BELLUM PATRONUM


Version 33

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Uncertain future <Charon>
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Message Uncertain future <Charon>
par Euphrasie Malefoy, Mar 24 Avr - 21:02 (#)

Uncertain future.
Charon & Euphrasie Malefoy  

« Deux mois, Ian, c'est tout ce que je peux vous donner au vu de la situation actuelle. » La femme reposait son porte-plume en cristal, dont les couleurs changeaient lentement, au fil des mots qu'elle pouvait coucher sur les parchemins. Elle lia ses mains un instant sur son bureau, replongeant son regard dans celui de l'homme qui lui faisait face. Euphrasie Malefoy était l'une de ces femmes à la froideur professionnelle à laquelle on s'attendait au vu de son paraître qui frôlait la perfection : tout hurlait à la minutie dans sa coiffure, ou même ses vêtements. Elle émanait cette noblesse que l'on ne saurait s'inventer, l'éducation qu'elle avait reçue et qu'elle portait encore et surtout, de cette assurance qui découlait de ses fonctions. « Je ne vais pas vous apprendre comment cela fonctionne. Sans résultat, je ne peux vous concéder davantage de financement… Et les financements se font rares en ces temps si troubles. » Elle est claire, elle ne peut guère se permettre de promettre l’impossible. Elle sait parler. Elle est franche : c'est son rôle et c'est ce que l'on attend d'elle. Elle connaît ses dossiers sur le bout des doigts pour y passer trop de temps, pour tenir les comptes-rendus. Elle apporte les bonnes et mauvaises nouvelles à son supérieur, ainsi que son avis et ses conseils. Si il est le visage du département auprès des autours ministères et auprès des trois sièges à la tête du Ministère, elle gère pour lui. Elle tire les ficelles autant que lui pour veiller au bon fonctionnement de ces rouages mystérieux. Elle traitre à son niveau, du mieux qu’elle peut. Il n’y a que les questions hautement stratégiques, les questions délicates qu’elle traite avec lui, et quelques uns de leurs chefs d’équipes dans le département. Il valide les budgets, les feuilles de routes, les missions méconnues de tous.  Cette femme gère plus qu'elle ne se plonge dans les méandres de la magie, à présent. C'est ce qui lui a valu d'accepter le poste de directrice-adjointe : les voyages et les heures de recherches ne sont que ponctuels. Son sang, son rang, son excellence l'ont conduit ici : elle gère, elle dirige l'équipe des langues de plomb et supervise les projets nombreux qui opèrent dans les entrailles du département des Mystères. Quand bien même elle avait cru que ce poste de bureaucrate lui offrirait plus de temps pour sa famille, ou son époux, les lettres qui siégeaient dans le tiroir de son bureau prouvaient le contraire. Ces parchemins soigneusement pliés étaient des missives de Charon Malefoy, qui se trouvait dans la même bâtisse : une autre étape, un autre département, d'autres préoccupations. « Je sais combien ce projet vous tient à cœur, Ian. Vous l'avez porté depuis le début, et je ne saurais vous remercier pour votre dévotion. Je ne peux guère promettre sans preuve, sans certitude. Vous n'avez pas la moindre piste de... » Elle se tait, lorsqu'on frappe à sa porte. Euphrasie Malefoy fronce légèrement les sourcils avant de voir le visage de sa secrétaire apparaître. Elle t'annonce. Mais elle ne te fait guère entrer. Elle n'a pas terminé. « La moindre idée de ce qui vous bloque, ou de tests. » D'un geste délicat, mais précis, elle referme le dossier devant elle, avant de se lever doucement. « Nous reprendrons cette discussion plus tard, Ian. » Elle contourne son bureau et le raccompagne jusqu'à sa porte.

Le département des Mystères était de loin le département le plus intriguant du Ministère. La magie suintait des murs. Peu de personnes pouvaient comprendre ou déjouer les enchantements qui vivaient dans ce département. A vrai dire, nul ne saurait voir le département de la même manière, pour la simple et bonne raison, que les pièces et les portes s'adaptent selon les personnes présentent dans le Hall. Toi, tu étais habilité, de par ta position à pénétrer en ces lieux. Pour d'autres, le département serait un véritable dédale, un labyrinthe sans fin entre les pièces, des portes valsant, et parfois terriblement capricieuses. Mais plus les années passaient et plus la complexité de la sécurité du département se renforçait. Il y avait bien trop de secrets à dissimuler en ces lieux, et certains ne pouvaient atteindre les oreilles du grand public.

La femme restait un instant sous l'encadrement de la porte. Elle sentait son palpitant s'emballer. Elle n'était pas prête. Elle ignorait ce qui lui avait pris d'avoir pu t'apprendre la nouvelle par hibou. Un mélange de peur, d'appréhension venait la dévorer. La gorge nouée, bien que se tenant droite, elle avança un peu, avant de reconnaître ta silhouette. Elle restait muette. Vous n'avez jamais réellement profité de vos positions pour vous accorder régulièrement ce genre d'entrevue privée, sur vos lieux de travail. C'est évidemment déjà arrivé, mais votre image était importante. Ta femme te laisse entrer dans son bureau, pas aussi spacieux ou luxueux que le tien, mais somme toute agréable. De toutes ces années, elle pouvait compter sur les doigts d’une seule de ses mains, le nombre de fois où tu t’étais tenu ici. Elle souffle quelques mots à sa secrétaire : « Déplacez le prochain rendez-vous, Constance. » Un sourire factice se glisse sur ses lèvres un instant, en guise de remerciement, avant de te rejoindre.

Elle ferme la porte doucement.

Elle se tourne face à toi.

Toi qui semblais légèrement essoufflé.

Elle avale sa salive et relève la tête.

Déipyle était probablement trop vieille pour porter sainement un nouvel enfant. Pas après ces échecs. Pas après cette petite fille morte dans l’œuf. Pas après cette terrible perte causée par un affrontement, au nom du Lord, face à des nés-moldus. Ce n’était pas comme si vous aviez tenté quoi que ce soit. Ce n’est pas comme si vous aviez réellement le temps pour cela. Elle ignorait même comment tu pouvais prendre la nouvelle, tant ce sujet était devenu tabou. Tant vous étiez trop blessés. Vous vous êtes éloignés, déchirés, avant que tu ne viennes l'aider à remonter la pente, s'extirper de l'alcool. Et la seconde fois, c’est elle qui t’a soutenu, qui t’a tenu dans ses bras. Pourtant, malgré toutes ces années, la culpabilité n'avait jamais disparue. Elle avait peur. Peur d'y croire. Peur de te voir de nouveau espérer. Peur de souffrir et ne pas pouvoir t'offrir ce que tu désirais. Peur d'échouer à nouveau. Peur de perdre cet enfant inattendu. Peur de perdre sa place ici. Peur de perdre votre fils. Peur de tant de choses, que cela en devenait fatiguant. Elle avait d'autres problèmes. Vous aviez tant de choses à discuter et trop peu de temps à y consacrer. Il lui semble que cela fait une éternité qu'elle n'a pas vu ton visage. A s'endormir avant que tu ne reviennes, à s'éveiller après ton départ, lorsque ce n’était pas elle qui arrivait trop tard. Un courant d'air, une présence éphémère. Tout ce que tu n'étais pas.

Elle souffle, en faisant allusion à la dernière lettre qu’elle t’a envoyé… Que ce qu’elle a à te dire, peut bien attendre encore neuf longs mois…

« En réalité... Cela sera plutôt six mois. »

Trois mois.
Trois mois de grossesse.
Trois mois qu'elle portait la vie en elle.
Trois mois.


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Message Re: Uncertain future <Charon>
par Charon T. Malefoy, Lun 30 Avr - 15:53 (#)

Uncertain future
Charon & Euphrasie

Le silence de ton bureau s’étire au milieu des tintements des aiguilles de l’horloge qui trône au-dessus ta porte. Les plis de ton front témoignent de la concentration qui aspire ton esprit tout entier dans la lecture du dernier procès verbale. Les jugements ont déjà été rendu, tu le sais, mais tu tiens tout particulièrement à lire chacune des déclarations de ceux qui sont passés par le Magenmagot lors de cette rapide vague de condamnations. Rapide et moins terrible que le tsunami auquel tu t’attendais. Auquel beaucoup de sorciers s’attendaient. Malgré tes convictions te ne peux que comprendre l’amertume de certains esprits qui s’élèvent déjà face à la clémence des sanctions pour des personnes qui ont semé l’horreur et la mort. Tu condamnes les choix de la nouvelle alliance. Lisser les bords de tous les côtés pour faire table rase. Pardonner à tous pour effondrer les tours des partis qui ont séparés en deux la population magique. Pardonner pour mieux repartir. Mais personne ne t’enlèvera l’idée que ce pardon arrive trop tôt. Les plaies sont encore trop béantes. Tu aurais préféré des jugements plus terribles, pour l’exemple, pour satisfaire la faim cruelle des sorciers moyens qui cherchent dans les condamnés les figures à haïr. Condamner sévèrement pour rassurer une population déstabilisée, pour qu’ils ne trouvent pas l’idée de faire de leurs doutes et leurs angoisses des armes contre les décisions du nouveau gouvernement. Tu as vu de nombreux procès, tu sais comment réagissent les plaignants qui n’obtiennent pas gain de cause. Tu connais leurs rancœurs motivées par la peur et les égos blessés. Tu crains que ces procès trop laxistes n’éveillent plus de démons qu’ils ne parviennent à en endormir. Alors tu lis chacune des dépositions, chacune des délibérations, chacun des jugements pour connaître sur le bout des doigts chaque affaire, chaque nom, chaque sentence. Tu refuses de risquer de te retrouver incapable de répondre à des questions qui auraient attrait à cette tentative d’épuration. Et tu sais déjà qu’elles seront nombreuses les interrogations.
Dans un claquement sec tu refermes le dossier dont tu as lu les dernières lignes. D’un geste las tu passes tes mains sur ton visage marqué par les soucis avant de te reculer contre le dos de ton fauteuil. Tu ressasses les informations que tu viens d’apprendre, repassant dans ton esprit les paroles de l’accusé, ses excuses, ses mensonges, ses histoires pour dissimuler la vérité. Tu n’es pas doté du troisième œil mais tu connais mieux que quiconque les réelles motivations et affiliations de cet homme qui s’est fait prendre. Ils ont été trop nombreux à ton goût, ceux qui n’ont pas su se tirer sans éclaboussure du bourbier que ces derniers mois ont été. Tu leur en veux d’être tombés si facilement. Cuisants échecs à répétitions depuis l’ascension de Rosier. Erreurs après erreurs. Mauvais choix. Tu es convaincu qu’il n’a jamais eu les épaules pour la tâche que le Lord lui avait confié.
Tes doigts s’enroulent autour de la plume dont tu trempes la pointe dans l’encrier, tu écris prestement quelques mots, un nom, une fiche mémoire lorsque le délicat coup contre ta porte retentit. Deux coups espacés d’une fraction de seconde, une musique que tu connais, un code établit entre toi et ta secrétaire. D’un geste négligeant tu attrapes ta baguette magique qui ne quitte jamais les plis de tes habits et d’un mouvement de poignet sec la porte de ton bureau s’entrouvre pour laisser entrer l’oiseau de proie. Ce dernier s’engouffre alors que la porte se referme déjà dans la discrétion la plus totale de ta secrétaire. Elle sait mieux que quiconque que tu ne tolères aucun dérangement quand cela n’est pas prévu. Seulement les messages importants. Deux coups rapides sur le panneau de bois. C’est la règle. Ton regard glisse sur les ailes dont le chuintement froisse le silence de la pièce. Tu le reconnais sans peine et tes iris suivent attentivement son vol jusqu’à toi, cherchant inconsciemment à deviner la raison de ce courrier exceptionnel d’Euphrasie Malefoy. Il vous arrive parfois de communiquer lors de vos heures de travail communes au ministère. Mais ces conversations sont rares et toujours importantes. Elle sait que tu n’apprécies guère être dérangé pour des broutilles familiales pendant ton travail. Elle le sait trop bien pour déroger à cette règle. Tes doigts ont attrapé le parchemin avant même que l’oiseau de nuit n’ai stabilisé ses serres sur le perchoir prévu à cet effet derrière le coin de ton bureau.

Tu as relu une fois, deux fois, trois fois les quelques lignes simples et droites qu’Euphrasie Malefoy à couché sur ce futile parchemin. Des mots, rien que cela. Mais des mots porteurs de tant de rondeurs et de conséquences que tu restes parfaitement immobile alors que les minutes s’égrènent inexorablement au-dessus de ta tête. Ton cerveau marche au ralenti alors que tu sens tambouriner en toi la chaleur de la vie. Tu refuses de croire et pourtant les demies-phrases sont trop explicites pour êtres mal comprises. Si ton visage s’est muré dans la glace insensible à l’intérieur de ton âme c’est un ouragan de sentiments qui roule, déchargeant son lot d’éclairs et de tensions nouvelles. Tu n’oses croire à un nouvel élan d’espoir, tu n’oses espérer encore une fois. Au fond de ton cœur enfoui au plus profond des cavités glacées de ton corps, le frisson de peur étire ses étincelles sournoises. Ton geste est trop raide lorsque tu plies le parchemin pour le glisser rudement dans ta poche de veste. Tu as emporté ta baguette magique, rangé ton dossier et tes notes dans un tiroir avant de sortir droit et rapide, presque menaçant, de ton bureau. Porte qui s’ouvre à la volée, regard surpris et glacé d’angoisse de ta secrétaire qui voudrais poser une question mais qui n’ose pas. « Repoussez mes rendez-vous si je tarde trop. » Ta voix claque ferme et n’appel aucune précision. Elle se contente d’un hochement de tête ne parvenant pas à déterminer sur ton visage de patriarche si c’est la fureur ou la joie qui fait vibrer tes iris d’un éclat aussi brûlant.

Tu voudrais avaler la distance qui te sépare de son bureau en une aspiration d’air. Ton cerveau bloqué refuse de se poser les mille questions qui bouillent dans tes entrailles. Tu as besoin de lui parler avant tout. Parce que tu n’acceptes pas qu’elle ose t’annoncer ainsi subrepticement une nouvelle aussi importante. Parce que tu ne parviens pas à retenir l’élan de joie, de fierté et de peur qui soulève ton âme. Tes jambes immenses effleurent le sol des couloirs, dévalent les escaliers, en avalent d’autres. Tu pousses les portes sans te soucier des corps qui s’arrêtent nets devant toi, se glissant discrètement sur le côté pour échapper au contact rude de ton corps sur le leur. Il est rare de te voir traverser ainsi le ministère et nombreux sont ceux qui craignent ce soudain élan d’énergie chez toi. L’homme sévère aux manières stoïques et glacées. Eux qui ne connaissent de toi que l’homme de justice droit, fier et mesuré. Eux qui ne te connaissent pas sur les champs de guerre, brûlant de rage et animé de cette haine destructrice qui allument ces feux dans tes iris translucides. Tu es presque menaçant, tout du moins impressionnant, à avancer ainsi, droit devant, de toute ta haute et forte stature, ta prestance avalant l’espace des couloirs qui deviennent trop étroits sur ton passage. Il n’y a que sa porte qui t’arrête, toi qui est habilité à pénétrer ce ministère des Mystères fermés à l’accès de trop nombreux sorciers. Ce ministère chargé de temps d’histoire et de convoitise. Ce ministère qui te vole si souvent le temps précieux de ta femme. « Elle est entretien. » La voix raide de sa secrétaire arrête ton geste alors que tu t’apprêtes à entrer sans plus de manière. Tu brûle d’impatience mais tu respectes cette porte fermée parce qu’elle est celle d’Euphrasie Malefoy. Parce qu’ici vous êtes au ministère, des collègues, toi comme elle ne supporterait pas que l’un d’entre vous ne respecte pas les règles établies dans vos bureaux. Tu attends et cela te dévore plus encore. Pourtant tu ne bouges pas, immobile dans ton expression de glace au regard de feu. Ton aura s’est emparée de toute la pièce, électrisée par l’activité inhabituelle de tes émotions.          

La porte s’ouvre enfin, ton regard pénètre immédiatement celui de l’homme qui avance face à toi, il te salue, sobrement, tu réponds à peine, un signe de tête, ton attention est déjà attirée par la silhouette glissée dans l’ombre de l’interstice de la porte. Tu devines sa chevelure, son port unique, cette beauté glacée éclatante qui illumine ta vie. Sans dire un mot elle se dégage, geste intime qui offre son bureau à ta présence, tu passes devant elle, effleures son aura, aspires son odeur, glisses dans la sensualité de ses courbes. Tu restes debout, tendus dans la tension de ton corps, toi qui entre si rarement dans le bureau de ta femme, toi qui franchis si rarement la glace qui sépare ta vie privée de ta vie publique. Peut-être demain tu te puniras de cette précipitation et de cette entrée inattendue dans le temple de ta femme. Mais pour l’instant seul compte le moment présent et les mots du parchemin qui résonnent dans ton esprit. Enfin elle se tourne vers toi, porte close dans son dos, cocon fermé pour une intimité exceptionnelle dans ce lieu de labeur. Tes iris n’ont pas quitté sa silhouette, tu attends qu’elle livre son premier mot, elle qui ose t’annoncer cela par hibou sur vos heures de travail. Certes tu sais que vos corps ne font que se croiser en ce moment, toi comme elle retenus par un surplus d’heures occasionnées par le changement de gouvernement. Mais tu aurais préféré autre chose, autrement, d’autres façons. Enfin ses lèvres s’ouvrent et sa voix résonnent dans tes oreilles avec cette réalité écrasante qui vient s’installer sur ton cœur. Six mois. Une éternité. Trois mois. Une seconde. Un rien. Si près et si loin. Un long chemin parcourut déjà. Et le frisson de ton âme qui s’enroule autour de tes nerfs. « Trois mois et ne me le dis que maintenant ? » Tu voudrais que ta voix soit ferme et pleine de reproches, mais tu cherches si peu à dissimuler l’émotion qui a percé les couches de glaces de ton être. Pourtant tu te reprends, regrettant cette seconde d’inattention et de laisser aller dans ce lieu. Vous n’êtes pas chez vous, sous le couvert sécurisé de votre manoir. « Depuis quand Euphrasie Malefoy annonce ces nouvelles par hibou ? » Cette fois ta langue traduit parfaitement les reproches qui roulent sur les papilles. Dans tes iris de feu brûle avec force et tu t’approches un peu plus près de ta femme tendant plus encore la tension de tes muscles. « Tu es sûre ? » Un murmure un peu trop dur, ta façon si singulière d’exprimer tes craintes, tes doutes, vos douleurs. « C'est... » inespéré. Inattendu. Tu l'as dit si souvent auparavant, tu ne trouves plus les mots aujourd'hui. Toi qui brûle encore de ce désir impétueux de mort envers celui qui a osé briser la vie qui s'épanouissait dans le plus secret des nids.

© Artchie


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Message Re: Uncertain future <Charon>
par Euphrasie Malefoy, Lun 14 Mai - 21:42 (#)
« Trois moi et tu ne me le dis que maintenant ? » Trois mois. Des choses à défendre, détruire, faire disparaître, reprendre, recommencer. Des missions à gauche et à droite, à ne plus savoir quoi en faire. Pour le Gouvernement. Pour le Lord. Il n’y avait que ces réunions importantes en comité restreint avant la chute de Rosier pour te voir. Le reste du temps ? Ce n’était que le travail. Encore et toujours. Euphrasie Malefoy demeure immobile et elle t’observe simplement. Ses iris pâles rivées sur ton visage et aucune expression sur son visage, si ce n’est peut-être…. L’ombre de la déception. Devait-elle s’en vouloir d’avoir attendu autant ? Devait-elle encore s’en vouloir pour une énième chose, parce qu’elle avait agis selon ses idées sans t’en faire part ? Devait-elle s’en vouloir d’avoir préféré te préserver avant de t’apprendre cette nouvelle ? D’avoir attendu que cet enfant soit réel ? Non. Décidément, non. « Depuis quand Euphrasie Malefoy annonce ces nouvelles par hibou ? » Des reproches. Elle retient un soupire ta femme. Et son regard se détourne. Pas par faiblesse, mais seulement pour dissimuler le mépris qui se glisse quelques secondes dans ses prunelles. Son corps se tend à peine avant de balayer le malaise d’un souffle.

Sa voix est calme, terriblement double, semblable à du coton, un nuage duveteux imbibé par du miel. Pas du miel froid et durci, non, un miel frais et réchauffé par le soleil. Ce sucre qui colle aux doigts et qui donnent encore d’en découvrir les saveurs à même les lèvres. « Quand est-ce la dernière fois que nous avons partagé un repas ensemble ? » Elle repose ses yeux sur toi. Elle se tient droite. Et il y a quelque chose d’infiniment doux et intimement triste dans ses yeux. Tu connais assez ta femme pour deviner qu’elle est fatiguée et qu’elle n’est pas d’humeur à se battre… Est-ce une bonne chose ? Pour une femme qui avait toujours été impétueuse et prête à te tenir tête ? « La dernière fois que nous avons parlé d’autre chose que le travail ? » Ailleurs qu’au Ministère. Elle y tenait à sa place, tout autant que toi. Elle s’était donnée pour ce rang, pour ce poste, elle avait mis des années et des années pour l’obtenir. Et elle savait les sacrifices qu’ils réclamaient. Son temps et son énergie. Mais le Ministère ne peut pas poursuivre avec si peu de membres… et ajoutons à cela les nouvelles tensions éreintantes entre les trois partis politiques de ce monde. Et pourtant, elle avait de la chance, le Département des Mystères avaient toujours jouis d’une certaine indépendance à ce propos. « Alors je t’en prie : ravales donc tes reproches. Je ne suis pas plus responsable que toi de ce…. Rythme effroyable. » Son visage s’anime d’émotions. Le masque habituel tombe toujours plus rapidement avec toi. Elle ne se dissimule pas contrairement à toi. Elle soupire : « Aurais-je dû venir perturber l’une de tes journées ? Ou te réveiller en pleine nuit pour te le dire ? … Quand tu es là, bien sûr. » Mais elle sait qu’elle n’est pas mieux. Elle sait. Elle te reproche seulement de lui reprocher ses manières.

Alors elle s’écarte en soupirant. Tout ceci lui ronge les nerfs. La peur peut-être. Et ce à quoi ressemblait votre vie. Votre couple devenu inexistant depuis…. Trop longtemps. Des mois. Peut-être même que cela pourrait bientôt se compter en années. Elle retient un nouveau soupire avant de se redresser lorsque tu t’approches d’elle. Les bras croisés elle t’observe. Ta douleur, elle la devine. Elle n’a pas besoin de posséder ton don pour entendre tes craintes dans ce que tu ne formules pas. Elle est figée, Euphrasie Malefoy, lorsqu’elle détaille ton visage. Elle pourrait être méchante. Elle pourrait te dire qu’elle a préféré attendre pour te préserver toi aussi. Mais elle n’en dira rien pour soigner ta fierté. Soigner sa faiblesse à elle. « Oui. Et tout va bien. » Pour cette grossesse inespérée. Elle ne comprenait plus son corps qui semblait se détraquer soudainement. Jamais elle ne s’était protégée, jamais n’avait-elle cherché à s’en préserver. Et lorsque vous cherchiez à donner vie, il n’y avait rien, si ce n’est des chairs stériles. Rien. Inaptes. Et elle savait que tu lui en avais voulu inconsciemment. Pour ça. Pour la maladie de ton fils. La déviance de ton fils. Pour la perte de ces enfants.

Et cet enfant-là… ? Qu’était-il ? Peut-être un énième monstre imparfait. Peut-être un bébé que tu détesterais encore à cause d’elle. Et que serait-il pour elle ? Peut-être cette chose qui allait lui faire perdre toute sa carrière, la pousser vers la porte de sortie…. Après tout ce qu’elle avait pu faire pour ce gouvernement, pour ce poste. Et cela la terrorisait. Cela l’énervait réellement…. Parce qu’elle savait qu’elle allait être résumé à cela. A son statut de femme. Elle, qui parlait comme un homme. Elle, qui se battait comme un homme. Elle, qui avait pris l’une des places les plus influentes. Mais serait-elle remplaçable ? Pourrait-elle quitter ce poste avec son esprit, sa mémoire ? Lui permettrait-on de pouvoir s’écarter quelques mois ? Allait-on lui demander de faire un choix entre votre famille et sa carrière ? Elle savait qu’elle n’avait pas toujours fait passer votre famille en premier…. Non.

Devait-elle oublier vos morts ? Comment pourrait-elle aimer cet enfant à sa juste valeur ? Comment pourrait-elle être une meilleure mère que celle, si déplorable qu’elle avait été avec votre héritier ?

« Es-tu, seulement… » Elle hausse les épaules en t’observant, toi et tes airs si durs. Elle est défaite. « … Content ? Par la barbe de Merlin, ne veux-tu pas cesser d’être aussi inexpressif ? » Elle ignore ce qui te passe par la tête, et elle te fixe. Elle a l’impression de sentir la violence en toi. Elle a peur que tu lui en veuilles encore. Ou que quelque chose lui échappe réellement. « Qu’est-ce qu’il y a ? » Elle croise les bras, se renferme ou se protège et elle t’observe toujours.


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Message Re: Uncertain future <Charon>
par Charon T. Malefoy, Lun 28 Mai - 15:52 (#)

Uncertain future
Charon & Euphrasie

A tes reproches sa voix répond les siens. Miel trop doux et suave pour qu’il ne vienne pas coller dans tes oreilles l’amertume des mots qu’il enrobe. Ses iris fuient les tiennes, non dans une pudeur excessive, mais plutôt soustraire à ton regard les lueurs mauvaises qui pourraient y danser. Il faut toujours que tu choisisses la froideur linceul de ton âme Charon Tybalt Malefoy. Toi qui n’a appris à ne laisser transparaître que ton aura, mélange de supériorité acquise et de force devinée. Même lorsqu’il s’agit de ta femme et d’une nouvelle aussi incroyable que celle que ses doigts ont tracé sur le parchemin lové dans l’écrin de ta poche de costume de luxe. Tu écoutes, tu reçois les épines de ses reproches, tu recraches leur mauvaise foi et ne garde que les regrets qui perlent derrière la cruelle réalité de votre quotidien que ta femme dépeint. Vous souffrez, l’un comme l’autre, de l’éloignement imposé par vos horaires dantesques de ces derniers temps. Un changement de gouvernement ne se fait pas sans quelques vagues et ton service a dû faire face à de nombreuses heures supplémentaires. Entre procès et remaniement, les dossiers ont laissé sur tes traits les traces de leurs étreintes nocturnes sur tes nerfs à vifs. Tes iris s’accrochent aux siennes, ombres tristes dansantes au cœur de son visage de reine. Imperceptiblement ta tête se penche très légèrement sur le côté, tu observes ses traits de porcelaine se déliter pour laisser apparaître les mouvements des nerfs. Tu aimes le masque dont elle pare son visage, parce qu’il est si parfait, si calme et lisse. Euphrasie qui manie avec tant de délicatesse la maîtrise de ses émotions en public. Mais tu adores les traits mouvants de ce visage aux milles facettes. Cette façon si singulière qu’elle a de faire vivre son âme au bord des lèvres. Des mouvements si personnels, intimes qui la rendent si désirable à ton cœur, à tout ton être. Elle met si bien les mots sur la réalité des choses, sur le manque, l’éloignement, devenu insupportable, intenable. Tu l’entends parler et tu sembles réaliser que tu ne parviens plus à compter le nombre de jours depuis votre dernière étreinte, votre dernier échange détaché des tensions de vos travails respectifs. Au lieu de te calmer cette prise de conscience ne fait qu’augmenter la tension qui vibre dans tes muscles. Ta mâchoire se contracte un peu plus et le feu de ton regard se durcit plus encore, alimenté par le réveil de l’essence de tes désirs. Un soupire soulève la poitrine de ta femme et ses dernières paroles craquèlent l’espace d’une seconde ta main mise sur le feu brûlant de tes sentiments. Eclair sous la glace de ton être. « J’aurais aimé que tu me réveilles en pleine nuit, j’aurais su rendre la discussion moins officielle. » Tu prends conscience d’avoir laissé trop de désir filtrer à travers tes lèvres alors que tes iris dévorent son visage marqué par la fatigue et la lassitude de ton propre comportement. En une fraction de seconde tu te ressaisis, presque furieux contre toi-même d’avoir laissé une telle émotion s’épancher trop clairement en ce lieu. Tout serait différent si vous n’étiez pas dans son bureau. Au Ministère. Tu la laisses s’éloigner quelques instants avant de faire à nouveau quelques pas vers elle, à nouveau maître de tes nerfs, refroidi par l’impétuosité de tes ardeurs en un tel endroit.

Ta voix s’est adoucie, emprunte de moins de feu, tu parviens à faire redescendre la pression dans tes nerfs alors que tu oses prendre des nouvelles. Ses craintes perlent petit à petit jusqu’à toi. Faisant écho à tes propres peurs, à ces douleurs refoulées que tu gardes pour toi, incapable de formuler la complexité des sentiments qui assaillent ton cœur. Tu voudrais que tout soit plus simple, plus doux, moins douloureux. Pour ta femme. Pour toi. Pour vous, votre couple, votre famille. Sa question vient heurter durement ton âme. Pourtant tu aurais dû t’y attendre. Par ton manque cruel de démonstration, par cette froideur que tu es incapable de laisser de côté en dehors du secret de vos échanges les plus profonds. Même au creux de votre demeure la dureté de ta réalité persiste trop longtemps. Tu mets trop de temps à laisser couler sur ton visage les nuances de ton âme, si bien que tu le prends si rarement, ce temps. Tu pinces les lèvres, pression musculaire de plus de ce corps trop plein d’une énergie que tu as du mal à contenir. Elle sent ta femme, cette tension qui gouverne ton être face à elle. Ses bras se croisent, elle se défend, prend du recul, attend, t’observes alors que tu ne sais pas toi-même, que choisir. Encore rage de l’instant, de la nouvelle, de la façon dont elle vient te l’annoncer. Rage énervée de l’absence mutuelle, de la pression du travail, de la fatigue qui tire tes traits, des trop nombreuses responsabilités qui alourdissent ton cerveau. Et ces questions, ces doutes, ces ombres du passées venues d’un seul coup renouer leurs doigts gelés contre tes os. Nerveusement tu redresses tes épaules, agrandissant un peu plus ta haute stature dans un étirement des nerfs qui craquent dans ton cou. Vieilles ombres et vieux démons. Tu as cruellement envie de toucher son corps, glisser tes doigts sur son épiderme, oser poser une main chaude sur ce ventre incroyable. Mais tu n’en fais rien, tu ne parviens pas à passer outre le bureau dans lequel vous vous trouvez. A délaisser vos positions de collègues pour prendre celui de l’amant.  « Ais-je réellement besoin de te dire que cette nouvelle me ravi Euphrasie ? Quand je prends le temps de descendre ici en pleine journée ? » Ta voix est encore trop claire, trop froide, lorsque, venu d’un lointain passé, le souvenir d’une soirée dans votre salon te reviens soudainement en mémoire. Cette improbable soirée où, pour la première fois, vous passiez de mariés à amants véritables. L’éclat luisant de la question de ta femme fait étrangement échos à ceux de cette nuit-là. Même éloignement forcé. Cela te coûte énormément, ton esprit lutte contre lui-même, choix cornélien, déchiré entre tes principes et tes désirs. Dans l’océan translucide de tes iris, la lueur vacille. A-t-elle seulement conscience de l’effort qu’elle te demande de faire ? Prend-elle la mesure de l’amour que tu lui portes pour venir caresser une de ses mèches de cheveux de tes doigts avec une douceur que tu vas puiser dans tes ressources les plus profondes ? Tu franchis un peu plus le miroir qui sépare les deux mondes, glissant un pouce sur l’épiderme délicat de sa joue, alors qu’un sourire étire tes traits nerveux. « Excuse mes manquements. » Des mots calmes, presque doux, de cette voix de l’homme, du mari, de l’intimité, malgré la lutte qui s’opère encore au creux de ton essence même. « C’est une chance dont je n’osais rêver après tout ce que tu as déjà traversé. » Ombres vaporeuses dans l’éclat pur de tes yeux qui embrassent son être entier. Si ta voix est toujours aussi claire, elle est moins ferme qu’auparavant, moins dure avec elle, envers toi-même. Au plus profond de toi tu n’as envie que d’une chose, la protéger. Mais tu n’es pas sûr de pouvoir la protéger contre ses propres failles. Supporterait-elle encore une nouvelle perte ? Parviendrait-elle à se remettre encore une fois d’une vie avortée ? « Je ne veux pas que tu me tiennes à l’écart de ces choses-là. Même quand l’actualité nous prends le temps que nous devrions nous réserver. » Parce que tu veux être là pour elle, rassurer ses craintes et protéger ces deux vies qui palpitent face à toi. Tu prends conscience que ta phrase sonne encore trop comme un reproche peut-être et tu soupires, si légèrement, souffle inaudible, avant de franchir pleinement, pour de bon, entièrement, la ligne imposée par ton esprit de fer. D’un geste prompt tu attires son corps contre le tien, emprisonnant son être contre ta chair, humant délicatement son parfum, ravissant à ce lieu de travail son sceau de droiture pour un instant, suspendu dans l’inadapté de la situation. « Parce que nous traversons chacune de ces épreuves ensembles. Femme de ma vie » Murmure qui roule au creux des lèvres contre sa chevelure blonde. Secondes de fracture totale. Avant que l’homme de loi ne reprenne le dessus sur l’amant.        


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Message Re: Uncertain future <Charon>
par Euphrasie Malefoy, Sam 2 Juin - 23:50 (#)
« J’aurais aimé que tu me réveilles en pleine nuit, j’aurais su rendre la discussion moins officielle. » Mon regard est posé ailleurs. Mes lèvres se tirent légèrement dans une tension soudain. Ma voix est glaciale, mordante et si froide, écho à tes affreux mots : « Vois-tu quelqu’un d’autre que nous ? » Stupidité et raillerie. Il n’y a personne d’autres que nous. Ta formalité se noie seulement. J’ai toujours, moi aussi, pris grand soin à ce que notre relation reste plus que correcte en ces lieux, en public. Mais tu restes tout de même mon mari. Tu restes celui qui m’appartient. Celui à qui j’appartiens. Celui qui porte la bague de notre alliance. Alors pourquoi ? Pourquoi tant d’effort à creuser l’espace entre nous, en cet instant précis ?
Mes prunelles, si perçantes, se reposent alors soudainement sur toi… Comme en quête de réponse précise à cette ignoble interrogation.

Je m’écarte, pas nécessité. Pour creuser le vide entre nous. Pour créer ce professionnalisme auquel tu tiens temps. Pour ne pas trembler à ton approche.
Et pourtant, tu t’approches, toi. N’est-ce pas si incroyable ? Impensable ?

« Ai-je réellement besoin de te dire que cette nouvelle me ravi Euphrasie ? »

L’un de mes sourcils s’arquent. Mes yeux si clairs se reposent sur ton visage taillé d’un acier glacé.

« Quand je prend le temps de descendre ici en pleine journée ? »

Je réprime une moue qui aurait pu se transformer, sans doute, en un rictus de mépris.

Je te fixe pleinement, sans dévier.
Je te fixe quelques longues secondes avant de relever légèrement plus mon menton.
Mon regard brille de défi, avant que je ne réponde d’une tendresse factice : « N’est-ce pas les non-dits qui nous ont tant rongé, il y a de cela des années ? » Et qui ronge n’importe qui. « Cesse donc de prendre pour acquis tout ceci… » Mon amour. Notre relation. Notre présent. Suis-je en train de formuler une menace ? … Oui et non. C’est peut-être ce qui nous attends, à trop peu vivre ensemble, et nous croiser. Que tu t’attaches à quelqu’un d’autre, à quelqu’un de plus intéressant. Peut-être plus intelligent ou plus beau. Je l’ignore. Je ne suis pas là pour savoir quelles personnes t’accompagnent. Et parfois, j’ai peur. Peur de ne jamais te revoir. Et quand bien même viens-tu formuler ton contentement, j’ai du mal à y croire. Tout simplement parce que j’ai posé la question. Mais je suis direct, sans doute bien plus que toi. Et je crois tes mots. Je les crois. Tu n’es pas homme de mensonge. Je te connais droit et surtout si fier.

Et je suis immobile lorsque tu es soudainement si proche de moi. Assez proche pour que je puisse deviner la chaleur de ton corps. Assez proche, pour que je puisse sentir l’odeur de ton parfum. J’espère profondément en relevant mes prunelles sur toi. Toi qui vient lentement glisser ses doigts contre cette mèche blonde indisciplinée. Il n’y a plus que toi, seulement que toi, ton âme et ton regard humain, lorsque tu touches ma joue. Un contact si doux, trop éphémère. Mais je le sens, ton pouce, couler contre ma joue. « Excuse mes manquements. » Je pourrais te pardonner. Encore et mille fois d’autres. Mais je n’en ai pas envie. Je n’aime pas cette vie que nous menons. Quand bien même puis-je être fière de mes accomplissements, de ton parcours aussi. Je n’aime pas ce qu’est en train de devenir notre couple depuis… trop longtemps. Nous ne sommes rien, si ce n’est des ombres qui se croisent si peu. « C’est une chance dont je n’osais rêver après tout ce que tu as déjà traversé. » Mon sourire est triste. Mon sourire est léger et mon regard se perd. J’ai perdu notre fille dans le sang. J’ai perdu un second enfant de la baguette d’une personne que j’ai considéré comme ma propre fille. De la baguette d’une traître, de celle qui était ma filleule. Celle qui te provoquait parfois. Et pour dire vrai, moi non plus je n’espérais plus rien. Moi non plus, je ne m’y attendais pas. J’ai été la première surprise. « Je ne veux pas que tu me tiennes à l’écart de ces choses-là. Même quand l’actualité nous prends le temps que nous devrions nous réserver. » Je ne scille pas. Quand bien même j’entends le reproche dans tes mots. J’ai envie de te repousser, j’ai envie de te rejeter. Par folie, par caprice. Où étais-tu pendant tout ce temps ? Qu’avais-tu mis de côté pendant tout ce temps ? Mais étais-je meilleure que toi, à ce jeu là ? Je sens mon cœur se serrer, s’émietter un peu plus. Tu sembles si loin, si inatteignable dans ta perfection qui aurait pu devenir barbante. Tu es un exemple, un modèle que je n’atteindrais jamais. Je ne te mérite sans doute pas, bonne qu’à ne te donner qu’une vie dévorée de l’intérieur, putride en son cœur.

Mes yeux se ferment. Je sens tes mains m’attirer contre toi. Mon corps épouse le tien avec une retenue étrange. Ce n’était guère de la timidité, pourtant il y avait quelque chose qui semblait nous retenir, encore. « Parce que nous traverserons chacune de ces épreuves ensemble. Femme de ma vie. » J’échappe un léger éclat de rire. Peut-être un éclat de larme. Mais je sens surtout un frisson me prendre.

L’une de mes mains se glisse contre ta nuque, l’autre demeurant sur ton torse.

J’inspire ton parfum avec…. Manque. Un manque réel qui me ronge, jour après jour. Je n’aurais jamais cru devenir aussi dépendante de ta présence, de ta personne… de ta chaleur, de cette chaleur dissimulée sous tes murailles de glace.

Et lorsque je te sens t’écarter soudainement, je te retiens. Je serre mes doigts contre toi et je souffle tout bas : « Reste. » Encore. Quelques minutes. Peut-être un peu plus encore. Il n’y a personne pour nous juger. Personne pour cracher sur nos noms.

J’inspire tout bas. Mon cœur se gonfle un instant avant que je ne vienne prendre tes lèvres. Un baiser. Doux. Un baiser. Mon amour. C’est confus. Mon cœur se gonfle, se serre. Je suis perdue. Je vais peut-être tout perdre pour cet enfant, pour cette famille. Charon, je ne sais pas ce que je suis prête à sacrifier. Je ne sais pas si je suis prête à abandonner tout ce que j’ai construis ici. Je ne suis qu’un monstre vorace, je le sais. Mais ce que je sais ne me rendra jamais lire. J’ignore comment nous pourrons continuer. J’ai peur. En as-tu seulement conscience ? J’ai peur.

Mes lèvres effleurent les tiennes. J’abandonne un chaste baiser contre tes lèvres légèrement gonflées…. Et lentement, je guide ta main, ta paume contre le doux arrondi de mon ventre.

Mes yeux sont ouverts et cherchent les tiens.

C’est la vie au creux de mon être. C’est la vie, de notre famille encore. Cette vie, nous mets encore au défi d’y parvenir, de survivre dans une dynamique différente.

« Tu me manques… »

Un murmure abandonné si proche de ta bouche. Tu me manques. Quand bien même suis-je dans tes bras. Tu me manques. Hier. Aujourd’hui. Demain. Je ne suis certaine de rien. Pour notre fils. Pour nous. Pour notre futur. Et peut-être même pour cet enfant en devenir au creux de mes reins.


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Message Re: Uncertain future <Charon>
par Charon T. Malefoy, Ven 21 Sep - 0:04 (#)

Uncertain future
Charon & Euphrasie

« Reste. » Un simple mot, un murmure, un souffle. Un ordre, un espoir, un désir. Tes muscles déjà prêts à s’étirer et éloigner vos deux corps s’arrêtent. Tension suspendue à cet instant privilégié que vous vous accordez. Que tu vous accorde. Que tu voudrais retenir encore. Ton corps se détend à nouveau au contact délicat de son être pressé contre le tien. Ton souffle caresse ses cheveux, éclats dorés qui viennent chatouiller le derme de ton visage. Instant volé au professionnalisme du bureau. Instant dérobé aux rythmes effrénés de vos vies mutuelles. C’est ta femme qui vibre là, dans tes bras, tirant une nouvelle fois dans sa propre énergie pour créer une vie au creux de sa chair. Si tu savoures ce rapprochement imprévu entre vos deux corps, une partie de toi ne peux s’empêcher de lutter encore. Rompre l’intimité de l’instant pour revêtir les apparats et les attitudes du directeur de la justice magique. Pourtant dans le secret de ce bureau lové dans le plus secret des départements du Ministère, qui pourrait vous observer ? Qui pourrait vous juger ? Qui oserait vous faire le moindre reproche ? Personne. Ton propre cœur soupire à l’unisson de celui d’Euphrasie Malefoy qui semble presque trembler contre le tissu de ton habit. Lentement elle a fait un mouvement de tête vers toi, ses lèvres effleurent les tiennes et tu fermes les yeux, une fraction de seconde, glissant dans l’immensité simple d’un simple et trop léger baiser contre ta bouche. Soudain tu voudrais plus, agripper ses lèvres, creuser la courbe de ses reins d’une pression de main trop forte, sentir ses courbes parfaites se plaquer contre ton torse, mordiller sa peau, jouer avec ses frissons. Un tout qui te manque cruellement. Un manque que tu ressens violemment à cet instant précis.

Délicatement elle a glissé ses doigts sur ta main, guidant cette dernière vers son corps, l’étoffe douce sous tes doigts glisse alors que tu caresses tendrement le ventre si légèrement arrondi. Un début de vie qui tend doucement le derme de ta femme, encore si petit, si insoupçonné, et pourtant déjà tant désiré. Car si la nouvelle de la grossesse palpite encore, chaude, dans la poche de ta veste, ton esprit s’est déjà embrasé, incapable de modérer ses ardeurs quant à cette nouvelle promesse inespérée. Tes paupières se soulèvent à nouveau, comme pour mieux te tirer du rêve dans lequel tu voudrais fondre tout à fait. Oublier les peurs, les échecs, les déceptions. Oublier les morts. Tes iris rencontrent les siennes, océans immenses troublés. Un léger sourire vient étirer tes lèvres d’ordinaire si immobiles entre les murs de ce bâtiment. Voilà que tu souris à ta femme, Charon Malefoy. Mêlant douceur, éclat brûlant et protection dans ce regard venu des tréfonds de ton âme de père. Un nouveau murmure traverse l’espace réduit entre vos deux bouches, tu aspires celui-ci, goût amer d’une réalité qui vous sépare et vous meurtris. Répéter les mêmes erreurs que par le passé ? Ou avancer, ensemble, et vous montrer plus forts encore que la routine et la fatalité de vos carrières flamboyantes ? Tu avales ses peurs, tu voudrais les aspirer de son cœur et la délester de ces lourdes angoissent qui assombrissent l’éclat délicieux de son regard brillant. Prendre pour toi ses douleurs passées, ses hésitations, et ne lui laisser que la plénitude de la nouvelle vie qui grandit lentement en elle. Nouveau souffle que tu comptes protéger coûte que coûte cette fois. Mais tu connais bien ta femme et tu sais que ses angoisses ne concernent pas que la vie fragile qui pousse les courbes de son ventre. Tu sais qu’elle craint pour sa carrière. Questions légitimes pour une femme dans un monde patriarcal qui a vite fait de remplacer les maillons faibles de son échafaudage. Mais Euphrasie Malefoy est loin d’être un simple rouage de cet engrenage, la mettre au banc, reclassé de côté, ne sera pas chose facile. Ce serait même tout à fait stupide et tu connais suffisamment son supérieur pour savoir qu’il ne peut plus se passer aussi rapidement de son adjointe. « Je suis là Euphrasie. » Murmure doux et ferme à la fois. Souffle glissé vers elle, plus qu’une promesse, une affirmation. Un aveu, un serment. Il t’est arrivé parfois de manquer le coche, de préférer la solitude de ton bureau à la vie de votre foyer, par le passé. Mais les choses sont différentes aujourd’hui. Parce que les conséquences ne sont pas les mêmes, votre histoire trop lourde de drames et de douleurs pour être simplement prise avec bonheur et joie. Parce que vos carrières ont pris un pas important dans le temps de vos semaines. Pour toutes ces raisons c’est un constat ferme et sûr que tu lui fais à présent. Aujourd’hui, demain, pour les jours, la vie à venir, tu seras là. A défendre sa vie, ses droits, sa place si jamais tu dois le faire. Tu es là pour ses doutes, ses angoisses, dans l’obscurité de ses nuits au sommeil perturbé. Tes doigts se ferment sensiblement sur le ventre de ta femme, sans brutalité, mais avec cette aura de force et de protection que tu veux lui transmettre. « Pour toi, pour vous, j’ai et j’aurais tout mon temps. » Ton regard brûle. Qu’importe le ministère, qu’importe la pile de dossier qui t’attend et tes rendez-vous repoussés, tu es près à tout mettre en suspend pour lui prouver la valeur de ta dévotion à son sujet. Et le sacrifice de ton âme d’ordinaire si intransigeante est immense à cet instant. Tes lèvres s’emparent des siennes, plus charnellement qu’elle ne l’avait fait auparavant, interminable instant d’intimité volé à la raideur d’un bureau de langue de plomb.

Tu finis pourtant par te reculer légèrement, mais uniquement pour mieux la contempler, embraser son visage, son corps et son aura, avec toujours ce vague sourire qui perle à tes lèvres. « Tu es sublime. » Tu voudrais être chez vous, avoir devant vous l’immensité des heures sans contraintes pour honorer son être et insuffler à votre amour les ardeurs de votre passion. Soudain, un léger coup porté sur la porte du bureau craquelle la sphère magique dans laquelle vous vous étiez glissés. Amants d’un instant, mariés d’une vie. Dans ton corps la tension a bondi d’un coup, serrant les muscles de ton être, redressant ta silhouette, figeant dans la glace les traits de ton visage. Un rapide coup d’œil à la montre qui orne ton poignet révèle la cruelle course effrénée des aiguilles sur le cadran. Si tu es prêt à prendre ta journée pour rester auprès de ta femme, les affaires elles, ne semblent pas être prêtes à te laisser profiter d’elle. « Je ne termine pas tard ce soir. Que dirais-tu que nous allions dîner à l’extérieur ? » Sans même que tu t’en rendes compte ta voix a repris sa tonalité de l’homme de loi. Comme si la bulle d’intimité percée tu ne pouvais agir autrement qu’en directeur. Seuls, tes gestes, restent ceux de l’amant. Tes doigts, libres et doux, viennent à nouveau effleurer le ventre tendrement arrondi  
 


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Message Re: Uncertain future <Charon>
par Euphrasie Malefoy, Dim 25 Nov - 17:25 (#)
Ta chaleur l’enrobe, et il y a la contact de ta main contre l’arrondi de son ventre. Immobile, ses yeux clairs croisent les tiens et elle ne manque pas de remarquer ce sourire inespéré qui tire tes lèvres. Un sourire peut-être léger, mais si rare qui lui réchauffe quelque peu le cœur, et elle ne peut s’empêcher d’y répondre légèrement aussi. Elle n’a pas besoin de poser les mots sur ce qui la trouble pour que tu comprennes pour que tu y répondes tout bas : « Je suis là Euphrasie. » Elle inspire un peu. Dans vos quêtes vous avez atteints tous les deux des sommets de ce gouvernement. Des places qui ont été dure à acquises, en plein cœur des jeux politiques. Elle sait combien ces jeux prennent une énorme place dans ta carrière, même dans la sienne. Ces alliances qui se délient parfois trop rapidement, lorsque la confiance vole pour de nouveaux jeux. Faire voter vos propositions de loi, tout en assurant la justice et la sécurité de ce pays. C’est un travail à plein temps, la dévotion de toute une vie et plus encore. « Je vais avoir besoin de toi… » Un murmure. Elle se redresse légèrement, sa main toujours poser contre ton cœur. Elle se redresse assez pour relever le menton et planter ses orbes glacées dans les tiennes. « Je ne veux pas perdre cette place… »  Elle fronce très légèrement les sourcils. « Si ils m’écartent, je vais tout perdre. » Et tu n’es pas sans savoir que dans le Département des Mystères, perdre rime à bien plus. Elle perdait sa mémoire sur toutes ces années, ses affaires. Elle perdait alors tout intérêt aux yeux des autres pour un nouveau siège, quel qu’il soit. « C’est impensable. »  Car votre alliance est aussi cela. Vous étiez de véritable partenaire, vous confiant des choses parfois si sensible de vos affaires pour vous entraider. Pire encore, parfois pour pousser, tirer les ficelles, appuyer là où vous désirez aller. Pour vous ou pour d’autres. Il n’y a pas que le pouvoir qui vous dévore, mais un idéal bien plus supérieur.

« Pour toi, pour vous, j’ai et j’aurais tout mon temps. » N’a-t-elle pas envie de répondre mensonge ? Pourtant elle se tait, se contentant de répondre à ton baiser, ses doigts et ses ongles glissant contre ta nuque.
Puis il y a ce compliment qui flotte à tes lèvres, ce sourire aussi qui demeure. Tu lui arraches un très léger rire. Elle t’a rarement vu ainsi, sauf peut-être le jour où tu as afin réussi à décrocher cette place de directeur.

Il y a la distance qui se creuse et elle te considère, les doigts contre son ventre, et cette proposition à la bouche. Elle inspire lentement, glissant ses dextres contre les tiennes et répond calmement : « Avec plaisir, Mr. Malefoy. » Elle sourit, un brin taquine, avant de s’approcher de toi. Elle glisse ses doigts contre ta barbe taillée et dépose un léger baiser contre ta joue. « Je fini aux alentours de 20h. Je passe par ton cabinet ? »  Elle attend ta réponse avant de te laisser filer.

(…)

Les aiguilles ne s’arrêtent jamais dans leur course folle. La réunion terminée, son pas se calque à celui de son directeur de département alors qu’ils ne tardent pas à prendre le portoloin pour quitter le pays étranger dans lequel avaient pris place.
Ce transplanage de longue distance lui laisse une sensation désagréable, certainement du à la grossesse, mais elle le masque du mieux qu’elle peut, n’ayant pas encore abordé le sujet avec son supérieur.

Elle ne tarde pas à ranger ses affaires et enfile sa cape et ses gants. Sa baguette à la taille, elle jette un dernier regard vers son bureau avant de le quitter pour quitter le dédale sombre du Département des Mystères, enclenchant les derniers enchantements et mécanisme de défense du Département à son départ.
Elle remonte dans les étages pour rejoindre la Justice Magique, passant devant les bureaux des aurors en chef, et des brigades, salles de réunions pour atteindre le bureau du Directeur.

Elle frappe de trois courts fermement.


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