son sort n’était pas tant à plaindre. Certes elle n’avait pas été jetée dans les cachots mais quoi encore ? Cassie avait beau lui avoir jeté en plein visage toute l’étendue de sa déception, Mrs Beurk avait néanmoins respecté la statut de la jeune femme. Jeter la dernière descendante au sang si pur d’une des plus anciennes familles de leur société britannique ? Elle n’en n’était pas à ce point. Peut-être allait-il finir par arriver, que pouvait en savoir Jill… « Je n’ai pas vu Niamh. » Elle siffla avec impatience. « Comment as-tu su que j’étais là dans ce cas ? Qu’est-tu venu chercher ? » Elle se retourna d’un coup lorsqu’elle entendit frapper à la porte. Son cœur rata un bond. Son temps était-il déjà écoulé ? Elle ne vit que cet affreux elfe emmener Electre. La sorcière murmura tout bas, la voix emplie de mépris. « Comment peux-tu laisser une telle créature toucher ta fille… » Elle n’avait jamais éprouvé la moindre sympathie envers les elfes. Envers toutes les créatures d’ailleurs. Son esprit glissa vers la pire des ignominies qui errait peut-être à l’instant même dans la demeure. Falco grogna avec dégoût dans son esprit et Jill du se retourner à nouveau pour dissimuler la vague de déconsidération qui l’envahissait. Myfanwy était bien la dernière des personnes qu’elle aurait voulu croiser. Ou était-ce sa mère ? Elle était perdue. « C’est la domestique… » Un rapide coup d’œil dans l’entrebâillement de la porte qui se fermait laissa apparaître une main adulte humaine. Effectivement le patronus avait raison. La sorcière grommela de mauvaise grâce. « Mmh non, j’ai cru que c’était Thalys… Je me disais bien aussi. »

Coincée dans son irrévérence Jill attaqua Alekseev de front. Le jeune homme la corrigea avec patience tandis qu’il croisait nonchalamment les bras sur sa poitrine. Oh certes il avait raison, il n’était pas responsable de son malheur. Mais si ses souvenirs étaient demeurés vivaces, lui aussi souffrirait à cet instant. Elle lui en voulait presque de s’en sortir si facilement. Contre toute attente le jeune homme choisit de répondre aux interrogations de la plus Gryffondor de sa famille. Une énième casserole qu’elle se devait de porter. Lorsqu’il évoqua son travail au Ministère Falco rugit soudainement et Jill dévisagea son ami avec dégoût. « Comment peux-tu endosser de tels ordres. » siffla t-elle tout bas. Alekseev la dévisagea un instant et repris, les yeux incertains. « Je me souviens… De l’odeur du gaz… Et de l’explosion. » Que lui dissimulait-il ? Se souvenait-il du visage de Greer qui défendait la vie de ses parents et la sienne, bec et ongles ? Se souvenait-il de sa défaite ? Et qu’avait-il ressenti à cet instant … à part la douleur. Voilà qui était bien le moindre de la justice. « Ca suffit ! » la voix de Falco avait tonné dans son esprit. Il savait que la sorcière allait pousser les questions, loin, de plus en plus loin. Pourquoi devait-elle souffrir seule ? Pourquoi avait-il droit à la tranquillité et pas elle ? « Je sais ce que tu cherches à faire. C’est cruel Jill. » « D’aussi beaux souvenirs peuvent-ils vraiment l’être ? » Bien sûr. Sa jalousie la rendait malade.

Elle aurait voulu lui insuffler le doute.
Semer le chaos dans ce bel esprit déjà éprouvé.
Elle aurait souhaité qu’il souffre autant qu’elle souffrait.
Et qu’il comprenne comme il l’avait un jour comprise.

Elle le laissait continuer. Le regardait s’embourber dans ses interrogations. Il ne savait pas où elle voulait en venir mais le savait-elle seulement ? « Je pensai à ma famille…. Si fort… » Elle ricana. Mauvaise. « De quelle famille parles-tu …» Etait-ce de cette timbrée de Lyra ? De sa merveilleuse petite fille ? Alekseev était le dernier descendant sain de sa famille. Dans le fond Ingram Peverell avait toujours eu raison. Les Gaunt étaient malades. Sauf Alekseev. Dernier représentant sensé... Quelle famille… L’insinuation ne sembla pas lui plaire et le jeune homme haussa le ton. « Même à toi, sombre idiote chérissant le songe de sa famille lui tournant le dos, alors que ce ne sont qu’aberrations ! Ne penses-tu pas que nous nous avons conjecturés des moyens loufoques avec Niamh pour te faire revenir ? .. Tu… Tu es juste partie ! » Forcément, Greer effacée de sa tête il ne pouvait plus s’accrocher à leur souvenir. Jill éclata avec colère. « A moi ? Tu pensais à MOI ? » Elle l’écouta reprendre, la voix vibrante d’agacement. « Mais comment toi, vivais-tu la chose ?! Bien, j’ose l’espérer ! » Incapable de tenir calmement elle se mit à faire les cent pas dans la pièce. « Mais comment toi, vivais-tu la chose ?! Bien, j’ose l’espérer ! » Ses mains tremblaient de colère et elle perdit le peu de couleur qui lui restait. Ses doigts malmenèrent ses joues un instant avant qu’elle se mette à lui répondre d’une voix sans âme. L’injustice de la situation lui sautait à la gorge. « PARDON ? Bien ? Tu penses que j’étais BIEN ? » Elle explosait littéralement. Comment pouvait-il insinuer cela ? « Quand était-ce ? Quand j’étais seule dans mon lit en proie à toute la détresse du monde ? Seule. Effrayée. Quand je redoutais de croiser Thadd dans les couloirs ? Oh lui avait bien compris l’étendue de ma peur ! Quand étais-je bien ? Quand je pensais à Ezra ? Quand je savais que je transgressais tout ce qu’on m’a appris ? Quand je savais trahir les miens ? A quel moment étais-je bien Alekseev ? » Elle se revoyait prostrée, pleurer des torrents de larmes seule sur son lit. Seule. Elle se revoyait si terrifiée qu’elle n’osait plus rentrer chez elle. Elle revivait si intensément sa douleur que son crâne menaçait d’exploser. Les larmes coulaient désormais sur ses joues pâles.

« Où étais-tu lorsque je croupissais au Complexe ! Sais-tu seulement ce que c’est ou le Ministère ne se donne t-il pas même la peine de vous briefer ! » Jill ne savait pas réellement si le Gouvernement était au courant de ce qui se passait au Complexe. Elle soupçonnait les Disciples de s’être infiltrés à des postes clés mais il lui semblait difficile que le Ministre en personne n’en sache rien. Oh cela ne serait pas la première fois que ce fils de gobelin de Rosier dissimula des informations à son personnel. Elle le haïssait. « Où étais-tu lorsque je m’évanouissais sous la douleur ? Lorsqu’ils faisaient disparaître Falco encore, encore et ENCORE ! Lorsque je voulais mourir. Où étais-tu Alekseev ? Cochais-tu les cases en face des noms de tous ces sorciers enlevés ? Ou peut-être allais-tu les chercher toi-même ? OÙ ETAIS-TU ! » tonna t-elle une fois de plus. Peut-être mélangeait-elle tout. Peut-être était-elle jalouse de lui et de son calme plat. Lui qui n’était pas assailli par l’horreur de ses souvenirs. Par cette passion qui avait un jour était la sienne. Lui qui avait le loisir de s’offrir de la paix. De la paix ! Au nom de quoi avait-il le droit d’être en paix avec lui-même ! Elle tremblait de rage dans son corps si frêle. Elle le fixait à nouveau, crachant toute la peur, la haine et la colère qu’elle avait retenue pendant tant d’années. « Comment oses-tu me parler de la sorte ! Après tout ce que j’ai enduré. Comment peux-tu croire qu’à un moment ou à un autre prendre ces décisions fut facile ? Que je l’ai bien vécu ? Comment peux-tu croire que je me sentais BIEN ! En accord avec moi-même. Je vis déchirée entre des principes qu’on nous inflige. Je vis dans la peur du lendemain, dans la peur de ce que mère m’infligera si elle me retrouve. A quel moment ais-je bien vécu ce qui m’est arrivé… » Ce qui nous est arrivé aurait-été plus exact mais elle ne pouvait décemment lui dire. Lui avouer qu’il lui était arrivé la même chose. Pendu aux lèvres de Greer, incapable de se débarrasser de son fantôme enfoui dans les recoins de sa chair. Incapable de la rejeter alors que cette relation malsaine trahissait tous les principes de son éducation. Qu’avaient-ils donc fait par amour ? Quel mal s’étaient-ils infligés, encore, encore et encore ?

Ils étaient les victimes du sentiment le plus humain.
Le plus beau.
Le plus destructeur.

Les larmes coulaient toujours sans qu’elle ne puisse rien y faire. Falco montrait les crocs en grondant tout bas. Ils se sentaient mal. Si mal que Jill menaçait de s’évanouir. Une bouffée de chaleur envahit son corps et soudain, son ouïe sembla sombrer. Son corps n’était plus qu’un vulgaire amas de chiffons. Ses jambes ne pouvaient plus la soutenir et dans un effort de volonté, la sorcière avança mollement jusqu’au lit qui trônait dans la pièce. Elle s’assit, vidée de toutes ses forces. Ses lèvres sèches hurlaient leur envie de boire. Son visage fantomatique semblait sombrer dans l’inconscience. Elle cligna difficilement des yeux, si difficilement qu’elle cru ne jamais pouvoir les rouvrir. Les jambes battant dans le vide elle laissa choir son dos sur le matelas, les mains encadrant son visage. Elle était prête. Prête à recevoir, une nouvelle, toute l’étendue de la colère, de la déception et de la honte de tous ceux qu’elle avait pendant longtemps considéré comme étant ses plus proches, ses seuls amis. Sa famille. Jill était si faible qu’elle ne pouvait plus repousser leur haine. Elle l’absorbait alors, toujours plus forte. Sa voix s’était faite faible. Presque un murmure. « Vas y. Dis le. » Falco avait sauté sur le lit, inquiet, sa tête jouxtant celle de sa sorcière. Dis le qu’elle est faible. Dépravée. Que c’est une honte ambulante. Que jamais elle n’aurait du naître si c’est pour infliger tant de malheurs à ceux qui l’aiment. Dis le. Elle ne t’en voudra pas. Dis le que c’est de sa faute. Elle le sait maintenant.

✻✻✻
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Message Re: Save yourself
par Alekseev S. Gaunt, Dim 1 Oct - 18:42 (#)
« Partout, nulle part… le lieu importe peu. Crois-tu que l’on puisse se débarrasser aussi facilement de moi ? » Je n’étais que surprise. Les impurs avaient de toute évidence corrompue tes pensées. Ces années à te torturer l’esprit entre ton éducation et ta véritable éducation avaient sembler puiser sa force dans une haine que nous ne méritions pas. J’étais triste et déçu de constater à quel point tu pouvais nous imaginer mauvais. « Nous n’avons jamais désiré nous débarrasser de toi. » Je l’affirmais sans mal. Serafina Lestrange n’avait jamais affirmé te renier. Et si le patriarche Lestrange ne l’avait jamais fais, ce n’était que par pur respect face à la colère et les derniers espoirs de ta propre mère qui défendait corps et âme sa progéniture. Tu n’imaginais pas la chance que tu possédais. Tu es partie. Tu nous as abandonné. Pas l’inverse.

Tu commençais alors à parler de ton passé. De notre passé. Lentement, je voyais les souvenirs s’inscrire dans ton crâne, faisant écho à ceux que je possédais moi-même, même ceux que j’avais oublié. « De sa colère lorsque tu n’as pas voulu l’emmener à Poudlard durant ta première année ? » Un sourire triste, un sourire nostalgique et pourtant amusé se glissait sur mes lèvres. Bien sûr que je me souvenais de cette colère qui t’avait habité, de cette fougue qui te possédait, alors que je tentais sans y parvenir, de t’expliquer que je ne pouvais pas. Je me souvenais des sourires de ta mère, des sourires de ma marraine avant qu’elles ne te calment lentement. Je me souviens que tu m’avais fais la tête longtemps, jusqu’à ce que je t’offre l’une de mes écharpe vert et argent lors des premières vacances. Je me souviens de cet air fier que tu avais pris, à te balader avec même pendant les repas, n’écoutant pas les légères remontrances de ton père… Qui n’appréciait probablement par que tu portes les couleurs de Salazar Serpentard. « Te rappelles-tu de la première bièraubeurre que tu lui as acheté ? » Je reposais mon regard sur toi, sans comprendre ce que tu cherchais à me faire comprendre. Bien sûr que je m’en souvenais. « De la première fois que tu l’as embrassée ? » Tu étais cruelle. J’avalais ma salive avant de détourner le regard. « De ta fierté à la voir réussir ? » J’étais au courant de tout cela. « Je me souviens clairement aussi de ta manière de me larguer. » Détail parmi tant d’autres après toutes ces années. Mais je reposais mon regard sur toi. « Ne suis-je pas la même personne, Alekseev ? Ne suis-je pas celle que vous avez vu grandir ? Celle que vous avez connu toute votre vie ? » J’étais étonné. Je te fixais avant de répondre : « Ai-je dis l’inverse ? Evidemment que tu portes toutes ces personnes, ce passé, en toi. Je n’ai jamais songé à son contraire. Pourtant, cela n’empêche guère que nous ignorons où tu as pu puiser toute cette force pour… » Nous tourner le dos. A ton passé. Ton éducation. Ta famille. Toutes ces choses si importantes. Tu ne semblais pas comprendre ce qui nous troublait et visiblement j’étais face à ta mauvaise foi, à moins que tu sois soudainement atteinte de surdité.

« Je n’ai pas renoncé à l’amour que je vous porte. » Ce fut à mon tour d’échapper un léger fruit emplit de dédain. « Où est-il ? » Je reposais mon regard sur toi. Je n’y croyais pas. Ce n’était que des mots pour te donner bonne conscience. Je ne voyais autant amour de ta part à mon égard. Mais sûrement étais-je trop égoïste. Où était ton amour pour ta mère que tu avais si longtemps fuis et évité ? Où était ton amour pour nos marraines dont tu semblais avoir attenté les vies ? Ce n’était que mensonge. Tu n’étais qu’aveuglement. J’étais inquiet face à l’aveuglement inouïe dont tu semblais faire face. C’était glaçant.

« Comment oses-tu le menacer… » Je fronçais les sourcils. Je sentais depuis quelques longues secondes tes émotions violentes s’animer. Je m’exclamais alors soudainement : « Mais pour qui me prends-tu !? Je ne menace personne, pauvre idiote ! » J’étais fatiguée de tenter de voguer vers toi pour être constamment repoussé. Je sentais la colère m’agiter, je sentais la tristesse m’empoigner. Tu n’étais plus la jeune fille que j’appréciais. Tu avais perdu l’esprit. Tu étais quelqu’un d’autre qui me brisait le cœur, qui ne semblait plus rien comprendre. Tu n’étais que colère et méfiance. Tu n’étais que colère et défiance. Je détournais le regard en glissant ma main sur mon visage. « J’ai toujours refusé de faire un choix. » Pourtant, le résultat était loin d’une absence de choix. Je m’appuyais contre la table plus loin dans la pièce, ayant besoin d’être retenu, ayant besoin de creuser la distance entre nous. « Comment aurais-je pu choisir ? Jamais. » Je sentais l’émotion me gagner et je croisais les bras. Mon regard glissait sur toi avant de s’arrêter sur tes pieds. Pudique, je restais muet tentant simplement de contrôler ces émotions étranges qui me prenaient. J’avais la sensation que mon corps, mon cœur entier supportaient tant d’émotions que l’on m’avait dérobé. Je sentais la peur me prendre soudainement, une tristesse infinie qui déchirait mes nerfs. « Tu me connais Alekseev… Bien sûr que j’ai choisi la liberté. Je me suis choisi moi. » Un léger sourire se glissait sur mes lèvres. Cela semblait honnête et logique. Que l’on te marie de force à quelqu’un était loin d’être ce que tu désirais. « Tu es une Peverell, Jill… Tu aurais pu briser tes fiançailles sans effort… » Tu aurais pu attendre que cet amour insensé et impur s’efface. Tu aurais pu le combattre et t’attacher à un autre homme. Comme tout le monde. Comme moi. Tu n’aimais pas ta femme. Pourtant la sensation était persistante, d’avoir perdu quelqu’un que j’aimais terriblement. Toi, évidemment, mais quelqu’un d’autre aussi. « Tu aurais pu.. faire tant de choses, de grandes choses... Le monde aurait manger dans ta main. » Parce que tu étais une Peverell. Là où l’on t’avait regardé avec respect et admiration, l’on m’avait observé avec peur et dégoût. J’avais longtemps envié ta position, jusqu’à ce que tu m’accordes ta présence d’enfant, ton amitié. Tu avais toi aussi, aidé à mon intégration dans ce monde, malgré les pensées de ton père. Malgré ses insultes face à mes intentions ou le sincère attachement que j’avais pu te porter.

Le sujet changeait volontairement. La discussion n’était pas terminé, mais l’émotion était palpable, nos larmes aussi. Je n’avais pas envie de pleurer aujourd’hui, encore moins pour une amie perdue qui devait assumer ses choix. « Comment as-tu su que j’étais là dans ce cas ? Qu’es-tu venu chercher ? » Je soupirais vaguement avant de souffler, en serrant Electre dans mes bras. « Ta perspicacité n’est plus ce qu’elle était…. Et je voulais simplement te voir. » J’haussais les épaules. « Etonnant n’est-ce pas ? »  J’étais railleur, à l’image de ta colère et de ta défiante perpétuelle depuis le début.

Bientôt, Electre partait. J’ignorais tes paroles alors que tu semblais réaliser ton erreur. Comme si j’allais laisser un elfe toucher le fruit de mes entrailles.

Bientôt, je te donnais les réponses que tu semblais désirer vouloir à mon égard. J’observais le dégoût s’inscrire sur ton visage. « Comment peux-tu endosser de tels ordres. » Je préférais à mon tour dévier de sujet. Il n’était pas question de nos positions politiques, n’est-ce pas ? Qu’allais-tu pouvoir m’hurler si tu voyais la marque sur mon avant bras ? Que pourrais-je te répondre, si ce n’est des souvenirs cruels comme tu avais pu le faire ?

Je soudainement de l’agitation dans ton âme. Tout du moins, une agitation différente. J’inspirais lentement. Le visage de la sang-de-bourbe se glissait dans tes pensées puis le mienne. Evidemment que tu avais toujours contact avec elle… ta chère… très chère meilleure amie. Probablement étais-tu l’une des seules sang-pure à avoir continué à la cotoyer après son aveu.
Puis je sentais une envie de douleur. De la douleur. D’aussi beaux souvenirs peuvent-ils vraiment l’être ? Je percevais tes mots sans les comprendre. Je sentais une envie cruelle et une terrible jalousie t’envahir. Des émotions que je ne comprenais pas à cet instant présent, alors que je te parlais de mon accident. Pourquoi alliais-tu de telles émotions alors que tu semblais penser à Greer ?

Le calme semblait lentement disparaître.

Dépecé par la force de nos mots.

Enflammé par nos colères et nos rancœurs trop longtemps retenues.

« Tu penses que j’étais bien ? » Je restais inerte et t’observais. Lentement, mon visage se refermait. La bouche close, je t’écoutais. « Quand était-ce ? » Tu énumérais tant de situation. « Quand je savais trahir les miens ? » Donc, tu en avais au moins conscience. Tu n’étais pas si désespérée et sotte à ce point. « A quel moment étais-je bien Alekseev ? » J’haussais les épaules. Assez bien pour t’installer avec ton petit-ami. Assez bien pour partir en escapade. Assez bien pour trahir ta famille. Qu’en savais-je… « Où étais-tu lorsque je croupissais au Complexe ! » Je sentais mon corps se crisper. Mon regard s’assombrit tandis que mes mâchoires se crispaient. « Sais-tu seulement ce que c’est ou le Ministère ne se donne-t-il pas même la peine de vous briefer ? » Je me souviens d’avoir trié de nombreux dossiers. Je me souviens d’avoir posé le tien sur une pile. Toi, qui semblait possédait un don lié aux patronus. Toi qui devait être de toute évidence capable d’entendre les patronus. « Ou étais-tu lorsque je m’évanouissais sous la douleur ? » Je levais mon regard un instant vers un élément inerte de la pièce. Non, je ne savais pas pourquoi l’on m’avait demandé de trier ces dossiers. Mais aujourd’hui, je savais où ils avaient fini. J’ignorais si je ressentais une vague forme de culpabilité… Sûrement n’était-ce pas le cas. « Lorsque je voulais mourir. » Tout aurait été si simple, si tu étais morte là bas. Serafina Lestrange aurait causé la mort de ton bourreau, mais elle se serait rapidement retrouvée bloqué. On ne pouvait pas être éternellement compréhensif à vos égards à toutes les deux. « Cochais-tu les cases en face des noms de tous ces sorciers enlevés ? Ou peut-être allais-tu les chercher toi-même ? OU ETAIS-TU ? » Je demeurais muet. Je n’allais décidément pas te donner des arguments supplémentaires pour hurler dans cette chambre. Tu as fais tes choix, tu devais les assumer, à présent. Si tu as fini dans ce Complexe c’est parce que tu étais une traître à ton sang. Tu es une traître. Et quoique puisse penser ou faire ta mère à ton égard, tu le demeurais. « Comment oses-tu me parler de la sorte ! (…) Comment peux-tu croire que je me sentais BIEN ! (…) A quel moment ai-je bien vécu ce qui m’est arrivé… » Je n’en savais rien. Comment pouvais-tu faire autant de sacrifice, tourner le dos aux tiens, si cela ne t’avait pas apporté un minimum de bien être ou de paix ? Ou bien courrais-tu après un espoir vain… pauvre toi.

Mais soudainement, ta voix semblait trembler. Je sentais surtout ton aura se faner un peu plus. Je bougeais lentement pour m’approcher de toi, inquiet. En te voyant perdre pied, si pâle, je vins te rejoindre sur le lit. Je t’observais sans rien dire et glissais le bout de mes doigts contre ta joue. « Il faut que tu manges. » A ces quelques mots un plateau de mets sucrés, bien que sommaires prit place à tes côtés. Je t’y encourageais silencieusement. Tu n’étais pas invincible, contrairement à ce que tu semblais bien vouloir croire.

« Je n’ignore pas que nos positions et nos choix sont drastiquement opposés, Jill… Et je doute qu’il soit nécessaire que le sujet soit réellement soulevé. Nul ne saurait me faire changer d’avis et j’ose espérer que… » Je me tais pourtant. Que quoi ? Que l’on arrive à te faire raisonner ? Je fis un léger signe négatif de la tête. « Tu as fais tes choix… Tu as choisi ta liberté. Il est probablement honorable que tu n’ai pas cherché à nous en faire part, afin de nous protéger sans doute et te protéger toi avec… Je persiste néanmoins à croire que c’est cet isolement qui n’a fait que pourrir ce qui siège en ton cœur… »   J’essayais peut-être d’être un tant soit peu compréhensif à ton égard. A ta situation. « Mais cela ne pardonnera nullement ton appartenance à l’Ordre… Ni même d’avoir tenter de tuer nos marraines, Jill. Tu ne mérites pas l’amour de Niamh, ni même nos clémences… Nous nous accrochons à un souvenir qui est mort. » Je t’observais. Mes paroles étaient douces et pourtant pleine d’un sens si fort et affreux. « Ton histoire n’est que l’œuvre de tes décisions. Et ton futur ne m’appartient pas… » Ni même à toi, probablement.

Je me redressais lentement, attristé par cette réalité.

Niamh avait raison à ton propos.




    Take me to hell
    There’s darkness in all of us. Some are just better at hiding it than others.
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Message Re: Save yourself
par O. Jill Peverell, Mar 31 Oct - 12:11 (#)
save yourself
Alekseev & Jill

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ N’avaient-ils jamais pensé à se débarrasser d’elle ? Vraiment ? Jill dissimula au mieux son étonnement. Elle se sentit désemparée un instant, comme si elle avait été la plus bête de penser des telles âneries. En parfait gentlemen  Alekseev s’intéressa au pourquoi d’une telle affirmation. Comme à son habitude, il cherchait une information. A véritablement parler et arrivé à ce stade, la jeune femme ne pouvait plus différencier ce qu’il cherchait de ce qu’elle pouvait lui offrir comme informations réconfortantes. Dans une tentative probablement plus maladroite que réfléchie elle tenta de faire appel à leur passé. Alekseev avait toujours eu une place de choix dans son cœur. Ils se connaissaient depuis longtemps, bien plus qu’il n’aurait souhaité l’admettre aujourd’hui, et avaient toujours partagé un fort sentiment de tendresse. La petite Octavia grandi et cette tendresse se mua en un sentiment plus fort. Elle n’avait rien fait pour lutter à l’attrait qu’il exerçait sur elle. Elle se souvenait avoir exalté lors de ce premier baiser - au gout de victoire étincelante - qu’ils avaient échangé. Il l’avait toujours fascinée. Grand, adroit, passionné, érudit, ambitieux. Un sorcier en passe de devenir cet homme que les responsabilités n’effraient pas. Elle, petite fleur au désir ardent de s’affranchir de son rôle de petite fille, de jeune femme de bonne famille qui lui collait à la peau. Il était parfait, ou presque. Elle se croyait prête. Pour la première fois de son existence, Jill avait rapidement rencontré les conséquences de ses actes. Jamais elle ne pourrait oublier la fureur de son amie. La violence de leurs propos résonnait encore dans sa tête et l’une comme l’autre en gardait un souvenir vivace.   « Je me souviens clairement aussi de ta manière de me larguer. » Lui en tenait-il encore vraiment vigueur ? Elle n’avait pas réellement voulu sonner le glas de leurs heures glorieuses.  Dans le fond, Alekseev avait été sa première erreur. Sans doute était-ce grâce à ce qu’il s’était passé dans les coulisses de cette relation qu’elle osait aujourd’hui, faire ce qu’elle n’avait pas pu à l’époque. Refuser de suivre. Dire non. S’affirmer comme un être humain à part entière doué d’une volonté propre. Son père avait fini par lui imposer sa volonté et elle avait consenti. Peut-être aimait-elle Greer plus qu’Alekseev. Il était inutile d’essayer de chiffrer car ce qui restait certain, c’est que le jeune homme aimait Greer plus qu’il n’avait pu l’aimer elle. Jill ne lui en tenait pas rigueur. Elle les aimait en tant que personnes indépendantes. Elle les aimait en tant qu’individus qui tentaient de s’apprivoiser. Elle les aimait.

L’idiotie de la situation lui sauta à nouveau en pleine face. Si Alekseev avait pu se souvenir de Greer, jamais il ne lui aurait tenu de tels propos. Pour autant, il lui apparaissait peu probable que le sorcier consentisse aux mêmes sacrifices. Il était clair qu’elle représentait sa passion la plus enflammée mais surtout, la plus inavouable. Sur ses épaules ne reposaient pas les mêmes responsabilités. D’ailleurs, les mondes dans lesquels ils avaient grandi, les modèles selon lesquels ils avaient été élevés n’auraient pu être plus éloignés. La voix de Greer résonnait étrangement dans sa tête ; nous n’avons rien en commun. Aucun présent. Aucun avenir. Jill aurait tant voulu qu’elle ait tort. « Tu aurais pu.. faire tant de choses, de grandes choses... Le monde aurait mangé dans ta main. » Alors qu’il lui rappelait son ascendance et la simplicité pour elle de faire son entrée dans le Grand Monde, par la porte de devant, la jeune femme cru déceler une pointe d’amertume. Etant donné son propre statut, il faut dire que le jeune homme n’avait pas été épargné. Son nom, pourtant bien célèbre, n’était pas connoté de la même façon. Alekseev s’était missionné de redresser sa famille des cendres et si le défi était colossal, il n’avait ni failli à la tâche ni ménagé ses efforts. L’objectif était pourtant loin d’être atteint. Car si la sorcière avait bien compris une chose des grandes familles sorcières britanniques, c’est que le devoir de mémoire jouait beaucoup. On pardonnait difficilement. Voire jamais. Même en se rattrapant, les tâches obscurcissaient pour toujours une lignée et celle des Gaunt, malgré sa célèbre ascendance, en restait l’une des plus noires. Dégénérative, elle était connue pour ses membres bourrus, enflammés dans l’idée que leur sang était le plus pur, ce même sang étincelant qu’ils gardaient jalousement, ne se mélangeant qu’entre membres de la même famille. Cette idéologie avait conduit la longue lignée des Gaunt  à leur perte et il incombait aujourd’hui à Alekseev de restaurer le blason décrépi des siens. En d’autres circonstances, s’il était né dans une autre famille et s’il avait porté d’autres gênes, Ingram Peverell n’aurait probablement vu aucun problème à l’unir à sa fille.

« Je ne cherche ni la gloire ni la reconnaissance. » souffla-t-elle, lasse. Jill ne se fit pas prier pour changer de sujet. Qu’éprouvaient-ils, tous, à lui rendre visite comme le petit animal de foire qu’elle était ? La sorcière n’était pas réellement consciente qu’outre sa captivité forcée, il lui était donné de revoir dans le calme des proches pour qui elle aurait tout donné il y a encore peu de temps. Avec un peu de concentration et de recul, elle ne serait pas passée à côté d’une telle évidence. Le recul était cependant la seule chose qu’elle ne parvenait plus à prendre. Elle était trop à vif. Trop épuisée. Lorsqu’ils embrayèrent politique, le sorcier resta muet. Leur deux mal être ne fit que s’accentuer. Lorsque Jill explosa à nouveau, le sorcier se contenta de la regarder comme une curiosité malsaine. Que craignait-il, de lui livrer plus d’informations qu’il n’aurait dû ? Elle n’y pensait pas mais nota son air très vaguement concerné. Elle avait beau continuer crescendo dans les horreurs qui lui revenaient en mémoire, Alekseev n’en avait rien à faire. Elle était estomaquée. Furieuse mais trop à bout de force pour le marteler de ses petits poings. Alors elle rejoint le lit qui, au moins, pouvait la soutenir, lui. Même si ce n’était qu’un support physique, c’était déjà plus que ce qu’elle avait pu recevoir depuis la veille.

Sa faiblesse lui sembla durer une éternité. Elle vit à peine le jeune homme prendre place à ses côtés et sa voix si proche la surprit. « Il faut que tu manges. » . Voilà qui était bien la dernière de ses priorités. La sorcière passa ses mains sur son visage comme pour se redonner de la prestance et jaugea d’un air sévère les petits gâteaux qui trônaient à côté. Encouragée par son patronus - qui à l’effigie de sa sorcière supportait difficilement de se trouver dans un tel état - elle porta son dévolu sur une mixture aux amandes surmontée de pistache. Voilà qui semblait acceptable. Vidée, elle l’écouta plus calmement, mastiquant avec lenteur le bout de pâtisserie qu’elle divisait en une multitude de minuscules bouchées. A croire qu’elle y mettait vraiment de la mauvaise volonté, pourtant cela n’était que le fait de son épuisement. « Je n’ignore pas que nos positions et nos choix sont drastiquement opposés, Jill… Et je doute qu’il soit nécessaire que le sujet soit réellement soulevé. Nul ne saurait me faire changer d’avis et j’ose espérer que… » Que restait-il à espérer ? N’était-elle pas la seule à qui tous espoirs étaient refusés ? Foncièrement portée sur elle, Jill peinait à imaginer la peine qu’elle avait pu leur causer. Au grand regret de la jeune femme, Alekseev abandonna son idée d’un signe négatif de la tête. Lorsqu’elle porta ses yeux aux siens, pleins d’espoir, le jeune homme reformula. Etait-ce son idée ou autre chose, elle n’en saurait jamais rien mais il était plaisant de l’entendre. Calme. Proche. Concerné. « Tu as fais tes choix… Tu as choisi ta liberté. Il est probablement honorable que tu n’ai pas cherché à nous en faire part, afin de nous protéger sans doute et te protéger toi avec… Je persiste néanmoins à croire que c’est cet isolement qui n’a fait que pourrir ce qui siège en ton cœur… » Elle fronça les sourcils. Que siégeait-il en son cœur si ce n’est de l’amour ? Comme l’amour pouvait-il pourrir son cœur ? « L’amour que tu portes aux uns aux dépends des autres est une dangereuse épidémie… » Le patronus se tenait aux pieds du lit. Il avait regardé Alekseev s'approcher d'un œil noir, pourtant, il n'avait pas grogné. Qu'elle lui ai fait pitié ou mal au cœur, le sorcier ne cherchait pas à lui nuire en cet instant. Comment aurait-il pu. Jill n’avait plus la force d’objecter. Elle l’écoutait, silencieuse et attentive.

« Mais cela ne pardonnera nullement ton appartenance à l’Ordre…» La jeune femme au teint si pâle arqua un sourcil tandis que Falco tempêtait dans son esprit, faisant écho à ses propres interrogations. Ses yeux clignèrent une seconde sans comprendre. « De quoi parles-tu ? » Si l’on s’en tenait aux propos précédents du jeune homme, il était difficile de ne pas voir où il venait en venir. Pourtant … d’où sortait-il une telle information ? Jill n’était qu’une nouvelle recrue de l’Ordre et personne ne le savait réellement, omis les membres actuels du dernier jalon de la Résistance. Elle n’avait que peu de contacts avec ces membres et n’avait été sollicitée qu’une fois ou deux pour des missions. Bon, elle avait peut-être accompagné Ethan aussi… Le visage de son ancien Professeur se matérialisa nettement dans son esprit, avant qu’Ezra ne lui ravisse la place. Elle sourit doucement. « C’est drôle, Ezra aussi croyait que l’Ordre existe. Tu parles de l’Ordre du Phoenix n’est-ce pas ? » Ses yeux se reportèrent sur son patronus – à l’apparence calme – mais réellement aux aguets. Il surveillait le moindre mot qui sortait de la bouche de Jill, prêt à la mettre en garde. Prêt à tout pour elle. Pour eux, tous ces compagnons d’infortune en croisade contre une hydre. Sa main se faisait lourde lorsqu’elle la leva pour l’agiter devant elle, comme on chassait un mauvais rêve. Elle n’avait jamais cru en l’ordre du Phoenix. Jamais jusqu’à très récemment. Jusqu’à ce qu’elle soit rescapée par eux. Jusqu’à ce qu’elle accepte de les rejoindre. Mais elle ne pouvait se permettre d’en informer son ami. « C’est une vielle légende Alekseev. Comme les reliques de la mort. » Et Merlin sait qu’ils en avaient passé, du temps, à décortiquer la moindre des références dans des volumes colossaux. Tout ce qui pouvait assouvir leur curiosité. Elle se revoyait, plus jeune, avide d’en apprendre plus. Jill avait toujours aimé cette quête effrénée de la connaissance pure. Absolue. Bien entendu elle avait compris avec les années que la connaissance absolue ne serait jamais atteinte. En revanche, rien ne l’empêchait  d’amasser un maximum de savoir sur à peu près tout.
Elle était si éreintée qu’il lui était difficile de s’offusquer de la moindre chose. L’effroi lui avait balayé le dos mais dans l’état actuel des choses, il était difficile de se laisser submerger par une énième violente émotion. La sorcière avait tant été broyée par ses émotions au cours des dernières 24h qu’elle baignait actuellement dans un état psychique semi catatonique. Elle ne ressentait plus rien. Rien à part de la fatigue. Elle aurait voulu se rouler en boule sous la lourde couette, serrant son patronus contre elle. Il était son seul allié. Les visages de la résistance s’imposèrent dans son esprit. Ceux avec qui elle partageait un toit. Ses grands-parents, Charlie, Greer… Et dire qu’elles venaient tout juste de se retrouver ! Alekseev continuait de parler, son ton doux tranchant avec la dureté de ses paroles. Lorsqu’il évoqua le meurtre de leurs marraines et l’amour de Niamh, la sorcière avala de travers. Elle se mit à tousser fort, si fort que des larmes perlèrent bientôt à ses yeux semi éteints. Une flamme y vacillait, indomptable et discrète, dans le fond de ses yeux. Elle aurait voulu objecter tout de suite mais le petit morceau coinçé dans le fond de sa gorge l’en empêchait. Ses doigts se refermèrent inconsciemment sur l’avant-bras du jeune homme. A la recherche d’équilibre. De soutient. Lorsque sa voix pu enfin sortir d’entre ses lèvres, elle était éraillée. Faible.
Jill essuya d’un revers de mains les larmes restantes, s’étonnant qu’elle en ait encore. « Je n’ai PAS essayé de les tuer ! » tonna-t-elle de son mieux. La colère grondait quelque part tandis  qu’elle revivait la scène. « Lorsque j’ai vu Déi je … j’ai voulu l’écarter. La mettre à l’abri, ailleurs. Je ne lui ferais jamais de mal. » Sa main se referma un peu plus sur le bras d’Alekseev. « Mais l’impact était trop fort, peut-être qu’un autre sort s’est greffé au mien ou bien il a été devié… C’est là que … quelque chose s’est jeté sur elle. Comme si elle voulait la … protéger. » Jill s’était perdue dans les yeux du jeune homme. Elle le fixait sans le voir, voguant sur l’océan de sa mémoire fraîche. Elle revit la silhouette noire se sortir des décombres pour lui hurler dessus. La sorcière avait eu si peur à cet instant. Peur de découvrir qui se dissimulait sous ce masque mortuaire. Elle avait bien cru que les boucles blondes de Serafina allaient s’en dégager. Mais non. Elle n’avait découvert que quelques heures plus tard qu’il s’agissait en fait Cassiopéia. Son cœur déjà bien amoché avait éclaté en un millier de petits fragments. La tristesse, la déception et la trahison s’étaient mués en colère, sourde et dévastatrice. Elle s’était laissé consumer par sa rage. Sa baguette avait été tenue loin d’elle et s’était tant mieux, Jill n’aurait pas été en mesure de répondre de ses actes dans le cas contraire. Si elle gérait mieux son impulsivité, elle pouvait réellement approcher les limites de la dangerosité lorsqu’elle ne maitrisait plus ses nerfs. « Comment a-t-elle pu… Le Complexe d’abord. Mangemort ensuite. » Ces mots lui arrachèrent un violent frisson qui la rappela violemment à la réalité. Dans un sursaut elle lâcha Alekseev et son regard s’ancra à nouveau dans la réalité. Elle n’avait pas remarqué qu’elle tremblait. De fatigue, de désespoir, de colère, de peur. Elle ne savait plus. Elle tremblait comme une feuille.

« Ton histoire n’est que l’œuvre de tes décisions. » Si seulement c’était aussi simple. Son histoire n’était pas le fruit de ses propres décisions, mais également celle des autres. Les siens bien entendu, mais pas que. Celles de ses parents, d’Ezra, de Greer et même celles du jeune homme aui lui faisait face. Il avaient tous, à un moment donné, influencé son histoire. « Je sais.» souffla-elle à voix basse, sans âme, ignorant volontairement toutes les ramifications complexes qu’impliquaient une telle affirmation. Dans l’ensemble, elle restait la principale responsable. « Et ton futur ne m’appartient pas. » Il aurait pu. Que restait-il à espérer ? Que voulait-il ? Que cherchait-elle ? A ce stade les questions étaient plus nombreuses que les réponses. « Je sais… » répéta t-elle à nouveau. Son futur proche ne dépendait plus d’elle non plus. D’ailleurs… « Que va-t-il se passer ? Quelle est la prochaine étape ? Sont-ils encore nombreux à faire la queue pour me rappeler à quel point je les aie déçus. A quel point je les aie trahis ? » Une vague de panique déteint subitement dans son regard. « Est-ce que vous allez me renvoyer là-bas ? » lança-t-elle effrayée, reculant soudainement jusqu’à la tête de lit comme une proie encerclée, cherchant désespérément une porte de sortie. Falco sauta instinctivement sur le lit pour faire barrage. Il s’allongea à ses pieds, les oreilles passablement en arrière. Il n’était pas en position d’attaque, sa sorcière était trop désorientée pour cela. Non, il sentait son désespoir et venait l’appuyer. Jill plongea ses mains dans son pelage épais, sa seule source de réconfort. Un faible mugissement sortit d’entre ses crocs. Lui non plus ne voulait plus y mettre les pattes. Tous deux partageaient l’avis qu’une seconde incarcération sonnerait leur glas, et celui de Falco en premier. « Je ne vous laisserai pas. » Quelle alternative s’offrait à elle ? Car comme leurs marraines avait pu le voir, Jill n'était pas une simple traitre à son sang. Elle était aussi une traitre à son gouvernement. « A moins que mon nouveau statut de terroriste plaide pour Azkaban ? » Comment diable pouvait-elle seulement l’évoquer. Elle ne se rendait plus réellement compte des choses. Ni son corps ni sa psyché pouvaient subir davantage. « Est-ce cela ? Vais-je être livrée comme une vulgaire criminelle aux instances du gouvernement ? Un gouvernement qui a déclenché et soutient une guerre civile. Vais-être jugée par un gouvernement qui force son peuple à renoncer à ses libertés fondamentales ? Une dictature qui emprisonne, séquestre, expérimente, torture et tue ses opposants ? » Malgré l'épuisement, la tension était palpable. Le malaise aussi. « Tu sais que dans les rues de Pré-Au-Lard et même de Godric's Hollow, des enfants de l'âge de ta fille sont morts pris au piège par les forces envoyées par le Ministres ? Des enfants qui n'ont même pas pu ressentir le Choixpeau posé sur le tête. DES ENFANTS ! Ils n'ont rien fait. » Elle haletait. « Est-ce là l'héritage que tu souhaites laisser à ta fille ? Une société injuste. Un pays d'obligations, de souffrance et d'oppression ? Admets le Alekseev, quelque chose ne va pas ! » Son regard rebondit sur le plateau de pâtisserie. Peut-être y avait-il quelque chose dedans.  A ce stade, elle aurait douté d'elle-même. « Qu'aurais-tu fais si le problème avait été inversé ? Si les né-moldus, croyant être dans leur bon droit, asservissaient les anciennes lignées de ce pays ? Ne te serais-tu pas battu contre cette injustice ? Nous sommes tous sorciers. Nous sommes tous égaux. » Seules les créatures leur étaient inférieures, ça, elle en restait persuadée. Il ne fallait pas mélanger la poêle et le chaudron.

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Message Re: Save yourself
par Myfanwy Z. Goskpodarr, Lun 6 Nov - 23:21 (#)
Elle avait immédiatement ressenti la tension flottant dans l'air quand sa tante était réapparue. Elle n'avait d'abord pas cherché à en connaître la raison, les affaires de Cassiopeia Beurk ne regardait qu'elle, ses responsabilités étaient nombreuses et il était bien normale qu'elle soit parfois à fleur de peau. Alors comme à son habitude lorsque c'était nécessaire elle s'était dissimulée à ses yeux et à ses sens. Si des années plus tôt elle avait pris la décision de ne plus être invisible, de s'imposer au monde, elle n'avait pour autant pas oublié comment faire pour passer inaperçu. Longtemps elle avait cherché à disparaître, si bien que l'art de la discrétion était écrite au plus profond de sa chair. Dans chacun de ses mouvement auquel elle imposait une lenteur toute de retenue, dans son souffle qu'elle savait contenir au minimum, dans cette façon qu'elle avait de pouvoir faire oublier sa présence juste en s'évanouissant derrière une porte pas tout à fait fermée, ou en s'effaçant dans l'ombre d'un escalier, d'un meuble ou d'un couloir. Et pour ne pas prendre le risque de déranger cette femme qui comptait trop pour elle, elle avait pris la décision de lui épargner sa présence ce soir-là. Elle s'était rendu dans les cuisines où elle avait demandé à se faire servir un repas léger dans ses appartements, où elle prévoyait de lire, tranquillement.

Elle aimait cet endroit, depuis toute petite elle l'avait toujours trouvé réconfortant, aussi connaissait-elle chaque détail du lieu, chaque pot, chaque casserole, chaque assiette. Elle y avait passé des heures et connaissait les habitudes et les gestes de chaque elfe. Mais ce soir-là elle n'avait pu que remarquer le dysfonctionnement du mécanisme pourtant bien rôdé de leur rituel. Quelque chose était différent, et ils semblaient même un peu nerveux. Son interrogation timide s'affirma quand ses yeux se posèrent sur le plateau juché sur l'un des plans de travail. Elle remarqua que la collation disposée sur les assiettes, ne correspondait pas aux habitudes alimentaires de sa tante, et certainement pas aux siennes. Elle remarqua ensuite le regard un peu fuyant des créatures. Ils semblaient mal à l'aise, gênés, de se tenir face à elle. Et c'était bien la première fois. Elle avait une relation particulière avec les serviteurs de la maison. Elle les traitait avec douceur et gentillesse, et il lui rendait bien. Leur lien était si fort, que plusieurs fois ils n'avaient pas hésité à désobéir à leurs maîtres pour lui apporter des sucreries ou des gâteaux en cachette. Elle se souvenait même d'une fois où, privée de repas suite à une bêtise, ils lui avaient tous apporté quelque chose à mangé dans sa chambre. Leur attitude à son égard n'avait donc rien d'habituel. Il se passait quelque chose dans le manoir, plus probablement, il y avait quelqu'un d'autre chez eux, et elle n'en était pas informée.

Ce qui devait être un passage éclair dans les cuisines s'avéra plus long. Elle s'installa à l'une des chaises autour de la petite table de chêne, contre le mur et commença à les fixer. Douée d'une grande patience, elle pouvait attendre des heures durant. Ils avaient fini par céder bien vite, ils n'avaient pas reçu l'ordre de garder le secret. Encore sous le choc de leur révélation, elle avait regagné ses appartements et elle s'était assise sur le petite banquette devant la fenêtre noire ouverte sur la nuit. Les yeux grand ouverts, dans le silence, elle avait fixé le vide durant de longues minutes, des heures peut-être, elle n'avait pas compté, elle n'avait pas fait attention, toute à ses réflexions. Elle n'arrivait pas très bien à comprendre ce que tout cela voulait dire, ce qu’elle faisait là, pourquoi elle était là. Pourquoi elle était si bien reçue. Pourquoi tant de manières à son égard, elle qui les avait trahit. Elle qui avait commis le plus impardonnable des crimes au yeux de Myfanwy. Elle était resté de longues minutes plongée dans ses pensées avant de se décider à aller la voir. Elle ne savait pas encore précisément les raisons qui la poussait à la rencontrer, sinon peut-être pour la voir à terre, et jouir de sa déchéance. Elle la détestait tellement.

Elle n'avait pas entendu Alekseev arriver au domaine. Elle avait tout juste eu le temps de disparaître dans un angle mal éclairé du long corridor quand elle l'avait vu au loin, tenir la main de la petite filles aux boucles blondes. Elle était restée invisible, à l'observer entrer. D'un léger mouvement de baguette, elle avait empêché la porte de se refermer complètement, pour pouvoir écouter ce qu'ils se diraient. Elle avait besoin de savoir, si la jalousie l'animait un peu, c'était avant tout l'incompréhension de leur hésitation à tous qui la dérangeait. Pourquoi tant d'indulgence ? On ne lui en aurait pas accordé le quart. Et cette pensait alimentait le feu ardent de sa colère au plus profond d'elle même. Elle resta spectatrice de toute la scène, immobile de l'autre côté du lourd battant de bois. Elle se déplaça tout juste d'un pas sur le côté quand la domestique vint récupérer Electre pour la coucher, sans doute. Elle hésita même à abandonner la scène absurde pour border elle-même la petite fille, mais elle n'arrivait pas à se résoudre à partir. Plus elle l'entendait, plus elle avait envie de serrer de toutes ses forces sa gorge entre ses mains, de planter ses longs doigts dans ses yeux clairs et d'arracher sa langue du bout de ses dents. Elle en rêvait depuis tant d'années. Elle était accroché à ses paroles, caressant le tendre espoir que son plus cher ami lui fasse payer pour tous les pêchés qu'elle avait commis. Mais il n'en faisait rien et cela commençait à l'agacer. Elle ne se contiendrait plus très longtemps.

Nous sommes tous sorciers. Nous sommes tous égaux.


L'éclat de rire traversa ses lèvres sans qu'elle ne puisse le retenir, froid. Elle croyait rêver. Quelle hypocrisie. Elle posa sa main sur la porte et la poussa vers l'intérieur pour l'ouvrir, révélant sa présence. Son long fourreau de velours marine tombait impeccablement autour de ses pieds, elle se tenait droite et fière, son regard de glace planté dans celui de la jolie blonde.

Je vous en prie très chère, continuez de nous parler d'égalité, expliquez-moi comment vous avez toujours considéré que nous étions tous égaux. Je me languis de vous entendre.

Un pas dans la pièce, puis un autre tandis qu'elle repousse la porte derrière elle. Elle regarde à peine Alekseev, la colère s'est emparé d'elle, toute entière. Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, elle ne le trouvait pas à la hauteur, c'était comme s'il se laissait attendrir par leurs souvenirs communs. Elle tourna la tête à peine une seconde vers lui, avec sévérité. Elle détestait ce qu'il se passait dans cette pièce, elle détestait ce qu'il se passait dans ce manoir. Elle ne pouvait pas tolérer tout ça. Elle ramena ses mains devant son corps, sa baguette au manche incrusté de joyaux encastré dans une manchette d'or, bien en évidence, si accessible. Elle se rapprocha encore d'un pas, puis d'un autre, comblant cet écart entre elles, rapprochant sa baguette d'elle, lui offrant le mince espoir de pouvoir sans saisir. Elle ne rêvait que de ça, que de voir la jeune femme l'attraper à pleine main. Elle voulait la voir se brûler et réduire ses espoirs en cendres.

Myfanwy n'était pas venue pour lui donner la possibilité de se justifier. Elle était entré pour faire ce que tous hésitaient à accomplir, s'il le fallait. Mettre un terme à cette mascarade ridicule.

mouahahaha:
 
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Message Re: Save yourself
par Alekseev S. Gaunt, Jeu 9 Nov - 17:06 (#)
Et quand bien même j’étais resté silencieux pour t’écouter, tu étais loin d’être capable de le faire. Incapable de ne pas me couper. Loin de tout respect et bienséance. Parce qu’Octavia Peverell était décidément morte et avait enterrée sa dignité et son éducation. Elle avait tiré un trait définitif sur sa vie précédente. Et pourtant les conséquences arrivaient aux galops. « De quoi parles-tu ? » Encore un mensonge. Encore des mensonges. Je le savais pour les avoir affronté, pour en avoir tué. Et ton esprit ne dissimulait rien, semblable à un livre ouvert. Je percevais tes réflexions, ce qui s’enchaînait parfois étrangement dans son esprit. Tant de mensonges et de bêtises. Ma pauvre petite Jill…  Qui s’enlisait un peu plus dans ses mensonges. C’était là, la différence entre toi et moi. Je ne disais que des vérités, semi-vérité, attirait l’attention sur ce que je préférais, enrobais parfois la vérité… Mais je ne mentais pas. Pas comme toi. Pas comme d’autre. Et ce mensonge n’était qu’un parmi tant d’autres. « C’est un vieille légende Alekseev. Comme les reliques de la mort. » Et tu m’amusais. Tu m’arrachais un sourire amusé. Bien sûr que l’Ordre du Phénix existait. Sinon tu ne serais jamais sortie de ce cher Complexe. Bien sûr que les reliques de la Mort existaient. J’en avais déjà vu une, je l’avais aussi sentie me posséder. Quant aux autres, elles étaient ailleurs, perdues, dissimulées. Mais elles existaient, bien sûr.  Alors je soufflais tout bas : « Epargne-moi tes mensonges… Tu perds ton temps. »

Lentement, je me redressais. Je me levais et m’éloignais, passant ma main sur mon visage. Je sentais la fatigue retombée. Les stigmates de la bataille ne sont pas loin et la fatigue est présente car la nuit précédente avait été courte… Entre défaite et l’irruption soudaine de Cassiopeia Beurk dans ce qui me servait de demeure.

« Je n’ai PAS essayé de les tuer ! » Je retenais un énième soupir. Comment pouvais-tu autant te mentir ? Comment la réalité pouvait-elle être si différente d’un côté et de l’autre ? Etait-ce donc pour cela alors, que l’Histoire appartenait aux vainqueurs ? Que l’on pouvait alors déformer et transformer certaines choses ? Les faits étaient là. Je n’étais pas, mais je croyais dur comme fer ma marraine. Elle n’avait aucune raison de mentir. Et elle serait incapable de me mentir. « Lorsque j’ai vu Déi je… j’ai voulu l’écarter. » Et cela continuait. Une mauvaise foi extrême. Je finissais par  répondre fermement : « Tais-toi. » Je n’avais pas envie d’en entendre plus. Je n’en pouvais plus de te voir ainsi, dans un tel état.

Tu n’étais pas Octavia Jill Peverell.
Tu avais sa voix, tu avais son visage, tu avais ses mimiques et son passé.
Mais tu n’étais pas elle.

« Comment a-t-elle pu… Le Complexe d’abord. Mangemort ensuite. »

Je fronçais les sourcils.

Quelle petite conne tu étais…

J’en échappais un rire.

Un rire qui sortait des tripes. Tu étais pathétique. Tu étais hilarante. Et il n’en pouvait plus de toi. De toi et de ton conte de fée, de tes histoires mielleuses, pleines d’un amour qui n’existe pas. Une gamine incapable d’affronter sa réalité et ses actes.

En cet instant précis, je savais.
Je savais que c’était la fin. Je savais que je serais incapable de te respecter un tant soit peu. Ce n’était plus possible.

« Sont-ils encore nombreux à faire la queue pour me rappeler à quel point je les aie déçus ? A quel point je les ai trahis ? » Je levais les yeux au ciel et je répondais vaguement en haussant les épaules : « Et dire qu’il y a quelques instants tu disais que tu n’étais qu’amour… Est-ce donc là, le peu de respect que tu portes à tes proches ? » J’étais amusé et désespéré. Tu avais perdu cela depuis longtemps. Et je ne voyais dans tes paroles que les abysses de tes mensonges. « Est-ce que vous allez me renvoyez là-bas ? » Encore une fois, il n’y avait que l’ironie et la vérité qui s’échappait de ma bouche : « Veux-tu que je t’y raccompagne ? »

Je posais alors un regard sur toi. Non, je n’avais enlevé personne. Non, je n’avais jamais mis un pied dans ce Complexe jusqu’à ce que l’on soit appelé pour lutter contre les membres de l’Ordre du Phénix. Mais qu’importe. Tu étais folle à liée et prête à penser n’importe quoi. « Tu sais que dans les rues de Pré-au-Lard et même de Godric’s Hollow, des enfants de l’âge de ta fille sont morts pris au piège par les forces envoyées par le Ministère ? » Mais ces enfants étaient dans le camp des résistants. Il était terriblement stupide de mettre des enfants sur un champ de guerre. Il y avait toujours de dommage collatéral. « N’essaie pas de me toucher avec la stupidité de cette résistance. Ces villages se sont rebellés, le Gourvernement ne pouvait pas, ne pas agir. Et depuis le début, la résistance use de la force et reste inerte et sourde à nos tentatives de négociation. Alors n’essaie pas de me faire croire que le Gourvernement est le grand méchant loup, lorsque tu portes le titre de terroriste. » Je soupirais cette fois-ci.

« Est-ce-là l’héritage que tu souhaites laisser à ta fille ? » Bien sûr. « Une société injuste. » J’haussais un sourire, un sourire ébahit sur les lèvres. « Un pays d’obligation, de souffrance et d’oppression ? Admets le Alekseev, quelque chose ne va pas ! » C’était impossible. Impossible de ne pas réagir. « Mais qu’oses-tu me cracher ? … T’entends-tu seulement parler ? Qui es-tu devenue pour autant renier la magie et l’histoire de notre communauté ? Qui es-tu pour critiquer ce que nous choyons et protégeons corps et âme ? Tu me fais honte… Tu nous fais tous honte…  » Je serrais les dents. Cela serait tout aussi simple de te faire taire sur le champ. De t’étouffer dans tes inepties. La tentation était terrible. Je sentais la colère et la haine s’agiter dans mon cœur. J’avais l’envie de te faire taire, toi qui était incapable de voir la réalité en face, prête à te sacrifier pour un animal putride. Et l’envie était si séduisante, que le ronronnement de Kaiser me fit frémir d’envie. Cela serait si simple…. Si seulement Serafina Lestrange n’était pas aussi désespérée de vouloir te sauver.

Tu étais une honte.

« Qu’aurais-tu fais si le problème avait été inversé ? Si les né-moldus croyant être dans leur bon droit, asservissaient les anciennes lignées de ce pays ? Ne te serais-tu pas battu contre cette injustice ? Nous sommes tous sorciers. Nous sommes tous égaux. »

C’était impensable. Jamais. Illogique. Jamais ils ne seraient dans leurs bons droits.

Tu étais folle. Définitivement folle.

Je serrais avec force ma baguette entre mes doigts. C’était trop.

Trop.

Puis il eut cet éclat de rire. Saisissant et qui retraçait toute l’ironie de la situation. Qui traduisait la stupidité des paroles de cette absurdité qui s’agitait face à moi.

Je posais mon regard sur la porte, observant Myfanwy entrer. Toujours aussi digne, toujours aussi splendide. Et puis il y avait ce regard calme et pourtant si froid. Et puis il y avait ce sourire qui sembla me rappeler un instant que je perdais mon temps.

« Je vous en prie très chère, continuez de nous parler d’égalité. Expliquez-moi comment vous avez toujours considéré que nous étions tous égaux. Je me languis de vous entendre. »

Et pour la première fois de ma vie, j’avais le sentiment que les rôles s’échangeaient. Ce n’était pas moi qui venait t’épauler ou te défendre, mais l’inverse. Toi, qui venait te hisser entre nous, porteur d’un message funeste. Pourtant, je ne pourrais te laisser faire. Quand bien même Serafina Lestrange semblait être déraisonnable, il ne nous appartenait pas de mettre une fin à toutes ces inepties. Mais j’avais grande impatience que tout ceci cesse. Rapidement.

« Elle baigne dans l’hypocrisie…. » Parce que c’était un fait. Une réalité que Myfanwy apporter plus dure que jamais. Tu étais tombée en amour avec une abominable aberration et te voilà face à nous. « Crois-moi, Jill, si ta mère daigne réclamer nos avis… Je ne me rangerais pas derrière la chose que tu es devenue… Et tu es seule. Définitivement seule. Ne compte pas sur le fantôme de ton père pour te secourir. »

Je soupirais avant de m’éloigner un peu, par précaution.
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Message Re: Save yourself
par O. Jill Peverell, Sam 11 Nov - 13:17 (#)
save yourself
Alekseev & Jill & the freak

Don't give in to that feeling. Don't give in darkness and faith. You should be safe, with someone else. ✻✻✻ Qu'avait-elle vraiment de plus à lui dire ? Dans le fond, tellement. Mais pour quel résultat ? Pouvait-elle seulement s'acharner ? Le feu qui l'animait jusqu'alors touchait à sa fin. Il s'évanouissait, laissant son hôte à la plus grande faiblesse. Une sensation qu'elle n'appréciait en aucun cas, moins encore en compagnie de tierces personnes. Dans sa tête ne s'emmêlaient plus les "et si" interminables. Elle savait ce qu'elle avait fait. Chacun semblait s'arrêter à sa trahison. Elle les avait trahis, tous autant qu'ils sont sont. N'avaient-ils donc pas songé, eux qui la connaissent si bien, qu'elle se trahirait elle-même en restant à leurs côtés ? Elle connaissait ce cercle. Doré. Hermétiquement clos. Jamais elle n'aurait pu en sortir, alors elle l'avait fuit. Si la sorcière en payait à juste titre les conséquences, elle n'aurait jamais pensé que ce puisse être si pénible. Elle savait ses actes impardonnables. A vrai dire, qu'aurait-elle pu faire de plus répréhensible... S'éprendre d'un gobelin ? Comme s'il y avait le moindre risque. De plus aux yeux de ses pairs - et c'était là le pire vraiment  - un né-moldu valait moins qu'un gobelin. La blague ! Comment pouvait-être préférer une autre espèce que la sienne. Surtout pour une race aussi retords que celle des gobelins... Si la sorcière ne s'était pas émancipée de ce monde, il l'aurait ruinée. Les années lui auraient fait perdre le peu de goût qu'il lui restait pour ces cages immenses, manoirs aux objets somptueux, caves aux reliquats exceptionnels qu'ils soient livres, objets ensorcelés ou vieille goule décrépie. Elle rêvait de voir des enfants courir - les siens - dans un foyer à taille convenable muni d'un large jardin. Elle n'avait pas besoin d'autre chose si ce n'est que continuer d'échanger ce très simple sentiment d'amour : donner / recevoir. Un vulgaire mari tiré à la courte-paille - ou plutôt l'heureux connard qui tirerait le gros lot - n'aurait pas eut cette délicatesse. Malgré son nom célèbre chez les sorciers, Jill n'avait rien à offrir si ce n'est son affreux caractère et le poids - au sens propre comme au figuré - de son héritage. Elle avait grandi avec cette idée et cela ne s'était jamais arrangé. Dans le fond, le plus grand défaut d'Octavia Peverell avait et serait toujours son amour pour la liberté. Il causait aujourd'hui sa perte, et peut-être un jour causerait-il sa mort. Elle avait rapidement compris que vivre libre serait surtout synonyme de vivre seule mais cela ne l'avait pas arrêtée. Jusqu'à ce qu'elle comprenne que d'autres partageaient ce même désir ardent de liberté, et que ces deux protagonistes que tout opposait s'unissent dans le plus grand secret.

Elle haïssait être ici. Allaient-ils lui ouvrir la porte ? L'humiliation avait trop durée. Pourquoi venaient-ils la voir, quelles réponses méritaient absolument un éclaircissement ? Ils ne posaient pas les bonnes questions en plus. Ils s'en fichaient. Lorsque le sorcier évoqua l'Ordre du Phoenix son sang ne fit qu'un tour. Jill était une bien piètre menteuse mais à ce stade de la conversation, et de la journée, son visage ne devait être qu'un lambeau d'émotions pelées. Elle était à vif. Lorsqu'il l'accusa de mentir, elle ne s'attarda pas sur ses propos. La discussion dévia sur leurs marraines respectives. La jeune femme bouillonnait. Cassie racontait n'importe quoi, à tout le monde, et bien entendu plus personne ne la croyait elle à présent. Jamais elle n'aurait pu tuer sa marraine. Par contre, le Mangemort qui se tenait à ses côtés ... Jill avouait ne pas avoir eu les mêmes attentions à son égard. Il s'avéra que ce Mangemort était Cassiopéia mais comment aurait-elle le savoir ! Ses sentiments étaient mis à rude épreuve à ce sujet.

Ravie d'avoir blessé un serviteur du Lord.
Horrifiée de s'en être pris à Cassie.
Désespérée que la femme qui l'avait aimée durant toute sa vie, choyée, rassurée ait rejoint les rang des Disciples.
Anéantie que cette même femme à qui elle avait confié tant d'interrogations et par dessus-tout, a qui elle avait toujours fait confiance, se soit laissée pervertie par les ténèbres.

De toute cette aventure, Cassiopéia était sa plus grande déception. Aussi grande fut celle de par rapport à Niamh, la jolie Serpentarde n'arrivait pas à la cheville de sa tante. Alekseev répondait à ses dires, parfois incisif, parfois provocateur. Il parlait de trahison, probablement son mort préféré, de respect. « Veux-tu que je t’y raccompagne ? » Elle voulait le détester. Arracher de sa chair les derniers pans d'affection qui les reliaient. Elle voulait oublier son visage, son corps et sa présence. Sa vie. Comment osait-il lui parler de la sorte ! Elle avait croupie de semaines dans cet Enfer. Il ignorait ce que c'était de vivre là bas. Ses petits poings livides en tremblèrent lorsqu'elle s'enfonça les ongles restants de ses mains dans ses paumes asséchées par la poussière et les combats. Sa voix vibrait lorsqu'elle tenta d'user de son amour pour Electre pour lui ouvrir les yeux sur les exactions commis par le Gouvernement. « Il s'en fiche... Il doit probablement y participer tu sais. » Le désespoir s'insinuait dans tous les pores de sa peau. Que s'était-il donc passé pour que ses proches changent à ce point ? « C'est toi qui a changé, ne comprends-tu pas ce qu'ils te disent ? Ils ne te reconnaissent pas, comme toi tu ne les reconnais pas. » Elle ne se sentait pas différente. Simplement libérée d'une partie d'elle même qu'elle avait trop longtemps caché. Mais une fois encore il restait sourd à ses propos. Elle aussi. Il la taxait de terroriste. Lui rappelait combien elle les avait tous tellement embarrassés. Same old song. La passion vibrante avec laquelle le sorcier lui répondait entretenait les dernières braises qui brûlaient son coeur de traître. Son coeur de terroriste. « Ne te fermes pas les yeux plus qu'ils ne le sont déjà, tu sais parfaitement que la magie, notre histoire à tous vibre aussi sûrement dans mes veines que dans les tiennes. J'aime notre communauté et j'en suis fière. » Être une sorcière représentait l'entièreté primaire de son existence. Jamais elle ne pourrait renoncer à la magie alors que cette force mystique guidait ses pas depuis toujours. La jeune femme avait toujours voulu savoir comment la dompter, s'en faire un allié, sa beauté et sa puissance surpassant presque toutes les forces de ce monde. « Mais pas comme toi. Je comprends cette fixette sur notre sang. Si pur, si beau. Mais nous ne pourrons pas le préserver à jamais Alekseev. Personne ne peut. Il est voué à disparaître avec le temps. » Elle même dernière représentante de sa famille. Elle aurait pu préserver la beauté de ce sang et se marier avec l'un des vingt-sept. Mais qu'adviendrait-ils lorsque de ces vingt-sept familles seules dix subsisteraient ? Puis cinq ? « Ils ressembleront tous à Lyra. » pouffa Falco dans une tentative d'humour qui lui mit du baume au coeur. Tentant au mieux de lui expliquer en quoi il avait profondément tord, Jill inversa le problème avec une possible suprématie des nés-moldus. Bien sûr cela n'était qu'un exemple et jamais, jamais elle n'avait croisé ou entendu la moindre revendication de la sorte.

La porte s'ouvrit dans un grincement qui annonçait déjà la couleur. Jill descendait du lit lorsqu'elle croisa le regard de l'horrible hybride. « Toi. » cracha t-elle sans le moindre scrupule, omettant son nom et la dépouillant momentanément de son identité. Collé aux jambes de sa sorcière Falco la fixait tout autant, découvrant ses canines dans une tentative pour la dissuader d'avancer. « Je vous en prie très chère, continuez de nous parler d’égalité. Expliquez-moi comment vous avez toujours considéré que nous étions tous égaux. Je me languis de vous entendre. » Il semblait qu'elle possédait la pièce, se comportait comme si elle était chez elle. Il avait toujours parut absolument impensable que Cassiopéia lui accorde sa protection, le gite et le couvert. Aux yeux de Jill, ce détestable croisement appartenait aux gobelins. Elle aurait du rentrer chez elle il y a longtemps déjà. Le simple fait qu’elle ai le droit de porter une baguette lui donnait envie de vomir.  Et dire qu’elle avait arpenté Poudlard… Comment Alekseev pouvait-il lui parler de perdre leur identité sorcière au profit de sorciers à l’ascendance moins illustre alors qu’il s’était toujours promené accompagné de cette chose ? Une hybridation des genres était – de très loin – un crime bien plus grave. Oh certes cette gobeline n’avait pas demandé à naître, mais la suffisance avec laquelle elle se pavanait suffisait à lui ôter toute prise en pitié.

Jill l’exécrait au possible. Elle aurait du mener ses plans à exécution lorsque, plus jeune, elle s’était interrogé sur la capacité des gobelins à respirer sous l’eau. S’ils n’avaient pas de branchies, peut-être leur corpulence leur permettait de tenir plus longtemps ? Elle avait fièrement exposé son plan à son père. Il lui avait répondu par des faits extrêmement intéressants, si bien qu’ayant toutes ses réponses, Jill n’avait pas mis à contribution son expérience. En y repensant, elle aurait mieux fait de la noyer.  Sur son visage s'était peint une expression qu'elle ne cherchait pas même à dissimuler. Rien ne pouvait lui faire moins plaisir que la venue de cette créature. « Elle n'a pas trop changé... » se hasarda Falco dans une tentative désespérée de calmer le mépris qu’il sentait grandir au sein de Jill. « Tu as raison toujours aussi cauchemardesque. » Si sa situation avait été meilleure, elle aurait exigeait le départ immédiat de ce rejeton de malheur. Mais elle ne pouvait pas. Pire, elle se sentait coincée. Comme si ils avaient tout manigancés. De quel droit cette horreur lui imposait-elle sa présence ? Qui croyait-elle être devenue ? « Oh non, toi tu peux te vanter d'être l'exception qui confirme la règle. Tu ne seras jamais plus que ce que tu es. Une abomination. Retourne te languir dans ton placard ! » Sa seule présence l'insultait. Comment osait-elle ! Elle, cette raclure de fond de bidet qui partageait la moitié de sa génétique avec un gobelin. UN GOBELIN ! Y'avait-il réellement plus immonde ? Elle appartenait aux profondeurs de la terre. A l'arrière des boutiques. Loin de la vue de tous. Et elle aurait du y rester. Elle était si proche que Jill pouvait sentir son odeur inhumaine. Elle la répugnait de toutes les fibres de son être. Elle et son héritage familial imprononçable. Chaque pas qu'elle faisait en avant suintait toute l'importance qu'elle se donnait. Elle se savait en situation de force, Merlin soit damné elle n'était pas si idiote que cela. C'eut été le pompon. Les deux sorcières se faisaient face, se toisant de ce regard si lourd de ressentis. Dire qu'elles ne s'aimaient guère eut été un euphémisme. Pourtant, Myfanwy décrochait un regard - si ce n'est aussi chargé de fierté, au moins déçu - à Alekseev qui s'était lui aussi redressé. Ils se jaugeaient tous trois dans cette pièce - bien que grande - trop exiguë pour leurs personnes. Falco sentait monter la moutarde. A ce stade de désespoir, après les si grandes déceptions qu'elle avait pu causer à son ami, décharger sa nervosité, sa tristesse et son malheur sur la personne qui cristallisait le plus grand dégout de Jill ne lui posait pas un grand problème. Elle était une terroriste. Une traître à son rang. Elle pouvait tout à fait endosser le rôle d'animal sauvage, ça ne serait qu'une étiquette de plus « Tu ne vas pas la mordre quand même ! » Jill répondit dans l'instant. « Pour finir empoisonnée à Sainte-Mangouste ?! Jamais. »

Alekseev reprenait déjà. « Elle baigne dans l’hypocrisie…. » Etait-ce ainsi sa nouvelle étiquette ? Une hypocrite ? Mais pour qui se prenait-il celui là. Avec sa mémoire défaillante et son cerveau atrophié par des générations de consanguinité ! Elle le fusilla du regard. Lorsque l'hybride fit un pas supplémentaire vers elle, Jill n'en puis plus. « Tu ne devrais pas avoir le droit de la porter. » lança t-elle, violente, la colère faisant trembler ses mots. Dans un geste rageur elle balaya l'artefact le plus précieux de cette idiote. Originellement, elle voulait faire tomber la baguette pour mieux la briser. Elle avait pensé l'utiliser mais il lui semblait peu probable qu'une telle baguette lui obeisse. La baguette d'un gobelin... Grotesque. Mais lorsque le dos délicat de la main de la jeune femme épuisée effleura le manche, une douleur cuisante apparue. Elle ne pu retenir un cri de douleur et la baguette s'écrasa au sol. « Je t'avais dit de ne pas la toucher ! » Une trace rouge envahissait sa peau et avec, une humiliation de plus. Privée de sa magie, privée de sa dignité (oui oui), privée de sa liberté, Jill n'avait plus rien si ce n'est l'envie furieuse d'en découdre. De déverser sa haine. Elle qui croyait être à bout de force se découvrait le besoin d'hurler, jeter, frapper. Myfanwy réveillait en elle les pires sentiments. Dans un sifflement de fureur Jill lança un coup de pied en direction de cette baguette de malheur. Elle espérera qu’elle se brise au contact du pied de lit en bois massif ou du mur. Elle l’aurait giflée. Mais cette action serait revenu à leur donner raison. Excedé, Alekseev reprit la parole. « Crois-moi, Jill, si ta mère daigne réclamer nos avis… Je ne me rangerais pas derrière la chose que tu es devenue… » Nos avis. « Mère n’a que faire de l’avis d’un hybride. D'ailleurs tu peux disposer. Je n'ai que faire de ton abjecte compagnie. » cracha t-elle avec mépris en direction de l'hybride. « Et tu es seule. Définitivement seule. Ne compte pas sur le fantôme de ton père pour te secourir. » Tu parles d’un scoop. Elle savait qu’elle était seule, ils lui avaient assez répété. « Ne mêle pas mon père à … » Elle s’arrêta soudainement, reportant sur regard sur le jeune homme. « Qu’est ce que tu as dis ? » Falco faisait écho à ses pensées. « Quel fantôme ? De quoi parle t-il ! » Elle n'était que pâleur.  

✻✻✻
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Message Re: Save yourself
par Myfanwy Z. Goskpodarr, Dim 3 Déc - 23:37 (#)
Elle n'avait pas changé, elle était toujours fidèle à elle-même et Myfanwy aurait presque pu trouver ça attendrissant. Du moins si la jeune femme qui se tenait face a elle, la fierté étiolée, n'était pas cette petite garce qu’elle avait toujours détesté. Chaque cellule de son épiderme hurlait son horreur de se tenir si près d'elle. Tous ses muscles étaient contractés, retenant son envie difficilement répressive de lui sauter à la gorge et de la lui trancher. Mais elle préféra rester de marbre, inébranlable statue de glace résistant aux assauts désespérés de cette petite décérébrée.

Comme il est commode, très chère, de choisir qui mérite ou non l'égalité. Un monde à la carte, en somme. Voilà une pensée cohérente pour une petite-fille capricieuse.

Elle la regarda, son sourire glacial toujours étalé sur les lèvres avant de continuer dans un murmure.

Malgré tout le dégoût que je peux t'inspirer, il y a bien une chose que tu ne pourras jamais me retirer. Je suis une enfant de la magie, j’appartiens bien d'avantage à ce monde que n'importe lequel de tes moldus.

L'homme les interrompit, mettant un terme à cet échange qui ne pouvait mener nulle part. Alekseev semblait avoir retrouvé ses esprits suite à son entrée. Enfin des propos sensés sortaient de sa bouche et déjà la sorcière oubliait la déception qu'il avait pu lui inspirer. Il était bien trop à ses yeux pour qu’elle réussisse à lui tenir rigueur de quoi que ce soit. Il semblait enfin la voir telle qu’elle avait toujours été. Elle le regarda avec douceur et allait rebondir dans son sens quand la plus jeune tenta de s'emparer de sa baguette, comme elle le souhaitait. L'artefact réagit aussitôt et le manche d'or incrusté de joyaux laissa échapper une gerbe de flammes venant lécher la peau délicate de l'autre sorcière. Un sourire satisfait se déposa sur les lèvres de l'aînée alors que le morceau de bois touchait le sol dans un lourd tintement métallique. C'était une baguette solide, que même Ollivander n'avait réussi à identifier complètement. Personne ne savait exactement depuis combien de temps elle était à la boutique familiale, ni qui l'avait trouvé. Elle n'avait accepté personne d'autre que Myfanwy et la voir rejeter une sorcière de sang-pur avec autant de rapidité adoucissait considérablement son humeur.

Elle regarda la jolie blonde furieuse l'expédier d'un grand coup de pied contre un meuble et respira la douce et délicate odeur de sa frustration. Avec une infinie lenteur, toute de grâce et de distinction, elle s'avança vers son bien le plus précieux, puis se pencha en avant, dans des gestes maîtrisés, pour la récupérer. Elle la glissa à nouveau sur sa manchette, reconstituant le bijou un peu étrange qu'elle arborait presque toujours, et regarda les couleurs s'échapper du visage délicat de Jill. Dans une autre vie, dans un autre monde, elle aurait pu compatir avec cette petite jetée trop vite dans le bain des adultes. Elle aussi avait perdu ses parents, elle aussi s'était retrouvée seule et elle aurait pu se perdre cent fois si elle n'avait pas été si bien guidée. Si tout était différent, elle aurait pu lui prendre la main, la serrer dans ses bras et lui apporter son soutien dans ce moment difficile. Mais à cet instant , elle se délectait de la souffrance incrédule qui se dessinait sur sa peau. Elle aurait même pu rire de ce spectacle si jouissif mais elle se retint, laissant un air faussement désolé s'étaler sur son visage.

Seev très cher, comme tu as manqué de prévenance. La pauvre enfant ne semblait pas au courant.

Faussement abattue par les mots qui allaient sortir de sa bouche, elle s'installa dans le fauteuil le plus proche d'elle, prenant le temps de croiser les jambes et de poser ses bras sur chaque accoudoir, bien consciente des regards posés sur elle. Malgré toutes ses bonnes intentions, le plaisir de la broyer, de l'écraser faisait briller une petite étincelle dans ses prunelles sombres qui ne pouvaient simuler la peine.

Je suis tellement désolée que tu ai eu à apprendre ça comme ça. Ton père nous a quitté Octavia, ta mère a enfin mis un terme à ce problème. Tu me vois désolée de devoir te l'apprendre.

Ce qui n'était bien évidement pas vrai, elle s'était délecté de chaque syllabe franchissant ses lèvres, de chaque son émis par ses cordes vocales et sculpté par sa langue. Du miel à ses oreilles, du nectar pour ses yeux. Elle était tellement heureuse à cet instant, elle voulait tant la voir souffrir. Pour toutes ces épingles plantées dans sa peau, ces perles de sang répandues pour rien. Pour les bougies renversées sur elle, et les glaçons jetés dans son dos. Pour les pierres lancées sur son visage. Jill méritait de souffrir, elle méritait d'avoir mal. Parce que contrairement à ce qu'elle pensait, contrairement à cette idée qu’elle avait d'elle, d'une femme qui se battait pour une noble cause, d'une femme qui défendait la justice et luttait pour le bien, elle n'était pas quelqu'un de bien. Myfanwy connaissait sa véritable nature, elle connaissait la haine qui l'animait, elle savait ce dont elle était capable. Elle savait qu’elle n'était qu'une hypocrite qui contestait aux autres ce qu’elle s'était toujours autorisée à faire.


Spoiler:
 


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Save yourself

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