BELLUM PATRONUM


Version 29
Une nouvelle version a été installée sur le forum, accompagnée de son lot de nouveautés.
Vous pouvez la commenter ici.
Limite des sang-purs
Les sang-pur au nom inventé sont limités aux familles d'origine étrangère.
Merci de vous rediriger vers les familles de la saga ou les familles de membres pour le reste.
équilibre des groupes
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I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)
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Message I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)
par L. Charlie de Breteuil, Dim 1 Oct - 11:00 (#)
La pluie tombait sur Londres et septembre arrivait à sa fin pour laisser arriver Octobre et son début d’automne. Un vent froid soufflait par bourrasque et faisait valser ses cheveux blonds et trempés.

Elle n’avait pas emmené de parapluie avec elle tout simplement parce qu’elle trouvait que c’était beaucoup trop encombrant et sa mission du jour avait ses périls. Elle ne souhaitait pas être ralentie par quoique ce soit si elle devait fuir à toute jambe.

Parce qu’elle savait qu’elle prenait un risque.
Parce qu’elle avait parfaitement conscience qu’elle pouvait se faire attraper à tout moment.

Mais ce danger ne l’arrêtait pas, ce danger ne l’arrêtait plus.
Et elle avait envie de prendre ce risque si cela lui permettait juste de la voir.

Elle avait sa capuche sur sa tête, ses mains dans ses poches et elle regardait la foule. Voltaire était posé sur un bout de mur qui dépassait au-dessus de sa tête et regardait plus loin pour veiller à ce que la voie soit libre.

Charlotte de Breteuil attendait donc qu’un évènement se passe au coin d’une rue principale et à l’embranchement d’une autre plus petite, plus discrète au cas où elle eut besoin de transplaner rapidement.

Elle avait repéré le lieu depuis près d’une semaine et tous les jours à la même heure, elle se tenait là, attendant de la voir, attendant simplement d’apercevoir sa crinière bouclée et crépue, sa peau mate et ses traits doux.

Elle se disait que Merlin avait bien voulu la mettre sur son chemin encore une fois et cette réalisation la fit quelque peu sourire. Ce jour-là, le jour elle l’avait revue pour la première depuis leur désastreuse confrontation, Charlie de Breteuil ne s’était pas attendue à croiser de nouveau le chemin de Jaine Zabini.

Pourtant, elle l’avait reconnue tout de suite. La Serdaigle ne l’avait pas vue et elle s’en était parfaitement accomodée pour l’instant mais elle mentirait si elle disait que le simple fait de l’avoir vu quelques secondes, l’espace d’un moment volé au temps, elle n’avait pas été toute retournée.

Une vague de tristesse l’avait envahie et elle avait attendu que Jaine disparaisse dans la foule ou à un coin de rue dans un but précis pour finalement se retirer à son tour et transplaner pour rentrer et réfléchir.

Elle n’avait eu aucune nouvelle de son amie, ou ancienne amie depuis qu’elle s’étaient parlée, ou plutôt disputées dans la Cabane Hurlante, il y a plusieurs mois plus tôt. Aucune nouvelle, silence radio des deux côtés.

Probablement trop chamboulée l’une et l’autre pour faire quoique ce soit.

Les paroles de Jaine avaient encore résonné dans sa tête et elle sentait son cœur se serrer à chaque fois qu’elle y pensait. Elle sentait les larmes lui venir et elle se sentait mal, si mal qu’elle préférait tout de suite mettre ce souci de côté.

Pourtant, en la revoyant il y a deux semaines, elle s’était rendue à l’évidence : elle n’avait aucune envie de laisser Jaine Zabini sortir de sa vie. D’une certaine façon, et peut-être pas de la manière dont Jaine le pensait, elle l’aimait trop pour cela.

Et elle avait perdu suffisamment de personnes qu’elle aimait dernièrement pour la laisser s’en aller elle aussi.

Alors, elle avait eu cette idée folle que peut-être, elle pourrait lui reparler sans trop lui laisser le choix… Alors depuis deux semaines maintenant, elle avait décidé de revenir toujours à la même heure pour observer les environs, prendre note des habitudes de Jaine et surtout s’assurer que la voie était libre pour elle.

Charlie savait parfaitement qu’elle prenait un risque non négligeable en se faisant et qu’en revenant au même endroit tout le temps, elle pouvait se faire remarquer. Mais elle avait décidé d’être un peu plus maline et avait réussi, à chaque fois qu’elle venait ici de récupérer des cheveux de passants sur leurs manteaux et leurs vêtements, discrètement pour revenir, tous les jours sous une apparence différente.

Elle avait donc tâté le terrain pendant deux semaines, s’apprêtant à chaque fois à interpeler Jaine mais se retenant, cherchant ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire ou non.

Aujourd’hui, cependant elle était prête et il lui semblait que pour se faire, elle n’avait pas besoin de se cacher sous le masque de quelqu’un d’autre. Elle trouvait cela indécent et totalement faux et… elle voulait prendre ce risque pour elle. Peu importait les conséquences.

« Elle arrive Charlie. Elle arrivera dans quelques secondes près de l’embranchement. » l’avertit Voltaire alors qu’il volait de nouveau et se posait sur son épaule pour se transformer en écureuil et se cacher entre son cou et le tissu de la capuche pour se mettre à l’abris de la pluie.

Charlie se retira légèrement pour ne pas être vue mais en ayant toujours vue sur la rue et elle attendit, prête à agir, le souffle un peu court et sentant l’adrénaline lui monter.

Elle ressentait une sorte d’impatience qui la rendait toute chose et elle se rendit compte qu’elle ne savait pas du tout ce qu’elle allait dire à la jeune fille, pas plus qu’elle ne savait comment attirer son attention. Tous les plans qu’elle avait échafaudé dans sa tête semblaient s’en être en allé laissant un vide vicéral.

Mais elle n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps qu’elle vit Jaine arriver dans son champ de vision et passer devant la ruelle. Sans attendre et prise d’un impulsion vive, elle saisit brusquement le bras de Jaine et la tira de toutes ses forces vers l’intérieur de la ruelle. Immédiatement, elle la poussa contre le mur à l’abris des regards et posa une main sur sa bouche pour ne pas qu’elle hurle et attire l’attention.

Laissant Voltaire lui retirer sa capuche, elle découvrit donc son visage pour que Jaine puisse ne pas être plus effrayée et d’un air désolé elle lui souffla empressée :

« Je suis désolée, je ne voulais pas te faire peur. Mais ne crie pas. Je t’en supplie. »

Elle sentait son cœur battre à tout rompre. Pour montrer sa bonne foi à Jaine, elle lui lâcha le bras et lui découvrit la bouche pour reprendre une distance plus éloignée et moins envahissante pour Jaine tout en lui laissant l’opportunité de partir si elle en avait envie.

« Je… Hum… »

Elle sentait les mots lui échapper et soudain, elle sentit l’embarras la saisir. Elle avait les joues rouges d’embarras et elle finit par baisser les yeux et s’adresser une dernière fois, laissant le choix à Jaine :

« Est-ce que… est-ce que tu as le temps pour qu’on se parle ? Je… je ne t’en voudrais pas si tu veux passer ton chemin… »

Elle releva quelques instants les yeux vers Jaine avant de finalement regarder autour d’elle d’un air inquiet, espérant ne pas avoir attiré l’attention des passants dans sa manœuvre. Elle remit alors sa capuche sur sa tête et attendit que Jaine veuille bien lui formuler une réponse positive ou négative.





She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
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Message Re: I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)
par K. Jaine Zabini, Dim 29 Oct - 16:44 (#)

i thought i was in love with you because you mad my knees weak and i feelt butterflies in my stomach. but to be honest, i was in love with you because you made me smile and you made me feel. – C’est lors d’une journée d’octobre sombre et froide. Une légère brise glaciale lui chatouille les joues qui virent rapidement au pourpre. Le menton retroussé dans le cou, le bout du nez mêlé dans l’écharpe, elle s’efforce de se protéger du vent mauvais. Un frisson lui parcourt le dos et ses formes finement dessinées. Jusqu’à l’échine. Jaine se mord la lèvre inférieure, encore hésitante sur le chemin qu’elle emprunte tous les matins, depuis quelques jours déjà, en direction du Ministère de la Magie. C’est de son parapluie favoris, grand et courbé, celui d’un jaune impérial qui se démarque des autres teintes obscurcies des habitants, et d’une paire de bottes en plastique d’un rouge sanguin, que la jeunesse, aussi innocente soit-elle, défie le triste ciel de la ville-monde, Londres. Elle dévale les nombreuses ruelles pavées, effleure du bout des doigts les murets décorés de mousse verte, marque une courte pause devant les petits commerces qui lui plaisent avec l’envie de dépenser sur l’instant et, tout ça, étant prise d’un sentiment de légèreté. Prise d’un sentiment réconfortant, loin d’être la prisonnière de tous les jours entre les murs de Poudlard. Ce stage, débauché dans le cadre scolaire, lui semble être le chemin de la liberté. Un chemin qu’elle respecte par obligation, même si, d’un profond fond, s’en amuse avec discrétion puisqu’il est probable qu’elle soit surveillée avec insistance par des yeux invisibles. Elle ne les cherche cependant pas du regard. Ça ne sert à rien.

Un sourire délicat s’élargit sur ses lèvres, l’offrant aux passants à la mauvaise mine, tandis que ses pas résonnent sous les flaques sales et dégoulinantes. Le fennec suit sa sorcière de près, le bout des pattes noircies et les oreilles tombantes. Jaine continue sa route, mais, rapidement, et de façon brusque, une force l’empoigne le bras et l’attire dans une ruelle peu fréquentée. Son cœur manque un battement. Puis un deuxième. La peur s’inscrit dans son regard. Son souffle s’emballe, coupé de court par une main qui semble être celle d’une femme. Ces yeux se posent bientôt sur une silhouette encapuchonnée, mais pas plus grande que la basanée. En réalité, elle était d’une tête plus grande que l’inconnue, cette dernière ayant une partie du visage caché dans l’ombre.

Elle a envie d’hurler.
Elle a envie de s’arracher les poumons.
Elle a envie de s’extorquer la gorge.

Mais rien de tout ça ne se passe, bien trop paralysée par la peur et le mystère. Par ce réflexe qu’elle a adopté, Jaine ferme tenacement les yeux, laissant son imagination penser au pire.

« Je suis désolée, je ne voulais pas te faire peur. Mais ne crie pas. Je t’en supplie. »

Jaine arque les sourcils. Elle reconnait cette voix. Elle reconnait cette douceur. Elle pourrait la reconnaître entre milles, identique. Les prunelles se découvrent et le minois de Charlie lui éprouve une surprise indescriptible. De par son habitude, la Zabini aurait certainement sauté dans les bras de la française. Elle aurait certainement crié son nom, ravie. Elle aurait certainement invité à aller boire un thé, à s’amuser comme elles savaient si bien faire autrefois. Et, pourtant, pas un son ne s’échappe de sa bouche. Pas un geste ne se fend dans l’air broyé par la perplexité. Pas même un sourire de reconnaissance ne s’installe sur son visage, montrant une expression partagée entre l’inquiétude et l’incertain.

« Je... Hum... Est-ce que... est-ce que tu as le temps pour qu’on se parle ? Je... je ne t’en voudrais pas si tu veux passer ton chemin... » lâche-t-elle, gênée, remettant sa capuche sur la tête.

Les lèvres se pincent. L’ainée ignore quel parti prendre ou quel jugement former à l’égard de son ancienne amie. Une boule d’émotion inexplicable prend possession de sa gorge, traînant un silence de plomb derrière elle. Le regard de Jaine s’égare ailleurs, un peu partout. À droite, puis à gauche. En direction du ciel, puis en direction de la terre. Sa langue passe sur la commissure de ses lèvres ne comprenant pas, plus, les intentions de la de Breteuil. Elle n’a pas deux heures à lui accorder, ni même une. À contrecœur, peut-être, mais, au fond, ce n’est pas plus mal pour elle. Parce qu’elle avait appris à penser à elle, moins aux autres.

« Qu’est-ce que tu veux, de Breteuil ? »
Sa voix est méconnaissable. La désignation qu’elle porte à la blonde est inconnue. Elle s’effraye elle-même, comme si poser le moindre nom ou surnom sur l’ancienne gryffondor est devenu une peine.

« Je... Je n’ai pas une heure de libre devant moi. » Elle marque une courte pause, avant d’être prise par un moment de nostalgie insignifiant. « C’est encore pour m’accuser de quelque chose que je n’ai pas fait ? »

Son visage ne montre plus le moindre signe heureux.
Comme s’il ne sait plus le faire.
Comme si tout est perdu.



✻ ✻ ✻
if you're ready, heart is open, i'll be waiting, come find me. if you're searching for forever, i'll be waiting, come find me. i can see you, you're in the darkness blinding lights right where your heart is. if you're ready, heart is open, i'll be waiting, come find me. if your star waits, that's what you told me once but tears they come and go, this is us, i'll never get enough. it's taking losing you to know.



Dernière édition par K. Jaine Zabini le Sam 2 Déc - 13:48, édité 2 fois
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Message Re: I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)
par L. Charlie de Breteuil, Jeu 2 Nov - 22:25 (#)
Soudainement, tout ce qu’elle avait pensé, imaginé et réfléchi, tout ce qu’elle aurait voulu dire à Jaine s’était volatilisé. Charlie de Breteuil était bloquée dans ce sorte de vide tenace et gluant qui la dérangeait. C’était le néant dans sa tête alors que son regard restait sur Jaine. Alors même qu’elle remettait sa capuche sur ses cheveux mouillés.

Elle ne savait même plus ce qu’elle ressentait en voyant Jaine. Elle ne savait pas si elle était vraiment heureuse de la voir ou pas. Si elle était gênée ou pas.

Les mots semblaient lui échapper.
La raison aussi.

Et en regardant Jaine, Charlie constate, à ce sentiment implicite qu’elle est loin d’être la bienvenue. Il n’y avait pas un sourire, pas une seule lueur de chaleur de son regard. C’était un visage fermé, presque hostile qui la contemplait.

Et elle comprenait dans le fond. Elle comprenait parfaitement que Jaine n’était pas si heureuse de la voir que cela. Après ce qu’elles s’étaient dit. Après toutes ces horreurs balancées au visage de l’une et de l’autre. Après toutes ces révélations qui avait broyé leur cœur.

Elle comprenait, mais elle ressentait aussi une légère frustration elle qui risquait sa vie à présent… Elle qui s’était démenée depuis deux semaines pour attendre le bon moment ou pas. Elle ne s’attendait pas bien sûr, à ce que Jaine lui saute dans les bras.

Elle aurait simplement aimé une autre réaction, moins hostile.

« Qu’est-ce que tu veux, de Breteuil ? »

Le ton est dur, sec, froid. Les lèvres sont pincées. Le regard est dur et froid. Elle est méconnaissable, si dure et si impitoyable que Charlie fit un pas en arrière. Elle se demanda si elle ne s’était pas trompée de personne avant de bel et bien reconnaitre les traits de jaine en face d’elle.

De Breteuil.
Depuis quand Jaine Zabini était-elle devenue si méprisante ?
Que s’était-il passé dans sa vie pendant cette courte période pour qu’elle soit si…. Odieuse ?

Charlie ne pouvait pas croire que tout ceci n’était dû qu’à elle. Il devait y avoir d’autres facteurs qui rendait Jaine si… hideuse.

C’était bel et bien le terme.
Elle en perdait même toute sa beauté.

« Je… Je n’ai pas une heure de libre devant moi. »
« Je comprends… » souffla la blonde sans plus regarder Jaine.

« C’est encore pour m’accuser de quelque chose que je n’ai pas fait ? »

Elle repose son regard sur la métisse mais cette fois-ci, c’est un regard rempli de déception qu’elle ne cacha même pas.

C’était tellement petit de sa part de lui ressortir ça comme ça alors que justement, elle s’était donnée du mal pour venir jusqu’ici.

Elle risquait sa vie enfin.
Elle n’allait pas perdre son temps à harceler Jaine.

« Tu n’es pas croyable. » lâcha-t-elle alors, sa voix devenant plus dure et son regard ne se détachant pas de celui de Jaine.

C’était sorti tout seul, sans qu’elle n’arrive à contrôler ou à moduler sa pensée. C’était spontané et pourtant, tellement représentatif de l’ébaissement que ressentait Charlie.

Non, pire que ça, elle était estomaqué du toupet que pouvait avoir Jaine en ce moment.

« A mon avis, tu devrais partir Charlie. Tu n’as plus rien à attendre d’elle, je crois. » la conseille Voltaire qui pourtant, dans le ton de sa voix semblait plein de haine à l’égard de la Serdaigle.

Charlie était blessée en réalité par la réaction de Jaine. Elle savait qu’elle méritait probablement des baffes pour ce qui s’était passé la dernière fois mais certainement pas à de la méchanceté gratuite comme ce fut le cas actuellement.

« Je t’ai observé pendant deux semaines, je risque ma vie actuellement pour avoir un entretien avec toi et tu penses vraiment que je n’ai que ça à faire que de venir te harceler pour t’accuser de quoi que ce soit ? »

Elle secoua la tête avant de se mettre à rire nerveusement.

« Tu sais quoi ? Laisse tomber. Retourne à ta vie. Je voulais simplement te parler pour qu’on essaie de…. Je sais pas ? Passer à autre chose ? M’excuser ? Tout ça parce que je n’ai pas envie de te perdre. »

Sa voix chancela légèrement sur la fin alors qu’elle sentit les larmes aux yeux lui venir. Elle ne cachait rien. Elle était parfaitement transparente envers Jaine là où elle, était froide et opaque.

« Je sais que je mérite ta colère mais je ne crois pas mériter ta méchanceté et je ne suis pas venue pour ça. »

Elle se détourne alors de Jaine, secouant la tête, se trouvant plus stupide que jamais, se demandant pourquoi les choses déraillaient autant.

« je suis vraiment trop stupide d’avoir cru que… Enfin vas-y, retourne à ce que tu avais à faire. Je m’en vais. »

Et cette fois-ci elle tourne le dos à Jaine, résolue à se laisser quelques secondes avant de transplaner, laissant le temps à Jaine de décider de continuer son chemin ou de bien vouloir discuter.





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Message Re: I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)
par K. Jaine Zabini, Sam 2 Déc - 15:02 (#)

i thought i was in love with you because you mad my knees weak and i feelt butterflies in my stomach. but to be honest, i was in love with you because you made me smile and you made me feel. – Elles ne se reconnaissent plus. L’une, comme l’autre. Comme si la relation qu’elles ont toujours eu ensemble et qu’elles ont toujours fait en sorte de maintenir même pendant les moments les plus difficiles n’existe plus. Comme si Charlie est devenue une inconnue aux yeux de Jaine, et Jaine une inconnue aux yeux de Charlie. Comme si le simple fait de déverser des mots demande un effort insurmontable, une chose qui n’est jamais arrivé depuis des années et qui semblait avoir disparu. C’était impensable, à l’époque. Les deux jeunes filles ne se retenaient jamais entre elles. L’une exprimait la folie, la seconde la raison. C’était un duo qui se formait, qui se construisait petit à petit, qui se rattachait lorsque les deux êtres se frôlaient. Ensemble, elles enviaient les autres de par leur amitié plus que sincère et réelle. Parfois, elle était pointée du doigt et combien Jaine s’en fichait, tout comme son amie probablement. D’autres fois, elle était signifiante d’une relation impossible car les impurs ne devaient pas se mélanger à ceux qui côtoient la bourgeoise sorcière. Une consigne qui perdure encore aujourd’hui, après tant de temps et de combat humiliant. Et pourtant, elles s’en fichaient toutes les deux. Elles n’en n’avaient que faire. Chacune faisait comme bon lui semblait, n’importe quand et n’importe où.

Les souvenirs sont durs.
Très durs.

Et de nos jours, rien n’est plus pareil. Cette lueur a fini par s’envoler. Cette flamme a fini par s’éteindre. Elles ne se reconnaissent plus et Jaine peine à trouver les bons mots, à trouver les bons gestes. Son corps se crispe en voyant le visage de la française se décomposer. Son visage grimace avec légèreté en se rendant compte que la réaction de sa part, froide et rigide, n’est pas la meilleure. Et Charlie ne manque pas de le lui faire comprendre. Ce n’est plus un sentiment de bravoure qui s’empare de son corps, juste parce qu’elle a réussi à lui tenir tête, mais plutôt un sentiment blessé, une tristesse indéfinissable. Plus les secondes s’écoulent, plus elle se rend compte de sa maladresse et du point que cela peut être mal pris. Alors elle veut s’excuser. Elle veut lui dire qu’elle est désolée, que ça ne lui ressemble pas. Elle veut lui faire savoir que ce n’est pas ce qu’elle a voulu dire ou faire, et que c’était simplement pour prétendre que plus rien ne l’atteint. Et au fond, tout le monde le sait, Jaine reste faible et peu importe ce qu’on lui dit, elle le prendra à cœur. Mais au moment de se lancer, c’est l’ancienne porteuse du blason des Gryffondor qui le fait. Il est trop tard.

« Tu n’es pas croyable, » lance Charlie avec dureté, déterminée à ne pas lâcher l’impure du regard. Jaine sent son insistance sur elle. Elle se souvient du regard qu’elle fait lorsqu’elle est contrariée et elle se souvient aussi de ce ton de voix peu rassurant pour la suite. Elle se souvient surtout de sa franchise, du filtre qu’elle ne possède pas pour libérer le fond de sa pensée. Faible, l’ainée abaisse le retard sur les flaques qui masquent les creux présents sur le béton de l’allée. Elle n’a jamais été forte. Elle n’a jamais eu le répondant qu’il faut, mettant ainsi son père en doute sur son avenir. Il n’a jamais compris, aimé, ce comportement qui est tout sauf courageux. Il a alors appris à lui lancer ses foudres tout en pensant que ça allait finir par la résonner. En vain.

« Je t’ai observé pendant deux semaines, je risque ma vie actuellement pour avoir un entretien avec toi et tu penses vraiment que je n’ai que ça à faire que de venir te harceler pour t’accuser de quoi que ce soit ? Tu sais quoi ? Laisse tomber. Retourne à ta vie. Je voulais simplement te parler pour qu’on essaie de... Je sais pas ? Passer à autre chose ? M’excuser ? Tout ça parce que je n’ai pas envie de te perdre. »

Ce risque, ce n’est pas comme si c’était la première fois. L’autre jour, entre les murs de cette cabane hurlante qui menace à tout visiteur de s’envoler au moindre coup de vent, elle l’avait aussi pris ce risque. Elle avait aussi risqué sa vie à se dévoiler encore trop tôt après la sortie du complexe. Puis le rire nerveux de la fugitive lui fait pincer les lèvres. Elle ne sait pas comment le prendre. Elle n’a jamais su, encore une fois. Jaine est loin d’être née avec l’aptitude de tout savoir, de savoir comment montrer son empathie envers les autres et d’être simplement elle-même. De cesser de jouer le rôle que tout le monde veut voir, parce que c’est comme ça et non autrement. La voix chancelante de Charlie attire sa curiosité, posant alors à nouveaux ses prunelles sur les siennes. Mais les siennes deviennent opaques et brouillées par les larmes, par cette couche de liquide salé qui nous fait ressentir toute sorte de chose. Toute sorte de chose, comme ces papillons virevoltant au creux des reins ou le cœur battant fortement contre les côtes. Par réflexe, la jumelée devrait la prendre dans ses bras. Par réflexe, elle devrait lui susurrer des paroles réconfortantes et mettre fin à ce sanglot. Par réflexe, elle l’aurait fait. Pourtant rien ne se passe. Ce réflexe, elle n’ose plus le faire. La seule chose qu’elle libère de sa personne est son prénom, dit de façon à peine plausible et sûrement pas entendu par la destinataire encore sous le coup de l’émotion.

« Charlie... »

Camaïe, proche de la cheville de sa sorcière, laisse ses oreilles tombées en direction de la terre. Il la reflète. Il est son reflet émotionnel.

« Je sais que je mérite ta colère mais je ne crois pas mériter ta méchanceté et je ne suis pas venue pour ça. je suis vraiment trop stupide d’avoir cru que... Enfin vas-y, retourne à ce que tu avais à faire. Je m’en vais. »

À ces mots, la pure se retourne sans vraiment laisser le choix et est prête à s’en aller. Où, personne ne le sait. Et peut-être que cette fois-ci ne mérite pas un possible retour. Les doigts frêles de Jaine se serrent un peu plus autour de la branche de son parapluie. Elle ne veut pas que ça se passe comme ça et, tout comme Charlie, tout ce dont qu’elle a imaginé jour et nuit, tout ce dont elle a réfléchi à dire, tout ce temps perdu à transcrire encore et encore des mots pour le lui dire la prochaine fois, tout s’est envolé. Comme ça, par magie. Et pourtant elle était prête à lui dire. Elle était prête à lui reparler, comme si de rien n’était. Il faut simplement croire que les émotions ont pris le dessus et que c’est une chose qui ne se contrôle pas.

« Charlie, attend... » lance-t-elle, plus fort que la fois précédente. Son corps se décolle du mur glacial, venant se positionner en face de lui de la blonde. Désespérée, elle lâche le maintien d’un de son bras pour le laisser tomber le long de son corps.

« Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire... Et j’en pense pas moins, vraiment, il faut que tu me crois cette fois-ci. » La bouche pincée, le fond de sa gorge nouée, Jaine continue malgré tout en hésitant presque sur chaque début de mot. « C’est... C’est juste que j’ai été surprise de te revoir, surtout après ce qu’il s’est passé à la cabane hurlante. Je m’y attendais pas, pas du tout... et ça fait tout bizarre. »

Tout bizarre est le bon terme si on se rappelle de ces dernières paroles, de sa confession sur ce que Charlie a toujours représenté à ces yeux. Et de cette souffrance qui l’a habité ensuite, ne lui laissant pas le choix d’une non-réciprocité en repensant à ce Flint qui avait tout pour lui plaire. Des cheveux de garçon, un visage de garçon, un corps entier de garçon… tout ce dont Jaine n’avait pas et n’aura jamais. Et par jalousie et envie elle n’a jamais compris ce qu’il avait de plus qu’elle.

« Tu... Tu veux bien me laisser une deuxième chance ? Est-ce qu'on peut recommencer, s'il te plaît ? »
Son minois se dégrade, encore et encore. Elle a peur d’être à nouveau jugée et rejetée. Elle a peur que Charlie ne réponde pas dans son sens et, qu’encore une fois, elle va devoir fouiller pour trouver une excuse réaliste. Alors elle lui tend quand même une de ses mains, comme pour lui dire que Jaine l’attend et que, cette fois-ci, elle ne foutra rien en l’air. Elle le pense, très fort, tout en serrant sa mâchoire le plus possible damnée par la trouille.




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Message Re: I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)
par L. Charlie de Breteuil, Sam 9 Déc - 15:42 (#)
Il était dur de se sentir rejeter. Mais Charlotte de Breteuil commençait à se rendre compte que cela en devenait une habitude. Astrid tout comme Jaine étaient à mettre dans le même sac : des personnes qu’on avait aimé mais qui partaient, rejetaient et blessaient. Peut-être que dans le fond elle le méritait. Peut-être pas pour Astrid mais pour Jaine.

Peut-être que c’était mieux comme ça et que même si cela brisait le cœur à Charlie, elle devait se faire une raison.

Trop de choses les séparaient maintenant.
Trop d’évènement les avaient séparées.

Elles étaient deux étrangères et Charlie n’était pas certaine de vouloir faire d’effort pour elle. Pas après ça.

Pas après le peu de considération et de respect que la Serdaigle avait envers elle.

Non décidément, Charlie avait beau avoir été ce qu’elle avait été la dernière fois qu’elles s’étaient vues, cela ne justifiait pas du tout cette réaction. Même Voltaire était en colère. Même Voltaire avait le cœur brisé.

Alors Charlie avait appris à ses dépens que cela ne servait à rien de courir après les gens. Elle avait un minimum de fierté, de sentiment de survie. Elle n’allait pas se mettre plus en danger pour Jaine. Elle n’allait pas la supplier pour l’accepter et lui pardonner.

Si c’était ce que voulait Jaine, eh bien, elle acceptait son choix. Quand bien même il ne lui plaisait pas. Quand bien même elle aurait voulu continuer à essayer.

Et cette légère attente qu’elle laissait avant de prendre soin de transplaner le plus loin possible de celle qu’elle considérait comme une étrangère actuellement, sembla être un supplice. C’était les dernières notes d’espoir pour elle. C’était le dernier moment où elle lui laissait une chance.

Et en un clin d’œil, en une fraction de seconde, elle savait que ce serait terminé, qu’il faudrait passer à autre chose et continuer à avancer une bonne fois pour toute, sans Jaine.

Combien de temps devait-elle attendre ?
Combien de temps encore avant qu’elle ne transplane ?
Combien de temps encore avant qu’elle décide de laisser jaine derrière elle ?

A trois, c’est terminé.

Elle inspire un peu plus profondément.

Un.

Elle se prépare alors mentalement à transplaner, choisissant un endroit un peu au hasard.

Deux.

Elle ferme les yeux plus forts.

Tr…

« Charlie, attend... »

Elle sent son coeur batter à la chamade et elle rouvre les yeux. Jaine est devant elle et tient son bras. Un air de désespoir marque alors les traits de la jeune fille.

« Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire... Et j’en pense pas moins, vraiment, il faut que tu me crois cette fois-ci. »

Jaine ne semble pas bien. Jaine semble désespérée et continue, le flot de parole un peu rapide, signe de son empressement :

« C’est... C’est juste que j’ai été surprise de te revoir, surtout après ce qu’il s’est passé à la cabane hurlante. Je m’y attendais pas, pas du tout... et ça fait tout bizarre. »
« Mouais. » entendit-elle Voltare qui, lui, n’était pas du tout satisfait de ce que venait de dire Jaine.

La blonde reste le visage interdit, ne sachant pas trop quoi répondre, pas trop quoi penser. Des sentiments contradictoires la saisissent. Elle est à la fois contente et infiniment heureuse que Jaine décide simplement de la retenir. De l’autre côté, elle ne sait pas quoi penser, méfiante, cherchant à se protéger.

Jaine reprend alors, presque suppliante :

« Tu... Tu veux bien me laisser une deuxième chance ? Est-ce qu'on peut recommencer, s'il te plaît ? »

Silence.

Mais c’était un silence rempli d’émotions.

Elle avait envie de crier de joie Charlie. Elle avait envie de prendre Jaine dans ses bras et de rire à gorge déployée. Et alors, elle sentit son corps entier se détendre lorsqu’elle réalisa que Jaine voulait qu’elles se cotoient encore, que, peut-être quelque chose n’était pas mort.

Sa main se glisse alors dans celle de Jaine, geste modeste mais qui en réalité avait une portée plus grande que ce qu’il laissait paraitre pour une Charlie qui n’arrivait plus réellement à toucher les gens. Mais en mettant sa main dans celle de Jaine, elle se sentit rassurée. Elle se rappela alors à quel point il était bon de la toucher, de sentir sa peau contre sa peau et que malgré les maladresses de celle-ci, elle n’était pas là pour la maltraiter.

« Recommençons, alors. »

Elle sent l’émotion la saisir. Sa voix est pleine de joie mais faible, comme si elle avait peur que le moment ne s’évapore et que Jaine change d’avis. Intérieurement, Voltaire était plus partagé mais n’osait pas troubler le bonheur de sa sorcière, bonheur trop rare ses derniers temps. Il se contenterait de faire attention pour elle. Comme toujours dans le fond.

Mais aussitôt, malgré le bonheur qui la saisit et peut-être grâce à Voltaire, Charlie prend conscience que l’endroit n’est probablement pas le plus approprié. Elle veut rattraper le temps perdu mais elle ne veut pas le faire ici. L’endroit n’était pas agréable, et elle était exposée. Elle se rendit même compte que peut-être Jaine avait probablement des impératifs.

Et dans ce cas, elle serait prête à attendre.

« Est-ce que tu veux aller quelque part ? Un endroit un peu plus sûr qu’ici ? A moins que tu doives faire autre chose et dans ce cas, je ne te retiendrais pas, on pourra voir ça quand tu auras du temps libre… »

Mais intérieurement elle le sait, elle le sent.

Elle n’a aucune envie de remettre ça à plus tard.

Parce qu’elle a assez attendu.
Parce qu’elle a définitivement besoin d’elle.





She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
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Message Re: I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)
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I'd take another chance, take a fall, take a shot for you, and I need you like a heart needs a beat (jailie)

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