BELLUM PATRONUM


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Vous prendrez bien une tasse de thé, avant que je ne vous arrache les cheveux ? - Cassiopeia&Reine
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Message Vous prendrez bien une tasse de thé, avant que je ne vous arrache les cheveux ? - Cassiopeia&Reine
par Reine C. Delacroix, Mer 27 Sep - 14:20 (#)
La pluie battait des minces carreaux de verre de la bibliothèque. Assise derrière son grand bureau de bois, la jeune femme avait été obligée d'allumer la lumière pour pouvoir continuer à travailler. Dans sa main elle tenait une tasse de thé fumante qu'elle ne boirait pas tout de suite, elle s'en servait surtout pour se réchauffer, elle attendrait qu'elle soit tiède pour la porter à ses lèvres. Malgré le froid elle n'avait pas souhaité allumer la cheminée, la perspective d'entrer déjà dans l'hiver la déprimait. Elle s'était contentée de s'enrouler dans un immense châle de mohair et compter sur les vapeurs de la boisson brûlante. Elle avait du mal à se concentrer sur le livre de comptes posé devant elle. Même si elel faisait entièrement confiance à Audric, il lui avait demandé de vérifier plusieurs informations avant de signer la pile de factures qu'il avait déposé en même temps. Elle ne savait pas où il était et s'empêcha d'y penser, ses pensées étaient un peu trop souvent tournées vers lui, en prenant en compte les troubles que la société sorcière traversait, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui.

Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite le tapotement contre sa fenêtre, perdu au milieu du claquement des gouttes sur la vitre. Elle ne savait donc pas depuis combien de temps la pauvre chouette attendait. Elle la prit sur son bras pour la poser sur un perchoir, qu'elle puisse se sécher, se réchauffer un peu et manger quelques biscuits avant de repartir. Compatissante, sa petite chouette brune vient se coller contre elle pour lui apporter un peu de chaleur. La sorcière détache le plis de sa patte et ouvre l'enveloppe où son nom est noté en belles lettres déliées. Un écriture qu'elle a déjà vu sur plusieurs courriers. Après sa lecture, avec un soupire résigné, elle s'empare d'une plume et d'un parchemin vierge, et commence à rédiger sa réponse. Elle accepte le rendez-vous pour le lendemain, en milieu d'après midi.  

[...]

La rue était presque vide, personne ne souhaitait affronter la pluie battante de ce milieu d'après midi de septembre. Doucement l'automne commençait à s'installer, bien trop tôt à son goût. Sous son grand parapluie noir, elle avançait d'un pas décidé. Elle avait réussi à esquiver la rencontre durant les deux mois d'été, mais la sorcière s'était faite plus insistante et elle n'avait trouvé aucune raison polie de refuser. Elle n'avait pas envie de la voir, les rares événements qui les avaient réunies n'avaient fait qu'exacerber les tensions naissantes entre les deux femmes. Mais les demandes de l'autre femme étaient réellement insistantes. Cette rencontre y mettrait peut être un terme. Elle l'espérait, cela commençait à devenir pénible.

Les bas de ses pantalons étaient mouillés, elle se maudissait intérieurement de ne pas avoir écouté Needle, qu'elle sentait jubiler de contentement, cachée quelque part dans ses cheveux, bien à l'abri. En réalité elle se doutait des raisons de cette entrevue. Elle avait partagé l'intimité du même homme. C'était de nombreux mois en arrière, qui lui semblaient être des siècles. Ce n'est d'ailleurs pas elle qui avait partagé sa couche, mais d'Oscar, l'autre elle. Elijah est la première personne à l'avoir approché à son arrivée, quand il se promenait sous ses véritables traits, le premier à avoir cédé à ses avances, et le premier à lui livrer quelques brides d'informations. Sur sa femme notamment. Si leur relation s'était révélée très utile, il ne pouvait nier le plaisir qu'ils avaient partagé, et la douceur des moments charnels qu'ils avaient échangés. Elle savait qu'il disait tout à son épouse, qu'ils n'avaient pas de secrets, aussi les sollicitations de la commerçante après l'évocation de l'amant quelques mois plus tôt ne l'avait pas étonné. Elle était le seul lien qui la raccordait à ce mystérieux inconnu, que malgré tous les efforts du monde, Cassiopeia n'aurait pu trouver, puisqu'il n'existait que quand Reine le voulait bien.

Elle entra dans le salon de thé et bloqua un moment sur la décoration et l'ambiance générale du lieu.  Elle ne s'était pas attendue à être invité dans un lieu aussi... atypique. Les froufrous et autres dentelles s'étalaient en nombre des rideaux passés au banquettes de velours poussiéreuses. Des assiettes représentant des scènes champêtres en mouvement étaient accrochées au murs entre des tableaux de jeunes filles brodant devant des fenêtres ou jouant du piano. Malgré le décor suranné, une agréable odeur de thé noir aux agrumes et de clafoutis aux prunes s'étalait dans l'air, avivant son appétit et rendait l'endroit plus accueillant. Elle se doutait bien que le choix de l'anglaise s'était porté sur un lieux neutre, mais elle n'imaginait pas qu'il lui ressemblerait aussi peu. Ce n'était pas le décors dans lequel elle s'attendait à trouver Cassiopéia Beurk, assise bien droite dans un petit fauteuil crapaud tapissé de tissu fleuri. Elle posa son parapluie dans le pot destiné à cet effet, qui s'inclina pour la remercier, et elle sortit sa baguette pour sécher ses vêtements d'un informulé. Même s'il faisait sec et chaud ici, grâce au feu brûlant vivement dans la petite cheminée du coin de la pièce, elle ne souhaitait pas prendre le risque d'attraper froids. Elle s'avança vers l'autre femme et s'installa en face d'elle après y avoir été invitée d'un mouvement. Elle tira légèrement sur son col roulé glissé sous la ceinture taille haute de son pantalon noir, qu'elle lissa sur ses cuisse du plat de sa main avant de croiser les jambes, laissant apparaître un escarpin bleu roi. Ses cheveux étaient attaqués avec une fausse négligence, et elle remit en place une mèche derrière son oreille avant de s'adresser à sa rivale.

Madame Beurk, merci pour cette invitation. C'est un endroit charmant que je ne connaissais pas.

Les politesses ne durerait pas longtemps, la danseuse n'avait pas un temps infini à lui consacrer, un spectacle l'attendait. Aussi ne souhaitait-elle pas tourner autour du pot plus longtemps.

Que puis-je pour vous ?





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Message Re: Vous prendrez bien une tasse de thé, avant que je ne vous arrache les cheveux ? - Cassiopeia&Reine
par Cassiopeia Black, Jeu 28 Sep - 22:34 (#)
« Bedelia, qu’attendez-vous pour venir m’aider ? Mon frère vous a engagée pour m’aider, eh bien montrez-vous utile, voulez-vous ? »

Son ton était agacé. Son ton était impatient et elle dardait un regard coléreux sur la domestique qui arrivait déjà, ou plutôt se hâtait pour venir l’aider à mettre son corsage en place.

Cassiopeia Beurk était agacée. Cassiopeia Beurk était impatiente.

Elle sentait son ventre s’agiter, ses tripes se mouvoir. Elle n’avait pas le temps de jacasser, pas plus qu’elle ne se devait de perdre du temps à cause des rêvasseries, ou que savait-elle encore, de Bedelia. Non, elle se devait d’être à l’heure et qui disait à l’heure disait aussi bien préparée.

Bedelia s’activa enfin, vint lasser le corsage sophistiqué et au tissu coûteux avec une précision habituelle. Puis, elle passa devant Cassiopeia pour lui ajuster les manches de sa robe, cachant ainsi la Marque des ténèbres qui trônait sur son bras frêle.

Cassiopeia vit un semblant de dégoût lorsque la femme vint cacher la Marque mais elle ne réagit pas. Bedelia était bel et bien liée à un serment inviolable et ne pouvait donc pas en parler ni en faire allusion sous peine de s’effondrer sous les yeux Cassiopeia, morte. Si la scène aurait été plaisante à voir, Cassiopeia ne souhaitait décidément pas que sa mort la retarde et encore moins qu’elle s’effondre sur le lit matrimonial.

Cela aurait été une trop grosse perte de temps et encore une fois, Cassiopeia Beurk était pressée pour son rendez-vous de l’après-midi.

Il ne lui fallut cependant pas longtemps pour sortir de la chambre et d’un pas rapide traverser le manoir pour enfin arriver à la porte d’entrée. Thalys y était déjà présent et d’un claquement de doigts vint animer le manteau couleur pourpre pour que Cassiopeia ne l’enfile. Les boutons se fermèrent magiquement et l’elfe de maison saisit donc le parapluie pour le tendre à la Beurk qui le prit.

Enfin, la porte s’ouvrait et la dame à la chevelure épaisse et attachée sortait enfin sous la pluie londonienne.

Elle avait beau avoir parcouru de long en large en travers le Chemin de Traverse, Cassiopeia Beurk n’avait mis les pieds que dans quelques endroits notamment pour ses études. L’allée des embrumes dans lequel elle avait son domaine et repaire était un cas exceptionnel où elle y connaissait chaque magasin, chaque commerçant et chaque habitant. Toujours était-il qu’elle avait choisi ce salon de thé alors qu’elle y passait un jour et où elle s’était dit qu’elle pourrait peut-être y goûter quelques autres saveurs.

Elle entrait dans l’établissement non sans regarder autour d’elle et ne trouvant rien à dire sur la décoration qui ne lui fit aucune espèce d’effet : si elle voyait bien qu’il y avait des froufrous et des endroits un peu poussiéreux, elle ne pouvait, en revanche, pas s’attarder sur les couleurs de l’endroit à cause de ses yeux défaillants. Elle se contenta simplement de poser son parapluie à l’endroit approprié et se dirigea vers une table pour s’installer finalement dans un fauteuil.

Une jeune femme d’une vingtaine d’année vint s’enquérir de sa commande et elle décida d’arrêter son choix, comme d’habitude sur du thé et quelques gâteaux légers.

Elle ne savait pas si elle aurait cependant l’occasion de boire et de manger ou si tout ceci allait servir à ébouillanter et étouffer la demoiselle qu’elle attendait.

Toujours était-il qu’ils étaient à disposition.
Juste au cas où.

Attendant que la jeune fille parte puis revienne avec sa commande pour ensuite repartir, Cassiopeia se servit de son thé mais aussitôt fait, reposa ses mains sur ses genoux, croisant les jambes sous sa robe. Son regard resta fixé sur la porte de l’établissement où elle sut que son rendez-vous allait rentrer dans quelques secondes.

Reine Lenoir était une belle femme, elle ne pouvait pas le nier.

Il y avait chez elle une grâce sûre et certaine et quelques choses de plus intimidant. Quand bien même cette femme qui n’était autre que son rendez-vous, arborait des vêtements on ne peut plus communs, tout à fait représentatif de son rang et de son sang, Cassiopeia ne pouvait s’empêcher de faire cette constatation.

« Madame Beurk, merci pour cette invitation. C'est un endroit charmant que je ne connaissais pas. »

Un des sourcils de Cassiopeia se lève alors en entendant ces paroles. Elle savait parfaitement que cette invitation ne l’enchantait pas du tout. Si ce qu’elle disait était vrai, Reine n’aurait pas repoussé ses invitations sans cesse cet été. Elle s’abstint cependant de faire un commentaire assassin à cet égard, désireuse de garder son venin pour plus tard.

« Je suis moi de même, ravie que vous ayez consenti à accepter mon invitation, Mademoiselle Lenoir. J’espère que cet endroit n’a pas été trop compliqué à trouver. »

Cassiopeia lui adressa un signe de tête avant de porter la main sur sa tasse de thé pour venir y retirer le sachet.

« Que puis-je pour vous ? »

Cassiopeia ne répondit pas tout de suite, trop occupée à retirer le sachet correctement et soigneusement du thé chaud et probablement trop désireuse aussi, d’irriter ou tout du moins d’agacer Reine, maigres représailles pour son attente infinie de lui accorder une entrevue.

Elle vint prendre le sucre qui avait été mis à disposition et prit la cuillère pour mettre deux cuillères dans le thé avant de refermer le couvercle et de mélanger le sucre et le thé.

Son regard clair tomba de nouveau sur Reine et enfin elle s’éclaircit la gorge pour parler :

« Me fournir quelques explications concernant une connaissance commune. »

Elle parlait d’une voix calme et posée et continuait de faire tourner sa cuillère dans sa tasse avant de finalement la taper contre la porcelaine et la reposer délicatement sur le côté.

« Oscar Lesser. »

Le nom était sorti avec fluidité et semblait déjà s’évanouir dans les airs. Pourtant, il laissait une marque indélébile sur la langue de Cassiopeia qui avait cessée de toucher à son thé et attendait simplement qu’il refroidisse un peu.

Reine ne l’avait pas explicitement évoqué à la soirée du Ministère mais Cassiopeia avait tout de suite compris de qui elle faisait allusion.

Elijah Beurk était bel et bien amateur de viande française mais c’était une chose qu’elle seule connaissait.

Elle et Oscar Lesser.

« Mais je vous en prie, commandez si vous le souhaitez. Nous avons tout notre temps et je ne voudrais pas que vous soyez assoiffée. »

Elle fit signe à la serveuse de venir avant de finalement reposer un regard patient sur Reine.





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Message Re: Vous prendrez bien une tasse de thé, avant que je ne vous arrache les cheveux ? - Cassiopeia&Reine
par Reine C. Delacroix, Ven 31 Aoû - 22:49 (#)
[...]

Il n'était pas très à l'aise. Il ne portait plus ce visage et ce corps depuis trop longtemps, même si c'était les traits qu'il arborait la nuit, inconscient. Conscient, il était presque toujours Reine. Et sans les artifices flamboyant qu’elle déployait, il se sentait presque comme nu. C'était un comble, quand on connaissait la régularité avec laquelle la danseuse s'effeuillait en public. Mais malgré son inconfort, il retrouvait des sensations qu'il connaissait, et surtout il se sentait plus léger. L'apparence de femme fatale que sa mission l'obligeait à porter n'était pas la forme de naissance de son corps, et même s'il s'y était petit à petit habitué jusqu'à ne plus ressentir la tension permanente imposée à chaque millimètre de sa chaire, de ses muscles et de sa peau, même si le sorcier et la sorcière s'étaient petit à petit mêlés pour ne faire plus qu'un, maintenir l'apparence que tout Londres connaissait lui demandait des efforts de chaque instant.

S'il avait d'abord avancé d'un pas mal assuré, avec ses chaussures trop plates, il avait vitre retrouvé la fluidité de ses mouvements. Il avait transplané directement depuis sa chambre pour s'assurer de ne pas croiser Audric. Malgré le temps, son majordome n'était toujours pas au courant de sa véritable identité. Le français savait qu'à l'instant où il l'apprendrait, quelque chose se briserait entre eux. Et malgré les chamailleries incessantes et sa puérilité démoralisante, il était attaché à lui, d'une certaine façon.

Il avançait d'un pas décidé en direction du salon de thé. Il y avait déjà mis les pieds un jour de pluie, juché sur des talons hauts, la première fois qu'il avait rencontré Cassiopeia Beurk en tête à tête. Il retournait la voir, après des mois sans lui avoir donné la moindre nouvelle. Mais il comprenait qu’elle pouvait être sa douleur, et il consentait à lui donner un peu de son temps, si cela pouvait lui permettre de parler de son défunt mari. Il ne savait pas ce qu'elle pourrait lui demander, ce qu'elle voudrait savoir. Mais il essayerait de lui répondre. Elijah lui avait toujours dit comme il aimait son épouse, et il avait senti que cet tendresse était partagée. Il n'imaginait pas la douleur que représentait la perte d'une personne qu'on aimait tant, et il tentait en vain de se persuader que ça ne pouvait lui arriver, tandis que le visage de Trajan s'imprimait dans ses pensées.

Il poussa la petite porte de bois et la franchit, et sourit s’étala sur son visage quand il redécouvrit le décor désuet du lieu. Rien n'avait changé, pas même l'odeur. Cassiopeia était assise à la même table que la fois précédente, toujours aussi droite et toujours aussi peu assortie au petit fauteuil crapaud tapissé de tissus fleuri. Une petite sorcière replète et souriante, les cheveux attachés en un chignon impécable vint à sa rencontre et le conduisit a sa table. Elle lui glissa une carte dans les mains, mais voyant une théière fumante sur la table, il se contenta de marmonner un bref « la même chose » sans prendre la peine de demander ce qu’elle buvait, et encore moins de lire les propositions qu'on lui faisait. Il n'était pas venu ici pour se sustenter, même si le parfum envoûtant des prunes cuites lui mettait l'eau à la bouche, mais pour discuter. Il attendit que la tenancière vienne le servir, puis porta la tasse à ses lèvres avant de prononcer les premiers mots de leur échange.

Reine m'a dit que vous souhaitiez me voir ? Malheureusement je n'étais pas disponible plus tôt, je viens juste de revenir à Londres.

C'était faux, mais il mentait si bien.





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Message Re: Vous prendrez bien une tasse de thé, avant que je ne vous arrache les cheveux ? - Cassiopeia&Reine
par Cassiopeia Black, Sam 3 Nov - 14:52 (#)
Elle sentait cette boule d’angoisse dans le fond de son estomac. Elle sentait cette boule d’angoisse se désagréger petit à petit et déverser sa bile acide dans ses intestins. Elle avait l’impression que tout son corps entier devenait liquide, acide, nauséabond. Son palpitant battait vite, trop vite. Ça n’avait en soit rien à voir avec la rencontre qui devait se faire incessamment sous peu. Elle n’appréhendait pas ça, pas directement. C’était en réalité lié à sa situation personnelle. La mort d’Elijah Beurk lui avait mis un coup. Elle le sentait dans ses os. Ça vibrait et ça faisait mal, si mal qu’elle avait même du mal à bouger. S’habiller était encore plus compliqué qu’avant, bouger lui semblait impossible et il lui avait fallu un effort surhumain pour arriver jusqu’ici, ce même endroit où elle avait rencontré cette désagréable Reine Lenoir. Elijah était mort et son spectre tout entier était partout, dans chaque coin de rue, dans chaque tenu d’homme, dans chaque recoin de sa maison. C’était obsédant. C’était déstabilisant de le [i}sentir[/i], de le chercher mais de ne pas le trouver. Parce qu’elle ne le reverrait plus jamais. Parce qu’il était mort et enterré et qu’elle ne pouvait rien y faire. Et pire encore, bientôt, c’était sa maison, celle dans laquelle elle avait vécu pendant 20 ans, qu’elle devrait quitter. Rigel avait été clair et se faisait de plus en plus pressant. Elle ne pouvait plus reculer à présent.

Alors, elle rangeait les affaires au fur et à mesure, le cœur fendu, le cœur en miette. Elle laissait bon nombre d’affaires à Myfanwy qui en prendrait probablement soin. D’autres à Alekseev aussi. Parfois, elle tombait sur une lettre qu’ils avaient échangés plus jeunes. Elle s’attendrissait sur cette lettre avant de finalement la ranger dans une boîte en pleurant. Mais quand elle avait trouvé cette boîte quelque chose s’était produit. Elle savait qu’elle ne pouvait pas la garder. Elle savait que ça ne lui appartenait pas réellement. Elijah avait eu sa propre vie privée tout comme cela avait été le cas pour elle. Ce qu’il y avait dans cette boîte, cette petite boîte qui ne payait pas de mine, en bois, sans décorations, juste une boîte comme une autre, n’était pas de son ressort et elle avait ressenti ce besoin irrépressible de donner son contenu à la bonne personne.

Alors se tenait-elle assise, droite, sa tasse de thé à peine touchée dans ce salon de thé. Cassiopeia Black avait le regard dans le vide jusqu’à ce qu’elle ne remarque un mouvement devant ses yeux. Aussitôt, elle reprit conscience et observa, neutre, quoique curieuse le jeune homme en face d’elle. Oscar était un beau jeune homme. Elle comprenait immédiatement ce qui avait attiré Elijah chez lui. Elle comprenait le pourquoi mais ne ressentait aucune jalousie. Ça lui semblait loin, si loin leurs disputes, leurs jalousies respectives. Des souvenirs qu’elle pourrait chérir. Des souvenirs qui s’effaceraient avec le temps.

« Reine m'a dit que vous souhaitiez me voir ? Malheureusement je n'étais pas disponible plus tôt, je viens juste de revenir à Londres. »

Il avait à présent sa tasse de thé devant lui et elle mit un certain temps avant de sortir de son observation.

« Bonjour, monsieur. » dit-elle finalement, calme et peut-être un peu ailleurs, ne cachant nullement son tourment ni sa tristesse infinie d’avoir perdue son mari. Ca ne lui semblait, étrangement, pas pertinent devant Oscar. Devant tous les autres, elle aurait fait semblant, elle aurait tenu bon, elle aurait jouée l’hypocrite. Mais devant lui ? Pourquoi faire ? Oscar avait après tout beaucoup compté pour Elijah. Faire semblant ne rimerait à rien.

« Si vous n’étiez pas à Londres, j’imagine que vous ne savez point pour mon mari ? » Question rhétorique qui n’avait pas réellement besoin de réponse pour elle. Cassiopeia respira un peu plus profondément avant de planter son regard bleu dans celui du jeune homme en face d’elle. « Mon mari est décédé il y a peu. »

Ces mots lui firent mal. Ces mots détruisait ce qui lui restait de cœur. Elle l’avait tant de fois écrit sur les lettres pour avertir tous leurs proches, moins proches, amis, connaissances et même ennemis qu’elle aurait pu l’écrire même dans son sommeil. Elijah était mort, mort, mort, mort. Il ne verrait plus jamais le soleil se lever le matin, ne la prendrait plus dans ses bras, n’en aimerait plus un autre tel qu’Oscar une nuit. C’était terminé et parce que c’était terminé elle devait lui rendre ce qui lui appartenait. Observant la boîte qu’elle avait entre les mains, Cassiopeia finit par dire doucement, n’attendant pas une réaction de la part d’Oscar :

« En faisant mes cartons, j’ai trouvé ceci dans les affaires de mon mari. Je n’ai ouvert que la première lettre mais par respect pour…, elle ferme les yeux quelques secondes, votre relation, je n’ai rien lu si ce n’est votre prénom. »

Elle fit glisser le coffret le long de la petite table pour qu’Oscar puisse s’en saisir avant de finalement souffler :

« Je n’en ai aucune utilité et je crois qu’il aurait aimé que cela vous revienne. »

Fixant toujours la boîte, Cassiopeia Black attendit finalement une réaction du jeune homme assis en face d’elle.





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Message Re: Vous prendrez bien une tasse de thé, avant que je ne vous arrache les cheveux ? - Cassiopeia&Reine
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Vous prendrez bien une tasse de thé, avant que je ne vous arrache les cheveux ? - Cassiopeia&Reine

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