BELLUM PATRONUM


Version 33

Nouvelle année, nouvelle version installée ainsi que sa flopée de nouveautés !
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Groupes fermés

Les sang-purs étrangers sont fermés. Redirigez-vous vers les familles de la saga ou des membres.
équilibre des groupes

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Nous manquons également de Mangemorts.

Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
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Répartition : 19/08/2018
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Message Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Owen Ziggler, Sam 25 Aoû - 17:46 (#)
Owen
Ziggler
Nom: Owen Prénom: Ziggler Âge et Date de Naissance: Né le 27 mai 1950, il a donc 34 ans.

Nature du sang: La famille Ziggler est sang-mêlé. C'est sa grand-mère maternelle qui était moldue, mais toujours très discrète quant à sa condition, une grande partie de sa famille ayant été tuée lors de différents affrontements. Elle n’a jamais vraiment su parler de sa culture, et est essentiellement restée en retrait, compréhensive et émerveillée comme une enfant face aux pouvoirs sorciers de son mari, puis de ses enfants. Les enfants Ziggler ont toujours été très ouverts quant aux moldus et leurs talents pour trouver des solutions face à toutes les complications, et ce, sans magie.

Situation familiale: Dans la fratrie, Owen occupe la place de cadet et de premier garçon, derrière Aliah, de 3 ans son aînée et devant Ellis, son jeune frère, né 8 ans après lui. Leurs parents, Mervin et Eira Ziggler, tiennent une librairie-papeterie à Swansea (Pays de Galles), ville natale de toute la petite famille Ziggler. Ils ont grandi unis, toujours très proches les uns des autres. Ellis est arrivé plus tard, comme un heureux accident, garçon aux grands yeux curieux et éternel optimiste. Owen a toujours été très protecteur envers lui. Les liens qu’il entretient avec son père, sa mère et sa sœur aînée sont de ceux qui ne se briseront jamais. Les rapports changent, parfois, entre fierté et déception, entre inquiétude et bonnes nouvelles mais le lien demeure. C’était un cocon fort mais les évènements de septembre 1980 ont fragilisé tout ça…

Quand bien même, il sait que dans les pires moments, il pourra toujours compter sur eux. Sa mère l’a souvent dit, de toute façon : « S’il vous arrive quoique ce soit, vous savez qu’on est là. Vous avez toujours un toit à Swansea. » Oui, il le sait. Même si jamais il n’envisagerait retourner vivre là-bas (n’y aurait-il pas pire aveu d’échec ?), il a toujours ce pincement au cœur de voir ses parents vieillir, voir les cheveux de sa mère blanchir et son père devenir progressivement plus voûté, moins costaud… même si le concerné fait mine de rien. Owen voit fréquemment sa sœur aînée, Aliah, installée avec son mari et ses deux enfants dans une maison proprette de la banlieue de Londres où elle travaille pour la maison d’édition Obscurus Books. Avec cette dernière, Owen n’a jamais bien su comment se positionner. Enfant, il voyait dans sa soeur un modèle. Ado, elle était celle qu’il fallait battre, en tout, faire mieux, toujours. Sa soeur n’est pas parfaite – elle n’est pas faite pour l’être – mais même à 34 ans, Owen voit en elle une personne de bons conseils.

Patronus: Demoiselle (zygoptera), famille proche des libellules, caractérisée par un corps plus frêle que celles-ci et des ailes bleues. Un patronus qu’il ne peut matérialiser qu’à l’aide de sa baguette et au prix d’un grand effort. Il y a plusieurs années de cela, il parvenait à le faire apparaître bien plus facilement qu’aujourd’hui, où il est le plus souvent qu’un simple nuage brumeux...

Miroir du Rised: Il n’aime pas ce genre d’exercice, car il sait qu’il y a un fossé entre ce qu’il prétend avoir comme aspirations, remuer le monde et ouvrir les yeux des gens et ce que son for intérieur aimerait, en vérité. Plus qu’un journal engagé dont il serait le rédacteur en chef, le miroir le montrerait apaisé, loin de l’alcool et de ses différents travers, et avec une vie de famille épanouie. Ellis est là, aussi, heureux. (mais il y a fort à croire que même devant cette vision, il rit jaune et s’en détourne, affirmant que « Tout ça, c’est qu'des conneries. »)

Epouvantard: Il se voit à la place de son frère, Ellis, le corps plongé dans la tétanie habituelle de ce dernier, les traits marqués et le regard hagard, incapable de prononcer autre chose qu'une succession de mots incohérents, l'air vide comme s'il n'avait plus la moindre emprise sur ce qui l'entoure. De nulle part sortent des lianes noires qui viennent coudre sa bouche et crever ses yeux, puis s'enroulent ensuite autour de ses bras et ses jambes jusqu'à les sectionner. Les membres volent alors autour de lui, comme désartibulés. L'impuissance, la folie et l'éternel rappel de l'état d’Ellis.

Baguette magique: C’est une baguette de 29.5 cm en bois de cèdre et avec une plume de phénix en son cœur.

Occupation : Il est actuellement journaliste et rédacteur pour la Gazette des sorciers, dont il s'occupe de la rubrique traitant des Faits de société. Il est très fréquent qu'il se rende sur le terrain, que ce soit pour des événements marquants de la vie londonienne ou pour mener des enquêtes de fond sur différentes problématiques actuelles et recueillir les témoignages de la population.

Maison à Poudlard : Gryffondor. Groupe souhaité : Accio.

Crédits images : /
 
Caractère
Si vous croisez Owen, à première vue, vous ne saurez pas trop à quoi vous en tenir. Il faut dire, derrière ses cheveux blonds (châtains clairs ?) en pétard et ses yeux verts, il peut donner l’image d’un éternel rêveur. Voilà qui serait on ne peut plus faux. Lui que les aspirations de journalisme ont vite poussé à toujours tout observer, il a rapidement compris que la vie n’avait rien d’un conte de fée. Depuis septembre 1980, il a définitivement arrêté de simplement rêver. Il a compris que rien de bon n’arrivait à ceux qui se contentent de rester simplement passifs. Au fond de lui, il aurait aimé que la vie reste simple, que son principal objectif reste simplement de grimper les échelons au sein de la Gazette. Désormais, quand il regarde en arrière, il a un rictus dédaigneux et le visage fermé face à celui qu’il était, quelques années plus tôt : un simple naïf qui croyait en la presse libre et neutre.

Ce qui le caractérise c’est ce regard sans filtre qu’il pose sur tout. Il a toujours été de ceux qui veulent tout comprendre (et non pas « tout savoir », savoir ne suffit pas). Ayant pris cette habitude très jeune, lui qui a grandi dans la librairie-papeterie de ses parents, il a toujours trouvé dans les livres des alliés qui lui permettent de se renseigner et de trouver les enseignements qui lui manquent. Il les picore à loisir, sachant où chercher et comment. Car s’il y a bien quelque chose qu’on ne pourra pas lui reprocher : c’est sa ténacité, idéale pour un journaliste de terrain. Pour autant, plus que la lecture et quand il le peut, il aime aussi expérimenter. Tout. Tout le temps. Ce n’est pas qu’il est inconscient ou qu’il a peur de rien – loin de là – mais il est convaincu qu’un journaliste se doit d’être le plus entier possible. Retranscrire un témoignage, c’est bien. Pouvoir voir les choses, c’est mieux. Cette curiosité, il la développe depuis sa tendre enfance, et si elle est devenue plus subtile au fil des ans, elle reste belle et bien là.

Au début de son mariage, il était un homme heureux et avec plein de perspectives. Avec Lena, il s’imaginait une vie à deux. Il s’imaginait des enfants. Il s’imaginait une réussite. C’est fou comme lorsqu’on arrive à se créer un cocon de bonheur, on croit que tout va nous réussir, même en dehors. … Cela n’a duré qu’un temps.

Homme dynamique, Owen n’est pas quelqu’un qui aime l’inactivité (physique ou intellectuelle). C’est très certainement ce bouillonnement constant d’idées, d’envies de faire quelque chose, qui peut expliquer aussi son instabilité. Car c’est bien ce qu’il est devenu. Un type instable, cherchant certainement sa place. Il a toujours voulu être reconnu par ses pairs et trouver le scoop qui le mettrait sur le devant, mais la vie – et le pouvoir de certains – en ont décidé autrement. Là où beaucoup se seraient contentés de ça, il a voulu trouver une solution. Une manière de dire « non » sans mettre à mal ses efforts. Une manière, aussi, d’aider le plus grand nombre, que d’autres ne se retrouvent pas blessés dans leur chair comme cela a été son cas. Seulement, à vouloir jouer sur de nombreux tableaux, se plonger de manière excessive dans le travail pour étouffer sa souffrance de grand-frère, il a perdu le contrôle.

Sa vie de couple, clairement, n’a plus été la même après l’attaque du Poudlard Express de 1980. Cette attaque qui le hante, celle qui a failli tuer Ellis et lui a finalement enlevé son énergie vitale, le plongeant dans un mutisme et une tétanie que nul ne parvient à guérir. Sa relation avec sa famille a changé, également. Difficile de faire autrement. Il s’en est voulu et il s’en veut encore. Lui qui a toujours joué les grand-frères forts, qui était fier de voir son frère devenir un homme accompli et joyeux. Il n’y a plus rien de joyeux dans les yeux opaques d’Ellis, désormais. Et c’est à croire que cela est devenu contagieux.

L’alcool et les potions anti-douleurs n’ont jamais fait bon ménage, et ce n’est pas faute d’avoir été alerté par certains de ses amis. Mais à l’entendre, il avait toujours de bonnes raisons, toujours besoin de ça. Certaines potions lui permettaient de ne pas s’endormir et de terminer la rédaction de tel ou tel article, ou de poursuivre l’observation – sous sa forme de merle – de telle ou telle personne. D’autres l’aidaient à dormir quelques heures d’un sommeil sans rêve et loin d’être réparateur. Il s’en relevait le regard sombre. Avec Lena, il est devenu irascible. A croire qu’il n’avait plus de temps à lui accorder. Comme si essayer d’être heureux quand son frère, de huit ans plus jeune que lui, ne le serait plus jamais lui paraissait inconcevable. Et sans s’en rendre compte, c’est sa jeune femme qui est devenue la cible de sa frustration. Jusqu’au geste de trop.

Tout ça tandis que ses collègues, au sein de la Gazette, ne voient rien. Ne savent rien. Il met un point d’honneur à dissocier sa vie privée de sa vie professionnelle. Il n’a jamais aimé que les deux s’entre-mêlent et le cocon qu’il avait avec Lena lui permettait de souffler, de se ressourcer… jusqu’à ce que tout s’abîme définitivement. Par sa faute. Ses collègues, la grande majorité ignorants de ses travers une fois chez lui, se sont fait un malin plaisir d’évoquer son divorce et, pire, l’ordonnance de restriction pour coups et blessures. Ça a jasé. Beaucoup. Et il lui a fallu plusieurs mois pour redevenir maître de lui, affirmer que cela n’était qu’une erreur, qu’il pensait encore trop à son petit-frère mais qu’il était complètement apte à son travail. Ses supérieurs n’ont guère apprécié, cela dit. Un divorce pour de telles raisons ne fait pas bonne publicité à la Gazette, et une fois de plus Owen a bien compris qu’il lui serait difficile de grimper plus haut.

Tant pis. Il fait de son mieux pour qu’on oublie tout ça, et fait en sorte de se reprendre, sur le plan professionnel. Car en règle générale, Owen sait être un homme sociable et affable. Prendre la parole, aller vers des inconnus, pousser l’autre à parler par des questions bien trouvées, c’est son quotidien, et cela définit celui qu’il est. Un homme convainquant. Convainquant, oui. Pas forcément convaincu. Le monde autour de lui et cette société sans cesse en mouvement et éternellement meurtrie, voilà qui a su avoir raison de son optimisme d’adolescent. Sur ce point, sa détermination à agir, dans la mesure de ses possibilités, explique son engagement au sein du Daily Protest, son application à rédiger des articles critiques envers les événements et les décisions politiques. Car s’il n’est pas farouchement optimisme, il espère tout de même, au fond de lui, que les choses s’améliorent. Et cela passera forcément par des remises en questions et des voix qui s’élèveront, pour viser juste, pour ouvrir les yeux. Endosser ce rôle, dans l’ombre, ça lui convient tout à fait.
 
Votre personnage a-t-il été touché malgré lui par les éléments récents du monde sorcier ? De plein fouet, et de bien des manières. Les attaques de mangemorts ont complètement bouleversé sa vie et celle de sa famille dès le 1er septembre 1980 avec l’attaque du Poudlard Express. Son frère cadet, Ellis, entamait sa dernière année d’études. Lors de l’attaque, il a été victime d’un – ou plusieurs ? Difficile à déterminer, aujourd’hui encore – sortilèges et est désormais plongé dans un état léthargique quasi total. Outre cela, le métier de journaliste d’Owen fait qu’il travaille toujours au plus près de l’information et de la population, qu’il a l’habitude d’interroger pour ses articles. Le chaos de la société sorcière il le côtoie et sait que la population a beaucoup souffert et surtout… n’a pas compris grand-chose. De la peste des patronus aux différents coups d’état au sein des hautes sphères du pouvoir, meurtres, disparitions et autres décrets… Owen n’ose même plus espérer que les choses se calment. Il sait qu’il y a un fossé entre ce que le sorcier lambda voit et subit et ce qui se joue et se décide au sommet du pouvoir.

S'est-il impliqué d'une certaine manière (volontaire ou involontaire) ? Comment ? Oui. Que ce soit à la Gazette et plus concrètement au sein du Daily Protest, il a joué – et joue toujours – un double jeu. Sous le gouvernement Rosier, c’était clairement un jeu dangereux, celui du bon petit rédacteur qui fait ce que la censure – qui ne se nomme pas comme telle – impose à la Gazette, mais qui d’un autre côté, à tout moment de la nuit, en général, fait en sorte de transmettre des informations à la Résistance et alimentait le journal clandestin d’articles. Il participe toujours à son contenu, d’ailleurs, et part du principe qu’il faut toujours un lieu pour exprimer des idées contraires et se faire critique envers le pouvoir en place. Une personne qui accepte sans chercher plus loin est une personne qui ne réfléchit pas, et ne cherche plus à comprendre. Il pense que la cause de l’instauration au pouvoir du gouvernement Rosier est un manque de méfiance de la population, et par là même un manque d’esprit critique. Désormais, il espère simplement de la transparence, et veut participer à ouvrir les yeux de la population.

Quels sont les idéaux politiques de votre personnage ? Se rallie-t-il à une cause ?  Comme dit, sa cause est peut-être utopique, mais c’est avant tout le souhait d’une société qui s’intéresse et s’interroge. Une société qui ne fait pas bêtement ce qu’on lui demande et qui cherche réellement à comprendre ce qui se cache derrière un pouvoir politique et un programme. Clairement, aujourd’hui, il préfère se faire critique envers les élus et cherche avant tout la transparence et l’honnêteté. Même s’il sait que l’honnêteté n’a pas sa place en politique, c’est pour ça qu’il serait incapable d’occuper une fonction de ce genre. S’il sait qu’il est impossible en la matière d’être entièrement honnête envers les autres, il respecte ceux qui sont honnêtes envers eux-mêmes. Quitte à prendre des décisions qui ne pourront jamais aller dans le sens de tous, qu’elles aillent au moins dans le sens de soi. Il trouve fascinant ceux qui peuvent prendre les décisions les plus lourdes tout en se regardant dans la glace. Une fascination malsaine, certainement. Il n’est pas de ceux qui se cherchent une étiquette, mais bien entendu qu’il n’ira jamais donné sa voix aux Gardiens. En plus de leur côté ultra-conservateur qui pue le formol et les magouilles, il les tient clairement responsable des excès et de la folie du gouvernement Rosier. Même s’ils cherchent à se racheter une image, un porc roulé dans la boue que l’on lave ensuite, reste tout de même un porc. Owen respecte l’Ordre du Phénix mais n’est pas certain que leur engagement en politique soit à la hauteur des actions de l’Ordre. Il les trouve un peu trop modérés pour reprendre en main cette société qui se réveille du marasme dans lequel elle était plongée. Peut-être que le dynamisme du FLM est ce qui l’attirera le plus, mais il va bien en examiner le programme, car il y a des points sur lesquels il ne s’accorde pas, et n’est pas du genre à voter sur le simple attrait de la nouveauté ou du jeunisme.

Cette politique dont il est féru, il aime la décortiquer dans des publications pour le Daily Protest. Sous couvert d'anonymat, il porte aussi ses véritables convictions politiques : une nette tendance communiste, sous l’influence des doctrines Marxiste, qu’il n’évoque qu’à mi-voix. Il se fait le porte-parole de sa propre opinion, et a la prétention d’être, par ce biais, un agitateur des consciences, et un « porte-voix » pour ceux qu’on n’entend pas, qu’on n’écoute pas. Il est l’un des fervents supporters de la présence de « roturiers » dans les instances du pouvoir exécutif. Plus encore que la question du sang, c'est avant tous ces histoires de classes sociales qui le portent, politiquement.

Votre personnage est-il engagé politiquement ? Que pense-t-il de la situation actuelle ?Que pense-t-il de la situation actuelle ? Comme dit, pour le moment son engagement est avant tout un engagement de terrain et un éveil des consciences, c’est par sa plume qu’il s’engage, autant que par son rôle de guetteur formel ou informel, que se soit en tant que rédacteur de la Gazette qu’en tant que merle-guetteur (et moqueur). La situation politique le laisse méfiant, pour le moment. Il adore suivre les différents débats quand il le peut et suite au plus près la vie politique, cependant, quand il s’agit de donner son vote, il préfère prendre son temps. Pour le moment, il balance entre Phénix et FLM. Il veut voir un peu ce que Tybalt Dandelion a dans le ventre et le programme qu’il va réellement défendre.

Quel est l’avis de votre personnage sur les patronus corporels et sur les événements les concernant récemment ?Les patronus corporels, il les a surtout découvert via Jazz, le patronus ragondin d’Ellis, son jeune frère. Au début, cela l’a tout simplement intrigué, et rien d’autre. Il était curieux de cette créature avec lequel son frère avait véritablement un lien fort. Suite à l’hospitalisation d’Ellis, le patronus est devenu comme un gardien protecteur, toujours au plus proche du malade. Comme les médecins, il s’est souvent demandé si la créature pouvait dialoguer avec le jeune homme ou si les mots inintelligibles qui quittaient parfois les lèvres de celui-ci lui étaient adressés. A Sainte-Mangouste, la famille Ziggler n’a pas eu d’autre choix que d’accepter qu’on administre au plus jeune les remèdes, sous prétexte que cela pourrait l’aider, sans doute. Mais cela n’a servi à rien d’autre que bouleverser le caractère de la créature et finalement, en décembre 1983, le transformer en un nuage brumeux toujours omniprésent. Il arrive parfois à Owen de croire apercevoir le ragondin, au détour d’une rue, sous son lit… mais il sait que ce n’est que le fruit de son imagination. Il aurait aimé savoir ce que ça fait, en tout cas, d’avoir une telle créature auprès de soi. D’autant que son neveu et sa nièce, tout jeunes, sont eux aussi concernés. Il sait que sa sœur leur a fait prendre le remède des disciples et depuis, les patronus ont disparu. Il se demande si c’est définitif… sa sœur est en tout cas convaincue d’avoir agi pour le bien de ses enfants. Quand ils en discutent, cela devient vite un débat houleux, car Owen est bien moins partisan de la disparition des patronus. Selon lui, c’est tout simplement une forme de magie qu’il faut découvrir et appréhender, preuve en est qu’un nouveau remède est maintenant disponible.
Questions
 
Derrière l'écran...
Pseudo et âge: Saya, 31 ans Où as-tu trouvé le forum ? Bah j'arrive pas à retrouver mais c'est par une recherche google qui n'avait rien à voir avec du RP ou Harry Potter... mais j'ai fait ma curieuse. Personnage: Inventé. Avatar Max Riemelt As-tu un autre compte sur BP ? Nop Présence: On va faire au mieux. Une remarque ?  Hibiscus. (bravo pour la longévité du forum et son contexte développé)


Dernière édition par Owen Ziggler le Mer 19 Sep - 23:47, édité 20 fois
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Owen Ziggler, Sam 25 Aoû - 17:51 (#)
Histoire
If you want to change the world, pick up your pen and write.
27 mai 1950, Swansea (Pays de Galles).
Naissance dans une petite maison pavillonnaire de la ville, attenante à la librairie-papeterie tenue par le couple Ziggler (Eira (née Howell) et Mervin Ziggler). Aliah, sa sœur aînée a alors deux ans et demi.

Enfant, Owen était un grand curieux qui ne tenait jamais en place. Il fallait qu’il se défoule et qu’il expérimente. Plutôt que de regarder quelque chose de loin, il fallait qu’il s’approche. Face à un spectacle ou un animal, c’était le genre de petit bout de chou qui a besoin de s’avancer devant tout le monde et veut tendre la main pour toucher. Pour lui, comprendre quelque chose, ça passait par l’expérimenter de lui-même. Autant dire que ses parents ne savaient plus où donner de la tête pour éviter qu’il se fasse mal, qu’il fasse des bêtises ou qu’il dérange les autres. Avec sa sœur aînée, c’était le jour et la nuit. Aliah a très vite démontré un tempérament bien plus calme et en retrait. Peut-être plus peureuse, parfois.


1957, Swansea.
Découverte – confirmation ? - de la magie qui coule dans ses veines. Il a sept ans, il court dans les rayons de la librairie malgré les nombreuses réprimandes de son père. Il faut dire qu’il est allé embêter sa sœur qui lisait dans un coin, et maintenant elle le cherche, le regard mauvais, pour se venger. Alors le petit blondinet court et s’arrête dans l’un des rayons de livres, essayant de faire le moins de bruit possible. Seulement, en reculant, il percute le rayon dans son dos. Il lève les yeux, juste au moment de voir une fiole qui bouge sous le choc et menace de tomber. Il est trop petit pour l’attraper.

* Non non non… *

Tout se passe très vite, il se recroqueville par réflexe, mais craint déjà les remontrances à venir. Il plisse les yeux et espère de tout cœur que quelque chose vienne éviter la catastrophe. Il reste ainsi deux, trois secondes et lorsqu’il constate qu’il ne s’est rien passé, qu’il n’y a eu aucun bruit de verre qui se casse ou d’encre qui se répand, il ouvre prudemment les yeux. Juste le temps de voir qu’une espèce de « bouclier » presque transparent s’est matérialisé autour de lui et que la fiole est désormais en lévitation dans le vide. Surpris, il tend le bras vers l’objet qu’il récupère sans mal. « Oh. »

Il entend un bruit de pas qui s’avance et tourne la tête de l’autre côté, sa sœur est là, qui a visiblement vu ce qui s’est passé. Elle croise les bras et crie : « Papaaaaa ! Y’a Owen qu’a fait de la magie ! » Rien qui ne la surprenne, elle qui est déjà impatiente d’entrer à Poudlard.


Jusqu'en 1961, Swansea.
Une enfance tout ce qu'il y a de plus simple, en culotte courte, à courir dans le jardin des grands-parents, à se mettre dans les pattes de son père, dans la papeterie, à regarder avec des yeux brillants le choix de plumes et d'encres dans les rayons... Et à faire des bêtises (qui n'en a pas fait ?), avec sa sœur Aliah et avec le petit Theophilus, l'enfant d'un ami de son père, qui habite la même rue.

Il a fini par canaliser son énergie en s’intéressant à différents sports. Avec Theophilus, il volait jusqu’à pas d’heure et s’essayait au quidditch. Il adorait la compétition et les deux garçons se défiaient sans arrêt. Quand ce n’était pas à celui qui attraperait le vif d’or le premier c’était sur des parties de bavboules endiablées. Il s’est très vite révélé doué aux bavboules, plus qu’au quidditch, d’ailleurs. Avec sa sœur aussi, lorsqu’elle revenait pour les vacances, la compétition faisait rage, sur quasiment tous les domaines. Elle se débrouillait plutôt bien aux bavboules et excellait aux échecs sorciers, ce qui était moins le cas d’Owen. Et quand il parvenait à gagner, il s’en vantait pendant longtemps, au grand dam de sa sœur.


◆◆◆


1961 – 1967, Poudlard (cursus primaire).
Poudlard et l’apprentissage de la magie, des connaissances générales. La formation de l’Owen social, curieux et ouvert à tout.

A Poudlard, il a découvert la vie en communauté et le fait de se battre pour faire triompher un groupe, une maison, plus que soi. Même s’il conservait ces traits d’ambitieux qui veut – pense – aller loin, il savait se mettre en retrait et c’est dans les murs de l’école de magie qu’il a développé ce tempérament d’observateur actif. Il n’était pas de ceux qui longent les murs et espèrent ne pas être vus. Il n’était pas non plus de ceux qui cherchent à tout prix les projecteurs et veulent qu’on parle d’eux à tous les instants de la journée. Non, il était de ceux qui ne veulent rien rater des événements importants. Les curieux qui aiment les ragots et ont les yeux qui pétillent quand on leur en raconte. Paradoxalement, cette curiosité s’appliquait à tout. Dès qu’on lui parlait de quelque chose, il voulait savoir et comprendre, aussi.

Même si être sorcier était une évidence, il a toujours eu l’envie d’en apprendre plus. Certes, les cours théoriques classiques n’étaient pas ce qu’il préférait, mais il faisait de son mieux pour retenir les évènements importants de l’Histoire. Face à son envie de tout essayer, des professeurs ont su le guider. Même des sortilèges qu’il était loin de maîtriser, et il a ruiné plus d’une cape dans des échecs cuisants. Il avait une facilité d’assimilation des faits et laissait traîner ses oreilles pour être au courant des dernières nouvelles, quelles qu’elles soient.

S’il a été réparti à Gryffondor, comme sa mère, pour sa force d’esprit, sa ténacité et son côté intrépide, il aurait tout autant pu se retrouver à Serdaigle, certainement, pour cette curiosité et cette application à toujours se renseigner sur ce qu’il ne connaît pas. Cela n’a jamais fait de lui un érudit, mais un type éclairé. Il faut dire que lorsqu’on grandit dans la maison attenante à la librairie-papeterie de ses parents, les livres ne vous font pas peur, bien au contraire. Sa sœur, Serdaigle quant à elle, était – et est toujours – un rat de bibliothèque qui dévore tous les ouvrages qui lui tombent dans les mains. Lui, il était plutôt un lecteur qui picore et s’en sert le plus souvent pour avancer, parfois pour s’évader. Cherchant des renseignements ici, des illustrations là, des histoires d’aventures ou des règles pour tel ou tel jeu. Oui, les livres font partie intégrante de la vie des Ziggler, au même titre que les rayons qui sentent bons les parchemins, les murs remplis de fioles d’encres de toutes les couleurs et les plumes de toutes sortes. Et au-delà des livres, pour Owen, les journaux également, dont il a très jeune été abonné et qu’il prenait le temps de lire, entre deux cours, entre deux parties de bavboules ou matchs de quidditch (il est devenu poursuiveur en quatrième année).

C'est d'ailleurs à la Bibliothèque, dans un premier temps, qu'il a véritablement appris à connaitre Lena, Lena Rhys. Ils ont des amis en commun et se sont déjà croisés à plusieurs occasions mais n'était pas de la même maison, ni de la même année, d'ailleurs. Lena a un an de moins que lui, mais partage le goût des livres tout autant qu'une curiosité en bien des choses. Elle n'est pas un cliché qui ne jure que par ses cheveux ou son maquillage et il y a quelque chose qui lui plait immédiatement, alors.

  • Été 1962, découverte de l’animagie.

    Parcourir avec curiosité les imprimeries magiques de Walter Borchardt, ce n’est qu’un jeu, à cette époque, une occasion de découvrir les impressionnantes rotatives magiques et la façon dont les journaux et autres livres prennent forme et prennent vie. Pour le jeune garçon de 12 ans qu’il est alors, c’est véritablement fascinant. L’imprimerie n’étant pas bien loin du logement familial, et l’homme étant un grand ami de son père, il n’est pas rare qu’il s’y aventure. Il a pris l’habitude, rien qu’une heure parfois, de simplement observer le processus avec une application des plus déconcertantes, et quand il le peut, il récupère quelques jets ratés qui devraient finir à la poubelle. Souvent, ce sont des rush du quotidien local, Les Runes de Swansea. Parfois, des livres de toute sorte. Quand ça ne l’intéresse pas – les romans à l’eau de rose, en général – il les donne à sa sœur qui s’empresse de lire, pour voir. Lui, il aime quand c’est le journal, mais il est aussi curieux quand ça traite de thématiques magiques. Ainsi il a gardé de multiples épreuves sur des thèmes bien différents. Parmi eux, des extraits d’une œuvre traitant de la métamorphose physique sous toutes ses formes. C’est là, pour la première fois, qu’il entend parler de l’animagie. Ou du moins, qu’il lit ce mot. Ça ne lui paraît pas bien clair, et il n’en récupère que quelques pages éparses, pas suffisamment pour bien en saisir le contenu. Alors, une fois rentrée, il montre les pages en question à sa sœur, et il lui demande. « C’est quoi un animagus ? » Aliah est étonnée d’entendre ce terme dans la bouche de son jeune frère, ce n’est pas au programme des deuxièmes années, mais elle s’empresse de dire ce qu’elle sait. Il faut dire que le fait de se transformer en un animal, par le simple pouvoir de la pensée, c’est quelque chose d’impressionnant que les élèves de Poudlard imaginent souvent sans même penser pouvoir y parvenir, ni même s’y essayer. Owen, il aime expérimenter. Mais il est bien trop jeune et pas assez expert en sortilèges pour y songer. Ça lui reste quand même dans un coin de l’esprit, comme bien d’autres choses.


1967 – 1976, Poudlard (cursus secondaire, journalisme).
La spécialisation vers le journalisme, et ce qui explique où il en est, désormais.

Le fait de suivre le cursus de journalisme s’est vite imposé comme une évidence. Si cela ne se devinait pas nécessairement sous ses cheveux blonds en pétard, son sourire espiègle et ses coupures ou autres bleus en tout genre (tentatives de sortilèges trouvés dans des livres et pas toujours maîtrisés), Owen a toujours aimé écrire, dès sa troisième année, il avait sans arrêt avec lui un carnet glissé dans sa poche. Au début, ses professeurs étaient surpris de la voir écrire avec une telle aisance, n’hésitant pas à être incisif et habile avec les mots. Il a très tôt alimenté le journal de l’école, se moquant des répercussions de certains de ses articles. Il partait du principe – parfois naïf – que le journaliste se doit d’énoncer la vérité. Il ne mettait guère de pincettes et plus d’une fois s’est retrouvé à devoir jouer des coudes ou de la baguette face à des personnes ayant peu apprécié ses lignes. Parce qu’il n’était pas du genre à dissimuler et s’estimait toujours dans son bon droit. « Si vous avez pas envie que ce soit évoqué, vous n’avez qu’à être discrets ! » Cela ne partait jamais – rarement ? - d’une mauvaise intention… autant dire que l’éthique journalistique il l’a apprise avec ses cours, apprenant à être plus subtile et à trier les informations à divulguer. Plus qu’un simple rapporteur, il a compris qu’il se devait de donner un sens à ses articles et de marquer son temps. Sa plume s’est aiguisée, et au journaliste traitant des faits d’actualité, s’est ajouté celui qui s’appliquait à la commenter. C’est l’un de ses professeurs qui lui a donné goût à ce côté « agitateur des consciences » du journalisme, même s’il savait que ce n’était pas le genre de choses forcément bien vu au regard du contexte de l’époque déjà mouvementé, et de la guerre qui agitait le monde sorcier.

Avec Lena, l’amitié se transforme en un jeu de séduction plus ou moins affirmé, au fil du temps. C’est par un échange de lettres, en vérité, que les sentiments s’expriment, progressivement. Le lien qui les unit prend du temps à se développer et Lena a elle aussi choisi de poursuivre des études en communication magique, pour se tourner peut-être vers la diplomatie, dit-elle. Certains les trouvent bizarres, mais il est fréquent de les voir attablés quelque part, à discuter de tout et de rien. De leurs cours respectifs, de l’actualité souvent, ou de ce qui se passe dans l’établissement, aussi. Même s’il ne met pas de mots dessus, à cette période de sa vie, Owen sait que Lena est une personne qui va compter, d’une manière ou d’une autre.

S’il brille par sa plume et sa manière d’assimiler un grand nombre d’informations, il n’est pas non plus le meilleur des élèves et est parfois à la traîne, particulièrement dans des matières la botanique ou l’étude des créatures magiques. A l’inverse, il se débrouille plutôt bien en Défense contre les forces du Mal, ayant – à croire son professeur – un sacré talent pour les sorts de bouclier, il n’est pas le duelliste le plus aguerri pour autant. Seulement, il travaille. Surtout en cours de métamorphose, il travaille beaucoup. Quand il ne réussit pas un sort, il le refait, le refait et le refait encore. Parce que cette animagie, qu’il a découvert tôt, il n’en a rien oublié. Il se doute que c’est en améliorant ses compétences en métamorphose qu’un jour, peut-être, il pourra tenter. Dans les rayons de la bibliothèque de Poudlard, il a lu tout ce qu’il y avait à lire à ce sujet. Il sait que la difficulté réside aussi dans la capacité à trouver les bons ingrédients et surtout à respecter le timing. Rien qu’une tentative, « pour voir », semble nécessiter une organisation folle. Un jour, il essaiera. Il le sait.

A l’époque, il a une véritable confiance en lui et en ses capacités. La certitude qu’il pourra aller loin dans le monde des médias et le fait que sa plume sera nécessairement entendue. Il s’intéresse à ce monde déjà fou autour de lui et veut être utile en ces temps compliqués. Cela fait déjà plus de dix ans (avec de plus en plus d'assiduité) qu’il travaille l’été, essentiellement, en tant qu’apprenti au sein des imprimeries magiques Borchardt, des amis de la famille Ziggler. Ce temps passé à observer les feuilles quotidien Les Runes de Swansea qui glissent à travers les rotatives le conforte dans son envie de travailler pour la presse. C’est d’ailleurs par le même intermédiaire, Walter Borchardt, qu’Owen est recommandé pour intégrer en tant que stagiaire le Chaudron d’Aberystwyth pour finaliser ses années d’études de journalisme. Ce journal est une bonne école pour découvrir une rédaction de l’intérieur. Là, simple pigiste, il ne peut passer outre les exigences des rédacteurs en chef et comprend très vite que cette plume si libre qu’il aimait manier à Poudlard devra rester un bon moment au placard. Il lui faut faire ses armes pour des articles peu enthousiasmants. Mais comme lui répète l’un de ses encadrants « c’est aussi ça, le journalisme ! ».


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1977 – août 1980, Londres.
Où il tout à la fois homme de presse et homme marié.

Une fois ses études terminées, il reste encore plusieurs mois au sein du Chaudron d’Aberystwyth avant de saisir une opportunité folle d’intégrer la prestigieuse Gazette des Sorciers, le quotidien le plus lu d’Angleterre. Il y va au culot et parvient à intégrer l’équipe des rédacteurs. Dans un premier temps, il n’est qu’un assistant qui remplit les rubriques annexes pour des articles sans réelle importance. Mais ce n’est pas grave. Il sait qu’il a gravi une première étape : celle d’avoir un pied à la Gazette.

Au fil des mois, il prend des initiatives, jusqu’à ce que l’un des rédacteurs principaux de la rubrique Société s’en aille… il se jette sur le poste, il fait ses preuves et devient officiellement rédacteur pour ladite rubrique. A même de gérer ses propres déplacements de terrain et de proposer ses thématiques. Le second pas, il est là. Il faut dire qu’il y a énormément de sujets à couvrir et que la société sorcière connaît des mutations comme jamais. La montée de Voldemort et de ses mangemorts étend sur le pays un climat de méfiance et d’insécurité. L’arrivée d’Abbot au pouvoir a un écho mitigé, et même au sein de la famille Ziggler, les débats font rage. Aliah et son mari veulent du protectionnisme à tout prix et Ellis hasarde des propos plus pacifistes, qui lui ressemblent bien. Les parents Ziggler, eux, sont plus mesurés mais espèrent des temps plus prospères. Et si cela doit se faire avec Abbot au pouvoir et ses chercheurs que ça se fasse !

Pendant ce temps, Lena a elle aussi terminé ses études et après quelques mois d’aller-retours dans l’appartement de l’un et de l’autre, le couple décide d’emménager ensemble. Pour le plus grand plaisir de leurs amis et familles respectives, qui s’étaient habitués à les voir souvent ensemble.

  • Novembre 1977 – Janvier 1978, la première tentative.

    Au Chaudron d’Aberystwyth, il s’entend particulièrement bien avec Colin Sanders, qui s’occupe de la rubrique sport du journal. A eux deux, ils ratissent tous les bars de la ville et se lancent des défis absurdes à longueur de journée. Si les souvenirs d’Owen sont flous, c’est sans doute qu’il était alcoolisé, ce soir-là. Pourtant, une chose est certaine : c’est lui qui a mis au défi Colin de s’essayer au rituel d’animagie. Il se souvient encore de la tête de son compère quand il a sorti ça, comme ça. Après, une fois en meilleure possession de ses moyens, il a quand même expliqué qu’il s’agissait là d’une forme de magie qui le fascine depuis longtemps, et qu’il veut tenter. Rien qu’une fois, au moins. Il a ressorti l’un des livres qu’il avait acquis depuis et qui parlait clairement de la préparation, des risques qui allaient de paire et de l’image – très contrastée – que les animagus avaient auprès de la population. Pour Owen, cependant, c’était là une envie toute personnelle. Pas la volonté de briller en société, juste un challenge de lui à lui, et il se demandait si lui-même serait capable d'une telle prouesse. Lui il ne voyait en cela un atout, une opportunité, un défi.

    Avec Colin, ils parviennent à rassembler tout ce qu’il faut : les feuilles de mandragore, les fioles en cristal, un cheveu de chacun, des gouttes de rosée recueillie en un lieu qui n’a été ni exposé au soleil ni foulé par l’homme pendant sept jours entier et – plus compliqué encore, et qui a nécessité de s’aventurer dans des boutiques particulièrement obscures – de la chrysalide d’un Sphinx tête-de-mort. Et si tout cela n’était pas compliqué, d’autant plus en ayant un rythme de vie pour le moins aléatoire, guetter l’orage est devenu quelque chose de… dingue. Autant la pluie, oui. C’est chose fréquente  au Pays de Galles, autant l’orage… on ne sait jamais vraiment, hein. Owen scrutait le moindre signe de pluie, de nuages sombres, de ciel qui se couvre. Il ne s’est jamais autant intéressé au temps qu’il fait qu’en cette période (puis à bien d’autres reprises ensuite, hélas). Mais il a échoué, et Colin tout autant. Parce qu’il s’est précipité, il est certain que c’est ça. Il n’a pas suffisamment protégée la fiole de cristal, pour lui, ça ne pouvait venir que de ça. Une frustration pendant plusieurs jours, avant de se convaincre qu’il recommencerait. Qu’il pouvait y arriver, et qu’il se devait de dépasser cette étape.

  • Avril 1978 – Décembre 1978, la valse des échecs.

    Impossible pour Owen d’abandonner. Maintenant qu’il avait cette idée en tête, maintenant qu’il était convaincu qu’il saurait aller plus loin dans les étapes du rituel, il ne pouvait pas abandonner. Alors il a recommencé. En avril, il a su motiver Colin pour une deuxième tentative. Retrouver les ingrédients était plus simple, ils savaient où chercher, désormais. Mais cette fois-là, Owen a manqué une incantation. Alors qu’il en devenait fou, alors qu’il rêvait en se répétant « Amato Animo Animato Animagus », seulement, suite à un bouclage compliqué, il s’est endormi tête la première sur son bureau, et il a… oublié. La fiole a fini détruite sous un excès d’humeur, balancée contre un mur. Puis il est parti d’Aberystwyth pour rejoindre Londres et la Gazette des Sorciers. Colin, lui, n’avait pas mieux réussi, et même si le sportif lui avait assuré qu’il continuerait à essayer, Owen était moins convaincu par la motivation de ce dernier, sans sa présence à ses côtés.

    En juillet il retentait déjà, et en août aussi, période propice aux orages. Bien qu’il allait à chaque fois un peu plus loin dans le processus, il n’allait jamais jusqu’au bout, et cela le frustrait toujours plus.

  • 25 décembre 1978, l’apparition des patronus corporels.

    Owen, clairement, fait parti des sceptiques. Le mari d’Aliah aussi, mais d’une autre manière. Est-ce réellement un sortilège qui pourra protéger la population ? Les mangemorts ne sont-ils pas déjà dissimulés au milieu même de ladite population ? Quant à partir sur un sortilège d’une telle envergure, jamais testé jusque-là sur un aussi grand nombre, il y a de quoi être mitigés vous en conviendrez. Ce soir-là, Owen n’est pas avec sa famille, il couvre l’événement, son appareil photo à la main, une foule nombreuse rassemblée.

    Les choses sont préparées en grandes pompes, et à l’heure dite… rien. Il ne se passe rien. Plutôt qu’une magie éclatante de splendeur, plutôt qu’un bouclier ou des étincelles, il ne se passe rien. Un brouhaha s’élève dans la foule, les scientifiques et les officiels se rassemblent et finissent par repartir comme ils sont arrivés. Une débâcle magistrale. Un coup porté au gouvernement Abbot. Owen, comme bien d’autres de ses confrères participent à la rédaction de la Une du lendemain, celle qui met cet échec en Une de tous les journaux.

    Et lorsqu’il rejoint sa famille dans la maison d’Aliah, en banlieue londonienne, la nuit est déjà tombée. Sa mère a mis de côté une assiette qu’il mange en compagnie de ses proches, sans son neveu et sa nièce, déjà endormis. Bien entendu qu’ils parlent de ça, tout le monde parle de ça. La population avait placé énormément d’espoir dans ces recherches et dans ce sortilège qui devait changer beaucoup de choses… Ce n’était pas le réveillon dont tout le monde avait rêvé. Jusqu’à ce que la nuit devienne encore plus bizarre. C’est cette nuit-là que les patronus corporels commencèrent à prendre forme. Ellis, attablé avec les autres adultes faisait de son mieux pour résister au sommeil, sa main soutenant difficilement sa joue. Quand brusquement, une brume argentée apparut tout autour de lui, sans qu’il ne le réalise, mais pour le grand étonnement des autres présents.

    En quelques heures, ce « nuage » qui semblait étrangement protecteur prit petit à petit une forme concrète, à savoir celle d’un ragondin, créature qu’Owen savait être le patronus de son frère, même s’il ne fit pas le lien immédiatement. Trois jours plus tard, dans la chambre des enfants, se trouvaient respectivement un Petit-duc auprès de Cadell et un petit lièvre, qui semblait dormir au pied du lit de la jeune Dilys.

    Comment réagir face à ça ? Comme tout le monde. L’incompréhension puis le soulagement, presque, de se dire que dans la famille Ziggler les différents patronus qui prirent vie n’étaient pas des plus agressifs ni des plus imposants. Mais Owen eut rapidement à écrire à ce propos et entendit des témoignages de toutes sortes et des sorciers plus horrifiés les uns que les autres. Et derrière tout ça, une cible commune : le gouvernement, traité bien souvent d’incompétent.

  • Février 1979, du progrès.

    Il devenait physiquement impossible, pour lui, de lâcher l’affaire. Lena, qui ne pouvait qu’être au courant de cette passion de plus en plus grandissante pour l’animagie s’en inquiétait quelque peu. Le voir ainsi concentré, sa feuille de mandragore dans la bouche pendant un mois, à faire appel à tous les « capteurs d’orage » que la magie peut inventer, à lui faire promettre de ne jamais ô grand jamais toucher la fiole en cristal… c’était pas toujours évident au quotidien, mais il y avait dans cette détermination fantasque quelque chose de touchant, d’une certaine manière. De fascinant, aussi, qui faisait qu’elle l’acceptait et lui demandait parfois, à l’inverse, d’accepter certaines de ses folies à elle, en retour. Lors de cette tentative, pour la première fois, la fiole devint rouge sang. Mais quand Owen alla s’isoler pour la boire… il ne se passa rien. Tant pis, il y avait du mieux.

    Par la suite, avec le mariage, avec la vie, aussi, il ne put trouver le temps de retenter… mais il n’abandonnerait pas.

  • 16 juin 1979, le mariage.

    Même si, de partout, l’inquiétude gronde. Même si les mangemorts, patronus et autres sujets d’inquiétude font la Une des journaux, il ne faut pas s’arrêter de vivre. C’est ce qu’il se dit alors. Lui qui a demandé Lena en mariage au début de l’année, il est heureux de profiter d’une journée ensoleillée pour se dire « Oui ». Il sait, pourtant, qu’ils n’ont pas besoin de ça pour être bien ensemble. Seulement… elle tient à cette tradition, elle qui vient d’une famille plus aisée que la sienne. Ses parents aiment que les choses se fassent dans les règles, et ça reste l’occasion de faire la fête malgré les agitations constantes de la société. Ils sont une cinquantaine présents ce jour-là et Owen n’a pas le souvenir d’avoir été aussi euphorique depuis longtemps.

    Il y a plusieurs patronus tout autour lorsque Owen enlève le voile qui cache les yeux de sa désormais femme et l’embrasse. Ils s’y sont faits, en quelques mois. Les patronus en question semblent surtout protecteurs et un lien fort les lie à leur sorcier. Il suffit de voir comment Ellis tient à Jazz, son ragondin.


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Septembre 1980, Londres.
Où tout s’effondre.

Concrètement, à cette période de la vie, il se sent bien. Il a commencé à obtenir cette reconnaissance qu’il cherche à tout prix parmi ses pairs et au sein de la Gazette et couvre des événements variés. Ce n’est pas les grands scoops nationaux, mais c’est déjà pas mal. Et de son propre aveu, il ne lâche rien.

Entre Lena et Owen, tout n’est pas parfait, bien sûr. Ils ont tout deux des convictions fortes et des métiers prenants, ne s’accordant pas toujours le temps qu’ils devraient l’un pour l’autre. Cela n’entache en rien l’amour qu’ils se portent, et lorsqu’ils décident de profiter d’une soirée à deux, ils ne font pas les choses à moitié. Ils cherchent à se plaire comme s’ils se découvraient à peine. Ils cherchent à se rappeler pourquoi ils en sont là. Mais déjà, peut-être, il y a des signes… le mauvais réflexe des potions de sommeil, quand le travail est trop prenant et les nuits passés le cerveau en éveil. Des disputes, aussi, fortes, des mots qui claquent. Mais bon, ça va. Un couple ne peut pas être parfait.

  • 1er septembre 1980, l’attaque du Poudlard Express.

    Ce jour-là, et comme depuis deux ans, c’est lui qui couvre la rentrée à Poudlard, pour la Gazette. En temps normal, ce n’est pas le sujet le plus intéressant qui soit, mais c’est un rituel qui touche de près ou de loin l’intégralité de la population. D’autant plus dans ce contexte grandissant d’insécurité et de menace Mangemorts. L’an passé, déjà, la scolarité des jeunes sorciers a été grandement entachée par la mort d’un jeune Poufsouffle et l’attaque du camp de vacances à Belize. De quoi tétaniser la population et accroître l’inquiétude des familles. Owen sait qu’il sera attendu au tournant pour sa couverture de l’événement. Et puis, pour lui, c’est aussi l’occasion d’amener son petit frère Ellis à la gare ferroviaire de King’s Cross et la voie 9 3/4, qu’il connaît bien.

    « Sérieux, t’es pas obligé de jouer les chaperons, hein !
    - On va dans la même direction, pour la même destination. On arrive sur place, tu me fais un gros câlin et je te lâche pour faire mon article, ok ? »

    Le plus jeune des deux frères Ziggler, lève les yeux au ciel. Ce n’est pas comme s’il avait son mot à dire, de toute façon. Il sait que leur mère a demandé à Owen d’être là. « Tant qu’à faire. », et parce qu’il y a toujours un risque désormais. Les attaques de Mangemorts se multiplient. Alors il observe son aîné, sa plume à papote glissé derrière l’oreille, son appareil photo autour du cou et son éternel carnet à la main. Un de ces carnets de la papeterie familiale avec une couverture en cuir dont Mervin Ziggler est particulièrement fier, et auquel on peut intégrer de nouveaux feuillets par un simple coup de baguette (mais il faut avoir le coup de main, c’est pas donné à tout le monde !).

    « Ok. Heureusement que c’est ma dernière année…
    - Tu parles, tu verras que ça te manquera un peu, quand t’auras fini tout ça. »

    Comme annoncé, une fois sur place, si ce n’est quelques recommandations à rester toujours vigilant, les deux frères se séparent assez simplement. L’endroit est rempli d’aurors, toujours en charge de la sécurité des étudiants. Owen, de son côté, s’en va interroger les familles qu’il croise, concernant cette nouvelle rentrée, les inquiétudes quant au climat ambiant et les mesures de sécurité prises pour y remédier. Sans trop de surprise, ce qui revient souvent c’est « On n’est pas rassurés, mais on se dit qu’ils sont plus en sécurité à Poudlard que chez nous. Le gouvernement fait ce qu’il faut. »

    Un ressenti partagé par une grande partie de la population. C’est que ça doit être vrai. Lorsque Poudlard Express démarre, il prend des photos des adieux, et sur le quai qui se vide, récolte quelques témoignages supplémentaires.

    C’est quelques heures plus tard que la nouvelle tombe : le Poudlard Express a déraillé et a visiblement été attaqué. Et là, très naturellement, c’est une chape de plomb et d’angoisse qui tombe sur Owen, comme sur une grande partie de la population. Que s’est-il passé ? Il y a-t-il des victimes ? Les premières constations indiquent que oui, à la Gazette, c’est le branle-bas de combat. Owen, comme bien d’autres, se lève, près à intervenir, à se rendre sur place. Sauf que l’un des rédacteurs en chef sélectionne du doigt quelques journalistes et lui sort : « Non Ziggler, tu restes là, on a le nombre qui faut. Sors tes photos, on verra ensuite, cela pourra participer au contraste, avant/après. »

    La colère et l’inquiétude. Ce n’est que tard dans la soirée, quand les retours de certains journalistes dépêchés sur place arrive, qu’il l’apprend. Il y a plusieurs victimes. Des blessés, aussi. L’un de ses collègues s’approche alors : « Ton frère, Ellis... » Owen s’arrête de respirer. « Il va pas bien. »

    A partir de là, tout s’écroule.

  • Depuis septembre 1980, L’état d’Ellis.

    Rapidement, c’est toute la famille Ziggler qui se rassemble autour du plus jeune, hospitalisé en urgence à Sainte-Mangouste. Difficile de savoir, le jeune homme est apparemment intervenu lors des affrontements de l’attaque du Poudlard Express. Peut-être doit-il sa « survie » à son patronus, mais personne ne peut vraiment en témoigner. Les élèves survivants et présents dans le wagon où se trouvait Ellis sont dans leur grande choqués et incapables de clairement se souvenir. Les médicomages penchent sur un état catatonique, certainement dus aux effets combinés de plusieurs facteurs, plusieurs sortilèges.

    Les médecins, cependant, sont formels sur un point : il y a peu de chance que le jeune homme sorte un jour de cet état de quasi légume dans lequel il se trouve désormais. Allongé, il fixe un point quelconque au-dessus de lui. Ses yeux sont devenus étrangement opaques et quasi rien ne paraît capter son attention. La plupart du temps, il est silencieux mais il lui arrive aussi, parfois, que des mots inintelligibles quittent ses lèvres sans la moindre cohérence. Les experts disent avoir tout essayé. Owen est convaincu que ce n’est pas le cas et depuis cet événement, une colère sourde gronde en lui. Il a failli en venir aux mains avec l’un des médecins et a été interdit de rejoindre la chambre de son frère pendant une semaine après ça. Aliah essaie de prendre ça avec philosophie et optimisme. Leurs parents, aussi, même si Owen n’est pas dupe. Plus le temps a passé et moins son père est en mesure de faire face à Ellis. Il ne supporte pas de le voir ainsi. Personne n’y arrive. Lui qui était si plein de vie, promis à un bel avenir…

    « Au moins, il n’est pas mort. Plein de familles sont en deuil depuis ce jour, tu sais... » Un de ses amis a eu l’audace de lui sortir ça, alors que deux mois étaient passés, depuis. Autant vous dire que cette fois-ci, il ne sait pas retenu et il lui a asséné un violent coup de poing dans la gueule. Ils ne sont plus vraiment amis, depuis.

    Pour Owen, ce 1er septembre 1980 a été un tournant. Un tournant pour tout : sa vie professionnelle, amoureuse et familiale. Il s’est reproché et se reproche toujours de ne pas avoir été présent. C’est absurde, il n’avait rien à faire dans le Poudlard Express, mais c’est comme ça, il s’en veut. Il en veut aussi à la terre entière, aux responsables avant toute chose, et l’incapacité des aurors de définir clairement les noms des attaquants. Il en veut aussi à tout le domaine médical qui ne trouve aucune issue, aucune solution. Ou ne veut pas en trouver, de son propre avis. Il en veut enfin à tous ceux qui lui reprocheront son égoïsme. Car des morts, il y en a eu ce jour-là, et lors de plein d’autres jours qui ont suivi… Il n’est pas insensible à leurs sorts, mais pour son frère, il est convaincu qu’il reste un espoir, même infime. Depuis, il passe au moins une fois par semaine voir son frère, dans la chambre de surveillance médicalisée qu’il occupe à Sainte-Mangouste. Il sait que sa sœur et ses parents y vont aussi, parfois. Mais il fait tout pour que ces moments ne coïncident pas. Il lui est très difficile de les voir maintenant. Il a le sentiment d’une famille amputée, d’une famille dont le cocon a été balayé par une tempête et qui aura du mal à se reconstruire. Autant dire qu’il n’aide pas à cette reconstruction, lui qui se noie dans son travail, tout en essayant de trouver des pistes sur les personnes à l’origine de l’attaque. Il veut trouver la réponse, si d’autres ne la trouvent pas, il fera tout pour y parvenir, lui.


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Septembre 1980 – Octobre 1981, Londres.
Le geste de trop.

A partir de là, du propre aveu de Lena, il est devenu « invivable ». A travailler toujours plus, jusqu’à l’épuisement. A se braquer au moindre mot, au moindre reproche, à ne maintenir les apparences que lors qu’il est sur le terrain pour un article ou à la Gazette. Entre les quatre murs de leur appartement, c’est une toute autre affaire. Lui qui a toujours été fêtard, il boit bien plus que de raison. Dès qu’il souffre, dès que quelque chose lui rappelle son frère, il boit et fait de mauvais mélanges avec des potions anti-douleurs. Il dort peu et bien souvent, d’un sommeil forcé. Plus d’une fois, il lui arrive de se réveiller en sueur, en criant le prénom de son frère. C’est Lena qui le lui a appris. Elle lui a conseillé de se faire suivre, d’en parler avec quelqu’un, un professionnel. Il a refusé.

Les mois ont passé et il a accumulé ces mauvaises habitudes. Sursautant au moindre bruit et s’énervant d’un rien, dans l’intimité.

« Tu n’es plus le même ! Tu dis que tu vas arrêter, mais tu continues ! Je t’aime Owen, mais tu n'es pas bien depuis ce qui est arrivé à Ellis. L’homme que j’ai en face de moi n’est pas celui que j’ai épousé. » Tu n'es plus le même, qu'elle dit. Il n'a pas besoin de l'entendre à travers sa bouche pour le savoir. Pourtant, en dehors du cocon de leur appartement, il n'a de cesse de dire que tout va bien. Mais Lena, forcément, elle le voit sous un autre jour. Malgré leur rythme de vie assez haché et le fait qu'il se lève aux aurores, elle a clairement subi de plein fouet le changement et les conséquences de ce traumatisme qu’il refuse d’admettre. Au fond de lui, il sait qu’un besoin de vengeance a pris place, mêlé à la frustration de n’avoir aucune piste. Lui qui n’a jamais été un violent, son inconscient se réveille la nuit dans des cauchemars qu’il a l’impression de vivre. Il poursuit des silhouettes sans visage envers qui il a la plus profonde des haines. Il veut les arrêter, il veut… les tuer. Quand ce ne sont pas des tremblements et les cris au beau milieu de la nuit, ce sont des pulsions d'une rage folle qui finit toujours par s'abattre sur Lena. Les poings d'abord, puis l'étranglement. La première fois, elle a bien cru qu'elle allait mourir, mais elle a su l'arrêter et lui faire reprendre ses esprits. La deuxième fois, il s'est stoppé de lui-même... mais elle ne veut pas attendre la troisième. Depuis plusieurs semaines, elle fait en sorte de ne plus dormir à l'appartement. Ce qui accroît d'ailleurs la colère d’Owen. Cette colère qu'il devrait diriger sur lui-même, mais qu'il ne peut contenir contre elle, cible tellement facile. Elle ne lui fait pas confiance. Peut-être même qu'elle va voir ailleurs, non ?

  • 22 octobre 1981, Le divorce.

    Ce matin-là, il a vu les papiers trôner sur la table du salon, et elle n'était plus là. Des papiers pour le divorce, en bonne et due forme. Son premier réflexe a été de vouloir les brûler... avant de se retenir au dernier moment. A quoi servirait de forcer les choses ? Qu'il admette ou pas revient au même. Il lui fait peur. Il lui fait mal. Il lui faut quelques jours de réflexion, mais finalement... dans sa grande honte, sa grande faiblesse aussi, il signe. Et dire que dans quelques heures il doit couvrir un événement. Il fait ce qu’il faut, et le masque reste intact.


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Décembre 1981, Sainte-Mangouste.
La première vague de la Peste des patronus.

Au milieu de tout ça, la Peste des patronus pointe le bout de son nez, et devient l’une des actualités les plus redondantes de la Gazette. Il faut dire que les adultes ont beaucoup de mal à appréhender ce qu’ils ne comprennent pas. Les patronus corporels ne concernent que les moins de 25 ans. Beaucoup de représentants de la vieille classe dominante se sentent quelque peu exclus et trouvent donc dans ces créatures des cibles toutes trouvaient. Il n’y avait pas besoin d’une maladie pour ça…

Quand les premiers symptômes débutèrent, puis les hospitalisations, rapidement les patronus furent accusés de tous les maux. Peut-être avec raison, peut-être pas. Owen était lui-même prudent dans son angle d’approche du sujet, quand il écrivait ses articles. Il faisait en sorte d’être le plus neutre possible, attendant comme tout le monde des faits, des résultats. Il ne pensait pas, toutefois, que l’on allait s’en prendre à Jazz, le patronus de son frère qui était – apparemment – plus agité depuis le début de la maladie.

« Vous n’en savez rien !
- Vous non plus. Peut-être que la présence de ce patronus n’aide pas à ce que votre frère retrouve ses capacités cognitives. Qu’est-ce qui vous dit que l’animal ne fait pas « blocage » ? On sait très peu de chose sur ce qui lie le sorcier à son patronus corporel. On sait cependant qu’ils communiquent entre eux. Nous devons essayer !
- Ellis n’a pas les symptômes ! Mon frère n’est pas un cobaye ! »

C’est bien pratique d’avoir un jeune sorcier plongé dans une longue léthargie pour tester leur soi-disant remède… Owen était contre, ses parents étaient incertains, Aliah était pour. « Parce que ça peut peut-être l’aider ! Imagine si tu te trompes ! »

Ils lui administrèrent très tôt le remède provisoire. Jazz disparut un court instant avant de réapparaître. Plus agité et sur la défensive. L’état d’Ellis, lui, n’évolua pas.


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Décembre 1981 – Juillet 1982, Londres.
Où la vie prouve qu'elle est parfois faite de bas, mais aussi de haut.

Une période très compliquée de sa vie. Il s'était voilé la face jusque-là, il se pensait fort, il pensait que jamais elle ne le quitterait, et certainement pas comme ça. Il se pensait influent au point que jamais elle n'envisage de prendre une telle décision et il croyait sincèrement parvenir à guérir de lui même ses travers... Aussi, une fois le divorce effectivement acté, il s'est retrouvé réduit en miettes. Pendant les semaines qui suivirent, dès qu'il sortait de son rôle d’Owen Ziggler, journaliste, il en était malade. C'est pourquoi il s'enferma farouchement dans son travail, passant le plus clair de son temps dans les locaux de la Gazette, à rédiger et monter les émissions, à exiger aussi beaucoup de lui-même dans un premier temps, et de ceux qui l'entouraient. Les rumeurs quant à son divorce, qu'il n'a jamais réellement pris le temps de confirmer ou d'infirmer n'arrangeaient rien à son humeur exécrable. D'autant que ses parents et sa sœur, qui n'ont bien sûr rien manqué de ces évènements, ne savent pas bien comment se positionner. Un divorce pour violence conjugale, c'est compliqué à appréhender, pour la victime autant que son bourreau. Même quand celui-ci a des circonstances atténuantes, cela n’excuse rien. Ses supérieurs ont toutefois fini par lui demandé des explications, et il n’en menait pas large, ce jour-là.

Heureusement que l’un d’entre eux, qui l’apprécie et plus particulièrement son travail, a plaidé en sa faveur. Ils lui ont demandé de prendre rendez-vous avec une psychologue et d’avoir un suivi régulier, s’il tenait à garder son poste.

C’est par son travail, clairement, qu’il s’est quelque peu remis sur pied. Impossible de faire fi de tous ses travers, mais essayer de ne pas laisser son chagrin le tuer à petit feu, c’est déjà un bon pas. Ne pas se sentir coupable de tout et admettre que ce sont des éléments extérieurs, sur lesquels il ne pouvait avoir aucune emprise, qui ont conduit à l’état de son petit frère. Des pas de fourmis, mais des pas en avant tout de même. A la Gazette, il a fait le dos rond. Il ne supportait pas les regards de haine et de mépris des uns, de pitié et de gêne des autres. Il a rien lâché pour autant, il s’est rapproché des collègues avec lesquels il s’entendait véritablement et a même repris un objectif abandonné depuis ce qui était arrivé à Ellis : l'animagie.

La préparation et le rituel, il les connaissait par cœur, depuis tout jeune ado, il s’était fasciné pour cette forme de magie. Il s’était beaucoup documenté et avait toujours son bouquin qui relatait chacune des étapes. Les pages étaient cornées, il avait gribouillé des annotations au fil de ses tentatives, et le chérissait plus que tout. C’est peut-être parce qu’il était retombé sur le livre en question, qu’il décida de retenter. Retrouver les ingrédients, une fiole adéquate et faire preuve de discipline et de patience. Voilà le maître mot. Lors d’un orange tant attendu la fiole devint rouge, une nouvelle fois, mais quand il fallut la boire… rien. Toujours rien. Cette fois-ci, plutôt que de s’énerver, il prit la chose avec philosophie. Si ce n’était pas bon cette fois, peut-être que ça le sera à la prochaine, ou celle d’après, ou celle d’encore après. Il avait une vie de pleine lune et d’orage devant lui, pour essayer.

Et effectivement, fin juin 1982, il se prépara encore, avec une application presque monacale. La mandragore, la pleine lune, la fiole, la rosée et la chrysalide. Et surtout, surtout, l’incantation. « Amato Animo Animato Animagus, Amato Animo Animato Animagus, Amato Animo Animato Animagus ». Mi-juillet, l’orage béni, il en était venu à attendre le moindre éclair comme une bénédiction. Il avait beaucoup échoué, mais il se donnait toujours plus d’occasion et de droiture d’esprit pour avancer dans le rituel. Et cette fois-ci… non pas comme un Phénix qui renaît de ses cendres mais un petit merle qui prend son premier envol… il a réussi. A ce moment-là, il lui fallait une réussite dans sa vie, pour se reprendre en main. Pour lui, ça a été ça : réussir à se métamorphoser en un merle. Ce défi fou qu’il avait su mener à bout était à l’image même de sa ténacité. La première métamorphose. La douleur, son cœur qui lui donnait l’impression de vouloir sortir de son être. La peur aussi, en sentant ses habits faire corps et se transformer, peu à peu en… des ailes ? Sombres, épaisses. Son corps devenir petit, si petit. Sa vue, perçante. Une fois transformé, une nouvelle appréhension ensuite : bouger. Il était un merle (qui l’aurait cru ?), mais un merle qui ne sait voler, à quoi sert-il ? La deuxième épreuve a donc été de se lancer, essayer, à l’instinct, de voler. Lui, un homme qui vole. Ce talent, il lui a fallu du temps pour l’appréhender et se sentir à l’aise dans ses mouvements. Car il ne l’a appris que plus tard, les animagi oiseaux sont rares. Pour Owen, cette particularité qu'il n'évoque qu'à mi-mots lorsque la situation l'y oblige est devenue une force et une aide essentielle dans la grande mission de sa vie : celle d’ouvrir les yeux des autres. Pouvoir se fondre dans la nuit et voir les choses d’en haut, quoi de mieux pour quelqu’un en quête d’informations et qui a la volonté d’utiliser sa plume pour éclairer les consciences.

Ce pouvoir, il l’a gardé pour lui quelques temps, avant de discrètement s’enregistrer auprès du Ministère de la Magie. C’est devenu un échappatoire autant qu’un atout. Et ça lui a fait du bien. S’il est fier de cette capacité, il ne s’en vante pas le moins du monde. Même s’il est un animagus déclaré, il préfère que peu de personnes soient au courant et ne l’évoque quasi jamais.

Pour autant… il adore cette forme de petit merle noir, passe partout et qui n’attire quasiment jamais les regards. Ce n’est qu’un merle, après tout ! Qui suspecterait qu’à travers ce petit volatile se cache un observateur appliqué et silencieux. Cette forme lui est utile dans les possibilités qu’elle offre au journaliste qu’il est, mais également pour s’évader, dans le sens figuré du terme. Au début, il avait peur. Peur de ne pas savoir reprendre son corps humain. Une réaction normale chez un animagus qui prend sa forme animale pour la première fois, mais cette peur l’habite encore, parfois. Peur de voler aussi. Car ce n’est pas chose naturelle, s’élancer, battre des ailes, voir le monde d’en haut… et pourtant, il s’y est fait. C’est presque comme une drogue, parfois, une douce euphorie et l’idée de mettre tout le reste de côté. Des fois, à l’inverse, il se dit qu’il ne serait pas contre une vie de merle !

Enfin… presque. Il ne compte pas les personnes l’ayant chassé d’un rebord de fenêtre sur lequel il se tenait ou les chats, chiens, et autres animaux hostiles ayant voulu l’attraper ! Plus d’une fois, trop concentré à regarder devant lui, il a failli se faire déchiqueter par une patte pleine de griffes manquant de s’abattre par derrière. Il en a même perdu quelques plumes !


◆◆◆


1982 – Décembre 1983, Londres.
Où il faut faire un choix.

La manière dont les patronus sont un peu trop facilement diabolisés par certains et le souvenir de ce remède imposé à son frère restent gravés dans l’esprit du journaliste. De par son métier, il sait qu’il faut toujours être vigilant, toujours questionner et remettre en question. Aussi, il reste sur ses gardes quand les Disciples de Shacklebolt gagnent en popularité. Il ne renie en rien leur action face à la Peste et leur réussite, mais il n’aime pas les manières de faire. Et puis, depuis qu’il est rédacteur pour la Gazette, il a su s’entourer d’informateurs, il sait, il sent que tout n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

Pourtant, au journal, beaucoup sont déjà bien trop conquis pour admettre que glorifier (ou même déifier) ces chercheurs est tout de même excessif. Le véritable héros n’est-il pas homme modeste ? A croire que beaucoup ont oublié et acceptent passivement le marquage et l’imposition du remède à tous, comme si c’était une évidence. Insidieusement, la ligne éditoriale est progressivement affectée. Cela ne se remarque pas de suite, mais des tournures de phrases sont modifiées avant impression, on évite des sujets et on en préfère d’autres, plus neutres, plus conciliants. Lorsqu’il a voulu évoquer les interrogations de plusieurs parents face aux remèdes et ses conséquences sur le long terme, on lui a demandé de lever le pied, de ne pas remuer le couteau dans la plaie. Comme si ce n’était pas un vrai sujet qui méritait qu’on se penche dessus. De quoi le crisper.

Et il n’était pas le seul à le constater, une espèce de « censure » - et ce mot est véritablement fort, pour un journaliste – s’est appliqué et il y a eu du changement au sein de l’équipe des rédacteurs en chef. L’un des anciens, de ceux qu’Owen appréciait, est – selon les raisons officielles – parti en retraite anticipée. Le nouveau, plus jeune, a tout l’air d’un arriviste parachuté là sans qu’on sache bien pourquoi. De quoi alimenter toujours plus les interrogations des quelques rédacteurs qui ont encore en eux la volonté de ne jamais gober bêtement les informations qu’on leur donne. Ils sont quelques uns, comme ça, à sentir sur les nouvelles décisions de la rédaction un pouvoir qui ne se nomme pas mais dont on ressent pleinement l’influence. Parce que cela se fait en même temps que l’accès au pouvoir d’Amos Rosier. De quoi donner la gerbe à quiconque a des vraies aspirations de journalisme d’investigation libre et indépendant. Seulement, face à l’inquiétude de la population et la peste des patronus, on accepte beaucoup de choses, dans l’espoir que tout aille « mieux », même si personne ne semble d’accord sur ce que signifie ce « mieux ».

L’éviction d’Albus Dumbledore dans une incarcération qui interroge au plus haut niveau de la justice, les disparitions toujours nombreuses d’élèves de Poudlard, les réformes de plus en plus restrictives, l’élection de Rosier et des décrets de plus en plus punitifs… voilà qui impose un climat de terreur de plus en plus insoutenable. Même avant les décrets, déjà, Owen savait qu’il ne pourrait pas rester sans rien faire, et avec une poignée de ses confrères (de la Gazette et d’ailleurs, il a un contact au Chaudron d’Aberystwyth complétement pour cette cause), ils décident d’agir. Ils sont nombreux et invisibles, leur réseau silencieux s’étend en différents points du Royaume-Uni. Difficile de dire qui a l’idée, qui en est à l’origine et qui trouve le nom, mais rapidement, le projet prend forme. Journalistes, simples résistants, civils et fugitifs, les petites mains à l’origine du Daily Protest sont multiples et discrètes. L’important, c’est le contenu. Transmettre les messages. Pour la forme, ceux qui travaillent déjà dans la presse s’en occupe, un imprimeur du centre de Londres accepte d’imprimer et fait en sorte de changer les rotatives de manière à ce que rien ne puisse remonter jusqu’à lui et que la forme change sans cesse (simple tract, dépliant publicitaire, carte de visite ou timbre post où un sortilège de loupe est nécessaire pour pouvoir lire...). La diffusion, elle, se fait sous le manteau. C’est risqué et ce n’est peut-être pas grand-chose… mais ça participe. A travers les articles du Daily Protest, ils diffusent de l’espoir autant que des informations. Des noms de victimes, des faits que la Gazette ne veut (ne peut ?) pas annoncer.

Progressivement, Owen voit dans ce projet une manière d’expier un peu son souhait de vengeance quant au sort de son frère. Sous sa forme de merle, à laquelle il s’est désormais pleinement habitué, il n’hésite pas à grappiller des informations, et essaie – comme beaucoup d’autres résistants – de prévenir certains mouvements ou barrages de contrôles, afin d’aider les fugitifs. Parfois, cela aide ou se fait en collaboration avec l’Ordre du Phénix, parfois de manière complètement indépendante. Pas besoin de se mettre une étiquette pour aider, à son échelle.

Bien entendu, comme une grande partie des participants au Daily Protest qui ne sont pas des fugitifs, il joue un peu « double jeu », mais il n’a pas le choix et sait que c’est nécessaire, aussi. Par son travail à la Gazette, il acquiert un certain nombre d’informations et peut se déplacer librement dans différents événements. Sa présence sur des lieux précis est autorisée par sa carte de presse, après tout. Même s’il ronge son frein quand il s’agit d’écrire telle que la nouvelle ligne éditoriale du quotidien l’impose, il ne se prive pas pour le Daily Protest de se faire nettement plus acide et incisif quant aux décisions du gouvernement. Ce n’est pas la décision la plus agréable, mais il se sent utile.

Au fil des mois, il en vient à entretenir presque un rythme de vie réglé comme du papier à musique, entre ses journées à la Gazette et sur le terrain, ses soirs et ses nuits à écrire pour le Daily Protest et/ou à observer sous sa forme de merle. Il y a dans ce pouvoir d’animagus une porte de sortie qui lui plaît énormément. Voler, c’est réellement devenue une addiction, autant que le fait de se faufiler un peu partout pour observer et écouter ce qui peut se passer, sur les rebords de fenêtre. Personne ne fait attention à un petit oiseau noir aussi banal. C’est d’ailleurs à force d’utiliser son pouvoir qu’il est parvenu, à cette période, à de métamorphoser sans baguette, signe d’une acceptation complète de cette seconde nature en lui. Actuellement cantonné à la rubrique des faits de société pour la Gazette, cela lui permet parfois d’illustrer certains de ses articles ou de faire des questions ouvertes pour noyer le poisson, là où il a déjà la réponse. Il parvient aussi à avoir des éclairages nouveaux par ce biais, et trouve parfois les personnes les plus adéquates pour des témoignages pertinents. S’il était maladroit au début, il a maintenant pris l’habitude de relater ce qu’il a pu voir en tant que merle de la manière la plus neutre possible, noyée dans d’autres suppositions ou questionnements, sans appuyer lourdement dessus. Avec parfois un mot ou deux permettant de mettre ces données quelques peu en lumière. A de rares occasions, il va parler de « source anonyme », si le contenu est réellement important, mais il a conscience qu’il ne peut pas user de ce stratagème bien trop souvent, au risque d’être repéré dans ces agissements.

  • Décembre 1983, Sainte-Mangouste.

    Il n’était pas présent, mais Aliah était là, lorsqu’ils ont administré à Ellis leur fameux « remède » obligatoire. De ce qu’elle lui a raconté, Ellis a été un instant secoué de soubresauts douloureux et Jazz, le patronus, a changé de forme, restant désormais un nuage brumeux volatile, toujours proche du jeune sorcier. Il n’a plus rien du ragondin protecteur qu’il était auparavant, et le benjamin de la fratrie reste plongé dans sa léthargie.


◆◆◆


1984, Londres.
Où les temps changent.

Rosier décédé, le triumvirat installé, la population espère que les choses vont enfin rentrer dans l’ordre. Combien de fois en quelques années l’ont-ils cru ? Heureusement, Poudlard est en phase de redevenir le havre de paix et de connaissance qu’il est censé être. Différents groupuscules de mangemorts sont traînes en justice, et cela allège un peu la peine des Ziggler. Car il est certain que ceux qui ont fait dérailler le Poudlard Express étaient de ceux-là. Mais qui, précisément ? Dès qu’il y pense, Owen se crispe face au fait de n’avoir aucun nom, réellement.

Pour autant, comme il fallait s’en douter, il y a et il y aura toujours des troubles au sein de la population. Les plaies sont encore vives, les disparitions, la peste des patronus et les différents morts au sein du gouvernement, cela fait beaucoup à encaisser. Dans tout ce malheur, au moins, les fugitifs, les résistants et autres nés-moldus peuvent retrouver leur place au sein de la société. Owen sait pourtant que tout cela n’est que le début d’un nouveau chaos. Rien que de savoir qu’autant de gens ont pu être – une fois de plus – stigmatisés n’inaugurent rien de bon pour la suite. La population, cette masse indifférente, a bien trop tendance à laisser faire sans lever le petit doigt. Comment s’y croire sincèrement intégré, alors ?

Le rédacteur en chef de la Gazette parachuté peu de temps avant est rapidement écarté avec la mise en place du Triumvirat à la tête du pouvoir, à croire que certaines libertés rédactionnelles vont être retrouvées… là encore, le Ziggler attend de voir pour le croire. Il reste méfiant et sait que le Daily Protest n’a pas fini son œuvre, même si une grande partie du réseau se disloque. Alors que les trois principaux partis du pays cherchent à obtenir la plus grosse part du gâteau, Owen sait qu’il aura encore bien à faire, que ce soit pour la Gazette en s’interrogeant sur tous ces changements au sein de la société et les élections à venir, ainsi que pour le Daily Protest où sa plume cynique pourra se faire plaisir, face à cette guerre d’un autre ordre qui s’annonce. Moins de victimes, il l’espère, mais aux conséquences tout aussi grandes, certainement.

Il continue bien évidemment ses sorties sous sa forme de merle, car il ne peut plus vivre sans ça. Désormais, il lui arrive encore d’utiliser cette forme pour glaner quelques informations et plus particulièrement les petites phrases susceptibles de s’échapper lors de certains rassemblements officiels à l’extérieur auxquels il ne serait pas convié en tant que journaliste. C’est très rare et risqué… mais ça lui arrive de jouer avec le feu. Il reste de toute manière limité à des zones à l’extérieur et sait qu’il doit faire en sorte que la présence d’un merle n’ait rien d’anormal.

Il a toujours des moments où cette forme de volatile lui permet d’oublier tout le reste. Car oui, il ne se métamorphose pas uniquement avec un « but », de plus en plus, il vole pour voler et se laisser griser par le vent dans les plumes et la hauteur qu’il peut prendre sur le reste de la vie, de sa vie en particulier.
Anecdotes
The courage in journalism is sticking up for the unpopular, not the popular.


  • Owen, c’est un homme qui dort peu. Parce qu’il a toujours mieux à faire, parce qu’il a l’esprit occupé… parce qu’il n’aime pas la solitude, et se retrouver seul dans son lit, c’est un truc qui le bouffe. Quand il dort seul, même si cela s'est quelque peu calmé, il lui arrive encore de se réveiller en sursaut, le front en sueur, le cœur qui bat la chamade, criant le prénom de son frère et croyant parfois entendre celui-ci qui l'appelle à l'aide.

  • C'est un accro au café noir, sans sucre. Il en prend plusieurs à longueur de journée, mais celui qui reste décisif, c'est ce qu'il boit au sortir du lit, pour lui remettre les idées en place.

  • Les Bavboules, c'est un jeu lié à l'enfance qu'il a toujours adoré. Il en a toujours dans le tiroir de son bureau, à la RMA. Parfois, il s’amuse à les faire rouler et à simuler des situations complexes qu’il essaie de déjouer lui-même, ça lui vide la tête, quelques instants.

  • Il ne se connait pas d'enfant, pour autant, il joue parfaitement son rôle d'oncle auprès de son neveu et de sa nièce pour lesquels il a une grande affection. Autant vous dire qu'il les gâte beaucoup.

  • Il possède une superbe plume à papote, gravée de son nom, que lui a offert son père. Il a aussi chez lui une collection dingue d'encres, de parchemins et de carnets reliés en cuir de la papeterie familiale.

  • Il a un gros chat roux, Sigi, qu'il a accueilli il y trois ans de cela. Le genre à prendre bien ses aises et squatter au beau milieu du lit, au point qu'il se retrouver à devoir le pousser pour pouvoir dormir. Il est arrivé plus d'une fois que Sigi manque de le griffer alors qu'il se métamorphosait en merle. Petit à petit, l'animal semble tout de même comprendre que non, cet oiseau-là, on n'y touche pas.

  • Lorsqu'il rédige ses articles pour le Daily Protest, il lui arrive de signer d'un simple petit dessin d'un oiseau noir gribouillé au bas de la page. C'est pourquoi au sein du réseau à l'origine du journal, on l'appelle toujours Blackbird.



Dernière édition par Owen Ziggler le Sam 22 Sep - 19:15, édité 22 fois
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par O. Jill Peverell, Sam 25 Aoû - 18:24 (#)
Welcome Chou Ancien Gryffondor et journaliste, il a tout pour plaire Hâte de lire la suite !




Dernière édition par O. Jill Peverell le Dim 26 Aoû - 9:15, édité 1 fois
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Ludovic Descremps, Sam 25 Aoû - 20:25 (#)
Encore bienvenue et courage pour ta fiche moutmout moutmout (j'adore le nom de famille soit dit en passant) en tous cas le début est super prometteur Brille


«Somewhere out there, there's that perfect thing - the unexpected ending that was always going to happen. That place you've always been heading for, but never expected to go.»
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par A. Otto Graymalkin, Sam 25 Aoû - 22:42 (#)
Bienvenue ! Brille
Et bon courage pour cette fiche Nih
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Invité, Dim 26 Aoû - 12:22 (#)
Bienvenue, bon choix d'avatar Brille
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Taliesin Graves, Dim 26 Aoû - 13:05 (#)
J'aime beaucoup le prénom (c'est le même que le père de mon perso hihi ) et le nom !
Bienvenue à toi Daengelo



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you & i ⊹ We don't know where we're going but we know where we belong
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Charlie de Breteuil, Lun 27 Aoû - 12:05 (#)
Mais qu'il est beau hihi
Bienvenue à toi Brille





She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Theodus Avery, Lun 27 Aoû - 14:01 (#)
MAX RIEMELT ! ceymwaPedro ceymwaPedro Han! Han! SCREAMING SCREAMING Excellent choix d'avatar ALBERT

Bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Kai D. Blumenthal, Mer 29 Aoû - 18:23 (#)
Bienvenue cute



you said that your heart
was no longer soft
but even flowers can grow out from the cracks of stones. Druck ist groß, Brust ist schwer, denk mich weg, saug ihn ein, den Geruch vom Meer.
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Anthony Hawk, Ven 31 Aoû - 11:15 (#)
max dead le personnage promet Chou
bienvenue parmi nous Daengelo


with broken moonlight caught in a glass, he is drinking the rain and the wind, as though a tiny piece of him still called out to nature like a starved animal
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Owen Ziggler, Ven 31 Aoû - 11:40 (#)
Un grand merci à tous pour l'accueil :) !
Si possible, je me permets également de demander un délai d'une semaine (en prenant en compte le week-end prochain quoi) pour finir ma fiche.
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Charon T. Malefoy, Lun 3 Sep - 11:08 (#)
Bienvenue à toi ! Daengelo
Charon aime pas trop les journalistes qui viennent fouiner sur les lieux des crimes et tout on devrait bien s'entendre Nih
J'ai hâte de lire ton histoire en tout cas, et j'ai Alexis aussi à te lancer dessus pour des liens si jamais ! Robert47cm


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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par E. Greer Cavendish, Mar 11 Sep - 7:58 (#)
@Owen Ziggler Ton délai avait bien été pris en compte Daengelo Cependant, je vois que ta fiche n'a pas avancé. Souhaites-tu un deuxième délai ? GNOE





Screaming in the dark, I howl when we're apart. drag my teeth across your chest to taste your beating heart. My blood is singing with your voice. I hunt for you with bloody feet across the hallow'd ground— Florence and the Machine, Howl.
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Owen Ziggler, Jeu 13 Sep - 21:51 (#)
Coucou ! Je me doutais que les notifs concernaient mon retard sur ma présentation. En effet, cette période de l'année est un peu compliquée au boulot et j'ai du mal à avancer (mais je suis en plein dans l'Histoire d'Owen). Du coup, s'il est possible d'avoir un petit délai supplémentaire (jusqu'à mercredi prochain (19 septembre) le soir par exemple ?) ça serait top. Encore désolée.
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Message Re: Owen Ziggler — It's sad to be an eye.
par Contenu sponsorisé, (#)
 

Owen Ziggler — It's sad to be an eye.

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