BELLUM PATRONUM


Version 33

Nouvelle année, nouvelle version installée ainsi que sa flopée de nouveautés !
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Message Unreturned feelings
par Adonis A. McLeod, Jeu 20 Sep - 22:20 (#)
Fait divers. Enjoleras a entendu un bureau exploser. C’était le mien.

J’ai travaillé trois fois plus vite que d’habitude depuis que j’ai reçu ton retour à l’envoyeur. Principalement parce qu’un meuble était détruit à chaque pose que je m’accordais.

Je crois que ce n’est pas les meubles détruit soigneusement balayés dans ma poubelle magique qui a effrayé mes collègues.

C’est mon sourire radieux.

Un sourire radieux et d’une amabilité rayonnante, au point de faire fuir ceux qui avaient tant de peine à me demander un service qu’il pensait se voir refuser.

Je me demande s’ls les ont senties ?

Mes envies de meurtres.

Je suis resté dans cet état effrayant jusqu’à la fin de mon travail. Deux jours plus tard.

Je suis sorti du ministère. Ait usé du réseau de cheminette pour rentrer me doucher à la maison, me suis coiffé avec beaucoup de soin, me suis rasé de près, un sourire tellement radieux que j’ai apporté le jour dans ma salle de bain. Heureusement qu’Aurea ne m’a pas croisé. Ou m’a-t-elle croisée et sciemment évité en voyant que je n’étais pas dans mon état normal ? Toujours est-il que j’ai repris la fameuse lettre par le bout des doigts et l’ai rangé dans ma poche comme une chaussette malpropre avant de soupir de satisfaction, et de transplaner à Londres.

Je toque à votre porte, tout souriant. Et dans le ciel, mon hystérique favorite est cacophonique, entre des pleurs, des hurlements, des rires complètements fous et des percussions déchainées qui s’y j’y réfléchis bien doit plutôt être le son d’une tête qu’on fait exploser sur un mur.

Si je reste sans réponse, je sors ma baguette et chantonne « Allohomora ~ <3 » avant d’ouvrir la porte sans entrée.

« Frangin d’amour ? Tu ne saurais pas ou je pourrais trouver notre PETITE SŒUR, à tout hasard ? »

Et quand je vois enfin ta silhouette, mon sourire ne fais que redoubler, comme un rayon de soleil. Ou une bombe nucléaire.

« Oh, mygale d’amour. Je suis venu t’apporter ça. J’y ai mis tout mon cœur. Si ce n’est pas le bon moment je peux repasser. Si ça ne t’EMBÊTE pas trop, cela va sans dire. »

Tu as cassé le bouton de limite à mon sourire de façade. Il y a de la glace qui apparait gentiment sous mes chaussures neuves et sur le rebords de la porte auquel je me tiens.

Je ne m’as jamais vu si grand sourire.

Tu ne m’as jamais vu aussi furieux.
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Message Re: Unreturned feelings
par Delliha McLeod, Jeu 20 Sep - 22:47 (#)
Elle somnole encore.  Retourne te coucher, Delliha. Elle sursaute presque en entendant la voix de son patronus. Elle s’étire, la jeune femme, en étouffant un énième bâillement. Elle glisse ses doigts dans le poil blanc du loup albinos à ses côtés, et marmonne tout bas en nichant sa tête contre lui. « Si je ne fais pas ça maintenant, je vais me mettre en retard... » Elle étouffe un nouveau bâillement avant de reprendre pour la dixième fois depuis le début, la lecture du paragraphe qu’elle était en train de lire. Cela ne sert à rien ce que tu fais.  « Hmm…. J’ai dormi 3 heures, Sokratis, ca va le faire…. » Pourtant, il ne lui faut que quelques minutes, pour s’endormir, avec le livre sur elle. Elle est arrivée tôt ce matin, ou tard dans la nuit après son shift et elle s’est simplement enfoncée dans son lit. Ce n’est que lorsqu’elle s’est éveillé qu’elle a prit le temps d’enfiler sa tenue de nuit : de longues chaussettes de Quidditch à l’effigie des serpents, avec un short associé, accompagné d’un tee-shirt léger, fluide, blanc, banal. Elle récupère d’un rythme infernal. Trop peu souvent. Pas assez souvent. Elle jongle entre ses vies. Elle jongle avec sa responsabilité. Son patronus ne cesse de lui répéter de refuser des sorties, des moments chez les McLeod, ou même les Lestranges pour dormir. Elle se reposera lorsqu’elle sera morte, ne cesse-t-elle de répéter. Mais elle sait, elle en a conscience, qu’elle tire sur une corde trop sensible. Mais elle tire encore, insouciante. Et pourtant, lever le pied lui ferait gagner du temps. Garder le cap. Et le prototype qu’elle mendie auprès d’Abraham Nott, n’est certainement pas la meilleure des choses pour améliorer sa santé. Elle sait qu’elle doit ralentir. Mais c’était maintenant ou jamais. Elle repoussait….

Elle sursaute, lorsqu’elle entend la porte s’ouvrir brusquement. Elle sursaute alors qu’elle se relève vivement, sur le qui-vive, la baguette en main.

Le sortilège lui échappe avant même qu’elle ne voit qui se tient face à elle.

Elle grimace sans doute lorsqu’elle te reconnait. Retient son soulagement en te voyant l’éviter.

Et puis elle fronce les sourcils, fatiguée, en t’entendant.

Ton sourire. Ta manière de parler. La magie autour de toi. La glace.

Une magie instinctive. Une magie d’enfant. Toi et tes émotions.

Elle te détaille sans rien dire, tout d’abord. Elle t’écoute à moitié, observant la lettre.

« Me permets-tu de recontextualiser ? »

Elle ne sourit pas vraiment.

« Je ne lis pas une de tes lettres…. C’est-à-dire, je ne prête pas attention ce que tu souhaites me dire et tu….. »  Elle fronce les sourcils et relève la tête. Pose un doigt sur ses lèvres et s’approche.  « Entre par effraction ici ? »  Elle sourit. Mesquine. « N’est-ce pas toi qui m’avait menacé de ne plus m’embêter ? ... Enième tentative de victimisation-pseudo-culpabilisation, semi-promesse menaçante pour me faire aller dans ton sens ? »  Elle prend un air stupide et t’observe. Elle échappe un léger bruit de compassion avant d’entonner, véritable peste : « Bienvenue dans mon monde ! » Tant de conversation que tu n’entend pas. Déforme pour tout ramener à toi. « T’imagines, si je m’énervais comme ça, à chaque fois que tu m’ignorais lorsque je te parlais, ou que tu persistes en pensant tout savoir ou tout contrôler ? …. Tu serais déjà mort enterré depuis trop longtemps. »  Elle ouvre un peu plus les yeux. Elle perd son sourire. Elle garde toujours sa baguette à la main.

Elle te fixe.

Quelques

Longues

Secondes.


« Manifestement tu n’es pas venu pour t’excuser. Je te prierai de bien vouloir fermer la porte après toi, McLeod. Ne m'oblige pas à porter plainte contre toi. »

Parce qu'à la différence de Greer Cavendish, je n'ai pas ton ami qui a tenté de me manipuler. Parce qu'à sa différence, j'ai gardé des preuves de ta violence contre moi. Si je veux te salir, je peux le faire. Je sais trop de choses pour ne pas te faire tomber. En as-tu conscience ?

Tu veux que je sois ton ennemie ? Tu n'imagines même pas ce dont je suis capable de faire.


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Message Re: Unreturned feelings
par Adonis A. McLeod, Jeu 20 Sep - 23:49 (#)
Elle t’a tiré dessus.
Elle t’a tiré dessus, Ad.
Can you please FUCKING WAKE UP.


Je ne me départie pas de mon sourire. J’ai le bout de mes cheveux qui part en fumée.

« Par effraction ! J’ai toqué, tu ne m’as pas entendu ? je voulais juste savoir si tout allait bien. On est une FAMILLE. »

Je connais la porté de mon hypocrisie à ce propos.

Je n’ai jamais eu les clés d’ici, et vous n’avez jamais eu les clés de chez moi. Nous avions tous déménagé pour une raison.

Le problème, Delliha ? C’est que les clés, ça n’existe pas, entre Caïn et moi. Chez moi c’est chez lui. Chez lui c’est chez moi. Chez toi.

Apparemment on n’est pas à la même page à ce propos.

On n’est pas à la même page sur beaucoup de propos.

« Tu appelles ça une menace ? »

Renoncer à toi c’est une menace ? Alors que tu viens clairement de me dire que je te posais problème ? Mais qu’est-ce qui se passe dans ta tête ? J’ai putain de pleuré pour te laisser de l’air et maintenant je suis en train de…

Me victimiser ? Te faire culpabiliser ?

Je crois que mes zygomatiques sont bloquées. Elle est un bordel sans nom. Rouge. Vif. Par endroit.

Les percussions deviennent plus fortes.

« Dans mon sens ? Dans quel sens, Delliha ? Explique-moi mon plan machiavélique, je dois t’avouer que je suis confus. »

J’ai bien vu, sniper, que tu pouvais me tuer sans me voir. Mais honnêtement, une part de moi a une envie folle qu’on se mette quand même sur la gueule pour régler ça. Puisque les mots ne semblent aller ni dans un sens ni dans l’autre.

« Manifestement tu n’es pas venu pour t’excuser. Je te prierai de bien vouloir fermer la porte après toi, McLeod. Ne m'oblige pas à porter plainte contre toi.
–Qu’est-ce que tu en sais ? »

Mon sourire a perdu un peu en intensité. Sans doute le vacarme de Elle se calme un peu lui aussi, pour redevenir d’un bleu sombre et uniformément mélancolique, comme le fantôme des toilettes des filles de Poudlard.

Je te retends la lettre. Plus calme. Mais je souris toujours.

Lisible ? Est-ce que je commence à être compréhensible, ne serait-ce qu’un peu.

« Tu détestes. Quand je présuppose de ce que tu penses. »

Je suis lent à ces choses-là. Parce que j’ai appris comme une seconde nature à me méfier de tout. A ne pas me croire assez digne. A ne pas me sentir assez fort.

Pour l’être plus. Toujours plus. Quitte à devenir creux, et me perdre. Je ne sais pas qui je suis. Juste que je ne suis pas quelqu’un de bien.

« … Tu penses vraiment que c’est ce que je faisais. Te manipuler. »

J’ouvre enfin vraiment les yeux. Regarde les tiens. Il n’y a rien non plus.

« Je ne cherchais pas à faire ça. »

L’air glacial se raréfie et la glace s‘évapore. C’est un malentendu. C’est frustrant, mais ce n’est peut-être que ça.

Ça et le fait que je te tape sur les nerfs autant que toi quand tu décides d’avoir les nerfs de me renvoyer mes lettres sans les ouvrir.

Je ne te touche pas. Je ne fais qu’attendre. Attendre que tu la prennes ou réponde encore. Mais je crois que c’est ma ligne. Tu m’as tiré dessus. Pour être honnête, je flippe ma race. Un coup direct à la tête ? C’était fait pour tuer. Si tu n’en veux pas, de mes excuses, alors je ne te les donnerai pas.

« C’était embarrassant à écrire. Et ça l’est encore plus d’être ici. »

Si c’était ta manière de te venger de ne pas te sentir respectée, c’est assez réussi. Pas respectée. Parce que ce jour là j’ai eu plus peur et mal que je n’ai vraiment tenté de comprendre ce que je te faisais subit. Je sais pourtant comme c’est dur. De tendre la main et d’avoir peur que ça échoue.

La sensation que ça laisse. D’être sale, et muet.

Tu n’es pas sale. Pas mauvaise. Et si tu es capable de te mettre en colère comme ça c’est que tu connais ta propre valeur.

Je continue de sourire. Parce que je me protège autant que toi.



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Message Re: Unreturned feelings
par Delliha McLeod, Dim 4 Nov - 20:50 (#)
Nous sommes une famille.  Cela sonne comme une insulte dans ta bouche. Un reproche.  Un mensonge.  J’y vois un poignard animé par magie, saillant mais délicat, qui vient se planter avec lenteur entre deux de mes côtes pour venir transpercer mon cœur.  
Nous sommes une famille.  Il est vrai, mais pas pour tous.  Te considères-tu autrement qu’un pion parmi les nôtres ? Tu ne viens que si peu aux dîners et autres événements familiaux.  Tu ne vis même plus aux Plaines des Augureys comme le veut la tradition.  

« Qu’est-ce que c’était d’autre alors, si ce n’était pas une menace ? L’expression de ton désarroi dramatique ? De ton incapacité à comprendre quoi que ce soit ? »

J’hausse un peu la voix.  Je ne le fais pas exprès, c’est plus fort que moi.  C’est l’émotion.  Je suis incapable de ne pas être sur la défensive face à toi, encore moins face à ton comportement.  

Et Elle me donne mal au crâne.  Les percussions m’appuient sur les tympans.  Je suis trop fatiguée, trop engagé émotionnellement pour ne pas l’entendre.  La ressentir.  J’ai peur.  J’ai mal.  Je suis en colère, moi aussi.  Alors je fronce les sourcils parce que c’est douloureux.  

Mais tes mots et ton changement d’expression me figent. Muette, je t’observe.  Figée, toujours ma baguette à la main.  
Et puis il y a ton bras qui se tend.  Cette lettre entre tes doigts.  Ta lettre.  Celle que j’ai refusé d’ouvrir.

Inconsciemment, je recule légèrement et je croise les bras.  Je me protège.  Je creuse l’écart entre nous.  Ou je tente de préserver ma pudeur.  
Mes yeux clairs restent plantés sur toi.  Je t’écoute attentivement.  

Et bien sûr, cela me touche personnellement.  Cela se voit à mon attitude défensive.  Cela se voit à mes yeux brillant.  Cela se voit à ma mâchoire crispée.  

Et malgré tes mots, tes gestes, je reste figée.  Comme si je pesais le pour et le contre.  Comme si j’étais inapte à prendre une décision.  

Dois-je être touchée que tu sois venu m’apporter ta lettre ? J’ignore ce qu’elle contient. Comment dois-je accueillir ta furie ? Je suis confuse.  Et j’ai peur, parce que je me connais, de me contenter présentement de ça.  De t’excuser encore.  Parce que je m’y suis habituée avec toi.... de n’attendre rien d’autres.  D’apprendre à encaisser si seulement je voulais rester à tes côtés.  

Alors je regarde ta lettre, troublée.  Et je murmure, stressée : « Être ici, ne suffira pas. » Je veux que tu cesses de me voir comme acquise.  Parce que ce n’est pas vrai. « Si ce sont des excuses que portent cette lettre, je veux te les entendre dire.  Je veux la preuve que tu ai compris du pourquoi tu t’excuses.... » J’avale ma salive.  Mes yeux se plantent dans le tien, je suis droite.  Et pourtant je suis terrifiée intérieurement.  Je crois que c’est la première fois que je te tiens tête d’une telle manière. « Et si je suis dans le faux.... Alors simplement, va-t-en. » Je ne voulais pas davantage d’horreur et de mépris.... Si seulement le poids de toutes ces années, toutes ces blessures silencieuses pouvaient être balayées si simplement.


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Message Re: Unreturned feelings
par Adonis A. McLeod, Dim 4 Nov - 22:17 (#)
Il était une fois deux funambules. Il était une fois deux équilibriste. Il était une fois un cirque, absurde, où les clowns grimaçants fixaient les acrobates en costume blancs, ceux qui dansent sur les trapèzes en espérant faire figure, pas trop mauvaise.

Il est aujourd’hui toi et moi qui nous regardons dans le fond des yeux l’un de l’autre, à chercher qui de nous deux se fera avoir le premier.

C’est épuisant, et aucun de nous deux n’est assez con, ou lucide ? Pour simplement réaliser à quel point l’autre l’aime.

L’aime. Tout simplement. Sans arrières pensées, sans désir de contrôler ou dominer, sans vouloir détruire. Aucun de nous deux ne peut réaliser, que nous voulons tous les deux vivre sans souffrir, et savoir que notre dos est surveillé par une personne qui nous veux du bien. Réaliser que l’amour que l’on porte l’un a l’autre n’est pas une faiblesse.

Mais ce qu’il nous ait arrivé de meilleur, dans notre destin ironique et malheureux.

Je reprends la lettre et l’ouvre. Te fixe. Méfiant, puis repose les yeux sur ma propre écriture.

Pendant de longue seconde, je relis mes propres lignes, en silence, avant de me pincer le nez. Toi et tes conditions à la con. Toi, toi et tes exigences d’enfant de cours primaire, toi et cette foutue ténacité qui se réveille bien au moment où ça m’emmerde le plus…

« Bordel. Ce que je te déteste. »

J’inspire et expire. Pince mes lèvres les yeux fermés. Je me tourne pour voir derrière. Et puis les fenêtres sur les murs des voisins.

« Et ti vas me détester aussi, alors je te conseille de me faire entrer. »

Inspiration décidée.

Et ma voix porte. Fort.

Beaucoup trop fort.

« D dot. You were right. »

Je n’ai pas besoin de sonorus pour parler fort. Ceux que j’utilise en chambre au ministère ne sont pas très puissants, parce que je suis fait pour la tribune. Mais jamais je n’aurais pensé une seule fois que j’aurais à la fois aussi honte de ce dont que je ne l’aurait trouvé jouissif à un usage personnel.

Et les yeux rivés sur le papier, je fais de mon mieux pour ne pas me démonter, quoiqu’il arrive.

« I don’t like the idea of you seeing someone, anyone, either. But isn’t too late for us ? It would be hyprocritical from me to prevent you from doing so. I’ve done worth. And I’ll continue to do so. »

Je lève les yeux au ciel en voyant les lignes suivante, et murmure entre mes dents en serrant les doigts sur le papier.

« Je me hais à l’écrit. »

J’y suis plus libre. Plus sincère. Plus émotif. Et bien plus personnel. Je réinspire et reprends, ignorant et les gens qui commencent à se retourner, ou à s’approcher de leurs fenêtres, et le rouge qui me monte aux oreilles.

« I ask for forgiveness, for I lacked patience and listening the other day. I thank you for saying it to me. I’m thinking about what you are saying. I answered too quickly, because I was afraid of not having an answer. I focused on a way to not being wrong. But I was wrong. Several times. I was upset because you pointed out you had enough. I thought that it would free you. »

Ne penser à rien d’autre que lire les mots. Pas ce qu’ils veulent dire. Me détacher, le plus possible, de leur sens, pour ne pas perdre la face. Mais elle est déjà perdue. Et une part de moi est soulager, pendant que le reste de mon corps est en train de brûler sur place de honte. Elle, enfin, s’est tue.

Satisfaite.

Le rouge final me prend si fort qu’il me fait monter un début de migraine.

« Do you want us to see each other again ? I don’t feel free. »

Je tente de prendre le ton le moins sérieux au monde, peut-être même moqueur evers ce moi passé qui ose écrire ces mots avec tant d’aisance alors que je suis incapable de le dire à qui que ce soit en vérité, à voix haute, accentuant en te regardant dans les yeux.

Tu vois ce que tu me fais faire ? Mon idiote d’adorable petite sœur d’amour.

« I. LOVE. You. A dot. »

Je plie la missive en deux d’une main et te la retends en retenant une affreuse envie de la brûler.

« Est-ce que ça valait vraiment la peine de me faire tirer dessus ? »



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Message Re: Unreturned feelings
par Delliha McLeod, Lun 5 Nov - 11:25 (#)
Je me tiens droite, les doigts crispés, pinçant le vide derrière mon flanc. Ma mâchoire est serrée et je t’observe. Je t’observe ouvrir cette lettre et j’inspire silencieusement. Il y a tes premiers mots, qui ne m’arrachent aucune réaction. Déteste-moi si cela te chante. Il y a tellement d’espace entre nous. Entre cette porte et ce canapé. Et tes mots m’agacent. C’est toi qui est entré sans respect, et maintenant tu attends mon invitation ? « Eh bien, qu’est-ce que tu attends pour entrer et fermer la porte, alors ? » Amère. Je fronce les sourcils et recule un peu plus lorsque tu entres. Je déglutis et te fixe, toujours aussi…. Méfiante ? Je crois que c’était le mot.

Tu fixes ton papier. Tu t’y accroches. Et je crois que je n’arrive pas à me décrisper réellement. Bien sûr que certains mots me touchent, me font réagir, t’observer un peu plus attentivement, ou détourner le regard. Bien sûr, que mon cœur se serre un peu plus ou s’emballe, que j’ai envie de pleurer parfois, ou seulement de te secouer pour te réveiller, me semble-t-il. Mais pourtant, je ne fais rien. Je reste simplement figée.

Mais j’ai un sourire triste aux lèvres lorsque je t’entends dire que tu ne t’aimes pas à l’écrit. Je me doute bien du pourquoi. Mais je ne peux pas m’empêcher de souffler : « Moi, je t’aime, à l’écrit. » Les mots sont peut-être très mal choisi, incontestablement. Mais je ne réfléchis pas assez, moi. C’est sorti simplement. Peut-être pour te faire comprendre le contraste saisissant qu’il y a entre toi et toi. Ton toi à l’écrit, et ton toi qui se tient face à moi.
Je me fais toujours avoir par tes lettres.

Et je croise les bras un peu plus, regarde ailleurs à la suite à tes excuses. Est-ce que tu les penses seulement ? Tu m’arraches une larme, que j’essuie lentement, sans oser te regarder.

J’ai besoin de respirer. Je me sens misérable moi aussi, d’être incapable de réellement te tenir tête. Pourquoi est-ce que je m’accroche si fortement aux quelques miettes de bonté que tu veux bien me lancer, de temps en temps ? Misérables et infimes fragments pour panser mon cœur et mes blessures. Se contenter de peu. Du peu que j’arrivais jamais à avoir de toi.
Mes yeux brillent de larmes, mais je ne pleure pas. Mon regard est perdu dans le vague alors que tu termines de lire, d’ironiser tes propres écrits.

J’ai quelques secondes de retard, lorsque tu me tends ta lettre. J’ai quelques secondes de retard lorsque je pose mon regard sur ta lettre. J’hésite avant de la prendre et je soupire à ta question.

Je serre le papier entre mes doigts, l’abime certainement, avant de me détourner lentement. Je range le papier dans son enveloppe déchiré et je disparais dans ma chambre pour la ranger. Aucune envie de la laisser trainer pour notre frère.
Je traîne un peu dans ma chambre, passant mes doigts contre mes cheveux. A respirer pleinement. Et lorsque je passe l’encadrement de ma chambre de demande, restant toujours à une étrange grande distance de toi : « Est-ce que tu le crois… ? »  J’avale ma salive. « Ce que tu as écris. Ce que tu tournais à demi au ridicule en le lisant, maintenant. » Je fronce les sourcils. « Je suis censée croire qui ? L’homme qui semble avoir un cœur à l’écrit ; ou celui qui…. » J’avale ma salive. Je n’ai pas les mots pour décrire la personne qui se tient face à moi. « Est-ce que tu trouves ca drôle ? »  Je fronce les sourcils. « Est-ce que tu te sens réduit de ressentir quelque chose ? D’avoir des émotions ? D’être humain ? »  Je lève les yeux au ciel, m’agaçant. « Peut-être parce qu’on t’a trop répété qu’il n’y avait que les petites filles qui pleuraient, enfant ? »  

Je me tais.

Je glisse mes doigts contre mon front. Je ne sais même pas si tu comprends. Si tu m’écoutes. Je tremble un peu. Je suis exténuée.

« Tu crois que cela te rend plus fort de te dissimuler ? De ne pas assumer ce que tu ressens ? » Mon regard glisse sur toi. « Cela te rend faible, parce que le vrai toi, est recroquevillé à l’intérieur de ta carapace, que tu nous éduques à aimer cette carapace, et que le jour où on aperçoit ton vrai toi, on ne te reconnait pas ! » J’échappe un léger rire nerveux. « Tu détestes tes écrits ? …. Adonis, moi ce que je déteste, c’est ta putain de carapace et tous les mensonges que tu tisses autour de toi, cette distance que tu nous force tous à avoir… »  Je me tais. Parce que je réalise que je suis en train de pleurer et que non, tu ne forces pas tout le monde à avoir cette distance. Je ne suis juste pas dans le bon camp, pour toi. Pas le bon sexe, pour mériter de te connaître, pas le bon âge ? Pas le bon nom.

Je ne sais plus.

Je fini par me détourner, les dents serrées, rageuse de ne pas savoir retenir plus mes larmes. Ce n’est pourtant pas un sanglot. Cela ne sert à rien tout ce que je suis en train de faire. Je ne suis pas ta sœur dans tes yeux. Je ferme les yeux et reste figée quelques secondes pour me reprendre.

Un souffle.

Et puis ces mots, plein.  

« Excuse-moi, je suis juste jalouse. »

Ce n’est pas toi, c’est moi.

Toujours le même schéma.

Un schéma que tu connais davantage, que tu apprécies sans doute davantage. Parler de moi, mes erreurs, mes défauts. C’est plus simple sans doute. Cela toujours été plus simple de dire que c’est moi. C’est ainsi que l’on m’a éduqué, et laissé croire que c’était la vérité. Je sais que c’est faux. Que tout ne peut pas venir de moi. Tout n’émane pas de moi.

Mais peut-être est-ce la seule manière que nous avons de subsister ?


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Message Re: Unreturned feelings
par Adonis A. McLeod, Lun 5 Nov - 20:21 (#)
Elle chante doucement en t’entendant me contredire. Ce que je suis dans ma plume, tu le préfères. Pire tu l’aimes. Et je ne supporte pas que tu voies si bien ce que je te montre, que tu t’attache à cette part de moi. A ma faiblesse. Mon inutile compassion. Mon inutile candeur. Ces amours indécents et illogiques.

Et quand je te fixe, la lettre tendue vers toi, les larmes sillonnant tes joues, mon cœur se tord et implose. Je pince les lèvres et baisse les yeux quand tu me la prends enfin des mains et t’en retourne. Pendant quelques secondes irréelles, je suis vidé, et j’ai bien peur d’avoir poser la dernière pierre sur ma propre tombe. Du moins celle d’une relation possible. Je me demande ce qui m’a pris. J’aurais dû juste repartir, m’en retourner, écouter cette satanée fierté, et laisser passer les choses, comme d’habitudes.

Comme d’habitude ?

Je n’ai plus d’habitudes, depuis que j’ai arrêté de te cacher l’état de fait. Je suis amoureux. Tu me rends dingue. Et tu n’as pas besoin de faire grand-chose pour cela.

Je suis fou, et aimerais que tu m’accompagnes dans cette folie toxique. Et je me déteste pour cela.

Tu réapparais. Je redresse la tête. Fixe ta figure, distante, prudente. Je te fais du mal. Tes yeux rouges le prouvent. Je ne me fais pas du bien, puisque je suis dans cet état fébrile, dans une crainte folle, contenu dans une écorce de verre.

Que tu broie. Méthodiquement.

Presque affectueusement.

« Est-ce que tu le crois… ? »

Tu ravale des larmes, et moi ma fierté.

« Ce que tu as écris. Ce que tu tournais à demi au ridicule en le lisant, maintenant.
– Si je ne savais pas que c’était vrai, je n’aurais pas besoin de le dénigrer. »

Je ne fais pas que le croire, je le sais. D’une certitude crasse. Et par la même, dégoûtante.
« Je suis censée croire qui ? L’homme qui semble avoir un cœur à l’écrit ; ou celui qui… »

Tu me désignes pendant que j’essaie de trier ce que tu racontes, mais rien de ce que je peux dire ne t’arrêteras plus. Pourtant j’essaie. J’essaie vraiment, de ne pas m’agacer, de ne pas te faire payer, ni mon manque de mots humains, ni mon manque de savoir être quand il est, justement, question d’avoir un cœur.

« Ce n’est pas ne pas avoir de cœur que de…
– Est-ce que tu trouves ça drôle ?
– Est-ce que ça a l’air de m’amuser ?!
– Est-ce que tu te sens réduit de ressentir quelque chose ? D’avoir des émotions ? D’être humain ? »

Oui. Parce que les humains font des erreurs. Pas les McLeod. Les humains s’attachent à des choses condamnées à mourir. Je veux me dévouer à quelque chose d’éternel. Tout, plutôt que de constater qu’au fond je suis comme les autres, que je souffre des mêmes mots terrestres, que je suis incapable de mettre de côté des désirs de bêtes et d’enfants pour me consacrer à la cause, une cause qui t’apportera un bonheur plus noble et plus serein, plus pérenne qu’un mot d’amour, plus serein qu’une passion déchirante. Oui, je me sens diminué, parce que ça contredit tout ce que je suis.

Mais je ne dis rien. Elle, la baleine, mime à peine mes pensées en silence. Ne reste que ce souffle vide, obscur, desséché, qui refuse de laisser passer, à travers l’agacement et une fatigue émotionnelle bien réelle, cet amour si désespéré et plein de besoin qui t’appelle toujours.

Tu t’énerves. Tu devines.

« Peut-être parce qu’on t’a trop répété qu’il n’y avait que les petites filles qui pleuraient, enfant ? »

Tu tapes trop juste pour que je puisse articuler quoique ce soit, la moindre expression bloquée avec mon souffle dans ma poitrine. Je ferme les yeux comme si ça pouvait me protéger et avale ma salive. Je croise les bras. Tu me trouves ridicule, pas vrai ?

« Tu crois que cela te rend plus fort de te dissimuler ? De ne pas assumer ce que tu ressens ? »

Mes doigts se serrent sur mes manches.

« Si je l’étais c’est ce que je ferai. »

Si j’étais vraiment fort, je n’aurais pas besoin de te dire, rien de tout ça. Si j’étais vraiment capable de me contrôler, de contrôler mes inquiétudes puériles, pour toi, pour nous, nous n’en serions pas là. Je n’aurais pas si honte. Je ne te dégoûterais pas tant. Si j’avais tout fait mieux, plus parfaitement, tu ne verrais qu’un frère, un frère qui aime sa sœur, et rien de plus.

Tu n’as plus besoin de ta baguette pour me viser et me toucher à la tête.

« Cela te rend faible » –Tais-toi– « parce que le vrai toi, est recroquevillé à l’intérieur de ta carapace » –Arrête ! – « que tu nous éduques à aimer cette carapace, et que le jour où on aperçoit ton vrai toi, on ne te reconnait pas ! »

Mes mains viennent naturellement sur mon visage, en silence. J’inspire et expire profondément, dans l’espoir d’arrêter une crise de nerfs, une crise de cri, cette envie de juste attraper quelque chose et de le briser en deux.

Et tu oses rire.

Tu. Oses. Rire.

« Tu détestes tes écrits ? »

Je déteste mes écrits. Je déteste ce que j’écris, comment je l’écris, comment je le vis, et mon incapacité à te le dire en face, mon incapacité à me sortir de cette envie terrible d’envoyer ma vie en l’air juste pour une seconde avec toi, où je n’ai pas besoin de penser, ni à demain, ni même à la seconde d’après. Je me déteste pour me languir de toi comme une jeune fille en fleur. Je me déteste pour me bercer d’autant d’illusions contradictoire, qu’un jour je cesserai de t’aimer, qu’un jour tu m’aimeras aussi, qu’un jour personne ne pourra nous faire du mal, qu’un jour tu seras assez en sécurité, assez riche, assez forte, assez pleine de pouvoir pour que personne, PERSONNE ne puisse rien te faire de tel que ce qui est arrivé à toutes celles qui ont été punie à ma place, parce que j’ai voulu les utiliser pour t’oublier.

Personne ne pointera jamais sa baguette sur toi.

Personne ne te forcera à disparaître.

Personne ne t’obligera à ta battre.

Personne ne pourra te menacer pour qui tu aimes.

Tu pourras être heureuse. Tu pourras vivre. Vivre. Vivre et pas seulement survivre. Et si je dois crever pour que ça arrive, je n’en ai, à ce stade, plus rien à faire.

Je n’estime pas ma vie comme j’estime la tienne.

« … Adonis, moi ce que je déteste, c’est ta putain de carapace et tous les mensonges que tu tisses autour de toi, cette distance que tu nous force tous à avoir… »

Je me fige. En tout. En temps, en parole, en pensée, en geste. Et l’affirmation tourne. Tourne, alors que tu te détournes. Je redresse ta tête et je ne peux voir qu’à peine ton visage ruisselant. Et je sais que j’ai encore merdé. Vraiment merdé. Et je ne saurais pas, exactement, dire où quand, comment et pourquoi, mais je comprends que s’il était question de te montrer ce que j’ai de meilleur, je n’ai pas réussi. S’il était question de gagner ta confiance, je n’ai pas réussi. Si je voulais te donner confiance en nous, je n’ai pas réussi. Si je devais t’offrir le meilleur de ce que je peux t’offrir à ce jour, ça n’a jamais suffi.

Et quelque part, il m’est inconcevable, que qui que ce soit trouve ce que je suis à l’intérieur, plus agréable que ce mensonge. Il m’est inconcevable que ce que je sais n’être qu’un ramassis de faiblesse puisse attirer la tendresse de qui que ce soit.

Il me le dit. Toujours. Me le répète. Me le chuchote même dans son absence. Je ne vaux rien. Il. Un Père ? Un frère. Une ombre. Le nom. La vérité. Le soi derrière le miroir. A chaque seconde de ma vie, je sais être une fraude, mais au moins cette fraude n’est-elle pas si laide qu’elle défigurera tout ce que le Clan est. Et tout ce que j’ai décidé d’être.

Tu aimes cette personne.

Tu l’aimes et je ne comprends pas pourquoi.

Tu l’aimes mieux que cette sensation de sécurité. Cette sensation de savoir où l’on va et pourquoi. Tu aimes ce que j’écris quand je fais aveu de faiblesse. Tu aimes ce que j’écris lorsque je renonce à être parfait. Tu préfères que je sois cette personne qui ne peut simplement pas vivre sans penser à toi.

Ta voix enrouée me parvient. Je frotte mes yeux rougis, et marche à ta rencontre. Tu pleures. Encore. Par ma faute. Encore.


« Excuse-moi, je suis juste jalouse.
–De qui ? »

Je glisse mes doigts sur ta main. D’une douceur fragile… Craintive ? Moi non plus, je ne sais pas, qui est le vrai toi. Celle qui se moque de ce que je ressens ou de ce que je veux vraiment ? Celle qui me berce avec patience dans mes plus mauvais moments ? Celle qui un jour est douce et caressante, ou l’autre est soudain d’une rancune carabinée ? Celle qui déteste ma faiblesse, ou celle qui l’accepte ?

Peut-être es-tu les deux. Comme moi.

Ni Père, ni Caïn, ni aucune autre femme. Et je ne le comprends pas. Je ne comprends pas comment fonctionne tes rouages. Comment gagner ton affection, comment chérir ta confiance, ou comment te faire du mal, vraiment.

Ma main se glisse dans la tienne, et je m’approche en douceur.

Mon sourire est triste et fatigué. Mais c’est un vrai.

« Tu es la seule qui peut me dire ça et t’en sortir vivante. »

Je tente de te faire face. Je mords ma lèvre. Je ne fais pas de très bonnes blagues. Ma galanterie est très souvent creuse, au-delà du simple respect du protocole. Je relève les yeux vers toi et cherche ton regard.

« … Je n’aime pas. Te voir avec quelqu’un. Et je ne veux pas être avec quelqu’un d’autre. C’est parfois juste facile. Plus facile. Mais je n’en ai jamais vraiment eu envie. »

Je secoue la tête et expire bruyamment, agacé moi-même de ne pas trouver les mots juste pour que tu comprennes, comprennes pour moi ce que mon corps et mon cœur ne veulent pas se rentrer dans le crâne, mais que je sais de toute manière.

« Est-ce que… Est-ce que tu m’imagines, à être comme ça tout le temps ? A m’énerver au point de geler les gonds de ta portes, à m’emporter après un mot ou un geste de ta part, à… te crier dessus en essayant à tout prix de te prendre dans mes bras parce que je suis incapable de… »

Te rendre heureuse.

Je soupire.

« Ne penses-tu pas que ce serait le cauchemar, même pour toi ? »

Mes doigts se crispent, caressent, mon regard fuit, un peu. Mais je tente de ne pas fuir, pour une fois, cette sensation d’ébullition, quand je me sens prêt à éclore, face à ton visage qui me fait l’effet d’un soleil.

« Parce que c’est ce que je suis dans ma tête, c’est ce que je suis quand je t’écris ce genre de… De vérité malvenues et désespérées et… Surtout c’est ce que je suis quand je suis amoureux. »

Et je sais bien qu’aimer, qui que ce soit, ne suffit pas. Je sais bien qu’aimer à la folie détruit. Je sais qu’accepter d’aimer quelqu’un, c’est la fin du monde tel que je le connais, et surtout c’est me mettre entre les mains de quelqu’un qui, si elle le souhaite, peut me rappeler l’être puéril et naïf que je suis.

« … Et ça n’est pas… supposé… être à propos de moi. »

Je suis celui qui parce qu’il t’aime, devrait te rendre heureuse.

« Je ne veux pas… que tu rencontres… Cette personne. Elle est détestable. »

Tout le monde le sait. Il le sait. Il me l’a toujours dit. Ce n’est qu’une lâche. Un faible qui veut disparaître et s’oublier. S’oublier dans la chair, le travail, n’importe quoi, pourvu qu’il s’oublie. Je porte ta main à mon visage, aussi épuisé que le tiens. J’essaie de sourire. T’en prie sans doute du regard. N’y fais plus attention. Ne te fais pas tant de mal pour un sale type pareil. Un type qui a l’espoir qu’un jour tu l’embrasses et lui pardonnes.

Ma voix n’est plus qu’un murmure.

« Tu n’as pas à être jalouse. Il n’y a que toi qui me rende assez heureux pour que je sorte autant de bêtises à la seconde. »

Et maintenant quoi ?

« Si tu le dis comme ça, je vais commencer à y croire. »

Que tu m’aimes. Pas comme un frère. Mais comme un homme. Pas comme une sœur. Mais comme une femme. Que tu voudrais qu’il n’y ait que toi. Que tu veux bien qu’il n’y ait que moi.

Et ça me brise d’y croire, tu sais ?



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Message Re: Unreturned feelings
par Delliha McLeod, Jeu 8 Nov - 16:39 (#)
« Si je ne savais pas que c’était vrai, je n’aurais pas besoin de le dénigrer. »

Ta fierté. La fierté si précieuse d’un McLeod.
Il y a trop de choses que j’ai soudainement envie de piétiner, de déchirer.

Tu réponds si vite, nos voix s’haussent légèrement, et nous nous regardons comme des soldats fatigués, qui sont lassés par la guerre, mais déchiré par les blessures, corrompu par la méfiance. Mais enfin, tu n’as plus rien à me dire. A me répondre.

Tu n’as rien à me répondre. Si ce n’est ce relent d’apitoiement…. Ou de certitude ? De réalité ? Tu te sais faible. Mais pourquoi te penses-tu faible ? Faible parce que tu ressens. Faible parce que cela te fait mal. Faible parce que tu es humain. Et cela me fait serrer les dents.

Et puis je me fige. J’ai cette terrible sensation de me battre avec le vide. Incapable de trouver une quelconque accroche. Incapable de trouver un allié. Peut-être es-tu déjà perdu. Peut-être n’as-tu pas réellement envie d’être trouvé. Pourquoi faire ? Père m’en voudrait-il si je continuais ? A tenter de te faire ouvrir les yeux ? Est-ce que cela ne te rendrait-il pas plus fort ? Quel intérêt aurais-je à te rendre plus fort ? Ne faudrait-il pas au contraire, alimenter cette distance entre nous ? Comme tu l’as toujours fait, autrefois ? Cette simple pensée m’impose des images incessantes : toi, avec ta mémoire de nouveau amputée, fou à lier, pauvre loque incapable. Je ne suis pas un sauveur. Je ne détiens aucune solution. Je n’estime pas savoir ce qu’il faut faire, je n’estime pas être meilleure que toi. Mais je vois que tu souffres, et cela me semble inconcevable de réellement et définitivement te tourner le dos. Pas ainsi. Mais je ne suis ni bonne, ni parfaite. Je n’estime pas, dans la balance de notre relation, retirer plus de bien que de mal dans tout ceci. Et j’apprends à ne plus être cette enfant masochiste. La douleur ne fait qu’alimenter une colère monstrueuse, déjà suffisamment gigantesque et vorace.

Ta main se glisse dans la mienne et mon regard s’y porte.

« Tu es la seule qui peut me dire ça et t’en sortir vivante. »

J’hausse légèrement mes sourcils. Cette menace pour les autres. Ce favoritisme. Suis-je censée me sentir valorisée ? Suis-je censée le prendre pour un compliment ?
Ces mots n’ont aucune saveur.
Je t’ai vu traiter mieux que moi des personnes qui ne le méritaient pas.
Mais tu estimes que tes mensonges ne riment pas à être mieux traité.
Tu estimes que la distance, les insultes et les cadeaux sont mieux.

Je ne te regarde pas. J’observe toujours nos mains alors que tu me parles, mon regard se perdant lentement dans le vague. Et pourtant je t’écoute.

« Je n’aime pas. Te voir avec quelqu’un. »
Si seulement.
« Et je ne veux pas être avec quelqu’un d’autre. »
Je ne parviens pas à le croire.
« C’est parfois juste facile. Plus facile. Mais je n’en ai jamais vraiment eu envie. »
Mensonge.

Tu mens comme tu respires.

« Tu n’en as jamais vraiment eu envie ? »

Je le murmure tout bas. Je mâche les mots sans les sentir sous ma langue, juste de l’air inconsistant.

Et puis je fronce les sourcils en entendant tes autres mots.

« C’est donc ainsi ? Un extrême ou l’autre ? »

Jamais rien de plus équilibré. Tout ou rien.

Mon regard s’est déjà relevé sur toi.

Je t’observe. Et si je dois te regarder dans les yeux, je le ferai.

« Parce que tu es incapable de quoi ? »

Et je fini par croiser les bras, fermée et résignée.

« Parce que tu crois ne pas être détestable à l’heure actuelle ? »

Pas sur l’instant mais en temps normal.

Tout semble être si dramatique dans ton prisme.

Je reste silencieuse.

Je ne réagis pas à tes mots… Quoi ? Une promesse ? Une énième menace ? Tu vas commencer à y croire ? Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

Silence.

Je fini par soupirer en faisant un léger signe négatif de la tête.

« Cela n’a aucun sens, Ad. »  

Je retire lentement ma main de contre ton visage, et je serre mes doigts entre eux, sentant l’absence de ma bague de fiançailles, retirée trop souvent à l’hôpital. Comme si sa présence me manquait soudainement et aurait pu me protéger de toi.

Ca n’est pas supposé être à propos de moi.
Tout reviendra toujours à toi.

Je fini par lentement te contourner pour revenir sur le canapé et tirer sur moi la couverture présente. J’observe mon patronus, terriblement silencieux et souffle : « Tu sais… Je pense qu’on s’est créé des mondes. »  Mon regard est dans le vide. « Depuis mon accident, j’ai voulu être proche de vous, là où tu cherchais à me tenir à distance, j’imagine…  Et Caïn à me protéger ? »  J’ai un léger sourire. « Tu t’es fais tout un personnage de moi. Et moi de vous. » Je soupire légèrement et passe ma main contre mon visage. Je considère un instant ma lecture restante. Je tombe de fatigue. « Peut-être que vous vous connaissez réellement entre vous, bien sûr…. » Nul doute sur ce détail. Trop intimement, ai-je envie de dire. « Mais vous et moi ? » Je fronce les sourcils. « Toi et moi ? »  Encore moins que Caïn et moi. Et vivre ici avec lui, m’a aussi rapproché de lui. Et je supporte si mal de vous voir si indépendants. Sans moi. Si loin derrière. Mais c’est une réalité que j’ai ingérée depuis longtemps. Je n’arriverai jamais à me départir d’une certaine rancœur à ce propos. La famille n’a aucune valeur pour vous, ou pas la même que la mienne.  

Je veux de ton amour. Tu veux du mien. Mais nous ne parlons pas du même langage.

« On ne sait pas communiquer. On n’a pas été éduqué de la même manière. »  Je fronce les sourcils et repose mon regard sur toi. « J’ai passé ma vie en consultation psy…. » Tu devrais sans doute en faire de même.

J’échappe un soupire et hausse les épaules.


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Message Re: Unreturned feelings
par Adonis A. McLeod, Ven 30 Nov - 1:04 (#)
Croire. Croire que ça ne te dérange pas tant que ça. Croire que tu peux concevoir un genre de réciprocité, dans l’horreur que mes sentiments m’inspirent.

C’est une fixette. Tu es « la petite sœur ». Même si c’est techniquement faux, ou improuvable, même si je ne t’ai jamais vu comme « ma » petite sœur.

MA chérie. MA fillette favorite. MA bien-aimée, mon adorée. La seule femme qui compte vraiment. La seule femme qui me tourmente juste en respirant. Au moins toutes les autres ont fait quelque chose pour mériter ma folie. Tu n’as pas de chance. Il te suffit d’exister.

Ça m’ennuie d’autant plus. De te faire soupirer si fort, te rendre aussi désespérée. Je me suis toujours targué d’être un homme intelligent, fin d’esprit, aimable et patient. D’être une fierté pour les miens. D’être exactement ce que tout le monde adore.

Mais ton regard ne me juge plus vraiment. Tu n’es qu’un miroir. Et je passe mon temps à me convaincre qu’il est déformant. A me convaincre que le vrai moi est celui que tous les autres chantent à mon oreille à longueur de journée. Cette apparence doucement solaire…

Mais en face de toi je me trouve méprisable, brisé, en colère, contre tout et rien, contre moi-même surtout. En face de toi j’ai peur de voir la seule chose réelle chez moi ; Un homme pitoyable qui a tout et qui ne sait même pas s’en contenter.

C’est ça qui me tiens à l’écart, et je le sais. Un froid dévastateur me traverse sous la peau et je ferme les yeux, ravalant ma salive, ce dégoût d’encore une fois te fatiguer, exiger de toi l’attention que je donne à tout le monde sauf à ceux qui comptent vraiment. Comme un enfant égoïste qui trouve qu’il a très bien fait et qu’on ne l’a pas assez félicité, comme un gamin qui a fait un effort et que personne n’a remercié.

Même épuisée tu t’en retournes, hésitant certainement à briser le peu que nous avons construit, ou reconstruit les derniers mois. Tu sais que je ne suis pas stable. Tu sais que je ne t’apporterai rien. Tu sais que je suis une cause perdue. Et je savais bien, au fond de moi, que tu finiras par t’en rendre compte.

Je savais bien que tu verrais précisément ce que je vois. Et comme tu n’es pas une idiote, loin de là, tu feras un choix rationnel et décidera que ce n’est plus ton problème.

Tu n’as rien à y gagner, et je n’ai rien à t’offrir.

Alors pourquoi reste-t-il, cette douloureuse touche d’espoir ? Pourquoi en mon for intérieur ai-je imaginé que tu m’absoudrais de ma propre horreur ?

Pourquoi chercher une validation de ta part ?

Une qui compte, et qui n’est pas la leur ? Ai-je à ce point assez de vanité dans ce corps impie pour avoir besoin d’être quelqu’un de bien ?

Je m’approche du canapé en silence et te regarde. Tes pensées semblent si claires… Je voudrais te prendre dans mes bras et te forcer à me regarder, mais je ne m’en sens pas le droit. Ni même l’audace de t’en demander la permission pour te mentir droit dans les yeux et te dire que je vais mieux, assez bien pour faire mieux la prochaine fois.

Je m’assois à tes côtés et j’en ai honte.

Je suis juste trop sale pour ça.

Mais tu n’es pas partie. Tu ne m’as pas jeté dehors. Pas encore.

Elle t’as tiré dessus quand même.
Tu l’as faite pleurer.
Tu ne crois pas que c’est assez ?


Non.

Non ce n’est pas assez.

Ma main glisse vers toi, alors que dans ma poitrine mon cœur se tord, se soulève, et donne l’impression qu’il va exploser au creux de ma poitrine, de peur de se faire rejeter encore. De peur d’être tout à fait certain de le mériter.

Je garde le silence en regardant l’espace entre nous. Je réfléchis. Ou plutôt prends la peine de regarder ce miroir que tu me tends, et d’en accepter la laideur. De ne plus avoir peur de te dégoûter, de te briser, ou t’agacer seulement.

Je suis fragile, et j’espérais que quelqu’un me répare.

Et sans doute serais-je tenté toute ma vie.

Mais c’est important que tu en fasses partie. Important que je puisse te rendre peut-être le dixième de tout ce que tu m’as inspiré.

Tu me demandes de faire machine arrière. De déconstruire un mythe. De déconstruire tout ce que je pense à ton propos, de la jalousie à la crainte, de la terreur de te perdre à l’amour que je te porte, pur et impur. Tu me demandes de faire quelque chose pour toi ? Non. Ce serait tellement plus simple. Plus simple s’il y avait vraiment quelque chose à faire…

« … Est-ce que… ça aide vraiment ? »

Tu m’as fais rencontrer un psy. Je ne l’ai pas très bien vécu.

« … Je veux bien… croire… qu’il est bon de démêler ses pensées de temps en temps… Ton collègue m’a aidé, un peu. A calmer… Quelque chose. »

Je passe le coude sur le dossier et replie ma jambe pour me tourner vers toi.

« Mais… Es-tu encore… toi-même ? » Je m’agace, de ne pas trouver le mot juste, pour des choses aussi simples et évidentes. Aussi terre à terre et loin en dessous de tous les discours grandiloquents qu’on peut donner sur le forum politique « … N’as-tu aucun secret à garder ? Est-ce vraiment toi qui a le contrôle sur ta pensée ? »

Peut-être que tu n’en veux pas, du contrôle sur ta pensée.

« … Je sais bien que ça aurait dû être nous. »

Nous aurions dû être assez pour te guider, te faire une place pour t’épanouir. Mais jusqu’à il n’y a pas si longtemps, je pensais que des bijoux, de belles robes, et un petit ami agréable te suffiraient amplement à être une fille heureuse.

Nous ne te connaissons pas.

Je ne te connais pas, et ça me frustre. Pourtant c’est moi qui l’ai choisi. Parce que j’ai cru que je t’aimerais moins.

J’ai aimé plus de gens. Par dépit. Mais toi ? Jamais moins.

« … Je ne sais pas comment réparer ça, Delli. J’ai toujours… cru que tu n’étais pas si seule. Qu’il y aurait toujours une tante ou mère pour t’épauler te protéger… C’est idiot, mais je me suis toujours dit qu’entre filles ou entre femmes… » Pathétique mensonge. Fiction rassurante. Comme si tu avais plus de raison que moi de te rapprocher d’eux. « Que tu n’aurais pas besoin qu’un inconnu en sache plus sur toi que quiconque. »

Médecin. Secret médical. Humain. Corruptible.

« … L’autre nuit… Je n’ai pas compris ce que tu me voulais… C’est devenu tellement… Normal. »

D’être un peu séducteur. De flirter facilement. De chercher un juste point de tension, où la personne en face est assez en confiance pour nous donner tout ce qu’on désir. Même quand ça n’a rien à voir avec la chair. Les hommes et les femmes pour moi sont des animaux, et je sais jouer deux de cordes à l’instrument qui les manipule : le désir, et la peur.

« C’est moi aussi. Ça fait partie de moi aussi, et si tu as envie que je change ça… Que je change des choses à ma manière d’être… J’ai besoin de le savoir ? C’est juste comme ça que je fonctionne. Je dois savoir… Ce qu’on est censé atteindre, et … Honnêtement je n’ai jamais su si tu cherchais la paix ou la guerre avec moi. »

Silences. Froideurs. Disputes violentes. Murmures dans le silence. Dans le noir, au fond des nuits douloureuses. Murmure, ou main silencieuse qui tiens la tienne jusqu’à ce que la mort ait fait demi-tour. Puis le silence. L’exigence. Les humeurs, les tiennes, les miennes.

Allers-retours. Incessants. Années à se tourner autour, méfiants, années à lancer sans cesse quelque chose. N’importe quoi, pourvu que ce soit quelque chose.

J’ai pris ça pour des caprices. C’étaient tes appels à l’aide.

« … Je… »

Je veux te rendre heureuse. Je veux qu’on se comprenne. Que tu me comprennes, sans aucun doute, et te comprendre aussi. T’apprendre mieux que ça, faire mieux que ce que j’ai fait avant…

Mais en te regardant, l’espoir se tue dans ma poitrine. Parce que tu l’as dit toi-même, en lâchant ma main, en t’éloignant, fatiguée de cet être répugnant qui ne peut pas te dire qu’il t’aime sans avoir peur que tu le déteste. Qui préfères que tu le déteste pour être un connard colérique et égoïste plutôt parce qu’il est un insipide tapis à tes pieds.

Je ferme les yeux.

Cela n’a aucun sens, Ad.


Ma tête se couche sur mon ras et mon regard se vide. Ces insortables montées d’espoir qui me font chuter, plus vite et plus bas, toujours plus violement, vers d’insondables trous noirs de déceptions. Qu’est-ce que j’attends ? Que tu me dises que tout ira bien ? Que tu acceptes mes piètres négociations pour me laisser t’aimer ?

Je vois bien que cela t’ennuie, qu’après si longtemps, hypocrite, je revienne déterrer des blessures que je t’ai infligées et remuer le couteau dans la plaie. Sous couvert d’amour. Parce que c’est la seule manière d’aimer que je connaisse ? Cette violence absolue qui te coupe de tout ? De tout, de tous ? Le genre d’amour dont je veux me protéger, mais que je recherche désespérément ?

Je laisse mon autre bras couvrir mon visage et finir de me tourner face au dossier pour y poser le front.

Tu es en train de me juger.
Je le sens.

Tu le sais.

Depuis quand est-ce que ça a besoin d’un sens ?

Nous devrions partir.


Je veux te toucher.

Nous devrions en rester là. Tu vas heurter ses sentiments. Elle va blesser les tiens. Vous reparlerez plus tard. Quand tout sera un peu plus faux. Quand tu seras moins nu. Quand tu auras au moins la force de faire semblant.

Je veux te toucher. Si je pouvais te toucher, je pourrais te faire comprendre, une partie, une toute petite partie de ce que je ressens, de ce que je cherche, de ce que j’espère que tu puisse trouver en moi, une toute petite barre d’un bonheur dont tu n’as sans doute pas besoin, et surtout pas avec moi.

Tu m’aimes. Tu m’aimes. Tu m’aimes.

Tu en doutes.

Tu m’aimes. Ou bien tu ne serais pas agacée que je dans avec une autre. Tu ne serais pas épuisée de t’inquiéter pour moi. Tu ne pleurerais pas en lisant mes lettres. Tu te moquerais, au moins.

Je suis insupportable.
Sale.
Sale.
Sale.

« … Pardon. Je ne sais vraiment pas… Faire ça. »

Tu es belle et digne, et tu voudrais qu'on se parle. Mais je ne me sens rien face à toi.

« Je voudrais… Juste d’écouter. T’écouter parler. Et… Que plus jamais tu ne laisses personne d’autre écouter. »

Je mords mes lèvres, retenant un rire, nerveux ou névrosé.

« Ça fait de moi un gosse, non ? Être jaloux de ton psy. »
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