BELLUM PATRONUM


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Ludovic Descremps
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par Ludovic Descremps, Mer 19 Juin - 23:51 (#)


 
► Appartement de Linda Oswin
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
Posée gracieusement sur le rebord d'une fenêtre, Ephire contemplait le vide flou devant elle. Son regard perçant, presque aveugle dans la lumière du jour, devinait à peine le contour des murs et des maisons tout en scrutant intensément les nuages. L'éclat blanchâtre, laiteux, cotonneux, qui nimbait l'azur semblait à ses prunelles profondes une carte précise des vents et du monde. Elle tournait la tête, écoutait, scrutait l'horizon de toute ses plumes, ouïe à l'affut. Elle l'entendait, la pulsation, le battement d'aile, l'écho d'un cœur semblable au sien qui fonçait droit dans leur direction. L'oiseau gonfla ses plumes, dressant la queue et rentrant la tête alors qu'elle tournait nerveusement sur ses pattes, ses serres fines et longues cliquetant sur le rebord. Elle n'aimait pas cela, elle n'aimait pas du tout cela. C'était un intrus, un inconnu, pas du tout le rythme régulier et familier de Drogon, son compagnon, ou le battement plus chaotique de ses jeunes et précieux oisillons. Non, là, il s'agissait d'un vol lourd et pesant, bien trop distinct pour être le fruit du hasard ou s'apparenter à l'égarement d'un pigeon. C'était un hibou, un gros hibou qui fonçait droit sur eux.

Ephire poussa un perçant cri d'alerte, tordant le cou pour tenter de deviner la silhouette de l'intrus sans parvenir à la trouver parmi les nuages. Sa queue duveteuse s'agitait de plus en plus, ses serres clapotant sur le bord du mur. Elle s'apprêta à claquer sauvagement son bec contre la vitre, lorsqu'un contact soudain et doux lui effleura les plumes.

L'oiseau tourna à peine la tête une seconde, juste assez pour reconnaitre la main râpeuse de son maitre qui lui caressait le sommet du crâne. Elle se détendit un peu, en apparence, les sens toujours aux aguets. Ses plumes retrouvèrent leur place, lisses et soyeuses, ses ailes se relâchèrent à ses côtés, elle se surprit même à tendre le cou pour profiter un peu plus de ces tendresses. L'homme était là, derrière elle, occupée à griffonner elle ne savait trop quoi derrière un bureau. Elle entendait ses pinceaux et ses plumes grincer sur le parchemin et ses soupirs régulier lorsqu'il se penchait encore sur les lettres sans cesses relues qu'elle lui avait fait parvenir de la part de sa mère. Elle ne faisait plus que cela ces derniers temps. Aller et venir de Paris à Londres et de Londres à Paris, toujours porteuse de charges si nombreuses et lourdes qu'elle en aurait presque réalisé à quel point elle commençait à se faire vieille. Pourtant elle tenait bon, livrait en temps et en heure, s'amusait parfois à battre des records pour maintenir à bon niveau sa vigueur et, si elle regrettait parfois se trouver si loin de son cher et tendre maitre toujours trop souvent absent, cela ne la poussait qu'à voler plus vite encore pour le retrouver et, discrètement, le surveiller.

Ephire claqua du bec au moment même où l'importun inconnu cognait le sien contre une des vitres du salon. D'abord quatre fois, distinctement, quelques secondes d'attente, puis il recommença en cognant quatre nouvelles. Ephire claqua d'autant plus du bec, ébrouant ses plumes. Derrière le bureau, Ludovic soupira, attrapant à deux mains l'épaisse serpillère de poils qui lui servait de chat et, actuellement, de couverture. Mina protesta à demi, encore trop assoupie de sa sieste délicieuse sur les jambes du maigrichon assez grand pour être à sa taille. Elle miaula plaintivement, peina un instant à se rappeler comment fonctionnaient ses pattes et où était son ventre par rapport au sol et s'ébroua furtivement pour retourner à son petit panier posé au coin du bureau improvisé, s'emparant aussitôt d'une de ses peluches pour la mâchouiller. Ludovic n'y prêta pas grande attention, se dirigeant déjà vers le salon non sans être étiré copieusement au passage. Il s'était installé provisoirement dans le bureau de Linda pour gérer avec un peu plus de confort la masse toujours croissantes de prospectus de mariages que lui envoyait sa mère. Elle avait dut écumer toutes les boutiques de Paris et de France pour trouver autant de paperasse à lui envoyer. Non, pas même de France, puisque certaines annonces concernant les robes et les gâteaux provenaient de Norvège, Suède, Asie, Autriche et de tout autre pays civilisé capable d'envoyer un magazine de préparation de mariage en recommandé. A croire qu'elle s'était trouvé un nouveau hobbie.

Prenant la peine d'ouvrir la porte, l'échevelé bailla, se grattant la tête alors qu'il se rendait vers le salon. Il avait quelque peu perdu la notion du temps, ne sachant plus depuis combien d'heures maintenant il s'usait les yeux sur toutes ces publicités. Il savait juste vaguement que l'heure du déjeuner était passé d'une heure ou deux et qu'il n'avait encore rien mangé. Non pas que les catalogues sans fin de dessous-de-verre ou de serviettes aient eut quelque chose de si passionnant qu'ils vous en faisaient perdre l'appétit, mais, l'ennuis aidant, il s'était mis à gribouiller quelques esquisses et aquarelles avec les palettes neuves que Jon avait eut la bonne idée de lui offrir en guise de, je cite : "cadeau d'anniversaire tardif ou en avance, ou cadeau de mariage en avance, ou cadeau de noël en retard… ou en avance… enfin c'est toi qui vois quoi !" Une excellente idée à n'en pas douter qui avait fait bien plus plaisir à l'échevelé que tout ce qu'il aurait pu espérer, mais qui avait encore assez peu servi entre les obligations administratives liées à sa sortie de Sainte Mangouste et le quotidien plutôt mouvementé de sa fiancée. Elle avait veillé soigneusement à l'emmener partout avec elle, à toutes les sorties possibles et inimaginables qu'elle avait pu trouver au point de lui avoir refait prendre plusieurs volumes de mollets en quelques semaines et il trouvait encore le moyen de ne pas se passer d'elle dans ses longues journées de compagnie animale en s'occupant tantôt du mariage et tantôt du courrier de Madame. Décidément, si on lui avait dit qu'être fiancer pouvait être un tel travail à plein temps...

- J'arrive, lança machinalement l'échevelé à l'oiseau empressé qui continuait à toquer à la fenêtre pour qu'il vienne chercher le courrier. J'arrive…

Il ne prit pas la peine de refermer le bureau derrière lui, n'entendant pas le moins du monde le bruit d'aile silencieux qui se glissa dans le salon à sa suite.

Ephire planta ses griffes dans le bois solide d'une étagère, ramenant ses ailes angéliques derrière elle sans pour autant les fermer. Elle se tordit le cou, ses pupilles étriquées détaillant le nouveau venu vers lequel son maitre se dirigeait. C'était un hibou grand duc, massif, brun et à l'air idiot. Tendue comme un ressort, elle épia les gestes de son maitre, attendant le moment propice pour agir. Tout à fait ramassée sur le sommet de son étagère, elle calma son souffle, veillant à disparaitre le long des bibelots et des livres pour ne pas se faire voir de l'inconnu qui tendait le cou vers Ludovic et bondit.

Toutes plumes lissées, la chouette effraie se laissa tomber de toute sa hauteur dans un vol muet sortant les serres au dernier moment pour abattre ses griffes sur la tête du grand duc. Elle avait profité de la silhouette de l'échevelé pour cacher sa présence à l'intrus, accomplissant ainsi une attaque parfaitement discrète, attendant d'avoir saisit le hibou à la nuque pour pousser un puissant hululement courroucé et plonger son bec tranchant droit vers l'œil argenté du messager.

Ludovic sursauta, surpris par la masse de plume qui venait pratiquement de foncer sur lui. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que ce n'était pas lui que la chouette avait visé mais bien le hibou et son courrier. Quelques secondes plus que suffisante pour laisser le temps à l'agressé de se débattre et de s'écrouler de tout son poids dans le salon. L'échevelé recula, craignant d'écraser la pauvre bête de ses pieds alors que ni lui ni la chouette effraie devenue hystérique n'avaient l'air de se préoccuper de lui. Au lieu de ça, le hibou, ensanglanté, avait fait lâcher prise à Ephire, reculant à bonne distance pour se mettre à l'abri. L'assaillante quand à elle, s'était laissé tombé sur le sol avec grâce et douceur, gonflant les plumes et arquant les ailes dans une posture plus qu'intimidante.

- Ephire ! Qu'est-ce qui te prend ! rugit l'échevelé lorsque la surprise fut passée.

La demoiselle ne l'écouta pas, sautillant sur le plancher pour se propulser sur le canapé, bien décidée à ne pas laisser le malheureux hibou prend l'avantage de la hauteur. Elle ne prépara pas même son nouveau bond pour lui retomber dessus à la seconde où il fit mine de s'envoler, plantant son bec dans son cou sans aucune forme de pitié.

- Oh ! Ephire ! gronda encore le français en se précipitant pour séparer les deux volatiles. Arrête bon sang !

Il plongea les mains sur sa chouette sans réfléchir, parvenant à lui immobiliser les ailes une seconde avant qu'elle ne parvienne à se dégager pour s'abattre une nouvelle fois sur le grand duc déjà bien ensanglanté.

- Ephire ! Merde, pesta le sorcier, comprenant bien qu'il ne servait à rien de crier.

Quel était le mot déjà ? Il fouilla dans sa mémoire, s'activant à toute allure alors que les deux oiseaux étaient en train de se battre sauvagement sur son plancher. Il assista encore quelques instant, impuissant, au massacre en règle auquel s'appliquait sa chouette, arrachant des plumes brunes et grises par poignées, avant de parvenir à remettre le doigt sur le mot allemand qu'il cherchait et qu'il cria à pleins poumons.

Aussitôt, obéissante, Ephire arrêta le combat. Relâchant le grand duc qui s'envola à tir d'aile sans demander son reste, éclaboussant les murs de quelques éclats vermeilles et jonchant le sol de nouvelles plumes.

- Non mais qu'est-ce qui te prends cervelle d'autruche ?! gronda l'échevelé aussitôt. ça va pas d'attaquer les hiboux comme ça ?!

Ephire lui répondit par un cri réprobateur, tournant tout juste la tête vers lui comme pour l'accuser de l'avoir interrompue avant de tourner à nouveau la tête vers la fenêtre.

- Hey ! Tu m'écoute le poulet à la broche ?!

Non, elle ne l'écoutait pas. Elle se retourna plutôt pour voler dans sa direction dans un ululement ravi, cherchant visiblement à venir se blottir contre lui.

- Oh là non sac à plumes ! rétorqua l'échevelé en attrapant la chouette au vol pour aller la jeter par la fenêtre. Tu peux rêver pour un câlin ! Toi tu restes dehors maintenant ! ça va t'apprendre à te calmer !

Il referma la fenêtre derrière le volatile sans hésitation, ne vérifiant même pas qu'elle était parvenu à s'envoler, mais s'en retournant plutôt à son bureau en ignorant les ululements plaintifs et les coups de becs qui tapèrent aussitôt au carreau.

- C'est ça, c'est ça… grogna le français en ramassant le courrier éparpillé par terre et partiellement déchiré, plains-toi va, j't'entends pas.

Il s'appliqua à reformer un tant soit peut les lettres, tant pour se calmer que pour tenter de réparer les dégâts. Arrêtant soudain son geste en saisissant les noms qui étaient écrit sur l'une d'entre elle.

"A Mr. Ludovic Descremps, […] adjointe de Poudlard."
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Linda Oswin
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Message Re: We were together
par Linda Oswin, Jeu 20 Juin - 23:17 (#)


   
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Et voilà.
Son premier mandat touchait officiellement à sa fin.
L'ancien premier ministre était de l'histoire ancienne à présent, et elle, ainsi que tout le gouvernement, se rapprochait peu à peu de leur fin.
Linda finit un nouveau carton, lâchant un souffle satisfait alors qu'elle le refermait sur une masse impressionnante de livres et de papiers marginés. Quoi qu'il se passerait, elle devait être prête, et voilà plusieurs jours que chacunes de ses journées se partageaient entre ses travaux habituels et le rangement de son bureau qu'elle devrait sans doutes léguer par la suite. Oh, certes, il n'y avait encore rien qui confirmait qu'elle devrait quitter ces vieilles pierres et ce sol gelé, mais en voyant le nom d'Heba Murr apparaitre partout dans les tabloïds et retentir à la radio comme la nouvelle devise et fierté du ministère, Linda savait qu'elle n'allait probablement recevoir de nouvelle très joyeuse ces prochains jours.
Elle n'avait connu Murr que brièvement, par quelques rencontres et quelques ouïs dire, elle ne doutait point qu'il ne fallait pas espérer être connue de cette grande femme alors même qu'il n'y avait que quelques années encore, elle n'était qu'une Auror parmis les autres. Ni proche du FLM, ni vraiment de ses membres, sans doutes allait-elle s'entourer d'un personnel bien plus fiable qu'elle ne l'avait jamais été. Un soldat sang pur sans parti.;. Elle esquissa un rictus, doucement amusée : pas étonnant qu'on ne lui donne pas assez de crédit. Qui rêverait d'un tel chien fou lorsqu'on ne le connait pas ?
Le précédent ministre, lui, avait au moins pris le temps de la connaître, et quand bien même Linda n'avait pas toujours approuvé toutes ses décisions et particulièrement concernant la gestion des récentes crises de pestes magique, elle devait reconnaître avoir apprécié la relative liberté dont elle avait bénéficié dans la gestion de ses hommes et avec l'étranger. Elle avait put faire de son mieux, et, en soi même, elle espérait aussi avoir fait avancer les choses d'une manière ou d'une autre. Désormais, il n'y avait plus qu'à espérer que son successeur saurait, lui aussi, faire sa part des choses.

Posant ses poings sur les hanches, Linda sourit doucement, nullement inquiète ou attristée à vrai dire mais plutôt reconnaissante d'avoir put atteindre ce poste et d'avoir fait son possible pour oeuvrer à ce en quoi elle croyait. Bon, évidemment, elle aurait apprécié que cela ne dure plus longtemps, mais tant pis. Et puis, qui sait ? Peut-être que sur un malentendu, une lettre pleine de surprise lui parviendrait sous peu !
Lâchant un souffle amusé, Linda inspira profondément avant de se diriger vers sa chaise pour récupérer son manteau qu'elle enfila par dessus le costume qu'elle portait ce jour là, se saisissant de sa baguette pour faire rétrécir les derniers cartons de ce qui était son bureau et les ranger dans un seul et unique contenant qu'elle prit avant de quitter la pièce. Contrairement à ses habitudes, elle ne put emprunter la cheminée de son bureau qu'elle avait déconnecté de son appartement en raison du contexte, et c'est donc par transplanage qu'elle parvint devant sa porte d'entrée.

- C'est moi ! fit Linda en raffermissant sa prise sur son carton. Si tu pouvais m'ouvrir, j'ai les mains occupées...

La porte s'ouvrit soudainement comme poussée par un brusque courant d'air, ne claquant même pas mais invitant plutôt la jeune femme à rentrer d'une bien étrange manière.

- Merci !

La sorcière pénétra à l'intérieur, laissant la porte se refermer seule en glissant avec fluidité dans ses gonds.

- Chaton ! Ludo ! Je suis rentrée, je dépose mes cartons et j'arrive !

S'exécutant sans plus attendre, Oswin déchaussa ses chaussures et conduisit son paquet dans son bureau, l'empilant sur ceux qui l'attendaient déjà gentiment dans un coin mais qu'elle n'avait pas eu le temps de ranger encore. Ludovic lui empruntait son bureau et tant mieux ! Il y en avait des choses à faire avec ce... Avec ce mariage à préparer, d'autant plus lorsqu'Isabelle Descremps était pleinement engagée dans cette mission !
Jetant un coup d'oeil aux nouveaux prospectus qui tronaient sur le plan de travail, la brune esquissa un sourire amusé en imaginant son échevelé essayer de trouver une quelconque différence entre ces dizaines de napperons pastels. Ah ! Quel délice ! Quelle chance elle avait que ce ne soit pas elle !

- On devrait vraiment aller voir ta mère pour convenir de toutes ces... Choses une fois pour toutes, ça évitera d’essouffler Ephire à longueur de temps !

Ne s'attardant pas plus sur ceci, elle reprit sa route jusqu'au salon mais l'absence de réponse de son partenaire ne manqua pas de se faire remarquer de l'Auror. Dormait-il ? Une vraie marmotte celui là... Et dire que c'était elle, l'ourse du couple.
Dans tous les cas, s'il dormait, mieux valait ne pas plus le déranger que cela. Oswin prit donc le temps de retirer son manteau et de rapidement ordonner ses affaires avant de rejoindre l'espace de vie, et, pour le coup, ce qu'elle y vit ne manqua pas de lui couper le souffle. Sans compter les plumes réparties dans tout le salon de manière parfaitement chaotique comme si on avait éventré sans pitié un pauvre oreiller innocent, quelques traces rouges décoraient désormais l'espace autrefois clair et distingué -bien que plus ou moins rangé- de l'appartement. Bouche bée, elle coula un regard circulaire sur l'ensemble du salon jusqu'à croiser son fiancé dans un état tout à fait... Etonnant.

- Ludovic ? Qu'est-ce qu'il... Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
   

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Linda Oswin
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Ludovic Descremps
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Message Re: We were together
par Ludovic Descremps, Sam 22 Juin - 21:37 (#)


 
► Appartement de Linda Oswin
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
Assis à la table du salon, une tasse de café froid aux deux tiers vides à côté de lui, Ludovic observait le jour tomber par delà les toits de Londres. Les teintes célestes mordorées, oranges, pourpres, bleues, grises et blanches se mélangeaient en lignes confuses à l'horizon dans un de ces crépuscules chargés de splendeurs auxquels succédaient toujours la pluie. Pour l'heure, c'était dans les puits noirs cerclés d'ambre que le ciel se perdait, ses yeux se gorgeant de lumières avec une avidité toujours plus constante lorsque la visibilité commençait à baisser. Lascivement, par habitude, il porta la tasse à ses lèvres, grimaçant en sentant le goût insipide de la liqueur qui lui envahit la bouche. Il recracha et écarta le jus de chaussette aussi loin de lui que possible, chassant le mauvais goût de sa bouche en faisant danser sa langue sur ses dents. Derrière la vitre de la fenêtre, la chouette n'avait pas bougé de l'endroit où elle s'était posé pour tambouriner sur le verre une bonne heure durant. La tête désormais tournée vers l'horizon, tout comme son maitre, elle aurait semblé un morceau inerte du paysage si ses plumes n'avaient tantôt été agitées par le vent. Elle boudait, mais elle n'avait pas bougé.

Ludovic laissa tomber ses doigts sur la lettre ouverte à ses côtés, tapotant le parchemin de ses ongles. Il ne savait quoi en penser. Depuis plusieurs heures maintenant qu'il avait lu ce courrier, l'avait tourné en boucle dans sa tête pour tenter d'y trouver un sens ou un piège caché, il n'arrivait plus à savoir quoi en penser, au sens propre, non figuré. Il avait la tête vide désormais, l'esprit distrait par la lumière, par la beauté du paysage, par la prouesse incroyable qu'accomplissaient chaque jour ses yeux à regarder l'horizon par delà le monde lui-même pour s'emplir des éclats volés aux étoiles. Cela lui prenait parfois, lorsqu'il était seul, soucieux, que Linda n'était pas là et que la lumière baissait, il se sentait alors l'âme soudaine d'un tournesol et guettait parfois jusqu'à la nuit tombée les derniers éclats du soleil. Il n'en parlait jamais à personne, mais cela devait se sentir parfois, qu'il ne regardait plus vraiment comme avant ; à la fois plus intensément et pourtant beaucoup plus loin qu'il n'avait jamais été. Comme si ces centaines de prisons closes, bravées et forcées l'une après l'autre, avaient fini par ouvrir toutes leurs portes pour ne lui laisser plus que celle qu'il s'était forgé lui-même, que l'on se forgeait tous soi-même, celle qui vous faisait sentir étranger dans les lieux familiers, celle qui vous faisait rêver de parcourir le ciel, celle qui vous donnait conscience de l'étroitesse des formes humaines. C'était beau, c'était tout ce qu'il voyait.

Lorsque la nuit tombait et que les derniers éclats de soleil disparaissaient, c'était un autre spectacle de sons et lumières qui apparaissait. Le tumulte lumineux des pensées, des voisins aux fenêtres allumées. Alors que la noirceur du ciel se faisait, sur Terre apparaissaient les étoiles, ces milliards d'âme. Combien peuplaient ce monde ? Combien en avait-il déjà percées ? Combien en avaient-ils vu sans les voir ? Combien encore dans toute une vie ? Combien avant sa mort ? Avant la rupture de la prison finale ? Ludovic sursauta, entendant des coups frappés à la porte avec une certaine précipitation. Il chassa ces songes contemplatifs de son esprit, souriant de son propre égarement sans queue ni tête. C'était beau, m'aurait-il dit, pas la peine de raconter.

- J'arrive, lança-t-il vaguement, portant une nouvelle fois la tasse à café vide à sa bouche.

Mauvais réflexe, nouvelle grimace. Cette fois-ci il sentit presque son estomac lui remonter dans la gorge. Il recracha le tout à nouveau dans la porcelaine, portant le mug dans la cuisine pour aller le vider dans l'évier. Un petit coup de nettoyage sous le robinet et les dernières traces de son petit "méfait" eurent tôt fait de disparaitre dans l'évier. Il ne se précipita pas davantage pour aller ouvrir la porte d'entrée, l'ayant depuis longtemps entendu claquer, accompagnée du salut de sa fiancée alors qu'il avalait un peu d'eau pour chasser les effluves de café froid de sa langue et de son visage. Il lui restait quelques restes en terme d'acuité auditive, il reconnaissait le pas de l'Auror sur le parquet, pouvait la suivre. Ludovic sourit, l'Auror… S'essuyant les mains et le menton, l'échevelé s'apprêtait à retourner dans le salon lorsque la voix de sa compagne le prit de vitesse, le retrouvant dans la cuisine avant même qu'il n'ait pu se retourner. Quelque peu alerté par le ton de sa voix, il se dépêcha de la rejoindre, le chiffon de la cuisine encore à la main, redécouvrant avec elle le spectacle des plumes éparpillées et du sang éclaboussé. Ah oui, c'est vrai, il avait oublié.

- Oh, ne t'inquiète pas ce n'est rien. C'est juste… Ephire qui a voulu faire du hachis avec le hibou postal de ce matin, expliqua-t-il, ne cherchant pas vraiment à cacher sa distraction. Je n'ai pas pensé à ranger,/color] poursuivit-il, finissant de s'essuyer le visage en rejoignant la table. Le hibou va bien hein, si jamais tu te demande, le courrier aussi, même s'il est peut-être un peu abimé, fit-il, ramassant sa lettre ouverte. Et j'ai déjà punis Ephire. Je ne sais pas ce qui lui a pris… Elle est devenu comme folle. Tu as du courrier, d'ailleurs, fit-il, disparaissant un petit instant dans la cuisine pour y ranger le torchon, essayant d'écrabouiller la lettre dans sa main.

Il prit peut-être plus de temps que d'habitude à ranger le torchon à sa place, mais ne parut pas plus bizarre que cela. Ses doigts s'attardant quelques temps à retirer des peluches de poussière du tissu alors qu'il restait toujours aussi distrait, sentant à peine les gargouillis plaintifs de son estomac qui n'avait mangé rien d'autre que du café et quelques biscuits depuis le matin.

- J'ai euh… commença-t-il, s'interrompant aussitôt pour marmonner quelques mots dans sa barbe. Comment je pourrais dire ça ? il inspira à fond s'écartant enfin de son torchon pour s'en retourner vers Linda. J'ai… hasarda-t-il un moment. J'ai… recommencé à dessiner un peu aujourd'hui. Enfin, ça fait quelques jours déjà, mais un petit peu plus longtemps cette fois. C'est juste quelques gribouillages, railla-t-il presque aussitôt, mais je me suis dis que… enfin que Jon aurait sans doute envie d'avoir ses illustrations un jour ou l'autre, alors j'ai fait quelques études pour les histoires qu'il m'a donné. Je te montrerais.

Il adressa un sourire à la jeune femme, se décidant enfin à la regarder, non sans cesser de chercher les bons mots.

- Et… hum… Comment s'est passée ta journée ?
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Message Re: We were together
par Linda Oswin, Sam 22 Juin - 22:53 (#)


   
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La réponse de son fiancé ne manqua pas de faire esquisser à l'Auror un sourire quelque peu incrédule en apprenant que c'était la chouette de ce dernier qui avait causé ce joyeux capharnaüm. Eh bien ! C'est qu'elle en avait de la ressource !

- C'est Ephire qui a mit le salon dans un tel état ? répéta-t-elle doucement, encore doucement surprise. Rappelle moi de ne pas la mettre en colère, elle a l'air encore plus hargneuse que la Porte. Je n'aurais vraiment pas aimé être à la place du hiboux !


Riant doucement de l'énergie du volatile, Linda se saisit tranquillement de sa baguette et entreprit de ranger le salon tandis que son partenaire s'en retournait dans la cuisine après l'avoir prévenue du courrier qu'elle avait reçu. Elle ne mit pas longtemps avant de terminer sa tâche de manière suffisante à son goût, rejoignant dés lors l'autre dans la salle d'à côté en rangeant sa baguette avec tout autant de tranquillité qu'elle n'en avait eu à la sortir.
S'appuyant contre la table, elle suivit Ludovic du regard avec un léger sourire en coin qui, loin d'être moqueur, était plutôt paisible et simplement content. Revenir ainsi chez elle était un plaisir qu'elle ne cachait pas, particulièrement lorsqu'il se trouvait que la journée s'était déroulée sans mission échouée, décès ou accident parfaitement inattendu pour lequel elle n'aurait rien pu faire. Bah quoi ? C'est pas comme si durant ses quatre années d'activité en tant que Chef des Aurors elle n'en n'avait pas vu de toutes les couleurs ! C'était amusant en fin de compte comment ce calme qu'elle appréciait tant en ce moment même était pourtant le même qui lui avait pesé sur la conscience quelques années plus tôt, amusant de voir à quel point quelques détails peuvent redonner goût à certaines choses qui ont perdu toute saveur. Ce n'était rien peut-être, imparfait et il y aurait sans doutes milles choses à redire à sa situation, mais c'était suffisant. Enfin, l'heure n'était pas aux réflexions métaphysiques, et Ludovic reprit la parole, avec grande hésitation lui parut-il, révélant avec presque difficulté qu'il était parvenu à dessiner un peu plus sérieusement ce jour là.
Il faut bien dire qu'au vu de toutes les manières que l'ancien Serdaigle avait fait avant d'en arriver à cette affirmation, Linda s'était attendu à quelque chose un peu plus... Etonnant, mais cette information lui parut tout aussi convenable et affirma un peu plus le sourire tranquille qu'elle portait sur ses lèvres, tout simplement contente pour son futur mari, ni plus, ni moins.

- J'en serais ravie. lui répondit-elle à son tour chaudement. Et je suis persuadée que notre vieil énergumène de Jon le sera tout autant. A la seconde même où tu vas lui dire ça, attends toi à te faire noyer sous une farandole de notes de papier !

Elle sourit un peu plus, amusée, se relevant un instant pour se servir un verre d'eau avant de revenir sur son appui pour éplucher les différents courriers qui l'attendaient sur la table.

- Plutôt bien. Oh, tu sais, maintenant qu'Halloween est passé il y a un peu de temps devant nous avant qu'on doive s'inquiéter pour les fêtes de fin d'année ! Elle déposa à ses côtés une facture, découvrant une enveloppe à l'écriture qui commençait à devenir familière. Tiens, l'habituelle revue quotidienne de ta mère, tu ne l'as pas ouverte ? Quelle surprise. le taquina-t-elle en levant un regard pétillant vers le brun avant de déposer à nouveau l'enveloppe à côté d'elle. Et puis, c'est officiellement mon dernier jour en tant que chef des Aurors ! Enfin, jusqu'à preuve du contraire évidemment, je vais encore occuper les fonctions officieusement le temps que mon successeur entre en fonction lui aussi, mais je t'avoue que... Elle lâcha un bref rire muet, se surprenant elle même pour être tout à fait honnête. Ca me fait plus de bien que je ne l'aurais escompté. Demain, fit-elle en lisant l'expéditeur du nouveau courrier qu'elle observait, c'est en tant qu'Auror tout ce qu'il y a de plus normale que je me rendrais au travail !

Elle jeta un dernier regard chaleureux à Ludovic avant de revenir sur son propre courrier, fronçant doucement les sourcils en reconnaissant le cachet officiel du ministère et le nom de la toute nouvellement élue premier ministre.

- C'est drôle, fit-elle doucement, c'est une lettre de...

Ne terminant pas sa phrase, songeant déjà à ce que le courrier pouvait bien contenir alors que, d'après les bruits de couloir au ministère, elle savait déjà qui prendrait sa place à la tête des Aurors. Etrange...

- Et toi alors ? reprit-elle en retrouvant un peu de légèreté et son lumineux sourire, ouvrant mécaniquement l'enveloppe sans plus s'en occuper. Ca va ? Tu as l'air préoccupé par quelque chose. Et puis, j'ai même pas eu droit à mon bisou de bonsoir ! J'en connais certaines qui feraient un drame pour moins que ça tss ! conclut-elle en secouant doucement la tête, faussement déçue et cherchant surtout à détendre un peu son partenaire qui semblait tout sauf avec elle.


   

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Message Re: We were together
par Ludovic Descremps, Dim 23 Juin - 0:26 (#)


 
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Ludovic esquissa un sourire à l'idée des retours enthousiastes de Jon. A coup sûr, connaissant son vieil ami, il lui aurait montré un bonhomme bâton gribouillé sur une serviette de restaurant que l'ancien Poufsouffle aurait trouver cela extraordinaire - le qualifiant peut-être d'incroyable révolution d'art moderne - et aurait été bien en peine de se montrer plus exigent envers la qualité du dessin. Lui, peut-être, mais son éditeur… l'échevelé y comptait moins. Il voulait faire bonne impression, du moins, assez pour que son travail ne soit pas rejeté sans autre forme de procès. C'était la première fois qu'il envisageait ne serait-ce que l'infime possibilité de montrer ses dessins et ses… bon, disons-le, ses œuvres à quelqu'un d'autre que ses proches, il y avait de quoi être quelque peu intimidé. Il connaissait la réputation créative des Serdaigles, mais ce n'était pas quelque chose qu'il avait particulièrement expérimenté au cour de sa vie, il craignait, naturellement, de ne pas être à la hauteur.

Linda le savait, mais elle n'insista pas sur le sujet, se rappelant plutôt de la fin d'année qui semblait pratiquement une corvée pour elle. Personnellement, il ne comprenait pas où elle voulait en venir. C'était agréable bien sûr de ne pas devoir constamment passer d'une fête à une autre, mais la fin d'année n'en restait pas moins, pour lui, le combo parfait entre son anniversaire et Noël. Il s'en réjouissait plutôt. D'autant plus que cette année serait la première depuis un bon moment où il pourrait réellement passer ces moments avec ses amis et ses proches. Toute la famille les attendait d'ailleurs, lui et Linda, pour le prochain Réveillon. Il ne lui avait pas dit encore, mais ils n'y couperaient pas, il faudrait bien célébrer un minimum les fiançailles et officialiser le mariage auprès de la vaste et palpitante tribus des Descremps. Enfin il ne s'inquiétait pas. Du moins avant que Linda commence à lui rappeler les lettres quotidiennes de sa mère, le faisant aussitôt se redresser en poussant un petit sifflement quasi allergique. Ce qui ne manqua pas de lui valoir d'autres taquineries de la part de sa compagne.

- J'aimerais t'y voir toi, si tu devais passer tes journées à plonger le nez dans les parfums de dragées et les sculptures sur glace.

S'il entendait encore une fois parler de lilas ou de saveur rose printanière il allait vraiment finir par repeindre la maison en noir. Il n'eut pourtant pas le temps d'en dire davantage, l'Auror revenant sur cette lubie indécrottable qui la taraudait depuis plusieurs semaines et qui ne manqua pas de lui tirer un soupir. Elle s'inquiétait pour rien, ce n'était pas faute de lui dire. Il savait ce qu'elle valait à son poste, il la voyait bucher tous les soirs sur des dossiers sans fin et sans humour, traquer mangemort mangemort, sauver orphelin sur orphelin… il avait même une belle collection de cicatrices pour prouver à quel point elle savait se défendre avec une baguette. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle ne conserve pas sa place. Du moins, si ce nouveau gouvernement dont elle lui parlait tout le temps ne voyait pas les choses comme ça, il ne vaudrait surement pas la peine que ni lui ni elle ne restent encore sur cet îlot pluvieux peuplé d'aveugles. Elle restait persuadée pourtant qu'elle ne ferait pas long feu à son bureau, parlant déjà de diriger le monde en douce. Ludovic leva les yeux au ciel. Cela arrivait très, très rarement, mais il avait parfois l'impression qu'il allait épouser son père.

- Cesse de t'inquiéter comme ça, rétorqua-t-il, je te l'ai déjà dis, ils sont stupides s'ils ne veulent plus de toi comme chef du bureau. En tous cas si c'était le cas ce serait sans doute plus à cause de ton illustre sauvetage d'un mangemort diaboliquement sexy qu'à cause d'une erreur de ta part, fit-il, tout sourire. Tout va bien se passer, assura-t-il, posant une tendre bise sur la tempe de sa compagne. Tu veux que je te dise, ça ne tiendrais qu'à moi je te donnerais même une promotion, vu tout le temps que tu perds sur tes dossier au lieu de t'amuser avec moi.

Encore que, passer ses journées à trier des brochures, regarder par la fenêtre et attendre que quelqu'un vienne ou que quelque chose se passe ne devait pas avoir grand chose de réjouissant. Il adressa un doux sourire à l'Auror, baissant les lieux sur la lettre qui paraissait la préoccuper un peu. Il ne connaissait pas bien les expéditeurs, mais il savait reconnaitre un tampon officiel quand il en voyait un, surtout celui du ministère qu'il avait vite appris à mettre de côté pour trier les plis urgents des messages de sa mère.

- Ah bah tiens, je te pari ce que tu veux que c'est une promotion. Ou alors ils se sont enfin décidés à te dire merci pour avoir remplacé la machine à café.

Laissant là la conversation, l'échevelé poursuivit son léger rangement de la cuisine, faisant disparaitre la tasse dans une étagère sans avoir pris la peine de l'essuyer. Il venait tout juste de refermer le placard que l'Auror attira de nouveau son attention, le faisant se figer un très bref instant dans son geste. Préoccupé, en effet, avant qu'il ne sourit un peu plus à la petite plainte amusée.

- Si c'est une technique pour m'en extorquer un autre ou même des intérêt, je te préviens il va falloir négocier, rétorqua-t-il, se tournant tout juste vers la jeune femme, son coup d'œil ne tardant pas à s'enfuir vers le mur.

Ouvrant lentement la paume, soucieux, l'échevelé hésita encore un instant avant de se décider à déplier le papier.

- J'ai… reçu, fit-il, tendant une seconde le parchemin à Linda sans pour autant oser le lui donner. Une… lettre de Poudlard. C'est… enfin, ils me proposent un rendez-vous pour m'offrir un poste. Ils ne précisent pas lequel c'est juste… "professeur". Je pourrais tout aussi bien postuler pour enseigner la botanique que le crochet je ne sais pas, j'avoue que je n'y ai pas réfléchi. C'est… poursuivit-il, souriant un peu, mais davantage par nervosité. Imprévu je dois dire. Je croyais… qu'après ce qui s'est passé… Dumbledore et les autres ne voudraient plus jamais entendre parler de moi, sans même parler des parents d'élèves. Ce n'est pas vraiment une bonne pub qu'un… enfin… que "quelqu'un comme moi" fasse cour dans la très grande école anglaise, rappela-t-il, roulant les mots comme il roulait les r.

Il en resta là quelques secondes, ne doutant pas que la nouvelle ferait sans doute plus plaisir à l'Auror qu'elle ne lui en avait fait lorsqu'il avait ouvert l'enveloppe.

- Je vais accepter je pense, reprit-il sans trop tarder. C'est… ce sera compliqué, mais c'est la meilleure opportunité que j'ai eut ces dernières années. Je pense… que je vais retourner vivre là-bas, dans le château, précisa-t-il encore, ne sachant pas trop comment simplifier les choses, à l'année.
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Message Re: We were together
par Linda Oswin, Dim 23 Juin - 11:23 (#)


   
We were together
Ludovic Descremps x Linda Oswin


   



Ce qu'il fallait bien admettre, c'était que même si c'était Linda qui avait cherché à détendre un peu l'atmosphère pesante qui emplissait la pièce avant son arrivée, Ludovic avait un certain don pour ce qui était de lui arracher des sourires alors même qu'elle ne s'y attendait pas. Au moins, le point positif, c'était qu'elle avait réussi à lui délier la langue, c'était déjà ça !
Sincèrement amusée par ce que l'homme lui affirma comme une évidence, et surtout tout ce qu'il y avait autour, elle ne put se retenir de sourire plus franchement lorsqu'il évoqua un certain sauvetage d'un mystérieux et apparemment très charmant mangemort qui se peinait bien trop seul sans "distraction"...

- Oui, c'est vrai, et pour cela je plaide coupable... fit-elle sur un ton bien plus mielleux, le regard pétillant tandis que l'homme s'éloignait après sa rapide bise.

Ses arguments se tenaient, et elle comprenait bien pourquoi il pensait cela, mais la politique... C'était toujours des histoires bien plus compliquées qu'une question d'efficacité. Elle n'avait que peu de liens avec le nouveau parti du ministère, elle devait sans doutes en avoir même plus avec le Phoenix et d'autant plus avec les Gardiens ! Et en écoutant les noms qui tournaient pour le nouveau ministre de la Justice Magique, elle se doutait bien qu'il y avait peu de chances qu'elle ne se fasse nommer à nouveau à sa place, d'autres étaient bien plus... Fervents de leurs idéaux qu'elle ne l'était.
Par contre, Ludovic se trompait sur le fait qu'elle ne s'inquiète : à vrai dire, cela la soulageait d'un poids qu'elle ignorait porter ! Cela la surprenait elle même, certes, et bien qu'inhabituel, ce n'était pas déplaisant.

Puis, elle avait commencé à éplucher son courrier, finissant rapidement par tomber sur l'étrange enveloppe au cachet du ministère qui lui valut un froncement de sourcils non dissimulés. Bien que loin d'être refroidie par si peu, elle ne manqua pas de foudroyer l'ébouriffé du regard en lâchant un "Tsss ! " faussement outré par delà son sourire lorsque son futur époux laissa entendre qu'elle avait justement la preuve entre les mains que tout ce qu'il lui répétait depuis des jours était bel et bien avéré. Non mais eh, de quoi je me mêle !

- Je te promets que si tu as lu mon courrier, je te tire les oreilles ! Futur mari ou pas, ça change rien ! menaça-t-elle avec bien peu de résultat pour être franc.

Elle avait alors entreprit d'ouvrir le fameux cachet, non sans en profiter pour retourner la question à son interlocuteur et, surtout, essayer de savoir ce qui paraissait le préoccuper autant. Si ce dernier ne put s'empêcher d'une nouvelle petite taquinerie qui atteint sa cible, il ne tarda pas non plus après un bref silence à révéler la raison de sa préoccupation. Sur le bout des lèvres, comme s'il hésitait encore, et pourtant, quelle nouvelle !
S'interrompant sans même s'en rendre compte dans sa tâche, Linda, aussi étonnée que ravie d'apprendre cette nouvelle, se retrouva bouche bée l'ombre d'un sourire aux lèvres qui s'affirma peu à peu jusqu'à ce qu'elle n'affiche qu'une expression très sincèrement touchée pour son compagnon.

- Ludo c'est...

Mais elle n'eut pas le temps de finir que l'homme reprenait la parole, rajoutant quelques mots qui, à défaut de ternir son sourire, ne manquèrent pas de faire vaciller la lueur dans le regard de l'Auror.
Oswin resta un instant muettte, immobile, avant de déposer la lettre qu'elle avait ouverte à moitié en baissant la tête, son sourire ayant désormais presque disparu, et pourtant ! Elle paraissait loin d'être dépitée ou même blessée.
Elle réfléchit.
Elle déglutit, se passant une main sur les yeux avant qu'elle ne finisse sa course sur sa bouche, ses yeux plongés dans le vide en observant quelque chose qu'elle était la seule à pouvoir voir. Et elle sourit, d'un sourire certes un peu triste, mais qui avait le mérite d'exister.
C'était une opportunité fantastique, surtout pour Ludovic ! Elle l'avait vu enseigner, et, encore aujourd'hui, elle n'était pas sûre de l'avoir jamais revu aussi passionné et transporté qu'il ne l'avait été alors sur ces planches, dans ces couloirs et devant ces enfants. Et puis, au final, elle avait toujours su. Depuis ce jour où elle avait rencontré... Elle n'était même pas certaine que ça n'avait pas été un rêve étrange ! Mais en voyant ces souvenirs qu'Hesper, ou du moins ce qu'il en restait, lui avait montré, elle avait compris que Ludovic n'était pas de ceux qui pouvaient se satisfaire de ça.
Elle se frotta doucement la nuque -une mauvaise manie sans doutes adoptée de Ludovic-, quelque peu nerveuse. Ca allait être difficile, elle le sentait déjà ! Mais... C'était la bonne chose à faire. Et puis, ils pourraient toujours se voir, en soit, ça ne changeait pas énormément de ce qu'ils avaient partagé quelques années plus tôt en 76, la seule qui avait changé, c'était elle.
Alors elle le pouvait encore.
Linda lâcha donc un léger rire, plus sonore pourtant celui-ci, se moquant d'elle même en soi, avant de se lever, affichant à présent un sourire plus vrai bien qu'un peu fragile et un regard plus heureux :

- D'accord. Elle lui prit les mains. C'est fantastique qu'ils t'aient proposé de revenir, tu ne peux pas laisser passer ça. Et puis, je t'ai vu, fit-elle, les yeux légèrement plus pétillants, je ne t'ai jamais aussi senti à ta place que là bas. Elle prit une profonde inspiration, baissa la tête un instant avant de la redresser, tâchant de contrôler à la fois la sincère joie qu'elle éprouvait pour son fiancé qui pouvait enfin recommencer à vivre et le léger mais présent pincement au coeur que cela lui provoquait. C'est là bas que tu dois être. Elle marqua un nouveau temps, ses yeux noisettes brillants plongés sans pudeur dans ceux de l'autre. Et puis, tu reviendras de temps en temps ! Il y a intérêt, sinon crois moi que Dumbledore entendra parler de moi ! Mage le plus puissant de Grande-Bretagne ou non, personne m'empêchera de voir mon mari, surtout pas après dix ans à lui courir après !

Et sur cette dernière pique, elle lâcha un nouveau rire en baissant la tête, serrant un peu plus les mains de l'homme entre les siennes sans pourtant jamais se départir ni de son sourire, ni de sa sincère joie pour son futur époux.
Tout irait bien. Ils allaient recommencer à vivre, et le cauchemar de ces dernières années serait définitivement derrière eux.


   

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Message Re: We were together
par Ludovic Descremps, Lun 24 Juin - 0:31 (#)


 
► Appartement de Linda Oswin
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
Inspirant à fond, l'échevelé bloqua bien vite sa respiration, attendant, non sans une profonde anxiété familière, la réaction de sa compagne. Il pouvait la lire dans ses yeux, mais ce n'était jamais comme l'entendre de sa bouche. Tout s'activait parfois si vite dans l'esprit de la brune que ce qu'il voyait un instant pouvait sortir d'une façon toute autre lorsqu'elle se décidait enfin à rompre le silence de sa réflexion. Il la connaissait, depuis le temps, cette expression de confusion intérieure qui habitait la brune dès qu'il prenait une décision qui n'allait pas lui plaire, mais c'était plus fort que lui, à chaque fois, c'était presque pire que la première fois, l'angoisse, l'attente, l'impression, non, la certitude de faire une grosse erreur qu'il allait regretter dans la minute, même s'il l'avait faite avec les meilleures intentions du monde. Les prunelles du legilimen dansaient d'une pupille à l'autre de l'Auror, y cherchant la parole qui manquait, il n'avait qu'à attendre, juste attendre et se taire.

- Je sais que c'est… enfin, commença-t-il hélas, brutal dis comme ça, mais j'y ai réfléchis durant tout l'après-midi. C'est… enfin, ça m'a parut, ça me parait, la bonne décision. Ce serait un moyen de…

Ludovic se tut soudain, laissant tomber là ses maigres excuses et les justifications tout à fait rationnelles qu'il s'était inventé tout au long de la journée. Il l'avait promis, il y avait bien des décennies de cela, il n'allait pas mentir.

- J'en ai envie. C'est comme si… je sens que j'en ai besoin. C'est pratiquement la première chose à laquelle j'ai pensé en lisant ça. J'ai repensé… au château, au parc, à mon bureau, ma salle de classe, aux montagnes, aux tours… à tout et c'est venu à moi comme ça cette… envie. Juste… cette envie de partir. J'ai envie de partir. Je t'aime, je t'adore, assura-t-il, prenant en douceur les mains de l'Auror dans les siennes, de tout mon être, de tout mon corps, mais j'ai envie… j'ai besoin de repartir. J'ai besoin de ne pas savoir ce qui m'attend demain, de marcher dans l'inconnu, de nouveautés... Je t'aime, ça n'a rien à voir avec toi, je t'aime tu sais, je t'aime tellement que tous les "je t'aime" du monde seront toujours trop peu pour te dire à quel point je t'aime, mais ça c'est comme… respirer pour moi. J'en ai besoin. Au moins pour quelques mois. Ici tu sais c'est... poursuivit-il, cherchant ses mots avec soin. Je sens que ce n'est pas vraiment chez moi. C'est chez toi, partout, depuis la porte jusqu'au bureau, au lit, aux toilettes… je sais qu'on s'était dit, même sans vraiment le dire, que ça passerait, qu'on s'y ferait, mais ça ne passe pas. Je n'ai rien à moi chez toi, c'est… ton espace, ça restera toujours ton espace, aussi longtemps qu'on restera là et j'ai envie, j'ai besoin, de retrouver un espace à moi, de reconstruire quelque chose de mon côté pour pouvoir mieux, vraiment, être avec toi.

L'échevelé se tut à nouveau, encore quelques secondes, cherchant ses mots, ce qu'il aurait pu ajouter à cela sans réellement trouver. C'était ainsi, on ne se refaisait pas.

- J'y ai réfléchi tout l'après-midi, je te le promets. J'ai pesé le pour et le contre, j'ai repensé à tout l'amour que j'éprouve pour toi, à nos projets, mais c'est… plus fort que moi, j'ai vraiment envie de m'en aller. Pas pour partir, pas pour te quitter, mais pour… partir ? Pour être seul, d'une autre façon. C'est peut-être égoïste, mais pour moi ça ne changera rien de ce que j'éprouve pour toi, ça ne changera rien du tout à ce qu'on voulait faire, mais j'ai besoin de temps, de distance. Tout s'est tellement précipité ces derniers temps que je ne sais plus où j'en suis, je passe mes journées à compiler des prospectus de mariage et je n'arrive même pas vraiment à réaliser que nous sommes enfin fiancés, remarqua-t-il, riant amèrement à la situation. C'est comme si… c'était moi qui avait perdu la mémoire, et qui était resté coincé dans le passé. J'ai besoin de temps, reprit-il, plus calmement. Pour rattraper celui que j'ai perdu. J'ai besoin de prendre l'air, de me rappeler, de me souvenir, d'oublier. Quand je suis parti tu sais… la dernière fois où on s'est vu avant que tout… s'envenime comme ça. La toute dernière fois où j'ai pu te regarder vraiment dans les yeux, j'ai ressenti le parfait inverse. Je n'avais qu'une envie, c'était de rester avec toi, de rester là où tu étais et de tout faire avec toi. Je sais que ce sentiment est toujours là au fond de moi, que c'est aussi en partie pour ça que je sais à quel point je t'aime. Mais je ne peux pas… t'aimer comme je le voudrais si je ne suis pas vraiment moi-même. Cette opportunité, c'est plus qu'un travail, c'est l'opportunité d'un nouveau départ et je ne veux pas faire de faux départ. Je veux y aller pleinement, comme avant. Quand je n'avais peur de rien et que je ne tenais à rien. Parfois je me demande… si je serais encore capable de te protéger si quelque chose arrivait. Si je serais encore capable de me défendre ou de lutter contre quelque chose maintenant que j'ai cette… crainte de tout perdre. Tout était si facile avant en duel, quand je n'avais peur de rien, pas même de la mort, maintenant j'ai même peur de tenir une baguette au risque de retourner en prison. Je ne veux pas être vulnérable si quelque chose se passe. Je ne veux pas que tu sois la seule à pouvoir nous protéger ou la seule à devoir prendre toutes les responsabilités. Si on a des enfants, je veux être capable de les protéger, de leur apprendre ce que c'est que le monde, je veux être à la hauteur, pas juste… un écho.

La voix du français se perdit dans le silence, ses mains si serrées sur celles de l'Auror qu'il en avait la peau froide, presque glacée.

- Je veux être capable de mon mieux pour toi, pour eux. Et je crois… et je pense… que si pour ça je dois me montrer un peu égoïste, alors je prends le risque. Ce n'est pas toi que je fuis, c'est cette… léthargie, fit-il en adressant un bref coup de tête vers l'appartement. Toi, je ne pourrais jamais être loin de toi.[/color]

L'échevelé se tut enfin, une toute dernière fois, s'appliquant à conserver sa langue au repos pour laisser tout loisir à la jeune femme d'y réfléchir. Elle ne tarda pas à lui donner sa réponse d'ailleurs, à moins qu'il ait tant meublé le vide qu'il n'ait pas remarqué qu'elle ne l'écoutait déjà plus. Acceptant, bon grès mal grès, le legilimen le savait. Il savait que c'était difficile à accepter pour elle, qu'elle ne faisait pas cela par plaisir ou même par confiance absolue. Il ne voulait pas qu'elle se sacrifie encore une fois, il voulait qu'elle soit d'accord, qu'ils soient d'accord, mais il n'insista pas. Un accord, c'était tout ce qu'il voulait en soit. Peiné d'avoir peiné son amante, le brun esquissa un sourire plus sincère lorsque cette dernière le menaça de venir botter les bottes du directeur barbu. Comme si elle avait seulement besoin de menaces pour pouvoir lui faire promettre ça.

- Je te verrais tous les jours, dès que je le pourrais, assurât-il. Tellement que tu en auras marre de moi !

Il laissa filer un rire léger, imitant celui de l'Auror sans le remarquer, avant de tirer la jeune femme à lui pour la serrer dans ses bras, le cœur battant, non pas la chamade, mais d'un rythme profond et sûr, très simplement aimant.

- Je t'aime plus que la lumière, fit-il dans un murmure.
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Message Re: We were together
par Linda Oswin, Lun 24 Juin - 2:43 (#)


   
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Ludovic Descremps x Linda Oswin


   



Pour autant qu'il lui avait semblé que sa réflexion était courte, sans même s'en rendre compte au départ, Ludovic en avait profité pour reprendre la parole malgré le fait que sa compagne était tout à fait ailleurs au début de ses justifications. Perdue dans sa propre réflexion, Linda Oswin n'entendit donc pas son fiancé commencer à balbutier, bien incertain lui même de ce qu'il pouvait trouver à dire pour la convaincre sans doutes, elle n'entendit pas sa peur et pourtant elle la sentit, elle n'entendit pas son appel, et pourtant...
Son esprit, malgré les apparences, resta clair, calme. On était bien loin des tempêtes qui avaient pour habitude de gronder dans son crâne il y a quelques années de cela, l'emplissant de colère contre le monde et qui voulait bien l'entendre. Peut-être, se disait-elle parfois, avait-elle finalement épuisé chaque once de colère qu'elle avait en elle pour le restant de ses jours ? La jeune fille hargneuse qu'elle avait été n'était plus depuis longtemps, et ce fut donc en parfaite conscience et avec un calme presque parfait que Linda Oswin prit sa décision, légèrement et avec très simplement emplie de chaleur, de bonheur et de cette ombre qui mettrait un temps à s'en aller.

Elle aurait sans doutes pu s'en arrêter là, ou plutôt, reprendre là, mais c'est en redressant la tête qu'elle constata enfin que son fiancé... se trouvait dans une situation délicate. Il paraissait... presque terrifié de laisser échapper ces mots qui passaient ses lèvres, et pourtant il continuait, comme poussé par cette exaltation intérieure, cette force qui l'avait toujours poussé à se dépasser, à aller plus loin que l'horizon dont chacun se contentait pourtant, à aller plus loin que les étoiles et que les mystères qu'on n'osait lui révéler.
"Je t'aime, je t'adore, de tout mon être, de tout mon corps, mais j'ai envie… j'ai besoin de repartir. "
Alors Linda sourit tendrement, refermant la bouche alors que son cœur se serrait de le voir si tiraillé entre ce besoin qu'il avait et sa volonté louable de ne pas l'abandonner, quelle qu'en soit la manière. Personne ne devrait avoir à faire ces choix là.
Cela faisait longtemps maintenant qu'elle se doutait que Ludovic ne se sentait pas à sa place. Peut-être, c'est vrai, qu'au départ elle y avait cru, avec l'ivresse des retrouvailles et le retour de ses souvenirs, mais au fil du temps les indices s'étaient accumulés à tel point qu'elle ne pouvait plus les ignorer : Hesper, son ennui, son malêtre, leur voyage surprise sur cette île dont elle ne revenait toujours pas... Tout n'avait été qu'une question de temps, et aujourd'hui, il était justement temps de faire la part des choses.

Il marqua un temps, faisant lever les yeux désolés de la brune vers lui alors qu'il ne la regardait même plus. L'Auror s'apprêtait à prendre la parole quand l'ancien Serdaigle reprit, avec plus de panique peut-être, d’innombrables justifications. Il avait peur, et Linda en avait le ventre noué rien qu'à la vue de ce spectacle.

- Ludo... tenta-t-elle bassement sans trouver la force de l'interrompre plus fermement. Ludo écoute, je...

Peine perdue.
La brune baissa les yeux sur leurs mains jointes, en libérant doucement une pour entourer celles de l'homme qui, semblait-il, avait bien plus besoin de support qu'elle n'en avait elle même besoin. Prendre le temps de rattraper le temps perdu... La brune esquissa un sourire un peu triste mais véritable, fermant doucement les yeux en se laissant aller contre l'homme. Il y avait parfois des soutiens qui ne valaient pas de mot.
Elle ne tenta donc rien de plus, pas un mot, pas une interruption, écoutant simplement d'une oreille attentive les confessions de son compagnon un sourire paisible et touché aux lèvres. Elle sentit son coeur se gonfler, ses yeux lui piquer, et pourtant, son esprit toujours calme trouvait là comme... Une évidence qui lui allait droit au coeur.
Oh Ludovic... Son Ludovic. Elle le reconnaissait là parfaitement. Vaillant, courageux, et pourtant, avec un si grand coeur... Ca en devenait indécent !
Souriant un peu plus, doucement amusée, l'homme conclut peu à peu en laissant à nouveau le silence se réinstaller permettant enfin à sa compagne de lui répondre en toute simplicité ce qu'elle avait sur le coeur. Elle ne s'était pas pressée, profitant une seconde du silence et du bruit, de ces mots qu'ils venait de lui confier comme un trésor et qui laissaient alors place à ... eux.

- D'accord. avait-elle alors dit, hésitant à s'arrêter là avant d'enchainer finalement pour compléter quelque peu ses propos, sans jamais ouvrir les yeux ou même s'éloigner de l'homme.

Pour profiter encore un peu, dans le calme et la tranquillité.
"Je t'aime plus que la lumière"...
La brune sentit les bras de l'autre s'enrouler autour de ses épaules, la tirant à lui alors qu'elle n'opposait aucune résistance bien au contraire, mais ces mots... Elle rouvrit à peine les yeux, plus peinée peut-être alors que son coeur se gonflait une nouvelle fois. De culpabilité peut-être cette fois ? De compassion ? Elle même ne le savait pas vraiment.
Combien d'enfers avait-il traversé pour en arriver là ? Combien de fois avait-il renoncer à la "lumière", à sa vie, pour être à ses côtés ? Et aujourd'hui, il craignait même de choisir cette dernière si c'était renoncer à vivre auprès de la française...
"Plus", que la lumière...
Elle inspira profondément, fermant les yeux à nouveau pour se lover un peu plus contre l'homme pendant quelques instants encore. Elle ne dit rien, ne fit rien, prenant simplement plaisir à sentir cette chaleur entre eux, celle qui se diffusait en elle et semblait tout simplement la transporter ailleurs. Puis, doucement, elle leva une main qui s'en alla lentement chercher celle de son amant sans jamais rouvrir les paupières. Doucement, elle frôla sa peau avant de soulever la main, l'amenant au niveau de leurs visages avant d'étendre ses doigts contre ceux de l'homme, jouant quelque peu de caresses avant de les croiser sans pour autant baisser la main. Et elle resta là, à nouveau, quelques secondes silencieuse avant d'enfin briser le silence :

- Jamais, je n'ai aimé qui que ce soit comme je t'aime aujourd'hui. souffla-t-elle avec lenteur détachant presque chaque syllabe tandis qu'elle caressait du pouce la main de son fiancé. J'aurais pu, peut-être, peut-être pour des milliers de raison, mais j'en vois au moins tout autant pourquoi je n'aurais jamais pu trouver quelque chose comme... là. Un temps. Je me suis toujours sentie... En confiance, en sécurité quand tu étais là. Ludovic Descremps, dépassant toujours ses propres limites et toutes les espérances... Elle sourit, redressant lentement la tête pour observer l'homme. Tu n'as jamais failli à ta réputation.

Ah... Que les mots étaient difficiles ! Quel agacement. Elle n'avait jamais eu autant de lettres et d'esprit que Ludovic de toute sa vie, et c'était bien lui qui le faisait valoir entre eux deux, lui, qui lui prouvait si bien toute la ferveur qui pouvait l'animer et toute la tendresse qu'il avait envers elle...
Comment être à la hauteur alors quand son grand romantique de futur époux vous déclarait monts et merveilles d'une langue à vous laisser bouche bée ?
Elle sourit à nouveau, laissant échapper un bref souffle amusé de sa propre difficulté avant de reprendre :

- Je ne suis pas legilimen, mais je te connais. J'ai confiance en toi plus que je n'aurais jamais cru pouvoir le faire, je donnerai ma vie pour toi s'il le falait, et tu as toujours été quelqu'un... Elle leva la seconde main vers la joue de l'homme, celle qu'elle tenait croisée s'abaissant peu à peu sans qu'elle ne s'en rende compte, bien plus absorbée par l'observation du regard de l'homme avec une douceur rare. D'incroyable. Elle caressa du pouce la faussette du brun, lui écartant une mèche de cheveux qui lui collait au front pour la repousser derrière ses oreilles. Je sais que tu tiens à moi, je n'ai pas l'ombre d'un doute dessus, tu n'as pas et tu ne dois jamais te sentir le besoin de le justifier. J'ai confiance en toi. Elle sourit. Mais tu dois continuer d'aller vers la lumière. Une fleur ne peut s'épanouir pleinement sans le moindre rayon de soleil, qu'importe ce qui la nourrit jour après jour, pas vrai ? Je sais qui tu es, ce que tu vaux, et je sais que je t'aime et que c'est fort heureusement réciproque -ou du moins, je l'espère très très très sincètement et tu n'as pas intérêt à me prouver le contraire !-. Et ça me suffit. Mais pour rester celui que tu es là, au fond, celui avec qui je me sens en sécurité et que je sais que je peux suivre au bout du monde les yeux fermés, tu ne peux pas rester ici, pas comme ça, pas juste pour moi.

Elle laissa retomber sa main, un sourire calme et bienveillant étirant ses lèvres et une lueur tout aussi chaleureuse au fond de ses prunelles noisettes, elle noua cette fois sa deuxième main autour de celle de Ludovic.

- Alors lis en moi, Monsieur le Professeur, fais le, et ose me dire que je ne le pense pas quand je dis : là bas est ta place, et je suis heureuse que tu puisses enfin retrouver ta lumière. Elle marqua un temps, un discret sourire en coin légèrement plus espiègle colorant son visage alors qu'elle laissa à l'autre le temps de vérifier ses dires. Je t'aime, tu n'as pas à t'en faire pour moi. Je suis plus solide que j'en ai l'air !

Et sur cette dernière phrase, ce fut comme une lueur de défi qui brilla dans les yeux de l'Auror. Après tout, ils avaient bien affronté des défis bien plus grand que ça, alors qu'est-ce qu'était au final quelques mois séparés l'un de l'autre quand on a combattu les Mangemorts des années durant, recherches sur recherches, message sur message, des bêtes fantastiques sorties tout droit de l'imaginaire d'un auteur pas très net, des vampires, et une mère un peu trop enthousiaste à l'idée d'un mariage prochain ? Pas grand chose au final.
Alors pourquoi s'en faire !

   

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Ludovic Descremps
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Message Re: We were together
par Ludovic Descremps, Lun 8 Juil - 3:45 (#)


 
► Appartement de Linda Oswin
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Débutons par l'évidence. Il était bien sûr évident que l'échevelé avait été très touché par les intenses promesses d'amour que sa compagne venait de débuter. Il aurait été bien exigent si cela ne l'avait pas touché. En vérité, il suffisait même à la jeune femme de lui adresser cet adorable regard de femme amoureuse amusée par ses singeries et ses taquineries pour faire fondre son cœur encore une fois. C'était comme un super pouvoir que la jeune femme n'aurait même pas sut posséder. Il lui suffisait de sourire et l'échevelé se retrouvait soudain possédé de cette envie irrépressible de faire absolument tout ce qu'elle désirait, a.bso.lu.ment tout. Cela, c'était l'évidence.

Ce qui l'était moins, c'était, apparemment, l'intelligibilité de son dernier petit compliment. Il avait dis cela sans autre arrière pensée que celle de toucher agréablement sa compagne. Il avait dit cela très simplement, uniquement ravi de son petit effet de style, mais il s'avéra que la brune interpréta les choses très différemment, comme une promesse désespérée de tout quitter pour elle. Certes, comme je viens juste de le dire, il en aurait probablement été capable pour un sourire, mais il y avait des choses qui duraient plus longtemps qu'un sourire et pour lesquelles il n'avait pas besoin de demander d'autorisations. Il n'allait pas renoncer à sa vie pour ses beaux yeux non plus, enfin, pas dans ce sens là. Il savait bien, de toute façon, que c'était une mauvaise idée qui ne pouvait que mal finir et il avait beaucoup grandit depuis la fois où il avait découvert ça. Il n'était plus un jeune homme de vingt ans, loin de là, le dévouement amoureux avait trouvé sa structure raisonnable sans que la brune ait besoin de le lui dire. Aussi se contenta-t-il de sourire, de plus en plus amusé par ce quiproquo dans lequel sa compagne s'enfonçait. Bon, il n'y avait pas à dire, c'était beau, c'était touchant, mais tellement à côté de la plaque qu'il ne pouvait qu'en rire et il se demanda bien une fois ou deux comment la jeune femme avait pu poursuivre son joli discours rempli de promesses et de dévouement avec autant de sérieux malgré la tête de plus en plus hilare que lui adressait son futur époux.

- Ah Madame Descremps, rétorqua-t-il lorsque la jeune femme eut fini, saisissant cette dernière par la taille dans une étreinte plus légère. Votre beauté et vos charmes n'ont d'égal que votre charmante naïveté.

Il adressa un sourire charmeur et taquin à sa fiancée, sentant sans mal qu'il devait avoir dans les yeux une de ces expressions d'amour fort et neuf qui lui arrivaient plus souvent qu'il ne le croyait et moins qu'il le voulait quand sa compagne lui parlait.

- Je sais très bien que tu es forte, s'expliqua-t-il après quelques secondes. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Et je te l'ai dis, j'y ai longtemps réfléchi, je ne pense pas que quoi que ce soit aurait pu me faire changer d'avis. Je sais… hésita-t-il une seconde, moi aussi, ce qui arrive quand je ne fais pas… comment dire cela ? Ce que ma nature attend de moi. Une façon bien trop poétique pour parler de ce qui s'était passé il y avait, à ce qui semblait, une éternité, mais soit. Et je ne veux pas que ça se reproduise, plus jamais. Surtout pas avec toi. Ne serait-ce que pour ça, j'aurais tenu bon si tu m'avais dis que tu ne voulais pas que je parte. Parce que je ne veux pas te mettre en danger et que je sais que je peux devenir… imprévisible et incontrôlable quand les gens ne veulent pas que je parte. Je ne veux pas que ça se reproduise.

Et si l'Auror avait sut lire dans ses pensées à ce moment là, elle y aurait vu le souvenir intacte et toujours persistant de cette femme tant aimée morte par sa faute sur le plancher, suffisant pour tout justifier, même un refus difficile à un si beau sourire.

- Quand j'ai dis que je t'aimais plus que la lumière tête de chouette, expliqua-t-il encore, c'était un compliment. C'était pour dire que je t'aimais plus que tout ce que j'ai pu voir depuis que je revois comme avant. Tu comprends ? insista-t-il, prenant l'air faussement soucieux que la jeune femme ne comprenne vraiment pas. C'était une analogie, a.na.lo.gie. il détacha bien les syllabes du mot qui devait être un peu compliqué pour sa compagne lui aussi, parce que tu es Auror tu vois, comme l'aurore, le truc qui apparait quand le soleil se lève et qu'il fait jour, ooouuuuh, fit-il, agitant les doigts en l'air pour mimer la montée du soleil en émettant cet étrange bruit d'admiration plus adapté à un enfant. Il fait nuit et puis soudain il fait jour et on appel ça l'au.ro.re comme les Au.ro.r. Et comme il fait jour et que le jour c'est dut au soleil qui fait de la lu.mi.ère et bien c'est comme si j'avais dis que je t'aime plus que le jour, insista-t-il, s'amusant de plus en plus à prendre sa petite amie pour une idiote. Sauf que la lumière tu vois c'est plus général donc c'est un peu plus sympa et original et qu'en tant que petit ami parfait j'adapte mes compliments à la qualité de la personne que j'aime, tu vois ? Mais j'ai compris ne t'inquiète pas, reprit-il l'air sérieux comme un opérateur radio qui vient de recevoir un signal de détresse, je ferais des compliments moins élaborés la prochaine fois, assura-t-il, parlant avec distinction comme si elle était sourde. TU ES JOLIE ET JE T'AIME !
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Message Re: We were together
par Linda Oswin, Mar 23 Juil - 1:27 (#)


   
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Ludovic Descremps x Linda Oswin


   



Le jeu avait toujours été... Une idée centrale entre Ludovic Descremps et Linda Oswin. Le jeu, la complicité, les taquineries, les répliques cinglantes... Comme si c'était à celui qui parviendrait à rebondir le plus longtemps que reviendrait le point de ce tour-ci. A force de se tourner autour comme dans un mauvais jeu bien trop long du chat et de la souris, ils en étaient même parvenus à convenir de règles parfaitement implicites que, pourtant, ils se gardaient de transgresser. Il n'y avait qu'à voir ce petit "équilibre des points" auquel ils s'étaient longuement adonnés en comptant les baisers que l'un devait à l'autre et vice-versa. A combien en étaient-ils aujourd'hui ? Tous d'eux avaient perdu le compte, quoi que Ludovic devait sans doutes pouvoir s'y retrouver bien plus aisément que Linda au final. Enfin, à un détail près...
Quoi qu'il en fut, cette dynamique avait entretenu entre les deux amoureux une certaine malice que Linda se plaisait à entretenir il fallait bien le dire, mais il y avait bien de ces fois où le sourire que Ludovic lui tirait par une pique bien placée n'avait d'égal que ses envies de vengeances... Bien créatives.
Elle ? Naïve ? Et puis quoi encore !

- Excuse moi ? rétorqua la brune, surprise, riant presque de la délicieuse impertinence de son conjoint tant son sourire était grand. C'est dommage, la phrase commençait si bien pourtant ! Naïve... Mais bien sûr ! Elle s'en amusa un instant. Eh bien, sachez mon cher époux, que de votre côté, votre esprit et votre bravoure n'ont d'égal que votre insolence ! Je vais te montrer, moi, cette naïveté qui égale mes charmes...

Fort heureusement, il ne lui en laissa pas l'occasion quand bien même elle était alors d'humeur de lui prouver dés maintenant ses tords d'une manière qui, d'ailleurs, n'aurait très certainement pas tout à fait déplut au français. Pour le plus grand bonheur donc de tous, pour vous et moi qui cherchons le noeud de ce texte, mais aussi pour la porte qui n'en pouvait plus de ces mièvreries sans fin, Ludovic reprit la parole, s'appliquant à chasser les craintes du coeur de sa fiancée, au grand dam de la cheminée qui, elle, adorait les sentir si emportés dans leurs émotions... Tant pis. Ce serait pour une prochaine fois.
La sorcière redevint alors attentive, l'esprit toujours occupé par cette énergie ennivrante. Son regard se calma peu à peu, s'adoucissant par la même occasion alors que l'homme lui confiait ses craintes qu'il savait vraies. Il en avait conscience alors. Bien.
Touchée par ses attentions, l'Auror ne rajouta pourtant rien, simplement satisfaite de trouver là une oreille qui comprenait à où elle voulait en venir et qui s'accordait avec elle. Ca avait quelque chose de fascinant tout de même, une sorte de sorcellerie d'une toute autre sorte... Pouvoir discuter sérieusement, et s'accorder sans prise de tête. Est-ce que cela voulait-il dire qu'ils étaient finalement devenus matures ?

Amusée par sa propre pensée, elle inspira profondément, son sourire aux lèvres s'amenuisant un instant alors qu'elle se rappelait ce qu'elle avait lu juste avant de commencer cette conversation... Ah, oui. C'est vrai, il y avait cela encore.
Grinçant des dents, ce fut Ludovic qui, à nouveau, su rattraper son attention avec un ton... Tout à fait inédit il faut bien le dire, et qui fit lever les yeux au ciel à la trentenaire.

- Ludooo... fit-elle sur un ton bon enfant.

Mais il continua. Pire ! Il insista même, en venant à l'infantiiser d'une manière tout à fait ridicule, sous le regard mi-désabusé mi-amusé de sa conjointe.

- C'est bon ? Tu as fini ton cirque ? Elle sourit, levant alors la main pour saisir le lobe de l'oreille du legilimen, profitant de toute sa petitesse pour tirer sans effort ce dernier à elle qui, parfaitement calme, reprit sur un ton presque fier : J'avais compris bébête ! Et toi aussi, d'ailleurs, nan mais oh ! Gâcher ce moment de la sorte... Quel toupet ! Elle relâcha sa victime, un rictus aux lèvres, avant de donner une petite pichenette sur le bout du nez du nouvellement professeur et de terminer avec plus de douceur : J'adore tes surnoms, alors ne t'avise pas de les changer. Et puis, Auror, c'est tellement plus joli que... Je ne sais pas, au hasard, directrice de département ! Ce serait un peu long et pas vraiment pratique je trouve.

Elle lâcha un léger rire, quelque peu gêné elle devait bien l'avouer, mais avant tout sincère. C'est vrai que c'était différent, très différent... Et elle ne savait pas si elle était prête à cela.
Oswin ne reprit pas la parole tout de suite, se détachant légèrement de l'homme pour retourner à la table où elle avait laissé la lettre, la relisant distaitement en attendant puis écoutant la réaction du français à sa dernière remarque pas si désintéressée que ça. Lui qui a-do-rait la politique... Un plaisir !
L'Animagus revint donc vers lui, l'écoutant toujours, cette fois sa lettre pliée entre ses doigts -ou peu s'en faut vu son état-, et, lorsqu'il eut terminé, elle baissa le regard, prit une profonde inspiration, et alors :

- Ce serait bizarre non ? Moi, directrice... Enfin, pas tant que ça j'imagine puisque... J'ai aussi reçu une lettre. Elle marqua un temps, la tendant à son fiancé sans même le ou la regarder, résumant bien vite son contenu : Murr veut que je prenne le poste de Directrice du département de la Justice Magique. Son ventre se serra rien que de prononcer ce titre, mais elle s'empressa d'ajouter : Je pense accepter, du coup...

Enfin, peut-être.
Si Ludovic partait, elle n'avait plus grande raison de chercher à passer plus de temps en dehors du travail. Elle se retrouverait en soi, et à bien des égards, dans la même situation que quelques années plus tôt, avec comme seul objectif mener à bien son travail.
Alors, elle lâcha un souffle amusé, un petit sourire en coin retrouvant sa place sur ses lèvres alors qu'elle souffla, sans bien savoir si elle devait en rire ou en pleurer :

- J'en connais un qui serait particulièrement heureux d'apprendre cela...!

Et, à tous les coups, ce géant de l'exagone ne tarderait pas à se manifester alors...

   

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Message Re: We were together
par Ludovic Descremps, Jeu 25 Juil - 23:47 (#)


 
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Loin de l'intimider, la réplique outrée de sa compagne ne fit que sincèrement amuser le jeune fiancé. Ce dernier laissa échapper un de ces petits gloussements rocailleux qu'il soupçonnait en partie d'avoir été à l'origine de son surnom de "chaton". Rien de bien glorieux en somme, mais suffisamment agaçant sans doute pour faire perdre davantage de crédibilité à la jeune femme qu'à celui qui venait de rigoler et qui renchérissait déjà pour enfoncer le clou un peu plus. Il jouait un petit jeu dangereux, il le savait, quand bien même il la connaissait depuis pratiquement dix ans déjà - Ciel ! Que cela le faisait se sentir vieux ! - il n'était jamais tout à fait certain des conséquences qu'auraient ses taquineries les plus "osées" sur l'Auror. Après tout, elle n'en restait pas moins capable de lui briser une côte ou une mâchoire d'un seul coup de poing bien ajusté, on en aurait à moins respecté le conseil visant à ne pas énerver l'ourse qui hiberne.

Cependant, cela aussi était en passe de devenir une vérité générale, tout le monde savait que Ludovic était aussi suicidaire que vivant et, quand l'occasion se présentait d'embarrasser sa compagne, elle aurait pu être une animagus dragon tout feu tout flamme qu'il n'aurait pas pu résister. Aussi s'appliqua-t-il à se moquer de tout son art, restant sur le fil aiguë du rasoir de la tendresse, sentant la jeune femme s'agacer de plus en plus sincèrement, l'avertir même en insistant sur son petit nom d'une façon tout à fait délectable qui ne lui donna que plus d'ardeur à la moquerie. Cela devenait tellement amusant ! A vrai dire, cela l'amusait tant qu'il se sentait tout disposer à poursuivre cette conversation dans une confrontation plus "étroite", se trouvant déjà à deux doigts d'embrasser la jeune femme, un sourire on ne peut plus satisfait et arrogant au visage, alors que cette dernière glissait délicatement la main à son visage.

Néanmoins, lorsque les deux doigts fins de la directrice s'emparèrent de son oreille, prenant là une fonction d'habitude réservée à ses propres pinces, Ludovic perdit toute fierté en une seconde à peine, son expression aussitôt remplacée par une grimace douloureuse et des yeux exorbités.

Oups, quelque peu dépassé la limite.

- Aïe ! Aïe ! Aïe ! répéta-t-il en supplique, bien incapable de dire mieux.

Soyons d'accord, la prise de l'Auror n'avait rien d'insupportable et, même sensible des oreilles comme il pouvait l'être cela ne lui faisait pas non plus trop mal, mais cela ne l'empêcha pas de se tordre légèrement vers le bas pour accompagner le geste de son amante et en diminuer les conséquences, se tortillant comme un poisson ou un petit garçon prit sur le fait d'une grosse bêtise - choisissez la comparaison la moins humiliante. Il ne tarda pas à faire les yeux doux à la jeune femme pour qu'elle le lâche. Linda ne semblait pas non plus vexée, plaisantant même encore d'une façon tout à fait charmante qui aurait sans doute fait fondre le cœur du français s'il n'avait pas été trop occupé à jouer les douillets. Elle le relâcha bientôt, heureusement, l'échevelé ne tarda pas à reculer la tête, se portant une main à l'oreille pour masser son pauvre petit lobe malmené avec un froncement de sourcils désapprobateur qui ne fit que s'accentuer lorsque la brune rajouta à son supplice en lui décochant une petite pichenette dans le nez qui eut tôt fait de chasser totalement son fiancé. C'est bon, il avait compris, cela ne le rendait pas moins grognon, mais elle avait gagné et il voulait bien le lui concéder.
Ludovic grommela un peu en son fort intérieur, ses sourcils toujours aussi mécontents avant qu'un certain aveu de la jeune femme ne les satisfasse, donnant aux cellules grises de leur propriétaire une dernière petite chance de remporter la victoire.

- Adorer mes surnoms… Tu ne disais pas ça la première fois où je t'ai appelé "Petit sucre", rétorqua le français de ce ton doucereux à mi-chemin entre la provocation et le sous-entendu. Winnie l'oursonne va, osa-t-il encore, fendant son air mécontent pour glisser plus tendrement son bras autour de la taille de l'Auror et l'embrasser avec légèreté entre les deux yeux.

Il n'avait peut-être pas réussi à lui dérober ses lèvres, mais cela restait une petite victoire quand même. Et puis, après tout, elle venait tout juste d'arriver, il aurait bien le temps de la titiller encore un peu d'ici la fin de la soirée.

L'échevelé ne prit pourtant pas le risque de s'attarder plus longtemps, s'écartant et, même, se désintéressant temporairement de sa fiancée dans l'idée de retourner au salon. Il prit seulement une seconde pour dérober une poignée d'amandes dans la réserve de son ourse l'écoutant d'une oreille distraite, ne s'arrêtant dans ses gestes et son départ qu'au moment où la jeune femme lui tendit une nouvelle lettre.

Ludovic la récupéra par automatisme avant même d'en être intrigué. Il n'avait pas tellement l'habitude de lire le courrier de l'Auror que cela soit parce qu'elle lui proposait ou parce qu'il fourrait le nez dans ses affaires, surtout lorsqu'il s'agissait de courriers officiels. Il n'avait de toute façon pas besoin de ce genre d'indiscrétion, étant en moyen de découvrir tout secret compromettant dont la jeune femme refusait même parfois de lui parler avec un seul baiser. Glissant une amande entre ses dents, le brun parcouru la lettre des yeux, apprenant son contenu par celle qui venait de la lui donner. Et quel contenu !

Ludovic tourna la tête, cherchant une seconde les yeux de la française, ayant encore du mal à sortir de sa distraction ou même à croire qu'elle ne lui faisait pas une blague.

- T'es sérieuse ? s'enquit-il, le plus naturellement du monde.

Il ne chercha même pas à connaitre la réponse, s'appliquant seulement à lire la lettre un peu plus attentivement, glissant une autre graine entre ses dents sans avoir terminé la première.

Alors que Linda poursuivait, l'échevelé ne l'écouta déjà plus, ses mains et son attention s'étant tout à fait figées devant le courrier. "Votre travail irréprochable a été remarqué et de ce fait, nous avons le plaisir de vous proposer le poste de Directrice du département de Justice Magique…" Ce ne pouvais pas être sérieux. Ludovic en était à sa troisième relecture du bref mot succin et sans appel sans pour autant encore parvenir à y croire. Directrice de la Justice Magique ? C'était au moins… un post de moitié de ministre ça non ?

Ludovic reposa les amandes sur la table, son expression ayant tout à fait perdue la légèreté de ses taquineries pour quelque chose de bien plus sérieux et préoccupé alors qu'il levait le papier plus près de son visage à deux mains, plissant les yeux pour examiner plus attentivement la signature qui accompagnait le mot. Heba Murr… c'était qui ça ? Il ne songea même pas à lire le titre qui accompagnait la griffe, se contentant de rabaisser la lettre, adressant un regard de profonde incompréhension à son amante en ouvrant la bouche une seconde, cherchant des mots qui ne voulaient pas sortir. Regard sur la lettre, regard sur l'Auror, silence articulatoire, regards… ses sourcils ne savaient plus où donner de la tête. Devait-il être… heureux de la nouvelle ? Il aurait dut sans doute. Lettre, Linda. Avait-elle dit oui ? Oui elle allait accepter ? Était-ce parce que lui même lui avait parlé de ses projets ? Lettre, Linda, articulation muette. Ludovic aplatit un peu plus la lettre entre ses doigts, son expression ne sachant absolument plus ce qu'elle devait faire avant que d'opter sur quelque chose… d'improbablement impressionné.

- Je suppose, fit-il après une éternité passée à articuler des mots muets dans le vide. Enfin tu… incompréhension, colère. C'est… incrédulité, surprise. Je croyais que tu… reproche, peur. Enfin, se reprit-il adoptant enfin une expression plus normale et réellement soucieuse, je croyais que tu étais… contente de ne plus être directrice, s'enquit-il, laissant encore filer un long temps d'égarement avant de parvenir à poursuivre. Je sais que c'est… ton rêve, ta vie, tu as toujours voulu avoir un poste de ce gabarit, mais tu avais l'air… presque contente de redevenir Auror. Raisonna-t-il à voix haute. C'est… non décidément son visage n'arrivait pas à rester impartiale C'est qui Murr ? C'est ta directrice actuelle ? poursuivit-il, parlant davantage pour lui-même que pour obtenir des réponses de la principale concernée. C'est peut-être un piège... songea-t-il. Non, ça ne peut pas être un piège ce serait bien trop… absurde, sans suite et puis, se reprit-il en regardant enfin et réellement l'Auror dans les yeux Je suis bien le premier à penser que tu mérite amplement ce genre de compliment, assura-t-il, mais c'est… ça c'est... il désigna le papier de la main, ne parvenant pas à le décrire plus que cela et continuant à l'interroger du regard comme s'il avait pu lui être d'une quelconque assistance. Je croyais que tu voulais redevenir Auror insista-t-il. Et puis mon père m'aurait dit si… marmonna-t-il encore, il est suffisamment au courant pour savoir ça…

Comme quelque peu inquiet de cette dernière réflexion, l'échevelé parcouru en vitesse les autres lettres du regard, les étalant sur la table. Pas de nouvelle de son père non, seulement la lettre habituelle de sa mère. Il ne pouvait pas être devin à ce point là tout de même. Il avait des contacts bien sûr, était toujours au courant à l'avance des changements d'humeur à la cour ou des changements de gouvernement, mais là, il s'agissait de l'Angleterre, il ne pouvait pas être au courant. Ludovic suspendit sa recherche, tirant plutôt une chaise pour s'y asseoir, plongeant sa tête dans le creux de sa paume en espérant que cette petite voix dans sa tête qui, d'habitude, lui servait à reconnaitre ce qui pouvait potentiellement être mortel pour lui ou non, se décide à lui prêter conseil sur toutes ces informations. Les consciences décidément, jamais là au bon moment.

- Je comprends pas… souffla-t-il entre ses dents, passant sa main sur son visage dans le même temps. C'est tellement soudain... se justifia-t-il auprès d'Oswin. Ils auraient pu te prévenir au moins.

N'était-ce pas justement ce qu'ils faisaient avec ce courrier ?

- Qu'est-ce qu'on est censé faire ? demanda-t-il enfin, tirant de la pile de courrier son propre parchemin en provenance de Poudlard, l'étalant à côté de la lettre de l'Auror… non, de la directrice de la Justice Magique, pour les désigner toutes les deux de sa main libre, l'autre soutenant sa tête qui ne savait plus comment réagir. Qu'est-ce qu'on est censé faire avec ça ?
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Message Re: We were together
par Linda Oswin, Dim 4 Aoû - 15:23 (#)


   
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Si l'Auror avait sorti cette lettre à contre-coeur, bien consciente du poids que ces quelques mots pouvaient avoir et ce qu'ils impliquaient pour eux deux, elle l'avait pourtant bien fait pour se rassurer plus que pour en informer son partenaire au départ. Directrice de la Justice Magique... C'était absurde, tellement soudain, et puis, bien au delà de ses tâches habituelles de chef des armées sorcières d'élite. Gérer des hommes et motiver des troupes sur le terrain n'avait rien à voir avec la gestion d'une nation entière en ce qui concernait un sujet aussi vaste que cela.
Alors oui, elle avait, par ce geste, avant tout cherché à se rassurer. Peut-être avait-elle espéré un cri de joie ou une embrassade ? De quoi lui faire croire qu'elle faisait le bon choix en acceptant cette nomination tout aussi soudaine que flatteuse que lui faisait la nouvelle ministre. Mais entre espérer et croire, il y a tout un monde. Tandis qu'il y a quelques minutes encore elle craignait la réaction de son fiancé, se voyant déjà aboyer les arguments d'en quoi cette opportunité était une chance qui ne se présenterait pas deux fois, elle fixait maintenant avec inquiétude, fébrilité et crainte le français en attente de sa réponse comme lorsque l'on attend, le souffle court, le moment décisif où le sportif se lancerait pour ce saut qui marquerait sa carrière à jamais, ce qu'il advint fut bien loin de ses expectations.

Linda aurait pu gérer de la colère, de la joie, depuis le temps elle en avait l'habitude, mais ce qu'elle n'avait pas envisagé le moins du monde, c'était que Ludovic soit autant si ce n'est plus perdu qu'elle.
Surprise, sa bouche s'entrouvrit légèrement comme dans l'espoir que quelque chose ne sorte face au spectacle douloureux de l'homme qui paraissait s'enfoncer de plus en plus dans le dédale de son esprit, mais ce fut loin d'être le cas. Muette, plus les secondes passaient et la panique de son partenaire grandissait, plus son cœur se serrait et son regard se teintait de compassion et de douceur. Et voilà qu'alors qu'au départ, ce fut Linda qui avait espérer se faire rassurer à propos de cette lettre, maintenant, c'était elle qui n'avait plus qu'une envie : prendre l'homme dans ses bras pour mettre fin à ses tourments.
Sa confusion était évidente et la touchait droit au cœur, que ce soit par rapport à l'existence de cette missive qu'à sa finalité. Elle était telle qu'Oswin ne put réprimer un air tendrement désolé d'éclairer son visage ainsi que le petit sourire en coin sans joie qui pointa en concours.

"Son rêve", oui, évidemment...
Qu'avait-elle espéré ?
Il avait beau être brillant, il n'en restait pas moins un homme nommé Ludovic.
Doucement amusée, Linda resta bras croisés un instant encore alors que son homme faisait de son mieux pour garder un semblant de stabilité, levant simplement un regard mi-tendre mi-désolé sur lui. Peut-être ne réagissait-elle pas comme lui le faisait, mais pur être tout à fait honnête, elle comprenait parfaitement ce qu'il ressentait. L'impression... D'être perdu, et pourtant, d'être face à une évidence qui ne pouvait nous échapper. Et quand bien même elle ne savait trop rien du mariage, elle savait qu'entre époux, on ne laissait jamais sombrer l'autre devant ses yeux sans rien faire, et d'ailleurs, elle n'avait pas attendu qu'on lui passe la bague au doigt pour cela. Alors ce jour là, tout comme pour les précédents et ceux qui viendraient ensuite, elle n'allait pas l'abandonner dans sa confusion.

- Shht... souffla-t-elle avec tendresse en se rapprochant lentement de l'ancien Serdaigle. Shhh... Doucement, doucement..

Elle esquissa un petit sourire qui se voulait rassurant, puis, elle tira une chaise qu'elle mit aux côtés de Ludovic pour s'y assoir, passant les jambes par dessus celles de son futur mari à la fois pour s'en rapprocher mais aussi et surtout afin de s'assoir sur ses genoux sans toutefois mettre tout son poids sur lui.

- Doucement... répéta-t-elle une dernière fois en lui prenant les mains, cherchant à capter son attention jusqu'à ce qu'il ne retrouve enfin son calme et, si possible, une certaine sérénité.

Elle ne dit rien de plus dans un premier temps, continuant de le rassurer à voix basse, saisissant tantôt sa tête pour la caresser d'une main distraite, s'appuyant tantôt sur son épaule jusqu'à ce qu'elle ne sente sa tension disparaitre ou, tout du moins, s'apaiser.

- On en fait ce qu'on veut. finit-elle par reprendre, toujours sur ce même ton, s'appliquant à garder son visage proche de celui de son compagnon et à le fixer dans les yeux pour lui offrir un doux sourire rassurant. Tout ce qu'on veut. C'est à nous de décider.

Elle fit une nouvelle pause, sentant à nouveau son coeur se serrer à l'idée de devoir, à nouveau, faire le choix de dédier quatre ou cinq ans de sa vie à son travail. A une cause dont elle n'avait plus nécessairement besoin pour vivre. Mais aussi à des personnes, bien vivantes elles, qui avaient besoin que les choses ne changent pour pouvoir peut-être un jour connaître la paix.

- Tu sais, si je suis devenue chef des Aurors, c'était avant tout dans l'espoir de te retrouver. confia-t-elle en baissant la tête. C'est vrai que j'ai toujours voulu... Faire mes preuves et changer les choses, je vais pas le cacher, mais aujourd'hui... C'est différent. Elle déglutit, serrant un peu plus la main autour de celle de son futur époux comme pour se donner du courage. Avant, je n'avais que mon travail pour ainsi dire, évidemment, mon rêve était de réussir, mais aujourd'hui j'ai bien d'autres choses auxquelles tenir. D'autres rêves.

Elle redressa la tête, inspira profondément avant de retrouver ce petit sourire mi-gêné, mi-amusé.

- Je me disais qu'une fois mon mandat terminé, je pourrais enfin retrouver un rythme de vie plus tranquille, aussi tranquille puisse être le métier d'Auror certes, mais tout de même ! rit légèrement Oswin. Profiter de la chance qui m'ait été donné d'être là aujourd'hui après tout ce temps. Et quand je te disais que je ne pensais vraiment pas être renommée à ce poste, je ne te mentais pas ! Ca paraissait improbable. Après tout, Murr, la toute nouvelle ministre, précisa-t-elle avec un regard entendu, ne me connait pas le moins du monde, et je n'ai pas particulièrement cherché à me faire remarquer non plus d'ailleurs. Mais... Elle réfléchit un instant, baissant à nouveau le regard sur ses mains jointes avec celles de son fiancé. J'avais en effet entendu qu'elle voulait faire changer les choses, donner un coup de frais au ministère pour renouveler les institutions et plein d'autres petites choses pas très intéressantes.

Linda marqua un nouveau temps, plus long cette fois, lisant distraitement la lettre de Poudlard que l'autre avait reçu sans vraiment y prêter attention. Puis, elle revint à la réalité, plongeant à nouveau ses yeux noisettes dans les prunelles ambres du legilimen avec, cette fois, une conviction bien plus sérieuse qui se voulait sans appel en retrouvant alors cette lueur tendre et amusée qui brillait tantôt dans son regard.

- Tu me l'as dit à l'instant, et je suis tout à fait d'accord : il faut que tu acceptes cette offre pour Poudlard. Tu n'as pas intérêt à refuser, sinon crois moi que je te porterais par la peau des fesses jusqu'à la salle de répartition le jour de la rentrée s'il le faut ! Et je suis quasiment certaine que d'aucun tel que Jon ou ton père seraient ravis de me donner un coup de main ! Silence, elle s'assura que le message était bien passé avant de reprendre un ton plus tranquille. Et puis, comme ça, moi aussi je pourrais répondre positivement à cette nomination. Après tout, c'est une chance en or et je pourrais enfin vraiment changer les choses en profondeur. Finis les procès injustes et dont les jugements sont dictés par les plus influents, je saurais faire du ménage, crois moi ! Tu imagines le nombre de personnes qui je pourrais aider ainsi ? Les gens qui, comme toi, se sont retrouvés dans des situations... invivables ?

Et plus jamais cela ne se reproduirait.
Linda baissa à nouveau les yeux, prenant une profonde inspiration avant de déposer une bise sur le dos de la main de Ludovic qu'elle porta à ses lèvres avant de le caresser lentement du pouce.

- Je serais toujours là, tu sais ? Je ne vais pas disparaître, je serais toujours là pour toi. Nos projets attendront encore un peu au pire des cas, mais je ne te laisserais pas t'enfuir comme ça, fais moi confiance. Ce sera comme en 76 tu te souviens ? Sauf qu'il y aura... Un petit quelque chose en plus.

Et elle sourit doucement, retournant la main avec laquelle elle tenait celle de l'homme pour dévoiler la bague à son doigt qui ne l'avait toujours pas quittée depuis.

- Je reste Linda Oswin, l'aurore de tes rêves les plus fous, et toi, mon ébouriffé préféré dont toute cette génération de sorciers se rappellera !

   

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Ludovic Descremps
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Message Re: We were together
par Ludovic Descremps, Mar 6 Aoû - 22:35 (#)


 
► Appartement de Linda Oswin
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Linda Oswin & Ludovic Descremps
La seconde main de l'échevelé ne tarda pas à se perdre entre ses mèches rebelles, éprouvant la douceur de cette tignasse qui, l'air de rien, revenait de loin. On aurait pu croire, à en juger par la fierté avec laquelle ses épis se dressaient vers le ciel en vrac, que le français avait depuis longtemps lancé un sort de protection dessus pour les garder en si bonne santé malgré les années ; en vérité, il ne comptait plus le nombre de fois où des touffes de ces poils épais avaient été triturées, arrachées, désartibulées, ensorcelées, brulées, perdues d'une façon ou d'une autre au point qu'il se soit parfois retrouvé avec une moitié de crâne à nu voir calciné, mais c'était un de ces rares pouvoirs de sorciers qui ne changeaient jamais. Quoi qu'il leur arrive, ils repoussaient toujours, encore plus denses, indisciplinés et tenaces que jamais. Quelque soit le malheur qui pouvait arriver à des cheveux de sorciers, ils repoussaient contre vents et marées, il n'y avait qu'une seule chose qu'ils ne savaient affronter, c'était les cheveux blancs.

Ludovic en avait encore peu, mais bien plus sans doute que la plupart des sorciers de son âge. Il les recouvrait parfois, d'un petit sort passe-partout, lorsqu'il sentait que Linda commençait à se faire certaines réflexions à ce sujet, mais il ne les oubliait pas. Il cachait les tâches blanches héritées de sortilèges mal cicatrisés, les griseurs sur ses tempes, le camaïeux tristes qu'il voyait parfois retomber devant ses yeux, mais il les sentait encore, parfois, lorsqu'il glissait les mains dans ses cheveux. Comme des brins de poussières dans une prairie de soie et, ce jour-là, pour une première fois plus que les autres, il sentait à quel point ils devenaient nombreux. Quel âge avait-il maintenant ? Il s'y perdait encore depuis sa sortie de prison. Il avait beau savoir que les années étaient passées, que certaines ne seraient jamais rattrapées, il oubliait encore, parfois, qu'il avait trois ans… non, quatre de plus que l'âge qu'il se donnait vraiment. Combien de temps encore tout cela saurait faire illusion ? Les cheveux de sable, les cicatrices fines, cachées par les médicomages, mais encore visibles, les raideurs qui se rappelaient à lui dès qu'il passait une journée de trop sur le canapé, les paupières plissées pour lire le courrier à défaut d'être encore rompu aux lunettes… est-ce qu'il ne commençait pas à se faire trop vieux pour tout ça ? Même pour un sorcier ? Les surprises, les coups du sort, les changements, les nouveautés… Est-ce qu'il commençait réellement à s'en lasser ? A sentir le temps lui échapper ?

Ludovic soupira, laissant ses bras retomber pour les passer autour de l'Auror à ses côtés, l'accueillant comme s'il l'avait lui-même appelée avant de blottir son visage contre elle, yeux clos, la serrant contre lui aussi fort qu'il le pouvait sans pour autant avoir l'air de l'étouffer. Comment faisait-elle seulement ? Comment avait-elle fait pour tenir ce rôle de directrice des Aurors pendant si longtemps ? Avec toutes ces responsabilités, ces contraintes, ces obligations, ces séances photos pour des produits de maquillage ? Comment ? Lui, à la moindre menace de poste influent et de décision radicale il sentait ses jambes se dérober pour détaller. Accepter les cadres, la normalité, les conventions… Cela, sans doute, c'était une des raisons pour lesquelles il s'était toujours dis, au fond, qu'elle devait être bien plus courageuse qu'il ne le serait jamais.

L'étreinte ne dura que quelques secondes avant que la jeune femme ne s'écarte quelque peu pour rapprocher une chaise et passer ses jambes par dessus les siennes. Machinalement, le français passa la main autour d'elle, posant la paume contre la cuisse de l'Auror, son autre bras se glissant dans son dos tant pour la tenir que pour lui rendre la position plus confortable. Il n'écouta pas vraiment les petits mots de réconfort qu'elle lui glissa à l'oreille, trop accaparé par cette sensation bizarre qui lui étreignait le cœur face à une chose qu'il n'avait pas du tout envie de faire. Se séparer ? Retourner chacun de son côté ? Il n'y était déjà pas arrivé auparavant, ce n'était pas maintenant qu'il allait commencer. Mais s'il n'écouta pas mot, il se fit très attentif aux gestes, sentant chaque caresse et pression de sa compagne comme un baume réconfortant et paisible, encore insuffisant à cacher cette nouvelle angoisse, mais bien assez tendre pour au moins lui vider la tête. Ils avaient le temps. Ils avaient tout le temps du monde pour décider ensemble. Après tout, même s'ils ne l'avaient pas, ils auraient toujours pu prétendre que le courrier n'était pas arrivé en assez bon état pour être lu, l'apparence sanglante du hibou qui les avait porté faisant foi. Quelle était la devise déjà ?

Une chose à la fois.

Ce qu'il pouvait détester ces mots là.

Lentement, comme une mélodie lointaine, la voix de Linda ne tarda pas à bercer ses oreilles, l'échevelé, la tête toujours enfouie contre la jeune femme, toujours trop distrait pour réellement l'écouter, mais assez présent encore pour profiter du timbre de cette symphonie. Les mots, les pensées, les douceurs et tendresses entre les paroles et les idées… il se laissa envelopper sans réfléchir, glissant sa main dans le dos de l'Auror jusqu'à caresser des doigts la lune noire gravée sur sa nuque, la massant presque d'un geste doux mais inquiet, comme s'il avait voulu l'effacer ou l'extirper. Il afficha tout juste un gentil sourire distrait lorsque Linda se moqua elle-même de la tranquillité de son emploi, reposant sa main plus surement derrière son cou en relevant sa propre tête pour appuyer sa tempe contre l'épaule de son amante, ne se sentant pas le moins du monde en état pour faire ne serait-ce que semblant de la regarder dans les yeux. Il l'écoutait, de loin, ne se souciant de rien, ni de sa petite réprimande quand à son ignorance du nom de la nouvelle ministre anglaise de la magie ni de la pulsation discrète que son cœur transportait dans les veines et artères de son cou. Il ne recula la tête qu'au moment où elle marqua une nouvelle pause, non pas tant car il s'était lassé ou parce qu'il voulait l'écouter, mais parce que ce long silence le fit suffisamment s'inquiéter pour qu'il se redresse et contemple le visage de sa future femme, toujours aussi distraitement, mais suffisamment pour s'assurer qu'elle n'allait, au moins, pas plus mal que lui.

Lorsqu'elle reprit la parole, affirmant catégoriquement qu'il devait accepter le poste à Poudlard, Ludovic s'en retourna aussitôt dans sa somnolence paisible, laissant sa tête retomber contre celle de sa compagne, touchant son front du sien plus par habitude qu'avec précision. Pour un peu, s'il n'avait pas été aussi perdu au fond de lui, il aurait pu s'amuser de l'ironie de cette situation déjà vécue. Ses parents, Jon, ses proches… ô oui, il les imaginait très bien tous ravis de le voir redevenir un gentil petit professeur de Poudlard bien rangé et diplômé, indifférents au fait que cela lui plaise ou non du moment que cela lui permettait d'avoir une vie plus tranquille que ce à quoi il les avait habitué, mais il ne se réveilla vraiment qu'au moment où la brune expliquait son choix en conséquence. Lui parti, elle n'avait plus qu'à se remettre au travail, le laisser de son côté, aller du sien, sauver le monde, changer le monde… Tant d'affirmations révoltantes qui firent peu à peu reculer la tête du français, jusqu'à ce qu'il écarte son buste de celui de la sorcière, l'air toujours aussi vague, le sourcil à peine plus froncé, mais la révolte certaine, tout juste adoucie par la perspective d'empêcher quiconque de vivre des situations aussi douloureuses que l'avait été la sienne.

Oui, ça, il ne pouvait pas lui enlever. Si elle avait pu être en mesure de mettre tout le monde en sécurité, loin des cauchemars vivants qu'il avait vécu, tout vaudrait la peine d'être sacrifié, mais quand même…

Ludovic sourit finalement, un doux sourire un peu terne encore, mais présent, son cœur fondant à la dernière parole toujours aussi sincère de son Aurore. L'aurore de ses rêves… l'avait-il laissé échappé si souvent dans son sommeil pour qu'elle trouve les mots qui lui faisaient toujours étirer les lèvres ?

- Je ne veux plus être en 76, répondit simplement l'échevelé après avoir déposé un bref baiser sur celles de sa compagne. Enfin… je le voulais, quand je t'ai dis que je voulais aller vivre à Poudlard toute l'année, expliqua-t-il, baissant les yeux sur sa maudite lettre. Je me suis dis que ça pouvait être romantique, comme au bon vieux temps. Un petit retour en arrière à l'époque où moins on se voyait, moins on pouvait se passer l'un de l'autre, s'amusa-t-il avec un léger sous-entendu avant de reprendre un ton plus sérieux. Mais si tu deviens directrice de département… ce sera comme mon père. Il n'avait jamais le temps de rien faire en dehors de son travail. Chaque sortie, chaque temps mort, chaque hobbies devenait une partie de son emploi du temps de ministre, quand ce n'était pas carrément un mode de communication politique. Je ne dis pas qu'il n'a pas été présent, non, bien au contraire, défendit-il alors que son ton s'était fait un peu plus inquiet. Mais s'il a réussi à rester présent malgré tout ça c'était bien parce que ma mère et moi vivions sous le même toit que lui et qu'il pouvait nous retrouver là à n'importe quelle heure de la journée. Je ne te dis pas le nombre de fois où il est rentré épuisé d'une journée de négociations à l'internationale et où il a quand même eut le temps de jouer avec moi parce qu'il savait que ma mère avait déjà pu faire tout ce qu'il y avait à faire à la maison ou même… le nombre de fois où ils ont pu avoir un petit moment d'intimité tous les deux parce que j'étais encore à l'école et qu'il était rentré par surprise un après-midi parce qu'il avait un trou dans son emploi du temps. poursuivit-il, cherchant à se rappeler le moins possible de ces "moments intimes" qui n'avaient pas manqués de traverser son esprit d'apprenti legilimen. Ils ont pu avoir une vie de famille parce qu'ils ont fait un vrai travail d'équipe, parce que ma mère travaillait en bas de chez nous et qu'elle avait juste à traverser la rue pour me récupérer à la sortie de l'école. Mais si tu deviens ministre et que je vais travailler à Poudlard, c'est mort, affirma le français, catégorique. Tu imagine ? reprit-il après une brève seconde le temps de s'assurer que le message soit bien passé. Tu connais la tête d'une journée de cour à Poudlard, c'est un miracle si les professeurs n'utilisent pas des retourneurs de temps. A l'époque, il y avait Mina qui me couvrait parce qu'elle savait que je travaillait beaucoup en dehors de mes cours et qu'elle me soutenait dans ce que je faisais, mais, apparemment, ce n'est plus elle la sous-directrice et je ne suis pas sûr que celle-ci soit d'accord pour me faire des horaires aménagés. Si tu travaille en tant que directrice de département, toi, c'est sûr, tu finira par avoir besoin d'un retourneur de temps et la probabilité pour qu'on puisse se voir plus d'une fois par semaine ou même seulement une fois par mois… tous les deux mois sans que tu t'en serve ou que l'un de nous finisse par être totalement épuisé, je peux te dire qu'elle est proche du zéro absolu. Et quand bien même, renchérit-il, anticipant sur une quelconque protestation de la part de sa compagne. Quand bien même on parvienne à trouver une combine pour se voir une fois par semaine, quand bien même on tolère de s'épuiser jusqu'à la corde pour passer… quoi ? Deux heures par jour ensemble ? Tu crois vraiment que ce sont des conditions idéales pour avoir des enfants ? Pour avoir une famille ? Je ne sais même pas où on pourrait vivre. Parce qu'on peut dire adieu à la maison en Ecosse qui serait trop loin pour toi si tu es la seule à y vivre et ne vaudrait certainement pas la peine qu'on investisse et on peut dire adieu à cet endroit-ci qui est à des kilomètres du premier établissement scolaire sorcier. Et même sorti de ça, même si tu prenais la cheminée ou je ne sais quoi, tu te sentirais d'élever des enfants toute seule tous les jours ? Ou bien de devoir courir de département en département sans jamais pouvoir les voir plus de deux minutes et en me croisant encore moins que ça ?

Ludovic soupira une nouvelle fois, se passant la main sur le visage pour s'empêcher d'en ajouter. Il exagérait peut-être un peu pour ce qui était du logement, ils pouvaient toujours trouver moyen de s'arranger, mais, même sans y avoir réfléchi plus avant, il savait qu'il n'était pas si loin de la vérité.

- Excuse-moi, je m'emballe, fit-il, repoussant doucement les jambes de la jeune femme pour pouvoir se lever de sa chaise, s'arrêtant quelques instants derrière le siège, mains appuyées sur le dossier, cherchant ses mots. Tu sais, quand j'étais petit… commença-t-il, ne sachant toujours pas, et malgré tout ce temps, comment parler de ce moment là, la première… psychomage, vraiment bien que j'ai eut m'avait donné un conseil que j'ai gardé toute ma vie. Elle m'a dit "Une chose à la fois". "Ludovic", récita-t-il, fermant les yeux, "Quand tu sens que tout s'emballe dans ta tête, que tu perds pied ou que tu panique, que les petites voix crépitent et te boulottent le ciboulot, bref, quand tout commence à partir en jus de troll dans ta vie, tu inspire un grand coup", fit-il, joignant le geste à la parole, "Et tu fais une chose à la fois. Tu observe, tu analyse, tu agis et tu fais ça une chose à la fois". Encore aujourd'hui, ça reste un des meilleurs conseils que j'ai jamais reçu dans ma vie, expliqua-t-il, tournant la tête vers l'Auror avant de se redresser pour s'éloigner à reculons en direction du bureau. Alors tu reste là, je vais chercher du papier et des crayons et on va écrire sur un parchemin toutes les raisons pour lesquelles on devrait ou on ne devrait pas accepter ces emplois. On va commencer par ça et, quand on aura toutes les informations qu'il nous faut, là, on verra si on peut prendre une décision ou pas.

Et, sur ce, Ludovic s'en alla récupérer ce pour quoi il s'était levé.
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Message Re: We were together
par Linda Oswin, Mar 3 Sep - 20:53 (#)


   
We were together
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Si Linda s'était adressé à Ludovic, c'était bien évidemment pour le rassurer dans ses craintes, lui affirmer que tout irait, lui faire espérer cet avenir auquel tous deux prétendaient, mais au fond, c'était aussi pour se rassurer elle même et faire taire toutes ces petites voix qui lui murmuraient chacune en même temps à quel point ils courraient vers une direction dangereuse. Les choses se compliquaient et, peu à peu, Linda en arrivait à ce scénario cauchemar qu'elle avait toujours redouté depuis le jour où elle avait prit conscience de son investissement au travail comparé à son... Investissement au niveau de sa propre vie privée.
Ses parents, Jacques Descremps, quasiment tous les ministres qui s'étaient enchainés les uns après les autres... Elle les avait vu, elle avait vu quels dégâts pouvait faire un travail bien trop prenant sur les proches de ces derniers. "C'est impossible", c'était-elle alors dit, "c'est parfaitement incompatible"... Ses parents avaient essayé, et ils en avaient payé le prix, tous les deux. Quelque part, elle leur en voulait de ne pas s'être retiré du métier à temps, les considérant au fond comme irresponsables, ayant eux même provoqué la raison de la chute, et ce, malgré toute la culpabilité que Oswin ressentait après de telles pensées...
Tout cela l'avait amenée, il y a quelques années, à même vouloir tout quitter pour pouvoir vivre à un rythme bien plus paisible, mais aujourd'hui ? Cette idée lui était passée pour un temps, et voilà qu'on lui proposait un poste avec d'autant plus de responsabilités... Ca en faisait de la pression, et ce n'était pas peu dire !

Alors oui, Linda avait bien évidemment cherché à rassurer Ludovic, mais aussi et surtout, à se convaincre elle même pour se repérer dans cette... nuée de pensées contradictoires. Tout aurait bien pu se finir à vrai dire, si simplement Ludovic s'était tût, si seulement il avait rit, hoché la tête, puis se serait contenté de rester silencieux, l'un contre l'autre... Comme si souvent.
Souvent peut-être, mais pas cette fois.
A l'inverse, le français ne garda pas sa langue dans sa bouche, commençant par une révélation qui ne surpris la brune qu'à moitié, lui tirant un léger sourire compatissant, mais la suite la pris bien plus au dépourvu. Elle sentit son souffle peu à peu ralentir jusqu'à, il lui semblait, se couper tout à fait, ses yeux s’écarquiller légèrement alors qu'elle tentait tant bien que mal de ne rien laisser paraître, fronçant légèrement les sourcils afin d'y parvenir et, surtout, afin de ne pas trop surréagir aux propos de l'homme.
Ca n'allait pas pouvoir fonctionner.
C'était impossible. Incompatible.
Impossible.
Impossible.

Elle serra les dents, s'écartant à son tour afin de s'assoir droitement, les poings serrés sur ses genoux alors que son regard dérivait peu à peu vers le sol comme pour ne pas trop se concentrer sur la dureté des propos, pourtant réalistes - trop ?- du sorcier.
En quelques mots, quelques confessions, quelques inquiétudes, le legilimen mettait cartes sur table, dévoilant chacune des peurs de l'animagus unes par unes sans la moindre pitié. Et Linda qui, il y a quelques instants encore, était parvenue à presque se convaincre, se retrouva à nouveau totalement désarmée.
A ce moment, Ludovic se tût un instant, laissant enfin le silence retomber dans la petite cuisine. Plus rien. Les bouches s'étaient peut-être tues, mais les esprits, eux, grouillaient encore de mille pensées. La tête de Linda commença légèrement à lui tourner, et elle dû respirer plus rapidement par la bouche afin de parvenir à suivre. S'appliquant à rester discrète, les lèvres à peine entrouvertes, elle leva un regard sans émotion sur Ludovic qui tâcha alors de se reprendre, s'excusant brièvement avant de lui avouer un conseil qu'il, de toutes évidences, avait du mal appliquer. Puis, il tourna les talons, sourd à la demande muette de sa fiancée de ne pas s'éloigner...

Et Linda se retrouva seule.
Seule, dans cette cuisine, dans ce silence, totalement désemparée et... vide.
Le regard confus, presque apeuré à présent, l'Auror regarda autour d'elle en respirant plus profondément et rapidement maintenant que l'homme avait fait demi-tour, ne sachant pas le moins du monde ce qu'elle devait, non, ce qu'elle pouvait bien faire.
Elle se sentait vide. Hors de son propre corps, inconsciente, flottant dans un monde qui lui était soudainement parfaitement inconnu. Que faire ?
On lui avait dit d'attendre... Mais attendre n'était pas elle. Que faire ?
C'était impossible. Incompatible. Que faire ?
Ses parents... leur mort. Son travail, son implication, son seul but. Son héritage. Sa mission. Sa vie. Son rêve ? Ludovic ?
Que faire ?
Le silence, le vide, son coeur. Impossible. Incompatible. Incompatible. Impossible... Impossible !
Alors, sans même s'en rendre, compte, son corps commença à se plier en avant tandis que sa bouche se déformait dans un cri parfaitement muet, ses mains, tremblantes, remontèrent d'elles même pour se réfugier dans sa chevelure, prendre son crâne dans leur creux alors qu'elle sentit un liquide chaud couler sur ses joues de manière de plus en plus abondante. Pliée en deux, le souffle court, ce spectacle sans son sembla se jouer au ralenti pour l'Auror qui, toujours perdue, ne parvenait qu'à peine à tenir le compte de ce qu'il se passait.

- Désolée... souffla-t-elle difficilement, la tête entre ses mains; lorsque son compagnon. Je suis désolée ! gémit-elle plus fort alors que la simple prononciation de ces mots sembla réveiller en elle les émotions qui jusque là s'étaient bloquées derrière les évènements. Je suis désolée ! peina-t-elle d'autant plus haut.

Sa respiration s'accéléra alors qu'elle revoyait devant ses yeux se jouer tous ces moments où, en pleine âme et conscience, elle avait choisi de s'enfoncer un peu plus dans ce travail qu'elle qualifiait jadis de sa "raison de vivre". Tous ces moments où, pertinemment, elle savait qu'elle sacrifierait bien des choses en son nom, en son but, quitte à y laisser sa propre vie.
Impossible.
Un claquement de doigt et elle y renonce. Pourquoi s'attacher quand ses parents ont perdu la vie pour cette obstination stupide ? Pourquoi ? Hein ?! Elle avait vu les effets, les dégâts, les risques. Aujourd'hui, ça n'en valait plus la peine. Et pourtant... Aujourd'hui, alors qu'elle avait délibérément le choix de pouvoir l'arrêter -ou tout comme- pour quelque chose de bien plus noble... Elle se rendait compte qu'elle ne pouvait tout simplement pas s'en passer.
Incompatible.
Elle referma la bouche, tentant de contrôler sa respiration et de reprendre un rythme naturel, en vain. Pire, cela empira même sa panique soudaine, lui donnant même l'impression de se noyer à l'instant.
C'était sa faute. Elle le savait, depuis longtemps. Elle s'était engagée dans cette aventure en sachant pertinemment que... Tout ceci n'était pas "bon". C'était sa faute. Elle aurait pu lever le pied, des dizaines de fois auparavant, avant du moins qu'un tel choix ne se présente à elle. Mais non, jamais. Idiote. Et voilà où il en étaient. Où elle en était, à agir égoïstement... Choisir entre son travail, forcer Ludovic à renoncer à sa plus belle chance depuis des lustres, et... lui.
Et elle en était purement incapable. Incapable de le laisser partir, elle aurait bien accepté presque tout, ô oui !, presque tout afin de pouvoir enfin vivre à ses côtés, mais voilà. Elle ne pouvait définitivement pas lâcher le leste sur ce qui était devenu une véritable part d'elle même sans même qu'elle ne s'en rendre compte. Elle voulait y croire ! Elle voulait y parvenir ! Elle y avait cru, il devait y avoir une solution !
Mais quoi ?

Et alors que l'esprit de Linda était assailli de milles images et de cent blâme envers elle même, un silence presque parfait régnait toujours dans la cuisine, à peine dérangé par la respiration accélérée de l'Auror qui, bien loin à présent, ne se rappelait pas le moins du monde du fameux conseil que Ludovic lui avait partagé il y a pourtant quelques instants à peine : une chose à la fois.

- Je suis désolée... souffla une dernière fois Linda, immobile, discrète, avant de fermer les yeux en ravalant sa salive, essayant une nouvelle fois de calmer le flot qui lui passait à l'esprit.


   

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Message Re: We were together
par Ludovic Descremps, Jeu 5 Sep - 12:27 (#)


 
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Encore confus et retourné par toutes ces émotions qui semblaient ne jamais vouloir cesser de le tourmenter, l'échevelé n'avait pas trainé pour s'éclipser dans le bureau d'Oswin. Il en était persuader, mettre les choses à plat suffirait à tout régler. Après tout, la méthode avait fait ses preuves plus d'une fois et il était bien certain qu'avec ses habitudes plus rationnelles et rangées que les siennes, sa compagne saurait même relever le niveau d'efficacité de ces listes jusqu'à des sommets encore jamais égalés. Pourtant, il lui fallut un peu de temps pour trouver ce qu'il cherchait. Le papier, des crayons, des choses que l'on aurait pu croire à portée de main dans un bureau, surtout un laissé en vrac depuis des jours à cause des courriers de mariage sans fin et des dessins qui noircissaient des pages à droite à gauche, mais c'était trouver du papier vierge dans ce genre de conditions qui relevait du défi.

Tout occupé à sa tâche et appliqué à ne pas se laisser déborder par ses propres pensées, le sorcier ne remarqua pas tout de suite l'appel au secours qu'il perçu pourtant aussitôt du coin de sa pensée. Il avait l'habitude maintenant, depuis qu'ils s'étaient retrouvés à vrai dire, de garder constamment un oeil - si l'on pouvait dire - sur la jeune femme. Son esprit beaucoup trop rompu à garder le contact entre elle et lui pour songer à arrêter pour le simple et vain prétexte qu'il n'avait plus besoin de cela pour voir ou bien n'avait plus à craindre qu'elle soit attaquée par quelque mangemort ou Auror venu chercher le fugitif qu'il avait été. Même s'il n'avait plus aucune raison valable de l'espionner ainsi constamment, il le faisait quand même. Par habitude, par précaution, par cette sensation douce et rassurante de la sentir toujours à côté… l'amour avait toujours été une raison suffisante.

Pourtant, en fiancé ingrat, il ne remarqua pas tout de suite la détresse dans laquelle il avait plongé sa compagne. Il sentit, bien sûr, une sorte de grondement désagréable à l'arrière de son crâne, mais n'y préta pas attention, s'activant pour trouver ce maudit papier, régler tout cela au plus vite. Il perçu même l'écho de mal-être que la porte lui renvoya presque aussitôt pour l'attirer de nouveau vers le salon, il tourna même brièvement la tête lorsque l'objet magique tenta de le détourner de sa tâche, mais il avait déjà trouvé le papier, il ne lui manquait plus que les crayons.

Lorsque Ludovic tourna de nouveau la tête vers Linda, cette dernière avait l'air soucieuse, mais calme, presque normale si on en oubliait ses mains qui s'accrochaient à son crâne, mais lorsqu'il leva enfin les yeux vers elle, il ne lui fallut pas même un dixième de seconde pour se prendre de plein fouet le torrent de pensées et d'émotions contradictoires qui torturaient tant la jeune femme.

- Linda…

Il y eut un bref instant de flottement durant lequel l'échevelé cru que cette tempête était la sienne, cachée au fond de son cœur, remontant enfin pour faire céder la rive qui n'avait que trop tenue face à l'inévitable. Une seconde durant laquelle il fut sûr que c'était lui qui détestait ses parents, lui qui détestait son travail, qui détestait la force avec laquelle il adorait son travail, la force avec laquelle il se détestait lui-même. Une seconde avant que le corps entier du legilimen prenne les commandes, chassant son esprit aussitôt pour lancer leur propriétaire à toutes jambes aux côtés de sa femme.

Ludovic se retrouva avec l'Auror dans les bras sans qu'il ait sût comment il avait fait pour revenir jusque là. Il la serrait contre lui, de toutes ses forces, l'enfouissant contre son buste et cachant la tête de la brune entre la sienne et ses mains dans une étreinte qui ressemblait moins à celle d'un amant qu'à celle d'une baricade contre le vent.

- Chut, chut… souffla-t-il, tâchant de calmer les excuses désolées que bafouillait la jeune femme. Tout va bien mon coeur, tu n'as pas besoin de t'excuser.

Il resta ainsi aussi longtemps qu'elle en eut besoin, la serrant tendrement contre lui sans jugement ou pitié, simplement avec tout l'amour qu'il pouvait lui donner, espérant que cela suffirait à ce qu'elle se sente moins perdue et déboussolée. Ce ne fut qu'au moment où la sorcière commença à se calmer que l'échevelé s'aperçu de la peur monstrueuse qui lui avait saisi le cœur.

- Tu sais, fit-il après un moment. S'il y a une chose que j'ai apprise de tout ce que j'ai pu observer, c'est que s'il y a bien une chose de réel dans ce monde c'est ce que tu ressens au fond de toi. Si c'est là, alors c'est que c'est vrai et on ne devrait jamais avoir besoin de s'excuser pour ce genre de vérité, surtout lorsqu'elle est comme la tienne et qu'elle ne fait de mal à personne. J'ai eu tellement peur quand je suis revenu, reprit-il aussitôt, ne laissant pas sa chance à l'Auror de contredire ce qu'il lui disait. Il m'a fallut énormément de temps pour comprendre que ce n'était pas grave d'avoir peur, que c'était normal. Encore plus de temps pour me pardonner de l'avoir éprouvée et il m'a fallut tellement de temps pour oser t'affirmer que je t'aimais. Pourtant c'était vrai, je le sentais tellement au fond de moi, ça ne pouvais qu'être vrai. C'est bizarre hein ? ajouta-t-il, se moquant de lui-même autant que d'elle. C'est comme si on avait honte des choses qui sont bonnes pour nous, même si on sait qu'elles sont là, qu'on a juste à les demander, on a peur de le faire. Je t'aime, tes parents t'aimaient, je le sais, parce que dans les souvenirs que j'ai vu de ton père c'est tout ce qui ressortait. Il t'aimait énormément et ta mère aussi t'aimait énormément, sinon ils n'auraient pas fait ce qu'ils ont fait. C'est parce qu'ils s'aimaient autant qu'ils ont prit le risque de fonder une famille, parce qu'ils savaient qu'il ne fallait pas avoir peur de ce qu'on désire le plus au fond de soi, que, du moment que c'est là, ça sera peut-être compliqué, mais ça ne pourra que fonctionner. Parce que c'est vrai. Tu te rends compte de tout l'amour avec lequel tu es née ? De tous les sacrifices dont ils ont été capables par amour ? Et moi je ne les remercierai jamais assez d'avoir osé faire ce qu'ils ont fait. Ludovic se détacha enfin de l'Auror, rassemblant les mèches rebelles qui tombaient devant ses prunelles noisettes pour pouvoir la regarder dans les yeux. Tu leur en veux, parce que tu n'as pas eut de chance et que tu les a connu plus pour le tragique de leur mort que le bonheur infini de leur vie, mais ce ne sont pas eux les responsables. Ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient, ils t'ont aimé toi et ton frère, ils vous ont aimé de toute leur force et ils ont tout fait pour vous protéger. C'est ton père lui-même qui l'a dit. Ils avaient peur de vous perdre, peur de vous laisser, mais ils savaient que, s'ils ne le faisaient pas, s'ils ne prenaient pas ce risque là, ils l'auraient regretté toute leur vie. Ce sont ceux qui les ont tué les coupables, pas tes parents. On ne devrait jamais être considéré comme coupable d'aimer et d'espérer et tu ne devrais pas non plus avoir honte de leur en vouloir tout comme de les aimer. Tout ça, ça fait partie de toi, de ta vérité et rien ne pourra la changer.

Ludovic se tut une seconde, son regard soudain brouillé de chagrin alors qu'il hésitait à fournir d'autres exemples de ce qu'il avancé.

- Tu sais… osa-t-il enfin. Il ne se passe pas un seul jour sans que je regrette ce que j'ai fait quand... Ludovic soupira, lâchant un souffle tremblant et lourd qui chassa ces mots qui n'arrivaient toujours pas à sortir. J'ai tué des gens, avoua-t-il enfin. J'ai tué des gens, répéta-t-il, pour donner à ce fait d'autant plus de réalité, sentant pourtant un poids s'alléger au fond de lui. des gens... vraiment bien, des gens qui étaient comme tes parents, des gens qui avaient des enfants, des familles. Je suis plus proche de ceux qui t'ont enlevés ta famille que de ta famille elle-même et il ne se passe pas un seul jour où je ne m'en rappelle pas, pas un jour sans que je me sente coupable pour ça, parce que je suis coupable, affirma-t-il. Je sais ce qu'on en a dit au procès, qu'on était d'accord, que "je n'étais pas responsable de ce que je faisais", balaya-t-il, mais je sais ce que j'ai vécu. Je sais que je voulais les tuer, que c'est moi qui l'ai fait et que, pour beaucoup, j'y ai même pris du plaisir. Je n'étais pas responsable, mais c'est arrivé et, que j'ai été responsable ou non, ça ne rend pas ce que j'ai vécu moins réel. Ce que j'ai fais, ça fera toujours partie de moi. Je suis un monstre et c'est comme ça. Tu le savais quand tu es tombée amoureuse de moi. Tu l'as toujours su, ça a toujours été là, au fond de moi, affirma-t-il, faisant glisser les doigts de l'Auror contre la cicatrice ancienne à son bras gauche. Mais je ne suis pas que ça, reprit-il, affichant un sourire plus encourageant. Je suis ton amant, ton mari bientôt, un père, peut-être un jour, un ami, parfois. J'essaye, de tout mon coeur, de tout mon être, d'être plus que ça et j'y arrive parfois, à force de tout faire pour ça. Je le sais, parce que quand tu me regarde dans les yeux et que tu me dis que tu m'aime, à voix haute ou dans ta tête, je sais qu'à ces moments là, tu ne vois que ce qu'il y a de bon en moi et je vois que ce bon existe. Qu'il est réel. Que j'ai raison de me battre pour lui. Que je peux être un homme qu'on aime. Pour tes parents c'est pareil. Tu peux croire qu'ils ont fait des erreurs, en être sûre, ils ne pourront pas le nier, ça fera toujours partie d'eux, mais ils ont fait des choses bien aussi. Ils t'ont donné la vie, ils t'ont donné une vie et tellement d'amour que tu es prête à te torturer toute seule parce que tu ne sais pas quoi choisir entre plaire à un mari Mangemort et continuer à sauver le monde ! taquina-t-il encore. Plein d'autres que toi m'auraient laissé tombé, m'auraient jetés en prison avant même de m'avoir rencontré, auraient accepté ce poste sans réfléchir simplement pour l'intitulé, le salaire et  la carte de visite. Mais toi, tu vaut tellement plus que ça, tu es capable de faire tellement plus, qu'aucun obstacle au monde ne peut se mettre en travers de ton chemin quand tu décide quelque chose. Tu m'as sauvé la vie alors que j'ai tout fait pour t'en empêcher, tu m'as ramené ici, tu as gravit chaque échelon de ta carrière par ton travail et la seule force de ton caractère, je ne connais pas une seule personne au monde qui n'aurait pas été fière si sa fille, sa femme ou sa mère avait pu accomplir tout ce que tu as accompli et ceux qui ne l'auraient pas été ne t'auraient certainement pas mérités. On va commettre des erreurs, reprit l'échevelé, d'autant plus sérieux. On va prendre de mauvaises décisions et peut-être que nos enfants nous détesteront toute leur vie, mais ça en vaudra la peine. Parce que toi et moi, on est passé à travers bien pire que ça et qu'on mérite d'oser vivre nos vies. On a bravé des montagnes, des Mangemorts, des monstres inconcevables, on s'est battu l'un contre l'autre, on a frôlé la mort et pourtant, on est toujours là, c'est quoi un emploi du temps serré face à tout ça ? Ludovic secoua la tête à la négative. Rien. Une broutille. Tu es la sorcière la plus prévoyante au monde que je connaisse et je suis un imbécile increvable qui est revenu d'entre les morts plus d'une fois, nos enfants seront proprement incroyables et je te promets sur tout ce que tu veux que je ferais en sorte qu'ils ne deviennent jamais orphelins. Et même si ça devait arrivé, même si le pire devait arriver, j'ai toute une dynastie Descremps derrière moi qui sera capable de s'en occuper. Alors crois moi, aussi vrai qu'après tout ça, on a mérité d'être qui on voulait et de faire tout ce qu'on voulait, nos enfants on ne les abandonnera jamais. Même morts, on sera là pour eux, on trouvera un moyen, tu nous connais. Alors ces courriers là, fit-il en désignant les principaux coupables. C'est du pipi de chat à côté de qui on est et de ce dont on est capable.
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