BELLUM PATRONUM


Version 32

Une nouvelle version a été installée sur le forum, accompagnée de son lot de nouveautés.
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Groupes fermés

Les sang-purs étrangers sont fermés. Redirigez-vous vers les familles de la saga ou des membres.
Les Serpentards et Gryffondors sont fermés actuellement. Merci de favoriser les deux autres maisons.
équilibre des groupes

Nous manquons d'étudiants, de membres des partis politiques du FLM et Gardiens.
Nous manquons également de Mangemorts.

High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
newbie - don't argue with your own nature
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Message High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Micah D. Lawniczak, Mar 12 Juin - 0:44 (#)
Micah Daniel
Lawniczak
Nom: écrire ici Prénom: écrire ici Âge et Date de Naissance: écrire ici Nature du sang: écrire ici Situation familiale: indiquez ici la situation de votre personnage, s'il a des frères et des sœurs, s'il est fiancé, s'il s'entend bien avec ses parents etc... Patronus: écrire ici Miroir du Rised: écrire ici le plus grand désir de votre personnage Epouvantard: écrire ici Baguette magique: écrire ici  Occupation : Indiquez pour les sorciers n'étant plus étudiant le métier de votre personnage. Indiquez pour les élèves de Poudlard le domaine d'études de votre personnage, son année ainsi que les options choisies, pour en savoir davantage, rendez-vous sur ce topic Maison souhaitée :  écrire ici Gryffondor, Serdaigle, Serpentard, ou Poufsouffle. Groupe souhaité : écrire ici le groupe désiré. Toutes les informations sont ici. Crédits images : av (c) Dandelion.
Caractère
Ici, c'est la partie où vous présentez votre personnage. Décrivez son caractère, c'est le plus important, donc n'hésitez pas à développer. Minimum de 250 mots.
Votre personnage a-t-il été touché malgré lui par les éléments récents du monde sorcier ? écrire ici. Cela peut être une situation de discrimination, ou l'un des anciens événements du forum que vous pouvez retrouver ici.

S'est-il impliqué d'une certaine manière (volontaire ou involontaire) ? Comment ? écrire ici.

Quels sont les idéaux politiques de votre personnage ? Se rallie-t-il à une cause ?  écrire ici.

Votre personnage est-il engagé politiquement ?  Que pense-t-il de la situation actuelle ? écrire ici.  Il existe des associations politiques au sein de Poudlard ; ainsi que des partis politiques représentés dans la communauté sorcière. Et les fidèles membres de l'Ordre du Phénix ainsi que les Mangemorts. (toutes les informations pour rejoindre ces groupes sont ici pour la politique, pour les mages noirs.

Lors de l'apparition de son patronus corporel en décembre 1978, quelle a été la réaction de votre personnage ?  écrire ici, uniquement pour les personnage possédant un patronus corporel, supprimer la question si votre personnage n'en possède pas. Les information sur les patronus sont ici.  

Quelle a été sa relation avec celui-ci au départ ? Comment a-t-elle évoluée ? écrire ici, uniquement pour les personnage possédant un patronus corporel, supprimer la question si votre personnage n'en possède pas.

Votre personnage a-t-il été touché par la Peste en 1980 puis en 1983 ? Comment l'a-t-il vécu ? écrire ici, uniquement pour les personnage possédant un patronus corporel, supprimer la question si votre personnage n'en possède pas.

Quel est l’avis de votre personnage sur les patronus corporels et sur les événements les concernant récemment ? écrire ici, uniquement pour les personnage ne possédant pas de patronus corporel, supprimer la question si votre personnage en possède un.
Questions
PSEUDO ET AGE :styxx (Audrey), entre 27 et 28 ans HOHOHOHOHOHOHOHOHHO Où as-tu trouvé le forum ? bazzart, a long time ago. Personnage: à la fois inventé et pré-lien, ça compte?  Avatar Dominic SherwoodAs-tu un autre compte sur BP ? une certaine Quinn Warren, vous connaissez? Présence: Selon ce que mon mode de vie nomade me permet.  Une remarque ? tsssss tsss tsss. vous m'avez eue.  


Dernière édition par Micah D. Lawniczak le Mar 12 Juin - 0:48, édité 1 fois
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Micah D. Lawniczak, Mar 12 Juin - 0:44 (#)
Chapitre 1 - L'ascension
Happiness can be found even in the darkest of times


WARNING :L'histoire que vous vous apprêtez à lire n'est pas adaptée à tous les publics. Y sont abordés entre autres l'antisémitisme, les agressions sexuelles, le victim-blaming, le harcèlement, le silence des institutions telles que l'armée face à ces problématiques, les meurtres, la violence. Les trigger warnings seront re-précisés à chaque passage susceptible de heurter la sensibilité des lecteurs.

Partie 1 - Enfance



001 – RIOT La mort de Staline avait provoqué un véritable raz-de-marée au sein du bloc communiste, créant de l'instabilité politique dans ce pays voisin de l'union soviétique. La colère des ouvriers polonais commençait à gronder dans les rangs et finit par exploser en juin 1956. Jacob Lawniczak était un de ces ouvriers contestataires, excédé par les pénuries répétées d'acier et autres matières premières. Son usine était en chômage technique depuis plusieurs semaines déjà, et les fins de mois étaient de plus en plus compliquées à boucler, d'autant plus que la famille vivait sur un seul salaire. Marta Lawniczak, son épouse, était mère au foyer et s'occupait de son fils âgé de plusieurs mois à plein temps . Ce matin là, elle était en train de faire l'inventaire des placards et le constat était sans appel : les provisions diminuaient de façon drastique et il était impossible de se réapprovisionner pour le moment. Les prix continuaient à gonfler alors que les niveaux de vie étaient de plus en plus bas. Partisan anti-communiste de la première heure, Jacob s'investissait dans les luttes ouvrières et défendait avec ardeur les ouvriers que le régime communiste saignait à blanc. Nous étions le 26 juin de l'année 1956 et Jacob s'apprêtait à quitter la maison, ignorant encore qu'il ne reverra jamais sa femme et son fils. Pourtant, comme tous les matins, il se pencha vers son épouse pour l'embrasser et ébouriffer les cheveux blonds du bébé.

«  Je vais aller rejoindre les autres à l'usine avant de partir à la manifestation. » déclara Jacob en enfilant son manteau beige. « Nous sommes attendus en ville en fin de matinée. »
« Vous n'allez pas être gênés par la foire ? » s'enquit Marta en rajustant le col de son mari.
« Au contraire, c'est parfait. » se réjouit Jacob. « Les exposants viennent du monde entier, c'est idéal pour attirer l'attention sur la souffrance de notre peuple. Il est urgent que les prix de la nourriture baissent, que nos salaires augmentent et que nos conditions de travail s'améliorent. Cela fait des mois que nous sommes dans le rouge, ça ne peut plus durer. »
« Fais attention, surtout. » répondit Marta, l'air soucieux. « Tu sais à quel point la milice réprime violemment tous ceux qui s'opposent au régime. »

Marta n'avait pas oublié les purges qui ont précédé la proclamation de la nouvelle Constitution, où chaque opposant politique était évincé et silencié. Longtemps, elle avait craint que Jacob fut de ceux-là et ce fut pour cette raison qu'elle refusa catégoriquement qu'il s'engageât en politique. Jacob, cependant, n'avait rien perdu de la fougue qui l'animait. Il passera sa vie à se battre pour ce qui est juste, avait-il déclaré un jour, pour garantir à chacun un monde meilleur. Malgré les horreurs vécues pendant la seconde guerre mondiale, malgré l'enfer des camps de concentration, Jacob avait ce feu, cet espoir contagieux qu'il comptait bien transmettre à sa descendance, si on lui prête vie. Jacob partit avec la fleur au fusil ce matin là, porté par la force de ses convictions.

La journée se passa exactement comme d'habitude. Marta s'occupa de son fils, s'affaira dans la maison autant que son énergie le lui permettait, regarda de temps à autres par la fenêtre pour espionner les voisins. Vers dix-sept heures, en sortant dans la rue, elle croisa la voisine qui était en train de revenir chez elle. Celle-ci arborait l'expression empreinte de gravité typique de ceux qui savaient que quelque chose s'était passé et qui ne savaient pas trouver les mots justes pour l'annoncer. Plus encore, la voisine en question était l'épouse d'un collègue et ami de Jacob, et tout comme Jacob, il avait lui aussi participé au mouvement de grève.

« Marta ! » s'écria-t-elle, surprise de voir son amie. « Jacob n'est pas rentré à la maison ? »
« Non. » répondit la principale intéressée, la boule au ventre – elle pressentait que quelque chose n'allait pas, et elle ne parvenait pas à chasser cette impression. « Tu as pu avoir de leurs nouvelles ? »
« Oh, et bien...tu n'es pas au courant que des coups de feu ont été tirés sur la foule ? Ils sont allés dévaliser l'armurerie de la prison et ils occupent quelques bâtiments administratifs. »
« Comment ça, il y a eu des coups de feu ? Est-ce que Jacob a été... »
« Marta, tu n'en sais rien, nous n'en savons rien, d'accord ? Si ça se trouve, Jacob va bien, mon mari l'a récupéré et ils ont pu se réfugier dans un endroit sûr. Rentrons à l'intérieur, tu veux bien ? Nous allons attendre. »

Alors, elles attendirent.
Rongée par l'inquiétude, Marta n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Avec angoisse, elle s'attendait à ce que le téléphone sonne à tout moment pour lui annoncer la terrible nouvelle. Le 29 juin, au soir, les pires craintes de Marta se confirmèrent : pas loin de cinq militaires s'engouffrèrent chez elle pour lui annoncer que Jacob Lawniczak avait été blessé mortellement par balle au cours des émeutes qui ont secoué la ville deux jours durant, et qu'elle était attendue à la morgue pour identifier le corps. Ce jour là, le monde de Marta s'effondra, parce qu'elle venait de perdre non seulement son mari, mais aussi le père de son fils. Tout juste veuve, Marta ne voyait pas comment elle allait pouvoir s'en sortir toute seule.

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002 - DUTY Poznan s'était embrasée et les émeutiers ont été arrêtés en masse. Si Jacob n'était pas tombé ce jour là, il aurait sans doute fini par moisir dans une des prisons insalubres du pays. Le nom de Jacob Lawniczak tomba sous silence, comme si l'homme était devenu la honte de la famille, un sujet tabou dont il ne fallait plus jamais parler. Marta, par la suite, n'évoqua plus son nom, ni en public, ni en privé. D'ailleurs, dès que les funérailles furent terminées et que tout fut remis en ordre, la mère et l'enfant quittèrent Poznan pour s'installer à Cracovie. N'ayant que peu de moyens, Marta occupa un logement insalubre et fut embauchée en tant que secrétaire. Le salaire n'était pas très élevé, mais c'était toujours mieux que rien. Elle essayait tant bien que mal de garder la tête hors de l'eau et surtout, elle n'était pas seule.

Stanislas Lawniczak, le frère aîné de Jacob s'occupa de la jeune veuve et de l'orphelin. Il n'habitait pas avec eux, bien entendu, mais il venait aussi souvent que possible, tant et si bien que la nature exacte de la relation qu'entretenaient Stanislas et Marta était extrêmement floue, et demeura ambiguë pendant très longtemps. Ce fut dans ce contexte que Micah grandit. L'oncle Stanislas était tellement présent que Micah n'entendit jamais parler de Jacob et considéra Stanislas comme son véritable père. Stanislas multiplia de plus en plus les visites, tant et si bien que la mère et le fils déménagèrent à nouveau et vécurent dans des conditions beaucoup plus dignes. Cependant, l'insalubrité du logement qu'occupait Marta jadis eut un impact conséquent sur sa santé : Marta tomba malade et son état ne cessa de s'aggraver par la suite. Son état de santé ne lui permit pas de garder son travail très longtemps. Micah voyait sa mère alitée très souvent, et il passait beaucoup de temps avec elle. Quand Stanislas n'était pas là, ils se tenaient compagnie. Micah adorait sa mère, il était très proche d'elle. Cette proximité dérangeait profondément Stanislas, qui n'y voyait là que l'expression d'un complexe d'Oedipe qui s'éternisait. Un jour, disait-il, ce gosse finira par tuer son père et épouser sa mère. Peut-être cette jalousie mal placée expliquait-elle la sévérité dont Stanislas faisait preuve à l'égard de Micah. A moins que cela le dérangeait de devoir s'occuper du fils d'un autre, lui qui voulait tellement assurer sa propre descendance.

Pour une fois, Marta avait quitté son lit. Elle s'affairait dans la maison, préparait le repas pour Stanislas, qui devait rentrer ce soir. Elle était heureuse, Marta, parce qu'elle avait une bonne nouvelle à lui annoncer. Alors, elle attendait impatiemment qu'il arrive pour lui faire partager son bonheur, mais aussi son inquiétude car l'un ne venait jamais sans l'autre. Chaque moment de bonheur était aussi source d'inquiétude, parce que ce bonheur était tellement fragile que tout pouvait s'écrouler à tout moment. Une journée de rêve pouvait se transformer en cauchemar en un claquement de doigts, personne n'était épargné, personne.

« Qu'est-ce qui te rend heureuse, Maman ? » demanda le petit garçon blond, qui n'avait pas vu sa mère heureuse depuis très longtemps.
Marta jeta un regard attendri à son fils, puis elle s'accroupit pour se mettre à sa hauteur. Comme elle l'avait fait pour Jacob tant de fois auparavant, Marta rajusta le col de son fils. Elle lui avait fait mettre une chemise, comme il était d'usage lors des grandes occasions.
« Je suis heureuse parce que j'ai un merveilleux petit garçon. » dit-elle en lui ébouriffant les cheveux et en lui effleurant le bout du nez. « Et si tout va bien, dans quelques mois, tu auras un petit frère ou une petite sœur. Tu seras l'homme de la maison, et ton devoir sera de veiller sur lui, ou bien sur elle. »
A cette annonce, l'enfant âgé de sept ans écarquilla les yeux. Sa mère, avoir un autre bébé ? Mais...ne disait-elle pas quelques instants plus tôt qu'elle avait un merveilleux garçon ? Pourquoi avait-elle besoin d'avoir un autre enfant dans ce cas, ne lui suffisait-il pas ?
« Si je dois veiller sur lui, qui veillera sur moi ? » s'inquiéta Micah, qui n'en revenait toujours pas. « Et qui te dit que j'en serai capable ? Et si je me trompe et que je vous déçois ? Je ne veux pas vous décevoir. »
Marta, qui pouvait ressentir l'inquiétude de son fils, caressa doucement sa joue pour le rassurer.
« J'ai confiance en toi, mon Micah. Tu es une bonne personne, tu seras un excellent modèle pour cet  enfant. Je suis fière de te voir aussi concerné alors que ce n'est que le début. Je te connais, mon petit  garçon, je sais que tu feras ce qui doit être fait et plus encore, parce que quoi que tu fasses, tu finis toujours par dépasser mes espérances. »

Marta avait toujours su que son fils sera une personne fiable et digne de confiance. Dès son plus jeune âge, Micah avait manifesté un sens du devoir très prononcé, prenant à cœur tout ce qu'on lui demandait. Il avait cette volonté de bien faire pour satisfaire les attentes des autres, et bien plus encore. La personnalité du gamin était certes en pleine construction, mais avec son intelligence aiguisée et son enthousiasme à toute épreuve, il pourra accomplir de grandes choses si on lui en laissait la possibilité. Ce rôle d'aîné qu'on lui confiait n'était que la première étape, une façon comme une autre de lui confier des responsabilités – et Marta savait qu'il s'y tiendrait.

Bien sûr que Micah était angoissé. Qui ne le serait pas face à un tel changement ? Bientôt, il y aura un autre enfant à la maison et toutes leurs habitudes seront bouleversées. Micah tenait beaucoup à leurs petits rituels, ce n'était pas de la jalousie, il estimait simplement qu'il sera difficile de faire de la place à quelqu'un d'autre. Malgré ses propres doutes, Marta trouva les mots justes pour rassurer son enfant. Celui-ci finit par décréter que cette naissance à venir était finalement une très bonne chose, et qu'il sera ravi de jouer les grands frères quand le moment sera venu.

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Warning: Violences conjugales. Le jeune Micah est témoin de violences conjugales de son oncle envers sa mère. Il s'interpose pour protéger sa mère. Ses pouvoirs magiques se déclenchent et l'onde de choc projette Stanislas dans l'escalier. Il récolte ainsi de multiples contusions et finit à l'hôpital.

Spoiler:
 

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004 - MAGIC Suite à sa chute dans les escaliers, Stanislas n'eut rien de grave, si ce n'est que quelques côtes cassées, un léger traumatisme crânien et quelques contusions. L'homme était déjà irascible en temps normal, il devint carrément excécrable après son bref séjour à l'hôpital et pour cause : il était persuadé que c'était Micah qui l'avait poussé et ce gamin insolent allait le payer très cher. Il se promit ensuite qu'il allait s'occuper personnellement de Marta, car cela ne serait évidemment pas arrivé si elle n'avait pas surprotégé son rejeton.

Il y avait du vrai, quand Stanislas prétendait que Micah était le seul et unique responsable de cet incident. Bien entendu, le gosse ne l'avait pas délibérément poussé - il ne manquerait plus que ça! - mais d'une façon ou d'une autre, il avait provoqué sa chute. Tandis que Stanislas ruminait, allongé dans son lit d'hôpital, cassé en mille morceaux, Marta allait et venait dans les couloirs, et s'allumait une cigarette de temps à autres. Ces dernières heures avaient été très mouvementées, elle avait besoin de détendre ses nerfs à vif. Elle qui faisait en sorte de ne jamais fumer devant Micah, elle pouvait enfin profiter d'un moment seule.

Sa solitude, toutefois, fut de courte durée. Alors qu'elle regardait par la fenêtre, perdue dans ses pensées, elle fut interrompue dans sa rêverie par un homme et une femme qui voulaient lui parler. L'homme était brun, petit et râblé, la femme arborait un carré court qui lui donnait un air sévère. Marta ne retint pas leurs noms, tout ce qu'elle savait, c'est qu'ils voulaient lui parler, ainsi qu'à Micah. Ce qu'ils avaient à leur dire était lié, de près à de loin, à l'état de Stanislas.

« Nous sommes navrés de vous déranger en de telles circonstances mais nous devions vous parler. » annonça la femme de but en blanc, qui n'avait pas l'air aussi navré qu'elle le prétendait.
« Pardonnez-moi de vous le demander de façon aussi abrupte, mais est-ce que vous avez été témoin d'événements étranges dans lesquels votre fils est susceptible d'être impliqué? » renchérit l'homme, tout en détaillant Marta de son regard d'un bleu perçant.
« Micah n'a rien fait de mal. » affirma Marta, sur la défensive. « Stanislas est tombé dans les escaliers, voilà tout, mon fils n'y est pour rien. Pourquoi vous voulez savoir ça, au juste, vous êtes de la police? »
« Pas du tout. » répondit la femme. « Nous n'appartenons pas au monde des Moldus, à dire vrai, nous sommes des émissaires du Ministère de la magie, et nous sommes venus interroger votre fils sur les événements qui sont survenus à votre domicile ces dernières quarante-huit heures. »

Lorsqu'elle entendit cette bonne femme prononcer le mot magie, Marta écarquilla les yeux. Elle n'était pas certaine de comprendre ce que ces deux individus leur voulait, à elle et à son fils.

« Je crois que vous faites erreur. » dit calmement Marta en écrasant sa cigarette sur le rebord de la fenêtre ouverte. « Je ne sais pas qui vous envoie, ou s'il s'agit d'une mauvaise blague, d'un canular ou que sais-je encore, mais il est hors de question que je vous laisse parler à mon fils. Ce qui est arrivé à son père l'a beaucoup secoué, il n'a pas besoin que deux inconnus viennent le harceler pour d'obscures raisons. »
« Nous ne voulons pas de mal à Micah, vraiment. »  assura l'homme tout en lissant sa moustache. « Au contraire, si nous avons pris la peine de nous déplacer, c'est parce que nous voulons son bien, tout comme vous. »  

Marta émit un ricanement gêné.

« Ecoutez, j'ai assez de discernement pour savoir ce qui est bon pour mon fils ou non. En l'occurrence, votre intervention ne lui serait d'aucune aide. »  
« Est-ce que vous avez constaté des phénomènes étranges dernièrement? »  insista la femme, en plantant son regard dans les yeux sombres de Marta. « Votre compagnon est tombé dans les escaliers, n'est-ce pas? Si je ne m'abuse, vous n'avez pas vu Micah le toucher, et de toute manière, il faut beaucoup de force pour balancer un homme dans la force de l'âge dans les escaliers, vous ne pensez pas? »  
« Que voulez vous dire? »  s'impatienta Marta. » Bien sûr que non, je n'ai pas vu Micah pousser Stanislas dans les escaliers. J'étais affolée, j'avais mis mes bras devant mon visage parce que mon mari s'apprêtait à...peu importe. Comment aurais-je pu m'apercevoir de quoi que ce soit d'autre? »  
« Il y a pourtant une explication très simple. »  tempéra l'homme qui n'avait rien perdu de son calme olympien. » Si vous n'avez pas vu votre fils pousser votre mari dans les escaliers, c'est probablement parce qu'il ne l'a pas fait, tout du moins, pas directement. Votre fils a vu que vous étiez en danger, il a réagi de façon tout à fait instinctive, comme c'est souvent le cas avec les jeunes enfants qui découvrent leurs pouvoirs. Micah a créé une sorte de bouclier qui vous a protégée tout en repoussant la menace que représentait votre compagnon. Ce bouclier était d'autant plus puissant qu'il avait peur, qu'il était en colère. Peut-être ne l'avez-vous pas remarqué, mais après avoir déployé une telle énergie, il s'est sans doute senti vidé, épuisé. C'est une chose tout à fait normale. »  
« Stop. »  ordonna Marta, qui recommençait à avoir des vertiges. « Pourquoi devrais-je vous croire, au juste? Vous débarquez de nulle part et vous vous mettez à me parler de magie, de pouvoirs et de boucliers, vous croyez vraiment que quelqu'un va gober vos salades? »  
« Je sais que c'est difficile à croire. »  La femme essayait de calmer le jeu, mais c'était loin d'être gagné. « C'est compliqué pour nous de devoir expliquer la situation aux parents moldus d'enfants sorciers. Quoiqu'il en soit, nous sommes là dans l'intérêt de Micah, nous pouvons l'aider à maîtriser ses dons. Il existe une école pour les enfants qui présentent de telles particularités. Il recevra une éducation très complète, le cursus couvrira plusieurs disciplines et il aura accès à  de nombreuses activités extra-scolaires, comme le sport, l'art ou la musique. Il pourra également rencontrer d'autres enfants comme lui, vous savez tout comme moi que la sociabilisation est très importante pour le développement de l'enfant. Nous n'exigeons pas une réponse de votre part tout de suite, puisque Micah ne pourra y être scolarisé que dans quelques années, vous avez encore le temps d'y réfléchir, d'accord? »  

C'était complètement absurde, rocambolesque, délirant, et pourtant, Marta se surprit à acquiescer. En son for intérieur, elle se disait que dire un simple oui ne l'engageait à rien. Cette nouvelle l'avait tout simplement abasourdie, et elle n'était pas sûre de dire quoi que ce soit à Micah tant toute cette histoire lui paraissait invraisemblable. Dans un premier temps, elle décida de ne rien dire, se contentant d'observer.

Elle nota la survenance de quelques phénomènes inexplicables puis, quand elle fut enfin prête, elle eut une discussion sérieuse avec Micah. Elle lui raconta la visite de ces deux sorciers à l'hôpital, sorciers qui revinrent par ailleurs leur rendre visite quelques années plus tard, quand le garçon fut en âge d'intégrer l'école. L'enfant, tout d'abord réticent à laisser sa mère seule avec son oncle - Micah avait entre temps appris la vérité sur sa filiation - finit par accepter d'aller étudier dans cette école perdue au fin fond de la Russie.

Ainsi commença sa brève incursion dans le monde magique.
Ce qu'il ignorait encore, c'est que son aventure magique allait s'interrompre plus vite que prévu car, quoique l'on fasse, on ne pouvait pas échapper à son passé.


Partie 2 - Scolarité

005a - SKILLS Aussi loin que je me souvienne, je n'avais jamais aimé la foule. Je préférais largement les endroits calmes et déserts aux couloirs bondés. Pourtant, il était nécessaire de les traverser pour se rendre de cours en cours. Dès que la sonnerie retentissait, chaque élève jetait ses affaires dans son sac et, d'un seul mouvement, ils sortaient de la salle. Alors, ça bouchonnait, ça se bousculait, ça se bastonnait parfois, quand les esprits s'échauffaient trop. J'entendais le brouhaha des conversations et tous ces sons qui me parvenaient de façon éparse et désordonnée provoquèrent un début de migraine qui, je le savais, allait mettre du temps pour se calmer. J'inspirai profondément, tentant d'enrayer l'angoisse qui montait. Cela ne suffit pas à m'apaiser, aussi me permis-je de fermer les yeux quelques instants pour ne plus voir le décor tanguer autour de moi.

Ma scolarité était beaucoup plus difficile que je l'avais anticipé. Les disciplines pour lesquelles je m'avérais doué étaient beaucoup plus rares que celles où je m'avérais médiocre, voire mauvais. Je ne lésinais pourtant pas sur les efforts. Depuis mon tout premier cours, la toute première année, je n'avais jamais cessé de m'impliquer, de m'appliquer pour me mettre au même niveau que les autres. Etre issu d'une famille de moldus avait joué en ma défaveur, si bien que j'avais de nombreuses lacunes à combler. Par chance, j'apprenais très vite, je savais survivre en milieu hostile, ce qui m'aidait à passer mes années sans trop de problèmes.

Ma matière préférée était les duels et la magie de combat. Bien sûr que je m'étais pris quelques branlées parce que l'on tombe toujours sur plus fort que soi, il n'empêche que je m'en sortais toujours parce que j'étais plus malin que les autres. Mes capacités de stratège n'étaient plus à démontrer, j'en avais mouché plus d'un en les prenant par surprise. J'étais agile et rapide, j'observais mon environnement avec la plus grande attention. Des schémas précis se dessinaient dans ma tête, je repérais la moindre faille chez mes adversaires pour mieux les retourner contre eux. Rien n'échappait à ma vigilance, je retenais toutes les informations susceptibles de me servir. Je m'ennuyais parfois, parce que je semblais avoir deux trains d'avance sur tous les autres.

« Lawniczak, sur l'estrade, tout de suite! » ordonna l'enseignant, faisant sursauter les quelques étudiants présents dans la salle de classe. « Quant à vous, Mihaylov, vous monterez avec lui. »

Aujourd'hui, l'enseignant avait décidé de nous répartir par binômes afin de nous faire travailler nos réflexes défensifs. Ses méthodes étaient à mon sens peu orthodoxes, mais elles avaient au moins le mérite de nous faire réagir. Un rien anxieux, je me tenais debout sur l'estrade, attendant que le dénommé Mihaylov me rejoigne. La silhouette du grand brun décharné ne tarda pas à se détacher du reste des élèves et, en moins de temps qu'il faut pour le dire, il se trouva devant moi.

« Parfait. » dit-il, en nous toisant l'un et l'autre. « Mihaylov, vous attaquerez Lawniczak qui devra se défendre. Les autres, vous observerez ce qui se passe. J'attends vos observations à la fin de l'heure. »

Mihaylov ricana.

« Créer un bouclier ne devrait pas te poser problème, Lawniczak. » persifla mon adversaire. « A ce qu'il paraît c'est ta spécialité. »

A moins que je me trompe, mais il faisait très nettement référence à ce bouclier que j'avais créé pour protéger ma mère quelques années plus tôt, quand mon oncle menaçait son intégrité. Je ne cherchai même pas à comprendre comment il a pu accéder à cette information, moi qui ne parlais presque jamais de mon passé. Tout ce que je retins, c'est que ce fumier était prêt à tout pour me déstabiliser, y compris appuyer là où ça faisait mal, surtout appuyer là où ça faisait mal.

C'était ce qu'il voulait, que je réagisse, que je perde le contrôle et que je lui rentre dedans. C'était tellement bas comme comportement que je refusais de m'abaisser à son niveau. Comme toujours, pour me sortir de ce mauvais pas, j'allais devoir me servir de mon intelligence, de ma capacité à analyser une situation, de mes facultés d'observation.

« Bien essayé, mais tu ferais bien de changer de refrain. » rétorquai-je, légèrement moqueur.
« Messieurs, un peu de tenue, s'il vous plaît. » nous rabroua l'enseignant. « Nous sommes ici pour perfectionner nos aptitudes en duel et non nous crêper le chignon, laissez ça aux filles. »
« Sans vous manquer de respect, professeur, je pense qu'en situation réelle, l'adversaire n'en aura que faire du protocole. » argua Mihaylov, qui n'attendait que ça, de pouvoir en découdre. « En situation réelle, j'aurai à peine esquissé une courbette que je tomberai raide mort. »
« Pourtant, tu es là, en train de discuter. » soulignai-je en le toisant de mon regard vairon. « Pendant ce temps là, j'ai dix fois le temps de te jeter un sort. »
« Alors, qu'est-ce que tu attends pour me faire mordre la poussière? » provoqua-t-il, l'air bravache. Puis, il s'adressa au reste des élèves : « Je ne sais pas pour vous, mais moi, je commence à m'emmerder bien comme il faut. »
« Toujours ton goût pour le spectacle. » constatai-je, toujours aussi calme - trop calme. « Il faut toujours que tu en fasses des caisses, tu ne peux pas t'empêcher de parader, tu enfles, de la sorte tu espères impressionner ton adversaire. »

Contrairement à ce que mon propos laissait suggérer, ce n'était pas un reproche, c'était juste un constat.

« On m'a toujours dit qu'on recourait à la vantardise pour combler un manque, une lacune. » repris-je, toujours aussi confiant. « Qu'est-ce que tu cherches à cacher, Mihaylov? » Je continuais à le détailler, observateur. « Devant nous, tu te tiens droit, le front haut et fier, pourtant, quand personne ne te regarde, tu as les épaules relâchées et tu as la tête baissée. Peut-être que c'est la confiance en toi qui te fait défaut? Après tout, ce n'est pas celui qui en dit le plus qui en fait le plus. »

Tout en parlant, j'avais commencé à me déplacer sur le côté, baguette au poing. Alerte, mon adversaire me lâchait plus du regard.

« Tu argues que les courbettes, le protocole manquent de réalisme et tu as raison, pendant ce temps là, tu aurais le temps de me tuer dix fois. » Mes lèvres s'étirèrent en un sourire sardonique. « Cependant, si je peux me permettre, quand tu descendras de l'estrade, fais attention à tes lacets. Ce serait dommage de te vautrer devant tout le monde. Enfin je dis ça, je dis rien. »

Mon sourire se fit plus franc, plus malicieux. Mon adversaire resta interdits quelques instants, puis, lorsqu'il se souvint que j'avais évoqué une sombre histoire de lacets, il baissa le regard sur ses chaussures et vit que j'avais noué ses lacets entre eux pendant qu'il parlait.

« Comment... »balbutia-t-il, surpris, ses joues blêmes devenant soudainement rouge écrevisse.
« J'ai tout simplement détourné ton attention. » dis-je d'un ton placide, toujours souriant. « Pendant que tu palabrais sur la pertinence du protocole, j'en ai profité pour agir. C'est ton point faible, Mihaylov, tu es incapable de te concentrer, ton attention peut être si facilement détournée. »

La classe toute entière retenait son souffle. Le professeur nous toisait, curieux de savoir ce qui allait se passer ensuite. Je levai ma baguette puis il eut une détonation. Je n'attendis pas que mon adversaire soit en mesure de répliquer pour attaquer de nouveau.

« Expulso. »Le sortilège bouta mon adversaire hors de l'estrade. Il atterrit lourdement sur les fesses. « Il se pourrait que tu aies raison sur ce point là. Ce sortilège est effectivement une de mes spécialités. »
« Messieurs, ça suffira pour aujourd'hui. » nous congédia l'enseignant. « Veuillez regagner vos places, le spectacle a assez duré. »

Je sautai au bas de l'estrade puis, bon joueur, je tendis la main à mon camarade pour l'aider à se relever. Ce dernier me fustigea du regard avant de s'en emparer. Une fois sur pieds, il me gratifia d'une accolade  virile puis, conformément à la demande du professeur, nous regagnâmes nos places, prêts à passer à l'aspect théorique de la leçon.

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005b - SKILLS. « A notre victoire! » lança Kiril, l'attrapeur de notre équipe. « Au capitaine Mihaylov qui nous a menés avec un talent dont on se rappellera pendant longtemps! »

Hourra! renchérit la foule massée dans le bar, tandis que nous entrechoquions nos verres pour trinquer tous ensemble. En ce jour de victoire, nos supporters étaient en liesse. Lors de notre retour de match, nous avons été accueillis en héros. Moi-même, en tant qu'attrapeur, je n'avais pas pu échapper à la joie collective. A l'instar de mes coéquipiers, j'avais largement contribué à cette victoire et pourtant je restais en retrait, je me sentais même de trop parmi tous ces gens. Bien sûr que j'étais content d'avoir gagné - qui ne le serait pas? - mais contrairement aux autres je n'étais pas du genre à me faire mousser. Même lorsque le mérite me revenait entièrement, je restais modeste, j'avais tendance à minimiser mes efforts. Je n'en donnais pas l'impression mais j'étais quelqu'un de humble et de discret, je détestais être au centre de l'attention.

Malheureusement pour moi, mes coéquipiers ne semblaient pas vouloir m'oublier. Déjà, Grigori Mihaylov me cherchait parmi la foule et, lorsque son regard croisa le mien, il crut bon de m'interpeller.

« Et n'oublions pas l'extraordinaire coup de patte de Micah. » Des dizaines de paires d'yeux se tournèrent vers moi . « Franchement mec, on a tous très bien joué mais c'est toi qui nous as permis de remporter la victoire, alors merci. »

J'aurais pu me défiler, arguer que l'issue du match ne reposait pas nécessairement sur l'attrapeur, que les poursuiveurs étaient indispensables pour s'assurer une avance confortable en terme de points et que les batteurs étaient tous aussi importants parce qu'ils protégeaient leurs coéquipiers des terribles cognards, mais cet argument était, semble-t-il, irrecevable aux yeux du capitaine.

De base, je n'étais pas nécessairement un grand sportif, bien au contraire. Avant d'intégrer une équipe de Quidditch, je ne m'imaginais même pas capable de m'illustrer dans un sport quelconque. J'étais toujours le premier surpris lorsque mes pairs me félicitaient pour mes exploits, c'était certes agréable mais c'était aussi terriblement embarrassant.

« Oh, et bien...de rien. »répondis-je en esquissant un sourire contrit.
« Maintenant que j'ai toute ton attention, est-ce que tu pourrais nous faire une dernière petite démo? »
« Là, maintenant, tout de suite? » interrogeai-je, surpris, alors que je jetai un regard circulaire à la salle, comme si je réfléchissais déjà à une façon de limiter les dégâts au cas où le Vif d'Or échapperait à ma poigne.
«  Allez Micah, montre-nous, ne fais pas ta chochotte! » provoqua-t-il, hilare. « Tu aimes te faire prier, pas vrai? »

Je fis les gros yeux, piqué au vif - et c'était cas de le dire - puis je sortis de mon sac un écrin. Précautionneusement, je le mis sur la table. L'assistance avait le regard rivé sur le coffert, que j'ouvris lentement, pour faire durer le suspense. Bientôt, les autres s'impatientèrent et ils commencèrent à taper sur les tables et à scander mon nom, tous en choeur. Lawniczak! Lawniczak!

Un tonnerre d'applaudissements retentit lorsque je sortis la minuscule balle dorée. Lorsqu'elle fut bien calée au creux de mon poing, les petites ailes se déployèrent et se mirent à battre entre mes doigts. C'était comme un second coeur qui battait contre ma paume, la sensation était étrange mais pas désagréable. Puis, toujours aussi délicatement, j'ouvris le poing et le Vif d'Or s'éleva de quelques centimètres dans les airs. Alors, dans un raclement de chaise, je me levai et d'un geste rapide, j'attrapai le Vif. Je recommençai plusieurs fois, pour le plus grand bonheur de mon public puis, décrétant que cela avait assez duré, je rangeai le Vif dans son coffret.

« T'es vraiment pas drôle, Lawniczak. » me rabroua Grigori, tandis que les autres se mirent à me huer, pour rire.

Pour toute réponse, je levai mon majeur, provoquant l'hilarité générale puis, non sans les ignorer royalement, je sortis une cigarette de mon paquet et la coinçai entre mes lèvres. Grigori éclata de rire puis il piqua une cigarette dans mon paquet.

« Ne vous gênez pas, surtout. » ironisai-je en haussant un sourcil. « Vous n'aurez qu'à le faire tourner tant que vous y êtes. »

Je n'eus pas besoin de le dire deux fois. Grigori Mihaylov fit entrechoquer son verre contre le mien, bientôt imité par mes coéquipiers. Je tirai une première latte sur ma cigarette puis je rejetai la tête en arrière, pour regarder le plafond. Je fermai les yeux quelques instants, pour oublier la clameur de la foule, le bouhaha joyeux des conversations, les récits enthousiastes de ceux qui se ressassaient le match encore et encore. Je ne repris conscience de mon environnement que quand Grigori pressa mon genou, avant de se pencher vers moi pour me murmurer quelque chose. Je me souvins d'avoir haussé les épaules puis d'avoir réclamé un autre verre, et encore un autre et ainsi de suite jusqu'à ce que je ne sois plus capable de me rappeler combien de verres j'avais descendu, ni même comment je m'appelais.

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WARNING: Agression sexuelle, propos homophobes et antisémites, violence. Les gars de l'équipe adverse, visiblement contrariés d'avoir perdu le match, coincent Micah dans le vestiaire alors qu'il était en train de se changer. Bien décidés à lui mettre une raclée, ils l'immobilisent et le déshabillent tout en l'injuriant. Bien décidé à ne pas se laisser faire, Micah s'énerve et rend les coups. Il se retrouve à se battre contre les autres gars, à seul contre plusieurs.

Spoiler:
 

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007 - FUTURES « Et maintenant, qu'est-ce que tu vas faire? » s'enquit Grigori Mihaylov tout en tirant une taffe sur sa cigarette.
« Je ne sais pas. » répondis-je en toute franchise, en tirant à mon tour une bouffée. « J'ai été renvoyé de l'école alors j'imagine que mon avenir dans le monde magique est compromis. J'irai sans doute travailler à l'usine, comme mon père. Enfin...mon vrai père. »

Je ne parlais pas de Stanislas mais bien de Jacob, l'homme dont ma mère avait été follement amoureuse. Jacob, qui était mort lors des émeutes de Poznan et qui était tombé en défendant ardemment ses convictions. Quand elle voulait bien en parler, elle disait que je lui ressemblais beaucoup. A en croire son regard empli de tendresse, ce n'était pas un reproche mais un compliment.

Pensif, je tirai une nouvelle bouffée sur la cigarette.

Grigori et moi étions assis sur un muret et nous regardions le paysage qui s'étendait à perte de vue. Non sans nostalgie, je me rappelais des débuts de notre grande amitié. Il n'avait pas toujours été avec moi, j'étais parfois la cible de ses remarques blessantes. Toutefois, j'ai fini par gagner son respect et lui le mien. Il y a eu tellement de chemin parcouru depuis. Au fil du temps, Grigori était devenu mon meilleur ami, mais maintenant que je quittais l'école, qu'allait devenir notre amitié? Ne disait-on pas loin des yeux, loin du coeur?

« Quand tu seras un joueur de Quidditch à la renommée mondiale, j'ose espérer que tu te souviendras de ton vieux pote Micah. » raillai-je, bien que le coeur n'y était pas.
« Comment je pourrais t'oublier? » s'insurgea-t-il, offensé. « Tu ne seras peut-être pas là à chaque match, mais je me souviendrai de toutes ces victoires que nous avons décrochées ensemble. C'est toi qui aurais dû te trouver à ma place, tu étais de loin le meilleur joueur de l'équipe, voire de toute l'école. »
« Mouais. » marmonnai-je, surpris par ma propre amertume.

Si j'étais vraiment le meilleur joueur de l'école, ils auraient tout fait pour me garder, pas vrai? On ne laissait pas les talents dans la nature. Pourtant, ce n'était pas ce qui s'était passé dans mon cas. Le carnage que j'avais engendré dans les vestiaires avait été découvert par le concierge et aussitôt, la machine disciplinaire s'était mise en branle.

Dès que j'ai été convoqué dans ce foutu bureau j'ai su que je n'avais aucune chance de m'en tirer. Le coupable était tout trouvé, et les têtes allaient tomber. Pas celles de ces connards, évidemment - ça aurait été trop beau - mais la mienne, pour la simple et bonne raison que je ne faisais pas partie des plus privilégiés.

D'un côté, il y avait ces jeunes hommes blancs, issus d'un milieu favorisé, à l'avenir prometteur.
De l'autre côté, il y avait moi, juif, prolétaire, élevé par une mère célibataire - cette ordure de Stanislas n'avait pas voix au chapitre, à mes yeux.
Je n'avais même pas besoin de faire un dessin pour démontrer qui avait le plus de poids dans la balance.

J'étais certes blanc de peau mais ce n'était définitivement pas ce qui allait me sauver. Dès que les autres savaient que j'étais juif, leur comportement à leur égard changeait. Cela se manifestait de façon très insidieuse. Cela allait des questions indiscrètes sur mon régime alimentaire ou mon anatomie - je ne mangeais pas de porc, pas plus que j'étais circoncis - jusqu'aux propos plus que déplacés, voire insultants, sur le génocide de mon peuple. Entre ces deux extrêmes il y avait tout un tas de saloperies plus ou moins décelables. J'aurais dû m'y habituer avec le temps, mais c'était toujours aussi douloureux. Je crois bien que ce cauchemar me hantera toute ma vie.

Depuis toujours, il y avait eux et moi, comme si nous ne pouvions pas faire partie d'un même ensemble. On m'assénait des poncifs sur les gens comme moi qui étaient surtout des préjugés, des clichés que l'on présentait comme une vérité générale. Seulement, que je sois juif n'était pas marqué sur mon front, j'avais donc l'avantage de marcher dans la rue sans être insulé ou sans risquer de me faire tabasser. Pour que les gens sachent, il fallait que j'en parle, or, quand j'en parlais, je redevenais l'autre, je me retrouvais de fait exclu du groupe.

Je pourrais ne pas en parler, si cela pouvait me permettre de me faire accepter des autres.
Seulement, je n'avais pas envie de renier qui j'étais, ce que j'étais, pour rentrer dans un moule qui sera au mieux inconfortable, au pire, totalement inadéquat.
J'avais le cul entre deux chaises, comme on disait.

Imperceptiblement, mon regard s'était assombri. Je ne pouvais pas y repenser sans ressentir un profond sentiment d'injustice. C'était ce que ma mère avait craint, quand je suis venu au monde. Juste après la guerre, mes parents ont tous deux décidé de couper le lien qui les reliait à notre peuple, à notre héritage. En se pliant ainsi aux règles du groupe dominant, ils espéraient ne plus être exclus.

Que dalle.

Le résultat était là. J'étais celui qui était exclu de cette putain d'école. Visiblement, vandaliser un vestiaire était beaucoup plus grave que de commettre des attouchements sur un élève. Je me sentis soudainement nauséeux. Je n'avais jamais rien dit sur ce qui m'était arrivé ce jour là, quand ils m'ont retrouvé dans le vestiaire. Je gardais ce secret honteux pour moi. Pour les autres, je ne serai jamais rien d'autre qu'un vandale, un délinquant, quelqu'un qui dégradait le matériel pour une obscure raison.

« Qu'ils aillent se faire foutre, tous autant qu'ils sont. » finis-je par murmurer, la bouche pâteuse, le regard rivé vers l'horizon.
« Je suis désolé mec, vraiment. Tu ne méritais pas de finir comme ça. »

Je ne répondis rien. Qu'y avait-il à répondre de toute façon? Grigori était l'illustration parfaite de mon propos. Moi je partais, lui, restait. Fin de l'histoire. Agacé, j'écrasai ma cigarette sur le muret puis, après m'être épousseté les mains sur mon pantalon, je me levai d'un bond.

« Faut que j'aille chercher mes affaires. » dis-je d'un ton bourru. « Vaut mieux pas que je m'attarde dans le coin. »

Je ne pouvais pas rester. Toute cette histoire m'écoeurait profondément. Bien sûr que Grigori n'y était pour rien en tant que personne, mais il bénéficiait quand même de ces privilèges à la con, qu'il le veuille ou non. Je jetai mon sac à dos sur mon épaule endolorie puis je quittai les lieux à grandes enjambées, presque heureux de me barrer d'ici pour de bon.


Dernière édition par Micah D. Lawniczak le Lun 18 Juin - 0:14, édité 22 fois
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Micah D. Lawniczak, Mar 12 Juin - 0:45 (#)
Chapitre 2 - L'apogée
Happiness can be found even in the darkest of times


Partie 3.
Mariage de Micah Lawniczak et Polina Berkowitz / Entrée dans l'armée / Micah est envoyé combattre au Viet-Nam aux côtés des forces soviétiques

008- COFFEE Prendre un café avant de retourner travailler n'avait rien de désagréable. Je les aimais bien chauds, limite brûlants et décorés d'un nuage de crème. C'était devenu une habitude, et les habitudes avaient quelque chose de réconfortant. Je venais tous les jours à la même heure, au même endroit. Les autres habitués finissaient par me reconnaître. Tout était familier. Il y avait ce type solitaire qui lisait le journal, et ce couple d'amoureux qui venait toujours ne s'est plus montré du jour au lendemain. J'en avais donc déduit qu'ils avaient fini par se séparer. Je les voyais parfois l'un et l'autre, l'un ou l'autre mais jamais ensemble.

Nous étions en hiver et il faisait froid. J'avais gardé mon cache-nez et mon bonnet et pourtant, j'avais les doigts gelés. Garder ses gants n'était pas du tout pratique pour tourner les pages du livre que je lisais. Bouquin dans une main, cigarette dans l'autre, attablé devant un café, je profitais de ma pause. Je faisais toutefois attention à l'heure, pour ne pas me retrouver piégé par le temps qui passe trop vite. Concentré sur ma lecture, je ne m'aperçus pas tout de suite que j'avais de la compagnie.

« Excuse-moi, est-ce que je peux m'asseoir ici? » s'enquit une voix féminine. « Je suis vraiment désolée de m'incruster comme ça mais il n'y a plus de place ailleurs et... »
« Pas de soucis. » répondis-je, laconique, tout en désignant du menton la place en face de moi.

La fille m'adressa un regard reconnaissant puis, elle s'installa en face de moi. Je l'observai quelques instants, avant de retourner à ma lecture. Elle avait des yeux très sombres et des cheveux noirs qui lui arrivaient jusqu'aux épaules, un visage en coeur, l'air espiègle. Je me souvenais d'avoir piqué un fard lorsque j'ai réalisé que je la regardais avec un peu trop d'intérêt.

« Désolée d'être aussi impolie. » s'excusa-t-elle, l'air contrit. « Je m'incruste à ta table et je ne me présente même pas. Je m'appelle Polina. Polina Berkowitz. »
« Polina. » répétai-je, bêtement, les joues brûlantes. « Ce n'est pas mon nom, bien sûr. J'étais en train de me dire que j'aimais bien. Moi, c'est Micah. Lawniczak. »
« Enchantée, Micah, ton nom n'est pas mal non plus. »

Je faillis m'étouffer avec ma fumée de cigarette en réprimant un rire nerveux. Les années avaient beau passer, je n'étais toujours pas sociable, encore moins avec les filles. Pourtant, paradoxalement, je me liais facilement, j'attirais la sympathie. J'avais cette aura solaire qui réchauffait les coeurs dès qu'on prenait la peine de percer ma carapace.

« Ton prénom, c'est de l'hébreu, pas vrai? » demanda-t-elle à brûle-pourpoint.

Je la sentais réellement intéressée par la réponse, aussi ne rechignai-je pas à lui répondre.

« Ouais. Micah est un des douze prophètes de l'ancien testament. Il paraît qu'il a écrit un bouquin où il énonce des prophéties du chaos et des promesses de reconstruction. La guerre et la paix, tu vois le genre. »
« Je vois tout à fait le genre, oui. » s'esclaffa-t-elle, son regard s'allumant d'une lueur malicieuse. « Je crois qu'il te va bien. Je sens que ces deux forces cohabitent en toi. Tu peux être à la fois la main qui détruit et la main qui répare. »
« Ne le prends pas mal, mais on se connaît depuis dix minutes, comment peux-tu dire ça, comme si tu me connaissais depuis toujours? »
« Je le sens, c'est tout. »

Un ange passa.
Je piquai du nez dans mon café.

« Je suis désolé, je vais devoir y aller, je reprends le travail dans pas longtemps et... »
« Pas de soucis, Micah Lawniczak. » dit-elle en esquissant ce sourire, celui-là même qui me faisait me sentir gauche et complètement idiot. « Je ne te retiendrai pas plus longtemps. Mais dis-moi, tu viens toujours ici, pas vrai? Alors permets-moi de te dire à demain, même heure, même endroit. »
« C'est une invitation? » balbutiai-je, abasourdi - merde alors, je n'avais vraiment pas l'habitude de me faire inviter par une fille, extrêmement jolie de surcroît.
« On peut dire ça comme ça. » répondit-elle, espiègle. « Je suis très curieuse d'en apprendre un peu plus à ton sujet, j'espère que tu pourras assouvir ma curiosité. »
« Ouais. » marmonnai-je d'un ton bourru. « Bon bah...à demain alors. »

Je filai sans demander mon reste, la plantant là comme le rustre que je n'étais pas. Mon coeur s'emballa lorsque je réalisai que j'allais pouvoir lui montrer que je n'étais pas un rustre, j'étais même plutôt quelqu'un de sympa en fin de compte. Je n'en étais pas certain, mais cette fille venait de me filer un rencard.

Les jours suivants, Polina vint égayer mes pauses déjeuner. Tous les jours, elle m'attendait à notre table habituelle, et tous les jours, on se séparait en se promettant de se retrouver dès le lendemain. Ainsi, nous pûmes faire plus ample connaissance. Plus les jours passaient et plus je me surprenais à apprécier Polina, tant et si bien qu'un beau jour, je me jetai à l'eau pour l'inviter à sortir en soirée, puis le week-end. On passa bientôt tout notre temps libre ensemble, et tout naturellement les sentiments commencèrent à s'installer.

Je l'ignorais encore, mais ce jour là, j'avais rencontré celle qui deviendra ma femme.
J'ignorais également à quel point elle pouvait avoir raison quand elle disait que j'étais à la fois la main qui détruisait et qui guérissait, et qu'elle allait d'ici quelques années en faire elle-même les frais.

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009- WEDDING Le 20 mai 1974, j'ai épousé Polina. J'avais un peu plus de dix-huit ans, nous étions amoureux et c'était bien parti pour durer toute notre vie. Il y avait cependant une ombre au tableau : je ne lui ai jamais parlé de ma véritable nature. Cela faisait officiellement de moi un menteur, mais de quelles autres options je disposais ? Je ne me voyais pas lui dire, pour la simple et bonne raison que je n'avais pas besoin de le faire. Je vivais comme un moldu depuis plusieurs années, je n'avais plus du tout de contacts avec le monde magique – hormis les quelques lettres que je recevais de Grigori de temps à autres.

En parlant de Grigori, je l'avais tout naturellement invité à mon mariage. Certes, il ne connaissait pas énormément Polina, il ne l'avait vue que quelques fois tout au plus, mais je lui avais beaucoup parlé d'elle dans mes lettres. Il connaissait notre histoire dans le détail, de notre rencontre jusqu'à ma demande en mariage. De très nombreuses fois, il m'avait taquiné parce que j'avais l'air très mordu de celle qui est devenue ma femme. Et tandis que je regardais Polina danser avec son père, j'étais en train de fumer sur le balcon, en compagnie de mon vieil ami. Les souvenirs affluaient par dizaines et je me sentais nostalgiques. Je ne savais pas encore dans quoi je m'embarquais, mais ça me paraissait la meilleure chose à faire.

« Arrête de la regarder avec tes yeux de merlan fit. » me rabroua Grigori, moqueur. « Elle ne va pas s'envoler, ta Polina. »
« Je n'ai plus le droit de regarder ma femme, maintenant ? » répondis-je en haussant les épaules, l'air blasé.
En mon for intérieur, j'étais en train de me dire qu'elle était tellement belle que ce serait criminel de ne pas la regarder, mais je me gardais bien de partager mes pensées avec mon ami, car j'en entendrai parler pendant très longtemps.
« Je taquinais juste. » se défendit-il en levant les mains, comme pour prouver son innocence. « Il n'empêche que je ne te voyais pas marié, pas aussi rapidement. Qu'est-ce qui t'a décidé à franchir le pas ? Elle est enceinte ? »
« Grands dieux, non ! » m'exclamai-je, l'horreur se peignant sur mes traits. « Non, c'est juste que c'est ce que je devais faire, voilà tout. »
« Oui, mais encore ? »

A l'évidence, Grigori sentait que cette histoire planquait quelque chose de louche. À présent que ça le titillait, il n'allait pas me lâcher avec ça de sitôt. Je me grattai nerveusement la nuque, avant de boire une gorgée de mon verre.

« Et bien...il se trouve que tu as raison. » avouai-je, l'air gêné. « Enfin, elle n'est pas enceinte, hein, tout du moins, pas à ma connaissance, mais, il est vrai que nous n'avons pas attendu le mariage pour...aller plus loin. »
« Je le savais ! » clama Grigori. Quelques têtes se tournèrent vers nous, ce qui lui valut un coup de coude de ma part.
« Nous pensions que ses parents étaient absents alors je suis rentré chez elle par la fenêtre en escaladant la gouttière et on l'a fait. Seulement...ses parents sont rentrés plus tôt que prévu, ils m'ont surpris dans son lit. J'ai vraiment cru qu'il allait me tuer sur le coup, tant il était en rogne. Je ne me suis jamais habillé aussi vite et j'ai foutu le camp sans demander mon reste. »
Grigori s'esclaffa, ce qui accentua ma gêne.
« Bref, après cet incident, il était évidemment hors de question que je revois Polina. Seulement, je tenais à elle et je ne voulais pas renoncer à elle à cause d'un truc aussi bête alors, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis allé affronter son père. La seule façon d'éviter un scandale était que je lui demande la main de sa fille, et voilà. »

Lorsque j'achevai de raconter cette anecdote qui m'avait laissé un souvenir très cuisant, Grigori était en train de se bidonner. Je me renfrognai. S'il avait été à ma place, il était évident qu'il n'aurait pas trouvé ça particulièrement drôle. Se faire surprendre dans ce genre de situation, c'était définitivement extrêmement humiliant.

« Ce n'est pas drôle. » le rabrouai-je à mon tour, en lui donnant une claque derrière la tête. « Si tu avais été à ma place, tu n'en aurais pas mené large, crois-moi. Enfin, tu me connais, pour moi c'était vraiment important de faire les choses bien. J'ai pas été élevé comme ça. Si ma mère avait su que j'avais couché avec Polina juste pour le fun, je crois bien qu'elle m'aurait tué, elle aussi. »

En parlant du loup...
Ma mère avait quitté la table à laquelle elle s'était installée pour s'approcher de nous. Elle jeta un regard neutre à Grigori, puis elle me dévisagea un peu plus intensément.

« Est-ce que mon grand garçon accorderait une danse à sa vieille mère ? »
« Maman, tu exagères, tu n'es pas si vieille. » Puis, je me penchai vers elle pour chuchoter à son oreille. « Tu es très belle, ce soir. »

Marta rit doucement.

« C'est ta femme qui est la plus belle, ce soir. » dit-elle, modestement, les joues légèrement roses. « Je ne voudrais pas lui voler la vedette. »
« C'est vrai qu'elle est belle. » approuvai-je en la regardant amoureusement. Puis, me tournant vers Grigori : « Je vais accorder une danse à ma mère, je reviens tout de suite. »
« Pas de problème. » acquiesça-t-il. « A tout à l'heure, donc. Bonne fin de soirée, Madame Lawniczak. »
« Tu peux m'appeler Marta. » dit-elle en adressant à mon ami un clin d'oeil.

Ma mère à mon bras, je me frayai un chemin à travers la foule. Puis, après nous avoir trouvé un endroit tranquille, où nous ne risquerions pas d'être bousculés, elle me parla très franchement :

« Ton ami...Grigori, c'est ça ? C'est un sorcier, n'est-ce pas? »

J'acquiesçai en silence.

« Tu as donc invité un sorcier à ton mariage, sans même dire à ta femme qui tu es vraiment ? »

L'expression de Marta était tellement grave que je baissai la tête, comme si j'étais un gamin qui venait de se faire prendre en flagrant délit de bêtises et qui était en train de se faire engueuler par sa mère – ce qui était un peu le cas. Voyant mon regard fuyant, Marta attrapa mon menton pour m'obliger à la regarder dans les yeux.

« Micah, je ne compte pas t'engueuler le jour de ton mariage. » dit-elle fermement. « Seulement, tu sais tout comme moi que tu ne pourras pas lui cacher la vérité indéfiniment. Grigori n'a rien dit, mais imagine, qu'est-ce qu'il se serait passé s'il avait laissé échappé une information par inadvertance ? Je m'inquiète pour toi, tu sais. Plus tu tarderas à lui dire, et plus la vérité va être difficile à avouer. Outre le fait que la pilule risque d'être difficile à avaler, il se peut qu'elle t'en veuille pour lui avoir caché la vérité. Si tu lui fais confiance, alors tu devrais lui dire. »
« Je sais. » répondis-je, le regard sombre. « J'ai besoin de temps, Maman. Il faut que je réfléchisse à la façon dont je vais lui dire. »
« Est-ce que tu lui fais confiance ? » insista-t-elle en me fixant droit dans les yeux.
« Oui, maman. »
« Alors dis-lui. »

Son ton était sans appel. Dans ces moments là, je savais que je n'avais pas intérêt à essayer de discuter.

x

010 - WAR WARNING: Description de violences par armes à feu. Micah est envoyé sur le front au Viêt Nam, pour aider les forces communistes à reprendre Saïgon. Il abat sa première cible longue portée en tant que tireur embusqué.

Saïgon, 
14 mai 1975
Ma tendre Polina, 
 
La saison des pluies vient de commencer ici, à Saïgon. Les pluies diluviennes rendent notre progression difficile, nos véhicules s'enlisent dans la boue. On ne voit rien à plus de trois mètres, ce qui nous contraint à nous rapprocher des lignes ennemies. Les Américains ont commencé à retirer leurs troupes du Viêt Nam et des accords de paix seraient en train d'être négociés.  
 
Nous avons longé la rivière Mékong hier. Je n'avais jamais vu de zone qui ait été bombardé de façon aussi intensive. Tu verrais tous ces cratères, on dirait qu'on a nous aussi marché sur la Lune. Seulement l'Enfer est ici, sur Terre.  
 
J'y repense sans cesse, tu sais.  
 
J'entends encore les balles siffler à mes oreilles, je vois toujours ces corps tomber au sol. Il ne se passe pas un jour sans qu'un homme tombe ici et là bas, sans qu'il y ait de pertes à déplorer d'un côté ou de l'autre. Je doute parfois de rentrer sain et sauf. Je suis cependant convaincu que la cause que nous défendons est juste. Je n'ai pas le droit d'être égoïste alors que d'autres intérêts, plus grands encore, sont en jeu. Je crois au triomphe de notre patrie et de ses alliés. C'est la foi qui, aujourd'hui, me maintient en vie.  
 
Alors je t'en prie, mon amour, garde la foi.  
J'en ai besoin. 
Nous en avons besoin.  
Nous avons bon espoir que cela se termine bientôt. Il me tarde de rentrer à la maison.  
Tu me manques.  
Embrasse maman pour moi, dis-lui que je lui écrirai bientôt.  

Ton époux, 
Micah 

 
** 

J'étais en train de patauger dans la boue, fusil sur l'épaule. Avec les autres gars, on s'engouffra dans la maison vide de ses habitants. Il n'y avait plus rien ici, depuis des semaines. La famille qui vivait là a foutu le camp. Tout autour s'étendait un paysage de désolation, il y avait des bâtiments en ruines à perte de vue. La plupart des civils s'étaient exilés, il ne restait plus qu'une poignée d'irréductibles et quelques soldats.  
 
« Sur le toit ! » gueulai-je  à l'adresse des autres gars, en faisant des grands signes pour leur montrer la direction à suivre.  
 
Je montai les escaliers quatre à quatre et  en deux temps trois mouvements je me retrouvai sur le toit. Déjà, mon cerveau analysait les alentours, à la recherche de l'angle de tir idéal. La cible se trouvait embusquée quelques maisons plus loin. Je fis signe aux autres de se cacher derrière la rambarde. Fusil sur l'épaule, allongé à plat ventre, je regardais au travers du viseur. La cible était juste là, à portée. J'étais en train de presser la gâchette quand j'entendis une première détonation, puis une autre. L'ennemi venait d'ouvrir le feu.  
 
« Merde ! » sifflai-je entre mes dents serrées. « Merde, merde, merde. Restez à terre, RESTEZ A TERRE ! »  
 
J'eus à peine le temps de baisser la tête que je sentis une balle passer pas très loin de ma tête. Je rampai jusqu'à une nouvelle position pour tenter de l'avoir malgré tout, tout en essayant de ne pas me faire repérer.  
 
« Qu'est-ce que tu fous Lawniczak ? » beugla un de mes hommes. « Tu crois vraiment que tu vas l'avoir d'ici ? »  
 
Je l'ignorai. J'avais de nouveau le fusil sur l'épaule et je tenais ma cible en joue. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine et l'adrénaline pulsait dans mes veines. De toutes mes forces, je priais pour que mon tir atteigne sa cible. Je voulais leur montrer que j'en étais capable, j'avais toujours un désir ardent de faire mes preuves. Je savais ce que c'était d'être discriminé, d'être toujours ramené au fait que j'étais juif. J'aurai beau avoir tous les talents du monde, ma mère me disait souvent que je devrai travailler dix fois plus que les autres pour arriver au même résultat, parce que nous n'étions pas privilégiés, parce que nous devions nous battre pour prouver notre valeur.  
 
Des années plus tard j'ai compris où elle voulait en venir, quand je suis entré dans l'armée puis quand je suis passé caporal, quelques mois plus tôt. J’avais une poignée d'hommes sous mon commandement, pourtant, tous ne reconnaissaient pas mon autorité comme étant légitime. Encore une fois, même si j'étais blanc de peau, cela ne voulait pas dire que j'étais au même niveau que tous les autres. Ils savaient. J'étais surtout et avant tout le juif, ils ne voyaient plus que ça, je n'étais plus que ça. Ils me faisaient me sentir honteux d'être ce que j'étais, alors, ça leur arrivait de me chahuter, de discuter mes ordres, ce qui serait totalement inacceptable envers un quelconque autre supérieur hiérarchique.

Pourtant, je méritais ma place autant que les autres, et pour cause, j'avais travaillé dur pour y arriver.
Si j'en étais là aujourd'hui, c'est bien parce que je me suis tué à la tâche, au sens figuré et, je l'ignorais encore, bientôt au sens littéral.
Ce n'était pourtant pas assez.
Ca ne sera jamais assez.

L'homme était dans le viseur, bien distinct.
Je pressai la gâchette, cette fois sans hésiter.
Le coup partit et la balle atteignit sa cible.
L'homme s'effondra, mort.
Aujourd'hui, je venais d'abattre ma première cible longue portée.
La première d'une longue série.

**

Saïgon,
27 juin 1975

Mon amour,

C'est avec le cœur lourd que je t'écris aujourd'hui. Un de mes hommes est mort. Il est tombé en couvrant mes arrières. Il est mort pour moi. Il est mort à cause de moi. Il va falloir annoncer la nouvelle à sa famille. Il était marié, tu sais. Il venait d'être papa et il n'attendait que ça, de rentrer à la maison pour retrouver les siens. J'y pense, parfois, j'y pense même de plus en plus souvent. Des fois j'ai du mal à m'endormir, parce que je m'imagine à sa place. Que dirait-on, si c'était mon corps que l'on devait rapatrier ? Qui te dirait ce qui m'est arrivé ? Ça me hante.

Je sais que tout peut s'arrêter, du jour au lendemain. J'ai encore tué un homme, aujourd'hui. Un américain. Lui aussi était là pour défendre sa patrie, ses idéaux. La première fois, c'est toujours difficile. Les fois suivantes, on commence à s'y faire. Ces hommes n'ont pas de visage, pas de nom. Je ne sais pas qui ils étaient, qui ils aimaient. Je crois que c'est mieux comme ça. En ignorant tout deux, ils ne restent que des figures abstraites auxquelles je ne m'attache pas. Ils ne sont personne. Moi non plus je ne suis personne.

Alors, les prochaines fois deviennent plus faciles. On m'envoie de plus en plus souvent descendre des cibles de ce genre. Des tireurs embusqués, des terroristes. Des hommes, des femmes, parfois des enfants qui balancent des grenades ou qui tirent avec un lance-roquettes. Je dois protéger mes hommes avant tout, pour que ça ne se reproduise plus, même si nous gardons à l'esprit qu'il ne peut y avoir de guerre sans victimes collatérales.

On commence à me connaître, des rumeurs courent sur mes soi-disant exploits. Il paraît que j'ai hérité de quelques surnoms. C'est étrange. Je commence même à gagner le respect de mes pairs, même s'il y en a toujours pour me donner du fil à retordre. L'ensemble est cependant fragile, je sais que contrairement à d'autres je ne serai jamais un héros.

Excuse-moi si mes mots te paraissent décousus. L'émotion est toujours difficile à exprimer pour moi. Tu me connais, je ne suis pas du genre à m'épancher sur mes sentiments.

Continue à m'écrire, d'accord ? Tes mots me sont d'un grand réconfort, je ne connais pas meilleur remède pour garder les pieds sur terre. Je ne le dirai jamais assez, Polina, mais tu es mon ancre et c'est ce que je ressens pour toi qui me permet de rester humain.

Ton époux,
Micah

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011 - GAME OVER (Micah, grièvement blessé, est hospitalisé à Varsovie et reçoit une décoration + son grade)

Partie 4 - Vie en Angleterre + Rencontre avec les rafleurs

012 - COMMITMENT (Micah est rappelé par le monde magique, il subit un entraînement intensif/mise à niveau pour devenir Auror)
013 - BELIZE (Micah annonce à Marta et à Polina qu'il part en mission  au Honduras Britannique, en appui aux Aurors déjà sur place.)
Lettre de Micah à Polina où il annonce que sa mission a mal tourné et qu'il est coincé en Angleterre pendant un certain temps
014 - INFILTRATION (Micah s'infiltre chez les rafleurs, se fait appeler Daniel et ment sur son statut, se créée carrément un personnage pour tromper son monde)




Chapitre 3 - La chute
Happiness can be found even in the darkest of times

015 - TREASON (Trahison de Romy)
016 - FAILURE (Micah est à deux doigts d'être découvert. Il organise la mort de Daniel et fuit en Pologne )
017 - PRISON (Micah est puni pour avoir échoué sa mission. Il est enfermé dans une prison d'état avant d'être libéré. Quand il sort, il apprend le décès de Marta. )
018 - LIES (Micah se décide enfin à révéler sa vraie nature à Polina. Celle-ci réagit très mal, Micah lui efface la mémoire mais le sort rate et endommage gravement les capacités de Polina.)
019 -  GOODBYE (Dernière confrontation entre Stanislas et Micah. Stanislas se tire une balle dans la tête sous les yeux de son neveu.)  


Dernière édition par Micah D. Lawniczak le Mar 19 Juin - 20:27, édité 7 fois
membre - their tense grace made tender
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Léliana B. Kennedy, Mar 12 Juin - 1:07 (#)
Bonsoir Robert47cm on fait des bébés ? bave dead T'es trop belle arrête hihi
jotem et lui je l'aime déjà beaucoup Robert47cm
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Émilien M. Delacroix, Mar 12 Juin - 14:10 (#)
oh bah encore un tout beau dis donc Nih
rebienvenuuuue hihi


 Don't let yourself down
There's been so many seconds from what brought us together, so how many hours until we're falling apart? I got more than reason to up and leave this forever, but time is the rope that binds us whenever we think of leaving. So how can I open my eyes if I know that I've been dreaming?
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Niamh K. Black, Mar 12 Juin - 17:16 (#)
ENFIN HOHOHOHOHOHOHOHOHHO

Rebienvenue love


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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Euphrasie Malefoy, Mar 12 Juin - 17:18 (#)
réserve moi des liens stpplease

rebienvenue chez toi AMAGAD

je suis mdr du choix d'avatar, je vais l'imaginer avec son sabre séraphique ok, ton mercenaire ALBERT

bon courage pour ta fiche Han!


    Soldier of purification    
    Let us accept the sacrifices of our daily life, this slow martyrdom which purifies our world. Let us accept to create the new era.
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Pablo Young, Mar 12 Juin - 18:24 (#)
(re)bienvenue chez toi hihi une fois qu'on craque pour un dc on ne s'arrête plus, attention athanaditnon
hâte de voir qui est ce beau monsieur Chou Daengelo


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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par A. Otto Graymalkin, Mar 12 Juin - 19:37 (#)
AH BAH QUAND MÊME ! wuuuuut

(re)bienvenue AMAGAD
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Abraham Nott, Mar 12 Juin - 21:50 (#)
SERAIT-CE UN DC QUE JE VOIS LÀ? SCREAMING SCREAMING

t'as craqué et je suis trop fière de toi sérieux siffle siffle
bientôt deux, puis trois, et tu vas voir on arrive si facilement à sept jaredditoui

J'AI TROP HÂTE D'EN SAVOIR PLUS SUR MICAH GOOD LUCK POUR TA FICHE AUDREY DU LOVE Chou Chou Chou Chou Twisted Twisted Twisted


the day he inevitably sets you on fire, don’t you dare be angry at him. do not blame him for the pain licking up your arms with every dancing flame-flicker around the sharp corners of your elbows. one grasping hand on your shoulders and the other snaking up the curve of your exposed throat. do not blame him for the ravaged landscape of your body: the riverbeds of your veins all dried up and cracked or the hollowed-out forest of your branching bones or your lungs filled up with ash and smoke and charred debris. after all, you are the one who played with fire.
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Alexis J. Dearborn, Mar 12 Juin - 21:56 (#)
ALBERT love Chou bave Han! Twisted Hot

Tellement de drama et de feeeels déjà rien qu'à voir tout ça ! ALBERT

J'ai hâte de lire la fiche jjgùrihemke

Jotem


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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Angharad L. Lannister, Mar 12 Juin - 22:36 (#)
Tu craques enfin Nih ledébutdel'addictionauxpersos RIP

Rebienvenue Twisted
La fiche annonce du drama, j'ai hâte de voir ça Queen Sou


Take this as a warning
Snarling or smiling she is always showing her teeth. She is no longuer afraid to be herself. She is ready and run to a futur only she know and god's help anyone who try to stop her.
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Message Re: High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)
par Contenu sponsorisé, (#)
 

High as the heavenly sea, low lays the devil in me (micah)

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