BELLUM PATRONUM


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Trust - 16 AOUT 1983
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Message Trust - 16 AOUT 1983
par Ludovic Descremps, Sam 11 Aoû - 1:27 (#)


► 16 Aout 1983 | Rivage d'Ailsa Craig
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
C'était un récif. Un parfait rocher, une sorte de colline tout à fait désertique perdue au beau milieu du Firth of Clyde qui faisait comme une grosse bosse dans le paysage. Que l'on essaye de lever la tête vers les hauteurs et l'on aurait très bien pu se faire un toricolis, que l'on regarde depuis le haut et l'on pouvait toujours se pencher en vain pour espérer en deviner tous les rivages, qu'on la parcours de long en large et une matinée y aurait suffit, mais que l'on essaye de grimper jusqu'au sommet sans arrêt et l'on aurait très bien pu y laisser la vie. La Creag Ealasaid, comme l'avaient nommé ceux qui les avaient envoyé ici, était un trou, ou plutôt une pile de terre perdue, un désert de pelouse dénué d'arbre comme seule l'Ecosse sait en fournir. Tout ce que l'on trouvait là en dehors de quelques bâtiments plus ou moins vétustes qui devaient faire vaguement office de curiosité touristique, du phare automatisé, de quelques cabanons étranges semblables à des verrues sur une face antique ou du bien mystérieux bloc de pierre posé en équilibre au sommet de la colline, c'était de l'herbe, de la terre, des fleurs des champs et beaucoup, beaucoup de cailloux.

Des cailloux, il y en avait a perte de vue. Des petits, des gros, des tordus, des fendus, des moussu, des coupants... des cailloux par milliers qui semblaient presque sortir de nul part, tout comme les vieux murets que certains avaient, autrefois, servis à créer. Ils étaient là en masse, agglutinés dans tous les recoins où il leur était impossible de rouler, comme les résidus d'une vieille pluie particulièrement douloureuse et drue qui aurait envahie les terres avec davantage de persévérance et de bravoure que n'importe quel être humain. Ils étaient gris clairs, parfois mouchetés de tâches – à peine – plus sombres là où l'humidité les avait détrempé, l'arrête amer, le granit soyeux et leur observation devait bien représenter la plus passionnante activité de l'île, tout particulièrement lorsque de petites fleurs sauvages s'étaient mis en tête de pousser entre eux. Leurs délicats pétales mauves et leurs tiges sombres prenaient alors une toute autre saveur face aux minéraux usés par des années d'histoire monotone, et les deux éléments inanimés prenaient ensemble le temps de pousser et vieillir pour contempler la mer comme autant de fiers survivants du fond des âges qui n'avaient que faire que personne ne se soit réellement intéressé à eux, même lors des points culminants de leur fort ennuyeuse épopée – le plus saisissant demeurant encore celui d'être à l'origine de toutes les pierres de curling du pays si ce n'est du monde.

Sur l'île, le seul endroit qui n'était pas pentu ou caillouteux, était une sorte de vaste étendue de terre nue creusée par l'homme à raz de l'eau, parcourue de sentiers et de débris de minage. Comme une vaste plage de terre et de poussière assaisonnée de traces plus ou moins fraiches de pelleteuses. Tout n'était pas si terrible pourtant. Les fleurs étaient belles et la fausse plaine dévoilait un sol riche, d'un beau brun qui arborait d'intenses teintes ébènes une fois humide et ravissait la pelouse en lui donnant cette même nuance de vert intense que celle que l'on pouvait trouver dans les Highlands. Il y avait des débris de bois mort, des coquillages, des crustacés, quelques algues errantes déposées sur les rives et le relief de la colline abritait autant de vieux chemins d'aventure que de trèfles à quatre feuilles. Sans oublier, bien sûr, le coeur brulant et caché des restes de volcan qui avait donné naissance à cette montagne bossue avant de s'éteindre définitivement plusieurs millénaires auparavant. En somme, ils avaient sous les pieds une montagne d'histoires, de celles qui n'intéressent personne et se racontent avec lenteur. De celle que personne ne connait non plus d'ailleurs et que tout le monde ignore, mais pourrait-on le reprocher à quelqu'un lorsque l'île en question ne comptait, actuellement, que deux seuls et uniques habitants en plus d'une petite poignée de fous de bassan ?

Car oui, d'habitants, il n'y en avait que deux. Il se trouvaient cachés à l'ombre des vieux murs d'un reste d'entrepôt, seul endroit sur toute la bosse qui soit à peu près respirable. En effet, sans arbre, en plein coeur de l'été, avec la mer pour faire reflet, les températures à la surface de l'énorme rocher frisaient presque la canicule. Seuls les courants froids de l'Océan Atlantique parvenaient à réduire quelque peu le thermostat pour rendre l'endroit respirable, mais le vent avait beau souffler en trombe, trébuchant sur la butte comme s'il la découvrait pour la première fois, il se faisait chasser par les souffles chauds venus du sud et ils avaient beau batailler, il leur fallait effectuer un véritable bras de fer ininterrompu pour garder l'avantage comme si chacun cherchait à repousser la terre pour la balancer sur l'autre sans même parvenir à faire frémir la moindre parcelle de rocher écossais.

Ludovic retourna son caillou. L'écrasant une fois de plus dans le sol avec un petit bruit de basse plutôt agréable. Il s'en servait depuis... quoi ? Une bonne heure maintenant ? Pour gratter la terre autour du coin d'une vieille plaque en fer à l'usage indéterminé.Il était déjà parvenu à creuse un bon gros trou, transformant la tranchée en véritable charnier de tourbe, mais il continuait pourtant à l'approfondir et la gratter sans répits. C'était une occupation comme une autre pour passer le temps et faire, un peu involontairement, comprendre à sa voisine qu'il ne l'écoutait pas. Oh il lui répondait parfois, tâchait de suivre sa conversation, de renchérir lorsqu'elle le lui demandait ou de poser des questions, mais il n'en avait, très honnêtement, pas grand chose à faire. Depuis qu'ils étaient arrivés en Ecosse, au bord de mer, il avait été distrait, perdu dans la ligne infinie des vagues, son attention constamment attirée par l'eau sans qu'il ait pu y résister. Qu'on ne s'y trompe pas, il avait été très heureux de revoir Linda. Surtout que, jusqu'à la dernière minute, il n'avait pas été très convaincu qu'elle parviendrait à forcer la main du personnel de Ste Mangouste, du moins pas suffisamment pour lui permettre d'organiser ces petites "vacances" comme elle les appelaient. Il aurait dut le savoir pourtant, depuis le temps, qu'il ne fallait jamais et en aucune circonstance la sous-estimer, mais qu'elle soit parvenue à lui obtenir deux jours et demi de répit et cela juste à temps pour qu'ils évitent la cohue des vacances et l'effervescence de la rentrée, relevait pratiquement du miracle. Deux jours et demi, c'était énorme, et dès la seconde où elle était venu le lui annoncer avec, déjà, deux bagages parés, il avait sut qu'il faudrait faire en sorte de ne pas les gâcher. Aussi s'étaient-ils envolés aussitôt, n'attendant même pas d'avoir quitter la rue dans laquelle se trouvait l'hôpital pour transplaner vers cette destination dont ils avaient souvent discuter sans que l'échevelé puisse tout à fait croire qu'ils parviendraient à y aller. Peu importe si quelques moldus avaient pu les apercevoir au moment où ils avaient transplanés, cela ne les regardait absoluement pas. La grande Linda Oswin, directrice des Aurors, était en vacances, tout comme lui, ils pouvaient bien faire ce qui leur plaisait.

Aussitôt transplanés, aussitôt arrivés, ils avaient débarqués dans un petit village perdu sur la pointe de l'Ecosse. Endroit idéal pour ne pas risquer de croiser quelques collègues du ministère tout comme de vieilles connaissances indésirables. Région reculée oblige, leur hôtel était petit, mais confortable, fournissait le petit déjeuner et surtout, la discrétion. A part eux et quelques pécheurs moldus, il n'y avait pas de clients. Personne pour colporter des ragots. Ils avaient posés leurs affaires, sans même prendre la peine de les déballer, et étaient partis pour un repos bien mérité. Depuis lors, l'échevelé n'avait pratiquement pas lâché la main de sa compagne et il la tenait encore, leurs doigts entremêlés, alors qu'il grattait la terre de sa main libre, même lorsque son esprit avait commencé à s'égarer dans les remous des vagues, il l'avait gardée en point d'attache et ce, même lorsqu'elle avait commencé à le menacer de le faire se baigner. C'était durant une promenade sur la côte, à la lisière de leur point de chute, qu'ils avaient entendu parler de l'île pour la première fois. Le genre d'île qu'on ne prend pas la peine d'inscrire sur les cartes et que personne ne connait avant d'y avoir accosté. Forcément, cela avait intrigué l'échevelé qui était allé demander un peu plus de précisions aux pécheurs qui en discutaient. Comprendre leur écossais du bout du monde n'avait pas été chose facile, mais, legilimencie aidant, il avait fini par comprendre de quoi il était question, tournant alors la tête vers sa fiancée avec toute la supplication dont il était capable pour la convaincre d'y aller. Un rocher perdu, isolé, coupé du monde, sans autre forme de population que des oiseaux et des crabes, il ne pouvait être que charmé. Elle, paraissait un peu moins motivée par l'absence totale d'activité sur le rocher bombé, mais s'était finalement laissée convaincre lorsqu'il lui avait rappelé que, qui disait lieu désert, disait également qu'ils pourraient absolument tout faire, que ce soit baisers, magies ou même animagie.

Et les voilà qui se retrouvaient embarqués par les deux aimables pécheurs sur un petit bateau à moteur, les deux hommes ayant proposé de les déposer sur le rocher et de les ramener à bon port une fois leur journée de travail terminée. Ludovic avait eut beau insister en assurant que ce n'était pas la peine, les moldus avaient insisté, tant et si bien qu'ils avaient fini par se lancer, à l'ancienne, dans la traverser. Désormais perchés sur un rocher que personne ne connaissait, assis au pied d'un mur depuis il ne savait combien de temps, avec rien d'autre à faire que d'observer la mer... et Ludovic en était très content. Appuyé contre le mur, son épaule servant de support à sa compagne alors qu'il laissait volontiers sa tête s'appuyer contre elle, il l'écoutait parler sans chercher à comprendre ou prêter attention à ce qu'elle disait, continuant de gratter la terre en observant les vagues, la mer et l'horizon lointain mordu par les côtes de l'Angleterre, marmonnant parfois quelques réponses distraites pour donner le change à la brune. Le flux, le reflux, le bruit feutré de l'eau qui avance et se retire. Il contemplait tout entier l'écume qui venait mordre avec plus ou moins de douceur la plage artificielle. L'air était empli d'iode et du parfum des marées, presque puant pour certains mais qui le charmait tout à fait. Cela sentait la vase, le poisson frétillant, le goût lointain du nord et de la glace et, sans qu'il s'en rende compte, la tranquille lenteur des remous l'avait fait caler sa respiration sur les vagues. Petit à petit, il se détendait, maintenu encore actif par le va et viens de son caillou, alors que ses yeux se fermaient à moitié, bercé par les bavardages de Linda. Il n'avait aucune idée de ce dont elle était en train de parler, sentant seulement que, depuis le temps qu'ils étaient assis là, son dos commençait à souffrir de sentir toujours les mêmes pierres tenter de se frayer un passage entre ses côtes. Pourtant, plutôt que s'en déloger – et sans qu'il sache pourqu – il trouvait ce contact rassurant. La pierre, bien solide, pour couvrir ses arrières.

— Hmm ? répondit-il enfin à l'une des nouvelles questions de la jeune femme qu'il n'avait pas du tout entendu.

Finalement lassé de son jeu, Ludovic lâcha son caillou, sentant qu'il commençait à rouiller de rester si immobile. Dans un soupir, ramenant sa main pleine de poussière à celle qui tenait sa fiancée, le brun commença à remuer, se blottissant contre l'Auror, sans parvenir à trouver une place vraiment confortable jusqu'à ce que, finalement, il trouve son bonheur en posant la tête au creux de son ventre, lui appuyant doucement sur les jambes de sa main vide pour qu'elle les range un peu afin qu'il puisse continuer à voir la mer. Déjà mieux. L'échevelé ajusta son bras pour s'en servir d'oreiller autant que celui de sa compagne le faisait déjà, passant son bras libre autour des jambes de la brune pour les serrer légèrement contre lui et se blottir tout à fait contre elle, ses propres pieds étendus aussi loin que possible alors qu'il s'étirait franchement pour se délasser tout à fait. Un nouveau soupir et il reporta toute son attention sur les vagues. Les cailloux, les fleurs, le curling, le vide, qu'en avait-il à faire tant qu'il y avait la mer ? Et dans un endroit pareil, si désert qu'ils n'avaient que cela à faire, il pouvait, enfin, dire qu'il se sentait vraiment bien.
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«Somewhere out there, there's that perfect thing - the unexpected ending that was always going to happen. That place you've always been heading for, but never expected to go.»
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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Linda Oswin, Dim 12 Aoû - 23:47 (#)


   
Trust
Ludovic Descremps x Linda Oswin

   



Parfois, tout ce que l'on a ou tout ce qu'il peut nous sembler avoir n'est plus que... de la fatigue.
Parfois, l'on court simplement par amour de sentir le sol défiler sous ses pieds. On court car on est jeune, on est enfant encore, et l'on court comme si l'on pouvait fuir le moment terrible où le soleil se coucherait, comme si jamais rien ne pouvais vraiment se terminer. C'est une force rare, puissante, qui nous porte tout à chacun sans même que l'on se souvienne pourquoi. On court, et on rit. On profite du moment en y croyant jusqu'au bout; On profite de chaque rayon, de chaque lueur, de chaque espoir sans jamais s'en préoccuper. Et on ne cesse d'y croire qu'à la dernière seconde, au moment où l'ombre nous rattrape inexorablement, au moment où même le ciel rougit par les flammes du soleil se ternie puis devient sombre, à l'instant exact où notre talon se pose sur une terre désormais noire.
A ce moment, on comprend que courir ne sert plus à rien. Et on est fatigué.
Puis, parfois, on reprend la course.
Parfois on court sans ne plus savoir pourquoi. Simplement alors pour exprimer cette rage qui nous anime comme si c'était le seul moyen pour elle de sortir d'entre ses os, de cette cage thoracique étouffante. Alors, on ne profite plus ni du soleil ni de la lune, ni des étoiles ni du ciel bleu. La pluie, la chaleur, le froid, tout devient matière à réaction, une expression comme une autre du feu qui brûle en soi. On veut simplement aller plus vite, plus loin, puis on hurle. On hurle tantôt pour ne rien dire, tantôt pour faire comme ceux qui, autour, hurlent aussi, et parfois même l'on hurle pour s'exprimer, passer un message, car ce moment là est le moment de tous les excès. On décide de se battre pour tout et rien, on se découvre ainsi que ses convictions, et on croit que le monde est partagé entre ce doux paradoxe d'être notre ennemi juré, et de nous appartenir malgré tout.
Puis, un jour ce feu se calme. On respire, on comprend que le soleil se lève puis se couche, que la terre s'habille en continu d'herbe, de fleurs, de feuilles, de neige en un cycle continu. On s'arrête, on regarde, et pourtant rien ne change. Alors on choisit doucement de reprendre sa course, mais cette fois sans se presser en se concentrant sur un unique objectif. On ne crie plus pour ne rien dire, on se contente de choisir ses batailles, mais lorsqu'on les choisit, on y jette toutes ses forces puisque l'on sait que ce sont ces choix là qui définiront ce que nous sommes. Ces batailles là qui changeront nos vies, en bien ou en mal, et que quand bien même ça ne peut importer à personne c'est la chose la plus importante pour soi à ce moment précis.

Mais parfois les batailles s'avèrent plus longues que prévues à tel point que l'on court et court à en perdre haleine. On tombe, on se relève, on s'arrête puis on fait demi-tour. On repart, puis on y retourne, et la voie est de plus en plus encombrée, de plus en plus compliquée. Qu'importe la force qu'on y met, la course n'est plus la même et chaque jour la victoire serait plus belle, mais chaque défaite plus difficile.
Alors, en ces jours là, on fatigue.
On se rend compte tout le chemin accomplit et tout ce qu'il reste à faire. On regrette n'avoir pas consacré ce temps à autre chose, et on fatigue. On a peut-être accompli des étapes, mais serions nous à même de terminer l'aventure ? De conclure cette bataille finalement ? Et pourtant on a envie de continuer pour la simple et bonne raison qu'un jour, on a décidé que sa vie allait prendre cette direction là, et que parfois c'est tout ce dont on a besoin.

Et c'était sans doutes pourquoi Linda était aujourd'hui ainsi : fatiguée.
Depuis qu'elle avait décidé de se mettre en couple avec Ludovic Descremps, les choses avaient été compliquées. Loin d'être désagréables, oh non, elle avait bien des centaines de souvenirs chaleureux qu'elle chérissait et pour rien au monde elle aurait fait des choix différents. Mais entre les emplois du temps complexes, ses absences et disparition, entre les Mangemorts, tout ce qu'elle avait fait pour le retrouver avant qu'il ne disparaisse à nouveau en un clin d'oeil... Et voilà que maintenant il ne pouvait sortir de l'hôpital, à suivre un traitement trop long mais pour son bien tandis qu'ils ne se voyaient que trop rarement... Ainsi oui, Linda était épuisée à force et, malgré tout l'amour du monde elle ne pouvait le nier. C'était lors d'un de ces jours où tout semblait contre soi qu'elle avait eu cette idée de prendre du repos, quelques jours seulement, pour pouvoir souffler un peu et arrêter le temps comme ils le faisaient autrefois.
C'était une bonne idée et, en y réfléchissant bien, Linda était partie sur l'optique de négocier à l'hôpital quelques jours pour Noël : une manière de fêter son anniversaire ainsi que cette fête auquel le français tenait tant. Une jolie image, certes, mais malheureusement difficile à obtenir. Faisant volte face, elle avait ainsi réussi à obtenir quelques jours en début Août, quelques heures trop courtes pour elle évidemment mais qui l'avaient emplies d'une satisfaction qu'elle n'avait caché à personne, et certainement pas à Ludovic.

Ainsi s'étaient-ils retrouvés là, à l'ombre de cette pierre sans compte à rendre à personne ni information à transmettre ni même sans réel but. Simplement rester l'un contre l'autre, là, à écouter le bruit des vagues s'échouer sur la terre pendant qu'un léger vent balayais leurs visages... C'était amplement suffisant.
Elle avait commencé à parler, tenter de faire la discussion au fil des idées qui lui traversaient l'esprit, mais elle s'était rapidement rendu compte que son homme avait l'esprit ailleurs, sans doutes perdu dans le bleu qui leur faisait face, se taisant alors peu à peu pour se contenter de somnoler contre son épaule et de l'observer durant ce qui lui sembla être des heures. Son regard ambre perdu au loin sans que l'on ne puisse réellement savoir s'ils étaient plus dans le réel ou dans son esprit qui ne semblait pas avoir de fin. Ses cheveux plus longs lui paraissaient-il flottaient au vent comme d'habitude et hypnotisaient son regard comme seuls ils en avaient le pouvoir, puis elle passait de longues minutes à détailler ses traits du visage en y cherchant quelques différences avec ce qu'elle avait connu à l'époque. D'un côté, il faisait plus âgé, sans doutes par son aspect encore plus élancé, ses larges cernes et poches sous les yeux et ses multiples ridelettes, mais d'un autre côté elle ne trouvait concrètement pas de grande différence. Elle était persuadée, non, elle savait même, qu'il n'avait pas tant changé que ça. Même jeune il faisait déjà plus vieux que son âge, et maintenant... Disons qu'il le faisait tout simplement. Sans doutes ce qui le rendait plus vieux était cette lueur dans le regard qu'elle ne voyait plus si souvent, une lueur qui lui manquait énormément parfois d'ailleurs et qui revenait tantôt, à son plus grand plaisir.
Puis, après ses longues observations, elle s'était mis à somnoler contre lui jusqu'à ce qu'il ne se mette à bouger un peu en la sortant de son confort. Ne disant rien, elle se redressa simplement pour voir ce qu'il entreprenait de faire avant de comprendre qu'il tentait de trouver une position plus confortable pour, lui aussi, se poser  quelques instants. Souriant tendrement, la sorcière se laissa faire en regardant son homme se blottir contre elle, la tête toute proche de son ventre. Le couvrant d'un regard doux, elle ne put empêcher ce vieux réflexe de porter à son propre ventre une main plus inquiète, redessinant de celle-ci les contours de son nombril dans une crainte à laquelle ne pensait même plus tant elle se sentait vide et tranquille. Alors, elle attendit qu'il eut fini avant de passer lentement une main dans ses cheveux, lui caressant soigneusement la tête en passant lentement ses doigts autour de ses mèches et les contours de son oreille. Prenant quelques brins de cheveux entre ses doigts, elle joua doucement avec en les tournant, les séparant puis les rajustant ensemble avant de, toujours avec cette même lenteur, lui adresser une nouvelle caresse en le touchant à peine du bout des doigts.
Souriante et parfaitement apaisée, la brune se détendit et laissa sa tête retomber en arrière tandis que sa main continuait ce manège machinalement. Peu à peu, son geste perdit en précision et chaque nouvelle caresse fut de plus en plus espacée, car plus les secondes passèrent plus Linda fut happée par le royaume des songes, bercée par le bruit des vagues et rassurée par l'homme présent à ses côtés.

Ce fut la chaleur qui éveilla la brune quelques temps plus tard, sans doutes ses cheveux détachés n'y étaient pas pour rien. Ouvrant lentement un oeil ébloui, elle se rendit compte que le soleil avait tourné et tapait joyeusement sur la figure déjà rougie par la chaleur de son fiancé. Il devait se rafraichir à présent, elle s'en doutait bien. Ils ne pouvaient pas fuir sans cesse chaque rayon à la recherche d'un coin d'ombre satisfaisant, en tous cas, elle n'en n'avait pas envie et elle savait à quel point la mer était importante pour Ludovic. Il ne pouvait pas continuer de courir, lui aussi, avait besoin d'expulser sa fatigue.

- Chaton, réveille-toi. murmura-t-elle doucement sans pouvoir cacher la douceur dans sa voix. Chaton...

Machinalement, elle avait reprit ses caresses pour le réveiller doucement, avant de secouer légèrement son épaule pour avoir tout à fait son attention.

- Il va falloir bouger si tu ne veux pas te prendre une méchante insolation. fit-elle tendrement une fois qu'il fut redressé, essuyant gentiment du pouce quelques saletés qu'il avait sur le visage, un charmant sourire aux lèvres. Tu es bouillant, c'est dingue comme tu es sensible ! le taquina-t-elle. Je sais ce qui te ferait du bien et, vu ton état, tu n'as pas intérêt à protester !

S'étirant une seconde, Linda se redressa puis se mit parfaitement debout avant de passer son haut par dessus sa tête et de l'abandonner sur la plage puis de faire de même avec son short pour se retrouver en maillot de bain. Bon sang qu'elle se sentait moite et chaude... Une petite baignade leur ferait le plus grand bien !

- Tu viens ? demanda-t-elle gentiment. Il n'y a personne, c'est l'occasion parfaite pour se rafraichir un peu. Tu n'as rien à craindre, crois moi !


   

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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Ludovic Descremps, Mar 14 Aoû - 0:49 (#)


► 16 Aout 1983 | Rivage d'Ailsa Craig
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
A peine les doigts de la sorcière avaient-ils glissés dans ses cheveux que le français avait laissé un léger grondement de satisfaction, fermant un instant les yeux de plaisir en savourant cette délicieuse sensation de caresse sur son crâne. A la fois chatouille et massage, toujours si inexplicablement plaisant, il s'en laissa totalement absorber, remuant encore un peu pour se mettre sur le dos comme le gros chat qu'il était.

— Hmm, t'arrêtes pas, marmonna-t-il, gratifiant la jeune femme d'un léger baiser sur son bras avant de s'ajuster encore à son nouveau coussin pour laisser toute la place nécessaire à ses tendresses.

Il remua encore un peu, hésitant entre fermer les yeux pour s'abandonner aux caresses et les garder toujours si obstinément rivés sur la mer. Il finit par se décider pour la seconde option, les paupières mi-closes, suivant avec un distrait délice les va et viens des mains de Linda sur sa peau et entre ses mèches fines. Décidément, quel paradis que cette île.

Il se laissa faire longtemps, observant encore le va et viens des vagues en soupirant de plénitude régulièrement, jusqu'à ce que, petit à petit, les gestes de l'Auror s'espacent et s'arrêtent. Ludovic ne réagit pas tout de suite à cela, attendant un peu pour voir si la brune allait reprendre ses caresses en ouvrant un peu plus les yeux cependant, légèrement inquiet de cet arrêt soudain. Sentant que la jeune femme ne réagissait toujours pas, il tourna légèrement la tête, essayant de ne pas remuer trop brusquement, mais jetant tant bien que mal un coup d'oeil à la jeune femme qui... dormait. Elle s'était assoupie, la tête légèrement penchée, sa main abandonnée dans ses cheveux ébouriffés. Cela devait faire un moment qu'elle s'était assoupie à en juger par l'air détendu et absent de son visage. L'échevelé sourit, amusé, se tordant encore un peu le cou pour la contempler avant de déposer une nouvelle bise discrète sur sa main et reprendre sa posture initiale. Serrant encore la brune contre lui, il reporta son attention sur les vagues. Leur va et bien, leur bruit, presque aussi réconfortants que la chaleur et l'odeur de sa compagne.

Ludovic se réveilla dans un grognement plaintif. Du genre de ceux que pousse un enfant qui ne veut pas aller à l'école. Il se pelotonna d'autant plus contre les jambes de Linda, mais ne fit pas non plus mine de vouloir se rendormir. A vrai dire, il ne s'était pas réellement rendu compte qu'il s'était assoupi et cela l'inquiétait un peu. Combien de temps avait-il dormi ? Est-ce qu'il avait gâché bêtement l'intégralité de leur temps à deux ? Pourtant, sa mollesse loin de refléter le début de son agitation intérieure, l'échevelé ne se pressa pas pour se réveiller, entre-ouvrant les paupières en se trouvant aussitôt aveuglé par une puissante lumière dorée qui lui élança le crâne. C'était dans des moments comme celui-là qu'il regrettait un peu d'avoir retrouvé la vue.

— Hmm, qu'est-ce qu'il y a ?
grommela-t-il, ne prenant même pas la peine de réagir au surnom qu'elle lui donna et qu'il n'avait entendu que d'une oreille.

Se redressant tant bien que mal, un peu perdu dans son équilibre à force d'être resté allongé trop longtemps, il fini par libérer les jambes de Linda du poids de sa tête, se rattrapant en prenant appuis sur son bras. Il commençait tout juste à se frotter les yeux que déjà l'Auror prenait le relais en l'époussetant d'il ne savait qu'elle saletés. Ses gestes étaient toujours aussi doux, mais les grains de poussière et de sable crissaient sur sa peau de façon déjà bien trop désagréable. Il avait chaud, c'était vrai, sa tête tournait un peu et, maintenant qu'il était assis, il pouvait constater que ce n'était pas uniquement dut à son équilibre. Il se sentait un peu fiévreux et la bouche sèche, du genre de sensations tout à fait désagréables qui vous poussent à boire un ou deux verres d'eau et l'empêchèrent même de s'indigner au fait d'être traité de sensible. La suite en revanche, ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd et, si l'échevelé avait encore un peu de mal à se réveiller, il ne tarda pas à stopper ses frottements d'yeux et à ouvrir la bouche pour tenter de protester, son dos se plaquant déjà contre le mur pour tenter de s'esquiver. A vrai dire, il songea même assez rapidement à se rallonger sur les jambes de l'Auror pour l'empêcher de se lever et d'avoir ce genre de mauvaises idées. Cependant, cette dernière s'était déjà levée, rendant toute tentative de parade impossible. Tant pis, il allait encore devoir grogner. La bouche toujours ouverte, il s'apprêta à répliquer lorsque ses sourcils se levèrent légèrement, tout à fait captivés et distrait par la façon on ne pouvait plus sexy dont sa compagne retira son haut. On pouvait bien tout essayer, lorsque l'on se trouvait homme mal réveillé sous un soleil de plomb, avec une si charmante compagnie retirant son haut, il était bien difficile de rester concentré sur ce que l'on faisait. Aussi Ludovic parvint-il tout juste à refermer la bouche, suivant du regard l'Auror qui s'éloignait en retirant son short, sa peau légèrement bronzée dévoilant tout son velours au soleil alors que ses mèches brunes masquaient tout juste les bretelles et le haut de son maillot. Qu'est-qu'il était en train de dire déjà ?

Ludovic tourna la tête alors que la française insistait, à la fois un peu embarrassé et bien décidé à rester où il était malgré une soudaine envie de suivre cette nymphe qui semblait à tout pris vouloir se changer en sirène et l'entrainer avec lui. Il ne répondit pas tout de suite, se sentant comme tiré irrépressiblement vers la jeune femme alors qu'il gardait ses mains croisées devant ses genoux pour se contraindre à ne pas bouger. Elle avait raison après tout, il faisait chaud et il n'était pas contre se rafraichir, mais il aurait tout aussi bien pu aller s'installer dans un autre coin d'ombre et la regarder se baigner si elle avait tant envie de plonger dans les vagues, ils n'étaient pas obligés d'y aller tous les deux. Pourtant, l'échevelé hésitait encore, restant où il était, au soleil, comme si se lever avait aussitôt impliqué qu'il acceptait la proposition de la jeune femme. Pourquoi pas après tout ? songea-t-il un bref instant alors que sa main cherchait déjà à dégager sa chemise, au moins le col, pour qu'il ait un peu moins chaud. Il était déjà beaucoup trop habillé et il sentait ses cheveux coller là où il était resté appuyé contre les jambes de la jeune femme. Un bouton, deux boutons... ce serait vite fait. Sa main passa sous son vêtement, davantage en encouragement qu'en réelle tentative pour se déshabiller et ses doigts sentir aussitôt une texture rugueuse et désagréable à laquelle il n'avait pas du tout envie de songer. Grimaçant légèrement, l'échevelé baissa d'autant plus la tête, déglutissant avec un certain malaise alors qu'il refermait un peu plus sa chemise. Il savait très bien ce qui se cachait sous elle, son pantalon trop long et ses chaussures fermées. Non plus des cicatrices hideuses et bariolées, mais des larges croûtes de peaux mortes blanches. Ils avaient passé beaucoup de temps sur son cas à Ste Mangouste, cherchant à le retaper autant qu'à le rendre plus présentable. D'autant plus lorsqu'il avait eut le malheur d'évoquer le sujet lors d'une séance avec un psychomage. La plupart de ses balafres ne ressemblaient plus à ce qu'elles avaient été, les plus grosses, grandes... toutes presque, ayant été une à une réouverte sous anesthésie afin d'être refermées de façon plus propres et discrètes. Moins de risques d'infections, moins de risques de réouvertures ou d'accrochage malencontreux qui aurait pu arracher les bourrelets de chaire et de gras auxquels il s'était presque habitué... il avait, en un sens, pratiquement fait peau neuve. Il l'avait senti à son réveil, il avait gagné en souplesse, retrouvé en sensations et se sentait même plus léger et moins tiraillé par ses coutures. La suite en revanche, s'était un peu gâtée. On ne rouvrait pas les plaies ambulantes sans quelques conséquences et il avait dut longtemps garder le lit en attendant que tout se referme correctement et, surtout, que les baumes cicatrisants fassent effet. Même avec les baumes spéciaux qu'on lui avait donné pour passer outre ses allergies, il avait fallut étaler sur lui une telle quantité de crème qu'il s'était rapidement retrouvé avec d'impressionnantes croûtes claires qui formaient des bandes parfaites là où le médicament était passé. Rien de très désagréable en soit, ni même de dangereux, mais le contraste entre son épiderme brulé rafistolé et ces plaques de peaux mortes le faisait ressembler à un serpent en pleine mue. Il le voyait sur ses bras, ses jambes, son ventre... partout où il le pouvait et il n'était pas vraiment certain que le soleil lui fasse du bien. Les médicomages avaient été très clairs avec lui, il fallait qu'il fasse attention à ne pas trop s'exposer aux UVs, surtout dans les heures les plus chaudes de la journée alors avec la réverbération de l'eau en plus... s'ils lui avaient conseillé plusieurs fois de ne pas hésiter à se baigner, il n'était pas certain que ses rustines n'allaient pas lâcher comme une vieille toile s'effrite sous la pluie. Aussi Ludovic déglutit-il, grattant distraitement son épaule pour tenter de décoller l'une de ces plaques des plus désagréables.

— Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, insista-t-il enfin. Il pourrait... tu sais, les pécheurs pourraient revenir et puis s'il y a des trous d'eau je risque d'avoir du mal à tenir. Je ferais mieux de rester ici. Ce n'est pas grave, de toute façon je n'aime pas trop nager, assura-t-il sans bien se rappeler si cela était vrai ou non. Je vais juste... rester là, fit-il en indiquant vaguement les rares coins d'ombres qui ne devaient pas s'étendre à plus de trente centimètres sous chaque mur. Mais va te baigner toi, ça ne me dérange pas, encouragea-t-il avec un doux sourire en s'efforçant de regarder l'Auror en face.

Il ne parvint pas à maintenir le contact visuel bien longtemps, son visage se détournant déjà pour chercher son prochain point de fuite.
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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Linda Oswin, Dim 19 Aoû - 1:15 (#)


   
Trust
Ludovic Descremps x Linda Oswin

   


Linda avait bien conscience de toutes les craintes que pouvait voir son compagnon, enfin, certainement pas toutes pour être exactes mais il n'était pas difficile, une fois que l'on connaissait le personnage, de savoir pour quelles raisons il pouvait bien prendre telle ou telle décision. Et là, la décision était claire, quant à la raison tout autant : il avait honte.
Oswin lâcha un léger rire alors que Ludovic affirma ne pas vouloir venir se baigner car il n'aimait pas vraiment cela. Secouant doucement la tête, elle croisa les bras sous sa poitrine en se redressant encore un peu plus, bien stable sur ses pieds et surtout bien inconsciente de l'effet qu'elle faisait à son fiancé encore bien sensible à son charme de toute évidence. Pourtant, elle laissa l'autre terminer en le couvrant d'un regard tout à fait attendri comme celui que l'on avait face à un enfant réclamant avec toute l'innocence du monde la plus improbable des choses.

- Toi ? Ne pas aimer te baigner ? Oh, ne te fiches pas de moi ! souffla-t-elle plus amusée qu'autre chose. Tu regardes la mer des heures durant avec ce regard de merlan-frit, j'en serais presque jalouse ! Elle sourit et se rapprocha, s'agenouillant face à l'homme avant de reprendre, plus légère : Je sais que tu en as envie, ça fait des années que nous ne sommes pas allé à la mer. Ce serait dommage de ne pas en profiter alors qu'on sort si peu tous les deux... Les pêcheurs sont occupés au moins pour la journée, ils l'ont bien dit, on a la plage pour nous seuls ! Après tout, c'est bien pour ça qu'on est venus non ? Et puis, je trouverai ça bien triste de me baigner seule alors que j'ai avec moi un si fabuleux sorcier et le plus merveilleux compagnon dont j'ai pu rêver ! Elle se releva, faisant un léger geste encourageant de la tête avant de conclure : Alors, je peux compter sur vous Monsieur Descremps ? Vous me suivrez à travers les vagues ?

Elle s'éloigna doucement sans tourner le dos à l'homme pour autant, lui adressant au contraire un charmant sourire assorti d'un clin d'oeil aguicheur avant d'accélérer le pas et de courir peu à peu jusqu'à la mer encore froide :

- Mais ne relâchez pas votre attention pour autant, vous risqueriez de m'y perdre !

Atteignant enfin l'eau bien trop froide à vrai dire, Linda s'arrêta une seconde pour contempler l'horizon comme soudainement happée par ce spectacle là. Les vagues irrégulières allaient et venaient, léchant ses pieds et ses chevilles en la faisant frissonner à chaque allée-venue. Durant quelques secondes, Linda en oublia tout, comme si le temps s'était arrêté. Peut-être même que cette étrange impression, cette étrange pause dans le temps dura bien moins de quelques secondes, mais à ce moment précis elle ressentit tout. Le froid, le chaud, l'odeur du sel et de la terre détrempée, elle entendait le ronronnement de l'océan, les cris dissonants lointains des oiseaux, elle sentait la douceur de la brise sur sa peau, la morsure des vaguelettes et la caresse trop rêche du sal et autres gravillons sur lesquels elle marchait. Tout n'était qu'un grand ensemble vivifiant qui paru la remplir d'une force nouvelle. Sans vraiment s'en rendre compte, elle fit quelques pas lents dans l'eau qui lui atteint rapidement les cuisses, et, là, elle lança un regard pétillant à Ludovic qui arrivait juste derrière elle avant de se retourner, d'écarter les bras, et de se laisser tomber par l'arrière dans l'eau trop fraiche.

Une seconde elle eut cette incroyable sensation de tomber dans le vide avant que, une seconde plus tard, son monde n'était plus que cette eau qui l'entourait de partout. Il ne lui fallut pas longtemps avant de remonter à la surface, un grand sourire aux lèvres bien que son corps tremblait déjà de la brutale chute de température, elle lâcha un rire éclatant avant de chercher du regard l'homme qui l'avait suivie. Plongeant à nouveau dans l'eau, elle nagea sur quelques mètres avant de se pousser par ses bras qui touchaient le sol, jouant l'innocente, ondulant élégamment sous la surface avant de sauter au cou de son homme pour l'enlacer soudainement de son corps tout à fait trempé et bien trop frais, puis, d'essayer de se laisser tomber en arrière pour emporter son compagnon sous les eaux, avec elle alors même qu'elle l'embrassait.


   

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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Ludovic Descremps, Sam 25 Aoû - 0:37 (#)


► 16 Aout 1983 | Rivage d'Ailsa Craig
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
Contre toute attente, Linda ne sembla pas croire un mot de ses justifications hésitantes. On aurait sans doute été convaincu qu'il mentait pour moins que cela, mais Ludovic ne pouvait s'empêcher de se trouver un peu pris de court lorsqu'il constata que ses arguments n'avaient pas suffit à ce que la brune change d'avis. De plus en plus penaud, il baissa encore un peu plus la tête, n'osant pas risquer de croiser le regard de sa fiancée comme un petit garçon craindrait de se faire houspiller par sa mère. Il savait qu'elle n'était pas sérieuse bien sûr, qu'elle le "grondait" pour la forme, mais il ne pouvait pourtant pas s'empêcher d'être gêné, ses oreilles, heureusement assez cachées par ses cheveux cette fois, se trouvant même légèrement rose alors qu'il se surpris une ou deux fois à jeter des coups d'oeils au corps pratiquement dénudé de sa compagne. Qu'y pouvait-il ? Il la trouvait très belle, c'était bien son droit. D'autant plus qu'il n'avait pas si souvent que cela l'occasion de détailler ses courbes aussi bien, avec autant de lumière et dans si peu de vêtements. Non pas qu'il ne l'avait jamais vu nue, non, ça clairement non, mais ils étaient le plus souvent dans ces moments là – outre les quelques fois où il avait dut lui arriver de l'espionner en profitant qu'elle dorme pour s'estimer satisfait de la voir toujours là et bien réelle et toute nue à ses côtés dans son lit – pris tous deux à d'autres sortes d'occupations qui demandaient un peu plus d'action et un peu moins d'observation. Donc oui, il était gêné et un peu voyeur, ce qui ne le gênait que bien davantage encore. Cependant, si ses oreilles étaient roses, elles ne l'empêchaient pas d'entendre et il ne tarda pas à marmonner quelques mots inaudibles entre ses dents en affirmant que ce n'était pas parce que l'on regardait la mer qu'on aimait forcément plonger dedans.

Malgré tout, Linda n'en resta pas là, s'approchant de lui sans lui laisser bien le choix alors qu'il s'était déjà tut en l'entendant plaisanter sur son admiration maladive des vagues qui auraient eut de quoi la rendre jalouse. L'Auror n'eut aucun de mal à capter aussitôt toute l'attention de son fiancé alors qu'elle s'était mise plus près de lui, ce dernier levant aussitôt les yeux pour les plonger dans les siens sans plus de gêne mais toujours aussi mal assuré, une légère grimace sur ses lèvres. Il l'écouta avec vigilance, tenté mais aussi septique. C'est vrai qu'ils étaient bien venus pour s'amuser un peu et les pécheurs avaient affirmés ne pas pouvoir revenir les chercher avant le début de la soirée, mais depuis le temps qu'ils dormaient, peut-être que cette soirée n'allait pas tarder à arriver. Ludovic hésitait encore, grimaçant toujours, essayant de se convaincre que la française aussi l'avait déjà vu nu et qu'aucun état dans lequel il pouvait se trouver ne saurait être pire que ce qu'elle avait déjà vu. De son côté, la jeune femme continuait à le charmer, commençant même à le brosser dans le sens du poil en l'attaquant à coup de compliments, parvenant, bien malgré lui, à défaire légèrement la grimace du français par un petit sourire. Il n'y croyait pas trop bien sûr, il savait bien qu'elle exagérait pour le faire se décider dans son sens, mais il la savait bien assez sincère pour qu'il ne puisse pas non plus faire la fine bouche. Aussi se contenta-t-il de poser doucement sa main sur l'un des bras veloutés de l'Auror, caressant distraitement sa peau douce, un peu sèche et tiède d'être restée trop longtemps au soleil, alors qu'il réfléchissait.

— Tu crois ? demanda-t-il seulement, non pas pour demander confirmation qu'il était bel et bien le meilleur sorcier et compagnon du monde, mais plutôt comme pour lui demander s'il avait bel et bien le droit de se baigner.

Après tout, on ne sait jamais.
Toutefois, la française s'en allait déjà, se dérobant à sa caresse alors qu'il la suivait des yeux, reprenant l'invitation sur un ton bien plus taquin qui fit cette fois sourire plus franchement l'échevelé. Oh alors si elle commençait à lui refaire le coup du "Môsieur le professeur", comment aurait-il pu résister ? D'accord, c'était décidé, il irait se baigner.
Hélas, si dans sa tête la chose semblait bien décidée, en pratique, cela fut plus compliqué, déjà, il fut quelque peu freiné par le fait que la jeune femme prenait déjà de la distance, allant d'un pas tranquille mais sûr vers les vagues alors que lui-même ne s'était pas assez changé. Paniqué, sans raison, le brun ne sut plus réellement dans quel ordre faire les choses. D'abord se relever ? D'abord enlever sa chemise ? Il décida de miser sur la sécurité et attendit un peu que la jeune femme s'éloigne et se retourne pour commencer à passer son haut par dessus sa tête. Il eut quelques difficultés à le faire sans s'emmêler dans ses boutons et senti aussitôt sa peau le démanger là où le tissu eut le malheur de frôler ses croûtes. Se débarrassant finalement du vêtement, il le laissa tomber à côté de lui, un peu plus loin que le tas qu'avait déjà fait la jeune femme dans un coin. Jetant un coup d'oeil en direction du rivage où sa compagne se trouvait déjà, s'apprêtant déjà à devoir lui rendre un sourire encourageant malgré toute sa gêne dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Cette dernière courrait encore en direction des vagues, ralentissant déjà alors qu'elle les touchait presque. Ludovic s'empressa de sauter sur l'occasion, regroupant un peu leurs affaires qu'il cala avec une pierre, il se redressa enfin pour retirer ses chaussures du bout des pieds puis son pantalon, se retrouvant finalement dans le caleçon de bain que Linda lui avait ramené exprès pour ce voyage. Conscient d'être maintenant lui aussi presque nu dans l'endroit le plus découvert et venteux où il avait dut mettre les pieds durant ces presque dix dernières années, Ludovic hésita encore un peu avant de suivre l'Auror vers la mer, vérifiant encore dix fois qu'il avait bien coincé leurs vêtements sous la pierre pour s'assurer qu'ils ne disparaitraient pas.

Finalement, il se retrouvait maintenant sans excuses, ses deux bras croisés autour de son buste en essayant d'en couvrir autant de surface qu'ils le pouvaient, sans grand succès. Il jeta par réflexe quelques coups d'oeil aux environs et avança finalement à la suite de la jeune femme, d'un pas plus lent et prudent, s'assurant tout de même de faire de grandes enjambées, tant pour se dépêcher de se mettre à l'abri des vagues que pour ne pas trop trainer. Levant de nouveau la tête en direction de sa fiancée, Ludovic se détendit enfin en la voyant toujours debout, se découper devant l'horizon, elle semblait ne pas avoir bougé et avait ce calme propre à la contemplation. Peut-être que, s'il se pressait un peu, il pourrait la surprendre juste à temps pour la pousser à l'eau sans qu'elle ait le temps de protester, en guise de petite vengeance pour le mettre encore dans des états pareils. L'idée avait de quoi l'amuser et elle fit assez vite apparaitre une petite lueur malicieuse qui n'augurait rien de bon dans ses prunelles, lui faisant même presser le pas pour tenter de rejoindre discrètement sa compagne en passant derrière elle. Malheureusement pour lui, il était beaucoup trop en retard sur elle pour espérer pouvoir la prendre par surprise, il lui restait encore un bon tiers de chemin à parcourir que, déjà, l'Auror s'était retourné, le faisant aussitôt serré un peu plus ses bras autour de lui avec un sourire crispé, avant de se laisser tomber à l'eau, presque tête la première.

Avouons-le, Ludovic fit quelque peu déçu. Ralentissant le pas, avec désormais plus aucune réelle raison de se presser, il rejoignit le bord de mer tandis que Linda y nageait avec plaisir, riant et disparaissant sous les flots sans qu'il ait pu tout à fait la suivre. Ralentissant un peu, l'échevelé alla jusqu'à plonger ses pieds dans l'eau froide, sentant aussitôt ses orteils saisis par les pointes gelées héritées des calottes de glace du nord. Il n'était pas trop avancés dans les terres écossaises, la température était plutôt agréable, mais pour lui qui semblait avoir développé la sensibilité d'une peau plus fine qu'un parchemin, le moindre remous de température semblait une véritable chute ou élévation du thermostat. C'était plutôt agréable, ce froid. Bien loin des couloirs douillets de Ste Mangouste où tous les patients se voyaient gratifiés de couvertures supplémentaires avant même les prémices de l'hiver pour les aider à lutter contre la brise des courants d'air et les autres maladies du secteur. Là, il avait affaire à un vrai froid, mordant et piquant, qui s'infiltrait sous votre peau jusqu'à ce que vos os même semblent prendre la texture de l'eau et du soleil. Un froid tiède d'été paisible où l'extérieur est plus brulant que les profondeurs. Un froid très plaisant qu'il eut soudain la surprise de sentir ailleurs que sur ses pieds.

Dans un bruit étourdissant, une éclaboussure géante d'eau et de froid venait de se refermer sur son dos et son corps tout entier. Il se sentit tout juste heurter quelque chose, une sorte de masse mi-dure mi-molle, n'ayant, en réalité, pas du tout compris que l'électron libre intenable qui lui servait de fiancée était en train de l'embrasser. Il se souvenait tout juste – et assez vaguement – d'avoir laissé échapper un glapissement de souris écrasée avant de ne se faire presque plaquer par ce qui devait bien être le double de son poids en muscles. Linda n'avait pas forcé, elle n'en avait pas eut besoin, son sac d'os de copain étant par bien des aspects beaucoup trop frêle pour opposer la moindre résistance face à ce genre d'attaque surprise. Il avait trébuché, dérapé, s'était senti fauché comme les blés, et avait fini dans une gerbe de mousse et de vagues sans même avoir le temps de prendre une profonde inspiration. La tête perdue à l'autre bout de son corps, Ludovic essayait tant bien que mal de remettre la main sur son sens de l'orientation, ses yeux ne lui ayant laissé que quelques secondes pour apercevoir un éclat de lumière trouble qui devait être le soleil avant que le sel brulant ne le contraigne à les fermer. Il avait pied ? Où se trouvait-il ? A vingt mille mètres de profondeurs ? Lui en avait l'impression et il se débattait déjà dans la plus parfaite désorganisation en agitant les bras en tous sens et en essayant de se rappeler comment il fallait nager. Il ressortit bien vite la tête de l'eau, sa pseudo-noyade n'ayant duré qu'une poignée de secondes à peine. Il avait pied, largement, à vrai dire, il ne devait même pas rentrer dans l'eau en entier, même assis, qu'il sentait déjà le sol sous ses fesses. Pourtant, crachant et inspirant à plein poumons, le brun avait l'impression d'être passé à deux doigts d'un meurtre conjugal. Il passa en vitesse sa main sur son visage, se débarrassant des mèches éparses de sa tignasse désormais piètrement collée à son crâne et tâcha de repérer sa localisation avant de chercher des yeux, plutôt furibond, l'auteur de pareil massacre, grognant déjà quelques jurons alors qu'il la voyait barboter à quelques brasses de lui à peine.

— Oh toi tu va voir, menaça-t-il en s'élançant tout de suite à sa poursuite, l'éclaboussant dans son élan alors qu'il balançait son bras hors de l'eau pour le faire retomber sur la cheville de la jeune femme.

Il la tira à lui sans scrupule, s'appuyant sur elle pour se remettre à sa hauteur et tenta aussitôt de la noyer dans les vagues sans autre forme de procès en se laissant tomber de toute sa taille sur elle pour l'entrainer une nouvelle fois sous l'eau avec lui.
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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Linda Oswin, Sam 25 Aoû - 20:12 (#)


   
Trust
Ludovic Descremps x Linda Oswin

   


Elle ne détacha pas tout de suite ses lèvres de celle de son homme même une fois submergée dans l'eau, le taquinant de la langue alors même qu'elle sentait les vagues lui lécher la peau dans son dos, elle descendit les mains sur son torse quelques fractions de secondes durant avant de le sentir s'agiter et le relacher se prise, considérant avoir déjà obtenu ce qu'elle voulait de lui.
Se redressant en sortant la tête de l'eau, elle s'assit sur le sol pendant que l'eau allait et venait en lui atteignant à peine sous la poitrine, elle posa les mains entre ses genoux repliés vers l'arrière en observant son cher et tendre un air espiègle au visage, tel un chat qui regardait avec curiosité sa victime réagir au piège qu'il venait de lui tendre. Un petit sourire aux lèvres, elle patienta tranquillement avant qu'enfin il ne refasse surface l'air à la fois enragé et bien déterminé à lui faire payer son initiative, ce qui réjouit tout à fait la brune car c'était là exactement ce qu'elle avait cherché à faire : lui faire oublier ses peurs et l'amener à se détendre un peu. Est-ce qu'elle réussirait à le faire rire à gorge déployée ? C'était bien ce qu'elle allait voir !

Poussant sur ses jambes pour se propulser en arrière, elle tira la langue à son adversaire en se retournant dans son élan pour s'éloigner plus franchement à la nage de celui qui n'allait certainement pas la laisser s'en tirer si facilement. Enfin, c'était ce qu'elle avait prévu, car l'autre se propulsa tout autant et juste à temps pour parvenir à lui attraper la cheville et la couper dans sa course. Surprise, Oswin lâcha un souffle étonné avant d'être à son tour immergée dans l'eau alors qu'elle n'avait même pas pu prendre son souffle. Se retournant du mieux qu'elle put pour faire face à son adversaire, elle ouvrit les yeux dans l'eau salée qui lui piqua légèrement la rétine et entrevu la forme du Descremps lui cachant la lumière du soleil. Une bien jolie image avec sa chevelure flottant, changeante en fonction du courant et des vagues, cela ressemblait presque à l'une de ces scènes des romans les plus improbables ou encore dans ces films au moment exact où le coup de foudre se produisait, mais à vrai dire, pour le moment, Linda avait bien d'autres préoccupations. Donnant un coup d'épaule pour se débarrasser de la main de l'homme qui l'embarrassait, l'Auror tenta de glisser à travers sa prise en avançant plutôt que, d'à nouveau, faire jouer la force et repousser son fiancé. L'autre résista un peu mais elle n'eut pas trop de mal à s'en défaire, avant d'enfin revenir à la surface et prendre une profonde inspiration. Son regard fixa immédiatement l'eau tandis qu'elle s'éloignait, le plus vite possible malgré le liquide qui entravait ses mouvements, un large sourire aux lèvres, déjà prête à éclabousser très généreusement la première tête brune qui paraitrait à la surface.
Ainsi, lorsqu'il revint à l'air libre, elle tint bien son engagement et chassa des deux mains une large gerbe d'eau qui s'en alla s'écraser sur l'homme qui décollait déjà.

- Que devais-je voir déjà, Môsieur le Professeur ? le provoqua-t-elle le regard pétillant. Je crains que votre démonstration n'est pas été suffisante !

Prévoyant déjà sa fougue redoubler d'ardeur, elle plongea à nouveau sous l'eau désormais assez profonde pour se déplacer plus vite qu'avec cette impression d'avoir deux boulets aux pieds, tournoyant un instant pour profiter de la mer et en oubliant bien ainsi l'autre qui la suivait de près.

   

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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Ludovic Descremps, Mer 29 Aoû - 0:01 (#)


► 16 Aout 1983 | Rivage d'Ailsa Craig
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
Prise par surprise, sa proie n'eut pas une seconde l'occasion de se défiler qu'il la plongeait déjà au fond de l'eau, plus décidé à la noyer qu'on ne l'aurait pensé. Cependant, si l'agacement lui faisait froncer les sourcils, ce dernier se dissipa bien vite lorsqu'il senti la jeune femme prise dans ses filets. Son corps plus tendre que dans ses souvenirs, sa peau douce glissant contre la sienne dans cette apesanteur marine. Il y avait là de quoi faire battre plus d'un coeur, aussi sa mauvaise humeur se dissipa vite parmi les flots, chassé par un sourire juste avant qu'il ne capture un peu plus de sa promise en déposant un baiser sur ses lèvres. Un exercice pour le moins périlleux dans de pareilles profondeurs, surtout pour la jeune femme d'ailleurs qui devait avoir de l'eau dans le nez, mais il prit soin de le faire à la hauteur de celui qu'il avait pratiquement raté, trop occupé qu'il était à, lui-même, se noyer. Ludovic sourit d'autant plus en sentant qu'il avait visé juste, bien aidé par la pratique à l'aveugle dont il avait bénéficié. Il sentait les petites bulles d'air échappées du nez et des lèvres de l'Auror venir lui chatouiller le visage, se prenant dans les poils pourtant rasés de sa barbe et se mélangeant aux siennes avant de remonter vers le ciel. Tout à fait fasciné, l'échevelé ne réalisa pas tout de suite que sa captive ne comptait pas en rester là, ne réalisant qu'elle s'échappait qu'au moment où elle le repoussait plus brutalement d'un coup d'épaule. Rien de bien méchant pour une ruade, mais assez agressive pour le chasser sans ménagement et le laisser un instant incertain, bien trop longtemps pour qu'il parvienne à empêcher sa proie de s'échapper. Ludovic entre-ouvrit les yeux, les refermant aussitôt en sentant le sel lui mordre les muqueuses. Brassant la matière du mieux qu'il le pu dans les remous mousseux laissés par la française, il tenta de remettre la main sur elle à l'aveugle, fouillant un instant en vain avant d'être obligé de remonter à la surface pour reprendre de l'air.

Et on peut dire qu'il y fut bien accueillit. A peine avait-il émergé qu'une grosse rasade amer lui sautait au visage. Il n'eut même pas le temps de respirer ou voir d'où cela venait qu'il buvait déjà la tasse à plein poumons. Battant des bras et des jambes dans un chaos des plus total, l'échevelé batailla un instant avant d'enfin parvenir à retrouver la surface, un instant balloté par les vagues. Lorsqu'il fut de nouveau à peu près stable, ouvrant grand la bouche pour rattraper plusieurs inspirations de retard, sa nymphe taquine s'enfuyait déjà virevoltant dans l'azur comme si cela était plus naturelle pour elle que voler.

— Tu triche, grogna l'échevelé aussi fort que possible pour tenter de rattraper la jeune femme de sa voix.

Il nageait comme une poutre, effectuant des mouvements de brasse un peu frêles et bancals. A ce rythme là, suivre la jeune femme était plus qu'inutile. Lui qui se débattait déjà pour garder la tête hors de l'eau au raz de la côte voilà qu'il devait pourchasser une sirène dans les abysses. Plus jolie que les créatures aquatiques répondant à ce nom certes, mais tout de même trop rapide. Ne renonçant pas trop vite pour autant, Ludovic songea plutôt à changer de tactique, plongeant une ou deux fois sous la surface pour tenter de prendre la jeune femme par surprise. Peine perdu. Entre la distance toujours trop grandes, son ballet trop rapide et l'eau de mer qui l'empêchait toujours autant d'ouvrir les paupières, il pouvait bien essayer de marcher sur l'eau la tête en bas qu'il n'aurait pas fait mieux. Si seulement il avait pu se rappeler de se sort... Ludovic prit une profonde inspiration, avançant plus avant dans les flots en passant sous le courant trop fort des vagues pour s'immerger tout à fait et se recroqueviller sur lui-même, presque en tailleur dans les flots. Les yeux d'autant plus fermés qu'il se concentrait, l'échevelé tâcha durant un petit instant de claquer des doigts devant son visage, essayant, en vain, de lancer un sort sans sa baguette. Si au moins il avait pu le formuler à voix haute, cela aurait peut-être été possible, mais il ne connaissait ni le geste à faire ni de méthode non magique pour parler sous l'eau. Finalement, plaçant ses mains en coupe devant sa bouche, l'échevelé se concentra plutôt sur autre chose, sentant presque aussitôt les reflux autour de lui se ralentir. Peut-être n'était-ce qu'une illusion, mais l'eau fraiche sur sa peau eut tôt fait de lui donner une meilleure idée que celle qu'il aurait pu avoir seul. S'appliquant à capter cette froidure de tout son être, le brun souffla en douceur une bulle irrégulière qui se piégea entre ses doigts, se déchirant en petites sphères d'oxygènes qui partir crever surface tandis qu'il piégeait le reste dans une fine enveloppe de glace. Cela ne durerait pas longtemps sans doute, mais c'était mieux que rien. Soufflant encore autant que possible sans en perdre sa respiration, le brun eut bientôt dans les mains une sorte de saladier de givre grossier mais rempli d'air pas trop vicié qu'il plaça devant son visage pour pouvoir voir et respirer. Scrutant les alentours bien sombres à son goût, l'échevelé eut tôt fait de repérer les jambes fines et blanches de sa compagne qui battaient en rythme à quelques mètres de lui. Sans doute l'Auror l'avait-elle perdu de vue. Le maigrichon pivota, plaçant son corps dans la bonne direction en s'assurant que la jeune femme n'en changeait pas et avança aussi discrètement que possible vers elle en battant des jambes, toujours sous l'eau, ses mains devant lui, ne rompant le sort qu'au moment où il sentait qu'il ne parvenait plus à respirer et qu'il se trouvait assez près.

Ludovic remonta en flèche vers la surface, à peine ses mains s'étaient-elles trouvées libres qu'il s'était propulsé vers le haut, fonçant à toute allure comme une bouée retenue trop longtemps sous les flots. Il percuta de peu les jambes de la jeune femme qui lui heurtèrent les épaules, et s'en empara aussitôt pour saisir la brune dans ses bras, se propulsant hors de l'eau sur bien quelques centimètres avec elle par dessus son épaule. Il n'en revenait pas de réussir à la porter ainsi, ses poumons ayant enfin retrouvé un accès à l'air libre se remplissaient à tout allure de cet air chaud qui semblait si frais alors qu'il portait bien solidement l'Auror au-dessus de la mer... pour quelques secondes du moins. Car à peine parvint-il à pousser un petit ricanement de victoire qu'il perdait déjà pieds, complétement écrasé par la masse de l'Auror et par le déséquilibre de cette fausse gravité. Le maigrichon bascula en arrière, entrainant la jeune femme dans sa chute comme s'il l'avait fait exprès pour la précipiter sous l'eau, alors que c'était bien lui qui se faisait une fois de plus noyé par les circonstances. Il s'écrasa dans les vagues avec une impressionnante gerbe d'éclaboussures et lâcha aussitôt sa fiancée pour ne pas risquer de se prendre un mauvais coup par mégarde, avant de retourner respirer à l'air libre, prenant tout juste une nouvelle inspiration qu'il projetait déjà de l'eau sur la brune du plat de la main tandis qu'elle remontait avec lui.

— Parce que vous croyez être plus à la hauteur miss Oswin ? rétorqua-t-il, déjà rouge et haletant.
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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Linda Oswin, Mar 4 Sep - 23:57 (#)


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Ludovic Descremps x Linda Oswin


Tandis qu'elle fuyait à vitesse et distance raisonnable son fiancé, Linda détourna son regard de ce dernier pour se tourner entièrement vers l'horizon et ainsi éviter de compliquer d'autant plus sa tâché déjà loin d'être simple. On aurait sans doutes pu dire ainsi, de n'importe quel point de vue extérieur, qu'elle était prête à courir et nager aussi loin que ses forces pourraient la porter pour continuer ce petit jeu, mais l'eau montait dangereusement vite pour elle et, quand bien même l'ivresse du jeu grisait encore son esprit, ses tripes se tordirent en sentant les vagues lui arriver de plus en plus haut. Il fallait qu'elle garde pied, qu'elle reste là où elle pouvait sentir le sol et controler ses gestes sans se faire emporter par le courant. Perturbée, elle se força ainsi à ralentir et fit même quelques pas en arrière pour s'assurer de ne pas être allée trop loin, et ces quelques hésitations là suffirent d toutes évidences à l'homme pour la rattraper qui la surpris par derrière en lui tirant un léger cri de surprise, la soulevant même par dessus l'eau dans un élan de joie qui chasse bien vites toutes les inquiétudes de la brune.
Ses lèvres s'étirèrent en un large sourire rieur qui fut néanmoins rapidement tût par leur chute dans les remous, aussi brutale que l'avait été la montée, ils s'enfoncèrent à nouveau dans l'eau de telle manière qu'après tant de mouvements, Linda se sentit confuse et égarée une seconde en ne réalisant qu'une seconde plus tard ce qu'il s'était passé. A cet instant, elle poussa à son tour sur ses jambes pour remonter à la surface et se faire généreusement éclabousser à son tour, ne manquant pas de lui tirer un grognement bien involontaire. Alors l'homme lança une nouvelle pique au moins toute aussi provocante que n'importe lesquelles de celles qu'elle avait elle même lancé, mais à ce moment là l'Auror était surtout occupée à essuyer son visage pour enlever le sable et le sel qui lui piquaient les yeux, bien plus grognon qu'auparavant il faut bien le dire mais n'ayant clairement pas perdu son sourire pour autant.

- En tous cas, rajouta-t-elle sur un ton plus mielleux, il y en a bien un de nous deux qui l'est, et, vous en conviendrez Monsieur, je suis loin de l'être, "à la h auteur"...  

Les yeux pétillants d'avoir à nouveau retourné la taquinerie du sire contre lui, elle s'approcha plus lentement pour passer les bras autour de lui -tout en en profitant innocemment pour se rapprocher un peu plus de la berge-, et plonger ses prunelles noisettes dans les belles brunes de son amant.

- Il n'y a donc pas grand nombre de possibilités... Môsieur le Professeur.

Plus espiègle, elle sortit légèrement la langue pour lécher délicatement les lèvres salées du français, avant de reculer quelque peu la tête pour le laisser languir une seconde, cherchant dans son regard quelle expression encore pourrait bien s'y dessiner. Allez, de quelle humeur était-il aujourd'hui alors ? Joueuse ? Gênée ?  Spectateur ?
Ce qui était certain, c'était qu'en bonne sirène ursine qu'elle était, elle n'allait pas le laisser sur sa faim.
C'est pourquoi elle n'attendit pas longtemps avant de glisser une main dans ses cheveux, taquinant des doigts ses mèches parfois collées entre elles parfois désordonnées tandis que l'autre caressait à peine du bout de l'ongle le dos abîmé du héros. Elle ne s'arrêta bien évidemment pas là et, se penchant contre lui, tendit son cou pour taquiner son oreille et descendre peu à peu dans son cou, tantôt avec son nez, tantôt en la mordillant ou en faisant à nouveau jouer sa langue. En soi, elle n'avait même pas envie d'aller plus loin.
Tout ce qu'elle voulait pour le moment, c'était jouer et s'amuser encore un peu, l'embêter, le titiller... peut-être le faire frissonner de partout avant de s'écarter à la dernière seconde, l’entraîner sur la côté et à nouveau se jouer de lui jusqu'à ce qu'il ne la rattrape dans ce jeu du chat et de la souris qu'ils n'avaient jamais vraiment clos depuis leurs premières rencontres... et malgré tous ses efforts pour paraître mystérieuse et aguicheuse, son large sourire amusé laissait clairement entendre que la sorcière ne le laisserait pas avoir son du si aisément.


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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Ludovic Descremps, Mer 19 Sep - 13:29 (#)


► 16 Aout 1983 | Rivage d'Ailsa Craig
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
Barbotant avec la grâce d'un labrador jeté de force à la mer, Ludovic commençait sérieusement à s'essouffler. Il peinait à garder la tête hors de l'eau, semblant régulièrement trébucher lorsqu'une vague un peu trop haute le prenait de côté. Pourtant, s'il devait facilement avoir pieds en étendant ses jambes sous lui, il préférait rester ainsi, en suspension entre deux eaux, pour profiter de cette sensation d'apesanteur paisible que procuraient les flots. Sa peau maintenant bien accoutumée au froid ne semblait plus qu'une membrane fine le séparant d'une totale dérive dans l'océan et le va et viens des remous le ballotait autant vers sa destination qu'il le berçait tout éveillé comme pour l'inviter à jouer avec lui.

Cependant, l'échevelé n'avait déjà plus aucune envie de poursuite. Trop épuisé pour continuer à la pourchasser sa cible sans risquer de se noyer. Il préféra aller plus tranquillement vers elle, à la brasse, inspirant et soufflant à rythme de sprinter hors d'haleine, jusqu'à se trouver bien obligé de renoncer et de poser pied à terre, enfonçant ses orteils dans le sol sablonneux couvert de coquillages quand l'Auror, elle, semblait bien loin d'avoir fini.

Fort heureusement elle aussi semblait avoir renoncé à la fuite et, déjà, elle venait vers lui pour envelopper son cou de ses bras, se trouvant pour une fois à même hauteur que lui, suffisamment pour qu'il puisse la regarder en face à face, une seconde avant qu'elle ne commence à le taquiner de façon bien plus délicieuse qu'en essayant de le noyer. Ludovic ferma les yeux à demi, lâchant un léger grondement approbateur avant de s'avancer à son tour pour tenter de prolonger cet échange délectable dans un baiser. Rien à faire. La jeune femme se déroba encore, le laissant avec un air parfaitement idiot de celui à qui on aurait volé un cadeau. Il fronça légèrement les sourcils une seconde avant de s'adoucir, ô combien trop charmé pour réellement se fâcher, il sourit plutôt avec une tendresse légèrement avide et tenta de nouveau de dérober sa bouche à la brune, n'y parvenant pas mieux alors que cette dernière s'attaquait maintenant à son cou à renfort de légères morsures et de baisers. Alors ça oui, cela lui plaisait.

Ludovic se laissa faire, se rapprochant de sa compagne en l'enserrant par la taille pour se coller contre elle, sentant déjà l'eau moins froide alors qu'il l'embrassait à son tour, ses mains glissant sur ses hanches. Cela devait faire vraiment longtemps qu'ils n'avaient pas joués ensemble tous les deux pour que la jeune femme soit si entreprenante, mais le brun ne songeait pourtant pas à cela, souriant, plus espiègle, entre chacun de ses baisers, il s'était redressé sur ses pieds, dépassant désormais un peu plus au-dessus de l'eau et se laissa tomber discrètement vers les flots. Entraînant son amante avec lui alors même qu'elle l'embrassait encore, sans même lui laissait le temps de s'en rendre compte ou de respirer.
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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Linda Oswin, Ven 21 Sep - 23:49 (#)


   
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Ludovic Descremps x Linda Oswin

   


Peu à peu, ses baisers se déplacèrent, se dirigeant lentement vers la bouche de l'homme en s'attardant sur l'arrête de sa mâchoire, sur sa peau salée, dans le creux de son cou... Appuyant ses bras sur les épaules de l'homme, elle le sentait presque frissonner, tendu en quelque sorte sous ses taquineries, de quoi ravir son égo qui se plaisait à voir le brun réagir si bien à ses petites scènes. A croire qu'elle était encore loin d'avoir perdu tout son charme !
Ainsi, elle continua de plus belle tandis qu'elle sentait la prise de l'homme se raffermir autour de sa taille. Elle s'attaqua à ses lèvres, les malmenant presque au rythme des vagues qui s'écrasaient lentement unes à unes dans son dos. Assez rapidement, Linda se détacha de ce qu'il se passait pour ne réagir que bien plus instinctivement, se concentrant sur ce qu'elle ressentait plutôt que ce à quoi elle pensait. Simplement des gestes, des réactions, des frissons... C'était bien suffisant.
Souriant entre ses attaques, le sol sembla alors se dérober sous elle alors qu'elle revenait à la charge une énième fois contre Ludo, et si son coeur manqua au moins deux ou trois battements en se sentant tirée vers le bas d'une manière fort improbable. L'eau qui l'entourait, entravait ses mouvements et n'attendait qu'une occasion pour s'infiltrer partout où elle le pouvait... Un ennemi calme, patient, mais qui finit toujours par briser les protections que l'on peut se construire. De l'eau.
Partout.
Serrant les poings pour se forcer à ne pas relacher toute sa respiration et, d'ainsi, perdre totalement le peu d'air qu'elle avait, la brune fronça les sourcils et continua plutôt son baiser tant bien de mal, conservant ainsi son air un peu plus longtemps. Ne pas paniquer, tout allait bien. Ils n'étaient pas loin, et elle était avec Ludovic. Elle avait beau se répéter cela en boucle et demeurer fort heureusement plutôt tranquille, son coeur battait la chamade dans sa poitrine à tel point que son sang pulsait bien fort dans ses oreilles. Chaque seconde paraissait durer des trop longues minutes, et si cela avait tendance à augmenter à chaque instant la peur de l'Auror, chaque seconde durait des heures en étirant ainsi leur baiser. Doux mélange aigre, entre chaleur et froideur, entre peur panique et amour débordant. Entre les ténèbres de l'eau et la lumière des rayons qui perçaient malgré tout, entre les bras de son fiancé et le balancement inconstant des vagues, entre paradis et enfer : Linda se laissa porter.

Rapidement, la physique faisait son travail, leurs corps remontèrent à la surface et, si cette expérience n'avait duré qu'un bref moment, elle paraissait avoir duré bien plus longtemps pour la jeune femme qui émergea un sourire encore plus large aux lèvres. Elle l'avait fait ! Pas de crainte à avoir, et voilà ! Tout allait bien ! Une bouffée d'adrénaline s'empara d'elle et, après avoir pris une large bouffée d'oxygène bien méritée, elle fondit à nouveau sur le brun pour l'attaquer de petites bises multiples et... gluantes.
D'une langue bien charnue, l'ourse lui lécha généreusement le visage tel un chien bienheureux de retrouver son maître puis, bien satisfait de ses salutations, Oswin s'en alla pour retourner malgré tout sur la terre ferme où elle pouvait sentir le sol sous ses pattes. Nageant dans un boucan de tous les diables et en éclaboussant sans précautions tout ce qui se trouvait autour, bien contente il fallait l'avouer d'enfin retrouver quelque chose de solide sous elle. L'animal s'ébroua alors avant de lever un regard bien innocent et presque fier de lui vers son fiancé, toujours dans l'eau. Ses petits yeux noirs pétillants, elle sautilla un peu sur place avant de s'ébrouer une seconde fois puis, bien heureux qu'il l'était, l'ursidé se roula généreusement dans la terre dans tous les sens : sur le dos, le ventre, le flanc... Oswin sentait la chaleur du soleil déjà chauffer son poil épais détrempé comme une douce caresse tandis que le vent faisait voleter les quelques poils restants qui pouvaient être qualifiés d'un tant soit peu secs. Une bien agréable position et, elle resta ainsi sur le dos, ventre à l'air, pendant plusieurs longues secondes à profiter de la chaleur, la gueule légèrement entrouverte et son regard noir à deux doigts de se fermer quand il ne se fixait pas sur le français qui sortait à son tour de l'eau.

Ah ! Il la rejoignait alors ?
Se retournant d'un geste pour se mettre sur le ventre, gueule collée au sol de même que pour le ventre en fixant l'homme qui approchait dans une position de jeu, elle sautilla un peu sur place le temps qu'il lui parvienne avant de lui tourner joyeusement autour lorsqu'il fut à sa portée tout en poussant de petits grognements gutturaux joueurs. Elle lui aurait bien sauté dessus mais, pour avoir déjà essayé, il valait mieux éviter ce genre d'expérience ! Alors, plutôt que de faire cela, l'animagus cessa de sautiller de partout pour se rapprocher et, du museau, quémander des caresses à son partenaire, déjà prête à ce qu'on pouvait appeler "ronronner". Bien plus douce cette fois dans ses mouvements, elle accompagna sa demande d'un irrésistible regard de chien battu, et voilà tout : c'était gagné.
Tendant la tête pour mieux profiter des caresses, l'ourse ferma les yeux en commençant à gronder doucement, fermant les yeux quand ce fut au tour de l'homme de lui donner sa "friandise". Ah... Comme quoi, ça avait du bon parfois de faire quelques efforts pour en recevoir encore plus en retour !
Des grattouilles derrière les oreilles et des caresses sur la tête ! Grouh, que demander de plus ?

- Graouh ! gronda joyeusement la bête en se reculant légèrement pour recommencer à sautiller d'excitation, finissant rapidement par jouer avec les vaguelettes de la plage comme un chat tenterait d'attraper un reflet sur un mur.

Sautant dans l'une, s'écrasant dans l'autre, tantôt elle se roulait tantôt elle gigotait en courant après quelque chose qu'elle n'était même pas vraiment sûre de voir. A la voir ainsi, jouer l'air de rien dans les vagues, on aurait presque pu dire qu'elle en avait complètement oublié Ludovic et, en un sens, c'était vrai. Et c'était aussi ça qu'elle adorait avec l'animagie : pouvoir vraiment tout laisser derrière tout en restant elle même, mais se permettre des choses que jamais on n'aurait fait autrement. C'était comme... Du bonus, une vie supplémentaire, une nouvelle chance.
Et ça, c'était fantastique !
Du moins, tant qu'on gardait le contrôle.

Prise dans sa joie, courant sur la berge et grondant d'amusement, l'ourse ne se rendit pas compte de la distance de plus en plus courte avec les récifs de la plage. De larges rochers où devaient sans doutes se réfugier moult bestioles et crustacé, mais surtout, bien glissants et escarpés... Prise dans sa vitesse, couverte de boue, de sable et d'eau, Linda n'y manqua pas et glissa soudainement sur une paroi un peu trop polie par la mer. Elle s'écrasa lourdement contre la roche avant de glisser les quelques centimètres restants pour venir se coincer entre les rochers pointus et les coquillages brisés qui fourmillaient sur le sol, lâchant alors un long grognement plaintif tandis qu'une vive douleur la traversa de part en part au moment du choc.



   

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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Ludovic Descremps, Mer 17 Oct - 22:07 (#)


► 16 Aout 1983 | Rivage d'Ailsa Craig
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S'embrasser en apesanteur n'était pas aussi simple qu'il y paraissait. Le courant, les forces gravitationnelles... tout vous écartait de l'autre ou vous repoussait de trop contre lui dans une valse imprévue. Dans l'eau, un contact aussi simple qu'un baiser ou une étreinte se faisait à la fois plus aérien et plus distant que jamais. A la fois porté par les eaux et séparés par eux, dans une membrane translucide et fluide, glissante entre les corps. Ludovic n'avait pas l'habitude de ce genre d'exercice. Quand bien même il s'y était entrainé quelques fois, il avait pu voir assez rapidement que cet exercice là avait de bonnes raisons d'être réservé aux poissons. L'eau s'infiltrait dans son nez, tentait de se frayer un chemin sous ses paupières et emplissait ses oreilles tant de liquide que de sel. A peine les avait-il immergé que le français avait sentit l'éclaboussure se refermer sur lui, l'engloutir, en plaquant ses cheveux et son vêtement contre lui. L'iode lui avait empli le nez, tentant même d'envahir sa bouche, alors que les remous d'écume et de vagues avaient eut tôt fait de le priver de sa compagne. Il se laissa filer sur le dos, tendant le bras pour retenir la brune et ne pas la perdre parmi les flots. Remontant aussi vite qu'il était tombé dans les abysses. Il émergea dans une autre éclaboussure, presque aussitôt renversé par le va et viens des rouleaux alors qu'il aspirait une grande goulée d'air. Est-ce qu'il regrettait de n'avoir pas profité de l'occasion pour passer un peu de "bon temps avec sa fiancée" ? Un peu, mais elle l'avait cherché, il fallait bien qu'il riposte, d'une façon ou d'une autre.

Ludovic, ravie de sa petite – et dernière – plaisanterie, s'essuya le visage d'une main, barbotant de l'autre, juste assez pour chasser l'eau salée de ses yeux et pouvoir scruter les environs à la recherche de sa malheureuse victime. Il n'eut pas à chercher longtemps. En un instant une masse brune s'était élevée au-dessus des eaux pour s'abattre sur lui, redoublant de tendresses. Une langue épaisse et rapeuse lui lécha le visage, finissant de le noyer à moitié. L'échevelé perdit pied, tout à fait déséquilibré par la masse subite de l'ourse géante qui avait remplacé sa fiancée. Il se débattit un peu, brièvement, prit de court par l'attaque velue, pour tenter de ne pas se faire complétement engloutir, mais ses bras remuant faisaient pâle figure comparé à la grosse tête qui lui avait foncé dessus. Heureusement, Linda l'ourse ne s'acharna pas trop sur lui, ne tardant pas à se détourner pour barboter, petites oreilles en périscope, jusqu'à la plage qu'elle eut tôt fait de gagner. Ludovic en profita pour remonter à la surface, crachant un peu et secouant la tête pour décoller ses cheveux tant de la bave que de l'eau salée. Il leva les yeux au ciel, soupirant, non sans un léger sourire, alors que l'énorme animal commençait s'ébrouait brutalement, faisant voler un nuage de gouttelettes autour de lui.

Il aurait pu ou dut la rejoindre sans doute, d'autant plus alors qu'elle s'était mise à sautiller de tous côtés comme prise d'une soudaine et furieuse envie de jouer, néanmoins le maigrichon préféra s'abstenir. Étrangement – mais pouvait-on réellement dire cela ? – il préférait rester parmi les vagues plutôt que de profiter de l'arrosage automatique que lui proposait cette compagnie velue. Esquissant quelques brasses vers la rive, l'échevelé fit semblant de se captiver pour les va et viens de l'ourse, savourant plutôt la sensation plaisante des vagues glaciales qui couraient sur son corps et, surtout, sur ses bras. Elle avait raison en soit, cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas pu profiter d'une petite baignade du genre. Si Linda avait le droit de se faire plaisir de son côté en jouant les ourses échevelées, il pouvait bien s'octroyer le droit de profiter seul à seul d'une de ses plus anciennes compagne.

Laissant donc là les batifolages de l'ursidé, l'échevelé préféra se retourner pour se mettre sur le dos et se laisser porter, replongeant aussitôt dans le silence grondant de l'ocean. Les bras étendus autour de lui en étoile, comme un oiseau traversant le mauvais ciel, il ferma les yeux. L'échevelé se laissa bercer par les vagues, se sentant pousser tantôt vers le large tantôt vers la barge, son corps léger flottant sans peine sur l'eau glacée. Il sentait le soleil sur sa peau, réchauffer tout juste sa chaire luisante de résidus de vague alors qu'une profondeur insondable s'étendait sous son support. Il lui aurait suffit de ramener ses bras, de relâcher son poids vers l'arrière et il se serait enfoncé dans la mer comme on tombe dans un rêve. Le monde autour de lui grondait du long murmure des flots. Sourd et mouvant, écho lointain tant de la terre que du vent qui résonnait aussitôt fort à ses tympans que la pulsation paisible de son propre coeur. C'était si bon. Il y avait beaucoup à dire et si peu en même temps. Ludovic se sentait tout simplement bien, plus léger, lavé, nettoyé, débarrassé de la puanteur de Sainte Mangouste. Il ne pensait qu'au son, à la mer, au bruit des vague et au vent.

Malheureusement, on ne résiste pas éternellement aux températures gelées de la mer d'Irlande, surtout lorsqu'on est dépourvu de fourrure et de graisse. Ludovic se mit à trembler, cotonneux, sentant déjà qu'il aurait un peu de mal à regagner la terre ferme alors que son corps s'engourdissait peu à peu. Préférant ne pas prendre de risque, il retourna tranquillement à la plage, ne tardant pas à se redresser sur la terre meuble pour retrouver pieds avant même d'être sorti des flots. Le vent ras n'aida pas à le réchauffer et il fut, pour une fois, bien content de sentir la masse chaude et poilue de son ourse se coller contre lui pour le revigorer un peu. Ludovic ne tarda pas à se laisse tomber sur la place, s'asseyant puis s'allongeant face à la mer en essayant de s'abriter du vent battant. Il faisait beau, il ne tarderait sans doute pas à sécher et se gorger de soleil. L'ourse, de son côté, galopait de plus belle, toujours aussi ravie et enthousiaste de courir après les vagues alors que son compagnon s'allongeait totalement sur la terre meuble pour en aspirer la chaleur, s'installant comme sur un lit de mousse. Très agréable. L'endroit parfait pour faire un somme.

Ludovic ferma de nouveau les yeux, ne prenant même pas la peine de rappeler à Linda de faire attention. Après tout, c'était plutôt elle qui avait des raisons de lui dire ça d'habitude. Il se sentait trop bien, trop tranquille et bienheureux pour se préoccuper d'autre chose et, la mer faisant son  oeuvre, la fatigue douce héritée des courses poursuite dans les vagues eut tôt fait de le faire à nouveau somnoler.

Ce fut un grondement étrange et particulièrement bruyant qui le tira de sa torpeur, le faisant ouvrir l'oeil et dresser la tête avec une certaine suspicion. Il n'était pas sûr d'avoir bien entendu, se sentant comme tout juste sorti d'un doux rêve, mais il ne tarda pas à voir que Linda n'était plus là. Il y avait des traces, cela oui, de larges empreintes d'ourses qui auraient fait s'arracher les cheveux de tout bon Oubliator, mais aucun signe de l'énorme ursidé. Ludovic se refusa à paniquer trop vite, tâchant de se raisonner en songeant qu'il n'y avait pas grand lieu sur cette île où l'Auror transformée aurait pu se perdre. Peut-être était-elle seulement partie fouiller les rochers immergés à la recherche de coquillages ou de crabes à terroriser. Néanmoins, le cri lointain entendu dans son sommeil avait de quoi l'inquiéter un peu. Il n'avait pas encore bien l'habitude des rugissements de la brune, mais il était presque certain de n'en avoir encore jamais entendu de ce genre là. Se redressant un peu plus, Ludovic observa les environs avec d'autant plus d'attention. Ne tardant pas à se redresser pour s'offrir un meilleur point de vue et pouvoir pousser sa voix au loin dans une légère éclaircie de vent.

— Linda ?
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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Linda Oswin, Lun 29 Oct - 23:04 (#)


   
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La douleur fut vive, ça, c'était certain. Mais étrangement, cette vivacité et cette brutalité ne furent pas de longue durée et, bientôt, l'animagus se retrouva tout juste sonnée, sur le dos contre les rochers. Les yeux écarquillés, papillonants légèrement alors qu'elle ne sentait déjà plus aucune douleur si ce n'était qu'une chaleure diffuse au niveau du dos, elle grimaça en expirant, le souffle jusque là coupé par le choc dont elle venait de faire l'expérience. Bon, note à elle même, éviter de courir sur des surfaces planes et glissantes la prochaine fois... Non, parce que c'était franchement stupide de parvenir à jeter en prison des dizaines de Mangemorts de finir terrassée par terre par un excès de confiance un jour d'été en vacances, vous trouvez pas ?
Grinçant des dents, Oswin porta une main à son visage, se le frottant un instant avant de protéger ses yeux du soleil en se rendant par là même compte qu'elle avait repris forme humaine sans même s'en rendre compte... Bon, c'était déjà ça de fait on dirait.
Lâchant un long soupir, la brune tenta de se redresser sur la roche trempée, se ravisant bientôt pour simplement se contenter de s'assoir, toujours tendue. Oui, ça chauffait tout de même. Se tordant le bras pour essayer de sentir par le touché l'état de son dos, elle eut bien du mal à arriver à quoi que ce soit de convainquant à vrai dire, mais en ramenant sa main à elle, le sang qui couvrait le bout de ses doigts était malgré tout difficile à ignorer... Bon, peut-être s'était-elle un peu écorché en tombant contre les rochers ?

En réalité, la plaie dans son dos s'étendait généreusement de son homoplate gauche jusqu'au milieu de sa colonne vertébrale et, en plus d'évidentes écorchures, saignait avec abondance tant la peau s'était arrachée sur la longueur. Comme quoi, si Linda ne pouvait se défaire de cette méchante grimace de douleur qu'elle affichait, ce n'était pas pour rien, quand bien même il ne lui semblait s'être "qu'écorchée".
C'est alors que Ludovic apparu derrière la barrière rocheuse qui protégeait la brune du reste du monde en l'appelant par son nom, de toutes évidences quelque peu inquiet.

- Hum... Ca va, je n'ai rien. fit distraitement Linda en frottant du pouce les quelques traces écarlates sur ses doigts. Je me suis seulement un peu... écorché, pas grand chose je crois.

Prenant une profonde inspiration en souriant pour se remettre sur de bons pieds, la brune prit appuis sur un pic un peu plus sec que les autres pour se relever, et une fois debout, elle tenta une nouvelle fois d'inspecter son dos elle même en vain, à son plus grand agacement d'ailleurs.

- Dis moi, ça va ? Ca ne saigne pas trop ? demanda-t-elle en se retournant pour montrer la plaie à son homme. Ca me brûle un peu alors... il faudrait peut-être y passer un coup d'eau claire dessus, tu ne penses pas ?

Elle attendit un instant, un peu inquiète de ne pas tout de suite entendre la réponse de l'homme. Alors, elle jeta un regard en arrière par dessus son épaule pour tenter d'entrevoir ce que l'autre faisait, mais si ce n'était inspecter son dos avec presque trop de minutie pour ce qu'elle croyait avoir, il ne semblait pas faire grand chose. De quoi l'inquiéter quelque peu, elle devait bien l'avouer.

- Il y a un problème ? demanda-t-elle en ramenant ses cheveux à l'avant pour lui faciliter la tâche. J'ai juste glissé là et je suis tombée un peu brutalement, rien de bien grave... Ca va ?

   

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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Ludovic Descremps, Mar 30 Oct - 23:54 (#)


► 16 Aout 1983 | Rivage d'Ailsa Craig
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
Complétement dressé, soucieux, l'échevelé plaça une main en visière pour tenter d'apercevoir sa compagne aux environs. Peine perdu. L'îlot semblait encore plus désert qu'auparavant. Hasardant un début de marche dans la direction où il avait vu disparaitre son ourse détrempée, le maigrichon commençait doucement à s'inquiéter, songeant aux différents endroits où elle aurait pu disparaitre. Il n'y avait pas énormément de rochers, du moins pas qui soient de taille à dissimuler un grizzli adulte, mais les bâtiments abandonnés ? Peut-être qu'elle s'était tout simplement cachée pour le prendre par surprise, mais non, cela semblait stupide. Elle ne lui aurait pas fait un coup comme ça, du moins pas durant si longtemps. Il ne se souvenait pas bien de ce qu'elle avait fait à partir du moment où il était revenu sur la terre ferme. Il l'avait vu galoper un peu après l'écume, se rappelait vaguement de bruits d'éclaboussures puis s'était assoupi, un peu trop hélas, il ne se rappelait plus du reste. Il ne croyait pas l'avoir entendu ou vu passer à côté de lui, elle avait donc dut rester près de la côte. De toute façon, la paroi du rocher géant était bien trop raide et semblait bien trop fragile pour qu'une ourse s'amuse à l'escalader. Ah moins que...

Ludovic tourna les pieds en direction de la falaise, craignant que l'animagus ait voulu éprouver un peu plus ses capacités ursines. Il se ravisa pourtant bien vite. En d'autres circonstances peut-être, mais ils étaient en vacances pour trop peu de temps, elle ne se serait sans doute pas éloignée autant sans le lui avoir dit, que ce soit par une petite phrase ou quelques grognements. Presque automatiquement, les pieds du français se désintéressèrent donc du rocher pour retourner vers la plage, son être encore dépourvu d'idées alors que ses yeux se baissaient tout seuls sur le terre et la rocaille. Il y avait là de larges empruntes de pattes d'ours, bien visibles dans la boue que le pelage détrempé de l'Auror avait formé. Pour un retour à l'état d'animal sauvage, on pouvait dire qu'elle n'avait pas trop songé à dissimuler ses traces. Coups de griffes, cailloux retournés, plantes écrasées... Ludovic n'eut aucun mal à remonter la piste jusqu'à apercevoir un petit bras fin et blanc dépassant d'un trou d'eau entre les rochers.

— Linda ! s'exclama l'échevelé.

A peine avait-il crié le nom que ses pieds s'étaient mis à courir, manquant même de déraper sur les roches humides au risque de suivre le même chemin que sa fiancée. Cependant, ils maîtrisaient mieux la marche et la course que n'avaient semblé le faire les pattes de l'ourse et il se laissa bientôt tomber aux côtés de la jeune femme, s'étalant à moitié au bord du trou d'eau moins profond qu'il ne le pensait. A vrai dire, l'ensemble de la situation était moins pire qu'il ne le pensait. Linda ne semblait pas s'être particulièrement blessée ni être coincée ou avoir perdu connaissance. Au contraire, elle essayait déjà de le rassurer. Mis à part la boue qui la couvrait des pieds à la tête, elle paraissait aller plutôt bien. N'allant pas plus loin dans les observations, le brun se précipita pour tendre le bras à sa compagne, l'aidant à sortir du trou d'eau pour la ramener sur la berge, essayant déjà de la débarrasser de la boue qu'elle avait sur les bras et les jambes.

— Et après c'est moi qu'on traite de tête brulée ? gronda-t-il gentiment. Mais moi au moins je sais qu'il ne faut pas courir sur des rochers mouillés.

Il aurait bien continué à la taquiner pour se détendre et se rassurer, mais cela ne semblait pas être une priorité pour la jeune femme qui lui demandait de regarder dans son dos pour voir si elle était blessée. Obéissant sans rechigner, l'échevelé tourna la jeune femme quelque peu pour pouvoir examiner son dos, couvert d'une large plaque de boue à laquelle se mêlait des teintes plus pourpres. Fronçant les sourcils, Ludovic passa la main dans le dos de la brune, tachant d'écarter la saleté pour mieux voir l'étendue des dégâts.

— Non, enfin, oui, ça va, assura l'échevelé, distrait de son examen par la jeune femme qui commençait à s'inquiéter un peu. Tu as le dos couvert de boue alors j'ai du mal à voir. Je crois que tu t'es fais une grosse écorchure dans le dos, je vais nettoyer ça. Viens.

Toujours un peu inquiet, l'échevelé ne tarda pas à entrainer la jeune femme vers leurs affaires, bifurquant d'abord vers le rivage pour mettre les pieds de la brune dans l'eau.

— Je vais t'enlever le plus gros maintenant, expliqua-t-il, faisant s'asseoir la brune dans les vagues. J'y verrai mieux comme ça et ce sera plus confortable. Je nettoierais mieux là où tu es blessée. Il faudra que tu me prête ta baguette par contre.

Tout en parlant, le français avait commencé à récupérer un peu d'eau de mer dans ses mains pour nettoyer la boue sur les bras et les jambes de l'Auror, prenant garde à ne pas toucher d'éventuelles plaies malgré des gestes rapides, à la hauteur de sa nervosité.
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Message Re: Trust - 16 AOUT 1983
par Linda Oswin, Lun 12 Nov - 23:46 (#)


   
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Encore sonnée par sa chute et, quelque peu déconcentrée elle devait bien l'avouer par cette douleur sourde qui lui tirait doucement le haut du dos, Linda était décrochait aisément de la réalité et ne prêtait qu'une attention toute relative à son fiancé qui s'inquiétait pourtant pas mal à ses côtés. Et pourtant, ce n'était pas faute d'essayer ! Mais dés qu'elle se concentrait un peu trp sur ce qu'il lui disait, un douloureux mal de crâne la prenait soudainement en lui transperçant les tympans par la même occasion, alors... Autant ne pas forcer. Elle garda néanmoins une oreille attentive vers ce qu'il disait, toujours un peu ailleurs alors que l'homme examinait son dos après quelques petites taquineries qui tirèrent un demi-sourire à l'Auror. C'est vrai, elle s'était sans doutes un peu laissé aller, dans ce genre de cas, il n'était pas rare qu'elle en oublie un peu tout ce qu'il l'entourait. Et puis, c'était tellement grisant l'animagie parfois, surtout dans ce genre de situations où il n'y avait rien ni personne pour reprocher quoi que ce soit. Il était trop rare de pouvoir se retrouver dans de pareils moments et, en y repensant, elle ne regrettait en rien ce qu'elle venait de faire. Oh non ! Et elle le recommencerai bien cent fois si elle en avait l'occasion !

- Aïe..! laissa-t-elle soudainement échapper quand l'homme l'aida à se relever pour l'emmener vers l'eau, relançant sa douleur dans le dos sans qu'elle ne se départisse pour autant du petit sourire absent qu'elle gardait aux lèvres. On a tous un peu le droit parfois de retomber en enfance, tu ne penses pas ?

Mi-grimaçante mi-souriante, la jeune femme taquina légèrement du nez et de la tête l'homme qui la portait pour dédramatiser la situation à son tour malgré sa peau qui chauffait malgré tout quelque peu. Oh, ce ne devait être que superficiel et sans doutes cicatriser en deux trois mouvements, mais ça picotait un peu tout de même. Après tout, elle avait fait une bonne chute non ?
Ludovic commença alors à s'occuper d'elle, s'atelant à la tâche pour lui enlever toutes ces saletés dans lesquelles elle était tombée en glissant, et si Linda afficha un air quelque peu attendri, elle sentait, non, elle devinait sans mal que Ludovic lui même était loin d'être si détendu. Elle avait du lui faire une belle peur en disparaissant comme ça, c'est vrai...

- Hey, fit-elle en se penchant un peu en avant pour poser sa main sur celle du français, faisant de son mieux pour le regarder en face sans trop tourner de l'oeil, je vais bien, enfin, je crois. Elle lui sourit plus chaleureusement, joueuse. Prends une seconde pour respirer si je t'ai fait une petite frayeur, d'accord ? Désolée d'ailleurs pour cela, je crois que... Je me suis un peu trop emportée. Ca me fait du bien de sortir comme ça dehors, alors j'en oublie un peu tout le reste. Elle baissa les yeux, riant légèrement de manière nerveuse avant de ramener ses mains, croisant ses bras contre son ventre comme si elle avait plus froid soudainement. Haha... J'imagine que moi aussi, j'ai un petit côté incorrigible !

Elle releva les yeux sur Ludovic, l'observant silencieuse un instant en sentant à nouveau sa tête faire des siennes : entre le tournis ou le sifflement des tympans, elle était servie ! Elle avait du se prendre un coup sur la tête malgré tout dans sa chute pour être si sonnée, ou bien tout simplement bien être tombé de tout son dos par terre... Oui, ça aussi semblait plutôt plausible, après tout, quasiment une tonne qui s'écrasait brutalement par terre, ça laissait quelques séquelles sur un corps plus maigrichon de soixante kilos.

- Il faudra que je me repose quand... On rentrera. souffla bassement la brune en se prenant la tête dans une main, se massant lentement le visage pour tenter de faire partir ce bruit sourd qui résonnait encore sans pour autant rajouter trop de boue et de terre sur son visage, presque parfaitement épargné. Mais on reviendra demain ! Hors de question de finir sur ça !

Enfin, encore fallait-il qu'elle soit capable de tenir debout quelques minutes toute seule ce serait déjà pas mal !

   

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